Comment composer votre homme parfait personnel

Par Jane
L’homme parfait n’existe pas

Oui, là je sais que, au choix:

– Je casse un mythe, la version prince charmant, cheval blanc, mariage heureux, beaucoup d’enfants, et on finit nos jours vieux et ensemble enlacés à bord du Titanic qui coule (oui, j’ai été traumatisée par cette scène du film) Vous allez me détester à vie après cette révélation.

– J’ai enfin découvert la vie, la vraie, celle où les Bisounours n’existent pas non plus et où les méchants sont bien réels. Il était temps que je rejoigne le vrai monde.

J’avais déjà un doute sur le sujet. Surtout depuis la démocratisation de la voiture, du train et des transports en commun. Un prince charmant sans son cheval blanc, ça a tout de suite moins de gueule, ça pue l’arnaque. Et l’armure n’est plus tellement d’actualité dans les défilés automne-hiver 2007. Mais il restait encore le mythe de l’homme parfait pour faire rêver dans les chaumières et fantasmer les célibataires.

L’homme parfait, c’est quoi?
 

Pas la même chose pour tout le monde. Celles qui veulent un macho de base qui leur apporte le petit déj’ au lit en déblatérant de la poésie post-apocalyptique, je n’irai pas le leur piquer. Donc dans la théorie, plusieurs types d’hommes parfaits existent. Bonne nouvelle, on ne va pas devoir se battre (parce que je peux devenir très mauvaise quand on touche à mes jouets, non mais!) Mais est-ce pour autant que la perle va être facile à trouver?

Etant un peu refroidie sur le côté « amour = toujours », je me suis dit qu’il existait peut-être une possibilité de créer un homme parfait en kit. Comme je ne suis pas totalement barbare, pas de découpage à la Frankenstein, mais une distribution des tâches.

– Un premier pour les moments légers, ceux où on peut se vautrer sur un canapé avec la zapette à portée de main et se goinfrer de tout ce qui passe (solide ou liquide) en critiquant tout et rien, sans se soucier de l’image totalement anti-glamour qu’on projette. Et qui tente de vérifier si on est vraiment chatouilleuse à des endroits aussi improbables que le cou ou la plante des pieds (on a vu plus improbables, je vous l’accorde) Accessoirement, qui en vous prend pas pour une attardée mentale en voyant la tronche de vos sous-vêtements lors du passage en pyjama (H&M fait de très jolies collections totalement régressives, et on a bien le droit d’abandonner le satin et la dentelle de temps en temps!)

– Un second pour les grandes discussions philosophiques (ou pas) avec qui on se réunit autour d’une assiette de bonnes choses pour parler de tout et de rien, de la pluie, du beau temps, des avantages et inconvénients du jogging par rapport à la natation, de comment on se voit dans 10 ans, et du prix de l’immobilier. Et qui laisse son frigo en libre service dans les moments de grande faim.

– Un troisième pour les moments plus intimes. Concrètement, quand on a une furieuse envie de se prouver qu’on peut encore plaire, et que les hormones menacent de nous transformer en violeuse en série. Toujours prêt à se sacrifier pour la sécurité du reste de la population masculine (c’est beau ce sens du dévouement quand même) Et assez doué pour vous faire oublier les petits soucis du quotidien pendant quelques heures et arriver au boulot le lendemain avec une tronche de raton laveur (cf les cernes) et un look de prostituée des pays de l’Est.

Le seul souci est l’éloignement géographique

Il peut par exemple être assez épique de commencer la soirée par un verre affalée sur le canapé en rentrant du boulot, puis de discuter de l’insécurité au Brésil en dégustant un bon petit plat, avant de finir la nuit assommée par les endorphines et un sourire niais collé au visage. Même avec un Navigo 3 zones.

Il serait nettement plus simple de trouver une version tout en un, je vous l’accorde. Le seul problème étant de trouver quelqu’un qui réunit tous ces critères. C’est là que ça se corse. Et en plus il faut lui plaire. C’est presque digne de Mission Impossible (avec Tom Cruise en moins, hélas…) Ou alors transformer l’un des hommes en kit en homme parfait.

Oui mais là, ça pose problème. Parce que n°1 est tout d’abord un super pote, et que ça c’est précieux. Parce que n°2 pourrait être parfait (ou presque) mais on ne l’intéresse pas plus que ça (tant pis pour lui, il ne sait pas ce qu’il rate) Parce que n°3 jongle avec encore plus de numéros, et que si on était the one, on serait éventuellement au courant (il ne sait pas ce qu’il rate bis, soyons modeste)

N°3 me demandait l’autre jour (oui, on peut aussi accessoirement parler avec le n°3, on n’est pas non plus des animaux, n°3 est malgré tout un être humain, pas seulement une bête de sexe) « Et toi, tu vois d’autres personnes? » Ce à quoi je répondais en toute honnêteté « Non » Parce que par « voir », je pense qu’il fallait comprendre « coucher » et que je suis trop fainéante pour me prendre la tête avec un planning plus que serré, et les inévitables gaffes qui en résultent: inversion de prénoms « Dis Truc… euh… Bidule, elle fonctionne comment ta douche? », fouilles archéologiques révélant des sous-vêtements étrangers enfouis depuis le dernier effeuillage torride, trous de mémoire divers « Et au fait, le boulot, ça se passe bien? » « Euh… Oui, depuis avant-hier, je ne me suis pas fait virer une deuxième fois, je te remercie, on va dire que ça va » et autres moments de solitude « Allô Machin? J’ai envie de toi là tout de suite, je t’attends en porte jarretelle sur mon lit » « Ca me fait plaisir de l’apprendre, mais moi c’est Bidule… » Donc non, je ne vois personne d’autre dans le sens « enlevage du string avec les dents » Dans le sens soirées télé imbibées et soirées princesse affamée, ok, je suis polygame.

Le but à long terme?

Ouh la… Réussir un jour à me dire que toutes les histoires d’amour ne finissent pas mal. Et que je peux éventuellement envisager de ne plus fragmenter ce qui me sert de paysage « affectif ». Je vois déjà arriver les critiques sur le côté [remplir avec l’adjectif péjoratif de votre choix] de la situation. Je le vis bien, étant donné que j’ai pas mal des avantages d’un homme parfait, sans devoir jouer à la fille parfaite 24h/24 (les craquages et régressions avec n°1, l’activation du cerveau social et de l’estomac avec n°2, les parties de jambes en l’air avec n°3)

Le seul risque?

M’attacher à l’un d’entre eux un jour, ce qui remettrait en cause le fragile équilibre. Me connaissant, ça risque d’arriver. Donc de créer une situation encore plus difficile à gérer. Donc au final de me rendre encore plus malheureuse que si j’avais uniquement un « tous des connards » de base à disposition. Parce que je reste une fille, donc un truc muni d’une paire de seins et d’un incorrigible besoin d’être aimée (même si je me soigne) Si possible par une seule et même personne un jour…

Deuxième risque
 

(finalement il y en a deux)

Créer un vent de colère/revanche/haine suite à cet article. Parce que n°1 me lit, et que si je ne préviens pas n°3, quelqu’un va le faire à ma place. A priori, n°2 ne traîne pas dans le coin, mais on ne sait jamais!

Donc si toi, lecteur jeune beau riche et intelligent, veut prendre la relève pour l’un des postes cités ci-dessus dans le cas d’un désistement, j’examinerai toutes les candidatures.

 

L’’alcool, ce douloureux problème de société

Par Gauthier

Il y a différentes formes d’alcoolisme, et je vais essayer d’identifier la mienne à l’aide d’un article à 45% (non dilué s’il vous plait).

Donc je vais commencer par mon préféré : l’alcoolisme mondain. Qu’est ce que c’est ? Tout simplement une forme élitiste de l’alcoolisme pmu-esque (que nous verrons tout à l’heure). L’alcoolique mondain se targue assez régulièrement d’une particule ou d’une dizaine de couv’ de Télé 7 jours. Les deux n’ont aucune importance, sauf pour celui qui les revendique fièrement. Un alcoolique mondain ça ne paye pas ses consommations. Il boit dans les dîners, dans les cocktails, dans les soirées VIP (Very Important People), toujours à l’œil. Et oui plus on est riches moins on doit dépenser d’argent. D’ailleurs heureusement pour lui, parce que s’il boit autant c’est pour oublier qu’il est has been, ou has never been… et donc complètement fauché ! Moi je paye trop souvent ce que je bois donc ce n’est pas moi.

 

Voyons maintenant l’alcoolisme domestique. L’alcoolique domestique (alcoolicus domesticus) est un être troublé et troublant. Tout le monde est susceptible de le devenir après une rupture, un défilé JPG raté, une baisse des taux d’intérêts ou une hausse du prix du tabac… Bref les déclencheurs sont différents, mais le résultat reste le même. Le pauvre bougre boira tout le temps, en permanence, et du lever au coucher, il aura une bouteille pleine à moins de 2 m de lui où qu’il soit. C’est pour ça qu’il sort peu, les femmes sont plus touchées, en effet, il n’est pas convenable pour une femme de se foutre minable en public, donc elle se cache ! Toutes les CSP peuvent être touchées. Donc l’alcoolique domestique boira de la villageoise, de la bière, de la vodka, de l’armagnac ou du champagne. Du moment qu’il y a de l’alcool… Mais lui il paye sa consommation, il se cache quand il achète les bouteilles au Shoppy, faisant jusqu’à trois superettes par jour pour brouiller les pistes. La désociabilisation est souvent le corollaire de cette forme d’alcoolisme. Je ne suis pas concerné, je ne bois pas tout seul chez moi, je suis hyper sociabilisé, et je n’ai aucune honte à boire comme un trou…

 

L’alcoolisme pmu-esque fait des ravages dans nos campagnes principalement. Où que vous viviez, qui que vous soyez, vous êtes déjà entré dans un PMU, ne serait ce que pour demander votre chemin. Et là votre regard se perd dans la foule des habitués, là un vieux à moustache, avec un gros nez rouge et un béret de travers, entre deux lampé du gros rouge qui lui sert de carburant, il réajuste son mégot de gitane maïs et se gratte la tête avec des ongles qui engendrerait un cataclysme par attaque cardiaque dans un salon de beauté… Là une femme, blonde décolorée délavée, avec un pull marin sale et déformé, elle doit avoir 29 ans sur sa carte d’identité, mais les poches sous ses yeux et ses dents pourries lui donne 48 ans, elle tient un verre de blanc, et fume des gauloise sans filtres. Là bas un homme, le mari de la blondasse apparemment, il fini vite son demi pour aller chercher leur progéniture à l’école, il ne s’est jamais brossé les dents de sa vie… l’alcoolique pmu-esque paye ses consommations, le plus souvent avec son RMI ou sa retraite. Si quelqu’un a pensé que ça pouvait être mon cas je le brûle sur place !!!! Je suis jeune, je suis beau, je dépense une fortune en crème miracle pour paraître frais en toutes circonstances, je m’asperge de parfum à 70€ la bouteille, et j’ai une hygiène irréprochable !!!! Non mais…

 

Il reste une catégorie : l’alcoolisme étudiants. Le brave étudiant qui travaille comme un forcené toute l’année pour obtenir des diplômes qui lui permettront un jour de rentrer, tête haute, dans son agence ANPE pour s’inscrire au RMI. Il doit décompresser, et donc que fait-il le week-end ? Il boit avec ses potes. Alors après les modalités diffèrent, il peut se mettre minable à domicile avec une bande de potes, ou sur un quai de Seine, toujours avec ses potes, mais aussi, encore avec ses potes plus quelques autres, dans la boite du coin. L’étudiant alcoolique a une espérance de vie réduite du moment qu’il vit en province et qu’il doit conduire pour rentrer… Les platanes ne sont pas vos amis, ils viennent se mettre juste devant votre voiture (mais que fait Sarkozy ?). Avec un peu de chances, il croisera la route du Lieutenant Lebo de la Gendarmerie de Péquins s/ Argoules qui lui retirera poliment son permis de conduire avant de le reconduire chez ses parents qu’il connaît depuis le collège. L’étudiant alcoolique est le plus souvent très gentil, très amoureux quand il boit un peu trop. Mais il y a aussi la forme bourrine : deux verres et il veut casser la gueule de tous ces cons qui le regardent de travers sur la piste. J’ai une très grande expérience du mec qui veut me dessouder parce que je parle avec sa meuf. Il me chope par le col et m’informe qu’il va me faire sortir les dents par l’anus, là s’armer de son plus beau sourire et tout en posant une main sur ses fesses lui dire : « Mais je préférerais faire autre chose avec mon anus, on t’a déjà dit que tu avais un cul d’enfer ? ». Là c’est quitte ou double, et perso je m’en suis toujours bien tiré, le bourrin arrête tout net, de peur que je le viole sur place. C’est fou ce que les hétéros ont peur des pédés ! Quelque part je suis un étudiant alcoolique, certes, mais je ne paye pas suffisamment mes conso pour ça, je sors trop souvent dans des endroits fréquentés par des VIP (Very Important Poufiasse).

 

Donc résumons, je suis un savant mélange d’alcoolisme mondain et d’alcoolisme étudiant… Nous voilà bien avancé… Mais dans tous les cas la seule chose à retenir c’est que je bois comme un trou, que j’aime ça, et que je l’assume complètement !!!! Maintenant il faut s’attaquer à l’autre souci : les trous de mémoire en soirée… Si vous avez un remède autre que « mais arrête de boire Gauthier bordel » je suis preneur…