Toi aussi, chope un mec pour la St Valentin

Bon, comme tu le sais lecteur, c’est bientôt la St Valentin. Bon, pour le moment, j’en ai pas trop entendu parler, à moins que je ne sois pas attentive, vu que je suis pas
concernée. A part là, dans Un gars/Une fille, y avait un épisode sur la St Valentin. Bon, bref, c’est pas le sujet.

Donc, voilà, nous sommes à J-9 et tu trouves que c’est la lose de pas avoir de mecs. Pas de panique, le magazine Glamour a décidé de t’aider. Bon, messieurs, lisez quand même cet
article car on a besoin de votre sentiment sur ce que je vais dire. Ce week-end, je suis allée chez ma sœur qui a plein de magazines féminins qu’elle pique au boulot. Donc, dès que j’arrive chez elle, je pose mes fesses sur son canapé et je feuillette, feuillette, feuillette. Donc hier, j’ai entrepris de lire Glamour et je suis tombée sur un article que je qualifierais d’édifiant. Je vous explique : Glamour a décidé que ça faisait assez longtemps que nous étions célibataires (hohé !) donc il nous donne des tuyaux pour faire craquer les zhoms. Et qui mieux qu’un homme peut nous dire comment faire ? Donc Glamour est allé interroger des journalistes de mags pour mecs et nous livre 9 conseils. Comme j’ai pas piqué le Glamour de ma sœur, j’ai pas tout retenu mais en gros, ça donne : il faut être blonde, pas obsédée par son poids, jouer les connes mais avoir des opinions, draguer mais dire non.

Mise en situation. Je suis Nina, une fille célibataire et qui décide d’appliquer ces conseils à la lettre. Bon, déjà, me teindre en blonde, suis pas sûre. Le monsieur explique que

ça montre que la nana prend soin d’elle et veut séduire. Oui mais le blonde, je trouve ça fade, ça me plaît pas, je suis plus jolie en brune (à mon goût). Bon, je vais me teindre en auburn comme ça, ça se verra que je prends soin de moi. Et puis je veux pas dire mais les fausses blondes avec 5 cms de racines noires, hum hum, ça fait pas super séductrice qui se soigne. Donc bon, me voici avec mes cheveux teints et j’ai jeté mon corset, j’ai rendez-vous avec un mec, Paolo, le molto bono italien.

 

Etape 1 : l’ingénue. Je l’écoute en riant bruyamment, en rejetant ma tête en arrière tout en mettant mes seins en avant et en remuant mes cheveux. Quoi qu’il me dise, je fais
des yeux ronds genre : « ah ouiiiiiiiiiiiii ? Je savais pas ! Hihihihi ! ».

 

Etape 2 : Oui, il y a une étape 2 (quoi que moi, une nana comme ça, je me serais cassée mais c’est une mise en situation). Là, je la joue intelligente avec opinion. Donc alors
qu’en étape 1, j’applaudissais quand Paolo me vantait les mérites du modèle machiste, je ressors mon féminisme argumenté. « Tu sais, selon Françoise d’Eaubonne, les sociétés archaïques étaient matriarcales, les femmes ont eu le pouvoir bien avant les hommes. Et c’est pour ça qu’une fois qu’ils l’ont pris, le pouvoir, ils les ont reléguées aux tâches ménagères et à la maternité pour ne pas qu’elles le reprennent. Enfermées dans ce modèle sociétal fort, elles sont donc restées à leur place mais quand on voit ce que ça donne aujourd’hui. Tu vois, certains constructivistes prétendent que si les femmes étaient au pouvoir, les relations internationales seraient bien moins conflictuelles. Moi, je suis d’accord car les relations internationales puent souvent la testostérone. Genre Bush, quand il fait la guerre, c’est pas pour un monde juste mais c’est pour priver sa virilité ». Dum dum dum… (mais en vrai, je pense pas que les femmes au pouvoir changeraient à ce point les relations internationales mais c’est pas le sujet).

 

Etape 3 : Oui, mise en situation toujours donc Paolo, il reste. Là, je dois me la jouer allumeuse donc je m’exécute en lançant des œillades significatives, en me tortillant
sur ma chaise, en suçotant négligemment la touillette qu’il y a dans mon verre et tout ça tout ça.

 

Etape 4 : Il est chaud bouillant le Paolo et là : « on va chez toi ou chez moi ? ». Aucun des deux mon coco, je ne te cède pas, je crée le désir, héhé.

 

Sauf qu’à la fin du rencard, si je passe pas pour une sale allumeuse perverse, j’aurai de la chance. Pourtant, j’ai suivi les conseils à la lettre et tout, qu’est-ce qui a cloché ? Ah mais oui, of course : j’ai pas été moi. Parce que soyons claire : si un mec aime les filles stupides pour lui en foutre plein la vue, ça m’intéresse pas. Si je dois toujours être en conflit avec monsieur pour affirmer mon opinion, ça m’intéresse pas non plus (oui, j’aime bien être d’accord des fois). Si monsieur cherche une allumeuse ou une chaudasse, ça me
saoule parce que je ne veux pas être limitée à ça. Et j’ai jamais su dire non quand j’ai envie de dire oui, surtout si j’ai envoyé plein de signaux avant pour dire que c’était oui. Enfin, je me teindrai jamais en blonde, ça, c’est clair et net. Pamela Anderson n’est pas mon modèle. De toute façon, moi, je veux un mec qui est attiré par moi telle que je suis et pas telle que je suis censée être parce que vous croyez vraiment que vous arriverez à donner le change ad eternam ? Et bien moi, je te dis que non. De toute façon, baser une relation amoureuse sur un simulacre, ça n’ira pas bien loin. Peut-être même pas jusqu’à la St Valentin !

Faut-il être prude ou chaude pour séduire ?

En tant que fille, je me pose toujours des questions essentielles. Et comme je suis sympa, je partage ça avec mes copines, les plongeant dans des considérations ésotériques et des
abysses insondables de perplexité. Oui, aujourd’hui, j’ai envie de faire mon intello avec des mots de plus de deux syllabes.

 


 

Bon, passons ces délires verbaux et étudions ensemble ma dernière question existentielle en matière de séduction : pour séduire un homme, quelle image donner de soi ? Ou plutôt quelle genre de nanas fait craquer les hommes. Faut-il se la jouer prude ou, au contraire, pro du sexe ? La question peut paraître saugrenue mais non.

 

Posons l’équation : d’un côté, Nina, ENCORE 25 ans (non mais !), célibataire et disponible. De l’autre, des hommes. Le premier se vante, il a couché avec la moitié de la planète et connaît des positions du bout du monde. Mon verdict : peut-être pour une nuit mais guère plus. Un mec qui a eu autant d’aventures (si tant est que ce soit vrai) ne va pas se caser si facilement, même avec la meilleure maîtresse du monde (je ne parle pas de moi, là). Donc, bof. Le second est la pudibonderie réincarnée : aucune vie sexuelle déclarée, ce qui ne veut pas dire qu’il en a pas mais visiblement, il n’est pas porté sur la chose. Certes, un couple n’est pas basé que sur le sexe, c’est pas pour autant qu’on va s’en passer. Le problème, c’est que ce qui en disent trop et ce qui n’en disent rien, difficile de savoir si on ne sera pas déçue par le premier et surprise par le second. Mais idéalement, il me faut une moyenne des deux : un mec qui a suffisamment vu du pays pour pas se servir de moi pour en apprendre plus et me jeter après mais pas un obsédé de la quéquette qui a besoin de changer de copine tous les 15 jours… Maximum.

 

Donc, de là, raisonnement inverse : comment me comporter pour séduire. Bon, honnêtement, je suis pas du genre à jouer les Saintes vierges la vertu, sans pour autant être
nympho à partager ma couche avec 15 mecs différents par mois. Seulement une fille un peu exubérante niveau sexuel ne risque d’elle pas de faire fuir les hommes.


Entre en scène Brad 1. Sans être puceau, Brad 1 n’a pas eu beaucoup de partenaires sexuelles, bien qu’il soit beau comme un Dieu. Est-ce que mon passé sexuel, qui n’est pas si impressionnant que ça quand même, ne risque pas de le castrer un peu ? Je ne suis pas un mec donc je raisonne peut-être par l’absurde mais certains mecs ne peuvent-ils pas être vexée que leur petite amie ait eu plus de partenaires qu’eux donc, a priori, plus d’expérience. Bon, très honnêtement, je ne pense pas que la quantité fasse la qualité mais je me pose quand même la question. Donc si je veux sortir avec Brad 1, faudrait peut-être que je diminue le nombre de mes partenaires.

 

Entre en scène Brad 2. Lui non plus n’a pas beaucoup d’expérience et, justement, il est avide d’apprendre. Donc il se dit qu’une fille qui a couché avec plus de trois mecs (moyenne nationale) amatrice de certaines pratiques pas pratiquées par toutes pourra lui apprendre plein de trucs. Mais le problème de Brad 2, c’est qu’une fois qu’il se sera bien amusé, il s’envolera car de toute façon, il n’est pas sorti pour mes beaux yeux azur mais juste pour s’amuser. Pour séduire Brad 2, il faudrait donc qu’au départ, j’exagère un peu le nombre de mes expériences, même si je me fais plaquer à l’arrivée.

 

Bon, on peut multiplier les hypothèses à l’infini mais la question reste : être prude ou être cochonne ? Sage ou libérée ? Et surtout, comment savoir si le Brad que l’on convoite va être intéressé par l’une ou l’autre de ces versions ? Il y a quelques temps, j’avais fait un article sur la virginité, expliquant que certains mecs préféraient les vierges car elles ne pouvaient pas comparer avec un autre partenaire. Soit. Mais plus on avance dans le temps et plus il est difficile de trouver des vierges. Par ailleurs, je vais pas me faire recoudre l’hymen pour faire semblant. J’ai un passé dont je ne rougis ni ne me vante car le passé est le passé, justement et qu’au fond, ça ne veut rien dire. J’ai presque appris plus avec mon premier amant qu’avec tous les autres réunis. Oui, bon, certes, je ne pouvais qu’apprendre avec lui puisque j’étais vierge mais les expériences furent très nombreuses. Par contre, j’ai appris quelque chose avec Guillaume 1er que je n’aurais pu apprendre ailleurs : que le sexe quand on aime, c’est encore meilleur. Et ça, je n’aurais pas pu l’apprendre avec 50 amants d’un soir, voire d’une semaine. De toute façon, chaque amant a quelque chose à nous apporter puisqu’on ne fait pas l’amour de la même façon selon la personne qui se trouve en face de nous. On peut appliquer les mêmes techniques et les mêmes positions, il y a toujours de l’inédit. Donc mes Brad, ils n’ont pas à rougir de n’avoir couché qu’avec deux filles dans leur vie mais ça, faut arriver à leur faire comprendre.

 

Quelque part, je trouve ça assez curieux cette espèce de défi statistique. Je parlais l’autre jour avec un gars qui a passé près de 10 ans avec sa petite amie, elle fut sa première
partenaire et il me fit remarquer : « j’ai peut-être eu qu’une partenaire dans ma vie mais au nombre de brouettes, je n’ai pas à rougir. » Ben, c’est pas faux. Je ne sais pas combien de fois j’ai fait l’amour avec Guillaume 1er puisque Dieu merci, j’ai pas passé quatre ans et demi à tenir des compte mais on explose largement la centaine, voire les cinq cents, voire les mille… Oui, après calcul, 4 ans faisant 1460 jours, on doit effectivement être plus proche des mille mais peu importe. J’ai donc fait l’amour plus de fois avec lui qu’avec tous les autres réunis mais que retiendra-t-on ? Si je dis que je n’ai couché qu’avec deux hommes dans ma vie, ce qui était le cas après ma rupture avec Guillaume 1er, on va me regarder comme une mère la vertu. Je dis que j’ai eu une dizaine de partenaires, hop, je suis l’experte en sexe de service. En plus, franchement, une dizaine, c’est rien du tout, si on considère le nombre de mecs qu’une fille peut connaître intimement entre 18 et 25 ans. Oui mais voilà, c’est toujours ce chiffre du partenaire que l’on retient. Et c’est celui qui attirera sans doute Brad 2 et fuir Brad 1.

 

En juin, j’avais dîné avec une copine qui se vantait d’une vie sexuelle bien remplie (elle fait l’armée, ça aide…) et elle me dit : « tu vois, j’ai eu 15 partenaires sexuels dans ma vie, je peux me caser maintenant. » Bon, vu ce qu’elle racontait, je pensais qu’elle en avait eu bien plus mais elle soulève un point important. Au lieu de croire qu’un nombre (relativement) élevé de partenaires n’indique-t-il pas au contraire que la demoiselle, ou le monsieur, a enfin envie de se caser, ayant eu l’occasion de rouler sa bosse, si j’ose dire ?

 

Mais au fond, pour choisir entre Brad 1 ou 2 ou un autre Brad, le seul critère n’est-il pas justement que Brad s’en fout du nombre de partenaire que j’ai eus ? Car au fond,
c’est moi qu’il est censé aimer, pas ma vie sexuelle.