La liste du boulet fini

Je vous le dis toutes les semaines, je suis un boulet et en plus, les preuves s’accumulent.

 

– Vendredi dernier, j’apprends qu’on a des invites pour une soirée cirque au boulot donc je bats le rappel sur MSN et me voici officiellement accompagnée de Tatiana et d’un pote, Julien. Je leur explique donc que la soirée est lundi, 20h30, tel endroit. Lundi, j’arrive au boulot, de bonne humeur (sans raison, juste comme ça), je me mets à mon poste, je taffe. A un moment, Pauline vient me proposer un shopping pour midi, je lui réponds « bé non, si on va au cirque ce soir, ça va être chiant les paquets ». Et là, elle me regarde, interloquée : « mais…euh…C’est demain le cirque. » Je demande à mes collègues. Oui, c’est bien demain. Merci à Tatiana et Julien de leur compréhension.

– Mardi matin, j’enchaîne. Alors que je suis à peine réveillée donc pas levée, on sonne à ma porte. 8h15. Ca va pas de sonner chez les gens à cette heure là ? Bon, je réponds pas. De toute façon, j’ai la bonne idée de dormir nue en ce moment donc j’ouvre pas et c’est tout. Ca sonne. Et encore. Là mon portable (laissé sur silencieux donc je pouvais continuer à faire la morte) s’y met, un numéro que je connais pas. Bon, ok, la personne derrière la porte veut vraiment me voir. Je me lève, enfile une robe d’été accrochée au porte manteau de la salle de bain et j’ouvre, l’air un peu mauvais. « Bonjour, je suis le M. de la chaudière, on avait rendez-vous ». Et là, ça me revient, la conversation que j’ai eu y a 15 jours avec la dame de la chaudière au téléphone. Ils doivent passer une fois par an pour l’entretien, elle m’a demandé un rendez-vous, je lui avais dit tôt le matin parce qu’après, je travaille. Elle m’avait répondu mardi 11 décembre entre 8 et 9h et je l’ai écrit dans mon agenda… Et j’ai oublié. Etat de l’appart : lamentable. Etat de mes strings qui sèchent dans la cuisine, là où y a la chaudière : secs. Donc pendant que le monsieur, il trafique ma chaudière (non, ce n’est pas une métaphore sexuelle), me voici condamnée à lire mon Cosmo sur mon lit en croisant les jambes parce que j’ai pas de culotte et j’ai envie de faire pipi et je vais pas faire pipi avec un inconnu dans la pièce voisine.

– Mardi soir, je rentre après le cirque, option pieds congelés. Je rentre dans mon appart, gratouille au chat puis je me dis « tiens, si je fermais les volets ». Je suis très pertinente comme fille, c’est pour ça que je me parle souvent. Du coup, j’ouvre la fenêtre, je me penche pour fermer les volets en faisant un peu la nouille et…je glisse. Maintenant, j’ai un fantastique bleu sur chaque cuisse, rapport au fait que je me suis rattrapée au radiateur…avec les pauvres cuisses, donc.

– Mardi toujours (grosse journée), comment traumatiser une stagiaire par Pauline et Nina. Dans notre bureau, on a trois toilettes. Avec Pauline, nous voici donc face à deux toilettes vides, le troisième occupé donc on en prend chacun un. Je m’installe et j’entends Pauline qui me parle « on parle ensemble ? » Donc je lui réponds que non, ça peut perturber la 3e personne et là, elle me recrie « mais non, j’ai pas dit parle, j’ai dit pars ! ». Donc nous voici à détailler le trajet qu’on va prendre (tout en faisant pipi, donc). On finit nos petites affaires, on se rhabille tout ça puis pendant qu’on se lave les mains tout en continuant à discuter, la troisième personne sort enfin (sans doute qu’elle ne pouvait plus se cacher). La petite stagiaire. Je crois qu’on lui a fait peur.

– Je suis officiellement l’obsédée du bureau, ça y est. Tout a commencé lundi, Pauline arrive et demande « qui est manuel ? ». Moi, je lui réponds : « tu parles du film ? ». Oui, moi, j’avais compris « qui a Emmanuelle ? ». . Du coup,  voilà, je suis passée en mode obsédée, j’arrête plus. Mardi, je suis penchée sur le poste de Ioulia pour lui expliquer un truc, les fesses bien en arrière. Là, Pauline arrive et me file une petite fessée (on a des mœurs un peu bizarres mais on n’est très gentilles, faut pas croire) et m’explique que quand elles voient des fesses tendues comme ça, ça lui donne ce genre d’envies et je lui réponds du tac au tac « c’est marrant, d’habitude, ça donne d’autres envies, mouahahahah ! ». Du coup, quand elle a parlé joystick mercredi avec geste à l’appui, j’ai dû y voir un double sens, histoire de rester fidèle à ma réputation. Mais vendredi, on a tous un peu pété les plombs et ça va, en fait, je suis pas plus obsédée que les autres.

– Quand c’est pas moi qui fais le boulet, ce sont les autres qui le font pour moi. Mardi ou mercredi (mais quelle semaine mes enfants), je prends le train (bientôt, il va arriver tellement tard que ce sera carrément le suivant) puis le RER. Arrivée sur le quai du métro, je vois qu’il est à quai mais vide, les gens un peu égarés. Alors que je me demande ce qu’ils font, un monsieur nous explique qu’il y a un colis suspect dans la rame. Annonce : « la personne qui a oublié son sac dans la rame est priée de se présenter à l’accueil ». Au bout de 2
minutes, je me dis que j’aurai aussi vite fait de finir à pied. Ca tombe bien, on nous annonce que la circulation est interrompue sur la ligne. Bou-let. Sinon, jeudi, on va au jap entre collègue. Oui, dans ma nouvelle boîte, on mange japonais, tout le temps. Le serveur débarrasse nos salades et soupes non terminées (y avait de la tomate sur la mienne, je déteste la tomate) et évidemment, il faut tout tomber. Sur mon manteau, mon pull et celui de Joy, assise à côté de moi. J’en déduis donc que la bouletittude est contagieuse.

– Un clip ? Nan, une vidéo qui m’a fait mourir de rire. Etre journaliste, c’est pas tous les jours faciles, quand même.

Bof

Normalement, la rentrée, c’est excitant, c’est bandant, on est motivés pour tout faire, tout changer, c’est la fête au village, tout ça. Normalement, j’adore septembre, j’ai une
patate monstre, l’envie de tout casser et tout ça. Mais cette année, début septembre est morose et je suis déjà en phase d’hibernation.

 brune.jpg

Comme toujours, j’ai des projets, j’aime ça, l’euphorie de mettre tout ça à exécution et compagnie. Sauf que là, tout se complique dès que je tente quelque chose. Deux de mes plans du moment se sont violemment percutés. Selon ce qui va se passer dans les prochains jours, un des deux devra passer à la trappe, on verra. Mais c’est gonflant d’investir du temps et de l’énergie dans un truc pour constater qu’il y a un gros soucis et que si ça se passe bien d’un côté, faudra laisser tomber de l’autre.

 

Et puis, y a la recherche d’appart, situation très compliquée aussi. Regardons objectivement les faits : avec Future coloc, nous sommes deux femmes actives en CDI avec nos
parents derrière, solide caution pour toutes les deux. Donc normalement, ça devrait aller mais non. Les agents immobiliers n’aiment ni les locations, ni les colocations. Acheter ? Bien sûr et puis quoi encore ? On a beau s’entendre à la perfection, Future coloc et moi, on va pas acheter un appart ensemble, on n’est pas un couple, on parle pas mariage, bébés et labrador. Ou quand on en parle, c’est a) pour rigoler, b) pas ensemble. Quoi qu’on aura déjà une Kenya à partager, c’est pas négligeable.

 

Côté projets hors taf, j’ai envie de faire du russe, c’est pas nouveau. Tiens, c’est sympa les cours du soir pour adultes et pas cher en plus. Ah mais voilà, je n’habite pas Paris.
J’habite juste à côté, vraiment, je vois même la Tour Eiffel de la grand’ rue de Plume sur Berges mais c’est pas Paris, tant pis si j’y passe les ¾ de mon temps. Alors je pourrais attendre d’y être domiciliée mais si j’arrive deux mois plus tard, je vais avoir un sacré retard. Alors soit je me ruine en cours particuliers (et puis quoi encore ? 12 euros de l’heure, une broutille surtout qu’à une heure par semaine, dans un an, je sais dire « Bonjour, ça va, je m’appelle Nina, j’ai 27 ans. Passe moi le sel »), soit je m’achète la méthode assimil, le truc qu’on pose sur le bureau et qu’on n’utilise jamais. Les langues, c’est vivant, ça se pratique avec des individus, pas avec un ordinateur. Et c’est pas un mauvais jeu de mots ! Pour le sport, c’est pareil, c’est cher. Avec Summer et Vicky, on veut se lancer dans la danse orientale, 143 euros le trimestre pour une heure par semaine. Ouch. Mais on a beau chercher, c’est partout pareil. L’aquagym ? Soit on a les cours pour mémés dans les piscines, soit faut aller au Club Med gym et consort, le truc à 700 euros l’année, là… Je crois qu’il est temps pour moi de braquer une banque.

Les amours, on va même pas en parler, je suis un tel aimant à connards que ça en devient indécent. Donc je crois que je vais me faire abstinente quelques temps, ça m’évitera
quelques connards supplémentaires. Non parce que sur 2007, si j’enlève Guillaume IV et Gabriel (et encore, par moments, il est un peu à côté de ses pompes), y en a pas un qui a été correct avec moi. Pour me sauter, ouais, pas de soucis, autant de fois que tu veux, ma chérie. Mais pour le reste, faudrait voir à pas déconner. On couche ensemble, j’en ai rien à foutre de ta vie, de ta personnalité, de ce que tu aimes (sauf si c’est sexuel). Se parler ? Pourquoi faire ? Je veux juste te sauter moi alors ferme la et à 4 pattes.

 

Mais bon, tout n’est pas négatif, regardons un peu le positif. Au taf, ça va toujours, pas de soucis de ce côté. Le temps me file entre les doigts et y a des jours où limite, ça
m’angoisse mais me rendre compte qu’il est déjà 17h alors que je pensais pas, quelque part, ça fait plaisir, ça montre que je m’emmerde pas. Faut dire que dans mon taf, la monotonie et le quotidien, ça existe pas vraiment. Oui, certains bloggeurs sont lourds et j’aimerais bien leur mettre une bonne fessée (vu leur niveau à certains, c’est tout à fait approprié) mais faut pas oublier que certains sont très sympas aussi et qu’on papote gentiment. Les ados sont marrants et rafraîchissants, je les envie des fois un peu. Ado, j’étais toujours dans un pseudo spleen mais finalement, c’était plus simple, il me semble. Enfin, dans quelques années, je dirai sans doute pareil de ma période actuelle. Reste aussi l’amitié. En ce moment, j’ai un peu envie de jouer les associales, marre des grosses soirées et bringues. Je veux juste voir mes amis, mon noyau dur avec qui je peux chouiner si je veux, me marrer un bon coup, refaire le monde. Ca tombe bien, ma girlie team adorée est un peu dans le même état d’esprit.

 

En fait, si je regarde tout ça, je me demande de quoi je me plains. J’ai beaucoup de cartes en main, j’ai pas tellement de raisons de râler. Oui, tous des connards, gna gna gna
mais j’ai déjà vécu ça, je sais que tous ses connards me feront apprécier la prochaine pépite sur laquelle je tomberai, c’est pas comme si ça m’était jamais arrivé. J’ai beaucoup de qualités et je sais qu’un homme finira par les apprécier, c’est O-BLI-GE. Peut-être que c’est juste pas le moment. Pour le reste, je pense que ma vie est plutôt chouette quand même : un taf, des amis, un chat qui me fait des câlinoux et des ronrons dans l’oreille, une famille unie où tout va mieux. Oui parce que y a 15 jours, un docteur a diagnostiqué un mélanome à ma cousine mais après examen, c’était juste un grain de beauté qui avait pris une drôle de forme, totalement bénin. On a juste été quitte pour une bonne semaine de trouille parce qu’à 32 ans, se récolter un cancer de la peau, c’est carrément dramatique. Peut-être que le problème, c’est que je veux tout et trop. Etre exigeant, c’est bien, c’est même une qualité, je pense mais peut-être que je devrais m’apprécier un peu à ma juste valeur au lieu de toujours en vouloir plus. Bien sûr que je serais capable de plus, on l’est toujours, mais peut-être que c’est juste pas le moment.

 Ou alors, on est le 7 septembre, je me les gèle et je veux rallumer le chauffage, j’ai un peu abusé de mes forces physiques ces derniers temps et je suis juste en blues semi

hivernal. Mmmm, je crois que je vais me faire un petit planning jusqu’en 2008, histoire de voir un peu plus loin que ce début de mois de septembre pas très ensoleillé. Oui, reboostons nous !

« Sucer n’est pas tromper! »

C’est la rentrée ! Dans la rue, des enfants au cartable neuf errent, les arbres se parent de leur teinte enflammée… Voilà, c’était la seule note de poésie et de lyrisme de l’article, j’espère que vous en avez profité.

petite gâterie?

 Grande question : « sucer est-il tromper ? ». Et bien cet article n’a pas du tout pour but de répondre à cette question mais à vous parler du retour de deux de mes ex-plans brouettes : c’est la rentrée et ils ont faim. Et, manifestement, ils ont du mal avec le mot « non », ils ne doivent pas trop en comprendre le sens.

De retour de la pharmacie

Il y a 15 jours, je traînassais sur le net, pour changer, quand MSN m’indique que Benoît se connecte. Soit. Ca fait quelques jours qu’il est de retour sur la toile mais comme la semaine avant, j’étais au boulot, je me mettais hors ligne. Et là, c’est le drame : le voilà qui vient me parler ! « Hé, salut, ça faisait longtemps ! » Non mais je rêve, c’est pas possible ! Polie, je réponds et là, il me fait : « oui, j’avais des problèmes avec Internet, je viens de trouver tes messages. » Mes messages ? Ces « s » indiquent qu’il y en aurait eu plusieurs ? Bon, manifestement, il me confond avec une autre donc je lui demande de quoi il parle : « Ben de celui que tu m’as laissé avant les vacances ! ». Ah, oui, donc, c’est bien de moi qu’il s’agit. Souvenons-nous ensemble, lecteur, du contenu de ce mail qui disait, grosso merdo : « t’es qu’un pauvre connard de m’avoir laissé en plan comme ça, ce n’est pas parce que je ne suis pas ta copine que tu ne me dois pas le respect. Ca m’a trop gonflée. » Des amabilités de ce genre.

M’attendant à des excuses, je le laisse parler et là, question : « alors, tu es toujours célibataire ? » Non, ne me dites pas que… Je le sens venir mais ce serait trop énorme, il n’oserait tout de même pas… Intriguée, je lui réponds que non et le voilà qui me fait : « ah, dommage ! ». Non mais je rêve ! Il a osé ! Amusée, je poursuis la conversation, me montrant assez ironique du genre : « oui, je ne suis plus célibataire, c’est bête, hein ? ». Mais apparemment, ça ne le dérange pas plus que ça : « je ne suis pas jaloux ! » m’explique-t-il. Encore heureux ! Il veut à tout prix une « dernière fois », pas moi. Mais il insiste, il propose de lécher les recoins les plus intimes de ma personne, je ne cesse de lui répéter : « Non, arrête, c’est pas la peine » mais il persiste ! « Je t’attacherai, je te donnerai des fessées ! ». Quel programme ! J’avoue que je ne suis même pas excitée. La rancune (toute relative) coupe-t-elle le désir ? Le souvenir de nos moments passés ensemble est-il suffisamment lointain pour que leur évocation me laisse de glace ? A moins que d’avoir un petit ami officiel avec qui je brouette souvent calme suffisamment mes ardeurs pour ne pas être émue à l’idée d’une partie de jambe en l’air (avec ou sans fessée).

Comprenant qu’il ne parviendrait pas à me corrompre, il me demande de lui présenter mes copines : mais bien sûr ! Gentiment, je mets en pseudo MSN : « les filles, je connais un maître-nageur célibataire » ou quelque chose du genre. Résultat : rien. Une copine est vaguement intéressée mais elle n’a pas le temps et un pote de brouette ne la branche pas plus que ça. Gauthier en ferait bien son quatre heures mais Benoît n’a pas viré sa cuti (je lui ai demandé, quand même). Mes copines en manque ne se montrent guère intéressée : bon, il est vrai que j’ai bien clamé haut et fort que c’était un connard mais en plus, le fait qu’il ait forniqué avec moi en refroidit plus d’une. En même temps, j’avoue que j’aurais du mal à brouetter avec un ex d’une de mes copines.

Comme on se retrouve !

Après avoir fait mon œuvre sociale avec Benoît (« tu es mignon, tu es maître-nageur, tu vas en trouver des copines ! »), je me pensais tranquille. Erreur !

Mardi soir, je laisse mon MSN allumé tandis que je descends dîner avec mes parents, j’avais précisé « partie manger » mais ça n’empêche pas les gens de venir me parler. Ainsi, je reviens devant mon écran et là, je découvre que Laurent avait essayé d’entrer en contact avec moi. Ça me ravit : comme je l’avais dit dans mon article bilan amusant, j’aime beaucoup ce garçon, je le trouve charmant et intéressant et je trouvais dommage qu’on n’ait plus de contacts ensemble. Je lui réponds donc, on s’échange les formules de politesse (« ca va bien ? Oui et toi ? ») et là, il me sort : « j’ai plus de copine ! ». Oh non, c’est pas vrai, il va me faire le coup lui aussi. « Et toi ? » Mon pseudo MSN était très exactement : « Mon chéri nage au milieu des poissons/Je me noie dans mon rapport de stage ». Je lui réponds donc qu’il n’a qu’à lire mon pseudo pour avoir sa réponse. Je lui précise que, c’est amusant, mais Arnaud a énormément de points communs avec lui : blond, breton, allergique au chat et amateur de plongée. Je continue la conversation en lui précisant que ça me ferait plaisir qu’on aille boire un verre en tout amitié mais ce n’est pas ce qu’il veut : « Moi, je veux faire crac-crac ! ». Ça a le mérite d’être clair.

Et c’est reparti pour la conversation : « non-je-suis-en-couple-et-fidèle-laisse-tomber ». Mais le monsieur se révèle insistant, il me rappelle ses fantastiques proportions (comme si j’avais oublié), les choses qu’on avait faites et tout le reste. Poliment, je lui réponds mais en gardant ma ligne directrice. Et là : « et tu ne voudrais pas venir me sucer ? Sucer n’est pas tromper ! ». Seigneur, si je m’attendais ! Je lui réponds assez laconiquement que sucer pour sucer, ça ne m’intéresse pas du tout. « Mais je te lècherai, aussi, et on en restera là. » Que répondre à de tels arguments ? La vérité : « tu crois sincèrement qu’on s’en arrêterait là ? Moi pas. » Mais si, répondit-il, il fera en sorte qu’on s’arrête là, même si j’insiste parce que, de toute façon, il préfère une bonne fellation à une brouette. Je suis atterrée. En plus, j’avoue que j’ai été un peu garce.

« Tu n’as pas des photos sexy de toi (sous-entendu nue, X, porno…) ?

– Non, j’ai pas ça !

– Tu ne peux pas en faire ?

– Non, je suis chez mes parents, j’ai pas mon appareil.

– J’aurais dû prendre des photos de toi quand nous étions ensemble

– Oui, ça aurait été marrant.

– Et tu en prendras de toi quand tu rentreras ?

– Non. »

Voilà pendant trois heures (et oui, quand même), je laisse la pression monter un peu mais je la fais redescendre par ces trois lettres magiques : N.O.N. Je lui avoue que j’aurais bien aimé qu’on se revoit entre potes mais je pense que c’est compromis : il ne saura pas se tenir et il me le confirme : « je t’embrasserai, tu te débattras, au début, mais je parviendrai à mes fins puis nous aurons nous promener au bord de la Seine, je mettrai mon bras autour de ta taille et je redescendrai doucement vers tes fesses. Puis on ira chez moi… » La bande-annonce est alléchante mais je n’irai pas voir le film.

Il continue sa propagande (« mais allez, juste une fellation ! Il le saura jamais, ton copain ! »), je continue à répondre non, me disant que je me serais peut-être passé de cette conversation qui casse un peu l’image idyllique que j’avais de lui. En désespoir de cause, il me demande si j’ai pas des copines célibataires (encore !) et je lui fais la même réponse qu’à Benoît : mes copines célibataires sont soit à Toulouse, soit pas disponibles pour une histoire, voire même pour une brouette. Alors il embraye. « Il s’appelle comment, ton copain ? » Je lui réponds et là, il me fait : « et il voudrait pas qu’on fasse un plan à 3 ? » Je ne m’y attendais pas à celle-là ! Bon, alors, honnêtement, il tape pile dans mon fantasme ultime. J’évoquerai la question avec Arnaud sous forme de boutade mais je connais déjà sa réponse, vu que nous avons déjà parlé de ce fantasme-là. Du coup, il espère que je vais vite quitter Arnaud (d’ici quinze jours, en fait, car il part ensuite en Afrique pour un mois et demi) pour qu’on s’amuse, à deux ou plus.

Là, il faut avouer que son passage sur notre hypothétique rencontre a fait naître une chaleur dans mon bas-ventre. Comme vous avez pu le constater, Laurent était le chouchou de mes plans brouette, même s’il m’a un peu agacée avant-hier à insister aussi lourdement. Quand je dis non, c’est ferme et définitif. En plus, ça tombe pile la semaine où je suis éloignée d’Arnaud, la tentation est réelle mais je fais face, il n’y aura ni brouette, ni fellation et léchouilles réciproques, ni même café.

Lectrice, si tu es intéressée par Laurent ou Benoît, n’hésite pas à m’envoyer un mail (visiteuz, tu semblais intéressée la semaine dernière !). En tout cas, si je me retrouve célibataire, je pourrai organiser un plan à 3 avec mes deux brouetteurs, ça me consolera.

Un bilan meetic-gé

Deux mois que je me suis effacée de meetic, je peux donc en tirer un bilan objectif et je vous en offre la primeur ! Je vous invite à lire l’article que j’avais écrit sur le sujet à l’époque pour voir si mon opinion a évolué ou pas.
Désespérément célibataire 
Soirée déprime fin avril. Je m’emmerde chez mes parents, je trafique sur Internet, ne sachant trop quoi faire. Je réfléchis à ma vie sentimentale et c’est la catastrophe : je viens de débarquer dans une région où je ne connais personne, où suis-je censée trouver une moitié d’une nuit ou pour la vie ? Je connais un site qui pourrait m’aider mais j’hésite car le principe me dérange : un site de rencontre n’est-il pas la version électronique des petites annonces dans le journal ? Pour moi, si. Or, à 18 ans, je me souviens qu’avec une copine de fac, on les lisait en rigolant comme des bossues. Suis-je désespérée au point de tomber si bas ? Après un point sur ma situation, je me rends compte que c’est pas brillant : je viens de débarquer dans une ville inconnue, le seul mec que je connais me fait complètement fantasmer mais il a une greluche et bien qu’on habite à 500 m l’un de l’autre, il ne m’appelle pas. Bon, effectivement, je suis désespérée, allons-y gaiement.
 
Bon, je remplis consciencieusement les dizaines de questions qu’on me pose, je suis limite étonnée qu’on me demande pas la couleur de mon string, mais bon… Je ne mets pas de photos puisque je n’en ai pas sur le pc familial et puis, je me dis que je vais rapidement effacer cette fiche, tout ceci est ridicule. Une fois inscrite, je commence à surfer un peu sur les pages des messieurs qui correspondent à mes critères et là, je vois un gars qui me plaît trop, la trentaine, un visage somptueux. J’hésite encore un peu mais dès que je rentre sur Paris, je mets mes photos en ligne, on verra bien. Je n’attendais rien de ce site dès le départ, je voulais plus me trouver un mec en attendant que l’autre plante sa greluche. J’ai eu beau flasher le beau gosse, je n’ai jamais eu aucun retour de sa part.
Deux mois plus tard… 
Au bout de deux mois, j’ai fini par m’effacer, sur un coup de tête similaire, un ras le bol qui ne voulait pas passer, marre des mecs qui se passent de la politesse élémentaire (avant de me demander si je veux baiser, dis-moi bonjour, déjà). Il faut dire qu’à l’époque, je voulais prouver à Julien que je ne cherchais pas que des histoires de fesses et que, lorsque le courant passait (comme avec lui, je pouvais vouloir plus). Le jour de ma désinscription, alors que je recopiais les mails rigolos que j’avais reçus, un gars m’entreprend en chat et il m’a définitivement prouvé que les hommes n’en voulaient qu’à mon postérieur puisqu’au bout de deux minutes, le monsieur me proposait une sieste crapuleuse… Pfffffff !
 
Presque deux mois après ma désinscription, quel est le bilan ? J’ai reçu 265 flashes, rencontré 6 meeticboys (dont Louis, Benoît, Julien et Christophe), brouetté avec deux. Le score n’est pas terrible, il me semble. Concernant Julien et Christophe, la brouette était prévue mais ça a capoté, comme je l’ai expliqué dans les articles correspondant. Ensuite, il y a eu un gentil garçon que j’ai rencontré en tout bien tout honneur. Extrêmement sympathique avec un très beau sourire, je m’étais dit à l’époque que je le garderais sous le coude, en attendant d’avoir envie d’une relation stable. Résultat : après avoir reçu une carte postale de San Francisco, je n’ai plus eu de nouvelles. Sinon, il y a eu Cédric, le pro de l’annulation  de rendez-vous au dernier moment. Lui, c’est intéressant, j’en fais un paragraphe entier.
 
Premier contact sur le chat, dialogue :
Lui : Je cherche une relation sérieuse
Moi : Pas moi
Lui : Ah…C’est quand qu’on se voit ?
Bon, il s’annonce amusant, ce garçon ! On discute sur MSN, je le trouve très sympathique même s’il est assez empressé, j’apprends qu’il a un fils mais peu importe : je n’ai pas envie de l’épouser, juste de le brouetter. On se fixe donc un rendez-vous. Le jour J, texto : « je suis envoyé à Bordeaux pour le boulot pour la semaine, fais chier », un message dans ce goût-là. Après deux semaines de silence, le voilà qui me relance, on se fixe un nouveau rendez-vous. Le jour J, pressentant le coup foireux, je lui demande par texto de confirmer mais évidemment : « je peux pas, j’ai une réunion ». Evidemment ! Le businessman parvient cependant à débloquer une heure dans sa folle journée pour qu’on puisse boire un verre, une heure de discussion très sympathique, il me file un nouveau rencard pour de folles brouettes. Le jour J : je peux pas, je garde mon fils. On se fixe un nouveau rendez-vous, je l’appelle la veille pour confirmer et, une fois de plus : « non, je peux pas, je garde mon fils ». Cette annulation est plutôt bien tombé, finalement, puisque j’ai passé une folle nuit avec Reno et je n’aurais pas été capable d’enchaîner (enfin, je ne crois pas). On se fixe finalement un rendez-vous la semaine suivante, toute la journée, je guette mes mails, persuadée qu’il va annuler, je vérifie dix fois par heure mon portable (mis sur silencieux) mais aucune annulation. Je finis par quitter mon boulot et, alors que j’attendais le métro, le texto tant attendu arrive : « c’est mort pour ce soir, je vends ma voiture. » Bon, je ne l’ai jamais relancé, j’ai de l’amour propre quand même. Alors, autant pour Christophe, je me dis qu’à 22 ans, on peut ne pas du tout assumer la possibilité de relations sexuelles avec une inconnue, autant à 30, j’ai du mal à comprendre ! Ça m’amuserait qu’il me recontacte, cependant, juste pour le plaisir d’annuler cinq minutes avant.
Aucun regret
Donc, si on résume, meetic m’a rapporté 2 brouettes, sur les 6 comptabilisées sur ce blog, soit un tiers… Aujourd’hui, je me rends compte que je les ai tous perdus de vue, sauf Louis. Pourtant, je ne pensais pas que ce serait avec lui que je continuerais à discuter, nous n’avons pas grand chose en commun mais je suis devenue sa confidente meetic. Les histoires qu’il me narrent m’ont prouvé  que j’avais eu raison de fuir ce site. En effet, en ce moment, il est sur une histoire foireuse avant même d’avoir commencé. Cet été, il « rencontre » sur meetic une jeune fille, l’histoire part bien et voici le moment de passer du virtuel au réel. Le deal est le suivant : elle l’appelle un peu avant le rendez-vous pour qu’ils fixent un endroit pour se retrouver. Une heure après le rendez-vous supposé, n’ayant pas de nouvelles de la demoiselle, Louis lui envoie poliment un texto : « je crois que tu m’as oublié ». Silence radio. Quelques jours plus tard, il reçoit un mail de la demoiselle lui expliquant qu’elle venait de perdre sa tante et que son père était à l’hôpital pour un pontage. Elle n’avait donc pas à la tête à ça. Logique mais ça me paraît un peu gros. Quelques jours plus tard, notre ami Louis découvre que la demoiselle s’est réinscrite sur meetic ! Pour une fille qui n’a pas la tête à ça, c’est étonnant. Elle se connecte et il lui tombe dessus sur le chat, l’autre fait l’étonnée et lui dit de l’appeler demain. Louis me raconte ça sur MSN, dialogue (pour bien comprendre l’ironie de la situation) :
Lui : Elle m’a dit de m’appeler demain à 15 heures, elle sera à l’hosto.
Moi : Elle est infirmière ?
Lui : Non, elle est secrétaire.
Moi : Mais qu’est-ce qu’elle va foutre à l’hosto ?
Lui : Elle va voir son père qui a subi un pontage.
Moi : Putain, arrête, elle se fout de toi. Jamais je ne demanderais à un mec de m’appeler alors que je vais voir mon père malade.
Lui : Je sais. De toute façon, faut éteindre les portables à l’hôpital.
Evidemment, quand il a appelé, il est tombé sur le répondeur. Et surprise : aujourd’hui, elle lui a fixé un rendez-vous pour demain soir, il va y aller pour l’envoyer promener… à condition qu’il ne soit pas annulé, Louis a bien compris la leçon.
 
Aujourd’hui, encore, alors que je débutais la rédaction de cet article, qui vient me parler sur MSN ? Benoît ! Alors, là, je tombe des nues. Il me demande poliment des nouvelles puis veut savoir si j’ai un mec. Comme je lui réponds par l’affirmative, il me dit : « ah, tu n’as plus besoin de moi… Même pas pour une fessée les yeux bandés ? » Non, même pas pour ça (surtout qu’on n’avait jamais fait ça, mais bon…). Si je veux des fessées coquines, j’ai ce qu’il faut à la maison. Du coup, il me demande si j’ai pas des copines qui auraient envie de folles galipettes. Et bien, non, j’ai pas ça sous la main, j’élève pas les copines célibataires, moi, désolée. Il m’informe alors qu’il n’est plus sur meetic car il en avait assez, les filles étaient trop chiante, « pas comme toi », a-t-il précisé.
 
Alors, meetic est-il un ramassis de mythomanes, psychopathes et désespéré(e)s ? Non, je ne crois pas. J’ai pris meetic comme une façon de trouver des camarades de brouette, j’ai eu ce que je voulais. Aurais-je pu trouver l’amour sur meetic ? Je continue à en douter, malgré les témoignages qui prouvent le contraire. Certains me rétorqueront que c’est quand même grâce à meetic que j’ai rencontré Arnaud. Certes, c’est le seul point positif de cette folle aventure !

Pourquoi j’’aime pas les enfants (babysitting stories)

(Suite à mon premier article sur le sujet, j’en écris un second, en attendant d’écrire celui sur Arnaud.) Pourquoi je n’aime pas les enfants ? La question se pose. Je pense que je n’ai pas à me justifier car, après tout, j’ai le droit de ne pas aimer les enfants comme je n’aime pas les petits chiens. Après tout, pourquoi c’est si scandaleux qu’une femme n’aime pas les mioches ?
 
Jeune, je les adorais (très jeune, je précise). A 16 ans, je rêvais souvent que je m’occupais d’une petite sœur que je n’ai jamais eue… Oui, j’ai une sœur, Alice, mais celle-ci était bébé alors que j’étais adolescente. Alice n’a que 2 ans et demi de moins que moi, je m’en suis occupée dignement quand elle était bébé, je lui ai même sauvé la vie, figurez-vous. Quand Alice est arrivée dans notre petite famille, j’étais folle de joie, apparemment (je ne m’en souviens pas vraiment), je voulais toujours la prendre sur mes genoux et j’assistais avec attention à son bain. Or, un jour, ma mère la met dans son bain, téléphone, elle part répondre. Cinq minutes plus tard, j’arrive dans la chambre et je fais : « Maman, y a Alice qui fait la grenouille ! ». Et voilà comment j’ai sauvé ma sœur d’un drame domestique.
 
Donc, voilà, jeune, j’adorais les gosses. Premier accroc dans ma love story avec ces petits bouts : été 1996. J’avais fait un stage au journal de ma ville natale et la secrétaire m’avait proposé de partir 15 jours avec son mari, un couple d’amis et elle à St Jean de Luz pour garder les petits. Je résume : 15 jours au bord de la mer, nourrie, logée, payée… Bon, il faut garder les enfants mais tout va bien… Bien sûr que j’accepte ! Je ne savais pas dans quelle galère je m’étais fourrée. Le jour J, j’arrive chez la secrétaire, je n’avais pas encore vu les enfants. Je rencontre donc sa fille, 4 ans, assez sage, elle regarde la télé et m’explique un peu le dessin animé, elle me pose quelques questions. Bon, elle, ça va, me suis-je dit.
 
Arrive la femme de l’autre couple. Oui, ces familles sont amusantes : les épouses partent en vacances, les maris viennent de temps en temps faire un coucou (véridique). Me voici en présence de deux petits garçons, un de 5, l’autre de deux ans. Le grand part avec la petite fille dans l’autre voiture, je monte dans celle où il reste le plus petit et le voilà parti en pleine crise d’hystérie. Que se passe-t-il donc ? Sa mère arrive et le petit se calme : « il ne supporte pas d’être seul avec quelqu’un qu’il ne connaît pas. » Super, ça commence bien !
 
Le trajet se passe sans encombre, je joue avec le petit pour qu’il s’habitue à moi. On arrive sur place et, là, le cauchemar commence : les deux aînés font les cons, ils décapitent les fleurs, ils hurlent. Je prends cinq minutes pour appeler mes parents, le petit en profite pour se faire la malle mais on le retrouve vite. Bon, j’ai compris : j’ai pas intérêt à le lâcher car sa mère n’a pas l’air super attentive. Je joue un peu avec les aînés. Mon défi, si je l’accepte : les empêcher de jouer avec des bâtons, youpi ! J’avoue que j’ai eu de bons résultats à ce niveau. J’y reviendrai.
 
Premier soir (un samedi), les mères se cassent au casino, me laissant leur marmaille pour une des soirées les pires de ma vie. Le petit hurle à la mort quand sa mère s’en va, il est inconsolable, il pleure tellement qu’il me vomit sur la moquette (oui, sur le carrelage, ça n’aurait pas été drôle). Pendant que je m’occupe de lui, les deux autres se battent comme des chiffonniers, me voici donc avec trois gamins qui chialent, au secours ! Agacée, je fous tout le monde au lit (à 21h, c’est tard pour les enfants, de toute façon), je parviens à calmer le petit, les deux garçons vont se coucher sans trop de problème. Mais j’ai fort à faire avec la petite fille, une épreuve atroce m’attend. La pauvre gamine souffre de mycose mais celles-ci ne sont pas aux pieds, nan, nan. Avant de partir, ma mère m’explique que je dois lui glisser un truc dans le vagin pour la soigner. Je vous jure qu’à 16 ans, c’est assez dur à vivre surtout que ça lui fait mal à la petite et elle pleure, elle ne veut pas. J’ai développé des trésors de diplomatie pour y arriver mais j’ai trouvé ça atroce, la pauvre… A 4 ans, devoir se faire soigner son intimité par une inconnue, y a vraiment pas plus glauque. Je lui raconte une histoire et elle s’endort. Mais ce n’est pas fini : je dois nettoyer le vomi sur la moquette… Sauf que je ne sais pas où sont les produits de nettoyage, je fais ça avec du papier toilette et de l’eau, je manque à plusieurs reprises de rajouter mes propres miasmes au pâté du petit…
 
Les autres soirées ont été plus calmes mais ces gamins étaient des monstres pourris gâtés. Les parent sortaient tout le temps et achetait l’affection de leurs gamins à coup de cadeau. Le couple avec les deux garçons ne s’entendait pas, ils s’engueulaient tout le temps et le père finissait toujours ses phrases : « j’ai pas raison, Nina ? » Je suis obligée de prendre parti ? Je me souviens notamment de ce drame : les enfants ont attrapé des poux pendant les vacances. Dialogue.
Femme : Elle est dégueulasse, la plage de St-Jean-de-Luz, y a des serviettes hygiéniques qui traînent !
Mari : T’es conne ou quoi ? Les poux, ça s’attrape pas par les serviettes hygiéniques (certes, mais c’était un exemple de saleté).
– Dès qu’on rentre, on désinfecte tout, on amène tous les draps à la laverie.
– Non, mais ça va, ils ont trois poux, un shampoing et c’est bon ! Hein, Nina?
Nina : Euh…
Voilà, on s’éclate ! Côté conneries, les gamins étaient infernaux. Leur grand jeu, à la plage, c’est de courir dans tous les sens et de jeter du sable sur les gens. Le problème, c’est qu’ils étaient deux et j’étais seule, donc ils ne partaient jamais dans le même sens, je ne pouvais en courser qu’un à la fois. Le pire, ce fut le jour où j’ai grondé le grand garçon je ne sais plus pourquoi. « Puisque c’est ça, je te fais pipi dessus ! » Et là, il me sort son tuyau et met sa menace à exécution ! J’évite le jet mais, furieuse, je lui en colle une. Or le papa n’était pas loin. Il faut savoir qu’une des premières choses que ce monsieur m’a dit fut : « t’hésite pas à leur en coller une s’ils déconnent ». Sauf que moi, la violence, je supporte pas, c’est plus fort que moi. Là, il me voit faire et comprend que son gosse a dépassé les bornes, il me demande ce qu’il vient de se passer et met une trempe pas possible au gamin. Moi, du coup, je plaignais un peu le gosse, j’ai indiqué qu’il en avait déjà pris une et ce n’était pas la peine d’en rajouter. Maintenant, lecteur, je me demande si je dois compter cet incident comme une « golden shower », ce qui ferait augmenter mon score (pas franchement glorieux) au test de pureté… Hum ! Sinon, chaque matin, même rituel : les mères me jettent leurs gamins à huit heures et demi pour que je m’en occupe pendant qu’elles terminent leur nuit, je dois les tenir jusqu’à midi dans le salon sans qu’ils hurlent, sachant qu’il a plu à peu près tout le temps… Ô joie ! Franchement, Tom Cruise, il me fait marrer dans Mission Impossible, c’était rien, à côté, surtout qu’il y en avait toujours un qui tentait de m’échapper pour aller voir papa et maman…
 
Le soir, ils ne faisaient pas trop d’histoire pour aller au lit, sauf le petit qui passait son temps à me demander : « où il est papa ? Où elle est maman ? » parce que je lui répondais et il savait que je m’occupais de lui. Un soir, il commence enfin à s’endormir et son frère, qui dormait au dessus (lits superposés) me fait : « dis, je peux te chanter une chanson ? » Je l’y autorise, trouvant ça mignon, et le voilà qui se met à hurler : « C’EST L’HISTOIRE DE LA VIE !!! » (version très personnelle, je précise). Du coup, l’autre : « et il est où, papa ? » Et merde !
 
Bon après, il y a eu quelques bons moments. La première fois que je vois le papa des petits garçons, je bave comme une folle (qu’il était beau, Seigneur !), il arrive dans le salon où j’étais avec le petit et il me dit : « Alors, c’est toi, Alexandra ? » « Non, pas du tout, je suis Nina. » Quelques jours après, j’ai compris d’où venait la méprise. Le petit garçon arrive et me fait : « tu connais Sandra ? C’est la fille qui a les mêmes yeux que toi ! ». Là, j’avoue que j’ai trouvé ça trop mignon. Sinon, j’ai appris à la petite fille à faire des bracelets brésiliens mais bon, ce n’est pas très facile pour son âge donc je lui en fais un qu’elle donne à sa maman en disant que c’est elle qui l’a fait, elle était super fière. Mais mon préféré restait le petit qui a fini par s’habituer à moi. Il y avait une pente juste derrière l’immeuble en herbe, il la dévalait en courant et je devais le rattraper, c’était marrant.
 
Quelque part, je plains ses gosses qui ne savent pas ce qu’était l’autorité parentale. En quelques jours, j’avais plus d’autorité sur eux que leurs propres parents. Un jour, on regardait la télé dans le salon, les deux grands jouaient dehors et le garçon arrive en courant dans le salon avec un bâton dans la main et, là, il me voit et lâche de suite son jouet, sachant très bien qu’avec moi, ça ne passait pas… Alors que ses parents, il s’en foutait. Pour la petite histoire, l’année suivante, ils ont pris une autre baby sitter (curieusement, ils en changeaient chaque année) et ce fut proprement catastrophique : la mère des garçons s’était trouvé un amant au casino donc elles sortaient encore plus. Au dernières nouvelles, l’aîné est très perturbé et a eu du mal à apprendre à lire. Tu m’étonnes !
 
Dieu merci, je ne suis pas restée sur cette expérience. Quelques temps plus tard, j’ai gardé un bébé de trois mois trop mignon, il s’est endormi dans mes bras. Ses frères et sœurs avaient le droit de regarder le premier reportage de Thalassa et après, dodo ! Je les laisse regarder la télé me disant : « tu regarderas la télé à telle heure pour vérifier qu’ils ne grugent pas ». Pas la peine, ils sont allés au lit d’eux-mêmes ! Une autre fois, j’ai gardé des petits franco-américains tout aussi adorables. A 21h30, je fais : au lit ! Et bien, ils ont obéi sans discuter !
 
Dernier baby-sitting en date, il y a deux ans, les enfants de l’associé de mon père. Je les déteste, ceux-là, de vrais petits monstres. Normalement, c’est Alice qui les gardait mais ce soir-là, elle ne pouvait pas. Elle m’avait prévenu mais je ne m’attendais pas à ça. On ne peut pas dire que ces enfants sont mal élevés, ils ne sont pas élevés du tout mais il ne faut pas les contredire, les petits chéris ! Ma sœur n’a pas été rappelée après avoir donné une fessée bien méritée.
 
A 20 ans, je rêvais d’avoir un enfant, sentir cette vie grandir en moi. Aujourd’hui, plus du tout. Bien sûr, les enfants dans la rue me gonflent mais je crois que ce dégoût vient plus de mon entourage. En effet, je connais des filles qui se sont retrouvées mères alors qu’elles n’avaient pas la maturité pour et je crois que je crains tellement pour l’avenir des enfants que ça m’a dégoûtée d’en avoir. Je ne parle pas d’Océane, je parle plus précisément de ma cousine (trois enfants en deux ans, aucun jumeaux) ou une copine de lycée qui a appelé sa fille Samantha en hommage à Madame est servie (ça vous situe le niveau). A 20 ans, j’étais choquée quand l’une de mes amies, très grande et très costaud, se sentaient mal dès qu’elle était en présence d’enfants. Au début, je ne comprenais pas mais maintenant, je sais : un enfant, c’est cruel, ça peut dire du mal et être méchant. Personnellement, je n’ai pas de soucis à ce niveau-là, les enfants m’aiment bien. Le neveu d’Anne est fou de moi, un autre m’a consciencieusement draguée dans le train l’autre jour à coup de sourires enjôleurs (avant de se tourner vers la Black en face de moi, salaud, va !). A 19 ans, je me suis crue enceinte, je pensais à ce petit être qui existait peut-être en moi et j’étais terrassée à l’idée d’avorter. Dieu Merci, ce ne fut qu’une fausse alerte.
 
Mais je n’aime pas les enfants et ça m’énerve qu’on veuille m’imposer ce sentiment d’amour que je suis censée avoir pour ces êtres, comme si mes ovaires prenaient la place de mon cerveau dès qu’un bébé entre dans la pièce. Ça m’énerve que ma cousine me colle ses bébés dans les bras en rigolant alors que je ne sais pas quoi en faire (il dort, le bébé, ou il végète, super intéressant), qu’elle me demande de lui donner le biberon alors que je m’en fiche, moi, de le nourrir. Pourtant, j’adore son fils aîné, j’ai des dizaines et des dizaines de photos de lui, je le trouve très beau et très éveillé, même si je pressens le futur gamin insupportable. En effet, sa mère lui a inventé une mystérieuse maladie, elle n’en a que pour lui, tant pis pour son frère et sa sœur. Pareil pour mon cousin, que j’adore aujourd’hui : j’ai commencé à l’adorer le jour où il a eu 16 ans, qu’on a échangé nos adresses MSN et qu’on a longuement parlé de son homosexualité. Il faut dire que mon cousin était particulièrement insupportable, petit : ma tante ne parvenait pas à l’engueuler, fils unique. De plus, il est arrivé dans la famille juste après le décès d’un de mes oncles dont tout le monde s’est un peu consolé en reportant son affection sur lui. Ce fut pareil pour le fils de ma cousine : on a appris que ma cousine était enceinte le jour du décès de sa mère.
 
Aujourd’hui, je pense que la seule chose qui peut me faire à nouveau aimer les enfants sont mes futurs neveux et nièces. Eux, je serai ravie qu’on me les colle dans les bras.

L’instinct maternel de l’’hippocampe

Rassure-toi, lecteur, ce blog ne vire pas « étude de la faune sous-marine et de ses mœurs », ce titre énigmatique et quelque peu poétique va me permettre de te parler d’une espèce que je ne supporte pas : les gosses. Vois-tu, là, je suis dans le train, ma douce Kenya endormie dans sa panière à mes côtés. Bon, d’accord, je l’ai droguée mais elle est tout sage. A quelques sièges de là, y a une sale gamine qui met un souk pas possible depuis une bonne demi-heure, qui crie, tape sur les vitres et répond à sa mère. Je te le dis sans rougir, lecteur : je déteste les gosses.
Je hurle donc je suis
A chaque fois que je prends le train, y en a toujours un ou deux dans mon wagon. Quand je pense qu’au lycée, les profs m’apprenaient, alarmiste, qu’on ne faisait plus assez d’enfants…ils doivent pas prendre le train très souvent, ceux-là ! Qu’ils s’installent à côté de la monstresse blonde, tête à claque, qui sévit ici, ils chanteront un autre refrain.
J’ai remarqué que les plus chiants n’étaient pas les bébés. La semaine dernière, j’étais dans ce même train, effectuant le même trajet, sans Kenya restée en vacances chez « ses grands parents » et j’étais encerclée de bébés et de jeunes enfants de cinq ans et plus. Les plus calmes étaient sans contexte les bébés. Comment expliquer que ses frêles créatures soient aussi calmes alors qu’ils ne sont pas conscients de l’autre et de la gêne que leurs cris occasionnent ? Pareil pour mon chat : quand elle miaule, elle se rend pas compte qu’elle dérange les gens mais dans le train, elle est toute sage, tout comme ses congénères chats. Alors pourquoi les gamins entre cinq et dix ans qui ont parfaitement conscience de faire chier leur monde ne se calment pas et hurlent comme des demeurés ? J’ai ma théorie : comme les chats, les enfants se croient roi.
Il est né le divin enfant
Imaginons : un bébé vient de paraître dans votre entourage. Premier réflexe : on court se pâmer devant ce miracle de la nature. Qu’il est mignon, guili-guili ! Même un bébé moche parvient à tirer des cris d’extase (hypocrites) de ses visiteurs. Récemment, quelqu’un (il me semble que c’est Raphaël) m’a dit : « mais c’est moche un bébé, j’aime pas ça ! » Ben, c’est vrai que c’est pas super beau, c’est tout fripé mais un nouvel individu a fait son apparition sur terre, alléluia (comme si c’était exceptionnel…). Bref, ce petit bout de chair à peine doté d’une conscience mais déjà équipé d’un estomac et de cordes vocales est déjà l’objet de toutes les adorations. En grandissant, ça ne va pas en s’arrangeant : oh, il vient de sourire ! Oh, il m’a attrapé le doigt ! Seigneur, il marche ! Et voilà notre trognon d’humain persuadé d’être exceptionnel car il s’est mis en station debout. C’est sûr, c’est bien le premier à le faire, c’est incroyable ! A partir de là, l’enfant se rend compte de son pouvoir : tout ce qu’il fait est merveilleux et, ravi, il offre à l’assemblée toute une gamme d’exploit. J’exagère ? Bien sûr que non ! Je me souviens, un jour, ma cousine est venue à la maison avec sa marmaille et l’aîné faisait l’andouille. Notez que je trouve ce gamin trop mignon. A un moment, je ne sais plus ce qu’il a sorti et tout le monde a rigolé. Super fier de lui, le gamin nous a refait le sketch dix fois d’affilée. Merci de vous écrouler de rire à chaque fois pour ne pas vexer le petit ange.
Et c’est toujours pareil. Un enfant doit prouver à l’assistance entière qu’il existe, à tel point que j’en viens à me demander si un enfant n’a pas le sentiment effrayant de ne plus être dès lors qu’on ne le regarde plus. Comme un Dieu, en fait : un Dieu n’existe sur Terre qu’à partir du moment où il a des adorateurs. L’enfant a une phrase fétiche : « Hé, maman (ou papa), regarde ! ». Regarde, je fais un dessin, regarde, je fais la roue, regarde je fais du vélo… Merde, je suis tombé. Comme tu me regardais, je me mets à hurler pour que tu t’occupes de moi. Ça aussi, c’est intéressant de voir que la douleur enfantine n’existe qu’à partir du moment où elle a lieu sous l’œil des parents. Un enfant qui tombe dans son coin se relève, enlève les petits cailloux qui lui ont éraflé le genou et repart jouer sans rien dire. Si un adulte a assisté à la scène, le voilà qui se met à hurler.
La fessée, c’est mauvais pour le développement personnel
Les enfants sont roi et j’ai l’impression que c’est de pire en pire. Gamine, je me suis ramassée quelques fessées toujours justifiées, au fond. Aujourd’hui, le pédopsychiatres nous explique qu’il faut surtout pas frapper un gamin, pas le brimer… De toute façon, les pédopsychiatres nous racontent n’importe quoi, tout est question de mode. Mais les enfants actuels sont super mal élevés, je trouve, tout leur est dû. La monstresse blonde hurle, fout le souk, tire sur les rideaux, elle a eu droit à un « chut ! » maternel de réprobation et si sa mère la force à s’asseoir (oui, là, elle saute comme une idiote sur son siège), la voilà qui pousse des beuglements terribles. Quelle sale gosse !
Mais c’est notre faute, aussi, à force de nous rabaisser à leur niveau plutôt que de les faire monter au nôtres. Les gamins, on leur parle comme à des demeurés (et qui sait qui l’est tout mignon ? Mais c’est le bébé à son papa ? Hou gouzi, gouzi !). Je suis contre la méthode américaine de bourrage de crâne pour faire des gamins pseudos intelligents, je trouve ça complètement crétin. Ceci étant, on ne fait aucun effort pour les responsabiliser, on leur passe tout parce qu’ils sont des enfants : « le pauvre, c’est long le train pour lui ! ». Pffffff, tu lui aurais expliqué avant qu’il ne fallait pas s’agiter dans tous les sens dans le train et se conduire comme une grande, on en serait pas là.
Merde, j’ai perdu mon instinct maternel
Tu l’as remarqué, lecteur, les gosses, ça m’emmerde. J’ai préféré prendre un chat, même si elle est insupportable par moment, qu’elle grignote les pieds de mes amants ou leur lèche les oreilles selon son degré de compatibilité avec le monsieur (elle a adoré Reno, beaucoup moins Raphaël…). Un chat, c’est indépendant, au moins. Ce n’est pas la chair de ma chair mais je m’en tape. Je n’ai pas une once d’instinct maternel, j’ai pas envie de me reproduire, pour l’heure, ça changera sans doute quand j’aurai trouvé ma moitié définitive. J’en parlais l’autre jour avec ma collègue, Zoé, nous étions d’accord sur un point : l’envie de l’enfant vient naturellement quand on est bien engagé avec quelqu’un.
Dans les vingtenaires, nous avons les deux cas : celle qui a une fille envie de bébé (Anne) et celles qui préfèreraient se couper un bras plutôt que de tomber enceinte (Lucie et Victoire). Pour Anne, elle est « inspirée », si j’ose dire, par l’exemple de sa sœur aînée, maman une premier fois et qui est actuellement enceinte jusqu’aux yeux. Pour Lucie et Victoire, un bébé est comme un parasite qui grandit à l’intérieur de leur corps, ça les rend malades rien que d’y penser. Personnellement, je pense que j’aimerais bien sentir la vie grandir en moi mais là… Non… Bien qu’Arnaud m’ait confié qu’il aimerait bien faire l’amour à une femme enceinte (enfin, ça l’a pas empêché de me brouetter).
Dans la nature, toutes les femelles ne s’occupent pas de leur progéniture, c’est un truc de mammifères, ça ! Par exemple, chez les poissons et les hippocampes (d’où le titre de l’article), les femelles expulsent les œufs et ce sont les mâles qui doivent les protéger en attendant la naissance. Alors que chez les mammifères… Par exemple, ma petite Kenya, que je soupçonne d’être enceinte (quelle merde !), elle fera ses bébés toute seule et qui est-ce qui va la soutenir dans cette épreuve ? Pas le(s) salaud(s) qui l’a engrossée, non, ce sera moi… Pitié, pourvu qu’elle soit pas enceinte ! Un chat, j’arrive à gérer mais des petits chatons, quelle angoisse… Mais je dévie.
Un bébé? Non merci…
Quand je vois tous ces monstres qui piaillent, hurlent, tapent du pied, je me demande pourquoi j’en voudrais un pour moi… La monstresse blonde s’est coincée la tête entre le fauteuil et la fenêtre, elle hurle comme une demeurée, au secours ! Voilà comme cette horrible gosse vient de détruire tout instinct maternel résidant encore en moi. Nous en avons parlé ave Gauthier, je lui ai balancé ma théorie sur la déification de l’enfant et il m’a expliqué ceci : « non mais c’est super beau de voir un enfant qui apprend, tu n’imagines pas ! » Non, je n’imagine pas, en effet. Gauthier, il s’occupe beaucoup du fils d’Océane, il sait mieux que moi la fierté que l’on éprouve quand notre rejeton arrive à mettre un pied devant l’autre. Peut-être que quand j’aurai ma propre marmaille, je serai comme les autres, je m’extasierai devant leurs moindres faits et gestes…
Mais pour les moments, les gamins, ça m’emmerde, surtout dans le train.