La liste du boulet fini

Je vous le dis toutes les semaines, je suis un boulet et en plus, les preuves s’accumulent.

 

– Vendredi dernier, j’apprends qu’on a des invites pour une soirée cirque au boulot donc je bats le rappel sur MSN et me voici officiellement accompagnée de Tatiana et d’un pote, Julien. Je leur explique donc que la soirée est lundi, 20h30, tel endroit. Lundi, j’arrive au boulot, de bonne humeur (sans raison, juste comme ça), je me mets à mon poste, je taffe. A un moment, Pauline vient me proposer un shopping pour midi, je lui réponds « bé non, si on va au cirque ce soir, ça va être chiant les paquets ». Et là, elle me regarde, interloquée : « mais…euh…C’est demain le cirque. » Je demande à mes collègues. Oui, c’est bien demain. Merci à Tatiana et Julien de leur compréhension.

– Mardi matin, j’enchaîne. Alors que je suis à peine réveillée donc pas levée, on sonne à ma porte. 8h15. Ca va pas de sonner chez les gens à cette heure là ? Bon, je réponds pas. De toute façon, j’ai la bonne idée de dormir nue en ce moment donc j’ouvre pas et c’est tout. Ca sonne. Et encore. Là mon portable (laissé sur silencieux donc je pouvais continuer à faire la morte) s’y met, un numéro que je connais pas. Bon, ok, la personne derrière la porte veut vraiment me voir. Je me lève, enfile une robe d’été accrochée au porte manteau de la salle de bain et j’ouvre, l’air un peu mauvais. « Bonjour, je suis le M. de la chaudière, on avait rendez-vous ». Et là, ça me revient, la conversation que j’ai eu y a 15 jours avec la dame de la chaudière au téléphone. Ils doivent passer une fois par an pour l’entretien, elle m’a demandé un rendez-vous, je lui avais dit tôt le matin parce qu’après, je travaille. Elle m’avait répondu mardi 11 décembre entre 8 et 9h et je l’ai écrit dans mon agenda… Et j’ai oublié. Etat de l’appart : lamentable. Etat de mes strings qui sèchent dans la cuisine, là où y a la chaudière : secs. Donc pendant que le monsieur, il trafique ma chaudière (non, ce n’est pas une métaphore sexuelle), me voici condamnée à lire mon Cosmo sur mon lit en croisant les jambes parce que j’ai pas de culotte et j’ai envie de faire pipi et je vais pas faire pipi avec un inconnu dans la pièce voisine.

– Mardi soir, je rentre après le cirque, option pieds congelés. Je rentre dans mon appart, gratouille au chat puis je me dis « tiens, si je fermais les volets ». Je suis très pertinente comme fille, c’est pour ça que je me parle souvent. Du coup, j’ouvre la fenêtre, je me penche pour fermer les volets en faisant un peu la nouille et…je glisse. Maintenant, j’ai un fantastique bleu sur chaque cuisse, rapport au fait que je me suis rattrapée au radiateur…avec les pauvres cuisses, donc.

– Mardi toujours (grosse journée), comment traumatiser une stagiaire par Pauline et Nina. Dans notre bureau, on a trois toilettes. Avec Pauline, nous voici donc face à deux toilettes vides, le troisième occupé donc on en prend chacun un. Je m’installe et j’entends Pauline qui me parle « on parle ensemble ? » Donc je lui réponds que non, ça peut perturber la 3e personne et là, elle me recrie « mais non, j’ai pas dit parle, j’ai dit pars ! ». Donc nous voici à détailler le trajet qu’on va prendre (tout en faisant pipi, donc). On finit nos petites affaires, on se rhabille tout ça puis pendant qu’on se lave les mains tout en continuant à discuter, la troisième personne sort enfin (sans doute qu’elle ne pouvait plus se cacher). La petite stagiaire. Je crois qu’on lui a fait peur.

– Je suis officiellement l’obsédée du bureau, ça y est. Tout a commencé lundi, Pauline arrive et demande « qui est manuel ? ». Moi, je lui réponds : « tu parles du film ? ». Oui, moi, j’avais compris « qui a Emmanuelle ? ». . Du coup,  voilà, je suis passée en mode obsédée, j’arrête plus. Mardi, je suis penchée sur le poste de Ioulia pour lui expliquer un truc, les fesses bien en arrière. Là, Pauline arrive et me file une petite fessée (on a des mœurs un peu bizarres mais on n’est très gentilles, faut pas croire) et m’explique que quand elles voient des fesses tendues comme ça, ça lui donne ce genre d’envies et je lui réponds du tac au tac « c’est marrant, d’habitude, ça donne d’autres envies, mouahahahah ! ». Du coup, quand elle a parlé joystick mercredi avec geste à l’appui, j’ai dû y voir un double sens, histoire de rester fidèle à ma réputation. Mais vendredi, on a tous un peu pété les plombs et ça va, en fait, je suis pas plus obsédée que les autres.

– Quand c’est pas moi qui fais le boulet, ce sont les autres qui le font pour moi. Mardi ou mercredi (mais quelle semaine mes enfants), je prends le train (bientôt, il va arriver tellement tard que ce sera carrément le suivant) puis le RER. Arrivée sur le quai du métro, je vois qu’il est à quai mais vide, les gens un peu égarés. Alors que je me demande ce qu’ils font, un monsieur nous explique qu’il y a un colis suspect dans la rame. Annonce : « la personne qui a oublié son sac dans la rame est priée de se présenter à l’accueil ». Au bout de 2
minutes, je me dis que j’aurai aussi vite fait de finir à pied. Ca tombe bien, on nous annonce que la circulation est interrompue sur la ligne. Bou-let. Sinon, jeudi, on va au jap entre collègue. Oui, dans ma nouvelle boîte, on mange japonais, tout le temps. Le serveur débarrasse nos salades et soupes non terminées (y avait de la tomate sur la mienne, je déteste la tomate) et évidemment, il faut tout tomber. Sur mon manteau, mon pull et celui de Joy, assise à côté de moi. J’en déduis donc que la bouletittude est contagieuse.

– Un clip ? Nan, une vidéo qui m’a fait mourir de rire. Etre journaliste, c’est pas tous les jours faciles, quand même.

Ben, tiens, si je prenais un amant ?

Avant d’aller plus avant dans cet article, je précise pour ceux qui tombent sur ce blog pour la première fois et à qui je souhaite la bienvenue que je ne suis pas actuellement en couple donc tout ceci n’est que fictif.

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Vendredi soir, je rentre chez moi avec ce qu’il reste de mes pieds congelés et ô surprise, je découvre un nouvel article d’Enzo sur les règles d’or de l’adultère. Tout en débattant (enfin, débattre quand on a le même avis, c’est pas trop le mot) du sujet avec le jeune homme sur MSN, je décide de prendre le sujet en main : Nina devient infidèle à Wenworth grâce à aufeminin, c’est parti.

Avoir un amant, c’est très chic et ça occupe. Bon, entre mon taf, mon mec et mes copines, je sais pas trop où le caser mais tout est question de volonté dans la vie et si je le vois qu’une fois tous les 15 jours, c’est pas grave, il va pas commencer à me saouler non plus. De toute façon, ils le disent dans l’article, faut pas que je m’attache, je vais donc prendre un gigolo gratuit connard, en somme. Comme moi, je suis une fille bien, je mets les choses au clair de suite « écoute, j’ai pas besoin d’un mec, j’en ai déjà un, toi, je te prends juste pour ton sexe alors la ferme et on y va ! ». C’est fou comme l’adultère me rend dominatrice quand même. Bon le souci, c’est qu’avec amant qu’on va appeler Jean-Baptiste comme un joueur de rugby trop craca miaou, on peut pas trop jouer à tu m’attaches, tu me fouettes, ça laisserait des traces et il ne faut pas. Donc moi, je suis la fille hypra honnête qui dit de suite « tombe pas amoureux de moi, ça sert à rien ». Parce que je suis aussi très prétentieuse pour le coup, je suppose que forcément, Jean-Baptiste va tomber in love, bien sûr.

Comme je suis honnête mais pas garce (enfin, pas avec Wenworth), je ne dirai rien à mon mari ni à mes enfants, comme le dit le site. D’ailleurs, en gentlewoman que je suis, je ne coucherai jamais avec Jean-Baptiste devant Kenya, je dois la préserver. Mais je dois faire attention à pas me faire piquer donc c’est parti pour la phase de désinfection de JB. Ciao les cheveux et poils qui ne m’appartiendraient pas, à la lessive mes fringues qui sentent le Hugo Boss alors que Wenworth est très Calvin Klein, à la douche pour effacer cette odeur tenace de sexe. C’est marrant, quand on fornique, on a toujours l’impression de puer le sexe à 3000 lieues à la ronde alors qu’en fait, non. Enfin, je crois pas. Enfin, de toute façon, je me douche toujours après une folle nuit, c’est la base de l’hygiène. Si je vis avec Wenworth, je ne dois pas amener JB à la maison. Mais ça, très franchement, faut aimer le risque parce que vas-y pour être sûre d’effacer toutes les traces, surtout qu’avec mon amant, je prends mes précautions, histoire de pas me la jouer Brooke dans Amour Gloire et beauté : « je suis enceinte mais qui est le père » et une capote, ça brûle mal, je crois. Donc JB, il me reçoit chez lui et c’est tout. De préférence, il habite dans un quartier où je ne connais personne et où je peux me balader avec de grosses lunettes opaques sur le nez sans qu’on se dise « tiens, j’ai vu Nina dans ce quartier l’autre jour, suis sûre qu’elle a un amant. La preuve, elle avait de grosses lunettes sur le nez ». Puis en plus, le site le dit bien JB est un connard en puissance (c’est même pour ça que je l’ai choisi, pour pas m’attacher) et il risque de me dénoncer à mon Wenworth d’amour donc je dois surtout pas lui filer mon numéro et me mettre sur liste rouge. Bon, Wen’, il a pas trop compris mon délire de liste rouge et j’ai eu du mal à m’expliquer mais on sait jamais, quoi…

Le secret est, paraît-il, de ne rien dire à personne puisque moins de gens savent, mieux c’est. Mathématique comme raisonnement. Sauf que je lui dis quoi, moi, à Wenworth, sur ces 2h où personne ne sait où j’étais ? Une copine alibi, c’est bien aussi, à condition de la prévenir, bien évidemment, ça évitera les « au fait, c’était bien jeudi soir avec Nina ? – Jeudi soir ? Mais je l’ai pas vue, pourquoi tu dis ça ? ».

 En fait, je lis cet article (qui ne dit même pas où trouver un amant connard) et je me dis que l’adultère, c’est vraiment trop fatigant pour moi. Déjà qu’à l’heure actuelle, je sais même pas si j’aurais du temps à consacrer à un Wenworth, rajouter un JB au tableau, c’est pas possible, là ! De toute façon, l’infidélité, c’est pas comme ça que je la conçois, j’en parlerai un autre jour !