Cette annonce est faite pour moi

Dans l’aventure de la recherche d’emploi, arrive toujours un moment où on tombe sur l’Annonce idéale, avec un grand A. L’annonce qui pourrait se terminer par« et si vous vous appelez Nina Bartoldi, postulez ! » tant le profil recherché vous correspond. Alors là, je dis attention : gardons la tête froide.


Un jour, je tombe sur l’annonce suivante : « cherche rédacteur qui a étudié histoire, science politiques et journalisme, débutants acceptés », quelque chose du genre. Je pleure de joie : une maîtrise d’histoire, une maîtrise de sciences politiques, un master pro de journalisme et je suis chef de rubrique international sur un webzine. Les mecs, engagez moi. Je postule, ivre de joie. Deux jours après, j’appelle comme le veut la coutume histoire de montrer que je suis hyper motivée. Sachant que l’annonce est une annonce
ANPE, ça veut dire que j’ai cherché la boîte et leurs coordonnées, motivée la nana. « Non, le poste est pourvu, merci, au revoir ». Après avoir reformulé mes larmes et mon amertume, j’ai retenu : les annonces ANPE sont un plan foireux, essentiellement car des entreprises envoient une annonce par obligation et non par besoin. Mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Alors j’avais placé un fol espoir dans cette candidature et forcément, la réponse négative m’a mise KO. Si cette annonce tellement parfaite pour moi n’aboutit pas, est-il possible que je trouve un jour du travail ? En fait, dans cette histoire, j’ai commis une erreur stratégique : celle de trop compter sur une annonce et de n’avoir pas su garder la tête froide.

Même si nous correspondons parfaitement à une offre d’emploi, il faut garder à l’esprit que nous ne serons pas les seuls à répondre à l’annonce. La recherche d’emploi est en premier lieu une question de chance. Je sais, c’est intolérable comme idée mais parfois, votre candidature parfaite ne passera même pas sous l’œil du recruteur. Quand j’avais passé ce double entretien quasi parfait, le recruteur m’avait expliqué qu’ils n’avaient examiné que la première cinquantaine de CV. A quelques heures près, j’aurais pu ne jamais passer cet
entretien alors que je suis quand même arrivée en finale. Si une annonce a plusieurs jours, envoyez toujours un CV (il est toujours utile que notre CV soit à peu près dans toutes les bases de données des entreprises de votre domaine) mais plus l’annonce est vieille, moins il faut espérer.



Quand on cherche un boulot, il est impératif d’apprendre à se blinder. Facile à dire, je sais bien. Mais j’ai fait l’erreur d’investir trop d’espoirs dans des candidatures sans prendre en compte des tas de facteurs. Ma candidature est idéale, ok, mais déjà, je ne suis pas la seule à avoir mon parcours. Si un candidat a vécu un an en pays anglophone ou s’il a plus d’expérience que moi, il est encore plus idéal que moi. L’âge peut aussi être un facteur. Il ne doit pas être un critère clairement établi, sinon, c’est de la discrimination mais dans
les faits, un recruteur peut préférer une personne plus jeune ou plus âgée. Vous ne le saurez jamais, rassurez-vous, mais ça peut jouer. Et puis peut-être que la présentation du CV ne correspond pas à la candidature idéale voulue par l’employeur, peut-être que c’est la lettre de motivation…


Bref, il y a des choses que l’on maîtrise et d’autres non. Aujourd’hui, au vu de mon parcours, je ne regrette finalement pas les candidatures manquées, mon parcours n’est pas si mal même si j’ai encore un bon bout de chemin à faire. J’ai souvent tendance à penser que si une candidature n’est pas retenue, c’est juste qu’on ne devait pas aller travailler dans cette entreprise mais à force d’opiniâtreté, ça finit toujours par payer. L’erreur serait de croire qu’un simple « non » (voire une absence de réponse) est la fin de tout. C’est juste la fin d’une voie mais il en existe un milliard d’autres. Notre profil  n’est pas fait pour une seule et unique annonce. Alors on se fait un chocolat pour se remonter (ou ce que vous voulez) et on reprend le postulage.

Où trouver l’homme ? Episode 29 : au supermarché

(Petit lecteur, cet article est une fiction. Donc tout ce qui va suivre n’est pas vraiiiiiiiii donc tu peux rigoler ou dire que c’est pas super crédible mais pas critiquer mon comportement fictif… Merci bien)

A la recherche du prince charmant

Après la disparition de Fabien, me voici dans le cycle infernal de la rupture, alternant entre « tous des connards, je ne ferai plus jamais confiance en aucun homme » et « je suis une sombre merde qui n’arrive pas à retenir un mec ». Or quand je suis dans la phase down de la sombre merde, j’ai tendance à noyer mon désespoir dans des cochonneries alimentaires du genre glaces hypra caloriques, fromage, chocolat et tutti quanti. Comportement totalement paradoxal puisque normalement, quand on se sent moche, on devrait faire des efforts pour s’arranger et non l’inverse. Parce que toutes ces cochonneries, en plus d’épaissir les parties charnues de la bête, ça donne une vilaine peau. Tout pour séduire, en somme.



Un soir, je m’arrête à la supérette du coin pour faire des courses. Le problème, c’est que je les fais en sortant du travail, le soir, et que je crève la dalle et j’ai donc tendance à mourir de faim et craquer facilement pour des cochonneries. Tiens, du riz au lait, ça fait une éternité que j’en ai pas mangé, bonne idée. Un petit caprice des Dieux, c’est pour le calcium. Comme c’est l’hiver, je zappe l’étape glace mais par contre, la double tablette de chocolat fourrée au lait de Milka, là, je dis oui.


Au détour d’un rayon, je l’aperçois : le beau gosse. Seul. Alerte rouge ! Résumons mon panier : du chocolat, du fromage ultra gras, des desserts qui le sont tout autant, des croquettes pour chat mais pas la queue d’un fruit ou d’un légume. Ni même d’un produit épilatoire. Ma fille, ton panier hurle « Attention, desperate single ». Va falloir corriger tout ça. Observant le trajet du beau gosse pour ne pas le croiser avec mes courses déprimantes, je replace chocolat et produits gras pour les remplacer par des fruits, des légumes et une bonne crème dépilatoire. Et des bas, tiens aussi, des vrais, pas les mi bas qui cassent la jambe. Par contre, je me dois de garder les croquettes car même si mon chat est anorexique, elle a quand même le droit de manger ses trois croquettes quotidiennes.


Beau gosse va à la caisse, je me colle pile derrière lui avec mon panier de single bien dans sa vie, bien dans sa peau, bien sans ses poils. Je jette un œil à ses achats : plats prêts, deux canettes de bière, une brique de lait, des bananes et une boîte de Chocapic. Ok, je suis déjà sûre qu’il vit seul. Maintenant que la proie est verrouillée, il faut l’attraper. Opération je me tiens droite, je rentre le ventre, je prends mon air vague et mystérieux en bougeant les cheveux sans raison. Bon, maintenant, ce serait sympa de sa part qu’il me regarde. Ah voilà qu’il pose la séparation d’article entre deux clients sur le tapis en m’adressant un sourire, c’est ma chance. Je souris également. Bon, heu… Je vais vider mon panier en mettant de la grâce (avec un c, j’insiste), de l’œillade torride et du mouvement de cheveux. Bide.

 

Le voilà à ranger ses courses dans des sacs, je suis dans sa ligne de mire. Air de princesse mystérieuse ou grand sourire ? Œillade timide ou torride ? Au secours, tout va se jouer dans les prochaines secondes, que faire ? Il paie, il paie, vite ! Pose alanguie et œillade complice des fois que… Ah, la caissière me parle, « bonjour, bonjour ! ».  Noooooon, le temps de saluer la caissière, je perds l’eye contact et le jeune homme part sans m’attendre. Le retenir ? Mais je peux pas, je ne peux pas tout laisser en plan…

Et voilà, parti le beau gosse. Moralité ? Si tu veux draguer à la caisse, tu te places AVANT ta proie dans la queue. Comme ça, il t’a sous le nez tout le temps et tu peux même l’attendre, des fois que. Ceci étant, rien n’est mort : avec de la chance, je le recroiserai.

Rachida, tu m’épuises

Allez, moi aussi, je me jette dans la polémique top fascinante du moment et même si mon avis arrive plus tard que tout le monde, je ne peux m’empêcher de l’exprimer car on touche là à un sujet qui me tient à cœur : les droits des femmes.


Résumons un peu la situation : une femme d’une quarantaine d’années financièrement indépendante tombe enceinte d’on ne sait qui et décide de zapper son congé maternité. Et là, tout le monde se sent obligé de commenter ce fait. Evidemment, cette femme est une Ministre mais l’identité de son père ne changera pas la face du monde, ça ne changera même pas ma journée si un jour, on apprend qui c’est. Je dirai : « Ah ouais ? C’est ce que j’avais entendu dire » ou « Ah ben j’aurais pas cru ! » et j’oublierai aussi sec. Parce que globalement, j’en ai rien à faire de l’identité du père, elle couche et se reproduit avec qui elle veut. Quoi qu’apparemment, d’après mes sources peu fiables, ce serait bien Aznar.

Mais pour ma part, j’aime avoir des théories surréalistes qui seraient :

– y a pas vraiment de papa, c’est un bébé éprouvette pour se rendre plus sympa auprès du public

– d’ailleurs, en vrai, elle n’a jamais été enceinte et n’a pas eu de bébé, d’où le retour aux affaires après 5 jours du faux accouchement (très Sunset
Beachien)

– pour qu’elle taise le nom du père comme ça, c’est que c’est trop la honte de donner son nom. C’est donc George W. Bush.


Bon, on rigole (on va pas pleurer non plus) mais je reviens à cette histoire d’accouchement et de reprise de boulot au bout de 5 jours et de la polémique qui en découle. Perso, qu’elle reprenne ou non le boulot ne m’intéresse absolument pas, c’est son problème et pas le mien. Ce qui me turlupine plus, c’est ce qu’on en dit, en fait, parce que je me rends compte que là aussi, le féminisme a encore de beaux jours devant lui.



D’un côté, on s’insurge qu’elle reprenne le boulot si vite parce qu’elle a besoin de créer un lien avec son bébé, gna gna gna. Ben, oui, justement, c’est SON bébé. Evidemment, elle a les moyens de faire garder la petite mais est-ce qu’on peut déjà la cataloguer comme mauvaise mère ? Dati n’est pas la seule à reprendre le boulot à peine l’accouchement terminé, c’est le cas également des commerçantes, certaines ne prennent pas le congé parental et c’est leur compagnon qui le fait… Bref, il n’y a pas une façon d’être mère mais des dizaines, ce n’est pas parce qu’elle a choisi d’être mère de cette façon qu’elle en sera forcément une mauvaise, c’est peut-être un peu trop tôt pour être si affirmatif.

De l’autre côté, les ultra féministes se gaussent : « ouais, enfin une femme qui, à peine sortie de la salle d’accouchement, reprend le travail, quelle executive woman ! ». Ouiiiiiii mais moi, ce que je crains légèrement, c’est que ça vire au « le congé maternité ne sert à rien, la preuve ». Parce que si Rachida Dati a choisi de reprendre le travail de suite, c’est un choix. D’autres femmes ont envie ou besoin de se remettre de l’accouchement et de bichonner leur bébé, s’occuper de lui. Je pense que la maternité n’est pas vécu par chacune de la même façon. D’ailleurs, à chacune de choisir sa priorité, certaines sont à fond sur le travail, plus sur la vie privée.


Bref, au fond, ce qui m’énerve le plus, c’est que tout le monde se permet d’avoir un avis sur un choix de vie privée qui fait parler essentiellement parce que ça parle de maternité. Un homme reprendrait le travail à peine quelques jours après une grosse opération, par exemple, personne n’aurait l’idée de commenter réellement la nouvelle. Alors que là, affaire d’Etat entre les pro maternité et anti maternité. D’ailleurs, on notera qu’apparemment, être féministe, c’est refuser d’envisager que la femme peut vouloir être mère à temps plein aussi. Mais enfin, le féminisme devrait se battre pour nous laisser avoir le choix, qu’on puisse profiter de notre congé maternité ou y renoncer sans que personne ne trouve rien à redire. Si un homm prend son congé parental, personne ne trouve rien à redire. C’est un droit qu’il a. Evidemment qu’il s’agit d’une Ministre et que ça nous concerne un peu mais la Rachida mère, on n’a pas à s’en mêler. Ça ne regarde qu’elle et éventuellement le père s’il est dans les parages. Mais ne commençons pas à plaindre son bébé. Même pas 15 jours et déjà, Rachida est qualifiée de mauvaise mère…


Encore un bel exemple de tolérance.

Discrimination, en lettres de sang

Il y a des fois, en lisant les news, je me demande où je vis. Sommes-nous bien en France, en 2009 ? En guise de cadeau de nouvelle année, la sémillante Roselyne Bachelot nous a gâté : non, les gays n’ont toujours pas le droit de donner leur sang. Heu… Au secours ?


Parfois, j’ai la sensation que nous sommes en pleine régression sociale. Pour donner son sang, il faut remplir des conditions drastiques au delà du raisonnable, parfois. Evidemment qu’il faut être prudents mais à partir du moment que les gens ont un comportement responsable, leur sang est aussi bon que n’importe qui. En tant qu’hétéro, je ne peux déjà pas donner mon sang car j’ai eu plus de deux partenaires sexuels ces 6 derniers mois. Même si j’ai mis des petits capuchons, ben non. Mais j’ai encore la possibilité de donner plus tard, quand je n’aurai plus qu’un partenaire sexuel stable. Parce que je suis hétérosexuelle donc je suis exempte de tout reproche.


A côté de ça, nous avons un homo. Peu importe qu’il ait un partenaire régulier et un comportement responsable. De toute façon, il est gay, il couche forcément avec la planète entière et sans capotes. Bravo l’ouverture d’esprit Mme Bachelot (tout comme vos conseillers). Figurez-vous que les comportements sexuels dangereux ne sont pas l’apanage des gays et d’ailleurs, si vous regardez les chiffres du SIDA, c’est surtout chez les hétéros qu’il s’étend. Faut dire que quand l’élite de notre société, les gens qui nous gouvernent et ont fait des milliards d’études continuent à véhiculer des clichés du genre homo = risque très élevé de séropositivité, faut pas s’étonner que les hétéros ne se sentent pas concernés. Alors que si, tout pareil. Hypothèse : demain, je couche avec un mec sans capote. Mettons qu’un an plus tard, je décide de faire un don de sang et que j’ai un seul partenaire sexuel depuis les 6 mois réglementaires : je pourrai donner mon sang, même si j’ai pas fait de test HIV pour vérifier que M. Sans capote ne m’a rien refilé.

J’avoue que j’ai un peu honte sur le coup, honte de vivre dans un pays où même le fait de donner son sang est régi par des discriminations d’un autre temps. Surtout que c’est pas comme si on avait du sang à ne plus savoir qu’en faire… Je ne suis pas sûre qu’un excès de prudence tel que celui ci soit tolérable, vraiment pas. D’autant que c’est assez inquiétant pour la suite : si les homos n’ont même pas le droit de donner leur sang, je n’imagine même pas la question du mariage ou de l’adoption. Parce que cette décision montre bien que l’étiquette de dépravation collée aux gays reste tenace. S’ils ne sont pas assez responsables pour se protéger afin de donner leur sang, imaginez un peu, élever un enfant, mais quelle idée !


Ça me débecte. On est quand même en 2009… Les homos ne sont pas des inconséquents, pas plus que les hétéros. Pensez-vous réellement, Mme Bachelot (et votre clique toujours) que si un gay a un comportement à risque, il va se pointer l’air de rien à un don de sang ? Pensez-vous réellement qu’aimer une personne du même sexe que vous vous rend forcément dépravé, inconséquent, sans la moindre petite capote ? Pensez-vous réellement qu’être homo signifie forcément infidélité et baise à tout va ? Je vous présenterais bien des couples gays stables et fidèles mais quelque part, j’aurais l’impression de devoir justifier mon discours alors qu’il tombe juste sous le sens.


Finalement, il y a au moins un avantage à cette décision surréaliste : ça montre que malgré les discours de tolérance bienveillante, on est très très loin du compte. Les homos restent victimes de discrimination, c’est un fait. Finalement, on aime critiquer les Etats-Unis (enfin, plus maintenant, ils ont un président noir alors c’est wonderland) mais quand je vois les droits qu’ont les homos dans certains Etats, je me dis qu’on ferait bien d’en prendre de la graine.

EDIT du 23 février : A lire : Le don du sang, une urgence mais pas pour les homos

Faire de la politique ou vivre de la politique ?

Par Lucas

Cher René,

J’ai failli intituler cette bafouille « La politique n’est plus ce qu’elle était » mais je me suis rappelé à temps que je t’avais déjà chourave ce titre pour un autre article, terne et vide. Tu as donc évité de faire des triples lutz piqués et des doubles axels dans ta tombe : ne me remercie pas, voyons, tout le plaisir est pour moi.

Pour autant, tu as bien fait de clamser il y a quelques années.
La politique n’est définitivement plus ce qu’elle était, René.

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Les hommes politiques n’ont plus aucun engagement pour des idées intelligentes et utiles.
Le Monde Diplomatique a fait tout un dossier dans son numéro 667 d’octobre 2009 qui s’intitulait « Faire de la politique ou vivre de la politique ». On a atteint un degré incroyable de théâtre et de faux semblants. Depuis 40 ans, notre personnel politique cherche simplement à faire preuve d’à propos pour se maintenir en place et pour profiter de ses indemnités. Au gouvernement, comme dans
l’opposition, il n’y a pas un seul esprit qui ne soit pas inféodé au qu’en dira t-on, pas un seul esprit qui ait une vision d’avenir. Et quand une politicienne parle de désir d’avenir, c’est seulement un message marketing pour faire rêver le consommateur…

Parce que l’électeur est un consommateur comme un autre pour un produit comme un autre.
Tu t’en doutais un peu, René, ça devait arriver un jour. Tu l’avais plus ou moins suggéré…

Aujourd’hui, il faut un propos vendeur, il faut exprimer ce que l’électeur attend. Il faut anticiper et ruser, faire des coups d’éclat et des opérations coup de poing, de la promotion et du marketing. Pire… Aujourd’hui quand tu prends les media, l’info n’est plus, René. L’info est morte, vive l’évènement ! Attends, va te prendre un mojito et reviens vite que je t’explique…

Je ne regarde pas là télé mais j’ai observé, depuis 5 ans, l’évolution du journal de 13h sur France Inter, un des plus écoutés de France si ce n’est LE plus écouté. Eh bien, vois-tu, René, même là, même sans image, c’est le règne de l’info produit, du coup médiatique, du truc glamour à dire pour susciter l’émotion de l’auditeur. Ce n’est que du maquillage : on a atteint le degré zéro de l’épure (oui, je fais du pastiche et je convoque Roland Barthes pour que tu te sentes moins seul à ronchonner)

 Vois-tu, René, j’ai eu un arrière grand père qui était au Congrès de Tours en 1920, un grand père qui a toujours voté marxiste, un père qui a créé les jeunesses communistes de Bagneux à 14 ans et qui a voté… Sarkozy en 2007.
Et moi, je ne sais plus que penser.
Taubira (radical) en 2002, Ségolène x 2 en 2007…
Je refuse la complaisance du Modem et les blagounettes utopiques de Besancenot,
Je renie la démagogie du PS et la cosmétique de l’UMP…
Vais-je donc voter Cohn Bendit pour confirmer ma lassitude et adouber son apparent « parler vrai » ? (t’as raté un super débat entre lui et Bayrou aux dernière élections, un débat ou François s’est ridiculisé et où DCB a tenu un propos humain avec des vrais morceaux de sincérité dedans ; trop frais)

Trop frais…

Vois tu c’est bien ça le problème…
Les simagrées et les discours niaiseux des uns et des autres m’insupportent et me lassent.
D’un coté on fait des lip daubes, de l’autre on s’excuse partout où on passe : bref, on fait le show…

Si je me suis engagé pour la campagne des Européennes, c’est parce que j’ai trouvé un parti,Newropeans, qui me semblait aller au delà du clivage stérile Droite Gauche, un parti utile quand on sait que 85% des lois sont votées à Bxl et transposées ensuite par le Parlement
Français. Mais tu sais bien que nos 72 représentants au Parlement Européen (les 72 hommes et femmes politiques les plus puissants de France) n’ont pas le droit de proposer des textes : ils ne peuvent qu’entériner ou refuser les décisions et les choix faits par les technocrates…

C’est parce que je rejetais ce déni de démocratie que je me suis engagé chezNewropeans.
Parce que je refusais ce vaudeville scabreux qu’est devenu le jeu politique français.
Je refusais l’inanité lâche et la comédie niaise des débats entre une majorité et une opposition dont la frontière est incertaine.
La politique vaut mieux que ça, René, et tu le sais bien. Toi qui a connu l’époque des Mendes France (« Gouverner c’est choisir« ) toi qui a du nécessairement lire ce discours de Jean Jaurès dans lequel il martèle l’évidence. Rappelle-toi, René…

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui volontairement accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en
prenant pour soi les dangers. » (…)
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Et pourtant, je suis le premier à faire ça, René.
A faire écho aux huées fanatiques et aux discours creux.
Pire, j’ai été le premier à stigmatiser ces 500 conducteurs de la ligne A du RER de Paris qui bloquent 1 million de personne (bon, OK, j’étais frustré…)
Je suis défait, René. Il n’y a plus de place pour les idées, il n’y a plus que l’urgence.
Oppressés par le poids des média, on jette de ci de là, de nébuleux messages sans jamais s’engager ; des trucs stériles pour « donner l’impression que »… On pourrait même détourner un peu Céline (non, pas celui qui fait des voyages jusqu’au bout de la nuit, je te parle d’une chanteuse québéqouhèze) :

Tu les entends dire des phrases sans aucun sens
Qu’importe les mots n’ont plus la moindre importance…
Car le Ballet a commencé…

Un ballet où tout n’est que gestuelle calculée et entrechats plus ou moins lestes sur la grand scène illuminée de l’opéra existentiel (je fais des phrases prétentieuses si j’veux)

Voila René…
J’espère sincèrement que tu profites bien de ta mort parce que là, en ce qui nous concerne, on en chie vraiment avec tous ces macaques.
Dernière chose. Si tu pouvais faire un truc qui me ferait graaaave plaisir,
Passe mon bonjour à Salengro et à Beregovoy…

ANECDOTE de M. Bidet

Par Diane

Cher petit lecteur, aujourd’hui j’ai une petite anecdote à te raconter. Une petite anecdote anodine comme ça arrive tous les jours, mais que, quand on y réflechit vraiment, pour un être humain est beaucoup plus déprimante que toutes ces soi-disant catastrophes rrrrhhhaaaaaabanquespouvoird’achatchomage qu’on nous sert tellement à tous les rateliers que ça en devient presque banal.

Bref, cet après midi, j’étais à la défense où une quantité impressionnante  de gens sans pouvoir d’achat se ruaient les uns sur/sous/dans les autres et les magasins en pleine folie de soldes.

[c’est quand même fou ce phénomène de société moderne et pourtant fichtrement néaderthalien que sont les soldes. On se croirait dans un documentaire animalier sur planète:  » la femelle, en période de rut soldesque, a tous ses sens en alerte. Elle développe un instinct particulier et aiguise finement son mode d’action. Quand elle a repéré sa proie, elle observe, les narines à l’affut du moindre chanel n° 5 alentour, son périmètre d’action. Elle guette soigneusement les autres femelles potentiellement rivales avant de fondre en un éclair sur sa proie, non sans écharper à coup de talons aiguilles dans le tibia tout danger potentiel qui s’approcherai un peu trop près de la cible repérée ». Bref j’ai l’impression que toute ton éducation, les dures années de labeur des parents, des professeurs, des nounous et de pratique intensive du bouddhisme tout d’un coup ça compte plus, on fait pouce, et c’est retour à la jungle. Fin de la parenthèse]

Bref, moi j’y étais pour aller m’acheter le dernier Thorgal que tout le monde il a oublié de me l’offrir à noel, donc je le fais moi même, non mais.

Mais là n’est pas l’intérêt principal, j’y viens, un peu de patience. Faut bien vous faire mariner un peu, hein, sinon c’est pas drôle, et puis c’est tellement déprimant que rien qu’à l’écrire, je tire une tronche de quatre mètres de long.

Donc, je suis sur le chemin de retour chez moi, quand dans le RER je croise un jeune homme de ma connaissance, camarade de fac, qu’il se trouve qu’on prépare le même concours.

Et le jeune homme en question me raconte qu’il y a quelques mois, il était à la BU (= bibliothèque universitaire pour les intimes) dans la salle de prêt et que deux jeunes hommes à l’air préoccupé sont venus lui demander un service.

En gros: « rrhhaaa on a un partiel demain, et on a absolument besoin de codes civils mais on peut pas emprunter de bouquins, est ce que tu peux silteplait les emprunter pour nous c »‘est super important »
Alors lui, méfiant, leur demande l’assurance qu’ils rendront les bouquins, ils promettent, et alors il leur fait confiance, et emprunte les bouquins sous son nom.

Et voilà, quelques temps après, il reçoit un courrier de la BU lui demandant de rembourser le Code civil qu’il n’a pas rendu…
Et là je me demande: mais comment est ce qu’on peut faire ça? En plus cette raclure de bidet est censé être étudiant en DROIT! Il étudie le droit, qui est tout de même fondé sur l’idée de JUSTICE,
et il se permet un truc pareil…

Ces temps ci, je suis entourée autant que vous tous par un cortège médiatique d’infos toutes plus joyeuses les unes que les autres, entre  le mot à 5 lettres qui fait peur à tout le monde, (et ne pas le citer est le meilleur moyen de se rendre compte à quel point on nous l’a bien fourré dans le crâne: vous l’aurez tous reconnu…), le chômage  les déboires de nos chers ministres…..eh bien je crois que c’est la chose la plus déprimante que j’ai pu entendre.

Et après, on se met à la place de mon camarade de promo: la prochaine fois, qu’est ce que je fais? Est ce que j’ai eu tort de vouloir faire confiance gratuitement à un autre être humain? Est ce que je préfère devenir super méfiant, me fermer comme une huître et dire non à tout ce qu’un inconnu me demandera, ou alors est ce que je préfère me faire avoir de temps en temps, et garder confiance en l’autre?

Bref, quoi qu’il en soit, si par un grand hasard le petit con qui n’a pas rendu ce livre échouait sur ce blog et lisait ces quelques lignes, je tiens, du fin fond de mon être vers l’espèce de bouillie putride et inconsistante qui te sert de conscience, à t’exprimer l’expression de mon plus profond mépris.

Mon enfer

Par Ella Sykes

Il y a deux jours, j’ai reçu mes notes de la session. Le directeur de mon programme qui fut aussi mon professeur principal m’a gratifié d’une note incompréhensible. J’ai eu droit à un B+ pour la seule matière dont le coefficient compte pour plus du double, comparativement aux autres matières. La session fut difficile. Il a manifesté un intérêt privé et a entrepris un jeu de séduction auquel j’ai été réceptive pendant quelque temps avant de me raviser, privilégiant mon travail à la perspective d’une éventuelle liaison sans lendemain. Mais, l’homme est arrogant, égocentrique, intransigeant, charismatique, brillant et … Manipulateur. Lui dire « non » relève de l’exploit, il est la star de l’Université et de la province entière, dans son domaine d’expertise. On le craint et le hait, mais tous respectent son travail.

Les 5 mois ont été ponctué de compliments sur mon travail, de regards caressants, de sourires enjôleurs, et de conversations intimes où il recherchait mon approbation concernant sa méthode d’enseignement lorsque je me laissais charmer par son charisme. Dès lors que je tentais de rompre ce ballet, en adoptant une attitude distante, il devenait dur et m’accablait de reproches concernant mon comportement se résumant à ce qu’il qualifiait de « manque d’humilité ».

Il a bientôt 60 ans (alors que tout le monde lui en donne 45), a une femme et des enfants. J’ai fini par le savoir. Comment pouvait-il penser que je puisse réagir autrement ? J’ai fini par lui montrer, sans le vouloir, car je suis transparente et que faire semblant est compliqué pour moi, combien je méprisais son petit jeu. Je n’ai malencontreusement pas su cacher mon arrogance qu’il jugeait comme étant définitivement … Parisienne. Le pire, c’est qu’il a cru tout savoir de moi lorsqu’il a appris que j’avais habité l’Île Saint Louis. Je me résumais donc peu à peu dans son esprit, comme une fille à papa friquée mais brillante, arrogante et fière, qui a toujours eu ce qu’elle désirait sans jamais faire le moindre effort. Il a cependant tort.

Je sais en mon âme et conscience que le travail rendu est le meilleur de tout ce que j’ai pu produire durant ma scolarité universitaire. J’ai conscience d’être brillante dans ce domaine car je le fais avec passion, application et dévouement. Il m’a collé une des plus basses notes de la classe, alors que la semaine auparavant, il disait que ce travail était excellent, brillant et pourrait faire l’objet d’une proposition professionnelle à l’entreprise pour laquelle nous avions fait ce dossier. Deux semaines auparavant, il me disait que le travail de Lise, une de mes camarades, laissait vraiment à désirer et qu’elle était sur la mauvaise pente. Elle a eu A-. Plus que moi. Comment est-ce rationnellement possible ? C’est justement impossible.

Je sais ce qu’il s’est passé entre lui et moi : une passion amour/haine qui de toute manière tourne forcément en ma défaveur. Je n’ai aucun recours, faire réviser ma note déclenchera sa colère et ne me fera que me mettre encore plus en danger. C’est lui seul qui décidera, si mon projet de stage est suffisamment solide pour être réalisé, il peut rallonger la durée de mes études indéfiniment en m’obligeant à repasser des oraux de session en session, finalement c’est bien lui qui aura le dernier mot car il décidera de ma remise de diplôme ou non.

En tout cas, ce B+ réduit considérablement voire même, ruine mes chances de rentrer à Harvard où je voulais faire un Ph.d en Histoire de l’art. Je suis frustrée et en colère. Il a décidé de me punir et il sait bien où appuyer pour m’humilier, car au fond, lui et moi nous nous ressemblons comme deux gouttes d’eau. C’est cela qui l’a attiré.

Je me sens violée mentalement, abusée, humiliée. Ces sentiments sont assez forts, à la hauteur des dialogues silencieux, et de la profonde déception qu’il m’a causé. Je n’aurais pas cru qu’il s’abaisserait à faire une chose pareille juste pour satisfaire son orgueil de mâle blessé de ne pas avoir obtenu ce qu’il désirait. Je bois en soirée depuis 3 jours, comme une sportive de marathon. J’essaie d’oublier mais les rêves me rattrapent, le fantôme de l’échec me tient serré dans ses bras. Je suis Ella, 29 ans, et à 16 ans j’ai connu ma toute première expérience sexuelle, un revolver
sur la tempe. L’inconnu me sodomisa violemment avec exaltation, passant d’une humeur agréable à une autre constamment. Avant cela, je me voyais comme une princesse qui connaîtrait l’amour physique seulement après avoir rencontré l’homme de sa vie. Lorsqu’il a ruiné mon rêve d’enfant, j’ai tout perdu, mes illusions, mes idéaux, mes espoirs et… Moi. Pendant une semaine, le goût de son sexe coulant de sperme a envahi, tapissé et habité ma bouche. Mes nuits sont devenues un enfer sans fin durant lesquelles je revivais l’acte, des nausées ont ensuite brouillé mes sensations, et mon corps devenait un étranger que j’ai appris à haïr au point de lui faire mal et le déformer, de façon à ce qu’il ne soit plus désirable. J’ai réussi. Pendant un temps. Puis, la réalité reprend ses
droits face à la plus aiguë des douleurs. Alors, je le modifie à nouveau pour qu’il soit désirable. Fuir au Canada faisait office de convalescence, même si il aura fallu 14 ans d’errance pour y parvenir.

Il a sali tous mes efforts, tous les espoirs que je nourrissais en arrivant sur cette autre Terre, à l’autre bout du monde que je connais et qui m’avait vu souffrir mille morts d’être esclave d’un corps et d’une entité que je parvenais plus à assumer.

On a raison de dire que, quoiqu’on fasse, le passé nous rattrape. Toujours.

C’est la grève (comme tous les autres jours)

Lundi matin, j’arrive à la gare : pas de train avant 30 minutes. N’étant pas tout à fait stupide, le soir, je vais voir sur ABCDTrains et bonne nouvelle :
le trafic sera normal le lendemain. Sauf que pas de chance, un conducteur se fait agresser lundi soir à 19h40 et quand j’arrive à la gare hier matin, y a écrit en gros : « pas de train du tout ». Ah ben comme ça au moins…


Arrivée au boulot, je pianote sur le net pour savoir ce qu’il s’est passé exactement, c’est quoi cette histoire d’agression. Je ne commenterai pas le fait que j’ai du mal à comprendre pourquoi c’est tout le réseau St Lazare qui est paralysé alors que l’agression a eu lieu sur la ligne A du RER. De toute façon, ça fait à peu près un an que j’ai des soucis de train toutes les semaines, je pourrais lister les différents motifs de grèves ou pannes mais on s’en fout, là n’est pas le propos de l’article. Et non, en fait, je ne vais pas dire que la grève, c’est bien mais qu’on en a tellement abusé que ça ne veut plus rien dire là (un an de perturbations entre les grèves dures et les remises en service plus les pannes), que je trouve assez scandaleux qu’un syndicat utilise l’agression d’un conducteur pour expliquer que c’est la faute de la direction qui veut pas céder à leurs revendications ( ?) ou encore parler du collègue de ma mère, infirmier aux urgences, qui se retrouve avec un collier cervical et un arrêt de travail d’un mois sans que ça n’émeuve personne. On pourrait aussi parler du fait que le moindre pet de travers du côté des syndicats est surcouvert par les médias alors qu’il faut attendre que quelqu’un meure aux urgences pour qu’on se dise que, quand même, y a comme un souci. Mais c’est Noël, on va oublier et manger, merci bien. Je pourrais enfin faire remarquer que privatiser ne multipliera cependant pas les rails et qu’Air France n’est plus un service public et pourtant… Bref, voilà, je balance tout, je développe rien et je passe à la suite.

Plus intéressants que les articles qui ne nous apprennent pas grand chose sur le sujet (et qui, pour celui du Monde, est écrit avec les pieds), les commentaires. Alors, ça, c’est mon péché mignon. Prenez un sujet polémique et allez lire les commentaires, c’est carrément jubilatoire. Entre les usagers mécontents, les acharnés de la privatisation et les « tout ça, c’est un complot du gouvernement pour nuire aux syndicats », je me régale. Mauvaise foi contre mauvaise foi, propos décousus (y a des gens, je comprends pas ce qu’ils cherchent à dire), gens qui mêlent des choses qui n’ont rien à voir dans le débat, anecdotes personnelles, effleurement du point Godwin (celui là, j’aime le distribuer). Ça vous rentabilise une grève en deux minutes.


Je parle des grèves mais ça marche pour le reste. Il faut surtout lire ceux concernant la France et là, c’est droite comme gauche, c’est tout blanc ou tout noir. Parce que tout est la faute de l’UMP mais toi, t’es trop con, tu es influencé par les discours anarco syndicalistes, alors hein… Oui parce que de façon générale, dans les débats sur le net (et surtout sur le net), chacun est persuadé de détenir la vérité absolue et indéniable alors que tous les autres sont influencés par les médias. On peut prendre le cas du Proche-Orient, un vrai cas d’école. On a de tout : du sang, des larmes, des intérêts géostratégiques, des morts, des soldats, des attentats, des religions, des « moi je sais, pas toi ». Perso, moi, je ne sais pas vraiment. Je ne vis pas là bas donc les chiffres qui me parviennent, parfois contradictoires, je ne peux pas savoir lesquels sont vrais, lesquels sont faux, quelle source est fiable et quelle autre est vérolée. De façon générale, je préfère éviter de me prononcer sur le conflit essentiellement parce que ça finit toujours par dégénérer. C’est pas pour autant que je n’ai pas un avis mais il suffit de tomber sur une personne qui est pour l’autre camp et là, c’est parti : « t’es trop conne, tu répètes ce que disent les médias mais t’en sais rien. Franchement, quand on sait pas, on ferme sa gueule ! ». Je suis toujours assez fascinée par cette sensation que semblent avoir tous les commentateurs d’actualité de savoir. Y compris quand ils ont tort et qu’on leur prouve par A+B car des fois, oui, il y a moyen de démontrer qu’ils ont tort mais au lieu de fermer sa gueule ou de s’excuser, la personne attaque sur un autre point. Je me souviens d’avoir eu ce débat sur ce blog même. Une fille m’explique qu’en France, les résidants d’outre mer et les gens issus de l’immigration n’ont pas le droit d’être élus de la République, je lui cite quelques noms pour lui prouver le contraire. Réponse : « et alors, tu trouves qu’il y a de quoi être fier ? ». C’était pas la question, à la base…

 

Mais j’aime. J’aime vraiment ces joutes verbales, ces interpellations, c’est « moi je sais et pas toi », cette mauvaise foi qui transparaît et les raccourcis parfois hallucinants qui sont faits. Cette sensation que parfois, les gens ne pensent pas selon la même logique pour arriver de A à C en passant par T. Sauf qu’il y a un effet pervers : à force, on a tendance à ne plus donner raison à personne et d’être totalement désabusé. Et du coup, dans les débats en soirée, on n’a aucune envie de donner son opinion vu qu’aucune option ne nous convient. Par contre, pour les sadiques de la contradiction, c’est bon : vous aurez des contre- arguments quoi qu’on vous soutienne. Quoi qu’il en soit, dans les soirées en ville, si on vous demande votre avis sur un sujet dont vous vous foutez et qu’il serait mal vu de ne pas répondre, vous avez au choix : « Tout ça, c’est la faute à Sarkozy/l’UMP ! » ou « non mais arrêtez, vous êtes intoxiqués par les médias ! ». A la limite, si vous êtes dans un repas où il est bon ton d’être de droite, vous pouvez un peu tacler sur le PS : « Pffff, arrête de t’emballer, on dirait Ségolène Royal/Martine Aubry ».

Non mais comment voulez vous que je me lasse ? En tout cas, le seul truc que je retiens de tout ce que j’ai lu, c’est cette question : « et sinon, à quand des transports plus écologiques? ». Aucun rapport avec la grève mais j’aimerais savoir, aussi.

Que faire de ses anciens collègues ?

Ces derniers temps, j’ai eu pas mal l’occasion de retrouver d’anciens collègues, que ce soit Claude de mon premier boulot ou les éternels Simon et Ioulia de TGGP. Parallèlement, dans ma boîte actuelle, on a eu un joli claquement de porte et un autre collègue qui nous expliquait qu’il ne gardait pas contact avec ses anciens collègues car il n’en voyait pas l’intérêt. C’est vrai, ça sert à quoi les anciens collègues ?

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Depuis deux ans et demi que je suis solidement implantée dans le monde du travail, j’en ai croisé des gens. Des gens que j’ai appréciés, d’autre moins. Dès que j’ai oublié à peine la porte franchie pour la dernière fois, d’autres que je revois plus ou moins régulièrement avec plaisir. Par exemple, je déjeune régulièrement avec Simon et Ioulia (plus parfois d’autres de TGGP) même si la demoiselle vit désormais à Londres (oui, elle a réussi son évasion de TGGP) ce qui complique légèrement la tâche. On est toujours ravis de se revoir, partageant nos bons vieux souvenirs, nos rêves de retravailler tous ensemble (mais pas chez TGGP, paraît que c’est encore pire que quand je suis partie). Bref ces anciens collègues là sont devenus des amis. Et 9 mois après mon départ, le fait qu’on soit toujours en relation montre que nous sommes au-delà d’une relation professionnelle qui s’éteint à petit feu.

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Oui mais en dehors de ça ? En général, je « collectionne » mes anciens collègues sur Viadeo et Linked In, histoire de faire grossir mon réseau, puisque c’est à ça que ça sert. J’en reste souvent à ce degré minimal de lien (voire une mise en contact sur Facebook) qui ne m’apporte pas grande information. Je peux à la limite voir qui part de la boîte mais j’ai souvent ces infos par d’autres biais (notamment ceux qui sont restés). Rester en contact, c’est juste pour alimenter la boîte à potins ? Tututut, c’est plus compliqué que ça.

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Dans nos milieux, ça se croise. Et ça se croise beaucoup. Récemment, un copain m’a appelée pour me demander si je connaissais une dénommée Julie Boisvert que j’ai en relation sur viadeo. Il s’agit en fait d’une ancienne collègue de chez TGGP avec qui j’ai eu peu de relations et avec qui je n’ai jamais travaillé directement mais en tant que personne, j’en pensais du bien. Et oui, c’est le pouvoir de la recommandation. Imaginons que je cherche à recruter (huhuhu, j’aime me donner de l’importance), je vais donc sur viadeo ou linked in et je tape la fonction qui m’intéresse. Oh mais que vois-je ? Telle personne est en contact avec des gens que je connais déjà… Elle marque déjà des points.


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Evidemment pour un rapport plus proche qu’un simple lien sur Viadeo et consort, je dirais que là, faut pas se forcer non plus. Il y a des gens avec qui on a des affinités et d’autres non. Il y en a que je n’ai pas revus depuis mes démissions et j’avoue que ça ne me dérange pas trente secondes. Et quand je dis revu, j’étends ça à tous les moyens de communication existants. Parce que je n’ai pas des affinités avec tout le monde, il y en a même que je n’aime pas et l’idée de ne plus les revoir est plus un soulagement qu’autre chose.

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Mais je peux comprendre la réaction de mon collègue. Est-ce que trop fréquenter ses anciens collègues, c’est un peu refuser de tourner la page ? Je ne sais pas. J’ai une certaine affection pour ma première boîte, qui va actuellement très mal, et j’ai eu quelques attachements chez TGGP aussi même si leurs galères me fait doucement ricaner. Je suis une garce professionnelle, ouais mais quand je constate que mes recommandations faites alors n’ont pas du tout été suivies et qu’un an après, on essuie encore les mêmes critiques, oui, ça me fait rire. Et rien que pour ça, j’ai bien fait de garder contact avec mes anciens collègues (mais aussi parce qu’un jour, on fondera notre boîte et on dominera le monde, hin hin hin !)

Road trip

Par Tatiana

Ca y est enfin ! Je vais repartir en voyage. Je suis trop contente, j’ai trop hâte. Depuis le temps que ça me trottait dans la tête. Mais où vais-je aller me direz-vous ? Et bien je pars au Chili, dans moins d’un mois. Je vais voir des amis là-bas et bouger dans le pays. Une amie me rejoint là-bas et c’est avec elle que je vais descendre dans le sud jusqu’en Patagonie. Au début je pensais partir un peu à l’arrache avec mon guide lonely planet dans la poche et advienne que pourra. Quand j’étais partie au Mexique, je n’avais strictement rien préparé. J’étais arrivée les mains dans les poches et je me suis laissée guidée par Maria qui était déjà là-bas depuis un an et qui avait déjà repéré les trucs importants. Alors je me suis dit que ce serait pareil pour le Chili. J’arriverai avec le guide et en tête les endroits que je voudrais visiter, et puis on verrait comment ça se passe sur place. Cependant, je me suis rendue compte très vite que ça n’allait pas marcher de cette manière. J’avais omis un léger détail : la Patagonie c’est la nature sauvage. Au début avec mon amie on voulait faire le nord et le sud. On commence à lire le guide et on se rend compte que les temps de trajets sont énormes. Première déception : on se rend compte qu’on va devoir choisir entre le nord et le sud. Ce sera donc le sud car on ne peut pas ne pas aller en Patagonie. On commence donc à regarder que voir dans le sud et là on se retrouve confrontées non seulement au problème de distance mais aussi à celui des moyens de locomotions qui sont très limités. Il y a seulement quelques départs par semaine pour certains endroits. Voire un seul départ par semaine. Certaines villes ne sont quasiment accessible qu’en avion ou bateau. Bref, ça va demander un peu d’organisation tout ça.

Du coup je commence à envoyer des mails à droite à gauche, dans des agences de voyage ou auberge de jeunesse. Là, j’apprends qu’un des parcs naturels qu’on veut visiter est fermé car un volcan qui se situe à l’intérieur du parc est en pleine activité. Ok, bon. Là, je suis face à une réalité qui me dépasse. J’ai pas vraiment l’habitude de prendre en
compte ce genre d’aléas dans mes voyages. Je commence d’ailleurs à me dire à ce moment là, que si ça continue on va jamais pouvoir visiter ce fichu pays. Nan mais c’est vrai il est relou ce volcan à être en activité. Mais je tiens bon. Je me transforme en agence de voyage à moi toute seule afin d’arriver à faire un circuit cohérent et faisable par rapports aux temps de trajets d’une ville à une autre. Heureusement que je ne travaille pas en ce moment car toutes ces recherches me prennent un temps fou. Je comprends maintenant pourquoi ils prennent si cher quand ils organisent
des voyages dans les agences. En tout cas moi j’ai bien fait de ne pas faire ce métier. Car au début organiser un voyage c’est sympa : on détermine l’itinéraire et les endroits à voir ainsi que les excursions à faire. Par contre, la partie détails techniques comme horaires de bus, où dormir… c’est juste l’enfer et la prise de tête. Il faut vérifier chaque horaire de bus pour voir si le circuit est réalisable dans le temps imparti… Pendant un moment j’en rêvais la nuit tellement je ne pensais plus qu’à ce que je devais chercher le lendemain. Ca me déprimait même, car je me
disais que j’allais jamais y arriver. En plus, avec mon amie on voudrait loger chez l’habitant histoire de faire quelques économies. Du coup je suis allée sur couch surfing. Idem c’était un peu la croix et la bannière pour trouver des personnes pouvant nous héberger. Mais en allant au bon endroit j’ai fini par trouver des gens. J’ai même gagné un rencard en prime car un mec m’a contactée pour aller boire un verre. Ca n’a pas dépassé le 1er rdv car le mec a dit qu’il me rappellerai et l’a jamais fait. En passant c’est un truc que j’ai du mal à comprendre : pourquoi dire
« je t’appelle » si tu sais déjà que tu vas pas le faire ? Parce que la fille en face de toi est parfaitement capable d’encaisser le fait que ne compte pas la rappeler . Et en plus elle espère pas ou n’attend rien.  

Bref, aujourd’hui je pars dans moins de 15 jours et j’ai super hâte. Surtout que j’ai passé des vacances de noël un peu merdique, alors je pense que prendre l’air me fera le plus grand bien. Donc je vous dis à bientôt pour le résumé de mes vacances d’aventurière !!!