Interruption momentanée

Hier soir, couchée à 18h30, levée à 13h30 et je pense y retourner incessamment sous peu, de la fièvre avec en prime des délires dignes de la plus puissante des
drogues… J’ai même vu Dieu. Enfin, non, c’était pas Dieu, c’était Zidane avec des cheveux et on était dans le même cours d’hist et géo puis après, je me suis souvenue de cette fois où, petite,
j’ai attrapé un pigeon dans la rue et l’ai mangé…avant de me rendre compte que ça n’aurait jamais pu arriver.

Enfin, ça a été toute la nuit comme ça, entre les « j’ai chaud », « j’ai froid », « j’ai mal ». Décidément, en 2008, j’aurai bu la coupe jusqu’à la lie vu que je ne suis vraiment pas sûre d’être guérie
demain soir. Un réveillon en tête à tête avec une bouillote, comment mieux terminer cette année de merde ?

Le retour du karma à qui on n’avait rien demandé

Je vous l’ai dit, le karma existe. Je l’avais rencontré en décembre (tiens, ça me fait penser que je dois appeler ma gentille ex logeuse pour réclamer une photocopie de l’état des lieux, vu que je ne l’ai toujours pas. La caution ? Ohohoh…) mais voilà que comme un boomerang, il me revient en plein dans la tronche.




Dimanche soir, départ pour Paris, la mort dans l’âme. La semaine d’avant, j’avais fait ma mal aimable pour éviter de parler à un gars qui adressait la parole à tout le monde histoire de ne rien dire. Je n’ai pas envie de parler dans le train, j’ai sympathisé une fois, comme ça, avec des gens mais en général, je dors, lis et/ou écris. Même quand je pars avec ma sœur, arrive un moment où on lit/écrit/dort. Alors j’avais feinté le monsieur, dormant les 4 premières heures, écoutant mon répondeur quand il a commencé à me poser des questions sur le chat que je transportais et qui n’était même pas le mien (c’était celui de ma sœur et il m’a coûté 10 euros d’amende). Après, j’ai lu mais parlé, non, merci bien. Après dans la semaine,j’ai culpabilisé, je me suis dit que j’avais été méchante. Mais le monsieur a eu sa revanche grâce à Karma.

Arrivée dans le train, je m’installe : il doit y avoir quelqu’un à côté de moi vu qu’il y a des poches mais personne à l’horizon donc je m’étale. Cinq minutes après le départ, un mec se pose à côté de moi et me fait pousser tout mon bazar. Et là, c’est parti pour les 5 heures les pires de mon histoire seuneuceufique, je crois. Le monsieur est ancien gendarme, ancien contrôleur et il a très envie de parler, mais alors tellement que quand j’écris sur mon pc portable ou quand je lis, ça le gêne pas de continuer à me parler. J’ai eu droit à des histoires de tenues de contrôleurs, contrôleurs qui ne s’appellent plus contrôleurs mais un sigle avec service commercial dedans et le marteau pour casser la vitre, il est où ? Parce qu’il est pas là où c’est dit (on s’en fout, j’ai pas envie de casser la fenêtre) et tiens, ils font plein d’annonces pour le bar restaurant, c’est qu’ils doivent pas faire recette. Et moi quand j’y suis allé, y avait du monde. Et le mec à côté, il n’arrête pas d’appeler. Et je fais partie de la mutuelle des anciens gendarmes, ça n’existe que depuis Sarkozy. Puis une fois, dans le RER, on m’a dit de faire sortir un mec qui n’avait pas de billet du train mais c’était vers Aubervilliers et c’est plein d’Arabes alors non, alors. Oui, évidemment, c’est raciste ce genre de personnes, sinon, ce n’est pas drôle. D’ailleurs, y avait un Noir avec des gants dans le train, je ne l’ai pas vu personnellement mais j’en ai beaucoup entendu parler.



Bref, ça a duré plus ou moins cinq heures, moins les moments où il allait pisser ou acheter à manger, me faisant lever à chaque fois vu que j’étais côté couloir et bouger Kenya qui étant sage. Ceci étant, elle a eu la décence de vomir en silence sinon, ça aurait fait un nouveau sujet de conversation. En plus, y a des moments, je me faisais limite engueuler quand je répondais à une question qui semblait énoncer une évidence : « non mais bien sûr que je le sais ! » limite, il aurait ajouté « pauvre conne » que ça ne m’aurait pas étonnée.


Et ça, ça, c’est mon retour de karma. Parce que des fois, dans ma tête, je ne suis pas gentille, je fais des commentaires sur les gens genre « il peut pas raccrocher 5 minutes, lui ». Et là, les méchancetés que j’ai dans la tête, des fois, je les avais en chair et en os à côté de moi. Le côté raciste en moins puisqu’en général, je reproche mentalement aux gens d’être bruyants ou malodorants mais leur couleur, je m’en fous un peu. Le problème du manger en relatif silence est supra-racial, voyez… D’ailleurs, notre ami ex gendarme mangeait des chips… Je hais les bruits de bouche, ça me rend limite hystérique.


Alors, ok, Karma, j’ai bien compris la leçon mais je te trouve un peu méchant parce que mes commentaires méchants du genre « s’il continue de bouffer ses chips la bouche ouverte, je l’assomme », je les pense, je ne les dis jamais. Je n’aime pas les autres (en tant qu’entité bruyante et mal odorante, je préfère les individus un par un, la foule rendant con, n’oublions jamais. Moi-même dans la foule, je suis vraiment devenue une connasse de parisienne), ok, il m’arrive de penser des trucs comme « tu le pousses ton gros cul, oui ? » mais ici, gros cul n’est pas forcément à prendre au littéral puisque je peux aussi penser ça d’une nana taille 34, son cul étant juste sur mon chemin et c’est là son unique défaut. Mais en général, je ne dis rien, je me contente au pire de soupirer. Et quand on me demande un renseignement dans la rue, je réponds toujours très poliment. Ok, les trois quarts du temps, je réponds « je sais pas » parce que je suis très mauvaise en orientation mais je réponds et avec le sourire en plus.

Alors Karma de mes fesses, tu voudrais pas me lâcher un peu ? Mais peut-être que Karma est un blagueur car j’ai eu une aventure très chouette dans ce train là aussi… Je vous raconte demain.

La double arnaque des vacances de Noël

A la mi septembre, j’ai entamé les négociations avec Ioulia et Simon : je veux la semaine de Noël, je laisse celle du réveillon. A ma presque grande surprise (Simon est juif donc Noël, il s’en fiche un peu, déjà), je n’ai pas eu à discuter, c’était la semaine du réveillon la plus dure à obtenir. Maintenant, je sais pourquoi : les vacances de Noël, c’est l’arnaque.

Déjà, quand j’étais à la fac, je devais me résigner : aux vacances de Noël, quoi que tu en dises, tu ne révises pas. Pas tellement par flemme (enfin, si aussi) mais par manque de temps. Cette année, je comptais sur les vacances pour faire baisser ma tension en me reposant et en allant à la piscine de ma ville natale (de 16 à 17h30, seul créneau horaire d’ouverture qui m’arrange, l’autre étant 12-14h), je souhaitais aussi déménager le blog vers une autre plate forme (spoiler, on va dire), dompter wordpress, écrire des milliers d’articles, commencer des projets que j’ai en tête depuis des lustres. Mes vacances en vrai ont ressemblé à ça : vendredi, train et repos ; samedi, rhume, voiture, courses et soirée pour les 28 ans de Lucie ; dimanche, rhume, sapin, rangement de la chambre de Yohann qui arrive le lendemain ; lundi : courses, aller chercher Yohann à la gare, courses ; mardi : courses, paquets cadeaux ; mercredi : courses, paquets cadeaux, expédition mystérieuse au cœur de la nuit, préparation du réveillon, réveillon ; jeudi : Noël donc cadeaux, manger, digérer, manger, dormir. Là, vendredi, c’est mon premier vrai jour de vacances sachant que je dois encore aller faire des courses cet après-midi et aller voir ma tatie. Demain, virée à Toulouse pour aller voir ma dernière aïeule encore en vie (ça va être un peu bizarre, je crois), mamie Bartoldi et dimanche, départ. Donc on résume : ma tension doit toujours être au plafond, j’ai pas eu le temps d’aller à la piscine (qui m’a semblé fermée quand on est passé devant avec Yohann, de toute façon), de migrer le blog ou de même me pencher sur wordpress, je n’ai AUCUN article en avance, ceux que j’avais écrits dans le train sont déjà publiés.


Mais en plus, il y a une double arnaque dans l’histoire. On m’avait dit : « ah, tu descends dans le sud, tu vas avoir du beau temps ». Ouais, c’est ça ouais ! Depuis que je suis arrivée, j’ai vu le soleil deux fois : dimanche et deux heures mardi après-midi. Le reste du temps, un brouillard à couper au couteau. Et aujourd’hui, il tombe des flocons énormes, le jardin est tout blanc, il neige. Et curieusement, c’est un peu ce qui me rend plus légère. Les vacances ont été un peu mornes : premier Noël sans ma mamie alors qu’on n’a pas eu le temps d’encore tout à fait réaliser son départ (enfin, moi, j’ai parfois du mal à réaliser), Yohann qui ne va pas bien non plus à cause de sa famille biologique qui est en dessous de tout. D’ailleurs, je réalise à quel point ma famille est globalement parfaite. Même si on se chamaille des fois, on est très « tribu ». J’en parlerai plus un autre jour, là, j’alourdis mon article qui se veut léger, faute !


Bref, j’ai jamais trop aimé les vacances de Noël, sauf quand j’étais petite. Maintenant, c’est la course au cadeau, la course au réveillon, la course à tout. Je pensais revoir mes amis de Toulouse vus samedi soir pour l’anniversaire de Lucie, je réalise que je n’aurai pas le temps.  J’avais promis à M. Le chien qu’on se verrait, j’ai pas eu le temps. Je m’étais promis d’avancer sur certains plans, ce fut impossible. Et lundi, retour au boulot, aussi crevée qu’au départ. Prochaines vacances ? Pas programmées pour le moment mais je sens qu’en février, je vais m’offrir une semaine chez mes parents à dormir. Non mais !

Christmas fuck

Par Ella Sykes

Ce qu’il y a de plus navrant lorsque l’on est un célibataire expatrié sur un autre continent, c’est de passer des fêtes comme Noël, le jour de l’an et son anniversaire (le mien est le 17 janvier), seule.

Mais, quand je dis seule, bien entendu je mens. Parce que hormis le soir de Noël, je ne serais pas seule. Je n’aurais même, jamais été autant entourée. Certes, par des inconnus, des personnes que je connais peu, des étudiants de ma promotion, mais au fond, quelle importance ?

Ce qu’il y a de pénible finalement c’est d’être loin des siens et de ne pouvoir rien faire pour une soeur qui part à la dérive et qui hurle sa souffrance comme elle peut tout en refusant l’aide de ceux qui lui tendent la main. C’est de se résigner à ne pas être celle qui pourra lui apporter ce dont elle a besoin. C’est aussi se tourner vers soi et puis de se demander comment faire pour remplir le vide et le silence d’un appartement immense pendant les deux prochaines semaines, parce que se retrouver face à soi, c’est plutôt … chiant et pour le moment, parfaitement inintéressant.

Alors, comme une bonne petite comptable, je cherche à inviter le plus de personnes possibles à la petite fête que mon colocataire et moi allons organiser le 6 janvier pour fêter dignement la nouvelle année 2009 qui va encore m’enculer dans les règles de l’art, m’apportant son lot d’événements pénibles et d’épreuves à la con. Pour me consoler, je me dis alors que je mérite bien une petite compensation. Déjà plus de 6 mois sans relations sexuelles, enfin je crois, c’est peut-être plus au fond. Peu importe, je planifie donc qu’à cette fête, je vais boire au point de voir des
aurores boréales et m’envoyer en l’air avec Yan, un français qui vit à Pittsburgh. Si on considère notre attirance mutuelle qui dure depuis plusieurs mois, alors même que nous étions encore à Paris, de la semaine exceptionnelle que nous y avions passé tous les deux, et notre complicité, bref, j’ai toutes mes chances. Enfin, je décrète cela mais encore faudrait-il qu’il veuille bien tromper sa copine californienne avec moi.

Mais, il joue à la pucelle, il dit qu’il est amoureux et toutes ces conneries. Il disait cela aussi de son ex avant de passer la semaine avec moi, à Paris. Elle n’est plus qu’un souvenir maintenant. Ce qui est amusant, c’est que nous n’étions pas passé à l’acte. Une semaine entière passée à dormir dans les bras l’un de l’autre, à se tourner autour, à se séduire tranquillement, à se caresser du regard, à se sentir proche et ami puis autre chose.

Il parait que c’est important de se faire plaisir, de faire l’amour etc. même si ce n’est pas l’homme idéal. J’avoue que ça me répugne mais débuter l’année avec lui dans mon lit, il y a probablement pire. Et puis, mon rabbit a rendu l’âme.

Quoiqu’il en soit, il me faut inviter tous les gens que je connais depuis que je suis arrivée ici, et qu’eux-mêmes viennent avec le plus d’amis possibles. Cela multipliera mes chances de rencontrer un gars suffisamment brillant qui me fasse croire qu’il est charmant et qui suscite assez de désir pour que je ressente l’envie d’être embrassée et caressée.

Je vais devoir concocter un buffet pour la fête : faire des courses, cuisiner des plats avec Maxime (mon colocataire) et il faudra que je prévois de faire un stock de préservatifs à entasser dans mon placard, là, sous mes petites culottes.

J’ai tout prévu, même les litres de vin californien, australien, argentin, les Jack and coke, les mojitos et margaritas. Certaines comptent sur leur tenue Marc Jacob and co, leur maquillage Chanel, moi je compte sur les effluves enivrantes de l’alcool pour me rendre belle aux yeux de ma proie potentielle. C’est nettement plus efficace à mon sens dépendamment de ce que l’on espère pour la suite. Sauf que me concernant, je ne suis pas dupe, il n’y a jamais de suite après les soirées du Nouvel An. C’est plutôt paradoxal quand on y pense.

Mes parents partent s’éclater à Saint-Domingue, mon frère offrira des cadeaux dans la famille de sa copine à Paris, ma soeur ira danser dans une boîte avec des amis en Guyane et moi, je boirai jusqu’à tout oublier dans une party chez moi, à Québec. Nous sommes une famille déchirée, dont chaque membre s’éloigne pour ne plus avoir à penser combien nous nous décevons les uns les autres à travers un amour non compris et si compliqué à partager, qu’il en vient à nous faire souffrir. Les non-dits, les incompréhensions, la colère et la frustration se sont infiltrés dans nos veines. Je fus la première à les quitter. dès que j’ai eu 16 ans, fuyant cette insoutenable emprise que LA famille opérait sur moi, contrariant par là-même, ma soif de liberté. Je constate que peu à peu, ils m’ont imité et désertent ce champ de bataille que nous appelons notre maison. Je me sens coupable parce qu’au fond je suis l’initiatrice de cette désertion collective. Ils doivent croire que partir vaut mieux que tous les maux. Mais alors même qu’ils font maintenant ce que j’ai commis il y a des années, je me rends compte, que la fuite ne fait que précipiter chacun d’entre nous dans l’abîme.

La fable des chaussures irakiennes

L’actualité, globalement, c’est moche. Entre la crise, les affrontements partout, les maladies, la pauvreté, des gosses qui ont à peine commencé leur vie qui se font descendre par des flics ou par une bande rivale… Même Noël ne me passionne pas cette année. Et pourtant, dans cette marée noire gluante et puante de mauvaises nouvelles, une hérésie, une image insensée et délicieuse :

Parfois, je me dis que la vie est un vrai film. Nous avons ici le Président américain sans doute le plus mal aimé depuis que je suis en âge de comprendre ce qu’est un Président (donc depuis Bush senior, en gros) qui va faire un dernier tour en Irak, pays qu’il a détruit et qui s’embourbe dans une guérilla sans fin depuis 5 ans. Et là, dans un réflexe hallucinant, un journaliste irakien se lève, interpelle le Président (qui, visiblement, ne comprend rien) et lui balance ses chaussures à la figure. Projectiles évités par Bush. Un vrai cartoon, une scène digne d’un film burlesque.

Et voilà que cette vidéo fait le tour du monde, que tout le monde applaudit ce journaliste qui a réalisé un geste qu’on a tous eu plus ou moins envie de faire à un moment ou à un autre tant George W. Bush était un Président…surréaliste, je dirais. Il a déclenché deux guerres et détruit deux pays, accru le terrorisme international qu’il souhaitait combattre, aggravé les tensions entre plusieurs communautés de par le monde et on ne parlera même pas de la crise, de la pollution, d’Enron, bref, de toutes les vies qui ont pâti du gouvernement Bush. Et ce petit journaliste, illustre inconnu, venge un peu tout le monde par ce simple geste. Bush a réussi à esquiver les chaussures mais à la limite, c’est pas ça qui est important, c’est le geste. Hélas, je ne suis pas convaincue que notre ami journaliste se soit sorti comme une fleur de cette histoire, il faudrait que je cherche sur le net pour voir ce qu’il est advenu de lui mais là, je suis dans le train alors voilà.

Et depuis, la vidéo fait le tour du net, tous les internautes se la renvoient en se tapant les cuisses, moi la première. Je ne suis pas du tout une fan de violence, bien au contraire, je suis souvent agacée par des anti bushisme primaires qui récitent le discours qu’ils ont entendu aux Guignols de l’info sans pour autant être capable d’aller au delà. Bush,
il m’a toujours plus ou moins effrayée, le côté « hé, les mecs, j’ai failli mourir étranglé par un bretzel, huhuhu! », le côté « quand tu me dis un truc, tu vois clairement mon regard se vider le temps que je comprenne », le côté « Dieu est notre ami, alleluia », le côté « les Arabes, tous des terroristes, Saddam Hussein est forcément le complice de Ben Laden, ils sont musulmans, c’est une preuve! ». Quand on sait que l’Irak était un Etat apostat, on ne peut pas dire que Hussein était dans le coeur de Ben Laden… Bref, si je reste à ironiser sur le caractère divin qu’on donne à Obama (et quelque part, je le plains, on attend tellement de lui et on fantasme tellement de choses…Ahem), je suis quand meme soulagée d’être
débarrassée de Bush et de ses potes. Même si je ne crois pas qu’on se dirige vers de glorieuses années, au moins, ça ne devrait pas être pire.

Finalement, je me dis que Bush n’aurait pas pu mieux partir. Maintenant, il paraît que Sarkozy ne souhaite pas se représenter en 2012 (oui, en fait, nous ne sommes pas en face d’un dictateur en puissance, je pense que certains seront un peu déçus) alors on fait quoi pour lui dire au revoir ?

NB : Humour la dernière phrase, je ne cautionne pas la violence quelle qu’elle soit.

Mais où est la magie de Nowel ?

Cette année, je sais pas, mais je suis pas du tout connectée à Noël. Bien évidemment, il y a eu le décès de ma mamie qui ne me rend pas forcément très joviale. En fait, pour être honnête, je me trouve même relativement imbuvable en ce moment, souvent énervée, de mauvais poil, prête à aucune concession. Ceci étant, certaines situations ne méritent vraiment pas que je fasse des efforts.



Bref, de mon humeur relativement morne découle un désintérêt total pour Noël. Heureusement que je fais la plupart de mes cadeaux avec Alice, à deux, ça booste. Sauf qu’il nous manque plein de trucs pas reçus à temps, à l’heure où j’écris (vendredi 19, 12h44), je n’ai pas les cadeaux d’Alice, Anthony, Anne, Lucie  (pour son anniversaire en fait) et Vicky. Et j’ai pas l’ombre d’une idée. En fait, pour Alice, j’avais trouvé mais in fine, ça ne va pas, je n’ai pas trouvé ce que je voulais. Et rien ne m’énerve plus que de ne pas trouver ce que je voulais.


Mais au fond, tout ça ne m’importe pas vraiment. D’habitude, j’aime Noël, me creuser la tête pour trouver un cadeau auquel on s’attendait pas et qui ravira les gens. Enfin, du moins, je l’espère. Là, entre le décès, le déménagement qui m’a littéralement ruinée et qui m’a pompée beaucoup d’énergie, non, vraiment, j’y suis pas. Oui, y a des décorations, youpi, c’est joli… Je vais décorer le sapin, youpi, cool. Mais en fait, non, je m’en fiche, j’arrive pas à me connecter à la magie de Noël, comme on dit. Et pourtant, les anti Noël me gonflent, je suis la première à râler contre les ultra cyniques qui ne voient que le verre à moitié vide. Oui, c’est mercantile mais je m’en fous, c’est surtout l’occasion de se retrouver ensemble et de se faire plaisir, profitons un peu. C’est pas comme si la vie nous laissait des occasions festives tous les jours…



En fait, en ce moment, je me sens hors du temps. Jeudi soir, je me suis retrouvée en vacances, je ne réalisais même pas. Heureusement que Ioulia n’arrêtait pas de me le rappeler, je ne sais pas si je ne serais pas partie sans mettre mon message d’absence sur ma boîte mail (j’aime bien faire ça, ça fait très executive woman). Faut dire que depuis la perte de ma carte bleue, j’ai eu une vie de débile mentale avec le déménagement qui a pas mal merdé quand même puis tout ça. Alors je me dis qu’au fond, tant mieux : dans 12 jours, 2008 se termine et 2009 sera une grande année, je le sens. Déjà, niveau boulot, des choses vont changer en bien, je suis contente, puis j’aurai enfin mon appart tout à jour une fois que j’aurai reçu mon lit, je serai enfin chez moi.

En attendant, j’ai toujours pas fini mes cadeaux de Noël, moi…Magie de Noël,tu te ramènes, s’il te plaît?

Plaît-il ?

Bon, il est vrai que je n’ai rien écrit depuis jeudi mais j’ai de bonnes raisons.

–  Vendredi : train à 7h54, arrivée 13h40. Je suis rentrée chez mes parents, j’ai mangé, j’ai lu des magazines, j’ai dormi sur le canapé et le soir, j’ai regardé Shrek 3 à la télé avec ma môman qui, contre toute attente, a bien aimé.

– Samedi, levée à 9h30, courses de Noël, emballage, déjeuner, douche, départ pour Toulouse, après-midi shopping avec Anne, anniversaire de Lucie, retour à la maison à 2h30.

– Ce matin, levée à 11h20 avec un gros mal de tête (non pas dû à l’alcool mais au fait qu’évidemment, je suis malade), ménage et cuisine avec maman qui s’est probablement fracturé un doigt et qui est de très mauvaise humeur contre mon papa et les chats qui ont fait caca dans le salon.

 



D’où j’aurais eu le temps d’écrire un article, hein ? Bon, j’en ai deux ou trois d’avance sur mon pc portable écrits dans le train mais ce ne sont pas des articles du dimanche… En fait, sur les deux d’écrits, y en a un, je ne me souviens plus du tout de quoi il parle… Je suis fatiguée moi. Bref, tout ça pour dire que non, je n’abandonne pas le blog et qu’il reviendra rapidement en publication quotidienne mais c’est vrai que ces deux derniers mois ont été très compliqués et que je me suis laissée déborder. Et en 2009, je vous annonce que si tout se passe comme je le souhaite, je vais être débordée mais je trouve que c’est une bonne chose.  Mais l’heure du bilan et des perspectives n’a pas encore sonné, je ne suis pas
très sûre d’avoir envie de faire un bilan 2008 vu comme la fin d’année a été merdissimale. Et il reste encore 10 jours…

Bon, je retourne à mon mouchoir papier qui est en train de se déliter (c’est le troisième depuis que je suis levée), j’ai du boulot cet après-midi : ranger du bois, ranger la chambre d’amis, faire le sapin. Je ne suis pas sûre que je puisse faire baisser ma tension pendant les vacances. Ah oui parce qu’en prix bonus 2008, j’ai de l’hypertension, maintenant.



En tout cas, promis, je reviens bientôt, en espérant que le feu de l’écriture me rhabite parce que je trouve que ce que j’écris en ce moment, c’est de la
merde.

Bien à vous, petits lecteurs.

NB : Qui n’a pas fini ses cadeaux de Noël, que je me sente moins seule ?

NB encore : une vidéo pour relever le niveau de ce pitoyable article, elle illustre bien mon humeur du moment même si ça n’a aucun rapport avec un arrêt de la cigarette (je n’ai pas arrêté de fumer, j’ai juste pas envie de fumer en ce moment, nuance)

 

But, ils ont changé… en pire

Je me présente, Nina, 28 ans, j’ai un pouvoir que personne ne m’envie. Dès que j’ai affaire à une enseigne, que ce soit la sncf, la ratp, free ou but, le pire arrive toujours. J’ai fini par dire que je suis parano, je me dis parfois qu’il faut un peu que je fasse confiance aux élements mais à chaque fois, la vie me prouve que j’avais raison de sentir que ça
allait merder. Au passage, les 8% qui avaient répondu que la merde allait concerner le lit ont gagné.

Tout avait pourtant bien commencé. Le 01 novembre, Vicky m’emmène gentiment au But de Nanterre pour que j’aille acheter le cadeau d’anniversaire de mes parents pour mes 28 ans : un sommier et un matelas. On teste différents matelas, je les trouve globalement trop mou, j’aime les lits durs. Enfin, je trouve mon bonheur, un Bultex délicieusement ferme mais pas trop quand même, mes lombaires chantent déjà d’aise. Le vendeur étant occupé, on s’étale sur le matelas et on papote. Ce lit, mon vieux, il est terrible.



Une vendeuse passe et nous demande amusée si elle peut nous aider. Alors, de bonne humeur, je réponds : « oui, nous serions intéressées par ce lit, on aimerait donc l’acheter ». Oui, le « on » et le « nous » sont totalement volontaires. La fille m’explique que le lit n’est plus disponible mais qu’il ne devrait pas tarder à revenir. J’hésite une nano seconde mais suite aux conseils de Lucie, j’avais choisi But car leur livraison n’est pas chère. On remplit le formulaire « mademoiselle, je suppose ? » dit-elle en me faisant un clin d’œil. Ahah, on rigole. Elle met le 02 décembre en date de livraison mais me rassure, je l’aurai certainement avant. Je vais à la caisse, fai fièrement un chèque de 612 euros et jubile à l’idée de ce futur lit.


Et je le savais que ça allait merder. Mercredi 10 décembre, n’ayant toujours aucune nouvelle de But, je finis par appeler. « Bonjour, voilà, j’ai acheté un lit et j’attends de le recevoir, je m’inquiète un peu… » Sans un mot, la standardiste me passe le service literie. Notons que là, on est au top de l’amabilité, ça va être pire après. Le monsieur de la literie me répond que oui, mon lit est là en stock mais qu’on m’a pas appelé parce que y a des soucis informatiques. Les soucis informatiques chez But, c’est un peu comme un incident matériel à la SNCF, c’est un peu le terme générique qui signifie « ça a merdé sans qu’on sache bien pourquoi alors on met tout sur le dos de l’informatique ». Il me dit de rappeler l’accueil pour prendre un rendez-vous, je m’exécute.

« Oui alors on n’a pas de rendez-vous avant mardi.

– Ah, ok… Et vous pouvez livrer à partir de quelle heure ?

– 8h ?

– Et les plages de livraison, c’est quoi ?

– 8h-19h.

– Pardon ? Vous plaisantez ? Je vais pas prendre un RTT pour ça…

– J’ai rien d’autre à vous proposer. »

Bon, je raccroche en lui disant que je vais voir, ma sœur me propose de demander à Anthony d’attendre chez moi mais j’en ai marre de demander des trucs à Anthony, Alice, Vicky… Pour ne citer que les trois que j’ai le plus emmerdé avec ce déménagement.

Vendredi, je me lève de très mauvaise humeur. Disons que depuis la mort de ma mamie, je dors très mal et je suis très tendue donc ça arrive régulièrement que je me lève très énervée avec une envie de taper sur quelqu’un. Vendredi, je suis donc très énervée et décidée à faire livrer mon lit quand je veux. Parce que le problème, c’est que je pars vendredi 19 décembre en province pour une semaine de congés donc si je dois attendre un samedi pour me faire livrer, on tombe le 03 janvier. Donc j’appelle. J’explique à la standardiste que dans la mesure où ils n’ont pas été foutus de m’appeler pour m’informer que mon lit était arrivé, à eux de se démerder pour me le livrer quand je veux. Paniquée, elle me passe un responsable et là, c’est du grandiose. Je lui explique mon souci, exigeant d’être livrée un matin entre 8 et 10h car après, je pars en congés.

« Mais vous n’aurez qu’à vous faire livrer votre lit après vos congés. Ohlala, y a plus grave dans la vie ! ».

Quoi ? J’ai bien entendu ? Non mais il se permet en plus de me balancer ça sur un ton méprisant ? J’explose : « Non mais ça va pas de parler comme ça à vos clients ? Ca fait un mois et demi que j’ai acheté ce putain de lit, j’ai payé quasiment le prix d’un loyer et vous n’êtes même pas foutus de m’appeler pour me prévenir qu’il est arrivé !

– Mais bien sûr que si, on vous aurait appelée…

– Ben la preuve que non ! »

Bref, à force de gueuler, il me promet de mettre mon nom en premier sur la liste des livraisons le mercredi matin. Je sais pas pourquoi mais je sens que ça va encore merder, sans doute parce que le responsable s’est limite foutu de ma gueule tout du long de la conversation.


Mardi, hier donc, coup de fil à 15h : « bonjour, c’est le monsieur de la livraison, je serai chez vous entre 11 et 14h ». Mais PUTAIN. En majuscule. J’explique une nouvelle fois mon cas au livreur et celui-ci me propose de m’appeler une heure avant pour que j’aie le temps de retourner chez moi du boulot. Simon, me sentant proche de la crise de nerfs, me propose de rester travailler à la maison jusqu’à livraison puisqu’avec les grèves de la SNCF (oui, je les cumule), je vais perdre un temps fou.

18h15, téléphone. « Oui, bonjour, c’est le monsieur de chez But (pas le même, le premier avait un accent pied noir, celui-ci était plus asiatique), y a un souci avec votre commande : votre sommier a des lattes cassées. Alors je vous livre le matelas maintenant et le sommier plus tard ou tout en même temps ». Je déteste déjà ce lit.


Donc on résume : mon lit que j’attends désespérément depuis un mois et demi est dans la réserve depuis on ne sait quand, j’ai fait le scandale de l’année vendredi pour pouvoir être livrée en premier, engagement qu’avait pris le responsable et qui n’a pas été tenu et pendant tout ce temps, personne n’a pu voir que le sommier était pété ? Bon,

je sens que je vais rédiger une lettre d’une amabilité fantastique à la RH de But et je vais même réclamer un geste commercial mais big le geste commercial. Non parce que j’ai besoin d’un meuble de salle de bain et d’un meuble d’entrée. Mais après, je vous jure que je ne mettrai plus jamais les pieds dans cette enseigne de ma vie. Déjà, y a une demi douzaine d’années, j’avais acheté chez eux une commode. En la montant, j’ai découvert qu’il manquait tous les côtés des tiroirs. ON m’avait dit que But avait changé, c’est vrai… C’est encore pire.

Mon petit sitcom perso

Je vais vous révéler un secret : je suis une petite curieuse et Facebook est devenu mon dealer officiel de secrets à débusquer, de potins à ramasser… Facebook, c’est encore mieux que les Feux de l’amour, sauf que c’est avec des vrais gens.


Un matin, je me connecte à mon dealer et que vois-je ? Claire Verdier et Pascal Lemuel ont mis fin à leur relation. Bon, comme ce sont des gens que je ne connais pas personnellement (autant mon vrai facebook est très vip, autant celui de Nina, j’accepte toutes les demandes d’amis), j’avoue que je n’ai pas sorti un mouchoir pour écraser une larme. Mais là où la dramatisation se joue, c’est quand survient les commentaires. Les filles : « oh, c’est triste! », les garçons : « quoi encore ? » mais surtout, entre en action Pascal Lemuel : « ah, j’étais pas au courant. Quand on s’engueule, le premier réflexe, c’est d’aller sur facebook, vive les réseaux sociaux! ». Après quelques remarques narquoises de Pascal sur cette rupture, le lendemain, ils étaient à nouveau ensemble.

J’ai connu pire que Claire, une nana qui avait tout de la dramaqueen. Outre le fait qu’elle racontait absolument tout sur son statut (quoi que je trouve très dommage que personne ne me tienne informée de ses passages aux toilettes. Y a que moi qui y vais ou quoi ?), elle ne cessait de passer de célibataire à « en relation avec bidule » à la moindre contrariété. Le mieux, ce fut un jour où ça a donné en statut « mon mec est trop chou » puis « mon mec est un connard » à « Machine est listée comme
célibataire ». Puis à nouveau en couple une heure après. Et là, on a récemment eu droit à une nouvelle saison avec un autre mec. Un peu compliqué, je vous l’accorde.

Des fois, Facebook m’effraie un peu. Sur ma vraie fiche, je ne précise pas mon statut marital et si mon mec insistait vraiment pour que je mette « en relation avec », je ne mettrais cette information visible que pour ceux qui ont le droit d’être au courant, soit pas grand monde. Je ne pense pas que mes turpitudes amoureuses regardent mes collègues, par exemple, même si je les aime beaucoup pour certains. De la même façon, j’aime ceux qui ont un projet ultra secret dont il ne faut pas parler et qui écrivent tout ça sur leur statut. Par exemple, il y a quelques temps, Elle a fait une soirée blogueuse en shootant 7 d’entre elles jugées comme les grandes gagnantes de la blogosphère (lisez là pour les détails, je ne vais pas expliquer) et le shooting devait être secret. Une des 7 avait comme statut « part en shooting pour Elle », la même qui, quelque temps plus tôt, avait passé un entretien pour une radio et expliquant cela sur son blog disait qu’elle ne pouvait pas donner le nom de la radio. Et sur son statut Facebook : « en entretien chez Radio truc ». Cette personne a près de 600 amis, je crois.



Bref, tous les jours, j’ai de nouvelles histoires à me mettre sous la dent et certains en jouent. Un ami de la fac a mis comme photo de profil lui en train de tenir un bébé et quand il en a eu marre de recevoir des félicitations, il a précisé que le petiot n’était pas le sien, c’est marrant. Bref, même si je trouve que Facebook est quand même un truc génial
(je viens de retrouver ma corres italienne du lycée), je crois que parfois, la pudeur et la discrétion peuvent être un bon truc surtout quand notre vrai nom est associé à tout ça. Et larguer quelqu’un en modifiant son statut sur Facebook, franchement, c’est peut-être très web 2.0 mais en vrai, c’est surtout totalement ridicule.

De même, si quelqu’un ose un jour faire une déclaration d’amour en mettant un de ses contacts Facebook comme son petit ami, qu’il soit la risée de tous.


Et la vie va


Tout est terminé, ma mamie repose désormais dans son petit cimetière de campagne, auprès de ses parents, de son mari et de sa fille. J’ai de grandes sensations
d’iiréalités, parfois, j’arrive pas à croire que tout ça, c’est vrai, que ma mamie ne peut pas être ailleurs que chez elle à dormir devant Derrick (ou n’importe quelle série diffusée en début
d’après-midi sur Fr2) ou en vadrouille dans sa voiture. Puis, des fois, je réalise pleinement et là, je suis brisée en mille morceaux.


Mais malgré le chagrin et le malheur, il faut se reprendre et aller de l’avant. Ces derniers jours ont tellement été étranges, courts et en même temps
interminables, tant d’images collées dans ma tête et cette incapacité à suivre une pensée sans être perturbée par des pensées parasites, l’extrême fatigue qui me saisissait parfois, la réalité
qui revient nous frapper. Mais des milliers et des milliers de gens continuent leur vie, la plupart ne sachant même pas que ma mamie Parmentier est morte. Parmi ces gens, mes collègues. S’ils
savent mon absence, leur vie a continué et je dois reprendre ma place au milieu d’eux, reprendre ma charge de travail, revoir mes amis, revivre. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je
suis partie alors que la semaine avant sa mort, j’ai vu une partie de mes amis parisiens les plus proches. Ca m’avait fait du bien de les voir et je compte sortir avec eux dès mon retour, sans
m’apitoyer sur mon sort. D’abord, je ne suis pas comme ça, malgré moi parfois et puis ma mamie n’aimait pas les atermoiements. Mon chagrin, mes amis le connaissent, inutile de le jouer en trois
actes. Ma mamie, c’était la vie, le rire et je sais qu’elle m’adorait parce que justement, je suis joviale et que je la faisais rire.


Et puis, il y a aussi cette volonté que j’ai, ce désir impérieux de tirer quelque chose de positif de cette épreuve. Je veux réussir pour ma mamie. Ok, ma vie est
sympa, je l’aime telle quelle mais je dois me lancer dans un projet et le réussir pour elle, oublier ma détresse et ma peine dans ce projet. J’ai des idées, je dois poser tout ça mais je sais que
c’est mon échelle pour sortir du trou, la façon de retrouver mon sourire et ma jovialité et je dois le faire. Pour celle qui est partie et aussi pour ceux qui restent. Parce que ma famille a été
extrêmement solidaire, on a vécu tout ça tous ensemble, dans une harmonie et un amour qui nous a tous aidés. Je me rends compte à quel point ça soulage même si ça guérit pas. Puis il y a eu mes
amis, ceux qui m’ont témoigné leur soutien d’une façon ou d’une autre. Il y a eu Vicky qui m’a accueillie chez elle la veille de la mort de mamie, alors que je savais son départ imminent, Anne
qui est venue à l’enterrement et qui m’a apaisée alors qu’elle même pleurait, tous ceux qui m’ont envoyé un sms ou un mail. Rien que ça, c’est énorme. C’est difficile de trouver les mots pour
quelqu’un qui vit un deuil, je n’attendais d’ailleurs pas forcément des paroles réconfortantes, de simples « je pense à toi » m’ont largement suffi. Je sais qu’en rentrant sur Paris, je
serai entourée, que des gens qui sont parfois très loin de moi, dans d’autres pays, pensent à moi dans cette épreuve… c’est beaucoup, vraiment.


Maintenant, faut reprendre les habitudes, faire comme avant. Ne pas se précipiter non plus, je sais que la plaie est vive et qu’elle mettra du temps à se refermer,
je ne dois pas être impatiente. De la douleur, je passerai à un amour simple de ma mamie. Et avec ma soeur, on est lancée dans une « course du ventre » . Quand on a appris le second prénom
de ma grand-mère, sans se concerter, on a toutes les deux voulu le donner à notre fille. A priori, elle est mieux partie que moi. Ca peut paraître dérisoire et limite débile de penser à ça mais
au fond, la mort et la vie ont souvent été très liées dans notre famille et nous attendons la prochaine naissance avec une certaine impatience. On mise tous plus ou moins sur ma cousine aînée, ma
mère a émis l’hypothèse que peut-être que ce serait moi… Mais là, je suis en queue de peloton quand même.


Je me rends compte que ce que je raconte est décousu, je ne suis même pas sûre que ce soit compréhensible, j’espère que ce n’est pas trop larmoyant car ça la
saoulait, mamie Parmentier, le pathos. La vie va, faut reprendre son cours. Sans rien regretter. Le soir où j’ai appris pour son cancer, j’ai rêvé que je me mariais, j’étais surexcitée (et
totalement canon dans ma robe de mariée en ivoire), j’étais au bras de mon papa et soudain, je pensais « ma mamie n’est pas là pour vivre ça ». Mamie Parmentier ne connaîtra pas mon
prochain compagnon ni mes enfants, j’ai un instant pensé que j’avais peut-être trop tardé. Mais finalement, c’est aussi la vie, on ne peut pas tout prévoir. Puis ces regrets là sont  juste
bons à jeter à la poubelle, c’est idiot. Puis mes petits et leur père, ils auront encore toute la famille Parmentier à connaître et nous, on est vraiment une joyeuse tribu dans laquelle il est
bon de rentrer, tous nos compagnons nous l’ont dit et j’en suis persuadée. Et cette tribu, c’était grâce à mamie et à ses filles qu’elle existe. A nous de la conserver comme mamie
l’aimait.