30 ans, célibataire, sans enfants. Ca urge !

Article écrit alors que je suis légèrement énervée, espérons que ma prose ne s’en ressentira pas trop. Discussion anodine sur ma vie amoureuse entre un homme (que je ne connais pas au demeurant) et moi. Alors que je lui explique l’extrême complexité de ma vie privée (bon ok, en très gros, sans aucun détail), son jugement est sans appel : largue-le, tu perds ton temps avec lui. Perdre mon temps ? Mais à quel niveau ? Réponse attendue et qui a déclenché une réponse acerbe de ma part : parce que ta fertilité n’est pas éternelle. Et allez, ça faisait pas longtemps qu’on ne me l’avait pas sortie, celle là.

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Alors de 1, fréquenter un homme même si la relation est complexe et ne ressemble pas à une histoire se terminant par « et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » n’est pas une perte de temps. Enfin, si elle l’est, j’y mets fin rapidement. Quand je suis avec lui, on discute de tout et de rien, il m’apprend des choses et j’espère en faire autant, on s’apporte tendresse et affection, on jouit, on rit… Franchement, si, ça, c’est perdre son temps, j’aimerais que mes heures perdues sur yahoo! jeux m’apporte au moins la moitié de la plénitude que me donne cette relation. Bref. Après tout, quel que soit le background et les risques de pleurer parce que « les histoires d’amour finissent mal en général », je ne comprends pas le propos. Je rencontre un homme, on se plaît, on commence à sortir ensemble. Même si tous les voyants sont au vert, rien, je dis bien RIEN n’indique que c’est parti jusqu’à la fin de ma vie. Et même des années après. Les parents de Guillaume 1er ont bien divorcés il y a 2 ans, à 60 ans. Donc je pourrais en effet courir après le mec « parfait » ou à peu près (du moins parfait à mes yeux), sortir avec lui, me dire que ouahou, lui, c’est le bon parce que j’ai eu un orgasme dès la première fois alors ça veut tout dire, m’installer très vite chez lui et même me dire que c’est tellement lui l’homme de ma vie qu’on va faire un bébé, voire deux ou même trois. Super ! Sauf que ma connaissance des hommes me prouve qu’une fois pères, ils ne restent pas forcément auprès de leur donzelle. J’ai eu des amants jeunes papas (et officiellement toujours avec la mère du bébé), je connais des histoires de femmes en relation avec un homme qui a une légitime enceinte jusqu’aux yeux. C’est pareil pour les femmes, hein, la paternité/maternité n’est en aucun cas synonyme d’amour unique et éternel, ça n’a strictement rien à voir. Donc aucune histoire d’amour n’est mathématiquement pérenne, faut arrêter de se prendre la tête avec ça. Au pire, on fera des familles recomposées, ce sera rigolo. 

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De 2, le besoin soit disant biologique de s’épousailler (ou du moins de se mettre en couple) et de se reproduire. Alors ok, je n’ai « que » 30 ans, je suis plus en début de vie qu’en fin (enfin, j’espère ! J’ai envie de savoir ce que c’est, la retraite) et peut-être qu’un jour, j’aurai envie d’un gosse, d’un mini « nous ». Je ne dis pas le contraire mais aujourd’hui, si je viens de me faire poser un stérilet, c’est pas pour lancer le concept de piercing interne… Aujourd’hui, je n’ai pas de désir d’enfant, essentiellement parce que je sais que je n’ai pas la maturité pour. J’ai 30 ans sur ma carte d’identité mais je ne me sens pas en âge de penser à fonder une famille. Même mon visage refuse mon âge, on m’en donne 5 de moins (voire 10, huhu). J’ai trop envie de tas de choses avant et même mon goût de l’expérience ne me donne pas envie de ce bébé. Du coup, par quel calcul magique devrais-je considérer mon horloge biologique dans la recherche d’une vie privée… modèle ? Oui, c’est ça, modèle. Mais je m’en fous, moi, du modèle, je refuse de me mettre martel en tête pour ça. D’abord, j’ai quand même largement le temps avant la ménopause et quand bien même celle-ci serait précoce, rien ne m’interdit d’adopter si j’ai vraiment un désir d’enfant. Ca fera un malheureux en moins et le premier qui dit « han mais imagine quand tu iras chercher ton gosse à l’école, on va croire que tu es sa grand-mère, bouh! ». C’est un argument aussi intelligent que « non mais un enfant de couple homo, le pauvre, on va se moquer de lui à l’école ». Moi, à mon époque, on regardait les enfants de divorcés comme des bêtes curieuses, on ne comprenait rien aux histoires de familles recomposées et pourquoi Stéphane n’avait pas le même nom de famille que sa soeur Julie. On évolue et on s’en fout. 

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Bref, chaque chose en son temps. J’en ai marre que, sous prétexte que je sois une femme, donc à la fertilité périssable, on me saoule avec ce genre de discours. Mon partenaire actuel me comble parfaitement même si la périphérie est très compliquée et que je ne suis pas sûre de pouvoir tout gérer à l’arrivée. On verra au moment. Au pire, j’irai pleurer dans les bras de l’amour de ma vie (Vicky, je ne parle pas de mon chat…) puis je repartirai sur les chemins de la séduction quand je me sentirai prête. Advienne que pourra. Et si un jour j’ai une furieuse envie d’un enfant, je ferai avec et j’agirai en conséquence. Bon, sans faire le plan du bébé dans le dos, ça, c’est très moche. 

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Mais pour l’heure, ce n’est pas le cas et j’en ai plus qu’assez que la « société » sache mieux que moi ce dont j’ai envie ou besoin. Mon corps a juste envie d’amour et de jouissance, pas de maternité. Ce n’est pas de l’auto-conviction, c’est un fait. J’admets tout à fait la possibilité que ça évolue tout comme celle que ça ne change jamais. Je n’aurais pas cru, y a 10 ans, devenir celle que je suis aujourd’hui, je n’ai aucune idée de celle que je serai demain.Je suis à l’écoute de mon corps et de mes envies, justement et là, il me murmure qu’il a
surtout envie que j’aille manger des activia au muesli (mon corps a bon goût). 

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Alors je dis merde et je revendique. Je revendique le droit, à 30 ans, d’avoir d’autres envies qu’une maison Catherine Mamet avec un jardinet, des meubles ikéa, un labrador, un gentil mari qui roule en megan scenic et une tripotée de mioches. Même si j’ai rien contre les meubles ikéa et les labradors (mais je suis chat, moi) et que je me damnerais pour un jardinet. Je revendique le droit, en tant que femme, de ne pas être automatiquement associée à la maternité et qu’on arrête de m’expliquer que mon histoire sentimentale n’est pas raccord avec mon horloge biologique alors que celle-ci ne demande rien du tout. Je revendique le droit d’envisager une vie sans enfants sans pour autant l’avoir ratée. Je revendique le droit de raconter à mes ami(e)s mon histoire d’amour compliquée sans qu’on me réponde systématiquement « largue-le » parce que, merde, je suis heureuse et que je souhaite ça à tout le monde. je revendique le droit de vivre ma vie comme elle vient et tant pis si je suis loin de l’idéal « papa, maman, enfants » parce que peut-être que je ne suis juste pas faite pour ça. Est-ce vraiment un crime ?

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Je finirai par cette citation légèrement détournée de Simone de Beauvoir soufflée par Camille Touraine sur Twitter : « On ne naît pas mère, on le devient ». Simone de Beauvoir qui, rappelons-le, avait une relation polyamoureuse avec Sartre et n’a jamais eu d’enfants. A-t-elle raté sa vie pour autant ? Je ne crois pas, non.

Faut être amoureux pour avoir un orgasme

Il y a quelques temps, M6 nous a gratifié d’un grand documentaire pas du tout complaisant sur le sexe. Bon, comme je n’en ai réellement vu que 10 mn et que je me suis ensuite fié aux commentaires sur les blogs et Twitter, je vais éviter de donner mon avis sur la question. Je vais juste réagir à une phrase entendue durant cette dizaine de minutes qui m’a fait halluciner.

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A l’écran une jeune donzelle amoureuse de son Jean-Freddy (non, tous les parents n’aiment pas leurs enfants, il faut que ce soit dit). Alors juste pour rire, le Jean-Freddy l’a serrée en la faisant venir chez lui pour le diner, en lui faisant boire du champagne puis en lui offrant un bain avec bougies et pétales de rose dedans. Non mais paie ton cliché… Oui, je sais, je manque cruellement de romantisme mais merde, ça fait plan de vieux lover… Bref. Ce qui devait arriver arriva, Jean-Freddy mit Jessica ou Dieu seul sait son prénom dans son lit et là, elle sut de suite que cette histoire était sérieuse car elle a eu un orgasme. C’est donc qu’elle était déjà amoureuse. Je… Quoi… Pardon ?


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L’orgasme féminin, l’éternelle énigme. Puisqu’il parait que nous sommes des créatures cérébrales, nos orgasmes ne sont déclenches que par notre esprit donc un plan cul, on l’aime pas, on ne jouit donc pas. C’est cela ouiiiii… Alors il est vrai que le psychologique joue, essentiellement au niveau du lâcher prise et certains blocages sexuels sont de l’ordre du mental. C’est d’ailleurs pareil pour les mecs, faut arrêter de les prendre pour des machines à baiser. Mais il n’en reste pas moins que le sexe, c’est aussi et surtout une histoire de corps, de mécanismes naturels. Une bonne connaissance de son corps aussi pour savoir ce qui nous fait réagir. Perso, j’ai eu des orgasmes avec des mecs pour qui je n’avais aucun sentiment. D’ailleurs pour en revenir à l’orgasme « psychologique », est-ce tant le partenaire que la situation qui nous fait triper ? Ça reste à voir.

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Vous allez me dire que cette déclaration n’engage qu’elle et qu’on s’en fout un peu. Oui sauf que Jessica est un peu symptômatique d’une façon de penser assez répandue et un peu triste sur le fond. C’est accepter une espèce de fatalisme de la frigidité un peu du genre « je ne peux jouir qu’avec un nombre restreint d’hommes ». Et bonjour le sac de nœud quand elles aiment un homme qui est de fait mauvais amant et ne les fait pas grimper au rideau. Plutôt que de prendre en main (sans mauvais jeu de mots) le garçon pour lui dire ce qu’elles aiment, ce dont elles ont envie… Elles remettent en question leurs sentiments. On pourrait débattre sur l’importance du sexe dans le couple et du fait qu’une fille ne restera pas 107 ans avec un mec qui ne la satisfait pas et donc qu’elle sera sans doute partie avant de l’aimeeeer mais bon, j’ai eu droit à des je t’aime d’hommes que je n’avais physiquement jamais vus alors… Mais effet extrêmement retors de cette façon de penser, c’est le cas des viols. Autrefois, alors que l’on pensait qu’un orgasme féminin était nécessaire à conception, une femme tombant enceinte suite à un viol n’était pas reconnue comme victime puisqu’elle avait pris apparemment son pied. Aujourd’hui encore, une femme qui jouit pendant un viol, ce qui peut arriver car je rappelle qu’on parle de mécanismes physiques, se sent extrêmement coupable.

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Par contre, au-delà de tous les points soulignés au-dessus, je ne peux m’empêcher de sourire sur un point. Malgré tout le verbiage sexuel auquel nous sommes soumis dans les médias à coup de « les soirées partouze, la nouvelle mode », « le candaulisme, à essayer » (ça pour le coup, c’est la nouvelle pratique à la mode, je vois le terme partout) ou « si t’as pas baisé à 3 à 30 ans, c’est que tu as raté ta vie », cette vision nunuche du sexe de la part d’un couple qui se la joue « on est des gros chauds du sexe » (ce qui n’empêche pas) assez mignonne. Comme une framboise dans un panier de groseilles, un peu. Mais bon, si je suis la première à admettre que le sexe avec quelqu’un qu’on aime est d’une intensité sensuelle sans nom, une baise sans sentiments amoureux peut également être jouissive. Dieu merci !

Les magazines lavent plus blanc que blanc

Dans le cadre de mon nouvel emploi, j’ai l’occasion de rencontrer des usagers de notre site pour connaitre leurs envies et revendications sur l’évolution du site. Ouais, on est comme ça nous, à l’écoute.  Hier, nous avons rencontré une sympathique demoiselle, très friande de girlitude et d’infos féminine. Oui mais voilà, Geneviève, appelons la ainsi, est Noire.

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On reproche souvent aux magazines de renvoyer une image erronée de la femme. Avis que je partage totalement. J’en parlais récemment à un pote en lui expliquant que les mags étaient toujours dans le too much. Là par exemple, c’est la grande mode du « ronde mais fashion » donc le magazine me propose, au choix, des mannequins taille 32 ou des taille 52. Deux modèles malsains d’un point de vue médical car même si on veut débattre de la fiabilité de l’IMC, on est dans le trop maigre ou trop gros. Et que dans mon paysage féminin composé d’une écrasante majorité de 36-42, ces modèles ne parlent pas. Voilà donc la fille des magazines, elle est jeune, quand même bien maigre, grande… et blanche. En soi, ce n’est pas une découverte. Je me souviens d’avoir vu un reportage y a une éternité, à l’époque où Naomi Campbell était super model et que j’étais mineure (bon, c’était finalement pas y a si longtemps que ça) où une nana de la presse féminine qui travaillait chez Elle, je crois, expliquait que les Noires en couverture, c’était statistiquement moins vendeur. Bon, ok, soit, on pourrait débattre du sujet mais là, c’est pas là où je veux en venir. Concernant les magazines féminins, Geneviève nous a dit : « je les lis pas car ils ne me concernent pas, il n’y a pas une seule femme Noire dedans, même dans les articles plus généraux ». Et c’est vrai.

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Alors tout ça, c’est la faute aux Américains. Si, si, pour de vrai. En fait la plupart des photos de nos magazines, sauf séries mode (où là, si les jouvencelles sont plutôt blanches, c’est notre entière faute), sont achetées à des banques d’image américaines genre getty ou
fotosearch, de vraies cavernes d’Ali Baba de la photo kitschouilles, celles que j’aime d’amour que même parfois, j’aimerais avoir des mannequins sous la main pour leur faire faire plein de photos du genre.  Non parce que quand j’écris un article, j’ai plein de supers idées de photos nases qui illustreraient trop bien l’article et parfois, force est de constater que ces photos ne doivent pas –encore- exister. Et sur ces banques d’images, on ne peut pas dire que la mixité soit réellement au rendez-vous. J’ai testé en tapant « femme » sur le moteur de recherche, j’ai vu une femme noire en première page sur 60 images. Mais attention, soyons honnêtes, je peux affiner la recherche en précisant l’ethnicité de ce que je cherche.  Et bien…

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Donc Geneviève ne se reconnaît pas trop, à tel point qu’elle note quand un couple mixte est mis en scène dans un magazine. Mais si on peut se dire que sur les photos, c’est à cause de nos amis Ricains, pour le contenu, par contre, faut s’en prendre à qui ? Parce que Geneviève nous explique que les peaux ethniques, ça n’intéresse pas trop la presse généraliste. J’ouvre une parenthèse sur cette histoire de peau ethnique, expression que je trouve assez mal trouvée. Donc dans le vocabulaire journalistique féminin, une peau ethnique est une peau mate à noire. Donc moi, avec ma peau de porcelaine, je n’ai pas d’ethnie ? Sans parler des Asiatiques, Hindous (hors Aishwarya Rai), les Arabes au teint clair… Alors oui, ok, je veux bien admettre qu’on ne peut pas parler de tout le monde mais l’existence de magazines consacrées aux femmes Noires (je ne sais pas s’il y en a pour d’autres ethnies, je ne suis pas très au fait,
j’avoue) prouve bien qu’il y a un besoin. De toute façon, soyons honnêtes, nous ne sommes pas concernés par tous les articles de magazine. S’il y a un dossier spécial cheveux fins, ça ne va pas me parler. S’il y a un article « comment grossir » non plus. Ah oui, non pardon, ça, y a pas, nous voulons toujours être plus mince, suis-je bête. Donc si je vois un article consacré aux peaux noires, je me contenterai de passer à l’article suivant. Quoi qu’encore pas si sûr car les peaux noires peuvent avoir les mêmes soucis que moi genre la peau sèche. Depuis que j’utilise le Mixa spécial peaux mates, j’ai la peau incroyablement douce et soyeuse. Donc y a du truc à choper. Bon alors disons que s’il y a un dossier sur les cheveux crépus, par exemple (oui, je sais, toutes les Noires n’ont pas forcément les cheveux crépus, c’est un exemple), je passe à l’article suivant, fin. Je lis pas non plus les dossiers spécial vernis (je hais le vernis à ongles), je n’en continue pas moins d’acheter des magazines.

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Parfois, je me demande si on vit sur la même planète que les magazines. Tiens, je développerai dans un autre article. En attendant, on retient donc que la fille des magazines  est encore, au XXIe siècle, grande, maigre, blanche, jeune et hétéro. Groumpf.

Article non sponsorisé par Getty images mais je me suis fait plaisir pour les illus là

Et à la fin, tout ira bien

Quand je joue les docteurs du cœur avec mes amis, je me trouve souvent devant cette interrogation : pourquoi ? Prenons un exemple fictif que nous appellerons Mélanie, un mix d’au moins 3 cas croisés en un mois. Mélanie est jolie, intelligente, cultivée, drole, douce… Bref, Mélanie a des tas de qualités mais elle accumule les relations foireuses, les mecs naturellement doués pour nous faire souffrir. Pourquoi?

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On pourrait penser que Mélanie n’est pas regardante sur la marchandise, trop pressée de se caser mais ce n’est même pas forcément le cas. Alors j’ai une nouvelle théorie, pas du tout scientifique mais je l’aime bien donc je la partage. Je me dis que ces histoires foireuses ne sont pas inutiles, elles sont un espèce de chemin de croix avant un espèce d’Eden ou équivalent. En gros : « oui, là, de suite, tu en chies mais à la fin, tout ira bien ». Bah oui, y a une certaine logique.

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Prenons toujours notre amie Mélanie. Au fur et à mesure de ses expériences amoureuses (j’hésite à mettre des guillemets, là), elle s’enrichit, elle apprend. Pas forcément le plus positif mais elle apprend à poser des limites, à dire non, à détecter le nuisible avant qu’il ait le temps de l’embobiner. En grandissant (je n’utiliserai le terme vieillissant qu’à mes 40 ans, n’insistez pas), elle devient plus forte, plus équilibrée dans ses relations amoureuses. Et j’ai envie de croire qu’en face, dans le lot des hommes restant disponibles, c’est pareil. Ou femmes, après tout, on a tout le droit de virer sa cuti. Peu importe, c’est pas le sujet. Donc déjà, ma théorie écrase celle qui dit « passé 30 ans, les hommes restant sur le marché sont nases ». Non, pas du tout. Ils sont en-ri-chis. Ou plus névrosés et paranoïaques à cause des 3 hystériques qui nous ont précédé mais là, à la limite, le fait d’être globalement normale vous rend déjà totalement inestimable à ses yeux, c’est pas si mal.

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 Si je prends la liste de mes histoires passées, évidemment, il me reste des cicatrices, j’ai développé une certaine peur de l’engagement mais déjà, l’avoir remarqué, c’est pas si mal… J’essaie de me guérir mais du coup, je suis plus zen. Je sais que si ma relation ne doit pas durer, je survivrai, j’ai déjà vécu plusieurs ruptures, des faciles et des difficiles. Je pleurerai sans doute mais j’ai ma Vicky pour me consoler, au pire. Et si ça marche… Arrivera un moment où je m’aventurerai sur de nouveaux terrains mais l’essentiel, je maîtrise pas trop mal. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas (ou plus), je définis à peu près la zone grise du pourquoi pas car un couple, ce sont des compromis, aussi. Ouais, ça, je l’ai appris de mes précédentes expériences, comme je suis mature, houlala.

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Donc de façon là mathématique, on gère mieux nos relations, on ne commet plus les mêmes erreurs et on détecte plus facilement les « n’y touche pas, il est nocif ». Donc j’ai envie de dire que ma théorie qui stipule qu’à la fin, tout ira bien est presque mathématique. Evidemment, certains me diront que j’oublie légèrement de faire entrer en ligne de compte le côté désabusé de notre Mélanie, voire une pointe d’aigreur, la difficulté grandissante de faire des rencontres et bien entendu cette part de malchance que certaines traîneront
jusqu’à leur mort. Parce que oui, je pense qu’attirer des relations foireuses n’est pas que de notre fait, faut arrêter de toujours se culpabiliser. Puis ça permet de pleurer sur le thème du « mais meeeeeeeerde pourquoi, pourquoi ça me tombe encore dessus ? », ce qui est ma foi non négligeable. Mais justement, je refuse de croire en la malchance pure et éternelle. Tout ça ne peut pas être vain. Tous ces connards (non parce que certains sont quand même de beaux spécimens) que l’on croise dans nos vies, ce ne sont pas de simples hasards, de simples morsures de la vie, ça ne peut pas être juste ça. Il y a une raison à tout ça et la raison, c’est la relation magique et merveilleuse que Mélanie finira par trouver.

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N’empêche que vous trouvez pas ça beau qu’à 30 ans, je sois à ce point gonflée d’espoir ? Moi si, je m’auto émeus.

PS : Si j’ai mis une photo de Simone de Beauvoir, c’est parce que je la trouve très mature sur cette photo, voilà. Puis elle était quand même charmante, Simone. 

De l(‘)a normalité

J’aime observer mes congénères et me moquer un peu des comportements caricaturaux, notamment les anticonformismes qui ne sont finalement qu’une obéissance à un autre conformisme. Pour ma part, je ne sais pas bien me positionner sur la question, je fais comme à mon habitude : à la carte. Mais tu te rends vite compte que même quand tu ne revendiques rien en soi, la pression sociale est terrible.

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La semaine dernière, voyage en famille à 7. Ma sœur et son mec, mon presque frère et sa copine, mes parents puis moi, le boulet célibataire. Enfin, célibataire, tout est relatif puisque suite à une histoire de médicaments, mes parents sont persuadés que j’ai un compagnon. Ce n’est pas faux en soi mais c’est compliqué et surtout non exclusif et j’ai juste pas envie de leur expliquer. Mais voilà, je provoque le chiffre impair. Et quand ça parle mariage ou bébé, je me sens exclue. Quand je vois qu’on ne me compte aucun +1 éventuel à une fête qui aura lieu dans un an ou qu’on me demande si je peux envisager de vivre toute mon existence seule (sans compagnon et sans enfants), je me sens vieille et desséchée.

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Et pourtant, parallèlement, je n’ai pas forcément envie du schéma traditionnel mariage et gosses. Surtout pas mariage, d’ailleurs, ça coûte un fric monstre, on doit se supporter des gens qu’on aime pas, ça met une éternité à s’organiser. Moi je me dis qu’à mes yeux, le seul mariage tolérable, c’est celui de Lily et Marshall au pied d’un arbre avec juste les amis proches dans How I met your mother. Non parce que soyons sérieux, le mariage, fiscalement, ça reste intéressant, plus que le pacs. Mais à force de te sentir la bête curieuse, tu finis par ne plus si bien vivre ta vie de… De quoi d’ailleurs ? Je n’avais jamais cherché à me définir jusque là, j’aime me voir comme un papillon même si je manque parfois de légèreté sur certains points.


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Finalement, se range-t-on des voitures par pression sociale ? J’en parlais l’autre jour avec un homme et on était assez d’accord pour admettre que les femmes à la sexualité débridée se comportaient souvent comme ça pour ne rien regretter quand viendra the big one. Moi comprise. J’ai souvent « peur » de ne pas vivre toutes les expériences qui me tentent car une relation forte de type monogame me sera tombée dessus un beau matin. Il n’y aurait pas drame en soi, je sais que mes fantasmes ne sont pas immuables et même casée, monogame et heureuse, je fantasmerai sur des personnes ou situations pas forcément réalisables. Mais on en revient au point de départ : pression sociale ? Si je considère ma relation non exclusive avec Amant chouchou, personne identifiée par mes parents mais qui ne savent pas que je ne suis pas la seule dans le tableau, je ne suis pas sûre d’être capable de leur expliquer très précisément la situation. D’ailleurs pas qu’à mes parents, la plupart des gens ont du mal à comprendre… Pourtant ma mère envisage tout à fait que, moi, je puisse avoir plusieurs hommes en même temps vu que quand j’évoque un ex dont elle a déjà entendu parler, elle me demande spontanément si je le fréquente toujours alors que je suis censée être avec Amant Chouchou. De toute façon, comme elle me répète
sans cesse, je navigue, je n’ai pas de port d’attache.

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Je parle de relations amoureuses mais c’est pareil pour l’éducation des enfants. Je suis tombée deux minutes sur un reportage l’autre jour sur une famille qui voyage autour du monde en voilier (si j’ai bien compris). Réflexion n°1 : et bien les gosses, ils sont pas à l’école ? Et bien bravo! ». A noter qu’ayant pris le truc en route et l’ayant quitté rapidement pour aller au lit donc je ne sais pas si ce voyage se fait hors période scolaire mais pour la suite de la démonstration, partons du principe que ces enfants sont donc déscolarisés pour
faire un tour du monde. Opprobre, scandale, des enfants échappent à notre système scolaire pour voyager ? C’est pas comme ça qu’ils vont trouver du boulot plus tard. C’est vrai, moi aussi, j’ai pensé ça. Sauf qu’à l’arrivée, malgré une scolarisation continue et un bac+5 (et 2 bac+4), j’ai été au chômage pendant un an et demi. Là, encore, on montre « l’anormalité » du doigt mais en y réfléchissant bien, un enfant apprend-il plus sur le banc d’une classe ou en prise directe avec la vie ? Là, franchement, je ne trouve pas la réponse si évidente et je suis même tentée de pencher pour la 2e solution. Il y a quelques années, je suis sortie avec un mec qui avait fait l’école libre, vous savez, là où il n’y a pas de notes, ni rien, enseignement que j’avais rangé dans la catégorie « vaste connerie ». Mais à l’époque, en discutant avec Gaetan, je me suis rendue compte que ce n’était pas si mauvais que ça, il avait pu épancher sa curiosité, toucher à beaucoup de
choses… Bon, il se trouve qu’il a une orthographe déplorable, qu’il est un peu immature et assez beauf mais je ne pense pas que ce soit lié à l’école libre. Je m’égare un peu mais tout ça pour dire que pourquoi la voie « normale » serait forcément la meilleure ? Finalement qui est le mieux placé pour savoir où est le bien de ses enfants ? La société ou ses parents ? Oui bon, ok, c’est pas pour autant que j’approuve tout, le délire des mamans hyper abusives avec le co-dodo et l’allaitement jusqu’à 3 ans « pour ne pas rompre le cordon », je ne suis pas sûre que ce soit pour le bien de l’enfant, je pense surtout que c’est un égoïsme de la mère qui veut que son bébé ne grandisse jamais. Idem pour l’éducation « à la maison » parce qu’à l’école, « y a des voyous ». Pourquoi pas mais tu sais, ton gosse, un jour, il faudra bien qu’il côtoie « les autres ». Brrrr ! Mais bon, après tout, je n’ai pas d’enfants, Dieu seul sait quelle voie je choisirai.

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Bref, « l’anormalité » est souvent assez pénible, d’autant plus quand vous ne vous sentez en rien anormale. Parce que tout est question de contexte. Dans ma famille, tout le monde se case et se marie, ok. Par contre, dans mon entourage amical, hormis Anne qui est toute casée, les autres, c’est le bordel. Et quand je dis bordel, je suis gentille. On valse toutes d’un homme à l’autre, on tombe sur des cas (va falloir que je parle perversion narcissique, tiens)… Donc j’ai dans ma manche de très nombreuses trentenaires célibataires et nullipares
qui ne le vivent pas mal. Ce n’est ni un choix ni une croix à porter, c’est juste un état de fait, limite un hasard de la vie. Alors, non, être célibataire à 30 ans n’est pas anormal. Choisir de vivre des relations « hors normes » n’est pas anormal. Ce n’est pas pour autant que j’envisage de finir seule et sans enfants, je n’envisage juste rien. Je vis et c’est déjà pas mal. Il n’empêche que j’étais quand même un peu ravie de retrouver mon milieu parisien de célibataires en goguette parce que dans ma famille où tout le monde est lié par une bague, je me sentais légèrement en trop, par moment… Et c’est là que tu te rends compte que chaque choix de vie est à assumer, même quand on pensait pas, et que tu finis par te poser des questions… qui n’ont pas lieu d’être.

Quelle plaie ces touristes !

Sartre a dit : « L’enfer, c’est les autres » et s’il a tort grammaticalement parlant, sur le fond, c’est un peu ma citation fétiche tant elle est vraie. Même si quand je dis ça, je prends le contrepied de ce que voulait dire Sartre mais on va pas chipoter, on n’est pas en cours de philo, là. Je n’aime pas les autres, ils ne font rien qu’à m’empêcher de faire ce que je veux.

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Là, plus les jours passent et plus les touristes affluent et j’ai des envies de touristicide. Par exemple mercredi, nous nous rendons aux îles Lavezzi au sud de Bonifacio. Entre nous soit dit, c’est sympa 5 mn mais après… On retourne au bateau qui nous ramène à Bonifacio, bateau qui doit nous faire une petite balade d’une heure en passant par l’île des milliardaires (aucun intérêt), longer les falaises de Bonifacio et finir dans une grotte. On arrive assez tôt à l’embarcadère pour avoir une bonne place quand arrivent 2 familles très Lequennois dans le genre (parmi les enfants 2 Margaux, un Brieuc, une Camille. L’avantage de croiser ce genre de famille, c’est que j’allonge à chaque fois la liste des prénoms à ne pas donner à mes enfants. J’ai entendu Amenory aussi. Par contre, Camille, j’aime toujours bien notamment en référence au Mépris de Godard tiré d’un roman de Moravia. Même si dans le roman, Camille s’appelle en
fait Emilia). Bref les Lequennois nous grillent la politesse et pendant l’heure de bateau où nous sommes censés découvrir les falaises de Bonifacio, moi, je ne vois que le dos du père et impossible de prendre la moindre photo sans que les deux starlettes de la famille posent. Vous êtes bien mignonnes les Margottes (ou pas, d’ailleurs) mais aux dernières nouvelles, vous ne faites pas partie de ma famille donc dégagez de la photo, merci. A la fin, je renonce même à l’idée d’en faire, peu motivée pour jouer à la plus conne.

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Mais eux, ils ne sont rien par rapport au touriste le plus insupportable au monde : l’étranger. Selon le lieu de villégiature, ce n’est pas le même mais il a grosso merdo le même comportement partout. Comme il n’est pas chez lui et qu’il parle une autre langue, il se pense dispensé de respecter les codes de la politesse. Attention, quand je dis ça, je considère naturellement que les Français à l’étranger ne sont pas mieux. Je vous renvoie à l’article de Jane sur le sujet, très éclairant. Mais ce qui est « drôle », c’est qu’en vacances « chez nous », on peut vite devenir xénophobe avec cet autre qui débarque en masse. Par exemple en Corse, tu soulèves un caillou, tu trouves un Italien. Et les Italiens que j’ai croisés n’avaient rien de l’image raffinée de séduction qu’on veut bien leur donner. C’était plus de l’Italien « confessions intimes » avec Kro à la main (ou assimilé), bermuda qui arrive à mi hanche avec maillot de couleur vive dessous qui
dépasse bien, qui parle très fort et te marche un peu dessus parce qu’ils sont plein et que tu es peu. Combien de fois avons-nous dit, sur le ton de la plaisanterie mais pas tant que ça : « Ah, la voiture garée n’importe comment, je te parie que c’est un Italien. Gagné ! Et le mec qui roule comme un con, encore un Italien ? Gagné ! Et le groupe qui fout un bordel monstre sur la plage semi déserte en criant, des Italiens ? Et bien oui. Alors voilà, les Italiens étaient les ennemis à abattre de la semaine. Pourtant, en temps normal, je n’ai strictement rien contre les Italiens dont j’apprécie la culture, le pays, la générosité. On peut bavasser sur leurs choix politiques plus discutables mais j’ai pas très envie. Quoi qu’au passage, ça m’a quand même pas mal fait rire de voir tous les Français se moquer des Italiens avec leur Berlusconi. Maintenant, nous, on a Sarko… On repassera pour donner des leçons de morale.

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Je parle des Italiens en Corse mais y a quelques années, c’étaient les Espagnols à Font-Romeu, sans parler des Allemands ou Hollandais qui bombent comme des tarés sur l’autoroute… Je pense qu’on peut tous avoir ce discours sur un type de touristes donnés. C’est prouvé scientifiquement (ou sociologiquement), en vacances, on lâche du lest et plus on s’éloigne de chez soi, plus on oublie les conventions sociales. Moi la première, hein, plus je pars loin, plus mon look devient alternatif, par exemple. Mais du coup, autant j’ai trouvé naturel de me balader en micro tenue pendant toutes les vacances avec un chapeau improbable, autant dimanche soir, de retour de la plage avec Vicky, le micro short et le bustier option épaules nues, j’assumais un peu moins, déjà…

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Mais bon, à l’arrivée, peut-être que le problème, ce ne sont pas les Italiens, Espagnols, Allemands ou Dieu seul sait qui. Peut-être qu’une fois de plus, je suis victime de ma foulophobie et que j’aimerais être seule et tranquille pou pouvoir profiter en toute sérénité.

Opportunisme sportif

Il y a des fois où le comportement de mes congénères m’échappe un peu. Un exemple au hasard : hier soir, coupe du monde de football, finale au sommet entre l’Espagne et les Pays-Bas. Comme nous étions dans la voiture avec Vicky et que nous étions épuisées par 3h de bouchon, nous avons décidé d’écouter la finale à la radio, pour voir. Premier essai, Europe 1 avec un commentateur hystéro, ça donnait à peu près ça :

« Radio : Ahlalalala, Villaaaaaaaaa, Villaaaaaaaaa, Puyoooooooooool, raaaaaaaaaaaah !

– Heu, il a marqué tu crois ?

– Je sais pas, on dirait non ?

– Passe rrrrrrrratée de Villa surrrrr Puyol, la RRRRRRRRoRRRRRa est très offensive

– Ah non. »


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Donc comme on en avait marre de ne rien comprendre aux cris fous furieux du commentateur, nous sommes passées sur RTL pour suivre cette finale et en fin de compte et là, nous avons pris parti pour l’Espagne car ils se prenaient des coups de karaté et que c’était trop injuste. Oui, nous avons des raisons très réfléchies de choisir un chouchou.

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Sauf que voilà, au moment du but espagnol, nous étions au pied de son immeuble. Celui-ci s’est littéralement embrasé, on a entendu des cris de joie. Ah tiens, l’Espagne a dû marquer. Un coup d’oeil au report live de 20 mn (qui était quand même pas mal drôle) me confirme la nouvelle. Ouais ok. Là, ça devient de la pure folie, des gamins sortent dans la rue pour gueuler leur joie, on croise des voitures qui klaxonnent. La nuit, alors que j’essaie de dormir malgré la chaleur et deux chats qui foutent le souk (je garde celle de Vicky), j’entends des gens se mettre à gueuler dans la rue des « olé », « viva España » et autres conneries. A 2h30 du matin, je ne suis pas très motivée à l’idée de partager leur enthousiasme, étrange, hein ? Surtout que je commence un peu ma nouvelle vie aujourd’hui, j’ai besoin de dormir, merci. « Heureusement », il s’agissait des trois saoulards restés jusqu’à la fermeture du bar en face, celui là même où
quand les gens ont trop bu, ils chantent les Beatles. J’ai parfois la sensation que ma vie n’est pas réelle.

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Là, j’ai un peu froncé les sourcils. C’est quoi ce bordel ? Je suis un peu contente que l’Espagne ait gagné mais au fond, je m’en fiche quand même pas mal. Certes, je n’ai aucune origine espagnole (enfin, mon père est Catalan mais Catalan français et je ne parle pas un mot de la langue de Calderòn) mais quand même, d’où vient cette ferveur qui va jusqu’à provoquer des incidents ? En 98, j’ai pu comprendre l’euphorie générale et pour être tout à fait honnête avec vous, j’étais pas mal emmerdée d’avoir passé le 12 juillet 98 chez Rachel qui n’a pas voulu voir le match, dans le fin fond de la campagne où, j’en suis sûre, la 3g ne passe toujours pas. Mais là, faut pas déconner, y a pas tant d’Espagnols que ça en France. Si ? Moi, je vois dans cette légère hystérie collective un opportunisme sportif, ni plus, ni moins. Puisque notre équipe a perdu (lamentablement et on ne sait toujours pas qui est la taupe, d’autant qu’il semble y en
avoir plusieurs, huhu, on se marre), il nous en a fallu une de substitution. Pas l’Italie, nos ennemis jurés en foot et de toute façon, ils n’ont pas passé le premier tour. Dans mon univers où je n’aime pas que ce soit toujours les mêmes qui gagnent, voir le champion du monde et le vice champion en titre se faire dégager au premier tour m’a méchamment fait plaisir, au passage. Bon, alors le Brésil (les censément plus forts) ? L’Argentine (pour Maradona ? Mais je l’aime pas, Maradona) ? L’Angleterre ? Ah non, eux, on ne les aime pas non plus. Enfin, moi si, de façon générale, surtout Colin Firth qui me fait frémir la culotte. L’Allemagne, les autres plus forts ? Ou alors les Espagnols, tiens, nos voisins qui ont aussi un tempérament latin. J’étais en vacances donc j’ai pas lu les médias pendant quasi 15 jours mais j’avais la sensation que les Pays-Bas n’avaient pas trop la côte en France. Bref, on change de favori au fur et à mesure des éliminations et des prévisions de Paul le Poulpe et là, enfin, on a choisi la bonne équipe. Bon, on avait qu’une chance sur deux de se planter. Du coup, après un mondial frustrant à voir notre équipe boire la tasse, perdre ses paris sportifs, enfin, oui, enfin, on a fait le bon choix donc on se lève et on va crier notre joie.

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Après tout, pourquoi pas, allez-vous me dire, y a pas de mal à être joyeux, surtout avec la sinistrose ambiante, bla blabla. Oui, pourquoi pas mais bon, déjà, j’aimerais assez qu’on programme les finales de coupe du monde les samedis soirs pour qu’on puisse dormir le dimanche matin et ne pas pester contre des cris à 2h30 du mat. Mais surtout, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur notre santé. Non mais c’est vrai, quand on en vient à profiter de la moindre occasion pour faire une fête et se mettre minable (comme les mecs du bar en face), c’est qu’on n’a pas trop le moral. Faut dire que quand j’ouvre le journal le matin, j’ai plus envie d’aller me jeter sous le métro que de danser la vie. Entre la crise, l’affaire Woerth-Bettencourt (qui pourrait être assez drôle ceci étant dit), les faits divers meurtriers qu’on nous relate à longueur de journée, les milliers de produits qu’on ne devrait même plus regarder tellement ils sont mauvais pour nous, le fait qu’on va tous mourir bientôt (selon un scientifique spécialisé dans l’évolution des espèces, dans un siècle, l’être humain n’existera plus. You-pi)… Bref, y a pas besoin d’être fin psychologue pour se dire que c’est pas la joie. Alors oui, je trouve les réactions de joie hier assez disproportionnées vi qu’aux dernières nouvelles, nous ne vivons pas en Espagne et que même si on les aime bien, nos voisins ibères, y a peut-être pas de quoi se rouler par terre de joie, boire jusqu’à fermeture du bar et se la jouer Gipsy King sur mon trottoir. A moins qu’on aille vraiment très mal…

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Ou alors juste parce qu’on a la fête dans le sang et que la moindre occasion fait le larron.

Photooooo !

Dans la longue liste de mes lubies parfois lourdingues se trouve en très bonne place la photo. Là en Corse, je m’en donne à cœur joie, tout ce que je trouve digne d’intérêt est capturé par mon appareil. Je mettrai tout sur mon flickr à mon retour, comme si je vous conviais tous à une soirée diapo, les chips en moins. Là, un youhou! serait de rigueur.

Hier soir, j’ai téléchargé les photos de mes derniers voyages ainsi que les premières de Corse pour avoir une carte mémoire toute vide et du coup, je me suis fait un petit diaporama. En zieutant le résultat, je me suis interrogée sur mon talent photographique. Non que je veuille réellement tout plaquer pour devenir photographe (je vais essayer d’être stable maintenant)(même si j’adorerais faire de la photo hypra kitschouille des magazines avec deux mannequins qui miment des situations de couple par exemple, ça me ferait de chouettes illus pour le blog !) mais j’aimerais bien avoir un peu de talent là dedans vu que le dessin, je m’y mets pas. Peut-être avec mon nouveau boulot ceci dit, il semble que je parte dans un pays merveilleux où tu finis ta journée à 19h. Je vais me faire chier moi le soir, tout ce temps libre tout à coup… Mais je digresse revenons à la photo.

Je ne sais donc pas si j’ai un quelconque talent ou si mes sujets choisis sont inratables. Déjà, je prends peu de gens en photo donc je choisis la facilité. Je pensais donc à ça hier soir quand j’ai réalisé que je prenais la question à l’envers. Puisque mon talent photographique, existant ou imaginaire, ne me servira pas à grand chose dans ma carrière, oublions la qualité des photos qui ont déjà le mérite d’être claires et de me plaire. Prenons les pour ce qu’elles sont : la capture d’une vue qui me plaît. Un souvenir, une image qui pourra éventuellement exciter mon imagination. Mais cette envie de photo a un atout caché, un truc qui fait que le résultat n’est pas le plus important. Ce que j’aime dans les prises de vue, ce sont les petites choses, les petits détails. Et donc cette envie de photo me pousse à aller voir derrière les portes, à fouiner, à bien tout regarder pour ne rien rater, sortir des sentiers battus… J’ai tout à fait conscience que je peux être chiante à m’arrêter tout le temps, à attendre qu’il n’y ait plus personne sur la photo (ce qui est parfois impossible, les gens ne sont pas coopératifs). Mais au fond, ça me plait autant que de chantonner (même s’il fut un temps où on me disait que je chantais bien) et peu importe si je n’ai pas tant de talent que ça. Du coup, je devrais me dire autant du dessin. Hehe…

Souviens toi des jours heureux

04 juillet 2010. J’inscris cette date avec une certaine fébrilité pour qu’elle reste dans ma mémoire comme un exemple de jour magnifique, parfait. Un jour où tout à coup, on arrive à réaliser que là, de suite, on vit un moment parfait. J’aime cette sensation. Pour rappeler un peu les faits, pour ceux qui ne le subissent ni sur Twitter ni sur Facebook, je suis actuellement en vacances en
Corse avec mes parents, Alice et Anthony, Yohann mon presque frère et sa compagne Blanche.

Aujourd’hui nous nous sommes promenés sur les remparts de Bonifacio, nous avons déjeuné dans une charmante rue avec de l’air puis nous sommes allés nous baigner à la plage de Ronda quelque chose. Où j’ai fait mon aquagym et de la nage palme-masque-tuba mais j’ai pas vu grand chose. Peu importe. A un moment, je me suis un peu éloignée de la famille et quand je suis revenue, Yohann grimpait sur les épaules d’Anthony pour essayer de faire un saut périlleux et tout le monde riait, moi la première. Et là, je l’ai reconnu : un moment parfait. Vous savez, ce moment de la vie où vous êtes juste bien, que vos soucis sont si loin que vous en oubliez leur existence. J’aime les saisir et les inscrire mentalement. Et la soirée fut encore plus heureuse…

De façon générale, j’ai remarqué que, en bonne aquatique que je suis, mes soucis sont dissolubles dans l’eau (de mer). Une fois plongée dans l’eau à courir ou à nager, à croiser des poissons colorés tout en ayant la sensation de voler (même si la nage à contre-courant fatigue légèrement, malgré mes palmes magiques), j’oublie tout. 2010 est pour le moment une année intense, je suis sur une sorte de grand 8 qui ne veut jamais finir, alternant moments de pure grâce et angoisse terrorisante et je me demande à quel moment je vais péter littéralement un plomb. Mais là, dans l’eau, mon plomb, je m’en fous. Les éclats de rire des miens font oublier toutes les galères, les peurs face au gouffre au bord duquel je suis. Là, plongée dans la mer, le teint hâlé (voire cramé car en 2010, j’ai aussi la mélanine super active), je ne pense qu’au bonheur immédiat.

Ma vie a été compliquée ces derniers mois et, alors que je le sors de ornières dans lesquelles je m’escrimais au niveau professionnel, le personnel prend le relais. L’histoire ne dit pas (encore) si la fin sera heureuse ou non, il faut d’abord la vivre mais si tant est que ça se termine mal et que je finisse par barbouiller mon oreiller de mascara, il faudra que je me souvienne de ce jour parfait afin d’y puiser réconfort et repartir de l’avant.

Ps : article écrit et posté à partir de mon iPhone, je ne garantis pas le résultat.

Peut-on sortir avec un mec reac quand on ne l’est pas ?

Il est parfois des histoires que l’on pense bien parties mais qui, finalement, ne suivent pas les bons rails. Cas concret : Kamel. Rencontré au cours d’une soirée, on se plait, on est physiquement compatibles, les voyants sont au vert. La semaine suivante, on d’échange pas mal de mails, il écrit bien (et sans fautes), le courant passe. Mais la semaine suivante, alors que l’on dej et que l’on batifole au parc, ça commence à légèrement se compliquer. A coté de nous, des jeunes de 15-16 ans boivent de la vodka (oui, au déjeuner, je sais) et il commence à fortement s’indigner comme quoi les jeunes ne respectent plus rien, y a plus d’autorité, c’est du n’importe quoi, etc. Ouiiiiii ? Je réponds gentiment qu’à notre époque c’était pareil et je pense très fortement qu’un mec qui me tripote la fesse en public n’est pas le mieux placé pour disserter sur la bienséance.
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Rendez-vous suivant, il me sort qu’il y a quand même 18 Noirs en équipe de France et se sent obligé de préciser que Billy Idol est gay mais que sa musique est marrante. Heu… Oui ? Outre le fait que je n’ai rien à dire sur la question (je me fous de la sexualité d’Idol et je ne connais pas les joueurs de foot français donc je suis incapable de dire si les joueurs sélectionnés, quelle que soit leur couleur, sont les meilleurs ou non), je tique un peu. Allez Kamel, rassure-moi, t’es pas raciste et homophobe quand même ?

 

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Du coup, mon enthousiasme est quelque peu douché. Non que j’envisageais d’assurer sa descendance ou autre mais je le trouve beaucoup moins magique que la première fois, malgré ses très bonnes
manières et les dizaines de compliments qu’il me fait sur ma beauté et mon intellect. Oui, il a aussi des qualités.

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La question est en fait de savoir jusqu’à quel point ça peut être bloquant. J’ai répondu poliment à chaque fois sans rentrer dans son discours mais je me connais, si c’est trop récurrent, je vais finir par exploser. « oui il est gay et alors ? On s’en fout, il fait ce qu’il veut, c’est pas illégal que je sache! » Je sais que ça peut se finir comme ça parce que, d’une part, je me connais mais surtout ça fait une éternité que je vis ça avec la mère et que je suis souvent obligée de me la fermer pour éviter les prises de bec. Heureusement, là, c’est l’été, on ne mange plus devant les infos.  A noter que ma mère n’est pas homophobe (juste condescendante à leur égard), à la place, elle est grévophobe alors même que les grèves, je les subis bien plus qu’elle. Même si ça me donne une bonne excuse pour aller dormir chez Amant chouchou qui vit sur Paris même. Mais la différence majeure, c’est que ce que je tolère de la mère (parce que j’en ai qu’une et que je
l’aime quand même), je ne pense pas être en mesure de le supporter longtemps chez un homme. Même si je suis tout à fait capable de comprendre les origines de son discours. Même si ça me fait quand même pas mal marrer de penser que le garçon qui s’entendrait à la perfection avec ma mère qui est bien raciste s’appelle Kamel et est d’origine tunisienne. Même si c’est vrai que physiquement, bizarrement, on dirait plutôt un Asiatique mais bon… C’est pas la question ! Du coup, il va falloir apprendre à éviter tous les sujets fâcheux pour ne pas gâcher nos moments intimes. Ou alors je ne le supporterai plus et je mettrai fin à notre liaison.

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Mais quelque part, ça m’embête un peu. Deux personnes ayant des positions opposées n’ont-elles donc aucun terrain d’entente ? Avec Kamel, on se retrouve sur le sexe (évidemment), les petits plaisirs de la vie et l’orthographe, il est aussi chiant que moi sur le sujet. Mais après ? Cette liaison n’a pas, des le départ, vocation a être pérenne pour des raisons que je ne donnerai pas ici. Du coup, je me dis que je peux en faire une expérience pour répondre à la lancinante question : peut-on sortir avec quelqu’un qui a des opinions contraires aux nôtres ? La, de suite, j’ai
envie de répondre non. Je peux m’habituer à des tas de manies, accepter certains modes de vie, faire des compromis mais ça, non, je ne peux pas. Parce qu’en ne voulant pas entrer en conflit avec Kamel, j’ai limite approuvé ses propos par le bon qui ne dit mot consent. Même si je lui ai fait comprendre que la couleur des joueurs de foot ou l’homosexualité de Billy Idol n’était pas pour moi source de débat, je ne vais pas non plus rester calme ad eternam. Preuve par A+B qu’on n’est pas faits pour aller avec n’importe qui. Et puis si à tout hasard, j’avais envie une subite envie
de me reproduire avec Kamel, j’ai pas forcément envie que mes enfants tiquent sur une couleur de peau ou une orientation sexuelle.

 

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Je laisserai le mot de la fin à Anne qui me connaît depuis toujours quand j’ai évoqué le cas Kamel : »ahahah mais je te vois pas du tout avec un mec comme ça ! ». La messe est dite.

PS : Ceci étant dit, mes enfants auront le droit de ne pas aimer Magloire et McDoom. Parce qu’avec eux, le problème n’est pas leur couleur ou leur orientation sexuelle (d’ailleurs, je ne sais pas s’il est gay ou pas McDoom), juste qu’ils sont naturellement gonflants.