Affronter ses peurs


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Autant jouer carte sur table de suite : je suis plutôt du genre trouillarde. J’ai peur de certaines choses, j’ai peur de me planter, de ne pas être à la hauteur, de faire les mauvais choix. Faut dire que j’en ai fait, parfois, tant au niveau perso qu’au niveau pro. Mais bon, j’ai toujours fini par retomber sur mes pattes, trouver le courage en moi de me sortir des guêpiers. Cf journal d’une démissionnaire que je dois continuer. D’ailleurs, la vie m’a donne raison de démissionner, mes collègues de sont pris un licenciement économique dans la gueule une semaine après mon départ… Je n’aurais a priori pas fait partie du wagon mais ça sent quand même bien mauvais… Bref.

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Donc trouillarde je suis, jusqu’à me trouver au pied du mur où je me découvre des ressources insoupçonnées. J’ai su ne pas accepter certaines choses, m’imposer, me battre. Je sais aujourd’hui que j’ai cette force là. Mais j’ai un peu envie de tenter un truc ultime, pour voir. Je veux faire un bébé. Non, je déconne ! Non, je parle de quelque chose de plus physique qui me terrorise autant qu’il me fascine. Et si je franchissais le pas ?

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Déjà, j’ai franchi le pas de la plongee. Oui, la plongée ça fout la trouille. Pas celle en piscine mais celle en mer. Je me souviens la première fois que je suis partie sur le zodiac à Marseille, je ne faisais pas la fière, surtout que je n’étais jamais descendue si bas (je n’avais pas pu m’entraîner à la fosse avant pour cause d’emploi du temps à la con). La première descente fut épique mais une fois en bas, on se demande bien de quoi on avait peur. Quoi qu’en passant au dessus de plus bas fonds, sombres et profonds, là où mon niveau 1 ne me permet pas d’aller, ça fait peur. Passer le niveau 2 pour y aller ? Ok ! Bon, il faut avouer que l’eau est carrément mon élément et une fois à ma profondeur de croisière, je suis totalement détendue de la combi. En plongée, c’est pas compliqué, le secret, c’est de rester calme en toute circonstance et ne pas se précipiter. Ce qui est certes en contradiction totale avec mon caractère mais j’y arrive bien.

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Mais il y a quelques jours, j’ai envisagé un truc fou et ce le plus sérieusement du monde. Malgré la caipirhina et le schtroumpf (curaçao, rhum, lait de coco de mémoire) qui me coulaient dans les veines, j’avais comme une révélation. Si je le fais, je serai capable de tout. Déjà que je mange des tomates crues maintenant… Mais évidemment mon défi ultime n’est pas de manger des produits que je n’aime pas. Non le défi ultime de ma vie : sauter en parachute. Oui, tu as bien lu ! Moi, la fille pas du tout aérienne, qui n’osait pas aller aux toilettes dans un avion de ligne de peur de le déséquilibrer et de provoquer le crash. Quoique maintenant, je n’ai plus peur en avion.

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Mais pourquoi cette idée tout à coup ? En fait, tout a commencé en Corse, lors d’un déjeuner sur les hauteurs de Bonifacio. Des mouettes peu farouches étaient posées à quelques mètres de nous et je les regardais de jeter dans le vide avant de remonter gaiement au gré des courants. Là, je me souviens avoir pensé que la vie de mouette, c’est quand même sympa. Partageant ma réflexion, Anthony me répondit que je n’avais qu’à faire de l’ULM. Ah ouais !

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(par contre, ça fait un peu peur les mouettes)

Mais comment en suis-je arrivée au saut en parachute ? Simple : parmi mes anciens collègues avec qui je prenais un verre, l’un d’entre eux en est à 80 sauts. Alors je le harcèle de questions, je veux savoir. Ça fait peur ? On tombe vite ? Ça fait pas trop de haut de cœur ? Non parce que moi, ce qui me rend malade sur le bateau pirate ou le zodiac, c’est la sensation de chute, ça me fout le cœur au bord des lèvres. Mais il me rassure, ça ne file pas la gerbe. A ce moment-là de l’histoire, je suis résolue à sauter le pas ! Seul gros bémol : le prix. 230 euros le saut, 320 avec la video. Oui, voilà, d’autant que j’ai des projets de voyage donc euh…

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Mais j’ai envie de le faire. J’en pète de trouille, je me dis que je suis un peu tarée. Limite j’ai qu’à me planifier une nuit dans un vivarium tant que j’y suis… Mais je sais pas, je ressens le besoin de me prouver quelque chose, d’avoir une expérience de référence : « Là, j’étais morte de peur et pourtant, j’y suis allée ». A partir de là, plus rien ne me paraitra infaisable. Enfin, je crois.

Quelle plaie ces touristes !

Sartre a dit : « L’enfer, c’est les autres » et s’il a tort grammaticalement parlant, sur le fond, c’est un peu ma citation fétiche tant elle est vraie. Même si quand je dis ça, je prends le contrepied de ce que voulait dire Sartre mais on va pas chipoter, on n’est pas en cours de philo, là. Je n’aime pas les autres, ils ne font rien qu’à m’empêcher de faire ce que je veux.

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Là, plus les jours passent et plus les touristes affluent et j’ai des envies de touristicide. Par exemple mercredi, nous nous rendons aux îles Lavezzi au sud de Bonifacio. Entre nous soit dit, c’est sympa 5 mn mais après… On retourne au bateau qui nous ramène à Bonifacio, bateau qui doit nous faire une petite balade d’une heure en passant par l’île des milliardaires (aucun intérêt), longer les falaises de Bonifacio et finir dans une grotte. On arrive assez tôt à l’embarcadère pour avoir une bonne place quand arrivent 2 familles très Lequennois dans le genre (parmi les enfants 2 Margaux, un Brieuc, une Camille. L’avantage de croiser ce genre de famille, c’est que j’allonge à chaque fois la liste des prénoms à ne pas donner à mes enfants. J’ai entendu Amenory aussi. Par contre, Camille, j’aime toujours bien notamment en référence au Mépris de Godard tiré d’un roman de Moravia. Même si dans le roman, Camille s’appelle en
fait Emilia). Bref les Lequennois nous grillent la politesse et pendant l’heure de bateau où nous sommes censés découvrir les falaises de Bonifacio, moi, je ne vois que le dos du père et impossible de prendre la moindre photo sans que les deux starlettes de la famille posent. Vous êtes bien mignonnes les Margottes (ou pas, d’ailleurs) mais aux dernières nouvelles, vous ne faites pas partie de ma famille donc dégagez de la photo, merci. A la fin, je renonce même à l’idée d’en faire, peu motivée pour jouer à la plus conne.

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Mais eux, ils ne sont rien par rapport au touriste le plus insupportable au monde : l’étranger. Selon le lieu de villégiature, ce n’est pas le même mais il a grosso merdo le même comportement partout. Comme il n’est pas chez lui et qu’il parle une autre langue, il se pense dispensé de respecter les codes de la politesse. Attention, quand je dis ça, je considère naturellement que les Français à l’étranger ne sont pas mieux. Je vous renvoie à l’article de Jane sur le sujet, très éclairant. Mais ce qui est « drôle », c’est qu’en vacances « chez nous », on peut vite devenir xénophobe avec cet autre qui débarque en masse. Par exemple en Corse, tu soulèves un caillou, tu trouves un Italien. Et les Italiens que j’ai croisés n’avaient rien de l’image raffinée de séduction qu’on veut bien leur donner. C’était plus de l’Italien « confessions intimes » avec Kro à la main (ou assimilé), bermuda qui arrive à mi hanche avec maillot de couleur vive dessous qui
dépasse bien, qui parle très fort et te marche un peu dessus parce qu’ils sont plein et que tu es peu. Combien de fois avons-nous dit, sur le ton de la plaisanterie mais pas tant que ça : « Ah, la voiture garée n’importe comment, je te parie que c’est un Italien. Gagné ! Et le mec qui roule comme un con, encore un Italien ? Gagné ! Et le groupe qui fout un bordel monstre sur la plage semi déserte en criant, des Italiens ? Et bien oui. Alors voilà, les Italiens étaient les ennemis à abattre de la semaine. Pourtant, en temps normal, je n’ai strictement rien contre les Italiens dont j’apprécie la culture, le pays, la générosité. On peut bavasser sur leurs choix politiques plus discutables mais j’ai pas très envie. Quoi qu’au passage, ça m’a quand même pas mal fait rire de voir tous les Français se moquer des Italiens avec leur Berlusconi. Maintenant, nous, on a Sarko… On repassera pour donner des leçons de morale.

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Je parle des Italiens en Corse mais y a quelques années, c’étaient les Espagnols à Font-Romeu, sans parler des Allemands ou Hollandais qui bombent comme des tarés sur l’autoroute… Je pense qu’on peut tous avoir ce discours sur un type de touristes donnés. C’est prouvé scientifiquement (ou sociologiquement), en vacances, on lâche du lest et plus on s’éloigne de chez soi, plus on oublie les conventions sociales. Moi la première, hein, plus je pars loin, plus mon look devient alternatif, par exemple. Mais du coup, autant j’ai trouvé naturel de me balader en micro tenue pendant toutes les vacances avec un chapeau improbable, autant dimanche soir, de retour de la plage avec Vicky, le micro short et le bustier option épaules nues, j’assumais un peu moins, déjà…

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Mais bon, à l’arrivée, peut-être que le problème, ce ne sont pas les Italiens, Espagnols, Allemands ou Dieu seul sait qui. Peut-être qu’une fois de plus, je suis victime de ma foulophobie et que j’aimerais être seule et tranquille pou pouvoir profiter en toute sérénité.

Souviens toi des jours heureux

04 juillet 2010. J’inscris cette date avec une certaine fébrilité pour qu’elle reste dans ma mémoire comme un exemple de jour magnifique, parfait. Un jour où tout à coup, on arrive à réaliser que là, de suite, on vit un moment parfait. J’aime cette sensation. Pour rappeler un peu les faits, pour ceux qui ne le subissent ni sur Twitter ni sur Facebook, je suis actuellement en vacances en
Corse avec mes parents, Alice et Anthony, Yohann mon presque frère et sa compagne Blanche.

Aujourd’hui nous nous sommes promenés sur les remparts de Bonifacio, nous avons déjeuné dans une charmante rue avec de l’air puis nous sommes allés nous baigner à la plage de Ronda quelque chose. Où j’ai fait mon aquagym et de la nage palme-masque-tuba mais j’ai pas vu grand chose. Peu importe. A un moment, je me suis un peu éloignée de la famille et quand je suis revenue, Yohann grimpait sur les épaules d’Anthony pour essayer de faire un saut périlleux et tout le monde riait, moi la première. Et là, je l’ai reconnu : un moment parfait. Vous savez, ce moment de la vie où vous êtes juste bien, que vos soucis sont si loin que vous en oubliez leur existence. J’aime les saisir et les inscrire mentalement. Et la soirée fut encore plus heureuse…

De façon générale, j’ai remarqué que, en bonne aquatique que je suis, mes soucis sont dissolubles dans l’eau (de mer). Une fois plongée dans l’eau à courir ou à nager, à croiser des poissons colorés tout en ayant la sensation de voler (même si la nage à contre-courant fatigue légèrement, malgré mes palmes magiques), j’oublie tout. 2010 est pour le moment une année intense, je suis sur une sorte de grand 8 qui ne veut jamais finir, alternant moments de pure grâce et angoisse terrorisante et je me demande à quel moment je vais péter littéralement un plomb. Mais là, dans l’eau, mon plomb, je m’en fous. Les éclats de rire des miens font oublier toutes les galères, les peurs face au gouffre au bord duquel je suis. Là, plongée dans la mer, le teint hâlé (voire cramé car en 2010, j’ai aussi la mélanine super active), je ne pense qu’au bonheur immédiat.

Ma vie a été compliquée ces derniers mois et, alors que je le sors de ornières dans lesquelles je m’escrimais au niveau professionnel, le personnel prend le relais. L’histoire ne dit pas (encore) si la fin sera heureuse ou non, il faut d’abord la vivre mais si tant est que ça se termine mal et que je finisse par barbouiller mon oreiller de mascara, il faudra que je me souvienne de ce jour parfait afin d’y puiser réconfort et repartir de l’avant.

Ps : article écrit et posté à partir de mon iPhone, je ne garantis pas le résultat.