Où je ne suis plus dupe – manipulation médiatique

(Cet article ne devrait pas parler des élections régionales, j’ai rien de plus à en dire…je crois. Quoi que j’ai un peu envie de vous faire un plaidoyer sur le vote à la proportionnelle)

L’autre jour, je vous parlais de ma consommation de magazines et de mon arrêt total de la presse féminine parce que “je les vois, vos grosses ficelles, j’aime pas trop trop être prise pour un lapereau”. Même si c’est mignon dans l’absolu, un lapereau.

C'est tellement adorable hiiiiii
C’est tellement adorable hiiiiii

Curieusement, ma conscience féministe accrue ces dernières années m’a permis de détecter toutes les injonctions de la presse féminine (maltraite ton corps, refuse ton âge, mincis, tu ne vaux rien sans homme, achète, achète, achète)  et montrer les dents dès que j’en repère une. Par exemple, je dois l’avouer, je lis Voici quand je redescends chez mes parents. C’est curieux car je ne supporte plus ce magazine de par ses remarques grossophobes et viellophobes systématiques mais je sais pas, j’ai envie de me confronter à ça. Si Closer est un peu plus soft sur la grossophobie (un peu, ils se font plaisir sur Mariah Carey, toujours elle), eux, ils sont plus dans la glorification du couple (et de l’hétérosexualité). Du coup, je m’énerve, j’ai envie d’insulter tout ce petit monde sur Twitter. Oui, devenir féministe m’a rendu la lecture des féminins impossible, à moins de vouloir dénoncer (je veux bien mais je manque de temps pour faire un vrai travail de fond, hélas).

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Sauf que ce petit “talent” à détecter les injonctions s’étend à l’actualité en général et je vois les grossières petites manipulations médiatiques et je deviens folle furieuse lorsque je vois l’ensemble de mes communautés plonger dedans tête la première. En ce moment, forcément, c’est festival : entre les attentats, la COP21 et les régionales, on parle à votre coeur en oubliant volontairement votre tête et toute cette manipulation me donne la nausée.

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Je passerai sur les régionales, je pense que pour le coup, la mascarade est assez mal passée et le vote “barrage” a été mal digéré par pas mal d’entre nous. Mais quand même, je ne peux m’empêcher de faire claquer ma langue d’agacement quand je lis qu’on est en pleine crise politique, que le FN va passer, qu’on va tous mourir… Alors que ce discours est tenu depuis au moins 2002 et que déjà, en 98, le FN avait foutu le bordel dans les élections régionales mais à chaque fois, c’est la même histoire : on crie, on s’inquiète, on supplie… En fait, l’entre deux tours devient de plus en plus l’équivalent des 7 étapes du deuil : le choc “oh mon Dieu, on vit dans un pays de fachos”, le déni “non mais en fait, on croit juste ça parce que les gens se sont abstenus mais ils n’ont pas eu tant de voix que ça”, la colère et le marchandage : “Non mais tout ça, c’est la faute de ces connards d’abstentionnistes ! Bon allez, entre le FN et l’UMPS, le choix est facile, quand même, non ?”, la tristesse “j’ai mal à ma France”, la résignation “je vais devoir voter Wauquiez/Estrosi mais c’est pour la bonne cause”, l’acceptation “ok, on a un conseil régional pas ouf mais le FN a perdu alors c’est pas si mal” puis la reconstruction “allez, on va se battre pour pas que ça se reproduise en 2017!”. Oui alors là dessus, sans vouloir spoiler, je suis à peu près persuadée qu’on aura le même cirque dans 1 an et demi. Bref, en 17 ans, rien de neuf mais on a toujours droit à la même rhétorique : tu votes anti FN ou tu es un mauvais citoyen, comment a-t-on pu en arriver là et tutti quanti. On distribue les responsabilités en faisant bien attention à ne pas prendre sa part. Et c’est ainsi qu’on a facilement accusé les abstentionnistes, oubliant qu’en 2010 (la vague rose), le FN n’a pas tant fait chier alors que l’abstention était supérieure à celle de cette année (53.64% vs 50.09% au 1er tour). Surtout qu’au 2e tour cette année, le FN a fait plus de voix au 2nd tour qu’au premier alors qu’il y avait moins d’abstention. Du coup, ça veut dire qu’il y a des abstentionnistes frontistes, en fait ? Et sinon, taper sur les médias ou les politiques eux-mêmes ? Naaaaaaan, pensez donc.

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac...
Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac…

Mais surtout, il y a eu la COP21 et la fameuse manifestation du dimanche 29 novembre, celle où j’ai eu envie de distribuer pas mal de claques. Reprenons : une manifestation interdite suite à l’état d’Urgence (je vais même pas commenter ce point, je deviendrais vraiment très vulgaire) même si la chaîne humaine avait bien été autorisée finalement. Pour être bien claire : je ne suis pas allée à cette manif car Victor ne voulait pas que je me mette en danger (il m’a amenée à une manif antifa juste pour vous situer que c’est pas un trouillard non plus) et que nous avions un rendez-vous en fin d’après-midi. On suit donc un peu les événements sur Twitter, on voit que ça commence à dégénérer dans la plus grande indifférence de ma timeline, à 3 ou 4 exceptions près. On annonce que ça commence à gazer, que des gens essaient de fuir la place mais se retrouvent bloqués par les CRS. Toujours grande indifférence de ma timeline, ça doit pas trop les déranger qu’on bouscule des hippies qui auraient dû rentrer chez eux, je suppose. Sauf qu’à un moment, l’info fuse : des manifestants auraient pris des bougies du Mémorial pour les jeter sur les CRS. Et là, ma timeline bien passive se met à s’énerver, à traiter les manifestants de tous les noms. Mon Dieu, vous êtes vraiment tous en train de tomber dans ce grossier piège ? Les ficelles sont aussi grosses qu’un tronc de séquoia !

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Alors pour être tout à fait honnête, ce Mémorial ne m’évoque pas grand chose. Je suis pas quelqu’un attachée à ce genre de symboles : je comprends que certains le soient mais de là à cracher à la gueule de toute une foule qui se retrouvait prisonnière de la place à ce moment là, faudrait voir à réfléchir avant de condamner comme de dociles moutons. Ok, s’attaquer au Mémorial était une bien mauvaise idée mais je vous ai pas entendus gueuler quand des gens ont piétiné ledit Mémorial dès le dimanche après les attentats quand ils ont cru être attaqués ou quand les flics l’ont ruiné alors qu’ils étaient en train de “maîtriser” des manifestants. Juste pour info : sur les 317 gardes à vues suite à cette manif, seules 2 ont abouti sur une mise en examen… sans rapport aucun avec le Mémorial ou les Blacks Blocs. Mais vous avez marché dans l’histoire parce qu’elle repose sur les mêmes mécanismes que les fables qu’on nous sort depuis janvier : l’émotion. Je suis choquée de voir que vous êtes plus préoccupés par les atteinte à un symbole qu’à celles à la démocratie. Oui parce que gazer et retenir des manifestants pacifistes (les black blocs n’ont pas agi avant les premiers gazages), j’appelle pas ça de la démocratie, perso… 

Photo d'Irina Kalashnikova pour Sputnik que j'aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)
Photo d’Irina Kalashnikova pour Sputnik que j’aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Vous me croyez pas ? Alors demain (si j’ai le temps, pas garanti), je vous expliquerai que le dénigrement des manifestants de la COP21 est identique au dénigrement des féministes.

 

Et pour se cultiver un peu plus sur le sujet, une vidéo au poil d’Osons Causer (une chaîne à regarder de près)

Mange pas ça, tu vas attraper le cancer

Avant nous vivions dans le noir. Faiblement éclairés par quelques voix médiatiques, nous mangions des tas de merde sans savoir que ça nous tuait à petit feu. Imaginez, avant les Internet, on consommait de l’aspartame à gogo (à ce sujet, est-ce qu’on peut ENFIN se mettre d’accord sur la dangerosité du truc ou non ? Ca me fatigue un peu les études qui se contredisent tous les 3 matins. C’est pas que j’en consomme beaucoup mais ça finit par fatiguer, ce débat), du gluten, du lait, de la viande aux hormones et du poisson à la progestérone… Et bah du coup, on avait plein de cancers, sans savoir.

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Heureusement, l’interweb est arrivé, le flambeau de la vérité à la main et vient nous éclairer de sa sagesse. Tout ça, c’est dégueulasse pour toi. Si t’en manges, tu mourras du cancer. Alors que les baies de goji, elles t’en sauveront, magie* ! Ou d’autres produits, ça dépend qui est en train de te vendre ses pilules magiques. Car c’est bien là que je veux en venir : curieusement, ce sont toujours ceux qui vendent des compléments alimentaires “anti cancer” (déjà paie ta promesse de vente) qui voient des aliments cancérigènes partout. Coïncidence ? Je ne crois pas.

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Ainsi quand je furète sur mon Facebook (pas vu sur Twitter mais sans doute car je suis pas de personnes susceptibles de relayer ces conneries), je vois régulièrement des statuts de type “ah, je savais bien que le lait/l’aspatarme/le soja/le sel/le sucre/ta mère donnait le cancer, la preuve !” avec le lien vers un article de blog dont l’url contient bien entendu santé. OH MON DIEU ON VA TOUS MOURIR ! Non, non, respirons et examinons ça de plus près. Déjà, ne trouvez pas bizarre que l’immense majorité des articles concernent le cancer ? Ok, tout ça fait peur mais quand même… Donc nous avons à peu près 50% d’articles “tous les aliments de la terre filent le cancer” et 50% “mais y a des produits miracles et comme je suis sympa, je vous les vends, hopla !”. Juste un point avant de poursuivre : aucun aliment ne prévient ou, pire, ne guérit le cancer. Au mieux, vous avez des aliments bourrés d’antioxydants qui ne vous feront pas de mal mais ensuite… et encore, je dis ça, va bien y avoir une étude pour nous démontrer que ça file le cancer.

antioxydant

Car c’est là que le bât blesse furieusement : dans ces articles, il est toujours question d’études “des études ont démontré”. Oui ok mais je veux en savoir plus : quelles études ? Qui a conclu ça selon quel protocole ? Combien de personnes testées ? Sur combien de temps ? De 1, curieusement, on n’a jamais la référence de la moindre étude et de 2, il faut aussi se méfier du résultat des “études”, pas mal sont finalement soit bidons soit totalement réinterprétés pour coller au discours. Parce que finalement, le vice de ces articles, c’est de jouer avec deux ou trois chiffres, deux ou trois “études”, les tordre un peu puis saupoudrer tout ça de théorie du complot et voilà : vous allez regarder votre verre de lait avec angoisse et ne plus vacciner vos gosses parce que le vaccin, ça file l’autisme**. Oui, oui, les chiffres (lesquels ?) le prouvent, ya une corrélation entre vaccin contre la rougeole et autisme. Le fait qu’on soit mieux armés pour reconnaître plus tôt cette maladie n’a rien à voir, non non. Sinon autre statistique intéressante : grâce à cette folie anti vaccin qui-file-l-autisme, 288 Américains ont contracté la rougeole entre janvier et mai de cette année dont 90ù de non vaccinés, 1 malade sur 7 a fini à l’hôpital. Et je rappelle que la rougeole chez les jeunes enfants peut être fatale…

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Mais pourtant, ça fonctionne. Pourquoi ? Parce que ça fait appel à deux mécanismes simples : la peur (notamment sur son enfant) et le fait de se sentir éclairés : “nous vous révélons ce que les lobbies pharmaceutiques veulent taire à tout prix”. Alors réfléchissons un peu : les gouvernements, de droite, de gauche, du centre et d’où tu veux, tous se tairaient dans un immense complot mondial pour permettre aux labos de faire leur beurre. Okayyyy, donc si on cumule gouvernements et tous ceux des labos “qui savent”, ça me paraît faire beaucoup pour un seul complot mais bon… Ensuite, il me semble que, quand même, certains produits dangereux produits par ces mêmes labos ont été dénoncés et interdits à la vente à partir du moment où leur dangerosité a été démontrée. Par ailleurs, je ne vois pas bien l’intérêt des gouvernements de laisser perpétrer ce genre d’empoisonnement à grande échelle : ça leur coûtera toujours bien plus cher de soigner les gens que de taper sur les doigts des grands labos et interdire la vente de vaccins problématiques. Enfin, sur la question du lobby, il me semble que le lobby du tabac et celui de l’alcool sont également très puissants et représentent une manne financière importante, c’est pas pour autant qu’on n’a pas droit à notre petit lot de messages de prévention.

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Et si jamais tu as un doute, tu lis le blog du Pharmachien qui est trop super, il te parle des édulcorants, du gluten, du lait et des vaccins (plutôt deux fois qu’une). Etre attentif à ce que l’on consomme, c’est bien, mais croisez les sources avant d’affirmer sur votre Facebook que manger trop de salsifis file le cancer. Quoique, curieusement, on ne s’attaque qu’aux produits de très grande consommation, t’as vu ?

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*Note pour moi-même : faire un article sur la tendance “healthy” sur les réseaux sociaux

** L’autisme est une maladie génétique, il semble difficile de la refiler par vaccin. Les seules causes non génétiques envisagées (envisagées, même pas confirmées) sont toutes liées à la grossesse comme par exemple une trop forte absorption d’alcool par la mère

 

Bientôt la fin du monde

EDIT : Etant légèrement fatiguée de modérer les commentaires d’islamistes tarés et illettrés qui pensent que je prêche la fin du monde, les commentaires sont désormais fermés. 

Mon calendrier est formel : le 21 décembre approche. Allons-nous tous mourir ? Connaître la fin de notre monde ? Ou juste se réveiller le 22, déçus de n’avoir rien vécu d’incroyable ? Perso, ça m’arrangerait la dernière solution, j’ai un train à prendre…

Curieusement, plus la date approche, moins j’en entends parler. Pourtant, c’est un peu excitant comme concept si on y réfléchit bien. J’étais là le jour où le monde s’est effondré. Bon, si on meurt tous, ça servira pas à grand chose mais il reste toujours le fol espoir de faire partie de quelques survivants. Faudrait pas trop que la planète explose sinon, point de survivants, point d’espoir, ça pue comme histoire. Un grand boum et fin, même pas de quoi faire un film.

Évidemment, reste le scénario d’une incroyable révélation genre Dieu qui descendrait sur Terre pour y apporter (enfin) la paix. Oui parce qu’on sait pas bien ce qu’il a foutu ces quelques centaines de milliers d’années dernières mais il a un peu omis de venir nous dire que se battre en son nom, ça pue. Oui ok, il nous a envoyé un hippie y a 2000 ans qui multipliait les pains et a ressuscité mais ça n’a pas vraiment réglé le problème, bien au contraire. Ceci étant, je trouve l’idée d’une révélation (divine ou non), d’un phénomène qui change tout hyper séduisante. Comme ça, je pourrai dire à mes petits enfants « j’y étais ».

Pourtant, plus on approche du jour J, plus tout ça pue le toc. Pour ma part, ma vie est déjà planifiée au-delà du 21 (genre j’ai un train le 22), je réfléchis ardemment à mes vacances 2013 et même 2014. Oui, je refuse d’arrêter ma vie au 21 décembre parce que merde, j’ai encore trop de choses à faire/voir/vivre. Et je crois que c’est ce qui dégonfle cette belle histoire. Tant que c’était loin, c’était excitant, c’était l’avenir lointain. À présent que ça approche, on se rend compte que la vie, on en reprendrait bien une lichette alors si l’apocalypse pouvait attendre, elle serait bien urbaine.

En attendant, je vais faire ma liste de cadeaux de Noël. Histoire de ne point me trouver dépourvue quand le 22 décembre sera venue.

Opportunisme sportif

Il y a des fois où le comportement de mes congénères m’échappe un peu. Un exemple au hasard : hier soir, coupe du monde de football, finale au sommet entre l’Espagne et les Pays-Bas. Comme nous étions dans la voiture avec Vicky et que nous étions épuisées par 3h de bouchon, nous avons décidé d’écouter la finale à la radio, pour voir. Premier essai, Europe 1 avec un commentateur hystéro, ça donnait à peu près ça :

« Radio : Ahlalalala, Villaaaaaaaaa, Villaaaaaaaaa, Puyoooooooooool, raaaaaaaaaaaah !

– Heu, il a marqué tu crois ?

– Je sais pas, on dirait non ?

– Passe rrrrrrrratée de Villa surrrrr Puyol, la RRRRRRRRoRRRRRa est très offensive

– Ah non. »


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Donc comme on en avait marre de ne rien comprendre aux cris fous furieux du commentateur, nous sommes passées sur RTL pour suivre cette finale et en fin de compte et là, nous avons pris parti pour l’Espagne car ils se prenaient des coups de karaté et que c’était trop injuste. Oui, nous avons des raisons très réfléchies de choisir un chouchou.

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Sauf que voilà, au moment du but espagnol, nous étions au pied de son immeuble. Celui-ci s’est littéralement embrasé, on a entendu des cris de joie. Ah tiens, l’Espagne a dû marquer. Un coup d’oeil au report live de 20 mn (qui était quand même pas mal drôle) me confirme la nouvelle. Ouais ok. Là, ça devient de la pure folie, des gamins sortent dans la rue pour gueuler leur joie, on croise des voitures qui klaxonnent. La nuit, alors que j’essaie de dormir malgré la chaleur et deux chats qui foutent le souk (je garde celle de Vicky), j’entends des gens se mettre à gueuler dans la rue des « olé », « viva España » et autres conneries. A 2h30 du matin, je ne suis pas très motivée à l’idée de partager leur enthousiasme, étrange, hein ? Surtout que je commence un peu ma nouvelle vie aujourd’hui, j’ai besoin de dormir, merci. « Heureusement », il s’agissait des trois saoulards restés jusqu’à la fermeture du bar en face, celui là même où
quand les gens ont trop bu, ils chantent les Beatles. J’ai parfois la sensation que ma vie n’est pas réelle.

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Là, j’ai un peu froncé les sourcils. C’est quoi ce bordel ? Je suis un peu contente que l’Espagne ait gagné mais au fond, je m’en fiche quand même pas mal. Certes, je n’ai aucune origine espagnole (enfin, mon père est Catalan mais Catalan français et je ne parle pas un mot de la langue de Calderòn) mais quand même, d’où vient cette ferveur qui va jusqu’à provoquer des incidents ? En 98, j’ai pu comprendre l’euphorie générale et pour être tout à fait honnête avec vous, j’étais pas mal emmerdée d’avoir passé le 12 juillet 98 chez Rachel qui n’a pas voulu voir le match, dans le fin fond de la campagne où, j’en suis sûre, la 3g ne passe toujours pas. Mais là, faut pas déconner, y a pas tant d’Espagnols que ça en France. Si ? Moi, je vois dans cette légère hystérie collective un opportunisme sportif, ni plus, ni moins. Puisque notre équipe a perdu (lamentablement et on ne sait toujours pas qui est la taupe, d’autant qu’il semble y en
avoir plusieurs, huhu, on se marre), il nous en a fallu une de substitution. Pas l’Italie, nos ennemis jurés en foot et de toute façon, ils n’ont pas passé le premier tour. Dans mon univers où je n’aime pas que ce soit toujours les mêmes qui gagnent, voir le champion du monde et le vice champion en titre se faire dégager au premier tour m’a méchamment fait plaisir, au passage. Bon, alors le Brésil (les censément plus forts) ? L’Argentine (pour Maradona ? Mais je l’aime pas, Maradona) ? L’Angleterre ? Ah non, eux, on ne les aime pas non plus. Enfin, moi si, de façon générale, surtout Colin Firth qui me fait frémir la culotte. L’Allemagne, les autres plus forts ? Ou alors les Espagnols, tiens, nos voisins qui ont aussi un tempérament latin. J’étais en vacances donc j’ai pas lu les médias pendant quasi 15 jours mais j’avais la sensation que les Pays-Bas n’avaient pas trop la côte en France. Bref, on change de favori au fur et à mesure des éliminations et des prévisions de Paul le Poulpe et là, enfin, on a choisi la bonne équipe. Bon, on avait qu’une chance sur deux de se planter. Du coup, après un mondial frustrant à voir notre équipe boire la tasse, perdre ses paris sportifs, enfin, oui, enfin, on a fait le bon choix donc on se lève et on va crier notre joie.

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Après tout, pourquoi pas, allez-vous me dire, y a pas de mal à être joyeux, surtout avec la sinistrose ambiante, bla blabla. Oui, pourquoi pas mais bon, déjà, j’aimerais assez qu’on programme les finales de coupe du monde les samedis soirs pour qu’on puisse dormir le dimanche matin et ne pas pester contre des cris à 2h30 du mat. Mais surtout, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur notre santé. Non mais c’est vrai, quand on en vient à profiter de la moindre occasion pour faire une fête et se mettre minable (comme les mecs du bar en face), c’est qu’on n’a pas trop le moral. Faut dire que quand j’ouvre le journal le matin, j’ai plus envie d’aller me jeter sous le métro que de danser la vie. Entre la crise, l’affaire Woerth-Bettencourt (qui pourrait être assez drôle ceci étant dit), les faits divers meurtriers qu’on nous relate à longueur de journée, les milliers de produits qu’on ne devrait même plus regarder tellement ils sont mauvais pour nous, le fait qu’on va tous mourir bientôt (selon un scientifique spécialisé dans l’évolution des espèces, dans un siècle, l’être humain n’existera plus. You-pi)… Bref, y a pas besoin d’être fin psychologue pour se dire que c’est pas la joie. Alors oui, je trouve les réactions de joie hier assez disproportionnées vi qu’aux dernières nouvelles, nous ne vivons pas en Espagne et que même si on les aime bien, nos voisins ibères, y a peut-être pas de quoi se rouler par terre de joie, boire jusqu’à fermeture du bar et se la jouer Gipsy King sur mon trottoir. A moins qu’on aille vraiment très mal…

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Ou alors juste parce qu’on a la fête dans le sang et que la moindre occasion fait le larron.

L’histoire folle du chat fantôme

J’avais promis sur mon autre blog de raconter mes vacances et je le fais ici, vu que j’écris rien là bas et qu’ici, ça manque un peu de vie personnelle. D’ailleurs, je l’ai supprimé l’autre blog, il servait à rien.


Après ce préambule qui ne sert à rien, arrivons au cœur du sujet : la terrible aventure qui m’est arrivée pendant les vacances. Ouais, c’est férié aujourd’hui,
nous faisons dans la légèreté, vu que la plupart d’entre vous ne sont même pas devant leur écran et qu’ils ont raison. Déjà, il se passe des trucs bizarres chez mes parents des fois. Je me souviens, une fois, j’étais rentrée pour quelques jours. La nuit, vers 4h du matin, quelque chose me réveille, un bruit. Je sors un peu de mon état comateux et là, je commence à paniquer : j’entends des voix et des détonations. Bon sang, ça vient d’où, j’ai peur ! C’est la guerre, ça y est, on va tous mourir. Je me lève et regarde à travers les petits trous de mes volets roulants : j’aperçois des gyrophares qui clignotent dans la cité voisine. Finalement, au réveil, j’ai appris que c’était une voiture qui avait explosé.

Cette fois ci, le mystère est plus épais et non encore résolu. Comme je l’ai déjà raconté à maintes reprises, la maison de mes parents se transforment souvent en
colonie de vacances pour chats. La dernière fois, nous avions donc : Clio, la chatte rouquine de mes parents, Carambar, la peluche grise de ma sœur et Kenya, la terrible mienne. Evidemment, avec la chance que j’ai, je devais partager mon lit avec Kenya et Carambar. Alors autant, Kenya, du haut de ses 2 kg à tout casser, elle se plie comme il faut et prend pas trop de place, autant Carambar, elle adore s’étaler en plein milieu du lit et si tu veux la pousser, elle râle. On n’est plus chez soi !

Chez mes parents, y a une cheminée et même que pendant mes vacances du 22 au 30 mars, elle a pas mal tourné. Oui, nous vivons une époque formidable. Je passais le plus clair de mon temps devant ladite cheminée à tapoter sur mon ordi. Or de part et d’autre de la cheminée, il y a des espaces et les chats adorent s’y planquer. Donc un soir, j’étais devant la cheminée quand je vois des pattes de chats marcher sur le rebord de l’insert avant de disparaître. Deux jours plus tard, je vois un petit museau dépasser, juste le nez avec les moustaches. Comme cette bestiole est dans les tons crèmes, j’en déduis que c’est Clio sans faire super gaffe non plus.

Un soir, ma mère va se coucher, on fait la tournée de la maison pour voir si tous les chats sont dedans pour fermer la fenêtre. En général, Carambar se couche tôt,
Kenya rentre un peu plus tard et Clio traîne jusqu’à tard. Ma mère va donc se coucher et je me pose à ma place sur le canapé, face à la cheminée. Soudain, je revois les pattes du chat marcher sur l’insert. Ah, ben elle est là Clio. Je me lève pour en informer ma mère, j’ouvre la porte de sa chambre et… je découvre Clio étalée sur son lit en train de roupiller. Heu ? Kenya a les pattes tigrées à chaussettes blanches et Carambar est toute grise donc à qui appartiennent ces pattes ?

J’en parle à ma mère qui commence à rigoler genre « arrête de boire ma fille ». Mais si, il y a un chat errant un peu de la même couleur qui traîne dans le quartier, ce doit être lui. Donc elle se lève et on regarde dans la cheminée pour trouver le chat : aucune trace. Ma mère m’explique que non, le chat peut pas squatter dans la cheminée, on l’aurait forcément vu passer surtout que la dernière fois qu’il est rentré dans la maison, il a tellement paniqué qu’il a réussi à faire tomber un cadre du mur. Et en plus, la pauvre bête, si elle nichait dans notre cheminée, elle aurait été carbonisée depuis longtemps.

Du coup, j’ai passé le reste des vacances à aller regarder dans la cheminée, quand même. Ce qui me rassure, c’est qu’une nuit, mon père s’est levé à 5h du matin et
a entendu Kenya souffler et l’insert de la cheminée claquer au même moment. Mais quand il a regardé dedans, il n’a rien vu.

Vous croyez que ça existe des chats fantômes ?