Pas de vertu, pas de viol

A présent que cette histoire DSK ne fait plus la une des journaux, j’aimerais revenir sur un point qui m’a rendue dingue : le lien entre la vertu supposée d’une victime de viol et la probabilité qu’elle soit réellement victime.

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Parce que Nafissatou Diallo a des relations troubles, elle passe du statut de victime à celui de pute, littéralement. Oui, la présomption d’innocence est une donnée aléatoire, ça s’applique plus facilement à un ex futur Président de la République qu’à une femme de ménage noire et musulmane. Oui Nafissatou a un passé trouble, elle n’est pas irréprochable. Est-ce pour autant qu’elle est protégée de toute tentative de viol ? De la même façon, un de mes contacts Facebook a diffusé une photo de Tristane Banon avec des amis dont un qui lui touche les seins. Et donc ? C’est une chaudasse ? Ça disculpe automatiquement son présumé agresseur ?

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En 2011, on n’avance pas. Une victime de viol ne peut etre crédible que si elle a un comportement chaste avant et après l’agression. Avant, on le sait tous, une mini-jupe est forcément un appel au viol. Qu’une femme ait envie d’être jolie est un droit, de même que celui de dire non quelles que soient les circonstances et les personnes en présence. Le corps d’une femme (mais aussi d’un homme, ne les oublions pas) n’appartient qu’à elle et elle en dispose comme bon lui souhaite. Si elle souhaite en exhiber une partie, est-ce une raison pour nier l’horreur dont elle a été victime ? Une femme violée, quelles que soient les circonstances, ressent toujours une culpabilité : pourquoi me suis-je habillée ainsi ? Pourquoi n’ai-je pas plus résisté ? Elle n’a pas besoin des regards réprobateurs à la limite du « tu l’as bien cherché ».

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Et après ? Et après Dieu Merci la vie continue. Il y a un traumatisme à surmonter, avec ou sans aide. Seulement une victime de viol a aussi le droit d’avoir une vie sexuelle. Même si son corps a été pris de force, il lui appartient toujours et le fait qu’elle reprenne une vie sexuelle, qu’elle parle de sexe de façon badine ne signifie pas qu’il n’y a pas eu agression par le passé.

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J’ai dans mon entourage des femmes qui on été victimes et qui porteront toujours une blessure dans leur chair, une cicatrice. J’en ai connu aussi (enfin une) qui m’ont inventé une histoire de viol pour gagner mon affection (raté, j’ai un détecteur à mythos et je ne me trompe jamais). De prime abord, les victimes sont des filles comme moi avec leurs histoires de cul et de cœur. La page n’est jamais totalement tournée mais elles vont de l’avant.

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Alors dans la mesure où rien n’est prouvé ni dans un sens ni dans un autre, un peu de décence serait la bienvenue. Il y a des douleurs suffisamment fortes pour ne pas y rajouter un manque de tact renforcé par un machisme primaire vomitif.

Un nouveau monde de sensualité s’ouvre à moi

Enfin peut-être… Oui, j’en ai un peu marre du « ou pas », so 2006. Cet été, j’ai vécu une expérience troublante, mon univers en a été bouleversé, mes certitudes balayées. C’est dur à 31 ans, de découvrir que certains « jamais » n’étaient en fin de compte pas si définitifs. Et en même temps une exaltation face à cet univers inconnu. Cet été, 2 hommes ont réussi à me toucher le pied sans que je fasse une crise de nerf.
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Remettons les choses dans leur contexte pour bien comprendre. Je suis hypersensible de la voûte plantaire au point de ne pas supporter de marcher pieds nus sur une moquette trop rêche. Ado,  par exemple, quand j’étais assise à mon bureau, je posais une BD au sol pour mettre les pieds dessus tant l’effet de la moquette sous mes pieds m’agacait. Petite,
j’étais hystérique quand ma mère me coupait les ongles des pieds et adulte, j’ai filé par accident un coup de pied en plein dans le front de Guillaume 1er qui me le chatouillait. Pour vous dire à quel point c’est sensible chez moi, l’Ex a un jour voulu me prendre le pied juste pour voir si je lui faisais confiance. Et ben, j’avais beau etre en confiance, c’était dur. Et même juste avant l’opération, je pleurais quand l’infirmiere a recouvert mon peton de bétadine.
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Et puis il y a eu eux. Ces deux kinés qui me touchaient le pied sans que je réagisse particulièrement. Oh, ils ne me massaient pas le pied, c’est mon genou qui est abîmé mais parfois, ils saisissaient mon petit peton pour me faire plier, déplier, une caresse parfois furtive. Hmmm… Ca ne m’agace pas. Même au contraire je dois avouer que c’est plutôt agréable en fait. OH MON DIEU ! Je deviendrais podophile ? Moi, la plus “tu touches à mes pieds, t’es mort ?” du monde ? 

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Alors de suite, j’ai eu une explication, une explication qui me paraît logique. J’ai subi une péridurale, j’ai pas posé le pied au sol pendant 3 semaines et quand j’ai recommencé, j’avais de l’électricité dans le pied donc je me suis dit “ah ben t’as dû perdre de la sensibilité, passant d’hypersensible à juste sensible”. Sauf que non. D’abord ma mère m’a fait une petite pédicure maison avant le mariage (coupage des ongles puis vernissage) et je n’ai pas hyper apprécié la sensation au niveau de la voûte plantaire (mais sinon, c’était gentil, j’avais le pied un peu négligé. D’ailleurs, faut que je le refasse…). Idem quand le chirurgien m’a effleuré le pied après mon examen de contrôle mi-juillet, j’ai sursauté. 
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Pourquoi donc ces deux hommes (qui en plus ne travaillent pas du tout de la même façon) arrivent à me toucher le pied sans que je réagisse outre mesure ? Est-ce parce que je suis détendue ? Pourtant, quand j’étais allée me faire masser dans un institut et que la fille avait commencé à me masser les pieds, je l’avais suppliée d’arrêter. Bref, il y a là un mystère que je ne résoudrai peut-être jamais… 
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Mais au fond, peu importe les causes, j’ai envie d’explorer un peu la finalité de tout ça, fouiller un peu ce nouveau monde sensuel qui s’ouvre à moi et voir s’il me plaît ou non. Bon par contre, pour se faire, me faudrait un cobaye qui n’a pas trop peur des coups de pied… Mmmm… La vie est toujours SI compliquée.

Les assistés t’emmerdent

L’un des avantages de ma convalescence chez mes parents (oui, le drame familial est terminé, j’ai plus envie d’en parler), c’est que j’ai accès à des news mag que je n’aurais pas l’idée/l’envie d’acheter à savoir : Le Figaro magazine. Au début, je trouvais ça pas mal sympa vu que ça ne parlait pas trop politique mais plus trucs de riches que je ne connais pas. D’ailleurs, j’hésite à me mettre au golf. Non que je pense avoir un quelconque talent mais les golfs sont magnifiques, un petit tour du monde des parcours de golf, ça peut être sympa. Sauf que j’ai déjà la plongée et que j’ai très envie de me mettre à la rando, je peux pas tout faire.


Donc globalement, ça allait jusqu’à ce numéro de juin que j’ai repêché par accident de la pile des magazines à jeter, un numéro consacré à la France des assistés. Numéro qui suit les déclarations de Wauquiez sur le RSA. Alors j’ai lu et j’ai remercié le ciel ou Dieu seul sait qui de ne plus être au chômage au moment de la lecture tellement cet article m’a rendue furieuse. Je vous résume le topo même si je suppose que votre sagacité vous a permis de comprendre de quoi il retournait : le RSA et autres allocations encouragent les chômeurs, les « assistés », à ne pas bouger leur cul de leur canapé, une dizaine d’exemple à l’appui. Oui, le chômeur est une race d’une paresse crasse. Pourquoi bouger son cul quand tu reçois 467 € par mois sans rien faire ? Alors je ne peux pas parler au nom de tous les assistés mais prenons quelques points.


– 467 € par mois. Ca ne paie même pas mon loyer. Même si on y ajoute les ALS, je pense qu’une fois mon loyer payé, il ne me resterait rien. Alors c’est vrai que ne pas bouger de son canapé ne coûte pas très cher mais…

– Le chômeur, comme n’importe quel humain, est un être social qui finit par haïr profondément ce fameux canapé qu’il n’est censé ne plus vouloir quitter. Or avec 467 € par mois, à part marcher dans la rue, il lui reste bien peu de loisirs. Si profiter de la vie, c’est mater la télé à longueur de journée, effectivement, je comprends que toute la France envie les assistés.

– Pour beaucoup, être chômeur est dur à vivre. C’est pénible de répondre qu’on est en recherche d’emploi quand on nous demande notre métier, de sentir justement toute la suspicion dans le regard de l’autre, ce soupçon hélas légitime : tu cherches vraiment du boulot ou tu te complais dans cet assistanat maudit ? 

– Et les chômeurs, comme la plupart d’entre nous, sont avides de trouver une place dans la société, d’avoir la sensation de servir à quelque chose, d’avoir une bonne raison de se lever le matin pour enfiler une tenue pour aller bosser. Le peignoir, ça saoule vite.

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Ceci étant, les allocataires sont des assistés et comme punition, M. Wauquiez a trouvé une idée, une parade : forcer ces parasites de la société à faire quelques travaux d’intérêts généraux. Oui, dans le monde magique de l’UMP, le travail est une punition. Heu… Je suis pas sûre d’avoir tout suivi, là ! Vois-tu mon petit Laurent, j’ai été au chômage et j’étais motivée pour bien faire. Quand je suis allée à feu ANPE, aujourd’hui Pôle Emploi, j’espérais de tout mon cœur trouver quelque chose m’aidant à aller de l’avant. Je ne te parle pas des ateliers CV ou lettres de motivation ou encore recherche d’emploi, ça, ça ne m’aurait servi à rien mais des formations pour m’aider à trouver un emploi, justement. Tu vois, une formation en anglais voire même, si ça avait été nécessaire, préparer une reconversion. Non. On dit juste que les gens ne font rien et que ce sont des feignants. Comme si c’était pas assez dur d’être en marge de la société car on n’a pas d’activité professionnelle, faut encore qu’on vienne nous montrer du doigt.


Oh oui, je sais, y a toujours un cas qui vient démontrer que Machin, tu vois, il touche le RMI ou le RSA et du coup, il bosse volontairement pas ou il bosse au noir, c’est dégueulasse. Oui, c’est vrai, ça l’est, dégueulasse. Mais perso, à choisir entre le mec qui détourne au max 1000 € (et encore, ça sous entend qu’il a des bouches à nourrir, je suis très généreuse, là) par mois et les grands patrons qui gagnent des millions sans quasi rien payer comme impôts grâce aux niches, boucliers et autres paradis fiscaux, je sais pas, y en a un que ça me démange plus de pourrir que l’autre. Tu vois, Laurent, au lieu de t’exciter sur le robinet qui fuit, colmate la brèche qui coupe le tuyau, tu feras vachement plus d’économies.


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Oui, j’avoue, je suis un peu fatiguée par le sempiternel « salauds de pauvres »

La vie sans attendre

Chaque année, au fur et à mesure que septembre approche, je sens monter en moi un bouillonnement, un tourbillon de désir, d’envie, de motivation. Et cette année, ma convalescence et mes deux derniers mois sans réellement vivre ont accru cet appétit. Septembre, c’est la rentrée et je veux faire des milliards de choses.

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Comme d’habitude, cependant, mon envie accroît ma frustration et en fin de compte, je ne fais rien. Oui, je veux prendre des cours de russe mais ils sont tous à 18h30 et moi, je suis encore au travail à cette heure-là. Des cours particuliers ? Pffff, non… De toute façon, les cours de langue, c’est un mauvais plan pour faire des rencontres intéressantes, vous végétez souvent avec des quinquagénaires de sexe féminin dites aussi “les femmes de qui n’ont pas besoin de travailler mais qui s’ennuient” ou “ben je suis à la retraite, je profite!” (ça, c’est ma maman). Non parce que ma mère, justement, elle est partie avec sa classe d’anglais à Edimburg et à part un mec autiste (véridique), nul ne passait en dessous de la barre des 50 ans. Mais il n’y a pas que les cours de langue, j’ai envie d’apprendre, de faire… Là, je suis tentée, outre la plongée que je continue, par une chorale histoire de se défouler un coup et par la rando. Oui, j’ai envie de prendre l’air
le plus possible et la rando me paraît pas mal pour ça. J’ai un peu zieuté les associations de photo mais ça consiste essentiellement à s’asseoir et discuter… Oui, bah, non, ça, je préfère le faire avec des copines.

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Evidemment la liste est non exhaustive, j’ai 3 envies par minute ce qui est plutôt positif, ça montre que j’ai récupéré depuis le début de semaine et que je suis prête à reprendre ma vie en main et pas qu’un peu. Sauf que là, hors de question de ne rien faire parce que finalement, tout faire, c’est pas possible. J’oublie pas mes projets de super tatie mais le reste me paraît possible. Et puis surtout, il y a les voyages. Ca fait des années que je ne réalise pas vraiment mes rêves de voyage parce que voyager seule, ça craint et que quand je me trouve une moitié légitime, y a toujours une bonne raison pour pas
partir. Par exemple, ça fait une éternité que je rêve d’aller à Venise mais Guillaume 1er ne voulait pas car “ça pue”. Oui, je sais et je suis restée 4 ans et demi avec. Peu importe, je vais aller à Venise. Idéalement le week-end du 1er novembre si ma patte me le permet. Et si personne ne veut venir avec moi, je partirai seule. Je le mérite, je pense.

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Et puis j’ai une liste d’endroits à visiter longue comme mon bras : Rome, comme déjà dit, l’Egypte, les Philippines, la Russie, Hawaï… Si mes finances me le permettent, je partirai, seule ou accompagnée. J’en ai marre d’attendre, ça ne sert qu’à me frustrer. Même si je n’ai que 31 ans et la vie devant moi (si, si), je n’ai plus envie d’attendre un potentiel compagnon qui partagerait mes envies d’ailleurs. Je suis grande, je pars seule ou avec mes copines. Mais je pars.

 

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Faut que je pense à réviser mon italien, moi…

PS : Si tu as envie d’un long week-end à Venise, fais signe hein (mais si on pouvait déjà se connaître, rapport aux tarés qui traînent par ici…)

Douce enfance, dure adolescence

Y a pas à dire, j’ai beau n’avoir que 31 ans, les ados d’aujourd’hui, ils vivent pas la même vie que moi. Ou du moins, ils n’ont pas les mêmes référents et je m’inquiète un peu pour eux, j’ai
peur qu’on en fasse des… des dépressifs. Tadam !

 

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En fait, il y a quelques temps, je me disais que les enfants d’aujourd’hui avaient une enfance plus douce que la nôtre. Je ne parle pas de jouets, de couches anti-fuite avec un talc tout doux (depuis ma rééducation, je développe une sorte de fétichisme du talc, ne faites pas attention), non, non, je parle de dessins-animés. Regardons un peu : moi, petite, j’avais Rémi sans famille, Princesse Sarah, Belle et Sébastien, Niels et les oies sauvages, Candy, Gwendoline, Georgie… Et dans la version de la petite sirène que nous louait ma maman, la petite sirène, à la fin, elle mourait. Et je vous parle pas de Clémentine, la petite fille paraplégique. Bref, dès l’enfance, on ne nous racontait que des histoires d’orphelins et on pleurait beaucoup. Maintenant, les gamins ont pour héros des bonhommes fluos complètement camés tellement ils sont hystériques (Dora, Bob l’éponge, Hootie et les cafards ou je sais pas comment ça s’appelle mais c’est incroyablement laid), des êtres étranges dealers d’exta (les Teletubbies) et j’en passe car en fait, j’y connais rien en terme des dessins animés pour enfants. Du coup, ils ne sont pas préparés à la dureté de la vie et virent dépressifs à l’heure ou pètent les ballons.

 

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Par contre, une fois ado, on passe complètement à l’opposé. Nous avions droit aux aventures acidulées d’ados sans sexe, que ce soit Premiers Baisers ou Sauvés par le Gong. Même Beverly Hills, c’était soft par rapport à la version actuelle où tu te demandes toujours pourquoi les nanas du lycée oublient quotidiennement leur pantalon. Aaaaah, c’est pas un t-shirt qu’elles portent, c’est une jupe ? Ah pardon. Et quand je vois les bande-annonces ou quelques épisodes de Skins, ou Physique ou Chimie (que j’ai découvert sur June aujourd’hui), j’ai envie de pleurer. Même le terrible « Années collège » qui était plutôt hard dans le genre me paraît tout à fait charmant et primesautier par rapport à ce que nos jeunes ont à disposition aujourd’hui. Mais mince, passons leur Hartley cœusr à vif, c’est limite à se taper les cuisses de rire à chaque épisode en comparaison…

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Non mais sérieux, comment voulez-vous que nos jeunes ne deviennent pas fou ? Passer sans transition d’un monde tout sucre tout miel à des histoires de sexe et de drogue concernant des gamins de leur âge ? C’est un peu comme se faire violer par un Petit Poney, c’est juste pas possible. Et je me demande en quoi c’est symptômatique de la douce période dépressive que nous subissons. C’est vrai, nous, à leur âge, on nous abreuvait d’histoires d’amour mignonettes ou X et Y se faisaient des bisous devant le collège/lycée. Même Seconde B qui se voulait plus progressiste restait soft. Oui, oui, les ados ont du sexe mais restons de l’autre côté de la porte, chut. En parallèle, nous avions un gentil Monsieur aux cheveux gris qui nous dédramatisait le sexe, nous permettant de jouir de nos corps en toute décontraction. Bon, je dis ça, moi, à 14 ans, je jouissais de rien du tout, j’étais une godiche puissance 1000. Et je trouvais ça plus joyeux. Aujourd’hui, dans ce que je vois de ces séries, tous les personnages sont profondément perdus, dépressifs, ils utilisent le cul pour se venger, pour faire du mal. Pas de morale, ils souffrent et font souffrir. Où est le plaisir ? Dans ton c… Ah non, justement pas. Le plaisir n’existe pas, ce n’est que de l’autodestruction. Je n’ai pas vraiment d’ados dans mon entourage mais je me demande : sont-ils à ce point malheureux, désabusés ?

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On appelle souvent notre génération, la fameuse génération Mitterrand, la génération sinistrée. Parce que notre niveau de vie est inférieure à celle de nos parents, qu’on vit en insécurité (matérielle je parle), qu’on subit le chômage… Mais finalement, quand je vois les références de ceux qui nous suivent, ce sont plutôt eux que je plains. Plus qu’une génération sinistrée, c’est déjà une génération bousillée. Parce que nous, au moins, à 15 ans, on croyait que rouler des pelles, c’était le comble du bonheur et que tant qu’on avait l’amour, tout irait pour le mieux. Neuneu oui mais ça donnait envie de se lever, au moins.

L’été, on chope

Par Pink Lady

En été, les magazines sont unanimes. Comme le reste de l’année, l’originalité n’est guère leur fort. Donc après s’être affamées tout le printemps pour être au top de son sexyness sur la plage, forcément, il est temps de rentabiliser ce corps de rêve en ayant des relations sexuelles à tout va. Elle nous l’explique cette semaine « pourquoi c’est super d’être célibataire en été ? ».

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Alors attention, dans l’univers des magazines féminins, être célibataire rime avec chasse à l’homme. D’ailleurs le titre suivant de la newsletter ne le cache pas : « Assurer le 1er rendez-vous ». Oui, dans la vie, une femme célibataire peut en profiter pour prendre du temps pour elle, faire du sport, prendre des cours, réaménager son appart, démarrer une nouvelle vie ailleurs… Dans les magazines, le célibat ne sert qu’à passer vite au candidat suivant. Car le célibat n’a qu’un temps et ce temps là, c’est l’été. Oui, le sexe sur la plage (le sable et les mycoses en option), le bel étranger du genre bronzé qui parle une langue latine so hotty. Oui, si tu craques sur le scandinave, tu attends l’hiver, ça le fait mieux devant une cheminée, allongés sur une peau de bête. L’été, c’est latin, c’est bronzé avec les cheveux noirs un peu longs qui bouclent à la Jesus Luz.

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Ce qui est étrange, c’est que seule la chaleur semble propice à la sexualité fantaisie. Evidemment, je n’irais moi-même pas copuler sur une plage ou, pire, dans la mer, en hiver, je ne suis pas sûre de vouloir mourir d’une pneumonie. Tout le sexe extérieur semble réservé aux beaux jours, la levrette la tête dans le frigo pour se rafraîchir aussi. La partie de jambe en l’air devant la cheminée semble plus réservée aux élans romantiques et amoureux. Et puis qui dit été dit vacances, on est loin de chez soi et des conventions sociales qui nous emprisonnent au quotidien. Je ne suis plus Pink Lady, la jeune marketeuse mais la wild Pink, la fille qui se trémousse en bikini sous le nez d’hommes en rut. La baise en été est une sorte de convention sociale : si tu vas au soleil seule, c’est que tu veux te faire serrer, c’est comme ça. En fait, au pays des magazines, c’est très simple : si tu ne t’envoies pas en l’air sur la plage (en dépit du sable et des mycoses donc), t’es qu’une grue, une pauvre frigide coincée dont on ne pourra jamais rien faire. L’été, tu dois larguer ton mec, partir sur une plage paradisiaque et t’envoyer en l’air de toutes les façons qui soient. Les magazines les plus audacieux te proposeront d’ailleurs une liste non exhaustive de fantasmes à réaliser, sers-toi, c’est gratuit. Oui, je sais, il est curieux qu’on nous impose des fantasmes, je ne pense pas que les rédactrices sexo ait un accès direct à mon Ca pour connaître mes fantasmes . Et puis je suis un peu trash comme nana, y en a plein que j’ai déjà fait. Enfin, trash, tout est relatif, faire l’amour dans une piscine, c’est à la portée de pas mal de monde, il me semble.

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Seulement l’été commence à tirer sur la fin, il va falloir commencer à penser à pérenniser quelque chose pour ne pas être célibataire l’hiver car ça, ça craint. On n’a jamais vu personne être sexy en combinaison de ski et lutiner avec le mono entre deux sapins, les pieds dans la neige. Ce qui en soit est un peu dommage, la blancheur immaculée de la neige me paraît bien plus esthétique
que le sable envahi de cadavres d’algues et de crustacés. Mais le neige, ça brûle et la peau rougie, ça le fait de suite moins. Heureusement, Elle nous aide à assurer le premier rendez-vous…
Parce que jusqu’à présent, on les foirait tous, ce qui explique sans doute notre célibat quand l’été s’en vient.

Et toi, c’est qui ton mari ?

C’est parti, la campagne pour les primaires socialistes est lancée et nous avons déjà droit à des “drames”, des choses pas très propres. Je pense essentiellement aux rumeurs concernant Martine Aubry et son mari. Ah, je ne savais même pas qu’elle en avait un et pour cause : je m’en fous. Mais manifestement je suis la seule, on aime bavasser sur la vie privée des politiques, quitte à se vautrer dans la diffamation.

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Du coup, Martine se fait un peu tancer par son parti. Martine, montre ton époux, posez tels des amoureux transis au sourire éclatant, prouvez votre bonheur. Oui, j’ai bien utilisé le verbe prouver. On passe donc d’un mutisme total sur sa vie privée à la couverture de Paris Match ou Martine et Jean-Louis posent, niais genre “ouais, on est un couple qui s’aime!”. Oui bah tant mieux pour vous j’ai envie de dire. Mais ça m’agace. 

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Je n’ai pas (encore?) ma carte de militante PS donc pour le moment, je suis ces primaires en tant que spectatrice de la vie politique française, me demandant si je vais m’inscrire ou non pour voter pour ce tour là. Mais si j’étais militante, pour qui voterais-je ? Pour François ? Martine ? Ségolène ? Arnaud ? Ou pour François-Valérie, Martine-Jean-Louis, Arnaud-Audrey, Segolène-c’est pas très clair, elle a dit qu’elle était célibataire ? Malgré tout le respect que je dois aux compagnes et compagnons de, leur existence me laisse dans une abîme d’indifférence. A la limite, si ça peut nous éviter de revivre un cirque à la Carla, je prends mais pour le reste…

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Là, encore, on voit que la vieille France s’accroche. Pourtant, on avance : les principaux candidats ont tous essuyé un divorce ou tout du moins une séparation avec un partenaire de longue durée. Martine, François et Ségolène, Nicolas, Marine, Dominique… Pour ceux qui me viennent en tête. Mais si on accepte les remariages ou nouvelle union officielle, le célibat, déjà, ça coince. Moi qui me “réjouissais” d’avoir un Président célibataire en 2007, ça n’aura pas duré longtemps. Il faut montrer patte blanche, jouer au jeu médiatique, poser avec sa moitié légitime dans un beau jardin, tout sourire, pour dire que oui, on s’aime, elle est belle la vie.

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D’une certaine façon, je comprends que les électeurs aient envie de savoir à qui ils ont affaire. Quoi que tout est relatif. Martine islamiste ? Ahahahah. Martine mariée à un islamiste ? Donc si je comprends la logique, tous les avocats qui ont défendu des tueurs en série le sont eux-mêmes. Ah non, c’est pas comme ça que ça marche ? Quant aux rumeurs sur les attirances sexuelles de Martine, j’en ai déjà parlé. 

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Ce qui me navre, c’est qu’une candidate, qui qu’elle soit, doit justement aller à l’encontre de ses propres préceptes (protéger sa vie privée) pour tenter de remporter une élection. Pour quoi vote-t-on enfin ? Pour le modèle de vie choisi par le candidat ou pour son programme ? Enfin, quand je dis modèle de vie, pour certains, on pourrait dire pour “ceux qui feignent le mieux la petite vie monogame d’un couple sans histoires”. Car en 2007, de mémoire, François et Ségolène continuaient à se tenir la main alors qu’ils ne se supportaient plus dans le privé. Pauvre d’eux.

De la baisabilité en milieu sportif

L’autre jour m’est venu une constatation pour le moins étrange. Je suis chez le kiné donc dans une tenue ne me mettant guère en valeur : pas de maquillage, un jogging qu’on confond quasi systématiquement avec un pyjama (bon, ceci étant, y en a un, c’est bien un pyjama), les cheveux attachés un peu à l’arrache (alors qu’en ce moment, ils sont d’une souplesse remarquable). Je suis pas canon. Sauf que, en fait, si.

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Déjà, je me démarque sur un premier point : je suis la seule fille de moins de 30 ans. Oui, pardon, j’en ai 31 mais ça se voit pas et même que mon voisin de table, l’autre jour, il m’a demandé si j’étais étudiante en histoire car je lisais un bouquin sur les Borgia. Oui tu vois, je fais jeune (mais je crois qu’il m’aime bien le rugbyman alors je sais pas s’il cherchait pas à me flatter, surtout). Donc forcément, quand je suis la seule à avoir moins de 30 ans en apparence et à ne pas dégager de testostérone, je me sens légèrement matée. Par le rugbyman, le jeune qui travaille ses bras quand je fais du vélo et un monsieur d’un certain âge (50 ?) qui  a toujours l’air content d’être à la piscine en même temps que moi. Faut dire que j’ai piqué un maillot à ma mère qui me gaine et me fait une silhouette de rêve. Faut que je lui pique pour la plongée l’an prochain (on ne sait jamais). D’ailleurs, ce sont les trois seuls à m’adresser la parole en dehors des kinés et d’une vieille dame qui a un problème aux mains et que j’aime bien.

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Bien entendu, au départ, tu ne fais pas attention. Je veux dire qu’il me semble que mon potentiel de séduction de chez le kiné vire au négatif, cf description du premier paragraphe. Et pourtant, alors que je bossais mes ischios l’autre jour, je me suis regardée discrètement dans la glace et malgré ma myopie (ou grâce à), je me suis dit « oh ma fille, t’es bonne ! ». Oui, je suis la seule personne à avoir le droit de me dire que je suis bonne sinon, c’est vulgaire. De fait, j’étais penchée sur la table de massage, le buste bien gainé (je bosse mes abdos), le dos cambré, les fesses en arrière et je levais et baissais ma jambe. Mon t-shirt se soulevait légèrement, laissant entrevoir un peu de peau de bas de mon dos. Hey girl, you’re to sexy for your jogging, ouais ! Je me suis soudain sentie appétissante, sensation que je n’avais plus eu depuis le mariage de ma sœur… Oui, bon, ok, ça fait pas si longtemps.

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Lundi, rebelote, me voici accrochée aux espaliers à m’étirer dans tous les sens, tirer, me tendre, me replier, le tout avec une certaine grâce (je me mate dans la glace en le faisant, hein). Le rugbyman semblait ravi de me regarder faire et c’est là que j’ai senti toute la magie de la baisabilité en milieu sportif. De 1, en m’étirant de la sorte, je montre mon corps sous son meilleur jour, tous muscles saillants. Et ça va, j’ai pas du muscle de culturiste, ça fait pas peur, on voit pas les grosses veines. De 2, ça illustre ma souplesse qui n’a pas trop souffert de mon immobilité (mais va quand même falloir travailler bien dessus, le yoga sera mon ami à la rentrée). Or si j’arrive à faire des choses avec un espalier, imagine avec ton corps, mmmm. En 3, le plus étonnant et pourtant : la sueur. Moi de prime abord, la sueur, j’aime pas ça, ça pue. Surtout la mienne, quand elle vient se nicher sous mon nez, posée tranquillement sur l’ourlet de la lèvre supérieure, yeurk ! Mais la sueur, c’est moite, c’est torride (enfin, dans un contexte sportif et sur une personne propre à la base parce que la sueur millésimée, c’est infect), la petite goutte qui perle le long d’une épaule en plein effort… Mmmm, pardon, je m’égare mais deux mois de réclusion sexuelle, ça commence à m’agiter les hormones.

Oui, même en plein effort physique, la séduction opère car on démontre ce que notre corps peut faire, nos muscles saillent et qui y a-t-il de plus émouvant qu’une belle épaule en pleine action ? Oui, j’adore les épaules. Et je vous dis pas quand c’est la séance de piscine ! D’ailleurs, hier, la dame à côté de moi, du haut de ses 70 ans à minima, ça l’excitait un peu l’eau chaude, elle a pas arrêté d’allumer le kiné… Qui a répondu « Ahah, oui, oui… Bon pédalez, Madame Michu ». Lui, la baisabilité en milieu sportif, il est vacciné (oui, bon, ok, elle avait un certain âge mais c’est pour ma chute). Triste.

PS : La photo de mon pyjama que je mets comme un jogging, ça fait illusion, non ? Et puis surtout, notons une chose essentielle sur cette photo : j’ai renoué avec la bipédie !!

 

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Et PAM !

La solution est simple, dans le creux de ta main, une petite pilule et tu vas passer les prochaines heures sans comprendre, sans réagir. Amorphie mon amour. Un peu d’eau, tu gobes et tu passeras
les prochaines heures comme sur un nuage, tu te souviendras mais tu seras sans émotion, sans sentiments. Une marionnette indifférente.

 

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En apparence, ça ne se voit pas forcément, à moins de connaître, de savoir. On continue notre petite vie, on encaisse les coups sans sourciller. Pilule magique, on n’oublie rien, on oublie juste
de réagir. PrazéPAM ou BromazéPAM, c’est pareil, pourvu qu’on ait l’indifférence, le calme factice, médical. Parce qu’il est des moments où réagir ne sera pas une bonne chose. Parce qu’à des
moments, on doit affronter des explications lourdes, désagréables et qu’on sait très bien que ça va mal se passer, à moins d’avoir avalé un peu de sérénité chimique. Parce que pour sauver la paix
familiale, je vais devoir demain affronter ma mère qui va me dire que je suis une mauvaise fille, ingrate, horrible, folle à lier. Que je vais acquiescer car il n’y a aucune autre issue possible
pour sortir de cette ridicule histoire de conflit. Dans ma tête, je me répéterai que dans 11 jours, je reprendrai le train pour Paris et que je reprendrai ma vie.  Une vie connement mise
entre parenthèse y a 2 mois parce que je gesticulais sur un bar en n’étant pas tout à fait sobre (mais en étant très loin d’une ivresse totale). Revivre, revivre enfin. 

 

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Demain, avant de partir chez le kiné puis chez ma tante pour la grande explication, je prendrai du lysanxia. C’est long à agir, il faut bien une heure, pile ma séance de kiné. Parce que faut ce
qu’il faut. Parce que mon père et ma sœur comptent sur moi tout en étant conscient qu’ils me demandent quelque chose de difficile. Parce que ma mère aime mettre de l’huile sur le feu, encore et
encore, te provoquer, te pousser à bout. C’est comme ça. En y repensant, nos disputes ont toujours eu lieu à des moments où, moi, je n’avais plus la patience, que j’étais un peu à bout de nerfs,
comme ses derniers jours où j’en ai marre de pas avoir de vie, d’avoir toujours ces foutues béquilles, que ma vie me manque. Alors pour ne pas réagir, PAM. Parce que comme dit ma sœur « c’est pas
forcément ce que tu dis mais ta voix a dû trahir ton énervement ». Oui, j’ai toujours été mauvaise en hypocrisie, veuillez m’en excuser.

 

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Pourtant cette solution, tout aussi magique qu’elle paraisse en surface, n’est pas la bonne, je le sais. Lâcheté d’un côté. Ne pas oser assumer toute l’intensité d’une situation. D’un autre côté,
je suis pas superman non plus, y a des moments où c’est juste trop pour moi. Repartir travailler dans une boîte que tu hais viscéralement en sachant que tu vas t’en prendre plein la tête,
affronter ton amoureux en sachant très bien que ce sont vos dernières heures en tant que couple. Affronter sa mère ivre de colère. Ca aide et ça fait peur. Peur de l’addiction, peur de l’effet
trompeur, du « on peut tout surmonter grâce aux pilules magiques ». J’ai lu Lucia Extebarria, je l’adore même si je me reconnais dans ses penchants aux addictions. Elle, sa came, c’était le
prozac, je crois. Effet magique des premiers temps puis la dépendance, l’angoisse de décrocher. Non, non, je ne veux pas. Je dois déjà décrocher de la clope (bientôt deux mois sans en avoir
grillé une mais quand t’as pas possibilité d’en taxer de toute façon…), les médocs, ça me fait peur, trop peur.

 

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Mais cette fois-ci, j’accepte mon accès de faiblesse, ma tricherie. J’ai pas la force de faire mieux. Puis c’est pour le bien de tous, alors…

Demain promis, un article joyeux, je vais arrêter de pleurer sur mon sort, ça me fatigue moi-même.

Nervous breakdown

Aujourd’hui, je vais vous proposer un article qui ne veut rien dire fruit de ma particulièrement mauvaise humeur et une grande saturation. En cause : ma mère. Elle est gentille ma mère, je dis
pas mais au bout d’un mois de « mais tu marches pas assez », « mais essaie de monter les escaliers, arrête de t’interdire des choses ! » ou le merveilleux « essaie de marcher sans béquilles pour
voir », j’ai craqué. Parce que j’en ai marre de n’entendre que du négatif de sa bouche, que des « tu ne pourras pas rentrer le 15 août, t’as vu comment tu marches ? », « tu seras pas capable de
te débrouiller » au lieu d’un simple « oh, tu ne marches plus qu’avec une béquille, la fin du chemin est proche ! », j’ai craqué. Depuis, je suis une fille épouvantable, un monstre « à qui on ne
peut rien dire », « non mais tu crois que je m’inquiète pas pour toi ? » et tutti quanti.

 

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L’histoire aurait pu en rester là, une banale dispute mère-fille. Sauf que ma mère a le don de l’emphase, y compris et surtout dans le dramatique. Donc après une soirée de samedi à rester chacune
enfermées dans nos chambres respectives avec mon père au milieu qui essayait d’arranger les choses, ma mère est partie hier matin pour ne revenir qu’hier au soir. Faire une fugue à 56 ans, c’est
concept. Mon père continue à faire la navette, moi la gueule (non mais c’est quoi ce comportement, sérieusement), ma mère la diva qui passe par le jardin pour rejoindre sa chambre plutôt que de
passer devant la mienne. Tout en continuant son cirque : « Vous avez dû mourir de faim sans moi ! ». Ben non, c’est ma jambe qui est cassée, mes bras vont bien et j’ai fait la cuisine, merci de
t’en inquiéter.

 

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Hier, apothéose et crise d’hystérie durant laquelle j’ai eu droit à un « connasse » , « dépêche-toi d’enlever tes lunettes avant que je t’en colle une » (je suis en béquille. Au singulier certes
mais quand même) suivi d’un magnifique « je t’interdit de m’appeler maman », « c’est pas comme si tu nous avais jamais fait le coup » (elle parle d’une dispute remontant à…2002). Bref, après un
quart d’heure de cris, de menace (j’ai vraiment eu peur de me prendre des coups à un moment, elle a beau faire 6 cm et 5-10 kg de moins que moi, elle était furieuse), je finis par m’enfermer dans
ma chambre et elle fait ses valises et se casse. Bref, je suis donc allée au kiné toute seule en voiture (c’est bon, je peux donc officiellement reconduire mais prions pour que je sois pas
arrêtée par les flics parce que l’attelle, mmmm…), ma sœur et mon père ont tenté une ultime conciliation, verdict : « Bon ben c’est pas gagné, n’essaie pas de l’appeler, ça sert à rien. Et non,
n’envisage pas de rentrer plus tôt, tu dois guérir ». Un lysanxia et un verre de vin blanc plus tard, j’ai toujours autant envie de pleurer.

 

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Bref, là, je craque, je suis usée jusqu’à la moelle. Putain de 2011 de merde, tu me lâches oui ? Non parce que là, ça commence VRAIMENT à faire beaucoup.  Non mais c’est vrai, j’ai déjà
perdu un taf, mon mec, l’intégrité de mon tibia, est-ce que j’avais vraiment besoin de me ramasser une crise familiale en plus ? D’une telle ampleur pour une telle connerie ? Bon, quelque part,
on pourrait presque y voir une bonne nouvelle : la famille, c’était le seul domaine où j’avais pas trop eu de crise (il y a de grosses tensions entre ma sœur et ma mère mais elles ne me
concernaient pas vraiment, même si j’en ai pris aussi plein la gueule par rapport à ma sœur, tant qu’à gueuler sur quelqu’un, hein…) et je commençais vraiment à avoir peur d’un drame. Un vrai,
j’entends. 

 

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Donc en ce moment, je peux pas dire que j’adore ma vie. Bon, y a pas que du négatif, j’aime vraiment mon nouveau boulot et ça faisait très longtemps que ça n’était pas arrivé (je sais pas si la
réciproque est vrai, j’ai fêté mes 6 mois dans la boîte en direct de chez mes parents… En tout, quand je rentrerai sur quasi 7 mois de salariat, j’aurai été 2 mois en congé maladie), je me suis
fait de belles amitiés à la plongée (surtout Anaïs et Isa Brune) et j’ai eu droit à un solide soutien de mes amies dont Amy qui a su me
redonner le sourire ce soir en me proposant un réveillon à l’étranger. Et puis E. aussi, on a plein de voyage en projet… Tout du moins en fantasme mais ça fait du bien/plaisir quand même. 

 

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Et puis vendredi dernier, j’ai relu mon vieux blog hyper perso qui n’est pas celui-ci (où un taré hante encore les comms 3 ans après son arrêt, faudra m’expliquer comment je peux systématiquement
attirer les trolls malades psychiatriques peu importe le support sur lequel je m’exprime).  Début 2007, je me ramasse une rupture sentimentale (et même une et demi en fait) et amicale dans
les dents, je suis au chômage et les entretiens que je décroche ont tous la même conclusion : vous êtes géniale mais non et une engueulade mémorable avec ma mère par téléphone à base de « tu
devrais rentrer, tu n’avances pas sur Paris et pleure pas, tu crois que je me fais pas de soucis moi aussi ? ». Peu ou prou la même dispute qu’aujourd’hui mais par téléphone, c’est moins violent.
Puis avait suivi une période magique, 2007 avait été une année en fin de compte géniale.  Alors accrochons-nous et retrouvons le sourire. Je marche presque sans béquille, je reconduis, je
retourne au boulot dans 15 jours, je vais revoir mes amis. Ne manque à ce tableau idyllique qu’une belle rencontre. Je la mérite, là, non ?