Charlene, la princesse emprisonnée

Oui, c’est samedi et j’écriiiis mais je suis un peu larguée en ce moment niveau dates, y a que le kiné qui me permet de mesurer le temps écoulé. Non parce que j’ai écopé d’un mois supplémentaire de repos forcé. Du coup, je vis mon été par procuration et je lis la presse people. En fait, la convalescence, c’est un équilibre entre vacances et chômage, je me dois donc de lire Voici, acheté par mon papa tous les samedis. Et croyez bien qu’il est devenu le roi du camouflage du Voici au sein des pages viriles de l’Equipe Mag. C’est pas qu’il assume pas, c’est que Voici, c’est pour maman. Et pour moi.

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Et cet été, les magazines people me proposent un roman fascinant : l’histoire mystérieuse de la nouvelle princesse de Monaco, Charlene Wittstock Grimaldi. Pour ceux qui auraient autre chose à faire que de lire la presse people parce que, genre, ils ont deux jambes valides, je vous résume les faits. Charlene et Albert se côtoient depuis 5 ans et ont décidé de se marier, ô joie des Monégasques (je suppose, je ne connais pas de Monégasque). Sauf que trois jours avant le mariage éclate une terrible rumeur : Charlene aurait tenté de s’évader ! S’évader oui : elle aurait été rattrapée in extremis par la police à l’aéroport et ramenée à son futur époux, le passeport en moins. Lors du mariage, tous ont scruté les gestes de tendresse entre les deux époux, les baisers officiels plutôt froids et quand Charlene s’est mise à pleurer à Ste Devote, on ne savait plus si c’était de joie ou de détresse. Et là, ultime rebondissement : lors de leur voyage de noces en Afrique du Sud, pays natal de la belle Charlene, ils auraient fait chambre à part. Provocation ultime : lorsqu’on leur a demandé de s’embrasser, la princesse a tourné la tête, présentant sa joue à Albert plutôt que sa bouche.

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Nous avons même une raison à la tentative d’évasion de Charlene : Albert aurait un troisième enfant caché. Vous allez me dire, on n’est plus à un enfant près sauf que celui-ci aurait moins de 5 ans… donc aurait été conçu alors qu’Albert était en couple avec Charlene. D’ailleurs, on nous raconte que le Prince, il aime bien lutiner les serveuses et hôtesses et qu’il déteste la capote. Parenthèse : protégez-vous bordel de merde! Voyez, après, ça fait des princesses captives.

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Reprenons. Si cette histoire est vraie, on peut se poser la question de la santé démocratique de Monaco : une citoyenne sud-africaine dont on confisque le passeport et rapatriée par la police monégasque (avec, je suppose l’aide de la police française vu que l’aéroport de Monaco n’existe pas, l’action se déroulerait donc à Nice) sans autre motif qu’abandon du domicile conjugal, c’est… pas too much du tout, tiens. Ca épicerait un peu les histoires du Rocher, on passerait de la princesse rockeuse (Stéphanie) à la prisonnière mais diplomatiquement, j’ai des doutes. Je pense sincèrement que l’Afrique du Sud n’apprécierait pas de voir une de ses ressortissantes traitée de la sorte, ressortissante qui vient justement au pays quinze jours plus tard…

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Alors si ce n’est pas vrai, pourquoi on invente ces histoires ? J’ai ma théorie : l’été, c’est la rediffusion d’Angélique Marquise des anges, ça nous inspire. D’ailleurs, comme de par hasard, Angélique est diffusé cet été sur TMC, la télé de Monte-Carlo. De là à imaginer que Charlene fait de la pub déguisée pour la télé monégasque, il n’y a qu’un pas.

 

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Mais j’ai une théorie autre qui me semble plus pertinente. En avril, nous avons eu le somptueux mariage de Kate et William qui sont beaux, amoureux… Un mariage somptueux sans le moindre couac qui a quelque peu déçu les langues de vipère, obligées d’inventer une love story entre Harry et Pippa et de se gausser d’une gamine moche. Avec Charlene et Albert, on tient notre revanche. D’abord, ils ne vont pas ensemble : ils y a un écart d’âge d’une dizaine d’années entre eux, elle est belle et lui…mmmm bref, elle a l’air toujours prête à trépasser d’ennui et, preuve ultime, elle n’a même pas appris le français en 5 ans de relation. Si c’est pas une preuve de manque d’entrain, ça ! Et puis les enfants Grimaldi nous ont toujours fourni de belles histoires croustillantes : Caroline, la veuve se consolant dans les bras d’un acteur connu avant d’épouser un alcoolique, Stéphanie et ses gardes du corps et ses acrobates, Albert, son bobsleigh et ses enfants cachés. Zut quoi, tout ça ne peut pas finir sur un beau mariage en blanc.

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En tout cas, l’histoire de la princesse emprisonnée, moi, ça m’inspire !

Cendrillon a la gueule de bois

(toujours pas l’article sur le mariage de ma soeur mais on continue à tourner autour).

Dimanche 10 juillet, 11h, “le jour d’après”. Je m’éveille péniblement car il va falloir retourner à la salle des fêtes tout ranger. Face à moi la porte miroir du placard de ma chambre. Et là, ça fait mal : mes cheveux ont un pli épouvantable (l’effet 30 kg de laque sur ton chignon la veille), j’ai du mascara jusque sur les joues. En un mot, je suis passée d’une soirée magique où tout le monde s’extasiait sur ma beauté à un réveil où je ne ressemble à rien de connu. C’est le syndrome Cendrillon a la gueule de bois.

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Bien qu’en l’espèce, la gueule de bois, je ne l’avais pas. Ben oui, je ne maîtrise pas les béquilles suffisamment pour m’en servir une fois saoule et j’ai pas envie de me recasser la jambe donc je suis restée raisonnable dans ma consommation d’alcool. Par contre, à force de béquiller et co, j’avais mal au genou, justement, et au dos, aussi, on va dire que ça fait office de gueule de bois. Vous connaissez un peu cette sensation déprimante de fin après une soirée divine où vous vous sentiez bien ? Ou le monde semblait vous appartenir ? Que vous vous sentiez au faite de votre séduction ? Et bien plus vous montez haut, plus la chute est grande le lendemain. Sauf si vous avez réussi à ramener un vrai prince charmant dans votre lit. Oui, parce que des fois, le syndrome Cendrillon a la gueule de bois peut être aggravé par le phénomène déjà expliqué de la grenouille et de la citrouille et, pas de bol, au lieu de rentrer avec le prince, vous êtes rentrée avec le gueux.

 

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Je déteste ces matins. Le soir, même quand la fête finit, ça ne donne pas cette sensation, on est encore dans l’excitation de la soirée en se disant “waouh, c’était trop bien”. Un peu comme Cendrillon qui, quittant sa citrouille, rentre raconter à ses petites souris la féerie de son bal. Mais le lendemain, quel vide tout à coup. D’une soirée pleine de rire, de glamour, de gens sympathiques (et de champagne), vous passez à votre appartement plus ou moins rangé, plus ou moins grand, plus ou moins glauque. De toute façon, même si votre appart est digne des meilleures pages de Déco magazine, vous voilà à nouveau dans votre décor quotidien, seule ou à peu près (cf supra). Plus de champagne, plus de paillettes ou alors elles sont toutes éparpillées dans votre lit, plus de glamour, votre coiffure est digne des pires atrocités capillaires de Sue Ellen (c’est bien ce à quoi je ressemblais dimanche matin). Vous vous éveillez avec en tête, outre la migraine, cette lancinante et déprimante question : me lever ? Pourquoi faire ? Parce que votre soirée a été tant remplie que là, l’idée de vous adonner à vos tâches habituelles vous donne envie de noyer trois boîtes de Kleenex.

 

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J’aime les soirées, je les aime vraiment. Mais alors le lendemain… Heureusement, Cendrillon a parfois droit à un tour de manège de consolation comme là, dimanche, où nous sommes remontés à la salle retrouver tous les gens qui avaient dormi là et nous avons fait un petit buffet froid. Buffet cafardeux pour la peine car les gens commençaient à partir pour rentrer chez eux et leur chez eux, parfois, c’est loin. Plus tôt dans l’année, par exemple, il y avait eu cette soirée chez la belle Jade qui m’avait inspiré l’article sur la grenouille et la citrouille (cf supra. Oui, j’aime bien dire ça). Le lendemain, avec Anaïs, on étaient allées pique-niquer avec Marielle, une autre fille de la plongée, ça permet de ré atterrir tout en douceur dans la vie quotidienne.

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En fait, nous faire la princesse d’un soir est le pire cadeau qu’on puisse nous faire. La fée était une garce.

Mais si, un jour, tu te marieras

J’avais prévu le récit du mariage de ma soeur depuis deux jours mais force est de constater que j’ai un peu de mal à l’écrire. Peut-être parce que les articles purement narratifs n’incluant pas une anecdote marrante, une pointe de cynisme ou un genou cassé... Alors en attendant, je vais vous parler d’un sujet lié : celui de mon futur mariage. Planifié par les autres, je précise.

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Comme ma soeur se marie, tous les gens ne m’ayant pas vu depuis une éternité et demi se sont sentis obligés de me demander “et toi alors, c’est pour quand ?”, ce à quoi j’ai répondu en toute sincérité quelque chose comme “ouhla, pffff, tu sais, moi, les mariages…”. Oui, j’ai envie de dire que si le mariage de mon unique soeur ne m’a pas donné envie de passer la robe blanche et le voile, on est quand même un peu mal barrés. Je ne dis pas que je changerai pas d’avis car 1) seuls les imbéciles bla bla bla et 2) ce blog ayant d’étranges vertus prophétiques, il aime me contredire donc si j’écris ici en toute lettres “jamais je ne me marierai”, je passerai devant M. Le maire plus vite que je ne le pense.

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C’est pas que je sois contre le mariage en soi, j’estime que chacun est libre de faire ce qu’il veut et s’il a envie de se marier, je serai sincèrement heureuse pour elle et lui (et ben oui, pour le moment, en France, les mariages ne sont qu’entre elle et lui). Et je me battrai même pour la reconnaissance du mariage homosexuel. Mais à mon niveau personnel, bof. C’est très émouvant, je dis pas, j’ai bien versé ma larme et une mariée est toujours belle (enfin, ma soeur l’était en tout cas), je comprends la force du symbole, c’est un engagement fort. Mais ça reste que ce n’est pas pour moi. Je l’annonce donc sans revendication ni acrimonie aucune et systématiquement, on me répond “mais si, tu verras!”. Heu… plaît-il ?

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Deux choses. La première me renvoie à ma condition de femme biberonnée aux contes de fée qui rêve forcément d’une beeeelle robe pour le plus beau jour de sa vie. Alors déjà, je peux porter une belle robe quand je veux, même une robe de mariée si l’envie m’en prend, pourquoi pas (bon, achetée sur ebay en Chine, ça fait cher le délire sinon). Et si j’en crois ma mère, le plus beau jour
de sa vie ne fut pas son mariage, gâché il est vrai par ma grand-mère paternelle qui a exigé de changer de salle pour le dîner car elle ne voulait pas être avec les ploucs (c’est à dire la famille de ma mère) mais le jour où je suis née. Et là, elle ne portait pas vraiment la grande robe blanche, ça aurait fait tache, sans mauvais jeu de mot. De toute façon, je rappelle à toutes fins utiles que la fin des contes, c’est “et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants” et le deuxième point bloque aussi pour moi parce que si on peut discuter de l’éventualité de ma maternité future, je ne veux pas “plein” d’enfants, faut pas déconner non plus.

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La seconde me fait le même effet que quand tu dis que ton célibat ne te pose aucun problème. En tant que fille, je suis programmée pour trouver l’Homme, celui qui va me refiler son nom de famille et mélanger ses gênes avec les miens. Oui… Alors, non. Quand je dis que je n’ai pas envie de me marier, ce n’est pas pour masquer l’amertume de ne pas avoir trouvé cet homme qui me donnera son nom de famille (d’ailleurs, non, je suis résolue à garder le mien sauf s’il a un nom de famille trop cool. Genre celui de l’Ex qui sonnait trop bien mais comprenez que je n’ai pas d’homonyme et que j’aime bien mon nom-prénom même si j’aurais bien aimé un nom slave genre Gnagnaska ou gnagnatova ou ovna… Mais je m’égare totalement), non, c’est juste parce que c’est le cas. Me consoler en me disant “la prochaine, c’est toi”, c’est pas très utile surtout que j’ai même pas attrapé le bouquet de la mariée. Enfin, pour être exacte, mon cousin que j’avais mandaté ne l’a pas attrapé pour moi, je pense qu’il est difficile de rattraper un bouquet en béquilles.

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Donc non, je n’ai réellement pas envie de me marier, cette déclaration est faite sans amertume ni acrimonie, j’ai juste d’autres envies.  Mais je vais un jour organiser une fête pour mettre quand même la robe de mariée (achetée en Chine via Ebay) comme ça, on pourra pas me sortir cet argument pour m’expliquer que, génétiquement, je dois désirer le mariage. Na.

Ok, 2011, je t’ai comprise

Fin 2010, j’avais pris une résolution : je vais devenir plus égoïste. Mission pas vraiment remplie donc la vie m’a filé un coup de main : elle m’a littéralement pété le genou.

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La semaine dernière, visite d’Anne, meilleure amie depuis 1983 et fidèle soutien. On papote pour se mettre à jour sur nos vies respectives et elle le décrète : « quelque part, c’est bien que tu te sois cassée la jambe, ça te permet de rester loin de Paris et de te reposer, tu en avais grand besoin ! ». Oui, je vais pas revenir sur ce que j’appelle le Marasme (ouais avec majuscule, ma vie est un roman), j’ai morflé, oui, la plupart des piliers de ma vie se sont effondrés mais d’autres ont surgi. La nature a horreur du vide comme on dit, les
places abandonnées ne le furent pas longtemps. Et début juin, je clamais que ça y était, 2011 commençait pour moi. J’ai crié victoire trop vite. Une chute d’un bar plus tard (cette chute est en train de faire de moi une légende), je suis donc réduite à poursuivre cette année 2011 alitée ou à trois pattes. Mon été sera entre parenthèse, les crushes à étudier de près que j’avais avant de partir risquent de
s’éteindre. Afin, si tant est qu’il y ait quelque chose à éteindre, j’ai même pas pu explorer ces pistes pour la plupart. Ca craint. Et inutile d’envisager d’en avoir de nouveaux entre temps vu que mon été va se résumer à maison-travail-kiné (une femme)-travail-maison. De toute façon, avec mon attelle, j’ai vachement envie de tenter le kama-sutra, tiens. “Bon alors moi, je m’allonge sur le dos et je bouge pas trop, surtout la jambe gauche et si tu appuies dessus, je te castre à vie. T’as envie ? Non ? C’est bizarre…”

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Donc vie amoureuse (avec un petit a) entre parenthèse, ok. Sans compter que j’ai un peu calculé les calories que j’absorbe en ce moment (sans excès aucun, jamais mangé autant de légumes de ma vie. Mais j’ai pas compté le mariage encore) et celles que je dépense (à peu près aucune), va falloir diéter sec et reprendre le sport dès que possible. Ou trouver un amoureux des loukoums, au choix. Oui parce que ça aussi, c’est entre parenthèse : pas de sport. Bon, bientôt, je vais pouvoir faire du vélo et de la piscine chez le kiné (celle de Paris, je sais pas si elle en a une, de piscine) mais les exercices ne sont pas violents donc c’est pas du vrai sport. Moi qui avais trouvé un super truc pour la rentrée, j’espère ne pas avoir à trop attendre. Et y a la plongée aussi, j’aimerais bien un peu l’étrenner mon niveau 2 quand même. 

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Heureusement, y a des trucs que je peux quand même faire avec ma patte folle. Genre travailler. Oui, imaginez que je suis partie en vacances le 10 juin, je devrais revenir à mon poste le 24 juillet. Un mois et demi d’absence, ça fait long, surtout quand on n’est pas dans la boîte depuis très longtemps. Tiens, marrant, le 24 juillet, je fêterai justement mes 6 mois dans l’entreprise, youhou ! Mais je me démerde, je télétravaille et j’ai même rendu un doc qui a été très apprécié (alors que je le trouvais bâclé vu que le mariage de ma soeur prend beaucoup de temps et que j’ai pas pu commencer à bosser avant 23h en moyenne. Je suis un peu fatiguée, oui). La semaine prochaine, je vais avancer sur le projet au long cours qui était en pause pour manque de temps. Dommage, j’ai pas tous mes docs mais je vais pouvoir faire des trucs. Puis je vais écrire aussi, ça fait du bien de retrouver une forme plus romancée. J’ai déjà écrit 6 pages et vu que je vais pas sortir de l’été, je vais pouvoir avancer. 

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En fait, je crois que la vie m’a trouvée sans doute trop prompte à me déclarer guérie de mon marasme. Encore un peu de calme, jeune fille ! Oui, je sais, c’est débile mais laissez-moi un peu justifier tout ça, merci. Je laisse les dossiers et les drames parisiens à leur place et quand je rentrerai, je serai plus à même de faire le tri dans mes relations, ceux qui m’ont agréablement surprise par leur sollicitude et ceux qui m’ont déçue par leur silence. Comme on dit, c’est dans l’adversité que tu comptes tes vrais amis. Même si okayyyy, en matière d’adversité, on peut faire bien pire qu’un genou cassé. Mais tout de même.

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Alors quand j’abandonnerai enfin mes béquilles pour reprendre ma petite vie, j’aurai eu droit à des vacances mentales de deux mois, une petite pause qui, finalement, va me permettre de repartir sereinement. Et d’attendre 2012 parce que je crois que 2011, en fait, elle m’aime pas.

Où je passe à côté du mariage du siècle

J’ai la patte folle. Les béquilles accrochées à mes avant-bras, je claudique. Façon Lady Gaga dans son clip Paparazzi, le glamour en moins. Sauf que voilà, je n’aurai pas le droit de poser le pied avant la semaine prochaine et que THE mariage a lieu ce week-end. Mais si, je vous en ai parlé moult fois : ma soeur va devenir madame.

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Il est vrai que je ne suis guère attachée au mariage pour ma propre personne et quand je vois tous les préparatifs que ça nécessite, sans même parler des coûts, de toute la diplomatie du “j’invite machin donc je suis obligée de convier chose que je n’aime pas”, tous les amis des parents des mariés conviés au vin d’honneur (ça, j’ai pas bien compris pourquoi), la musique à choisir, la messe à préparer (quoi que ça, non, j’éviterais)… On ne s’en sort pas. Cependant c’est le choix de ma soeur qui attendait ça depuis bien 5 ans donc forcément, je suis heureuse pour elle. Et là, je réalise : pour le mariage de ma soeur unique… Je suis trijambiste (j’ai deux béquilles…). Et merde !

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J’avoue que ça m’agace. Jusqu’à présent, j’ai pris mon accidentounet avec philosophie, me disant que oui, ça fait un peu chier de se casser le genou mais que ça aurait pu être pire donc comme dit l’adage, faisons contre mauvaise fortune bon coeur. Puis faudra que je vous parle de la rééducation, ça me plaît ça (et pas juste à cause de la partie massage). Sauf que tout positive que je sois, force est de constater que je vais pas être à mon optimum au mariage de ma soeur : je peux pas trop aider à la décoration (qui va accrocher les rubans aux arbres ? Ben pas moi), je vais pas pouvoir danser, je vais être un peu le boulet qui reste pas debout trop trop longtemps parce qu’au bout d’un moment, ça tire et laissez moi avancer en premier sinon le temps que j’arrive dans la salle à la mairie ou dans l’église, la cérémonie sera fini. 

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Je ne peux pas dire que je suis pour autant laissée de côté, ma soeur m’implique autant qu’elle peut : confection de petites choses, peinture de petits cadres, mise en page du livret de messe (ce qui est plutôt étonnant vu que je suis une calamité en terme de mise en page et de présentation, faudrait peut-être que je chope une formation sur le sujet). A défaut d’être la reine du bal, je deviens la reine du ruban. 

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Hier soir, Yohann, notre presque frère, le 3e enfant de la fratrie, m’a appelée pour régler quelques trucs “ahlala, je sens l’excitation monter”, me dit-il. Moi, pas tellement, c’est plus la frustration. La frustration de me dire que je ne pourrai pas fêter comme il se doit le mariage de mon unique soeur. Même si je reconnais qu’elle a tout fait pour m’impliquer malgré ma patte folle et que Yohann m’a garanti qu’ils feraient en sorte que je m’amuse aussi (ce à quoi j’ai répondu en toute sincérité que j’étais pas la reine de la soirée donc qu’il ne fallait pas se mettre martel en tête sur la question), je suis quand même le boulet de service, celle qui propose son aide et s’entend dire “non, non, c’est bon” parce que ce qu’il reste à faire implique de conduire une voiture, de porter des choses, de prendre des escaliers… 

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Evidemment, je me serais pas cassé la marboulette, je ne serais rentrée en province qu’hier soir et n’aurait été utile qu’à partir d’aujourd’hui, j’ai peut-être été plus utile handicapée que mobile car des bras (et surtout des jambes), on n’en manquera pas ce soir. Reste ce sentiment de passer à côté de la fête du siècle. Parce que de soeur, je n’en ai qu’une et normalement, elle ne se mariera qu’une fois.

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Je vais commencer à lui parler de ces gens qui renouvellent leurs voeux lors de cérémonies identiques à celle du mariage pour qu’elle en refasse un dans 5 ans…


Par contre, je risque de tuer ma mère au passage…

C’est historique

Depuis quelques temps, mes rares plages lecture (je vais au boulot à pied) sont consacrés au Nouvel Obs. Tout ce bain d’actualités, ça me fait réfléchir : les guerres, les catastrophes, la crise, les maladies… On a comme la sensation d’une charnière, d’une histoire qui change, d’un avant et d’un après. Mais mesure-t-on réellement la portée de ce que l’on vit ?

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Ce qui m’a toujours fascinée en histoire, c’est le phénomène de feu au poudre ou encore l’effet domino. En découvrant l’assassinat d’un archiduc à Sarajevo en 1914, a-t-on pressenti que le premier domino s’écroulait et allait déterminer toute l’histoire du XXe siècle ? A contrario, certains événements n’ont-ils pas été surinterprété ? Considérés comme une date que personne n’oubliera alors que dans 50 ans, ça restera du domaine de l’anecdote ? Quelles dates restent inscrites finalement dans l’histoire ? A brûle pourpoint, je dirais 476, la fin de l’Empire Romain d’Occident, 1492, 1789, 14-18, 40-45 et 1989. Bien sûr, ma réponse est pas mal conditionnée par ma nationalité et je choisis un peu les dates fixées par les historiens pour marquer la fin des grands périodes historiques (Antiquité (476)/Moyen Age (1492 ou 1515, ça se chamaille)/Epoque moderne (1789 ou 1815, là aussi, c’est pas clair)/Contemporaine). Et le reste ? Tout est historique, rien ne l’est ?

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Prenons un exemple concret : le 11 septembre. En Histoire, les siècles ne commencent pas un 1er janvier XX00 pour se terminer un 31 décembre XX99 (je me souviens plus très bien si les siècles commencent les années 00 ou les années01). Non, on choisit un événement clé. Exemple : le XXe siècle est débutant en 1914. Donc le XXIe siècle débute le 11 septembre 2001 ? Pas si sûr. En 2002, l’historien René Rémond était venu faire une conférence au Mirail et estimait que le 11 septembre n’était pas une date charnière de notre histoire et je suis pas loin de le suivre. Il me semble, sans recul aucun, que les révolutions arabes pourraient être bien plus importantes en fin de compte. Evidemment, faut attendre la suite, je sais pas encore si on a assisté à l’étincelle de la mèche de la dynamite ou à un pétard mouillé. 

Et pourtant, ça bouge, ça craque, ça s’agite. L’Europe est submergée par le mécontentement de ses classes les moins aisées (y compris la classe moyenne) qui en ont marre de payer quand les plus hautes sphères paradent accrochées à leurs parachutes dorés. Que l’insécurité est partout et je ne parle pas de violence mais de vie en général : le monde s’effrite visiblement, notre nourriture nous empoisonne, nous sommes tous menacés par un capitalisme qui a perdu la tête. Où va-t-on ? C’est là que je suis intriguée car on sent un ras-le-bol, une envie d’autre chose mais une envie de quoi ? L’heure des révolutions va-t-elle ouvrir la porte à des fronts de gauche basés sur une égalité, un rééquilibre ou, au contraire, à des partis populistes qui cachent leurs élans xénophobes en expliquant qu’au fond, si on est dans la merde, c’est bien la faute des étrangers qui nous prennent tous nos sous. Et surtout les étrangers colorés, c’est qu’ils sont plus faciles à reconnaître et donc à montrer du doigt. Le dossier du Nouvel Obs sur la montée de l’extrême droite en Europe fait peur. La nouvelle image assez glamour du FN grâce à sa blonde Marine (entre nous soit dit, son relooking est effectivement une réussite, c’est pas pour autant que je voterai pour elle) me fait froid dans le dos vu qu’elle capte pas mal de déçus du sarkozysme, trop ancrés à droite pour choisir une alternative de gauche. 

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Où va-t-on ? Peut-être nulle part, l’année 2011 ne restera peut-être pas dans les mémoires en fin de compte. Si on prend 1956, par exemple, avec l’insurrection de Budapest et les émeutes de Poznan, on aurait pu croire au début de la fin du communisme. Cette année là aussi, il y avait eu la guerre de Suez. In fine, qui se souvient vraiment de 1956 ? Le monde s’emballe mais peut-être va-t-il se calmer, que nous continuerons notre train train et que rien n’aura vraiment changé. Ou nous sommes à l’aube d’un grand bouleversement. Comment savoir ? Le mieux est de garder les yeux ouverts. Dans 10 ans, on saura (ou pas).

Choisis tes moments drague

Je l’ai souvent dit sur ce blog, la séduction est un art dont la drague n’est qu’un odieux avatar. Pour réussir sa campagne de séduction, il faut la réunion de plusieurs éléments dont un qui a quand même son importance : le bon moment. Et y en a qui savent manifestement ne pas le choisir.
 

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18 juin, je me casse le plateau tibial. Si j’ai pas senti de douleur sur le coup (merci adrénaline chérie), 5 minutes après, j’étais clairement plus en état de marcher. Les choses sont claires : cet été, point d’amourettes chez Nina. Cependant mon état de détresse et de douleur ne semble pas être un frein puisque mon infirmier improvisé ce soir là tenta au détour d’un massage de ma jambe d’aller faire un coucou à ma culotte. Heu… ouais ben tu vas t’arrêter de suite. D’abord je n’ai jamais signifié que tu avais moyen de moyenner avec moi (car ce n’est pas le cas) et surtout là, j’ai mal, je suis vagale et je suis bouffée par le stress. En somme même si en temps normal y aurait peut-être quelque chose à faire entre nous, là, je te jure que non. Même Hugh Jackman, je lui aurais interdit l’accès à ma culotte à ce moment précis de l’histoire. Sans parler du fait qu’il y avait un mec à quelques mètres de nous…
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Me voici partie à l’hôpital puis à la clinique de ma ville natale pour mon opération. Et là, j’ai eu droit à la tentative de drague la plus improbable du monde. Je vous dresse le tableau : c’est le matin de mon opération, je ne sais pas à quelle heure précisément je dois partir au bloc vu qu’on m’a coincée entre deux interventions. Ce qui n’avait pas grand intérêt en soi vu que le calmant qu’ils m’avaient filé me faisait dormir. J’avais mis ma plus belle tenue d’opérer : une chemise d’hôpital en coton plastifié bleue indigo qui ne cachait
rien de mon dos et une culotte en maille de coton. Tu le sens mon sex appeal là ? Et je te passe la coiffure digne de… de rien. 10h15, un brancardier arrive (et me réveille), je grimpe sur son brancard un peu toute seule “ouaaaaaah, vous êtes trop forte!”. Oui heu ça va, j’ai juste un genou cassé, le reste va bien, hein… Il me descend au bloc, je ne sais plus bien ce qu’il me dit (je peux avoir le nom du calmant qu’ils m’ont donné ?), je repasse du brancard à un autre lit et là, je sais pas, je raconte que je fais de la plongée et il commence à me caresser l’épaule : “J’étais sûr que tu faisais la natation, ça se voit à tes épaules, elles sont musclées”. Heu… Ah ? Et c’est quoi ce regard incandescent que tu me lances là ? Replaçons juste le contexte : je suis en tenue d’hôpital, shootée aux médocs et je vais me faire opérer dans les prochaines minutes. Tu crois VRAIMENT que je peux être réceptive ? Ne le prends pas perso, hein, tu aurais été
George Clooney (subtile référence à Urgences, c’est gratuit, ça fait plaisir), ça aurait été pareil.

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Comme le disait le philosophe Jean-Claude Duss : “Tente, sur un malentendu, ça peut marcher”. Pourquoi pas. Mais y a quand même des moments où faut éviter de jouer les kamikazes. Une fille qui s’est blessée ou une fille prête à se faire opérer ne sont pas des bonnes cibles de drague, en aucun cas. Oui, je sais, tu penses jouer la carte du sauveur, celui qui apaise la douleur en détournant l’attention de la pauvre blessée mais là, de suite, elle a mal et le corps qu’elle habite, elle aimerait bien le laisser quelques minutes parce que la
douleur, c’est pas son truc. Ah, peut-être la pensais-tu SM ? Et ben raté. De la même façon, une fille en pré-op est tellement focalisée sur ce qui va lui arriver (pose du cathéter, le truc que je déteste le plus au monde et péridurale. Mais la péridurale, me demandez pas si ça fait mal, je n’en ai pas le moindre souvenir) donc tu peux lui complimenter l’épaule, elle s’en contrefout. Elle veut juste que tout soit fini. 

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Ceci étant, c’est intéressant de voir que le coup de la petite chose fragile, ça marche bien.

DSK, reviendra, reviendra pas…

D’ordinaire, le samedi, je fais l’économie d’un article ou j’écris une bafouille plus légère que la meilleure des crèmes chantilly. Mais aujourd’hui, y a quelque chose qui me turlupine et j’ai besoin de prendre ma plume virtuelle. Pour une fois, j’arrive pas à avoir un avis tranché et argumenté et ça m’agace.

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Revenons donc sur l’affaire DSK, le coupable devenu presque innocent hier (rappelons nous que les poursuites continuent, il n’est pas innocenté pour le moment), la victime de l’impitoyable machine judiciaire américaine et d’une dealeuse de drogue blanchisseuse d’argent. Je ne suis toujours convaincue par aucune des versions, en fait. Un piège ? Il y a sauté dedans à pieds joints alors que quelques jours plus tôt, il disait justement qu’il savait qu’on pourrait lui tendre un piège sur ce point. Et une femme qui n’a pas un comportement irréprochable est-elle protégée contre toute tentative de viol ? Je veux dire on peut blanchir de l’argent et être malgré tout victime d’un pervers surexcité. Je ne sais pas. Je n’y étais pas dans cette chambre. Passons sur ce doute somme tout légitime pour arriver au point essentiel de mes interrogations : Strauss Kahn reviendra-t-il ?

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Petite politique fiction : le 18 juillet, Strauss Kahn est blanchi et le PS a retardé ses primaires au cas où. Osera-t-il présenter sa candidature ou se placera-t-il derrière un candidat genre Martine… Sans aucun mauvais jeu de mot. J’ai du mal à croire à un tel retour en grâce et je n’arrive pas à me décider à y voir une bonne ou une mauvaise chose. Peut-être est-il effectivement innocent et il est légitime qu’il reprenne sa vie mais tout ça reste un peu frais. Si pour les primaires, mon candidat était déjà choisi (même si ce serait bien qu’il mette un peu la pédale douce, je commence à être fatiguée de le voir partout), imaginons que DSK revienne, prenne la place de Martine aux primaires (elle sera bien ravie de lui céder à ce qu’il me semble) et l’emporte. Peut-il devenir président moins d’un an après une affaire de moeurs même s’il a été blanchi ? Nul doute que ses adversaires ne l’attaqueront pas sur le sujet mais je ne peux m’empêcher de me poser la question. Cette histoire est-elle la pire chose qui pouvait arriver au PS ou un simple aléa bien négocié ?

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En fait, je n’arrive pas moi-même à trancher. Voterais-je Strauss Kahn aux présidentielles ? Aurais-je confiance en un homme manifestement gouverné par sa quéquette qu’il trempe un peu partout ? D’un autre côté, il a bien le droit de s’envoyer toutes les femmes consentantes de la Terre, du moment qu’il le fait sur son temps libre. A ce que j’en sais, ses
grands besoins sexuels ne l’ont pas empêché d’être un bon directeur du FMI. Puis a-t-on le droit d’opposer comme argument un grand appétit sexuel pour remettre en cause les compétences politiques d’un homme ? Ca n’a juste rien à voir et de ce que l’on sait de nos ex Présidents, beaucoup avaient la bite entre les mains, prêts à conquérir de nouveaux horizons… Elle est un peu étrange cette phrase mais je la laisse. Pourtant, j’ai du mal à y croire. J’ai un peu peur de la suite. Si DSK revient et que les militants PS le choisissent, ne garantit-on pas la voie royale à Sarko qui n’en demandait pas tant ? Car peu importe l’homme et ses compétences, comme dit ma mère : “il n’y a pas de fumée sans feu” et même s’il est lavé de toute accusation, restera le poids de la suspicion.

Non ?

Mais qu’est-ce que tu caches ?

J’aime les articles de presse sur Facebook, ils me font rire. Le grand Satan bleu du web ne respecte pas notre intimité, il dévoile tout et même nos futurs (et actuels après tout)employeurs  savent tout de nous. C’est vrai. Mais si tu ne te confies pas au grand Satan bleu, il ne pourra rien répéter. Mathématique.

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Sauf que. Si je tape mon vrai nom sur Google, j’ai une belle existence numérique : mes profils viadeo et linkedin, de vieux articles publiés ça et là, des CV online, mon Facebook. Oh une homonyme du XIXe siècle ! Bref rien d’incriminant. Facile : je me détague de toutes les photos de soirée, je ne raconte rien de discutable sous mon vrai nom. Ni sous mon pseudo vu que mon blog est sur mon CV papier (mais pas virtuel, il y a trop d’esprits dérangés par ici). Osé ? Non calculé. Jouer la transparence pour ne craindre aucune recherche plus poussée. Et personne ne va lire mon blog de toute façon (enfin, pas mes supérieurs en tout cas).

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Parce qu’un profil plus protégé que Fort Knox, perso, ça m’interpelle : tu caches quoi ? J’ai choisi une autre tactique : tu peux voir ce que j’ai envie de te montrer. Sur mon profil Facebook, j’ai créé différents groupes plus ou moins privés et je choisis qui peut voir quel statut. Et de toute façon, les choses que je souhaite cacher, je ne vais certainement pas les poster sur Facebook…
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Parce qu’au fond, c’est ça qui me fait rire, les gens qui s’indignent que de futurs employeurs puissent les googliser. Mais personne ne te force à adhérer au groupe « si toi aussi, tu as déjà fait un coma éthylique » ou « je couche toujours avec la femme de mes chefs même si c’est un thon ». Les erreurs de jeunesse ? Déjà si un patron est assez retors pour se
taper plusieurs années de statuts Facebook, j’ai des doutes sur la pérennité de son entreprise, il en a du temps de libre dis donc… Et s’il n’a pas l’intelligence de comprendre que clamer sa joie d’être bourré le 13 juillet 2006 ne fera pas de vous un mauvais employé le 16 mars 2011, j’ai envie de dire que c’est pas tout à fait une perte non plus. Ceci étant, si vous postulez dans le community management et que vous avez votre profil FB ouvert aux 4 vents, ça va pas le faire. Non par son contenu mais par le fait que vous ne semblez pas maîtriser le B-A BA de Facebook. Et ça, ça pardonne pas.

La vie en communauté

Je suis une femme de tribu. Ma petite vie est rythmée par mes interactions avec elles : ma famille, mes amis « historiques », mes amis de la plongée, mes collègues, mes anciens collègues, mes amants… Sans parler des tribus virtuelles avec lesquelles j’echange quand je suis devant mon pc. J’ai parfois envie de dire que le taf de community manager était fait pour moi, tant je suis communautaire. Sauf que le communautaire, à un moment, ça suffit.

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Semaine dans le Var donc. Durant une semaine, j’ai partagé ma chambre  avec 5 autres personnes : 2 hommes et 2 femmes la première nuit puis 5 filles le reste de la semaine. Oui, tu lis bien, on a été 6 filles dans la même piaule pendant 5 jours et 5 nuits. Avec une seule salle de bain. Bon, j’avoue en toute immodestie que j’ai parfaitement géré cette partie là : au lieu de glander après la journée plongee, je filais en premier sous la douche. Ça coinçait ensuite avec la chieuse de service qui décidait toujours de prendre sa douche quand une
autre annonçait qu’elle allait le faire. Alors même qu’un soir, elle est restée 15 bonnes minutes dans la salle de bain pendant que je téléphonais sans se laver. J’aime cette sensation d’avoir été légèrement écoutée…

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Parce que si j’ai bien géré la partie douche, niveau intimité et retrouvailles avec soi même, c’est plus compliqué. Déjà plus question de trainer nue comme à la maison, il faut enfiler un t-shirt long pour dormir, on prend pas 2h pour s’étaler différentes crèmes de jour, on arrête de se mater dans la glace pour voir si on est canon ou boudin aujourd’hui (la demi-mesure m’ennuie). Mais surtout quand tu vis seule depuis 13 ans, malgré une cohabitation avec un petit copain pendant près de 2 ans, une coloc de la vacuité et autres nuits partagées avec hommes ou copines, ne pas avoir une minute vraiment seule, c’est pesant. Et je te parle pas des nuits où il faut composer avec celle qui ronfle, celle qui parle et celle qui dort au-dessus de moi qui bouge si violemment que je finis par me demander si elle ne le fait pas exprès.

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Parce que des fois, j’aime me retrouver seule avec moi-même. Pour chantonner, rêvasser, lire un article sans m’arrêter toutes les 30 secondes car on me parle, menbrosser les dents en comptant jusqu’à 180 sans perdre le fil car on m’a posé une question. Me brosser les dents sans avoir à parler, d’ailleurs, ne pas frôler l’occlusion intestinale car je n’aime pas qu’on m’entende m’abandonner à certains besoins vitaux… Le souci, c’est que tout le monde ne partage pas mon besoin de solitude. Exemple : le mardi matin, je m’eveille, toute la
chambrée est déjà prête. Chouette, me dis-je, je vais avoir un peu de temps pour moi toute seule. Sauf que là rôde votre pire ennemie : la fille qui ne supporte pas la moindre once de solitude et estime que vous laisser seule est une traitrise. T’as beau lui dire : »tu peux y aller, je te rejoins », non, non, telle une ombre, elle est là. Le pire fut quand même le jour où je suis sortie de table à la fin d’un repas sans rien dire, souhaitant profiter que mes camarades de chambre soient encore attablées pour aller me délester tranquillou de quelques grammes stoqués dans mon intestin. J’avais à peine fermé la porte de la chambre qu’elle débarquait… Mais tu vas me laisser chier tranquille oui ? Notons que son inquiétude vis à vis de moi ne concerne que ma solitude, c’est la seule à ne pas avoir pris de mes nouvelles suite à mon opération.

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Vous allez me dire qu’une semaine de cohabitation, c’est rien et c’est vrai. Sauf que suite à mon cassage de tibia, je vais vivre (au moins) un mois chez mes parents. Dans une chambre proche de la leur. Et y en a un qui ronfle très fort. Et ma mère soupire « Mon Dieu quelle horreur » quand je mate Buffy contre les vampires. Tiens, j’ai à nouveau 16 ans…