A vot’’ bon cœoeur

(En attendant la suite de Technopolis qui arrivera sans doute ce soir, voici un petit  délire entre ma  soeur et moi pour me trouver du boulot)

Ceci est la chaîne de la journaliste, tu dois la renvoyer à 17 personnes dans la journée, sinon la journaliste te jettera un sort sur toi et sur tes descendants sur 17 générations.
Des choses terribles vous arriveront alors que si vous renvoyez la chaîne, vous aurez droit aux remerciements de la journaliste.
 

Cette chaîne n’est pas contraignante, vous n’avez pas d’argent à verser ou de questionnaires de trois kilomètres de long à remplir, il faut juste faire suivre car c’est important. Vous pouvez aider la carrière de la journaliste et faire le bonheur d’une personne, ce n’est pas tous les jours qu’on vous offre cette belle opportunité.
 

La journaliste a 26 ans. Après de brillantes études en histoire, science politique et journalisme, la journaliste se retrouve diplômée d’un master professionnel de journalisme en octobre. A l’époque, la journaliste était pleine de vie, souriante et confiante en l’avenir. Avec de tels bagages, elle ne pouvait que réussir. Mais voilà, la success story se brise : au lieu de pousser les portes d’une grande rédaction, elle pousse les porte de l’ANPE. De jour en jour, la journaliste s’étiole comme une plante oubliée sur le radiateur en hiver.

 

Tu peux sauver la journaliste, tu dois sauver la journaliste. Pourquoi ? Parce que la journaliste a fait quatre ans d’histoire et est particulièrement douée en histoire contemporaine. Parce que la journaliste a fait un an de science politique et maîtrise sur le bout des doigts les théories des relations internationales, ce qui lui permet de comprendre le monde qui l’entoure. Parce que la journaliste a appris son métier dans un IEP et qu’elle maîtrise parfaitement la langue française. Because the journalist speaks english so well. Parce que la journaliste est parfaitement à l’aise sur papier ou sur le net, qu’elle tisse des liens particuliers avec les gens qu’elle interviewe. Comme la journaliste est jeune et souriante, les interviewés sont à l’aise avec elle et poussent la confidence loin. Parce que des journalistes comme elle, il n’y en a pas tant que ça.

 

Envoie donc ce mail avec le CV joint à 17 personnes (ou plus) pour aider la journaliste à trouver du travail. Ca ne te prendra pas de temps et pense que grâce à toi, une super
fille va pouvoir enfin faire le métier pour lequel elle est faite. Alors surtout ne brise pas la chaîne sinon la journaliste finira téléactrice et te harcèlera au téléphone jour et nuit pour te vendre un sanibroyeur.

 

Les joies de l’amour buccal

Le printemps pointerait-il son nez ? En tout cas, en ce moment, mes hormones sont au plafond, j’ai jamais vu autant de beaux mecs au mètre carré (bon, certes, sans mes lunettes) et j’ai envie de parler sexe. Alors allons-y gaiement.

 

En matière de sexe, il y a une pratique ô combien agréable : l’amour buccal. Une fellation ou un cunni, quelle délicieuse entrée en matière, si j’ose dire ! Une pratique que l’on peut exécuter « jusqu’au plaisir » si on en a envie. Hors contexte, je trouve ça un peu curieux de faire l’amour avec sa bouche et sa langue, je ne considère d’ailleurs pas l’amour buccal comme une brouette à part entière mais plus comme un merveilleux préliminaire. Ca peut paraître curieux comme vision des choses, surtout que les caresses buccales peuvent aboutir à l’orgasme mais un mec que j’ai fellationné jusqu’à ce qu’il jouisse, je considère pas qu’on ait fait l’amour.

D’où vient cette étrange pratique ? J’en ai pas la moindre idée, au fond. Pucelle, je trouvais ça DE-GOU-TANT. Evidemment, j’ai changé d’avis depuis même si mes premières expériences cunnilinguistes n’aient pas été concluantes du tout. Oui, le cunnilingus est un art compliqué : mal fait, c’est franchement atroce, agaçant, insupportable. Je suppose qu’il en va de même pour la fellation. Je n’ai pas de pénis mais je sais que râper la queue avec les dents n’a rien d’excitant pour le monsieur, bien au contraire. J’avais lu il y a quelques années un numéro spécial de Perso sur le pénis et un sexologue parlait de la fellation et disait en gros que c’était super agréable car on peut plus facilement moduler la pression avec sa bouche qu’avec son vagin. Puis je veux pas dire mais on n’a pas de langue à ce niveau-là donc pour le petit coup de langue sur le gland, c’est pas gagné. Après, comme toutes les choses du sexe, tout le monde n’aime pas la même chose… Certaines apprécient les cunnilingus très appuyés, d’autres préfèrent une caresse légère du bout de la langue… Bref, chacun ses préférences.

Le problème avec le sexe oral, enfin, du moins pour une fille, c’est qu’on a parfois l’impression que monsieur exécute poliment un cunni en espérant avoir le retour d’ascenseur. Cunni contre pipe, honnête comme deal, non ? Et bien non ! D’abord, il y a une nette différence entre un mec qui fait ça car il aime ça et un autre qui le fait pour avoir sa pipe, y a pas à dire. Le « hop, trois coups de langue, on inverse les rôles ! », très peu pour moi. D’abord, je ne force personne à le faire, si monsieur n’en a pas envie, on peut faire l’impasse dessus. De toute façon, je n’aime pas les choses systématiques, si le sexe et les préliminaires se passent toujours de la même façon, ça va vite m’énerver. Donc si le cunni n’est pasobligatoire, je vois pas pourquoi la pipe le serait. Si je le fais, c’est que j’en ai envie, sinon, je passe mon tour. Parce que, messieurs, sachez qu’il n’y a rien de plus tue l’amour qu’un mec
qui nous appuie sur la tête pour nous indiquer où il faut aller. Dans ces cas-là, je vais m’arrêter à léchouiller le nombril, na ! De la même façon, une fois que l’on s’exécute, merci de pas nous appuyer sur la tête : si vous n’êtes pas contents, démerdez-vous tout seul, non mais ! Une fois, un gars me filait des coups furieux de rein, j’ai eu l’impression qu’il voulait me violer les molaires, ce fut assez pénible. C’est pas parce que je fais pas une gorge profonde qu’il faut me l’imposer. Est-ce que je vous appuie sur la tête pendant le cunni, moi ? Non, je vous laisse faire et je savoure.

Il n’empêche que j’ai remarqué ceci chez les mecs : ils se vantent toujours de savoir faire de supers cunnilingus pour nous convaincre qu’ils sont un bon coup. Genre « je suis très attentif au désir de ma partenaire ». Et bien, la plupart du temps, c’est faux. Et ils ont toujours de bonnes excuses, genre : « non mais je le fais que quand y a pas un poil sur la chatte. » Et nous, on est obligées de se retrouver avec des poils entre les dents sans rien dire ? Ou ils esquivent : « non mais j’ai trop envie de toi, là. ». De l’autre côté, ce sont de parfaits obsédés de la fellation, faut toujours qu’on leur en fasse une, ils nous en parlent tout le temps genre : j’aimerais que tu fasses ça, ça et ça. Véridique, Laurent le pervers m’a détaillé la prochaine pipe que je suis censée lui faire (gentil naïf). Et puis les mecs, ce qui les excite vachement, c’est de savoir si on avale ou pas. Donc, là, messieurs, expliquez-moi pourquoi le fait d’avaler vous excite, je suis pas sûre d’avoir saisi… Que le fait que l’on accepte de fellationner « jusqu’au plaisir » vous branche, ça, je conçois mais le fait d’avaler ou non, je vois pas trop quelle importance ça a. Gauthier, je te laisse faire ton petit volet prévention en commentaire.

Par ailleurs, j’ai remarqué aussi que les mecs qui attaquent les filles sur leur sexualité s’en prennent souvent à leur façon de sucer. Exemple : « c’est un mauvais coup, elle sait même pas sucer. » Les filles, ça marche dans l’autre sens : « c’est un bon coup, il fait des cunnis du feu de Dieu ». C’est assez amusant, ce contraste. En tant que demoiselle, je ne dirais pas qu’un mec est un mauvais coup parce qu’il exécute mal les cunnis. Sans doute que ça m’emmerdera mais en même temps, y a tellement autre chose à faire.

Mais est-ce que le sexe oral peut être considéré comme un acte sexuel à part entière ? Large débat, j’ai donné ma position plus haut mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce point. C’est grâce à ça que M. Clinton put expliquer qu’il n’avait pas menti quand il a déclaré ne pas avoir eu de relations sexuelles avec Monica : il a pas couché avec, elle l’a juste fellationnée « jusqu’au plaisir », permettant ainsi à la jeune fille de garder un merveilleux souvenir de leurs petites entrevues (si ça, c’est pas glauque quand même ! En plus, elle a fait comment la Monica pour cacher la tache tout le reste de la journée ? Je sais, je me pose des questions essentielles). Quelque part, je trouve ça un peu hypocrite. Certes, il n’y a pas eu pénétration mais on peut pas tout à fait dire que la morale fut sauve dans l’histoire. Bon, après, destituer un Président parce qu’il s’est joyeusement amusé avec sa secrétaire, ça me semble excessif : en France, on n’aurait pas gardé nos présidents longtemps avec des histoires pareilles.

Ceci étant, la fellation, pour les filles, c’est LE défi. Donc tous les ouvrages parlant de sexe ou les sites Internet en parlent, nous filent des conseils et moi, ça me fait hurler de rire. Y a un an, à peu près, je discutais avec Gauthier sur MSN tout en farfouillant sur un site féminin qui a une rubrique sexe. A un moment, voilà qu’on nous donne des conseils pour atteindre le nirvana. Ou plutôt pour le lui faire atteindre à lui. Ainsi, j’ai découvert le principe de la pipe au thé : vous prenez donc une gorgée de thé dans votre bouche (pas trop chaud, le thé, quand même, parce que sinon, ce sera très désagréable pour les deux) puis vous entreprenez la fellation. Réaction de Gauthier : remplace le thé par le champagne, c’est archi mieux. Dans un ouvrage feuilleté récemment chez Gibert avec mon éternel acolyte Gaugau, y a eu la fellation avec bonbons qui pétillent : « des sensations pour lui et pour vous et ça donne bon goût ! ». Bon, je veux pas dire mais j’ai pas forcément la place de mettre des bonbons ET un pénis en même temps dans ma bouche et puis, un truc comme ça, c’est un coup à avaler un bonbon de travers. Mais le mieux, le best of the best, je vous le livre en direct. Avant tout, je tiens à préciser que j’ai raconté ça à la fac avec gestes à l’appui devant le plus choupinou de
tout l’IEP qui m’a demandé plusieurs fois du feu (nananère !!). Donc voici la recette de la flûte enchantée. Vous prenez une feuille d’aluminium, vous emballer M. pénis avec puis vous posez
vos dents dessus (sans serrer malheureuse !!) et là, vous vous mettez à fredonner. Paraît-il que les vibrations avec l’alu sont très excitantes. Moi, rien que d’en parler, je suis morte de
rire donc j’essaierai jamais, trop dangereux pour monsieur.

Je me demande s’il existe le même guide pour les cunni, je suis pas sûre mais en même temps, j’ai jamais cherché. Oui, je suis toujours résolument hétérosexuelle et j’ai pas assez
de souplesse pour m’exécuter moi-même donc voilà.

Le sexe oral, c’est quand même bien sympa. Pas suffisant pour que je sois pleinement satisfaite… Mais déjà bien pour introduire la suite des événements !

La brouette en rythme

Ici, on parle (très) régulièrement brouette mais pas tellement du « décorum » : dans quelle ambiance faire l’amour ? Bon, très honnêtement, si je n’en parle
pas, c’est que je m’en fous royalement. En pleine lumière ou dans le noir, avec ou sans bougies, sur un lit couvert de pétales de rose ou sur la table de la cuisine (sans miettes, quand même, faut pas déconner).

 

Mardi dernier, je suis allée au sexodrome avec Emma. Bon, je tairai notre frustration devant les deux malheureuses étagères garnies (enfin pas vraiment) de gadgets peu variés. Ah, ça, du gode réaliste, y en avait, de la queue blanche ou noire avec la petite veine bleutée bien représentée mais franchement, je trouve que le seul intérêt d’un gode ou d’un vibro, c’est son côté fun. Si je veux un pénis réaliste, je préfère autant prendre un vrai amant, c’est bien plus sympathique. Bref, au sexodrome, outre les DVD et les pervers qui nous mataient, il y avait un théâtre érotique où des couples se reproduisent en direct « entrée gratuite pour les filles accompagnées ». Et là, dans ce haut lieu de sexe pas vraiment bon marché passait des musiques assez hallucinantes hautement excitantes comme le nouveau générique de la Star Ac ou encore « Toutouyoutou » et, là, effrayée, je demande à Emma s’ils diffusaient la même musique dans
le théâtre érotique. Quelque part, imaginer un couple en train de forniquer sur Véronique et Davina a quelque chose d’hilarant. Non mais franchement, voir monsieur en train d’exécuter une levrette en rythme, n’y a-t-il rien de moins excitant ?

Mais sur quoi faire l’amour ? Il y a quelques mois, Victoire et moi avions pris un délire sur le sujet sur le forum que nous fréquentions, une fille ayant posé la
question : sur quelle musique faire l’amour ? Hum, excellente question ! Il est vrai que certains titres nuisent irrémédiablement à l’ambiance romantique d’une brouette. Non mais imaginons, me voilà dans les bras de Brad en plein préliminaires. Déjà, Brad me quitte quelques instants pour mettre la chaîne, ce qui me pose un problème en soi : non, monsieur, on ne s’arrête pas en si bon chemin. Voilà pourquoi je range mes capotes sous mon lit et pas dans la salle de bain, certes très proche de ma couche. Donc Brad enfile un CD dans la chaîne et voilà que les enceintes crachent un merveilleux : « c’est à boire, à boire, à boire ! ». Bon, là, je pars dans un merveilleux fou rire et c’est terminé pour la
brouette.  

Bon, comme il est peu probable que j’ai l’indécence de sortir avec un gars qui non seulement a l’idée saugrenue de me passer un truc pareil pour la brouette mais qui a l’audace même de posséder ce CD, je ne pense pas me retrouver dans cette situation. Sauf si mon prochain amant lit cet article et a la bonne idée de me faire une blague. Comme si on rigolait avec la brouette, tiens ! Donc mon Brad, il est mignon, il va pas me mettre ça. Mais mettre quoi alors ? Lui cul nu devant sa chaîne, moi à point dans son lit, on va pas passer tous ses CD en
revue ! Mais il faut avouer, ce n’est pas évident à choisir. Il faut quelque chose qui reste dans l’ambiance mais il ne faut pas que ce soit trop rapide (faudrait pas qu’on s’épuise dès le départ) ni trop lent (risque d’endormissement au milieu, quelle honte). Le souci corollaire est de choisir un bon CD. Non parce qu’une brouette qui ne dure qu’une chanson, hum ! Or, le problème d’un CD album, les chansons se suivent et ne se ressemblent pas forcément, on peut passer d’une jolie balade romantique à un rock atrocement bourrin. Je n’ai rien contre le bourrin mais y a des moments où on s’en passe.

La solution consisterait-elle à graver un CD exprès pour l’occasion. Non mais et puis quoi encore ? Et pourquoi pas un programme de la brouette à suivre ? En plus, n’étant pas vraiment naïve, j’aurais compris que Brad n’a pas gravé ce CD exprès pour moi mais qu’il a dû l’utiliser avec ses précédentes conquêtes et, quelque part, c’est un poil vexant de penser que Bradounet me fait l’amour comme il l’a fait avec les autres. Non, non, non !

N’allez pas croire que je sois une anti « musique pendant l’amour » mais je ne calcule pas ce genre de choses. Ce que j’aime dans la brouette, c’est l’imprévu, quelque part, que le coït va arriver sans qu’on sache exactement quand donc pas la peine de tout prévoir à la seconde près. Si la musique est déjà là, je ne la couperai pas. Si nous étions en train de discuter dans le calme, je vais pas allumer la chaîne juste pour l’occasion (et encore moins la radio, ça crachote, ça m’énerve).

Mes premiers coïts se sont pourtant souvent fait en musique, d’après les souvenirs que j’en ai. En fait, avec Pierre le pervers, on était allés boire un verre dans un bar
toulousain et on avait hérité d’un CD démo avec divers titres qu’on a écouté très souvent pendant son séjour et, donc, pendant nos coïts. Je me souviens pas de ce qu’il y avait dessus (je l’ai balancé depuis), y avait juste une chanson dont le refrain était « je ne sais pas conduire, pas même un cerf-volant, je ne sais pas conduire pas même un cerf-volaaaaaaaaaaant ». Avec Guillaume 1er du nom, aussi, nos premiers coïts furent musicaux pour pas trop que les voisins entendent notre coït. Je rappelle que c’est dans ce même immeuble que Gauthier et moi avons entendu en direct la chevauchée sauvage de ma voisine et de son mec donc, forcément…

Mais à part pour cette bête raison pratique, pourquoi écouter de la musique dans ces moments-là ? D’ailleurs, le verbe écouter ne me paraît pas vraiment appropriée puisque pendant la brouette, je suis complètement déconnectée, je n’entends plus rien (enfin, je ne fais pas attention, rappelons que l’amour ne rend pas sourd, juste aveugle), je suis juste branchée sur mon partenaire et je ne fais pas attention au reste. Ainsi, quand on me demande quelles chansons sont faites pour faire l’amour, autant me demander la capitale des îles Samoe occidentale (Pago-Pago, je suis culturée comme fille) : j’en sais rien et au fond, je m’en fous royalement. J’ai tendance à répondre donc des titres qui m’inspirent, sans que je sache pourquoi. Oui, y a des chansons qui me donnent envie de faire l’amour, c’est comme ça. Lesquelles ? Mais comme tu es curieux lecteur ! Disons que ça dépend mais y a des chansons que je verrais bien dans
un film, lors de la scène coquine. Exemple : sous-marin Marion de Jorane. C’est curieux, je sais pas pourquoi cette chanson m’inspire ça, ça commence tout doux et soudain, ça accélère, ça éclate, c’est quelque part assez violent avant que la chanson se termine sur une note plus calme. N’est-ce pas une merveilleuse métaphore de l’acte amoureux ? Préliminaires, la pression
monte, pénétration, ça monte, ça monte, ça explose, orgasme, puis les deux partenaires se laissent aller à un apaisement bien mérité. Autre chanson excitante à mon goût : Femme fatale, d’Emilie Simon. Chanson calme au possible où la douce Emilie susurre le refrain en compagnie d’un monsieur dont je ne connais pas le nom, voix qui me font penser aux ressacs des vagues… Oui, cette chanson me fait penser à l’amour sur la plage. On pourrait aussi citer « Protège-moi » de Placebo, avec le même effet de voix chuchotées.

Mais comme un coït dure rarement 4 minutes 32, je trouve la question de « quelle chanson pour faire l’amour » assez curieuse. Quoi qu’il en soit, si un homme veut un jour brouetter sur Toutouyoutou, je pense sincèrement que je le laisserai se « pignoler » tout seul (expression que m’a apprise Laurent l’obsédé y a quelques temps) et je rentrerai chez moi. Non mais le sexe, ça se fait pas n’importe comment ! Ce n’est pas un exercice de gymnastique et ça ne se prépare pas, de toute façon, ça se fait parce que les deux en ont envie. Avec ou sans musique.

Article écrit en écoutant le nouveau CD d’Emilie Simon. Pour faire l’amour, je sais pas ce qu’il vaut mais pour m’agiter comme une pintade sur ma chaise de bureau, il est nickel.

Tatiana

Nom : Tatiana
Age : 23
Signe astro : virgo
Profession : étudiante-chômeuse
Situation amoureuse : Célibataire mais à moitié
Lieu de chasse favori : la savane (ah euh non c’était peut être pas ça la question)
Ce que vous cherchez : mes clés !
Liaison amoureuse la plus longue : 2 mois
Votre meilleur souvenir en amour : euh…
Une anecdote marrant en matière de sexe : j’étais avec un mec, tous les deux complètement bourrés, monsieur était très chaud (je m’y était bien employé) et puis moi d’un coup je me dis que ben non j’ai plus envie et envoie l’autre sur les roses ou plutôt dans les toilettes (le pauvre…)
Vos règles et devises : rester entière et fidèle à ses convictions
Petite présentation : « bonjour, Tatiana, 23 ans célibataire, si tu es beau et que tu n’es ni trop lourd ni trop con, et ben reste comme ça surtout change pas ! »
 
Si vous étiez une chanson : sea, sex and sun
Si vous étiez un livre : un livre de fantaisie
Si vous étiez un film : filles perdues cheveux gras
Si vous étiez un arbre : un ficus bonzaï
Si vous étiez une fleur : une orchidée
Si vous étiez un animal : un chat
Si vous aviez 3 vœux : être heureuse tte ma vie, que tous les gens que j’aime soient heureux tte leur vie et pouvoir faire des vœux toute ma vie 😉
Si vous pouviez être invisible, vous iriez espionner : tout le monde !
Ma vertu préférée : la franchise
Le principal trait de mon caractère : entière et changeante
La qualité que je préfère chez les hommes : qu’ils soient honnêtes, et attentionnés (autant dire l’impossible)
La qualité que je préfère chez les femmes : la fantaisie
Mon principal défaut : la non diplomatie (parfois)
Ma principale qualité : l’écoute et la compréhension
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : leur gentillesse et leur soutien
Mon occupation préférée : parler
Mon rêve de bonheur : une vie en dehors des conventions
Quel serait mon plus grand malheur ? : devenir aigrie
A part moi -même qui voudrais-je être ? : personne c déjà assez compliqué d’être soi
Où aimerais-je vivre ? : dans une grande ville ou tout le monde est anonyme
La couleur que je préfère : violet
L’oiseau que je préfère :
un aigle
Mes héros dans la fiction : c’est quoi un héros au juste hein ?
Mes héroïnes favorites dans la fiction : toutes les filles avec des pouvoirs surnaturels
Mes peintres préférés :
dali
Ma nourriture et boisson préférée : chocolat !!!!!!!!!!!
Ce que je déteste par-dessus tout : la lâcheté et la tromperie
La réforme que j’estime le plus : la liberté de contraception et le droit de vote des femmes
Le don de la nature que je voudrais avoir : un sixième et septième sens
Comment j’aimerais mourir : sans souffrance et avec le sentiment d’avoir eu une vie remplie

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : celle qui est avouée avec regrets.

Comment se faire désirer en une lettre

Par Tatiana
Ceci est mon premier article sur ce blog (merci à Nina de m’avoir introduite dans le cercle) alors je peux commencer par vous saluer tous : « salut tout le monde ! ». Pour le premier article je pense faire court, parce que j’ai envie donc voilà.
 
Lettre
En ce moment je suis un peu dans une phase vide de ma vie vu que je viens de finir mon stage (mardi dernier), que ma moitié de mec est en vacances à l’étranger (je vous expliquerai peut être un jour pourquoi j’ai une moitié de mec seulement), et que je me retrouve donc un peu en période de sous activité par rapport à il y a même pas une semaine, hors il faut savoir que moi je suis plutôt du genre hyper active, et ne rien faire c’est bon pour la plage mais pas pour Paris. Vous comprendrez alors que là je suis pas au mieux de ma forme. Mais comme j’ai fini mes études en décembre dernier, il me faut maintenant chercher du travail : étape très incertaine de la vie d’une personne car on sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça finit.
 
La première étape dans une recherche d’emploi : refaire son CV. Pour l’instant c’est plutôt facile, on met un peu de couleur on change quelques phrases, on rajoute sa dernière expérience professionnelle et le tour est joué. En plus pour cette étape j’ai eu le droit à un coup de main d’une nana des RH du stage où j’étais donc a priori il devrait en jeter mon CV. Et puis, vient le tour de la chose la plus vicieuse (selon moi), qui est un obstacle difficile à franchir pour ma part je dois l’avouer : la lettre de motivation. La raison de mon abattement face à ce bout de papier est toute simple : tout le monde sait qu’elle est décisive, puisque c’est elle qui va faire en sorte que votre possible futur employeur va garder votre candidature ou la mettre à la poubelle. Alors comment lui faire comprendre que c’est vous et personne d’autre qu’il lui faut ? Car bien sûr on ne peut pas écrire sur une lettre « eh ! toi là qui est en train de lire cette lettre, tu viens de trouver la perle rare. Si si je t’assure il y en a pas deux comme moi, je suis celle qu’il te faut pour ce job (et pas pour autre chose on est d’accord hein ?) ». Il faut toujours en passer par des formules bien nulles et sans intérêt du style « j’adore votre entreprise ! D’ailleurs dès que j’ai su parler une de premières choses que j’ai dites, après papa/maman/caca et autres choses chères à Freud, c’est je veux travailler pour vous !! ». Bon là j’exagère peut être un peu, mais vous vous rendrez compte assez rapidement que j’ai le sens de l‘emphase et ce depuis que je suis en âge de parler. En plus personne ne croit à ce genre de stupidités. Des fois je me demande si on ne ferait pas mieux de dire tout simplement « Ecoutez vous chercher quelqu’un, ben ça tombe bien moi je cherche du boulot et j’en ai vraiment besoin ! Pitié embauchez moi ! ». Là voilà, au moins les choses sont claires.
 
Heureusement que dans moins d’un mois je pars au Mexique. Ah ça y est je sens que vous me détestez déjà. D’ailleurs j’ai peut être un peu déconné de vous avoir dit ça maintenant, je savais que j’aurais dû attendre le deuxième article. Mais pensez à tout ce que je vais avoir à raconter en rentrant ! Bon peut être pas des trucs très chauds car il parait que les personnes du genre masculin ne sont pas des top canons. Mais bon on est jamais à l’abri d’un touriste… Et en fait tout à l’heure j’étais en expédition maillots de bains avec une de mes amies, qui part en Guadeloupe. Le truc bien c’est que j’ai trouvé plein de maillots de bain et le truc moins bien c’est que j’ai trouvé plein d’autres trucs aussi. Enfin, tout ça pour dire que la recherche d’emploi c’est pas facile parce que en plus de ne rien avoir à faire, vous passez votre temps à dépenser de l’argent que vous ne gagnez pas. Donc vraiment, vivement que j’ai un travail !

J’ai le melon

Par Gauthier
Comme vous le savez peut-être, ou peut-être pas, je ne suis pas un modèle de modestie, ni d’humilité, et encore moins de compassion. Bref mes amis les plus proches peuvent vous le dire, je suis plutôt puant comme mec quand je m’y mets. Alors forcément comme je suis bien élevé, je fais des efforts pour « bien passer » en société. Je ne peux pas décemment cracher mon fiel ou me mettre en avant 24/24h 7/7j, sinon je serais bien seul.
 
Oui parce que comme tout spécimen d’homo insupportabilus (Mister Big, si tu nous regardes, des fleurs…), je suis aussi hyper sociable, j’ai besoin d’avoir un milliard d’amis, d’être complètement overbooké, bref ça me permet de me sentir encore plus important.
 
Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ? Parce que j’ai atteint des sommets ces derniers temps. Oui j’ai une chance insolente, tout me réussit, ça en devient indécent. Par où commencer ?
 
Vous le savez sûrement, mais je suis encore étudiant, et je passe beaucoup de temps à sortir, à baiser, bref à m’amuser. Mais j’ai quand même validé mon semestre avec brio (j’ai loupé la mention, mais comme la moitié de la promo s’est fait recaler, ben ça donne de la valeur à mes notes). En plus, pour la petite histoire, quand je me suis retrouvé devant ma feuille d’examen j’ai été super déçu par les sujets. Je suis en bac + 5, le minimum c’est, à mon avis, de vérifier si l’on sait réfléchir, analyser, synthétiser, bref si on a un cerveau suffisamment développé pour devenir des cadres supérieurs. Perso j’attache très peu d’importance et de crédit aux gens qui sont capables d’apprendre par cœur et de le recracher pendant un examens. Ça va, on est plus au lycée. Ben nos profs nous ont simplement demandé de recracher le cours, du par cœur, à la virgule près. Le truc bête et méchant, n’importe quel couillon avec un QI suffisamment élevé pour pouvoir nouer ses lacets tout seul est capable d’apprendre par cœur et de réciter. Donc au lieu de passer 3h dans la salle pour chaque examen, j’y suis resté entre 1h30 et 1h45, juste le temps de remplir deux copies doubles, c’est quand même très scolaire tout ça… Donc le fait que tous ceux qui sont recalés sont resté les 3h à se prendre la tête sur des sujets niveau bac (pour moi) ben ça me regonfle encore plus le melon démesuré qui me sert de boite à cerveau ces temps-ci.
 
Parlons du reste. Je suis dans un master professionnel, il me faut donc un stage pour valider mon année. Je suis quelqu’un de très pragmatique quand il le faut. Donc ma recherche de stage, ça donnait à peu près ça : « bon ça c’est bien, mais tu seras jamais pris ! ça aussi c’est génial, mais tu n’as pas le niveau ! oh là ! alors celui-là il est parfait, mais il y a 700 candidatures, comment peux-tu être pris ? tient, je vais postuler là, c’est nul, je devrais y arriver ! ». Donc j’envoie mes dossiers de candidature, je fais un beau CV, de belles lettres, je mets une belle photo de moi, bref je fais les choses bien. Et puis je me dis « et merde, après tout, ça te coûte qu’un timbre, postule pour le stage parfait où il y a 700 candidats pour un poste, on sait jamais ». Eheheheheh, donc je peux officiellement l’annoncer, j’ai un stage, et lequel à votre avis ? Ben oui mesdames z’et messieurs, j’ai écrasé 700 personnes pour l’avoir : JE SUIS TROP FORT ! Bon par contre j’en ai presque pleuré, et j’ai pas encore tout à fait réaliser, mais bon le fait est que je vais faire un stage de la mort qui tue. J’aimerais bien vous expliquer, mais sous couvert de préserver un semblant de vie privée et d’anonymat, je ne peux pas. Et en plus j’ai pas le droit de parler de ce que je vais faire (les plus perspicaces aurons sûrement une piste avec ce que je viens de dire). Donc on refout une couche au melon, là c’est officiel, je passe plus les portes…
 
À cela s’ajoute ma vie sexuelle, tout le monde a pu lire mon précédent article, mais si… Celui où j’explique que j’ai enculé un futur mannequin américain, qui m’a hurlé du « Djisseus Kraïste » toute la nuit !!!!! Donc oui j’avoue, je me tape des bombes, des mecs à vous faire vous dévisser la tête quand vous les croisez dans la rue. Le genre de mec qu’on voit dans un magazine, et on se dit « mais ça n’existe pas des mecs comme ça, regarde-le, il est trop beau !!! ». Ben si mesdames z’et messieurs, ça existe, et je dois même avouer quelque chose, il est très gentil, et il me fait des compliments par rafales. Moi là c’est officiel, j’en peux plus, c’est plus un melon que j’ai, c’est une mongolfière. Je suis tellement gonflé que je touche plus terre…
 
Donc pour revenir au problème de base, je suis puant. Je dénigre et je critique. Je me sens largement supérieur. En même temps, c’est pas ma faute, les gens sont médiocres, et ils se complaisent dans leur médiocrité. C’est affligeant. Vous aussi je suis sûr que vous savez de quoi je parle. Je suis en plus de tout, mais en fait ça va ensemble, complètement élitiste. Regardez derrière vous, et repensez à vos camarades de collège ou de lycée. Je suis sûr que vous ne voyez plus 95% des gens que vous fréquentiez à l’époque. Là vous en recroisez un/une par hasard dans une soirée. Ça fait super plaisir ce genre de truc, perso suis toujours super content de les recroiser, bref. Donc vous commencez à papoter, et ça donne quelque chose comme ça :
– Alors tu fais quoi de ta vie ?
– Je suis en Science po, je vis à Paris, et je suis gay et toi ?
_ J’ai arrêté en première, je me suis marié avec Marc, on a deux gosses, je suis caissière à Ecomarché, et je fais construire ma maison à côté de celle de mes parents.
– …
Comment peut-on ???? Cet exemple est tiré d’une histoire vraie, et la fille a rajouté « putain je suis bien contente de te revoir, c’est tous des ploucs au village, je les supporte plus, il faut trop que tu viennes boire le café » Et toi t’es quoi ? T’es pas la reine des ploucs peut-être ??? Je rêve… Ma meilleure amie au lycée, enfin mes trois meilleurs amis au lycée sont dans cette situation : bac – 2, marié, presque des enfants, travaillant pour le smic, et super heureux ! Moi je ne comprends pas… Alors je ne choisis pas mes fréquentations selon leurs diplômes, ni leur culture, mais il faut bien avouer que s’ils sont incapables de tenir une conversation je ne vais pas les voir souvent et ils ne deviendront jamais des amis. J’ai essayé de passer outre ça, et ça donne des situations super compliquées, où à la fin on se dispute façon « j’ai 12 ans, t’es plus ma copine, je vais te pourrir ta vie, bouh vilaine ». Perso je trouve ça fatigant à mon âge d’avoir encore ce genre de relations humaines.
 
Donc oui je suis puant, élitiste, et j’ai un melon inimaginable. Et alors ??? Je n’oblige personne à me supporter. Et le plus fort c’est qu’apparemment c’est ce qui me rend si attractif quand on me rencontre. Parce que je suis la personne avec qui tu vas pouvoir t’isoler dans un cocktail pour dire du mal de l’ensemble de la salle. Et ça, c’est pas complètement jouissif ? Pour une plus ample compréhension du phénomène « langue de pute », reportez vous à l’article de Nina. Bref j’assume complètement mes défauts, j’en fais même des qualités. C’est normal, je suis tellement intelligent !!!!

Le zizi culturel

Je pense que je tiens ici le titre le plus débile de ce blog. C’est pas que je suis obsédée par le pénis mais voilà une chose soumise à une certaine culture. Hé oui, messieurs, selon où vous vivez où selon votre religion, on vous enlève un petit bout. Et quelque part, ça me dépasse complètement.
 
Vendredi soir, je suis posée devant ma télé à fumer une clope avant d’aller faire des bulles dans mon bain (surtout que j’ai acheté des sucres effervescents, mmmm !). Je regarde une série profondément débile qui s’appelle Off Center, l’histoire de New Yorkais qui vivent en coloc… Non, ce n’est pas Friends, les héros sont juste plus jeunes (mais ils ont quand même leur café de prédilection). Les personnages masculins vont dans une salle de sport naturiste ( ???). Dans l’épisode de vendredi, l’Anglais de service vire son slip et là : « ah mais bah, qu’est-ce qu’il y a sur ton pénis ? » Un prépuce, cher. Donc pendant tout l’épisode, notre ami Européen se pose la question : prépuce or not prépuce, that’s the question.
 
Partant de là, je me mets à réfléchir au pénis et à la nécessité dans certains pays d’enlever la petite peau qui ne sert peut-être pas à grand-chose mais qui est d’origine. En tant qu’Européenne, je suis plus qu’habituée au prépuce de ces messieurs et j’avoue que ça ne me gêne pas, bien au contraire. Ca me fascine cette espèce de conformisme pénissal. Après tout, nous les femmes, on ne nous impose pas un stéréotype vaginal… On pourrait imaginer par exemple qu’en France, pour être normale, il faudrait une épilation en triangle alors qu’aux Etats-Unis, ce serait plutôt en ticket de métro. Par exemple.
 
Alors pourquoi se faire enlever un bout de peau pour être « comme les autres » ? Une femme refusera-t-elle de partager la couche d’un homme parce qu’il a gardé sa capuche ? Dans Sex and the city, effectivement, Charlotte part en courant d’un lit d’un monsieur « entier », on dira. Si je me mets à sa place (mais situation inverse, je suis habituée au prépuce), je ne crois pas que ça me ferait fuir, bien au contraire, j’étudierais ça avec passion. Je testerais différentes choses pour voir « ce que ça fait ». Parce qu’au fond, je me demande comment on peut rejeter un homme à cause d’un pénis équipé d’un prépuce ou pas. Aux Etats-Unis, apparemment, les femmes ne trouvent pas ça propre… Je veux pas dire mais ne pas avoir de prépuce ne signifie pas  que le monsieur est d’une hygiène irréprochable et vice-versa. Souvent, dans ces mêmes séries américaines, de jeunes hommes passent sur le billard pour se
faire enlever ce bout de peau « pour plaire à leur fiancée ». Alors si le mec vient de se convertir au judaïsme pour sa belle, je peux concevoir, mais sinon, ça me dépasse complètement. Un mec qui demanderait à sa fiancée de se faire siliconer les seins, se raboter le nez ou se faire liposucer, ça fait hurler mais qu’une fille demande à un mec de se faire enlever quelques bouts de peau, ça paraît tout à fait normal. Non mais au secours ! Elles peuvent pas accepter la queue de leur copain telle qu’elle est ? Parce que si elles acceptent pas ça, c’est qu’elles ne doivent pas l’aimer tant que ça, le monsieur.
 
C’est hallucinant comment le pénis est un objet culturel. Dans certains pays, ils sont tous tatoués (aïe !), on les enserre dans un espèce de tube qui remonte au nombril. Et là, je m’interroge : ces étuis me semblent assez étroits et ajustés : et si le monsieur a une érection, il se passe quoi ? Ca risque d’être très gênant, non ? Et puis les femmes ne sont pas si naïves ! Un pénis ne rentrera jamais dans leur nombril, arrêtez de rêver, les gars. Autre fait culturel intéressant : le prince Albert. Alors pour les incultes : non, ça ne vient pas du tout de M. Albert de Monaco, c’est beaucoup plus vieux que ça. Le prince Albert dont on parle est anglais. Pourquoi ce monsieur s’est-il percé la queue ? Et bien non, il n’était pas masochiste, c’était pour une question de bienséance : notre ami Albert avait mis un anneau au bout de son pénis pour y glisser un fil qui lui permettait de plaquer son sexe contre sa cuisse et éviter ainsi les renflements gênants…
 
Ca aussi, c’est culturel : souligner ou dissimuler son pénis ? Le mettre dans un étui ou le plaquer contre sa cuisse ? Je pense qu’il y a ici deux logiques qui s’affrontent : affirmation de sa virilité contre une certaine pudeur. Il faut dire ce qui est : quand un mec me plaît, je ne peux m’empêcher d’aller jeter un œil furtif à cet endroit-là, bien que je ne puisse en tirer de réelles conclusions (oui, un sexe au repos peut-être ridiculement petit par rapport à sa version en érection, tout dépend de ce que j’appelle la « capacité érectile »). Et dans nos sociétés, j’ai plutôt de la chance, les hommes aiment bien mettre des jeans moulants, mmmmm ! Pour autant, les messieurs ne mettent pas en valeur de façon outrancière leur service trois pièces en attirant le regard dessus. J’imagine bien des mecs se promener avec une coquille par-dessus leur jean, tiens, que ce serait mignon ! Le seul endroit où le sexe est à peine voilé, c’est à la plage, surtout avec les maillots de bain justement nommés moule-bites (je trouve ça anti sexy au possible). Un copain m’expliquait un jour qu’à la plage, il aimait bien avoir une demi érection : suffisamment pour présenter un bel engin qui gonfle sous son maillot mais pas assez pour que ça fasse piquet de tente. Effectivement, vous remarquerez qu’à la plage, y a toujours des gars allongés sur le dos, mains posés derrière la tête, qui nous montrent fièrement leur engin, soigneusement rangé dans leur maillot moule-bite. Messieurs, je vous le dis : y a rien de plus ridicule. Si vous voulez draguer avec votre pénis (technique qui me paraît hautement casse-gueule soit dit en passant), gardez quand même un peu de votre dignité. Parce que, moi, un guignol pareil, je lui ris au nez et il n’aura plus jamais l’occasion de me montrer popol.
 
Bref, pour en revenir à cette histoire de zizi culturel, tout ça me dépasse, sans doute parce que je ne suis qu’une fille. Comment on peut faire une fixette à ce point sur une partie de son corps que seul(e)s quelques privilégié(e)s vont voir ? Je sens la réplique : « oui mais vous, vous faites bien une fixette sur vos seins ? » Oui et non. D’abord, nos seins, même habillées, on les voit un peu plus que votre tuyau (j’adore cette expression) mais il n’y a pas que ça. Une fois, j’ai lu un magazine féminin qui m’expliquait que je devais à nouveau me raser en triangle parce que le ticket de métro, c’était dépassé. Ah oui, j’imagine la scène : me voilà avec un nouvel amant qui, quand j’ôte mon string, hurle :
« Quoi, mais t’es épilée façon ticket de métro ? Mais t’es trop has-been comme fille ! ». D’abord, je trouve l’épilation « ticket de métro » atroce, ça casse la forme de mon sexe, ensuite, je vois pas pourquoi le look de mon minou devrait être à la mode. Comme si je sortais de chez moi à poil, tiens ! Alors pourquoi les mecs devraient se conformer à ce point à la norme ? Après tout, la première personne à qui doit plaire ce sexe, c’est à eux, non ? Personnellement, j’irais pas me faire opérer du sexe juste pour être dans la norme. Surtout que cette opération est définitive : se faire enlever de la peau pour sa copine, c’est sympa. Sauf que si la survie de votre couple ne tient qu’à quelques centimètres de peau, je crois que votre couple aura une durée de vie limitée.

La musique, oui, la musique !

Ah, l’industrie du disque, en voilà une qui nous prend pour des cons et des vaches à lait. Je sens que je vais me faire allumer suite à la rédaction de cet article mais tant pis,
je l’écris quand même, même pas peur.
 
musique 
Ce que j’aime sur M6, ce sont les mini-émissions comme « lumière sur » ou « s comme son ». Bon, très honnêtement, je n’ai jamais compris la différence entre les deux, peu importe. En général, ces émissions d’un couple de minutes montre un artiste qui chante une daube fantastique et un monsieur le présente d’une voix extatique : « Pingoo le pingouin se donne à fond pour divertir son papa qui s’ennuie sur la banquise » (véridique, y a une chanson comme ça). Dans la même série, nous avons Ilona chais-pu-quoi (« un oiseau, une vache, une chèvre-euh ! »), le mannequin italien dont j’ai oublié le nom qui chante un truc qui fait « je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime… ». Bon, si faire une chanson, c’est répéter 20 fois la même chose, je vous fais un CD en une semaine.
 
Là, je me pose des questions : qui met ces…hum…œuvres en vente ? Qui décide que ce titre est gé-nial et va forcément cartonner ? Des chansons débiles, y en a toujours eu donc je vais pas me lancer dans un « bouh, c’était mieux avant » mais grâce à M6, je découvre ces titres comme les espèces d’extraterrestres tout moches qui chantent un atroce « gna gna gna gna ! » qui me donne envie de mettre de la super glue sur mes boules quiès pour ne plus jamais entendre ça. Et pourtant, les boules quiès, j’ai horreur de ça. Mais le pire, c’est que ça marche du tonnerre !
 
Niveau musique, je suis assez chiante, faut dire ce qui est. En boîte, y a des trucs sur lesquels je refuse de danser sur certains titres tellement je les supporte pas comme le truc des Las Ketchup qui me sort par le nez ou les Bratisla Boys à l’époque. Ouais, c’est super, c’est délire… Non, c’est du n’importe quoi. A côté de ça, y a des pauvres artistes qui font des trucs bien mais qui galèrent comme des malades. J’ai découvert récemment l’envers du décor grâce à mes anciens camarades de promo qui ont un groupe et ont enregistré leur première démo. Franchement, ce qu’ils font, j’adore, je me suis empressée d’acquérir leur galette car les enregistrements en MD lors des concerts dans les bars de Toulouse, c’était très pénible à écouter. Le problème, je crois, c’est qu’il faut tomber au bon moment. Hé oui, la musique, c’est comme tout, c’est un phénomène de mode. En ce moment, j’ai l’impression qu’on exploite à fond le phénomène adulescent (grrrrr, que ce terme m’énerve) avec des titres débilitants, on ressort les vieilles chanteuses de notre enfance qui puent la naphtaline. Oui, lecteur, tu ne le sais pas peut-être mais là, c’est le come-back de Dorothée qui nous ressort « hou la menteuse-euh, elle est amoureuse-euh ! », le tout avec un clip en image de synthèse.
 
En France (mais sans doute ailleurs), aussi, on aime bien les émissions à la Star Ac ou Nouvelle Star, on nous bombarde de jeunes artistes qui dureront… ou pas. Déjà, la Nouvelle Star, je trouve que c’est une émission incroyablement masochiste. D’un côté des candidats qui se ridiculisent pour passer à la télé (après une demi-journée de queue, c’est du travail d’avoir son quart d’heure de gloire), de l’autre un jury qui se dit amateur de musique et qui veut trouver un(e) artiste qui sortira des sentiers battus. Bon, j’avoue que dans ce jury, je connais que Marianne James, moi, qui est une fille que j’adore et qui a un humour terrible, je comprends pas ce qu’elle fout là. Donc de là nous sortira un petit gamin de 17 ans à tout péter qui sera lancé à toute vitesse sur le marché du disque histoire qu’on l’oublie pas entre la fin de l’émission et la sortie de son CD. De là nous sortira soit une nouvelle star, soit un nouveau dépressif, au choix.
 
Tous les jours sortent des dizaines et des dizaines de CD : album, CD deux ou quatre titre, best of… Bref, y en a pour tous les goûts même si certains CD sont plus faciles à trouver que d’autres. Mais je ne suis pas une vache à lait et j’aimerais qu’on arrête de me prendre comme telle. En effet, un CD, c’est en général une dizaine de titres au prix de 20 euros en moyenne. Or de plus en plus, les artistes sortent un album par an avec un voire deux titres audibles, une ou deux reprises et basta.
 
Autre truc qui m’énerve : le best of avec LE titre inédit. Alors, ça, je trouve ça immonde de faire payer 15 à 20 euros pour un titre qui nous manque ! Bon, personnellement, je ne suis pas assez fan d’un artiste pour avoir A TOUT PRIX besoin de ce CD comportant déjà des titres que j’ai par ailleurs, sauf un. Dans la même veine, le CD identique avec trois ou quatre pochettes différentes. La pro de ce genre de marketing, c’est Mylène Farmer : alors nous avons l’album normal, l’édition spéciale, l’édition super rare de la mort qui tue…La couverture noire, la couverture rose, la couverture blanche… Etre fan de cette fille, ça coûte vraiment cher !
 
Alors, maintenant, l’industrie du disque veut nous faire pleurer : bouh, le téléchargement, ça nous étrangle, notre métier va disparaître, au secours ! Bon, avant tout, soyons clair : ce n’est pas tellement la musique qui est menacée par le téléchargement mais plus le cinéma mais voilà un autre débat. Je ne suis pas vraiment une acharnée du téléchargement dans la mesure où j’achète beaucoup plus de CD depuis que j’ai découvert les mp3, au fond. Car quand j’aime un artiste, j’achète ses albums, histoire de l’encourager à en faire d’autres (logique). Grâce au téléchargement, j’ai découvert Jorane, Tori Amos, Fiona Apple, Emilie Simon ou encore Apocalyptica. D’un autre côté, il y a des CD que je suis ravie d’avoir téléchargé car à part le titre phare, il n’y a rien à récupérer. Après tout, dois-je me sentir coupable de ne pas acheter un CD dont un seul titre me plaît ? Ben non.
 
En France, le prix d’un CD normal est aujourd’hui trop élevé. J’avoue que je ne connais pas trop les prix à l’étranger mais je sais que ça me revient moins cher d’acheter mon CD au Canada et de me le faire livrer que d’aller à la FNAC. Bien sûr, ça me désole les artistes qui ont du mal à joindre les deux bouts parce qu’ils font de la musique pas commerciale pour un sous, contrairement à une gamine qui ne sait même pas chanter mais vu la promo, on ne peut que difficilement y échapper. Après, je me demande sincèrement qui achète ces disques mais apparemment, ça marche du tonnerre.
 
Des fois, je me demande comment des gens qui aiment vraiment la musique veulent encore en faire leur métier car il est plus sûr de passer dans une émission « fabrique à chanteurs » et de se faire composer des titres par des gens habitués à pondre des tubes en série. Aujourd’hui, l’audace musicale ne semble plus de mise. Et après, on nous explique que c’est notre faute : on n’achète plus de CD donc les maisons de disque ne prennent plus de risque en produisant des artistes un peu originaux. Un peu facile, non ? Il me semble que certains disques ramènent tellement d’argent qu’ils permettraient de financer un ou deux artiste moins vendeur, non ? Bref, plutôt que de pleurer pour de mauvaises raisons, que les gens soient honnêtes : s’ils préfèrent produire des chanteurs au talent…hum douteux qui font des titres parfaitement formatés pour réussir plutôt que des gens qui font des œuvres plus originales, c’est une question d’argent, mais pas celle qu’ils avancent.

Episode 2

19 avril 2014
Camp de survivant de Los Angeles.
 
Alyson ouvrit les yeux et tendit l’oreille : quelqu’un criait.  Ca n’avait rien de surprenant dans ce genre d’endroit où ceux qui n’étaient encore pas morts
venaient s’entasser. En effet, la guerre s’était éternisée et avait dégénérée : les Chinois avaient détruit le Japon en deux semaines tandis que les Etats-Unis arrivaient avec leur virus.
Il tua tous les Chinois, certes, mais se propagea dans toute l’Asie et une partie de l’Europe qui bombarda à son tour l’Amérique en représailles. A présent, partout sur la Terre, tout était
détruit, 90% de la population mondiale avait été éradiqués, à coup de virus et de missiles. Même les Etats-Unis avaient été victimes de leur propre bactérie, puisque lors d’un bombardement
anglais, un des containers dans lesquels était stoqué l’arme d’Hank avait sauté et beaucoup d’américains avaient péris. Certains avaient survécus, mais personne ne savait
pourquoi : peut-être avaient-ils un anticorps particulier qui les empêchait de tomber malade.
Hank…il avait disparu quelques années plus tôt lors d’une mission en Australie, où il avait voulu voir les effets de son virus. La rumeur prétend qu’il l’aurait attrapé et en
serait mort. Elle avait été triste, sur le coup, mais, à présent, elle y était totalement indifférente. Elle avait toujours avec elle ce qu’il y avait de plus précieux au monde à ses
yeux : ses deux enfants, Oceany et Oliver.
Le cri continua mais il était différent car on aurait dit…de la joie ? Ca semblait impossible, vu les circonstances, et pourtant…
Un homme arriva près d’eux en courant et se mit à crier :
« C’est fini, c’est fini !  Hourra ! La guerre est terminée, on est vivant ! On est vivant ! Merci mon Dieu ! On a survécu,
ouais !  »
Oceany qui s’était endormie contre sa mère se redressa lentement et regarda sa mère effarée :
« Maman, tu as entendu ? Tu crois que c’est vrai ?
– Je ne sais pas…prends ton frère, on va voir ce qu’il se passe. »
Oceany prit son petit frère âgé d’un an dans ses bras et suivit sa mère qui se rendit à la tente centrale du camp, qui servait d’infirmerie et de cantine. Le vieux poste radio
crachait des mots déformés par le crépitement, mais on en comprenait le sens.
« Citoyen, citoyenne, aujourd’hui est un grand jour : j’ai l’honneur de vous annoncer que tous nos ennemis ont capitulé : la troisième guerre mondiale est
terminée, nous avons vaincu. »
Tout le monde se regarda un instant, hébétés, puis tout à coup, ils se mirent à pousser des cris de joie, à pleurer, à sauter dans tous les sens, frénétiques…ils n’y croyaient
plus et pourtant, ils allaient enfin pouvoir reprendre une vie tout à fait normale.

—–    
15 mai 2020
Soirée d’inauguration de Technopolis.
            Oceany leva la tête et resta un instant fascinée par cet étrange spectacle : une ville entièrement
recouverte par une bulle de verre, ça n’était pas commun. Sa mère lui prit le bras et le lui serra délicatement pour lui demander d’avancer : il ne fallait pas se faire remarquer dès le
premier soir.
Ils franchirent une immense porte en bois incrusté d’or pour rejoindre un immense chapiteau ; à leur entrée, un homme en costume de laquais les annonça :
« Le général Nicholas Geller, son épouse Alyson et ses enfants, Oceany et Oliver Antelwort. »
Alyson gloussa de plaisir et suivit son cher époux jusqu’au balcon où leurs places étaient réservées. Peu après la guerre, Alyson avait fait la connaissance d’un général, héros de
la guerre et l’avait vite épousée, prétendant que ses enfants avaient besoin d’un père. Pour Oliver, c’était vrai, il était encore jeune, mais Oceany avait déjà 13 ans quand la guerre s’était
achevée. Elle aimait bien Nicholas, mais elle ne pourrait jamais le considérer comme son père, parce qu’elle avait eu tellement d’admiration pour Hank : il avait donné sa vie pour tenter de
sauver les Etats-Unis, qui n’existaient plus, mais le destin lui avait souvent joué de mauvais tours. Heureusement, tous le reconnaissaient comme un héros de guerre.
Ils s’assirent à leur place et attendirent un peu en discutant de tout et de rien, puis le spectacle commença. Le plafond se divisa en deux et s’ouvrit, leur permettant de voir la
bulle de verre, retenue par quatre piliers dissimulés par d’immenses bâches ; une musique retentit et les quatre tentures tombèrent révélant quatre statues représentant un ange, les
ailes dépliées et les bras tendues, qui semblaient tendre un voile en verre pour protéger la ville ; des expressions d’admiration et de surprise se firent entendre ça et là, puis une
voix de femme, incroyablement douce se fit entendre.
« Bienvenue dans Technopolis, la ville du vingt et unième siècle, créée afin de rendre les hommes heureux. La bulle en verre réalisée à partir de matériaux révolutionnaires
qui réchauffent l’air en hiver et le refroidit en été, assurant ainsi une température constante de 25°C. La municipalité met à votre disposition un réseau de monorail qui permet de se rendre
n’importe où sans utiliser votre voiture, dont l’usage sera désormais interdit pour éviter la pollution. Tout est contrôlé par ordinateur, il ne sera donc plus nécessaire de travailler et
l’argent n’existe plus. Au cas où il y aurait des problèmes techniques, les esclaves, capturés lors de la guerre, s’assureront de tout remettre en place. Les quatre anges, placé au nord, sud, est
et ouest de la ville sont un hommage à la ville de Los Angeles sur laquelle cette cité a été bâtie, tandis que la statue centrale, représentant Athena Niché est bien entendu, le symbole de la
victoire américaine sur le reste du monde. Dans cette dernière se trouve le musée de la guerre et, tout en haut, la Mairie. A présent, mesdames et messieurs, le maire et concepteur de cette
ville : Bill Oxford. »
Un tonnerre d’applaudissement accueillit ce nom, ce qui fit sursauter Oceany : elle ne s’était pas attendue à un tel élan d’enthousiasme. Oxford pénétra sur la scène, encadrée
par quatre colonnes aux motifs alambiqués inspirées du style rococo. Il fit un signe à la foule qui acclama de plus belle, puis quand tout le monde fut un peu calmé, il prit la parole. Par un
miracle acoustique, sa voix portait jusqu’aux moindres recoins de l’immense salle sans l’aide d’un micro.       
« Mes chers concitoyens, après six ans de travaux et d’efforts ininterrompus, je suis fier de vous présenter la seule ville de la Terre : Technopolis. Une nouvelle ère
vient de débuter, mes chers amis, et tous ensembles, nous allons faire de cette ville un Eden sur terre ! A présent, plus besoin de travailler pour gagner un salaire de misère :
les robots feront tout pour nous, l’argent n’existe plus ! Nous venons de créer la première société où la misère et la pauvreté n’existent plus et cette société s’appelle
Technopolis. »
 
 
Chapitre 1
 
12 octobre 2024
           
            Ethan donna un coup de pied dans une canette qui traînait par terre et se remit en
route d’un pas pressé.  Il n’aimait pas se promener dans les bas quartiers la nuit, on pouvait faire de mauvaises rencontres. Malgré les promesses de bonheur qu’entretenait Technopolis,
il y avait toujours l’élite et les exclus. Quand il avait fallu attribuer les logements et les machines les mieux développées, ils avaient décidé d’établir un ordre basé sur le mérite militaire
durant la guerre, ce qui semblait une bonne idée, au départ…sauf qu’ils n’avaient pas prévu assez de machines et les derniers sur la liste s’étaient retrouvés avec une pièce ridicule située au
rez-de-chaussée, là où le soleil ne brillait jamais, car les rayons étaient arrêtés par l’enchevêtrement des lignes du monorail et les machines qui assuraient la ventilation de la ville et le
fonctionnement de l’électricité faisaient un bruit d’enfer. Mais les gens préféraient mourir plutôt que partir : Technopolis était désormais la seule ville sur le globe, les autres étaient
réduites en poussière. Bill Oxford et ses amis avaient juré de fabriquer d’autres villes sur le même modèle, mais ils n’étaient pas pressés de se mettre à la tâche…ils n’avaient même pas encore
commencé à construire des machines pour les exclus et ils ne le feraient probablement jamais. Ils se la coulaient douce, dans leur bureau. Mais Ethan ne les blâmait pas et, en réalité, le
problème des exclus ne le préoccupait pas : il faisait partie de l’élite, alors peu importait.
Il entendit un bruit derrière lui et se retourna vivement, mais il n’y avait personne. Avec la nuit, il commençait à devenir paranoïaque. Il repartit
encore plus vite et regretta d’être venu se promener par ici. Il avait erré sans trop faire attention où il allait, préoccupé par son futur mariage qui lui paraissait comme une véritable corvée,
mais Neve était un des meilleurs partis de la ville et ça faisait si plaisir à sa mère…
Cette fois, il avait clairement entendu du bruit. Tendant l’oreille, il se retourna brusquement, tentant de découvrir une silhouette tapie dans
l’obscurité mais il était toujours seul.
« Tu ne devrais pas te promener tout seul dans le coin, beau brun, tu pourrais faire de mauvaises rencontres. »
Il se retourna vivement et localisa l’origine de cette voix : sur un des arbres de ce parc était assise une silhouette noire appartenant
incontestablement à une femme. Il s’approcha un peu et constata qu’elle portait une étrange combinaison en latex argenté, mais il n’arrivait pas à distinguer son visage.
« Je vous renvoie le conseil, mademoiselle : vous devriez rentrer chez vous, le coin n’est pas sûr. »
Elle éclata de rire et se mit debout, s’accrochant à une autre branche, puis déclara :
« Tu es bien téméraire ! J’avais oublié de te dire quelque chose : la mauvaise rencontre que tu risques de faire, c’est
moi. »
Elle bondit au sol et se planta devant lui. Il comprit alors pourquoi il n’avait pas réussi à distinguer son visage : elle portait un étrange
masque noir et argenté constellé de petites paillettes qui ressemblait vaguement à un papillon ; elle était plutôt petite, un mètre soixante, environ, ce qui faisait une bonne tête de
moins que lui, mais elle paraissait bien musclée. Il la regarda, surpris et l’étudia un instant et se dit qu’elle ne devait pas être bien méchante : ses yeux gris semblaient trahir un
tempérament doux, mais il comprit vite qu’il avait fait erreur.
« Qu’est ce que vous me voulez ? Demanda-t-il, tentant de rester calme.
– Ton passe, crétin. Qu’est ce que tu crois qu’on peut vouloir d’autre ?  »
Le passe était une carte qui permettait d’accéder aux plus hauts étages de la ville : chacun avait le sien mais tous ne permettaient pas
d’accéder à tous les points de la ville. Ethan, en tant que membre de l’élite, pouvait se déplacer à sa guise dans tout Technopolis. Si ces bandits le lui volaient, ce serait une
catastrophe : ils allaient semer la panique là-haut et voler les ordinateurs pour pouvoir enfin vivre décemment.
« On ? demanda-t-il.
– Oh, pardon, je ne t’ai pas présenté mes amis : vous pouvez sortir !  »
Les buissons alentours se mirent à bouger et une dizaine de malfrats, tous vêtus en latex, sortirent de leur cachette et formèrent un cercle autour
d’Ethan qui se mit à réfléchir à toute vitesse pour trouver une façon de sauver son passe.
« Bon, tu nous le donnes ou il faut que j’aille le chercher moi-même ? s’impatienta la femme qui lui était tombé dessus.
– Je…je n’ai pas de passe supérieur au vôtre, laissez-moi partir.
– Arrête de mentir, siffla un homme.
– Je vous jure que c’est vrai : qu’est ce que je foutrais ici, sinon ? Là-haut, ils doivent avoir des parcs bien mieux que
celui-là. »
L’homme parut perplexe et regarda la jeune femme de l’arbre, qui devait être leur chef, ce qui étonna Ethan. Elle semblait très jeune, environ vingt
ans, comment pouvait-elle commander tout un groupe, parmi lequel on trouvait des hommes plutôt musclés, comme celui qui venait de lui parler ? De plus, elle ne semblait pas à sa place,
au milieu de ce décor : malgré le masque, il devinait des traits gracieux et sa chevelure auburn tressée d’où s’échappaient quelques mèches semblaient l’objet de grand soin. Y avait-il des
salons de coiffures dans les bas étages ? Il n’en avait jamais entendu parler.
« La bonne blague ! lâcha-t-elle. Depuis quand Ethan Wadeker fait partie des exclus ?  »
Elle connaissait son nom ! Comment était-ce possible ? Bien sûr, toute l’élite parlait de ses fiançailles avec Neve et plusieurs
articles étaient parus dans les journaux mais les exclus ne les recevaient pas : qui était-elle donc ?
« Merde, la police !  s’écria une femme avec un accent hispanique.
– On se replie ! Tu as de la chance, Wadeker, mais si j’étais toi, je me baladerais pas trop seul par ici, ça craint. »
Elle sourit puis se précipita vers les buissons les plus proches et disparut de sa vue. Quelques secondes plus tard, un robot-policier s’arrêta
devant lui et lui demanda d’une voix métallique sa carte d’identité pour vérification, puis repartit faire sa ronde. Dès qu’il fut parti, il se précipita vers le buisson, mais il n’y avait plus
personne, naturellement : l’étrange voleuse s’était volatilisée.

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