Qui me parle ?

Je vous avais expliqué il y a quelques temps que j’attirais naturellement les gens, que ma bonne tête donnait souvent envie à des inconnus de me parler. Seulement, il est assez curieux de constater qui sont ces inconnus (hors tentative éventuelle de drague) qui me parlent. La prise de contact est souvent faite par ceux les moins aptes à priori pour le faire.

Laissez-moi vous conter quelques anecdotes. La première a eu lieu quelque part à la fin du printemps alors que j’étais à la piscine en train de faire quelques exercices. Tout à coup, un mec se plante devant moi et commence à me singer. Je le regarde, un peu hébétée, me demandant s’il a le culot de se foutre de moi. Mais je réalise ensuite que cet homme est sourd muet et à chaque fois
qu’il repasse devant moi, il recommence son imitation mais pas du tout pour se moquer de moi, au contraire, il m’encourage. Autre exemple, vendredi soir. Après une mission professionnelle réussie, je rentre chez moi à des 1h30 du matin (ok, cette précision sert essentiellement à faire mon Calimero). Je saisis mon pénible Ada ou l’ardeur de Nabokov et au bout de deux minutes, je lève les yeux au ciel et la fille de l’autre côté de l’allée se penche vers moi « Il est bien ton livre ? ». Elle parle avec un accent étrange que j’aurais dit hispanique mais vu comme elle était calée en littérature russe, j’ai un doute. Je lui explique que non, il est terriblement pompeux, on parle un peu Nabokov, Tolstoï, Dostoïevski, je lui conseille Moravia et je dois descendre car c’est mon arrêt. 5 mn après, je me dis que je suis con de pas lui avoir filé ma carte (oui, j’ai une carte maintenant) mais s’il le faut, elle ne vit même pas à Paris. Ouais, j’aime bien l’idée de me faire de nouveaux potes tout le temps. Comme ça, après, j’ai plus le temps de voir personne. Troisième anecdote (et après j’arrête) en attendant le bus. Toujours avec Nabokov et toujours relativement inattentive, ce qui me permet d’assister à une scène qui ne me concerne pas. A ma gauche, un jeune couple avec un bébé qui fait un caprice(ça m’effraie de reconnaître les cris de caprice de bébé). A ma droite un monsieur d’une soixantaine d’années. Le monsieur s’intéresse rapidement au bébé, lui donne un bounty et parle un peu aux parents. Il n’a pas de voix, un peu comme s’il avait subi une trachéotomie. J’ai beaucoup regardé Urgences. Bref, le monsieur parla au jeune couple et montra même les photos de ses enfants ou petits enfants (je suis pas sûre, je faisais semblant de lire).

Bref, ces trois anecdotes ont un point commun : le premier pas est fait par celui dont la communication sera plus difficile soit par un problème physique soit car sa langue n’est pas la même. Ca interpelle quand même. Pour l’étrangère, à la limite, si c’est une touriste, ça peut un peu expliquer : en vacances, on est détendus, plus open. Mais même si on peut suggérer des raisons pour chaque cas, il n’en reste pas moins cette incongruité : le pas vers l’autre est fait par le cul de jatte (métaphore). Il est vrai qu’en général, dans mes transports quotidiens, où je fais l’autiste dans mon bouquin ou l’Ipod vissé sur les oreilles (voire les deux) soit j’établis une connivence par le sourire s’il se passe un truc genre « hé toi, on se connaît pas mais on vient de voir un truc rigolo, rions ensemble ! ». Mais je ne parle pas aux gens, je ne leur demande pas si leur livre est bien, ce qui peut être en soi une grande erreur. Parce qu’il est vrai que je suis un peu indifférente, que je ne suis soit pas réveillée, soit que je rentre d’une journée de travail et que je suis un peu fatiguée. Je ne refuse pas les dialogues qui se présentent à moi mais je ne les lance jamais. Pourtant des fois, c’est amusant d’échanger un peu avec un inconnu. Je me souviens d’une fois où ayant passé une cigarette à une fille, nous avons papoté vingt bonnes minutes à nous raconter notre soirée. Il y a aussi eu l’homme au briquet qui me tint compagnie pendant 10 minutes un jour de septembre 2006 (je crois). Après coup, à chaque fois, je me dis que je suis con de ne pas avoir demandé un moyen de se recontacter mais finalement, ces petites rencontres incongrues ne sont-elles pas faites pour rester éphémères ?

Mais j’apprends. Peut-être devrais-je parfois parler aux gens. Gratuitement. Pas tout le temps non plus mais juste des fois. Sans doute me ferai-je parfois envoyer balader car les gens n’aiment jamais le métro et ont toujours hâte d’en finir, moi la première. Sauf le bout de la ligne 6 en extérieur, je l’aime toujours autant malgré les musiciens qui viennent systématiquement rajouter dans le cliché France=accordéon. A ce sujet, j’ai lu un jour que ces gens qui font la manche dans le métro jouent un Besame mucho à toute vitesse, comme si leur vie en dépendait. J’ai trouvé ça très vrai mais c’est ennuyeux, je n’ai aucune idée d’où ça sort. Si quelqu’un peut m’éclairer, je ne suis même pas sûre que ce soit dans un livre, peut-être sur un blog ? Mais pour en revenir à nos moutons, ces petites virgules de vie, ces dialogues éphémères et impromptus me mettent systématiquement de bonne humeur justement parce qu’ils sont inattendus, on ne sait pas ce que ça donnera. Un rapide conseil de littérature, un encouragement dans mes exercices…

(c)Nicoddem

Maintenant, il ne me reste qu’à trouver une porte d’entrée pour parler aux gens…

Comment se faire désirer en une lettre

Par Tatiana
Ceci est mon premier article sur ce blog (merci à Nina de m’avoir introduite dans le cercle) alors je peux commencer par vous saluer tous : « salut tout le monde ! ». Pour le premier article je pense faire court, parce que j’ai envie donc voilà.
 
Lettre
En ce moment je suis un peu dans une phase vide de ma vie vu que je viens de finir mon stage (mardi dernier), que ma moitié de mec est en vacances à l’étranger (je vous expliquerai peut être un jour pourquoi j’ai une moitié de mec seulement), et que je me retrouve donc un peu en période de sous activité par rapport à il y a même pas une semaine, hors il faut savoir que moi je suis plutôt du genre hyper active, et ne rien faire c’est bon pour la plage mais pas pour Paris. Vous comprendrez alors que là je suis pas au mieux de ma forme. Mais comme j’ai fini mes études en décembre dernier, il me faut maintenant chercher du travail : étape très incertaine de la vie d’une personne car on sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça finit.
 
La première étape dans une recherche d’emploi : refaire son CV. Pour l’instant c’est plutôt facile, on met un peu de couleur on change quelques phrases, on rajoute sa dernière expérience professionnelle et le tour est joué. En plus pour cette étape j’ai eu le droit à un coup de main d’une nana des RH du stage où j’étais donc a priori il devrait en jeter mon CV. Et puis, vient le tour de la chose la plus vicieuse (selon moi), qui est un obstacle difficile à franchir pour ma part je dois l’avouer : la lettre de motivation. La raison de mon abattement face à ce bout de papier est toute simple : tout le monde sait qu’elle est décisive, puisque c’est elle qui va faire en sorte que votre possible futur employeur va garder votre candidature ou la mettre à la poubelle. Alors comment lui faire comprendre que c’est vous et personne d’autre qu’il lui faut ? Car bien sûr on ne peut pas écrire sur une lettre « eh ! toi là qui est en train de lire cette lettre, tu viens de trouver la perle rare. Si si je t’assure il y en a pas deux comme moi, je suis celle qu’il te faut pour ce job (et pas pour autre chose on est d’accord hein ?) ». Il faut toujours en passer par des formules bien nulles et sans intérêt du style « j’adore votre entreprise ! D’ailleurs dès que j’ai su parler une de premières choses que j’ai dites, après papa/maman/caca et autres choses chères à Freud, c’est je veux travailler pour vous !! ». Bon là j’exagère peut être un peu, mais vous vous rendrez compte assez rapidement que j’ai le sens de l‘emphase et ce depuis que je suis en âge de parler. En plus personne ne croit à ce genre de stupidités. Des fois je me demande si on ne ferait pas mieux de dire tout simplement « Ecoutez vous chercher quelqu’un, ben ça tombe bien moi je cherche du boulot et j’en ai vraiment besoin ! Pitié embauchez moi ! ». Là voilà, au moins les choses sont claires.
 
Heureusement que dans moins d’un mois je pars au Mexique. Ah ça y est je sens que vous me détestez déjà. D’ailleurs j’ai peut être un peu déconné de vous avoir dit ça maintenant, je savais que j’aurais dû attendre le deuxième article. Mais pensez à tout ce que je vais avoir à raconter en rentrant ! Bon peut être pas des trucs très chauds car il parait que les personnes du genre masculin ne sont pas des top canons. Mais bon on est jamais à l’abri d’un touriste… Et en fait tout à l’heure j’étais en expédition maillots de bains avec une de mes amies, qui part en Guadeloupe. Le truc bien c’est que j’ai trouvé plein de maillots de bain et le truc moins bien c’est que j’ai trouvé plein d’autres trucs aussi. Enfin, tout ça pour dire que la recherche d’emploi c’est pas facile parce que en plus de ne rien avoir à faire, vous passez votre temps à dépenser de l’argent que vous ne gagnez pas. Donc vraiment, vivement que j’ai un travail !