Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

abs.jpg

Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.

Petit problème de langue

Par Diane

Aujourd’hui, dans le cadre de l’éternel débat antithétique homme/femme: nous pas pareils, je voudrais causer d’un problème particulier qui au fait est à la base de beaucoup de conflits inter-genres: le langage.
Sans me lancer dans une grande loghorrée métaphysico-linguistique,  il suffit de se munir d’un minimum d’observation et de jugement pour se rendre compte que, malgré le fait que l’on cause la même langue DANS LA FORME, ça a pas vraiment l’air de se répercuter DANS LE FOND.
Peut-on calculer le nombre titatesque de fois où, sentant que nous affichions un air contrarié, Juanito s’est enquit d’un « qu’est ce qui va pas » auquel nous répondions invariablement « rien », et que, Juanito, prenait ce « rien » pour argent comptant, et s’en allait sans demander son reste???? C’est bien connu, ce rien dissimule toujours un « sisi bien sûr qu’il y a quelque chose mais comme c’est quelque chose qui est même de très loin éventuellement lié à ta petite personne, eh bah je procède par étapes, càd qu’avant de t’exprimer clairement ce qui ne va pas, eh bien j’exprime mon
mécontentement à l’aide d’un ‘rien’ aussi fondé qu’il est crédible, et par là je fais ce qu’exige hautement et indispensablement ma condition féminine dans toute son intrinsèque ispséité: je boude. »
Et juanita, ça lui semble tellement évident qu’elle pense que Juanito fait semblant de pas comprendre pour éviter un conflit. Mais il semble que très souvent, Juanito croyait vraiment, le naïf, ce qu’elle lui disait.
Nous avons donc un mot, et deux compréhensions totalement différentes. Comme dirait mon vieux pote Oscar Wilde, « nous sommes séparés par une langue commune »
Pour éclairer un peu cela, voici un point de vue bien intéressant sur le sujet (celui de Paul Watzlawick , Comment réussir à échouer):

« l’on peut comparer un homme à une ellipse. Une ellipse a deux foyers, l’un est le logos, qui renvoie non seulement au domaine de la raison,
mais aussi à l’objectivité, aux domaines professionnels et scientifiques, et même, plus généralement, au monde « extérieur ». L’autre, qu’on appelle eros, c’est le monde des relations à un autre être humain. L’homme ne peut jamais être que dans l’un de ces deux foyers. Pour lui, ce n’est pas un problème particulier; selon ce qu’exige une situation donnée, il va et
vient simplement entre logos et eros.
On peut, d’autre part, comparer une femme à un cercle. Un cercle peut être considéré comme un cas particulier d’une ellipse: en elle, les deux foyers coincident. Pour une femme, il est parfaitement naturel d’être dans l’eros et le logos en même temps. Le problème, c’est que ni la femme ni l’homme n’ont aucune raison de supposer, même une seconde, que leur partenaire a une architecture mentale différente qui la ou le fait agir et réagir tout à fait différemment. »

Mettons donc cette belle théorie en application concrète. Juanito et Juanita se font un resto/ciné en amoureux. La femme invite l’homme au cinéma ou au restaurant. Si l’homme a le malheur de ne pas aimer le film ou la nourriture, la femme va prendre cela comme un reproche vis à vis de ce qu’elle a voulu faire pour lui. Pour l’homme, le film et le moment passé au cinéma avec sa femme sont deux choses totalement distinctes. Il va apprécier le fait de passer un moment avec sa femme, et l’initiative
qu’elle a pris pour lui d’un coté, et de l’autre peut ne pas aimer le film sans que cela n’affecte le premier point. Tandis que la femme, elle, va prendre les choses comme un tout, dont un aspect affecte forcément l’autre. Si le film ou la nourriture était mauvais, cela va donner pour elle moindre valeur à son initiative et elle va, selon les personnalités, soit en vouloir à l’autre de ne pas aimer ce qu’elle lui propose, soit s’en vouloir à elle même de ne pas avoir fait un bon choix.
Et la réputation de complexité de raisonnement de la femme pourrait venir de là, qu’elle, ayant tendance à mélanger l’eros et le logos, doit par conséquent en permanence avoir à moduler entre les deux, à ne pas laisser l’un trop empiéter sur l’autre. Donc Juanita cercle et Juanito ellipse, ça me semble une bonne théorie à creuser.

Coup de gueule

Par Marine

Ceci est un coup de gueule.
Pas contre les grèves.
Pas en faveur des grèves non plus.

Cela fait maintenant pas mal de jours que je suis bloquée chez moi. Quand on habite le nord de Paris, les 3 lignes desservant le reste de la ville sont bloquées. Ceux qui ont dit que la 12 fonctionnait à un rythme de 1 rame toutes les 40 minutes vous ont menti. Le service n’est pas assuré. Ceux qui ont dit que la 4 fonctionnait presque normalement ont menti. Elle fonctionne à peu près 1 jour sur 2. Hier, c’était 1 rame toutes les 25 minutes. Ca fait cher payé pour boire un verre vers Montorgueil, je me suis abstenue. Je pourrais me servir de mes pieds mais la perspective d’une pneumonie m’enchante trop peu. Je reste travailler chez moi. Ne pensez pas que ce soit de gaité de coeur. Mais il est vrai que je peux me le permettre, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui sont bloqués par ce mouvement, j’en conviens totalement.

Mais quand je regarde Facebook, à titre d’exemple, avec tout le respect je dois à certains de mes ‘Friends’, avec tout le respect que je vous dois, même à certains Vingtenaires, ça me fait gerber. « Pour que les connards de la RATP et de la SNCF soient remplacés par des machines », « Pour que les enfoirés de grévistes soient fusillés au Père Lachaise »… Ce ne sont que les titres. Vous les trouvez amusants? Ou en phase avec votre haine? Moi ils me font bondir. Ils me dépriment. Avant de vous trouver super drôles et follement spirituels parce que merde, vous avez mis 2h à rentrer chez vous, réfléchissez aux présupposés de ces phrases et à leur caractère scandaleux. Ce sont des propos haineux, ni plus ni moins, et certainement pas légers. « La grève me fait chier », ou « Je m’en fous des grèves, je rentre chez moi en hélicoptère », c’est une chose (le coup de l’hélico est même plutôt rigolo). « Je veux tuer tous les grévistes », même dit au second degré, ce n’est pas acceptable. C’est très grave et malsain. Je n’aime pas les positions du type « en tant qu’historienne », ou « en tant que… », comme si on s’octroyait une quelconque voix au chapitre par ce procédé. Mais j’ai effectivement fait des études d’histoire qui me permettent de juger la position de certains qui auraient mieux fait d’en faire autant.

« Pour qu’on réponde au droit de grève par un droit de licencier ». Lu sur je ne sais quel groupe. Cher ami, ce n’est plus un droit de grève dans ce cas. Et ce n’est plus du sarkozysme. C’est du Mac-Mahonisme.

« Pour qu’on fasse fusiller ces cons comme les Communards qui ont pris en otage la France ». Là, je bondis. La rhétorique versaillaise est gerbante. Même Thiers en a rougi après coup. Ceux qui se réclament de cette rhétorique savent-ils seulement ce qu’étaient les revendications des Communards, ou ne font-ils qu’un amalgame facile avec ces trotskards qu’ils méprisent tant? Ce ne sont que
des questions innocentes. Evidemment, je ne vous ferai pas l’insulte de resservir le cliché selon lequel ce sont ces « connards » qui nous ont garanti certains droits aujourd’hui, parce que je ne veux pas me placer dans la filiation de ceux qui rêvent d’un « Décembre 2007 » ou d’un « Mai 2008 » (position à peu près aussi naze). Traduction : Marine n’est ni à la LCR, ni à LO, ni rien de tout ça, merci.

Ce qu’il y a derrière est très simple. L’argument de la « prise en otage » tient compte de ce que les revendications des grévistes nuisent à ceux qui ne peuvent plus aller travailler. Mais pensez-vous que les grévistes n’aient que pour objectif de faire du mal aux bons travailleurs? J’avoue très sincèrement que je ne suis convaincue ni de l’utilité de cette grève (Sarkozy ne cèdera pas, et faire chuter le gouvernement est sans intérêt puisque, actuellement, ce n’est pas le gouvernement qui gouverne, mais le président), ni de l’inutilité d’une réforme des régimes spéciaux (même si j’aimerais assez peu que mon chauffeur de TGV ait 65 ans et une presbytie aggravée, pour tout vous dire). Mais ce qui est derrière ça, c’est la dichotomie entre une France qui travaille, et une qui serait rétrograde et anti-travail. Je ne fais que retranscrire ce que j’ai lu, je précise (j’espère que ce disclaimer sera perçu). Seulement, le travail n’est pas la seule valeur morale dans ce bas monde, et c’est pourtant l’impression que j’ai en lisant ces forums de discussion. Si les grévistes nous bloquent c’est bien pour mettre en évidence la notion de service public. Pour signifier que s’ils sont à notre service, ils ne sont pas nos domestiques et que eux aussi peuvent en chier. Un service public, c’est fondamental à la bonne marche de l’Etat civil.
Quand il n’y a plus ce service public assuré, tout le monde en chie, c’est la logique même d’une grève que de chercher à mettre en évidence ceci. Je sais que je ne convainc personne, mais je m’en fous. Cette grève m’emmerde et je ne suis pas convaincue par les revendications des grévistes, mais je les respecte. Au final, pourquoi cet article somme toute aussi stérile que ce que j’ai lu?
Parce que ce qui ressort de tout ça, c’est surtout la dichotomie entre une « bonne » France, celle qui travaille, et une « mauvaise » France, celle qui prend en otage la première et qui par ailleurs ne fout rien. Mais depuis quand les grévistes ne veulent qu’emmerder le monde gratuitement? Je comprends l’agacement à être bloqué chez soi, mais la notion de respect me paraît plus importante que cela. Et la rhétorique de haine et de division en deux de la France me déprime encore plus que l’isolement chez moi.

Et oui, je suis dans la fonction publique. A l’attention de tous ceux qui considèrent les fonctionnaires comme des connards de privilégiés : on a un boulot fixe et garanti jusqu’à la retraite. Mais échangeriez-vous ce travail qui vous fait gagner en 6 mois ce que je mets 18 mois à gagner, ce que certains mettent plus à gagner? Je ne pense pas. Echangeriez-vous notre condition de « privilégiés » contre vos 2 semaines dans un hôtel au soleil au moment des vacances? Je ne pense pas. J’aurais bien participé à la grève contre la loi LRU. Parce que, et je sais de quoi je parle, cette réforme va nuire aux universités, et, une fois n’est pas coutume, les étudiants qui manifestent ne disent pas que des conneries. Je ne le ferai pas car je n’en ai tout simplement pas les moyens. Vous me reprocherez de vous servir des clichés honteux. Vous aurez raison. Comme la dernière fois que je l’ai fait. A ceci près que la dernière fois je plaisantais. Aujourd’hui, j’assume pleinement la partialité de mes propos, écrits sur un coup de sang. Qu’ils soient clichés est délibéré. Ce n’est qu’une réponse aux horreurs et aux insanités que je lis et entends partout.

Ensemble, tout est devenu possible. Même une France divisée qui hait ou méprise l’autre. Je vous méprise dans votre rhétorique minable, autant que je respecte les grévistes. Bien à vous,

Femmes de footballeurs

Mais non, allez, je vais pas vous parler d’Adriana Karembeu, restez (ou ne partez pas, au choix) ! En ce moment, je suis assignée à domicile pour cause de pas de transport et qu’en plus, il pèle donc le soir, je suis chez moi. Récemment, j’ai (re)découvert une série formidablement naze qui, regardée au 2e degré, voire plus, est excellente, c’est femmes de footballeurs, série anglaise qui raconte la vie de footballeurs d’une équipe de foot et de leurs épouses. Titre explicite, donc.
brune.jpg

Au départ, le seul intérêt que je trouvais à cette série était le nombre de petits culs musclés masculins qu’on voit dans chaque épisode. Oui, c’est une série réaliste, les joueurs se douchent collectivement. Bon, l’histoire de départ : Jason le capitaine super encufoiré est marié à Tania, garce intégrale blonde platine aux ongles longs, Ian est marié à l’insignifiante Donna et Kyle trop mignon est marié à Chardonnay (mouah !) mannequin pulmonairement très équipée. Et ça baise mais rarement entre légitimes. Au début de la série, Mary, la sœur de Donna, se
tape Jason avant de se taper Biagi, joueur italien et celui-là même se tape Donna ensuite. Pendant ce temps, Jason se tape la maman de Kyle qui tombe enceinte de lui (la ménopause semble tardive chez les Anglaises) mais elle donne son bébé à Chardonnay, sa belle fille, qui fait semblant d’être enceinte. Donc si vous avez tout compris, le frère biologique de Kyle devient officiellement son fils. Un aspro 500 ? Pendant ce temps, toujours, Tanya la garce est au chevet de Frank, le manager de l’équipe dans le coma parce qu’elle l’a cogné. Elle surprend l’infirmière qui s’occupe de lui en train de se masturber avec la main de Francky. Il se réveille et se souvient de rien donc elle lui fait croire qu’ils ont eu une liaison et se tape aussi l’attachée de presse de l’équipe suite à une soirée très alcoolo-cocaïnée. Après, elle accuse Frank de tentative de viol mais je sais pas trop pourquoi.

Ellipse dans le temps parce que j’ai raté plein d’épisodes. Jason est mort, tué par Chardonnay qui est morte aussi (mais comment ?), Donna, sa famille et son amant ont disparu. Si vous comptez bien, ne reste que Kyle, Tanya et Frank. Ces deux derniers se marient et Tanya essaie de le tuer à coup de galipettes effrénées car il est cardiaque le vieux. Parallèlement, elle se tape la nouvelle coqueluche de l’équipe, Conrad, un blond canon marié à Amber, actrice hystéro. Conrad qui se fait sucer par Noah, joueur gay parce qu’une bouche est une
bouche, une bite n’a pas d’œil. Là, attention, on atteint des sommets : Conrad plaque Amber qui est enceinte de lui pour Tanya, enceinte aussi mais peut-être que c’est de Frank, qui est mort de sa crise cardiaque pendant un coït parce que Frank avait percé les capotes qu’il utilisait avec sa femme. Mais Tanya est machiavélique : elle déclenche son accouchement en même temps que celui d’Amber et engage comme nurse l’infirmière qui se masturbait. La nurse intervertit les deux bébés comme ça, quand Amber fait faire un test de paternité au bébé officiel de Tanya, il est bien de Conrad. Mais comme Amber est indienne, Tanya fait blanchir le bébé qui est officiellement le sien et étale de l’autobronzant sur l’autre. Et là, sommet du drama : le bébé qui est officiellement celui d’Amber (mais de fait celui de Tanya) meurt etouffé par le chien d’Amber qui trouve intelligent de lui dormir sur la tête.

Bon, là, je vous ai épargné plein d’histoires annexes comme la transformation du thon Shannon, copine d’un nouveau joueur en méga bombasse grâce à la chirurgie esthétique, les tourments gays de Noah, l’histoire de viol d’une supportrice par un joueur… Bref, les Anglais sont super forts en ce qui concernent les sitcoms malsaines, machiavéliques et échevelées. A côté,
Alerte à Malibu, c’est les Bisounours à la plage et Brooke d’amour, gloire et beauté la sainte vierge. Alors que Brooke, quand même, elle a eu un bébé avec le père de son mari et a fait croire à son mari que la petite Bridget était la sienne avant de faire un bébé avec le chéri de Bridget. De toute façon, Brooke, elle ne fait que piquer les mecs de Bridget. Honnêtement, femmes de footballeurs, c’est merdique mais rien que pour le personnage de Tanya et la saloperie crasse de tous les personnages, c’est à voir. En plus, on voit les nichons de Tanya à tous les épisodes comme ça, c’est une série qui permet de se rincer l’œil en couple. Y a pas à dire, ils sont forts ces Anglais !

La liste de la fille qui ne tient jamais ses résolutions

(sous-titre : liste de la fille qui devrait vérifier que ses e mails sont bien arrivés, ça m’amuse pas d’écrire la liste deux fois par semaine)
 

Je me demande pourquoi je persiste à en prendre vu que je les tiens jamais. Alors finalement je vais voir à prendre des résolutions exprès pour ne pas les tenir pour voir si ça
marche. Alors ma nouvelle résolution, c’est de ne pas rencontrer de mec génial et de pas sortir avec. Et aussi, je suis résolue à ne pas gagner au loto. Ah mais merde, je joue pas.

 cv2flou.jpg

– J’ai un nouveau rituel rigolo au boulot : le matin, j’arrive, je dis bonjour, je jette mon manteau sur ma chaise et là ping ! Je me prends systématiquement une pigne.
Putain d’électricité statique et d’accoudoir en plastique (c’est pas toujours fantastique). Alors, je ruse, j’essaie de pas toucher les accoudoirs mais je me prends une pigne avec le manteau 
aussi. Pfffff. Sinon, j’ai trouvé mon nouveau rôle ; j’éteins les lumières des toilettes. Parce que tout le monde les laisse allumées et la planète bordel ! En tout cas, je suis plus la maîtresse des vents, j’ai reconnu Lénaïg et j’ai même fait ma fayote en lui donnant mon certificat de la médecine du travail comme quoi, je suis apte au travail.

 – Soirée romantique avec Gabriel lundi soir, il me parle de sa reprise d’études. A un moment, il me parle de ses exos de maths à base d’intégrales, dérivées et tout ça. Les

dérivées, j’en ai fait plein mais je sais plus trop comment ça marche. Ni un, ni deux, il me sort ses cours de maths…de terminale pour me montrer ! Je te rappelle, cher lecteur passionné par ma vie que Gabriel a le même âge que moi et donc n’a pas eu son bac hier. Enfin, c’est la première fois qu’un mec me fait le coup des dérivées !

 

– Visite médicale mardi genre « ultra light ». En gros, je donne les infos que je veux sur ma personne, limite j’aurais pu dire que je faisais 1m65, huhuhu. Pipi dans le gobelet, test de la vision (putain, c’est la cata mais on m’a strictement rien dit) et je passe dans le cabinet du docteur. Jeune, blond et à mon avis gay. Mais bon, c’est pas une raison pour pas
gentiment flirtouiller. « Ah ben heureusement que je sais où vous travaillez parce que responsable de communauté, c’est bizarre comme nom de métier », hihihi, « j’ai un an de plus que vous, j’ai eu ma piqûre de tétanos l’an dernier », ooooooh. Bon, je reste habillée pour les tests tension et cœur, tout va bien. Retour à mon dossier. « Vous avez mangé ?
– Non, j’y vais. – Ah, c’est pour ça que vous avez un peu de truc (pas retenu le nom) dans les urines. – Vous avez déjà les résultats ?? – Ben oui . – Oh putain ! » Je suis
définitivement glam. Et j’ai flirtouillé avec un mec qui a vu mes urines. Je suis traumatisée.

– Nina et Gabriel, suite. Après des baisers chocolatés sur le canapé (le milka au caramel coulant est une tuerie), on prend possession du lit pour avoir plus de place et on passe à
la vitesse supérieure.

Moi : Han han ! (je suis la reine des onomatopées)

Lui : Ah au fait, il faut que je te dise. La dernière fois…

Donc là, je vous rappelle qu’on est en train de sexer donc je m’attends au pire. C’est pas le moment de me faire des révélations… Heureusement que c’est moi la fille, sinon,
j’aurais attendu un « la dernière fois, la capote a craqué et j’attends un enfant de toi ».

Lui : Le voisin s’est plaint du bruit alors heu…
C’est pas non plus le moment de me faire marrer.
 

– Le médecin, il a dit que j’étais apte mais parce qu’il a pas fait un test psy parce que là, je l’aurais loupé. Y a qu’à voir mon rêve de mardi. Je vous la fais courte : c’était mon mariage. Avec qui ? Avec Julien Doré, comme si je craquais sur les mecs à barrettes ! Mais surtout dans mon rêve, le papa de Julien, mon beau-père donc, c’était Sarkozy et j’étais stressée à l’idée de danser une valse avec le président de la république…Non mais là, ça fait deux fois que je rêve de Sarko, je m’inquiète. Je me prends pour Laurence Ferrari ou quoi (mouarfff).

 – Ce qui est drôle avec facebook, c’est quand tu fais pas gaffe à qui tu envoies des invitations et qu’un ex classé dans la catégorie « connard 2007 » accepte la requête.

Du coup, j’en viens même à me demander s’il me remet…

 – Le graphiste aux yeux bleus laser fait des émules, Ioulia et Joy, l’assistante de direction l’ont repéré aussi. Du coup, conversation écrite sur mon cahier jeudi en Ioulia et moi

(parce que j’ai toujours pas de mail pro)

Nina : Y a le graphiste à casquette juste derrière toi !

Ioulia : Je pense pas qu’il soit homosexuel [non parce que Joy pense que si]

Nina : Moi non plus, marre des mecs mignons pédés.

Notez quand même comme je suis classe, je partage le matage.

 
Chanson que j’avais dans la tête hier.

Ah tiens, c’est encore grève ?

Je suis fascinée par l’adaptabilité de l’homme à son environnement et aux obstacles qui se dressent contre lui. Si, si, tout le monde ne se noie pas dans un verre d’eau. Un exemple
totalement au hasard : les grèves des transports. Dans l’épisode 1, tout le monde était catastrophé/énervé/tassé dans le métro. Dans l’épisode 2, on garde l’entassement mais pour le reste, j’ai l’impression d’une globale indifférence. Boaf, on fera avec, c’pas grave !
 

Si je prends mon cas personnel, j’avoue que cette fois-ci, la grève constitue un problème mineur mais y a une grosse différence, aussi : j’ai changé de taf. Et alors ? Et
alors c’est plus facile d’aller à taf 2 en tant de grève qu’à taf 1. Juste pour vous expliquer :

– taf 1 : 15 minutes de marche, métro 1, métro 2, re-10 mn de marche

– taf 2 : 15 minutes de marche, métro et 15 mn de marche, point.

Forcément, un métro de moins, ça fait la différence et en plus, il fait beau donc c’est pas gênant de marcher. Même que du coup, j’arrive au travail réveillée et déjà en pleine
ébullition alors qu’avec les transports, j’arrive au travail la tête dans le pâté et en plein manque de caféïne. Mais si moi, j’ai de bonnes raisons d’être plus zen, j’ai l’impression que je ne suis pas la seule. Au boulot, c’est devenu limite une blague « et c’est la grève, je viens en vélo, demain, hihihi ! ». Oui, je bosse avec des filles maintenant donc on rigole en
i. Même le pauvre Alix qui met 2h30 à venir est totalement résigné. C’est comme ça, c’est comme ça, puis c’est tout.

 

Après tout, on peut pester tant qu’on veut, ça ne changera rien. Je ne suis ni syndicaliste ni au gouvernement donc je peux râler tant que je veux, ça fera pas avancer le schmiblick. Et puis, c’est con à dire mais on s’habitue. La première fois, on est emmerdés et on finit par trouver la solution au problème. Bien sûr, les rythme de travail sont décalés, pour nous
qui continuons, je fais du 11-20 en ce moment plutôt qu’un 10-19 (voire un 9h30-18h30) histoire d’éviter la foule qui m’empêche même de lire mon livre alors que c’est un tout petit livre de poche et que les gens qui montent, qui descendent et qui font marée humaine, ça finit par me donner la gerbe. Sauf aujourd’hui parce que vendredi, c’est petit déj et que c’est même mon service qui l’organise alors faut assurer quoi. Alors, certains diront un peu catastrophés et défaitistes : « non, mais c’est horrible, c’est comme l’histoire de la grenouille ! ». Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de la grenouille, je vous explique : si on plonge une grenouille dans de l’eau bouillante, elle en sort aussi sec mais si on la met dans de l’eau normale et qu’on fait chauffer à mesure, elle bouge pas et finit cuite. Maintenant, vous saurez cuisiner la grenouille grâce à moi, ce blog est vraiment une mine d’information. En gros, la parabole de la grenouille, c’est « quand on se retrouve subitement dans la merde, on se bat pour en sortir mais quand la merde vient petit à petit, on y reste ». Donc, là, si on reprend mon histoire de grenouille appliqué à la situation présente, les défaitistes pessimistes fatalistes disent en gros : « on perd vite notre capacité à s’indigner ». Ouais ok mais j’ai pas que ça à faire, moi, de m’indigner, j’ai une vie aussi.

 Par contre, je crois qu’il ne faut pas tomber dans l’euphorie optimiste non plus, ce n’est pas parce qu’on ne râle plus que toute l’opinion publique va supporter la cause des

cheminots. Selon un sondage lu dans le Monde de mercredi, si mes souvenirs sont bons, 59% des Français approuvent le gouvernement dans cette affaire. Moi, je pense juste que cette résignation face aux grèves n’a rien à voir avec mon opinion sur la question. Je reste à me demander si les méthodes utilisées sont les bonnes et je reste à voir le pour et le contre de chaque réponse. Je reste aussi à dire que ça me scandalise que certains métiers ne soient pas reconnus pénibles alors qu’ils le sont et qu’ils le méritent mais à la limite, ça, c’est une autre histoire (et je refuse d’en débattre en comm, c’est pas le sujet et c’est pas un blog politique, ici, merci de ne pas confondre). Bref, moi, je vois dans tout ça la politique du « faisons contre mauvaise fortune, bon cœur » parce que ça ne sert à rien de gueuler pendant 107 ans, on n’est pas impliqués dans le débat en cours, ce qu’on dit ne changera rien. En attendant, moi, je marche. Tant qu’il pleut pas, c’est plutôt agréable.

Est-il utile d’avoir un ami hautain ?

(suite de mes articles sur l’infidélité plus tard, là, suis pas motivée)
 
Récemment, j’ai lu un petit roman « 6 filles dans le vent », je vous fait le pitch rapidement : 6 copines se retrouvent ensemble à un repas pour fêter la grossesse de l’une d’elles et ça vire à la catastrophe et au règlement de compte. Parmi elles, Martha, la golden girl qui pète plus haut que son cul, pétée de tune et ultra jet set. Et forcément, Martha regarde ses amies de haut. Elle les aime mais les méprise quand même un peu.
 

En lisant, Martha me fait furieusement penser à une de mes anciennes amies, ma Martha. Incontestablement belle, assez riche, bien foutue, bien sapée. A chaque fois qu’on se voyait (ce qui arrivait régulièrement), elle taillait des costards un peu à tout le monde. Avec elle, fallait être à la hauteur. J’imaginais que moi aussi, je me prenais quelques scuds dans la tête.

Récemment, j’ai rencontré une fille qui la connaissait aussi « elle m’a dit ça d’elle, ça, d’elle. Toi, elle a dit que tu étais quelqu’un de super mais que tu savais pas t’entourer ». Là, mon ego explose ! Madame parfaite n’a trouvé à redire sur moi que mes amis. Et encore qu’un puisqu’elle n’en a connu qu’un et j’avais bien compris que c’était pas passé même si j’ai jamais su pourquoi. Enfin, elle a vu ma sœur aussi mais ma sœur, je l’ai pas choisie, ça fait 25 ans qu’elle est dans mon entourage et je compte pas couper les ponts avec ma propre sœur. Ah oui, elle avait critiqué aussi mon manque d’ambition en terme de salaire. Rien de très grave en somme.

Faut-il fréquenter ce genre de personnes ? Si j’ai arrêté de la fréquenter, ça n’avait aucun rapport avec ça. Je dirais que la médaille a deux revers : d’un côté, ça nous pousse en avant, s’arranger pour être la mieux possible dans tous les domaines pour être irréprochable. D’un autre côté, c’est fatigant de craindre la critique, la pique qui sort de nulle part et in fine, ne risque-t-on pas de perdre son moi pour plaire ? En fait, là se pose toute la question de l’amitié, pour moi. Qu’est-ce qu’un ami ? Quelqu’un qui nous prend tel que nous sommes ? Oui mais pas que. C’est aussi quelqu’un qui est capable de nous secouer les puces quand ça va plus. « Là, tu te négliges, bouge-toi ! ». Mais j’ai parfois l’impression que les rôles sont distribués de telle façon qu’on a d’un côté l’ami sucré tendance Bisounours qui nous aime quoi qu’on fasse et qu’on aime tout autant du coup et l’ami acide tendance peau de vache qui vous fait remarquer immanquablement que vous avez pris 500 grammes au niveau des cuisses et du coup, on n’a plus envie de le/la voir. Bon il est vrai parfois que l’acidité est affaire de jalousie. Bon, c’est peut-être typiquement féminin mais je crois pas. Qui n’a jamais eu cette bonne copine salope qui ne rate pas une occasion de vous rabaisser ? Car l’ami(e) hautain(e) n’est en aucun cas jaloux de vous puisqu’à ses yeux, il vous vaut largement, il vaut tout, il le vaut bien. Si l’ami hautain vous fait remarquer que vous êtes sapé comme un plouc, ce n’est pas par jalousie, c’est pour vous tirer vers le haut, à sa hauteur. « Tu comprends, chérie, Vanessa Bruno, c’est quand même bien mieux que tes fringues H&M ».
Sans doute mais moi, Vanessa Bruno, depuis le temps que j’en entends parler, je sais toujours pas ce qu’elle fait et je n’ai pas les moyens de me payer des fringues créateurs, ni la silhouette d’ailleurs. Non mais sans déconner, ce genre de fringues, si vous n’avez pas le corps d’un mannequin, ça tombe mal et bon courage pour trouver votre taille de toute façon. Moi, je suis définitivement un mini pouce… Mais je m’égare.

Au fond, l’ami hautain, le vrai (pas le jaloux ou le m’as-tu-vu) est dur à supporter, souvent vexant, blessant, mais c’est pour notre bien, paraît-il. Après tout, pourquoi pas. Par ailleurs, essayons de positiver : si l’ami hautain est notre ami, c’est qu’à ses yeux, nous avons de la valeur. Ben oui, l’hautain ne choisit que le meilleur pour tout, y compris ses amis. Et il considère que nous pouvons atteindre un niveau plus élevé car nous en sommes capables. Revers de la médaille : mais si tu veux me changer, c’est qu’à l’heure actuelle, je ne te
conviens pas ?

Bref, il m’est difficile d’être tranchée sur la question. En tant qu’amie, je ne choisis pas mes amis en fonction d’un certain standing. S’ils déconnent de trop à mon goût, je le leur dis, en essayant d’y mettre les formes. Mais je me contente de conseiller, pas d’imposer et si l’ami ne suit pas ce que je dis, tant pis. Au moins, je ne me reprocherai pas de n’avoir rien dit, c’est pas si mal.

Ben, tiens, si je prenais un amant ?

Avant d’aller plus avant dans cet article, je précise pour ceux qui tombent sur ce blog pour la première fois et à qui je souhaite la bienvenue que je ne suis pas actuellement en couple donc tout ceci n’est que fictif.

 apoil.jpg

Vendredi soir, je rentre chez moi avec ce qu’il reste de mes pieds congelés et ô surprise, je découvre un nouvel article d’Enzo sur les règles d’or de l’adultère. Tout en débattant (enfin, débattre quand on a le même avis, c’est pas trop le mot) du sujet avec le jeune homme sur MSN, je décide de prendre le sujet en main : Nina devient infidèle à Wenworth grâce à aufeminin, c’est parti.

Avoir un amant, c’est très chic et ça occupe. Bon, entre mon taf, mon mec et mes copines, je sais pas trop où le caser mais tout est question de volonté dans la vie et si je le vois qu’une fois tous les 15 jours, c’est pas grave, il va pas commencer à me saouler non plus. De toute façon, ils le disent dans l’article, faut pas que je m’attache, je vais donc prendre un gigolo gratuit connard, en somme. Comme moi, je suis une fille bien, je mets les choses au clair de suite « écoute, j’ai pas besoin d’un mec, j’en ai déjà un, toi, je te prends juste pour ton sexe alors la ferme et on y va ! ». C’est fou comme l’adultère me rend dominatrice quand même. Bon le souci, c’est qu’avec amant qu’on va appeler Jean-Baptiste comme un joueur de rugby trop craca miaou, on peut pas trop jouer à tu m’attaches, tu me fouettes, ça laisserait des traces et il ne faut pas. Donc moi, je suis la fille hypra honnête qui dit de suite « tombe pas amoureux de moi, ça sert à rien ». Parce que je suis aussi très prétentieuse pour le coup, je suppose que forcément, Jean-Baptiste va tomber in love, bien sûr.

Comme je suis honnête mais pas garce (enfin, pas avec Wenworth), je ne dirai rien à mon mari ni à mes enfants, comme le dit le site. D’ailleurs, en gentlewoman que je suis, je ne coucherai jamais avec Jean-Baptiste devant Kenya, je dois la préserver. Mais je dois faire attention à pas me faire piquer donc c’est parti pour la phase de désinfection de JB. Ciao les cheveux et poils qui ne m’appartiendraient pas, à la lessive mes fringues qui sentent le Hugo Boss alors que Wenworth est très Calvin Klein, à la douche pour effacer cette odeur tenace de sexe. C’est marrant, quand on fornique, on a toujours l’impression de puer le sexe à 3000 lieues à la ronde alors qu’en fait, non. Enfin, je crois pas. Enfin, de toute façon, je me douche toujours après une folle nuit, c’est la base de l’hygiène. Si je vis avec Wenworth, je ne dois pas amener JB à la maison. Mais ça, très franchement, faut aimer le risque parce que vas-y pour être sûre d’effacer toutes les traces, surtout qu’avec mon amant, je prends mes précautions, histoire de pas me la jouer Brooke dans Amour Gloire et beauté : « je suis enceinte mais qui est le père » et une capote, ça brûle mal, je crois. Donc JB, il me reçoit chez lui et c’est tout. De préférence, il habite dans un quartier où je ne connais personne et où je peux me balader avec de grosses lunettes opaques sur le nez sans qu’on se dise « tiens, j’ai vu Nina dans ce quartier l’autre jour, suis sûre qu’elle a un amant. La preuve, elle avait de grosses lunettes sur le nez ». Puis en plus, le site le dit bien JB est un connard en puissance (c’est même pour ça que je l’ai choisi, pour pas m’attacher) et il risque de me dénoncer à mon Wenworth d’amour donc je dois surtout pas lui filer mon numéro et me mettre sur liste rouge. Bon, Wen’, il a pas trop compris mon délire de liste rouge et j’ai eu du mal à m’expliquer mais on sait jamais, quoi…

Le secret est, paraît-il, de ne rien dire à personne puisque moins de gens savent, mieux c’est. Mathématique comme raisonnement. Sauf que je lui dis quoi, moi, à Wenworth, sur ces 2h où personne ne sait où j’étais ? Une copine alibi, c’est bien aussi, à condition de la prévenir, bien évidemment, ça évitera les « au fait, c’était bien jeudi soir avec Nina ? – Jeudi soir ? Mais je l’ai pas vue, pourquoi tu dis ça ? ».

 En fait, je lis cet article (qui ne dit même pas où trouver un amant connard) et je me dis que l’adultère, c’est vraiment trop fatigant pour moi. Déjà qu’à l’heure actuelle, je sais même pas si j’aurais du temps à consacrer à un Wenworth, rajouter un JB au tableau, c’est pas possible, là ! De toute façon, l’infidélité, c’est pas comme ça que je la conçois, j’en parlerai un autre jour !

Toutes les mêmes !

Par Enzo

Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es. Peut-on faire une liaison sociologique entre les magazines féminins et les femmes ? Le site Aufeminin.com (90% de lectrices, n°1 des magazines féminins en ligne) consacre une catégorie à l’infidélité. L’adultère semble donc une activité banale/recherchée chez les femmes puisqu’on peut découvrir sur ce site un guide pratique qui répertorie les bons conseils (enfin « règles d’or ») pour tromper son conjoint !

L’accent est mis sur le coté pratique, on croirait le manuel de crime parfait :- Effacez les preuves de l’infidélité, le site fourni même une liste : « relevés bancaires, SMS et emails coquins, parfum masculin qui flotte sur vos vêtements… ».

– Se protéger :
– les préservatifs semblent évident mais le site conseille de faire un test HIV, donc il semble que l’adultère soit une situation bien organisée faite pour durer!
– ne pas donner d’adresse personnelle, travail, pas de numéros de fixe, se mettre sur liste rouge, … car il faut envisager l’amant comme un « traitre potentiel ».
– « evitez de mieux connaitre votre amant, de faire des activités sympas avec lui » Le ton est donné, l’amant n’est qu’un objet, un humain pas assez intéressant pour qu’on ait envie de mieux le connaitre, encore pire passer du temps à faire des activités sympas avec lui ! (le sexe c’est pas une activité sympa ?)

Le dossier fait même une incursion vers la philosophie en préconisant ce paradoxe : être honnête tout en étant malhonnête. Être honnête (avec son amant car il est conseillé de lui dire clairement que c’est un morceau de viande) tout en étant malhonnête (avec son conjoint car il est conseillé ne jamais lui avouer).

C’est quand même bien fait les magazines féminins. Je ne peux qu’être convaincu lorsque l’on fait vibrer ma corde féministe : à la question « Pourquoi prendre un amant ? », une des réponses est « Pour
respecter la parité ». C’est donc une question de respect, presque un devoir mesdames !

Pour résumer, mensonge, paranoïa, insensibilité, … Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Mais je suis vraiment de mauvaise foi, il y a aussi un aspect moral très mis en valeur avec des phrases comme « votre lit conjugal, c’est sacré ». Ah non au temps pour moi, c’est juste pour l’équilibre mental de l’infidèle. Et puis l’article disait au début « notre but n’est pas de faire l’apologie de l’adultère ». Ouf, qu’est ce que ça aurait été si ça avait été le cas.

Pour finir un petit chiffre : 44% ont été infidèles. Une chance sur deux. A vous de réfléchir messieurs. Vous choisissez pile ou face ?

Par Enzo, fondateur du collectif « Ni machos ni soumis » et membre du « MLH »

N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
 apoil.jpg

Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.