Ah tiens, c’est encore grève ?

Je suis fascinée par l’adaptabilité de l’homme à son environnement et aux obstacles qui se dressent contre lui. Si, si, tout le monde ne se noie pas dans un verre d’eau. Un exemple
totalement au hasard : les grèves des transports. Dans l’épisode 1, tout le monde était catastrophé/énervé/tassé dans le métro. Dans l’épisode 2, on garde l’entassement mais pour le reste, j’ai l’impression d’une globale indifférence. Boaf, on fera avec, c’pas grave !
 

Si je prends mon cas personnel, j’avoue que cette fois-ci, la grève constitue un problème mineur mais y a une grosse différence, aussi : j’ai changé de taf. Et alors ? Et
alors c’est plus facile d’aller à taf 2 en tant de grève qu’à taf 1. Juste pour vous expliquer :

– taf 1 : 15 minutes de marche, métro 1, métro 2, re-10 mn de marche

– taf 2 : 15 minutes de marche, métro et 15 mn de marche, point.

Forcément, un métro de moins, ça fait la différence et en plus, il fait beau donc c’est pas gênant de marcher. Même que du coup, j’arrive au travail réveillée et déjà en pleine
ébullition alors qu’avec les transports, j’arrive au travail la tête dans le pâté et en plein manque de caféïne. Mais si moi, j’ai de bonnes raisons d’être plus zen, j’ai l’impression que je ne suis pas la seule. Au boulot, c’est devenu limite une blague « et c’est la grève, je viens en vélo, demain, hihihi ! ». Oui, je bosse avec des filles maintenant donc on rigole en
i. Même le pauvre Alix qui met 2h30 à venir est totalement résigné. C’est comme ça, c’est comme ça, puis c’est tout.

 

Après tout, on peut pester tant qu’on veut, ça ne changera rien. Je ne suis ni syndicaliste ni au gouvernement donc je peux râler tant que je veux, ça fera pas avancer le schmiblick. Et puis, c’est con à dire mais on s’habitue. La première fois, on est emmerdés et on finit par trouver la solution au problème. Bien sûr, les rythme de travail sont décalés, pour nous
qui continuons, je fais du 11-20 en ce moment plutôt qu’un 10-19 (voire un 9h30-18h30) histoire d’éviter la foule qui m’empêche même de lire mon livre alors que c’est un tout petit livre de poche et que les gens qui montent, qui descendent et qui font marée humaine, ça finit par me donner la gerbe. Sauf aujourd’hui parce que vendredi, c’est petit déj et que c’est même mon service qui l’organise alors faut assurer quoi. Alors, certains diront un peu catastrophés et défaitistes : « non, mais c’est horrible, c’est comme l’histoire de la grenouille ! ». Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de la grenouille, je vous explique : si on plonge une grenouille dans de l’eau bouillante, elle en sort aussi sec mais si on la met dans de l’eau normale et qu’on fait chauffer à mesure, elle bouge pas et finit cuite. Maintenant, vous saurez cuisiner la grenouille grâce à moi, ce blog est vraiment une mine d’information. En gros, la parabole de la grenouille, c’est « quand on se retrouve subitement dans la merde, on se bat pour en sortir mais quand la merde vient petit à petit, on y reste ». Donc, là, si on reprend mon histoire de grenouille appliqué à la situation présente, les défaitistes pessimistes fatalistes disent en gros : « on perd vite notre capacité à s’indigner ». Ouais ok mais j’ai pas que ça à faire, moi, de m’indigner, j’ai une vie aussi.

 Par contre, je crois qu’il ne faut pas tomber dans l’euphorie optimiste non plus, ce n’est pas parce qu’on ne râle plus que toute l’opinion publique va supporter la cause des

cheminots. Selon un sondage lu dans le Monde de mercredi, si mes souvenirs sont bons, 59% des Français approuvent le gouvernement dans cette affaire. Moi, je pense juste que cette résignation face aux grèves n’a rien à voir avec mon opinion sur la question. Je reste à me demander si les méthodes utilisées sont les bonnes et je reste à voir le pour et le contre de chaque réponse. Je reste aussi à dire que ça me scandalise que certains métiers ne soient pas reconnus pénibles alors qu’ils le sont et qu’ils le méritent mais à la limite, ça, c’est une autre histoire (et je refuse d’en débattre en comm, c’est pas le sujet et c’est pas un blog politique, ici, merci de ne pas confondre). Bref, moi, je vois dans tout ça la politique du « faisons contre mauvaise fortune, bon cœur » parce que ça ne sert à rien de gueuler pendant 107 ans, on n’est pas impliqués dans le débat en cours, ce qu’on dit ne changera rien. En attendant, moi, je marche. Tant qu’il pleut pas, c’est plutôt agréable.

Parce que la vie, c’est pas du foie gras

(© Anaïs)
 

La vie est vraiment quelque chose d’étrange : il peut se passer des journées entières sans événement notable et tout à coup, tout s’emballe, pour le meilleur et/ou pour le pire. Hier, j’ai vécu ce genre de journée un peu surréaliste.

Tout commence à 10h30, heure tardive… Sauf que je me suis couchée à 6h après avoir passé la nuit à parler avec un trop beau gosse… Bon et LilVirgo, aussi, c’était juste pour vous faire jaser trente secondes. Donc ce matin, je me lève, la tête dans le pâté, comme vous pouvez vous en douter. J’avale un café,je m’habille, hop, un déjeuner dans le sud de Paris, hop, un autre rendez-vous aux Champs. Sur la ligne 6, ça pue le cramé dans le métro, il me semble même qu’il y a un peu de fumée, ça pique un tout petit peu la gorge mais bon, je suis arrivée à bon port, j’ai pas su ce que c’était mais j’étais pas la seule à l’avoir remarqué. Ca me rassure, ça veut dire que je suis pas folle.

 

Ce rendez-vous s’est super bien passé et j’ai décroché une pige mais j’en parlerai plus tard au besoin. Donc, forcément, je rentre chez moi toute guillerette, je raconte l’histoire à tous mes contacts MSN ou à peu près, j’appelle ma maman… Bref, je décide que cette bonne nouvelle marque le début d’une bonne période. Bon, c’est pas un plein temps mais bon, c’est rémunéré et c’est un bon truc. Et puis mince, faut savoir ne pas bouder son plaisir, aussi.

 

Mais bon, voilà, c’est typique : dès que je me réjouis trop vite, pif paf, je me prends un truc dans la gueule. Donc, en début de soirée, j’apprends qu’un copain a eu un grave accident de voiture. En fait, ça date d’une quinzaine de jours mais je le savais pas. Je m’en doutais mais je savais pas. Il a fait du coma, il a subi des opération et je le savais pas. Ca m’a filé un coup de l’imaginer dans cet état, surtout lui qui était du genre super vif…

 

La veille, avec bogosse et LilVirgo, on en parlait, justement. On parlait d’amitié virtuelle et bogosse nous demandait ce qu’il se passerait si l’une de nous avait un accident, l’autre serait-elle au courant ? Bonne question, je n’en sais rien. Mes parents connaissent de nom pas mal de mes copines parisiennes mais juste le nom. Je trouve que ce genre de réflexion vous remet à votre place. Si je disparaissais, qui le saurait de suite ? Si un de mes amis avait un accident, serais-je prévenue rapidement ou l’apprendrais-je par personnes interposées ? Le saurais-je même un jour ? Après tout, des gens ont disparu de ma vie sans explication et s’ils étaient décédés ? Je me suis sincèrement posé la question pour Yohann mon ancien meilleur ami mais je pense que sa mère m’aurait informée, quand même…  Quoi qu’il en soit, ça pose un peu la question des cercles de connaissance. Qui sont nos amis proches, qui sont nos amis un peu moins proches, nos copains, nos potes, nos connaissances, parfois lointaines. Qui saura, qui ne saura pas ? Qui remarquera mon absence, qui s’en foutra ? Qui m’oubliera sans avoir remarqué que je n’ai jamais rappelé… et pour cause.

 

Bref, ça me remue quand même. Il s’en est tiré vivant et c’est déjà énorme, je vais lui acheter quelques trucs et lui expédier car je pense pas qu’on puisse encore le voir pour le moment. Histoire qu’il sache que je le soutiens à ma manière. Mais quoi qu’il en soit, cette histoire me rappelle une nouvelle fois que notre vie peut changer du jour au lendemain. Ca fait flipper.