La médisance est une manipulation

Débutons cet article par un aveu : je peux être une belle langue de pute. Parfois, je suis saoulée et celui ou celle qui a provoqué cette fatigue va en prendre pour son grade. Dans son dos la plupart du temps, oui. C’est mal ? Ca dépend.
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Pour moi, la médisance a toujours été une sorte de soupape. Mise en situation pour expliquer le machin. Imaginons que je sois super copine avec Louise, une fille dont j’apprécie énormément la compagnie. Oui mais voilà, Louise a un travers qui m’agace ou a réagi de façon qui me paraît incongrue. Bref, ça gratte un peu. Nous avons face à nous deux solutions : vider son sac ou se contenir. Evidemment, si le problème empoisonne nos relations, il faut parler mais parfois, on sait que ce n’est rien, une petite tracasserie qui n’a pas d’importance, qui nous paraît chiante parce qu’on n’est de mauvaise humeur. Pas la peine d’en chier une pendule à 13 coups mais on a besoin d’en parler histoire d’évacuer donc plutôt que de provoquer un drame, on vide son sac auprès d’une tierce personne. On parle puis on oublie. Parfois, ça m’amuse de médire juste pour brosser des portraits un peu au vitriol de personnes de mon entourage. Parfois, je médis car j’ai peur d’exploser à la figure de quelqu’un qui ne le mérite pas forcément ou que j’ai peur de blesser.
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Mais chez certains, la médisance est une stratégie. Premier effet évident de la médisance : descendre quelqu’un. On va mettre un peu en situation. Vous venez d’arriver dans une nouvelle boîte, vous voilà à la machine à café, escorté par Carole, votre collègue qui a l’air drôlement sympa. Mais a-t-elle tourné le dos qu’on vient vous prévenir. On pouvant être un homme ou une femme, j’ai entendu pas mal de saloperies de la part de mec, la médisance n’est pas typiquement féminine. Donc mettons que le médisant ou la médisante soit Alex(andre ou andra). A peine Carole s’éloigne-t-elle de vous, donc, qu’Alex débarque « tu sais, Carole, tu devrais te méfier car [truc à la con] ». L’avertissement peut parfois être sincère mais de façon générale, on est assez grands pour constater rapidement que Carole est pas seule dans sa tête, si tel est le problème. Mais peut-être qu’Alex n’a pour seul but que de démonter Carole car ils sont en concurrence pour un poste, par exemple, et ça sape méchamment par derrière pour prendre l’ascendant. Ou il y a eu un truc entre Alex et Carole, ils/elles ne se parlent plus et, même si vous en avez franchement rien à foutre, vous êtes censé devoir choisir un camp.
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Mais il y a dans la médisance un 2ème effet Kiss Kool, plus pervers : on vous manipule. Pas tellement pour détester Carole finalement mais plutôt pour aimer Alex. Ah cet-te Alex, quelle crème ! Il/elle me fait vachement confiance, tu vois, il/elle me prévient des gens dont je dois me méfier, on devient amis et on se confie nos amitiés… et surtout nos inimitiés. Qu’est-ce qu’on s’est marrés l’autre jour en se foutant de la tronche de cette pauvre Carole. Car oui, la médisance reste un lien social, un « nous contre les autres cons ». Les médisances sont enrobées pour passer pour des confidences, pour des marques de confiance. On dézingue tout en prenant l’autre sous notre influence. Manipulation basique mais au fond, les amitiés se construisent aussi grâce à des « ennemis » communs. Le manipulateur observera qui vous aimez et surtout qui vous agace et attaquera là. « Tu l’aimes pas Carole ? Ohlala mais moi non plus ! Viens, prenons un café et vidons notre sac ». Et puis, plus on convainc l’autre qu’on sait choisir les bonnes personnes, ou non, plus il sera facile d’influencer. La médisance ne serait alors qu’une sorte de pied dans la porte, une première marche dans la manipulation.
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Je parle du monde du travail mais ça arrive aussi dans la vie privée. Parce que des fois, des gens ont besoin de se construire une sorte de harem amical dont ils sont le roi ou la reine, un harem construit sur la détestation de ceux qui ne sont pas admis dans le cercle pour diverses raisons. D’ailleurs, le jour où vous commencez à soupirer devant tant de méchanceté idiote, rassurez-vous, c’est sur vous que ça va commencer à persifler dès que vous aurez le dos tourné. Je vous jure, ça existe, ça m’est arrivé. Mais à un moment, quand on n’a que des médisances à se dire, une alarme finit par s’allumer dans mon cerveau : soit tu n’as rien à me dire, soit tu cherches à m’endormir pour mieux m’influencer. Quoi qu’il en soit, rien de bon pour moi.

Mon doudou divin de Katarina Mazetti

En pleine période de Noël, libérée de mon Ulysse, je décidais donc de lire tout ce que je pouvais, un peu comme une orgie de gras après un gros régime. Dans ma besace, un livre acheté longtemps avant : mon Doudou divin de Katarina Mazetti.
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Quand j’ai acheté ce livre, je n’avais pas encore lu « Le mec de la tombe d’à côté » donc je ne savais pas qui était Mazetti et surtout que je n’aimais pas trop sa prose. Attirée par le 4e de couverture, je fonçais : une nana qui part dans une sorte de quête spirituelle, ça me parle, oui. Donc voici l’histoire de Wera, une journaliste à la pige qui décide de faire un papier en monde immersion sur une retraite spirituelle qu’elle a trouvé dans les petites annonces du supermarché. Ce livre suit deux personnages : Wera et un autre personnage féminin dont j’ai même oublié le prénom. Elles se retrouvent toutes deux dans cette retraite menée tambour battant par un Jésus-hippie, sa dévouée compagne hippie qui passe de soumise à féministe revendicatrice sans qu’on comprenne bien pourquoi, un médecin, une femme étrange et un musulman. Cette retraite ridicule tourne autour d’un temps fort : tous les jours, un des participants doit prendre la parole pour présenter sa spiritualité. Donc voilà, vous l’aurez compris : ce roman est bavard. Bavard et creux.
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Reconnaissons un talent à Mazetti : elle sait nous concocter des héroïnes infectes, imbues d’elles-mêmes, condescendantes… Bref, ça démange, on a envie de les baffer. Evidemment, elles vont rencontrer un nouveau monde, remettre en cause leurs certitudes mais pas tant que ça finalement. Manichéisme et bons sentiments sont au rendez-vous, les personnages sont censés mener une quête, se (re)trouver mais la fin est tellement délirante qu’on se demande bien à quoi ça a bien pu servir, tout ça. Quelques réflexions de ci de là qui pourraient pousser à réfléchir un peu plus, le personnage du gourou, pour le coup, pas mal réussi mais après… La femme dont j’ai oublié le prénom a une histoire intéressante mais pas du tout creusé. Wera est juste une conne alcoolique qui se croit au milieu de la masse et pense qu’un foulard lui confèrera une spiritualité.
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En fait, le problème de ce livre, c’est son axe de départ, franchement improbable : quel pigiste irait faire un reportage suite à un papier posté au supermarché ? Au mieux, ça vaut un entrefilet mais on est loin des cures détox hors de prix qui pourraient effectivement faire un long reportage. A moins que la presse suédoise soit vide et creuse, je ne sais pas. A la limite, l’improbabilité du départ aurait pu être compensée par la suite mais les rebondissements font souvent lever les yeux au ciel tant ça n’a pas de sens.
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Bref, un livre parfait pour un voyage en train (je l’ai tué en deux jours) ou sur la plage mais n’en attendez rien.

Tel un chat sur un clavier brûlant

(apparté : je me suis défoncée sur ce titre)

Ce qui est charmant quand on débute l’aventure des sites de rencontre, c’est qu’on fait parfois preuve d’un peu de naïveté. Peu importe votre quête, vous débarquez avec votre politesse et votre élégance, une certaine vision de la séduction. Mais parfois, face à vous, des joueurs très expérimentés qui n’ont pas de temps à perdre.
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Alors que vous vous émoustillez à découvrir tous ces beaux gosses et/ou belles gosses que vous pourriez butiner pour peu qu’ils répondent à votre flash, ça commence à clignoter dans tous les sens : une personne vous invite à chatter. Ohlala, dis donc, ça débute fort. Un peu comme si, à peine entré-e dans un bar, on vous offrait direct un Martini Grenade*. C’est flatteur. J’ai dit que les nouveaux sur ces sites faisaient preuves de naïveté ? Et bien je le répète. Vous cliquez donc sur accepter et vous pénétrez alors un univers différent où vous allez naviguer entre conversation sans relief (ça va ? Tu fais quoi sur ce site ? Et sinon ça va ?), des conversations polies sur l’amour, la mort, et sinon ça va ? et les personnes cash qui n’ont pas envie de parler mais de se prendre un petit shoot d’hormones. « Tu baises ? »
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La misère ou l’obsession sexuelle vous assaille sur ces fenêtres vous rappelant vos jeunes années sur ICQ : c’est moche, ça marche souvent pas très bien et on ne sait finalement pas trop à qui on parle. Un système de random chat avec pour seul axe commun : la présence sur un site de rencontre. Du coup, 90 à 95% des conversations n’ont in fine qu’un seul but : la baise. Non, je vous jure, le chat n’est pas l’outil des grandes histoires d’amour. Mais votre interlocuteur-trice va parfois tourner autour du pot, poser quelques questions sans intérêt pour tenter d’arriver au but : chez toi ou chez moi ? Certains, en bons stakhanovistes du cul**, vont direct vous poser la question. Quelques déclinaisons possibles, tirées de mon expérience : « tu baises ? » « envie d’une fessée ? » « je suis nu dans mon lit, tu viens ? » « tu aimes les gros calibres ? » (véridique, je l’ai eu celui là)… Tu dis oui, tu dis non, il-elle en a lâché une demi douzaine en même temps, le premier ou la première à mordre à l’hameçon a gagné. Si quelqu’un mord, j’ai pas de stats sur le sujet. Je testerais bien mais en temps que femme, j’aurais pas besoin de lancer beaucoup de lignes pour me faire tringler tous les soirs si l’envie me prenait, voyez. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse… des sens.
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D’autres, cependant, n’osent pas être aussi francs. Timidité ou besoin d’en savoir un peu plus sur l’objet de sa convoitise, on n’est pas obligés d’adhérer au côté total trivial non plus. Bref, le chat tourne aux question un peu insipides, le temps de trouver le courage de sauter le pas, on s’emmerde un peu. Ou on peut beaucoup s’amuser, pour peu qu’on ait décidé que non, non, on ne cèderait pas à la tentation. Ne saisissez aucune perche, répondez toujours à côté de la plaque. Tu ne me demandes pas franchement si je veux baiser, je ne te dis pas franchement non. Par contre, au bout de la 30e question creuse, vous risquez de quitter le chat et ne plus jamais y retourner.
Fast-typing
Mais pas de panique ! Si le chat vous ennuie (et je le comprends), il existe un autre moyen de communiquer : les mails.

* Je viens de terminer Plonger de Christophe Ono dit Biot et il est question de ce cocktail, je dois le tester, c’est ma nouvelle obsession alcoolique.
** (c) José dans Les Mystères de l’Amour (j’ai des références)

Modern stalking

Par Audrey

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Le problème des ruptures à l’ère du web 2.0, c’est qu’elle manque de netteté. Comment tourner la page alors que l’autre reste là, à portée de clic. Malgré les résolutions, malgré l’envie d’avancer, comment résister à l’envie d’aller jeter un oeil… Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas la seule à en chier. Sauf que sur les réseaux sociaux, on a tendance à mettre en avant ce que l’on fait de cool. Et là, la curiosité vire à la scarification mentale.

Mais qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?

Benoît était, quand nous étions installés ensemble, la parfaite incarnation du mot « pantouflard ». Plus motivé à l’idée d’un plateau télé ou d’une soirée console que par l’idée d’aller voir dehors ce qu’il se passe. Mais là, depuis qu’il est seul, il semble pas mal sortir. Un coup au concert de Fauve (style de musique qu’il semblait détester quand nous étions en couple), avis posté sur le dernier Woody Allen, expo à Beaubourg… Mais qui est cet homme ? Mais surtout qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?D’ailleurs, pourquoi lors du concert des Artic Monkeys, elle l’a tagué sur une photo ? C’est qui cette Aurélie ?

Côté face, je souris, je joue la fille « la vie devant moi, youhou ! ». Côté pile, mon estomac est en train de se décomposer sous l’effet des giclées de bile aigre provoquées par toutes les apparitions de cette mystérieuse Aurélie dans la vie de mon mec… euh, mon ex. Jusqu’au jour où ça apparaît en toutes lettres sur mon écran, un coup virtuel dans les tripes « Benoît Garassi est maintenant en couple avec Aurélie Chastain ». Je saisis mon clavier et vomis ma colère, prête à lui démontrer l’étendue de mon vocabulaire le plus ordurier.

Mais, sur les conseils de mon amie Elisabeth, je finis par ne pas l’envoyer. Parce que ça sert à rien. Parce qu’il s’excusera d’avoir été maladroit, oui, mais il ne m’aime plus et la scène, même un peu légitime, qu’il va se prendre ne changera rien. Audrey out, Aurélie in, c’est comme ça.

Devant mon Facebook, je me décide enfin à faire ce que j’aurais dû faire depuis le départ

Alors je me plante devant mon Facebook et fais ce que j’aurais dû faire dès le départ mais que je n’avais pas eu le courage d’exécuter pour de fausses raisons (« non mais ça fait mesquin, tu comprends »). « Voulez-vous vraiment supprimer Benoît Garassi de votre liste d’amis ? ». Oui.

Les baisers

Il y a quelques années, j’avais parlé du baiser. Et j’ai envie de remettre le couvert car je dois le confesser : j’adore ça, embrasser. Je crois que je préfère le baiser à la baise. Autant je pourrais me contenter de baisers sans baise, autant je ne conçois pas la baise sans baisers.
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Arrivée, légèrement précoce, du printemps ou heureux hasard, les baisers retrouvent le haut de l’affiche dans mes actualités Internet. D’abord, il y a le site Internet Ici sur la bouche qui vient de voir le jour, un projet de géolocalisation de baiser assez chouette sur le principe. Et il y a la fameuse vidéo où 20 inconnus s’embrassent pour la première fois. Le premier baiser… Ca me rend toute chose.
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J’ai repensé récemment à ces premiers baisers, à ces baisers tout court, ceux qui comptent, ceux qui te marquent, ceux qui te font exécuter une danse de la victoire mentale tellement tu attendais ça, tellement c’est parfait, tellement le monde a complètement disparu tout autour de vous. On s’en fout des autres, on s’en fout du lieu, on s’en fout de tout, c’est juste toi et moi. Le décorum, c’est juste pour faire joli dans les films. C’est doux un baiser, ce sont deux lèvres qui s’effleurent, deux langues qui se caressent. Ca donne beaucoup de choses un baiser. Ca ouvre des portes, ça crée une intimité. Il y a un avant et un après le baiser, pour peu qu’on y mette un peu de sentiment et d’envie dedans.
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Je me souviens de baisers. Celui échangé pour la première fois avec l’English one dans les couloirs d’une station de métro avec commentaires aigris de quelques passants. Celui échangé avec un chouette garçon à la fin d’un documentaire au forum des images. Celui échangé avec ce garçon étranger dans une petite rue entre République et le Canal Saint Martin rythmé par les cris de manifestants défilant dans l’artère voisine. Même ceux échangés pour la première fois devant et dans mon ascenseur avec ce garçon dont j’avais envie depuis plusieurs mois. Même si, à défaut d’avoir tiré le gros lot, j’ai tiré un connard, ça reste un moment intense, exaltant. Si j’ouvre ma boîte à souvenirs, il y a sans doute plus de baisers que de nuits torrides. Parce qu’il est un signal de départ, un « oui, toi et moi, on va pas en rester là ». Même si on en reste là, d’ailleurs, ça reste un joli moment, un souvenir offert.
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J’aime le baiser, oui, j’en aime la sensation, la chaleur, ce que ça augure. J’aime regarder les gens s’embrasser dans la rue (tant que ça ne ressemble pas à un pré coït cependant), j’aime imaginer leur histoire. Est-ce le début d’une histoire ou juste une démonstration entre deux amants, deux amoureux de longue date ? Au milieu de la foule agressive et maussade, une jolie scène de baiser, pardon mais ça fait plaisir. Pendant quelques secondes, au moins deux personnes étaient heureuses.

J’te flashe, j’te love

Après des heures de souffrance durant lesquels vous avez dû dénuder votre âme face au Dieu Site de Rencontre qui a tout voulu savoir de vous afin de mieux vous vendre sur le marché de l’amour, vous allez enfin pouvoir commencer à jouer. Direction la page d’accueil.
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Si vous êtes une femme de type hétérosexuelle, à peine avez vous validé votre dernière réponse qu’un ou deux hommes se sont déjà exprimé dans votre boîte à messages. Courageux, ils n’ont même pas attendu que votre annonce ou votre photo soit validée… Ca en est limite flippant, admettons-le, ça fait un peu affamé/désespéré. Même si c’est pas si con en soi comme stratégie : la nouvelle n’a pas encore pu mesurer à quel point elle peut se taper la Terre entière et tombe dans la sex addiction. Mais n’oubliez jamais qu’un site de rencontre, c’est comme un bar : si vous voulez séduire la jolie fille de service, attendez quand même un peu qu’elle soit dans l’ambiance.

Tentative de séduction dans un bar
Tentative de séduction dans un bar

Bref, vous avez enfin le droit de jouer sur le site. Tout site qui se respecte propose différentes options dont une que nous pourrions qualifier d’oeillade virtuelle : le flash, le charme, voire même le poke à la grande époque où Facebook nous permettait de choper. Le niveau 0,5 de la séduction, le coup d’oeil lancé par dessus le bar pour voir si le nouvel objet de notre affection serait tenté d’aller plus loin. C’est pratique un flash : ça prend 5 secondes, ça coûte rien et on peut en envoyer plein. Coucou tu me plais mais je te le signale discrètement, à coups de battements de cils et de timides sourires.
Femme entreprend la séduction par le langage corporel
Femme entreprend la séduction par le langage corporel

Maintenant que l’on a accès à la cour de récréation, on fait donc défiler les photos. Oh il est bien choupinou ce petit brun à lunettes et mal rasé, mmmm. Bon, sa fiche est un peu lapidaire, contentons nous d’un petit flash. Petit appel du pied et sauvegarde du jeune homme, ça peut servir. Ouuuuh, le craquant mec qui semble venir du Nord et qui a comme un petit air de Nicolaj Coster-Waldau, huhu. Bon, j’ai pas le temps de lui rédiger un mail sexy et drôle, contentons-nous de le flasher pour le moment, on lui écrira plus tard.
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Bref, ça défile, on flashe ou non selon si on imagine le/la titulaire de la fiche que l’on visite dans sa vie ou à minima dans son lit. C’est facile, c’est grisant. Nous qui n’osons pas maintenir le regard d’un-e inconnu-e dont on adorerait mordre les fesses. Le flash est l’arme préférée des timides qui en usent jusqu’à en abuser parce que ça ne coûte rien et que vu qu’on en envoie en masse, on ne notifie même plus ceux qui ne nous le rendent pas.
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Mais tiens, quelqu’un vous invite à chatter. La semaine prochaine, nous nous jetterons donc à corps perdu dans ces alcôves virtuelles où l’on parle potentiellement de tout. De son amour de Kundera ou de la dernière expo sur Cartier-Bresson à Beaubourg… en passant par le fétichisme et l’amour de la fessée.

Forme-toi toi même !

Depuis quelques temps, c’est tempête dans un verre d’eau dans ma petite tête. J’ai des envies, des ambitions oui, mais voilà, « j’ai pas le diplôme ». Je ne parle pas de me reconvertir dans la recherche bio chimique ou l’ingénierie je sais pas quoi, non, non, je veux rester dans mon petit univers marketing. Mais je doute, je doute.

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Un jour comme un autre, je me dis qu’il est temps de prendre la voie qui me fait de l’oeil. J’ai fait une demande de DIF mais ça ne suffira pas. Une de mes collègues a prononcé un mot magique, voyons voir. Bachelor, MBA… Ah y a des formations pour salariés. Bon, bien, j’en ai pour 16 000 à 30 000 €. Bien alors je pourrais jouer au loto pour gagner de quoi me payer ces super formations mais placer mon avenir professionnel entre les mains du hasard, c’est… comment dire… non. Je me gratte la tête, je trépigne, je soupire, j’essaie de voir ce qu’il serait possible de faire mais je bloque. Comment pourrais-je convaincre que je suis bonne à un poste que je n’occupe actuellement pas et dont je ne maîtrise à la perfection qu’un seul des leviers.
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Et puis non. Je ne renoncerai pas. Je vais me former moi-même. Va falloir que je sois un peu rigoureuse mais je suis pas plus stupide qu’une autre, après tout. A moi les MOOCs, les articles de blogs et websites, les livres blancs et slideshares. Après tout, ai-je un diplôme de marketing ? Non. Est-ce que ça m’a empêché d’y bosser ? Non. Oui, le fait de ne pas sortir d’une école marketing-comm est un peu bloquant car ceux qui ont le diplôme au bon libellé peut progresser plus vite que moi, même si je suis plutôt excellente aujourd’hui. Oui, j’ai certainement eu la chance qu’une personne me fasse confiance au tout début, à un moment où le community manager n’avait pas de diplôme lié. Mais si ça a marché une fois, pourquoi ça ne remarcherait pas ?

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Alors maintenant, je me bouge le cul, j’arrête de râler. Et quand je maîtriserai à la perfection les arcanes de la stratégie digitale (ce qui m’intéresse donc), je me remettrai peut-être à l’allemand. Et comment valider ces connaissances validées sur le net ? Simple ! Vive les slideshares et autres productions à poster direct sur LinkedIn pour démontrer que, hé ouais, j’ai de la jugeotte.

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Bon ben y a plus qu’à…

Le délicat cas du chat

Par Audrey

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Une fois ma rupture avec Benoît assimilée, je suis tombée dans une nouvelle phase que nous appellerons “nouveau départ”. Il fallait qu’un maximum de choses dans ma vie marque ce virage : nouvel appart, nouvelle garde robe, nouveau découvert. C’est le problème avec les nouvelles vies, on ne fait pas toujours des économies pour pouvoir se la payer au moment où on en a besoin. Alors pour consolider l’oeuvre de cette nouvelle vie, je choisis un chaton, tout pelucheux et tout mignon avec ses grands yeux étonnés et sa démarche un peu hésitante. Welcome to Karma dans mon humble demeure.

Le chat, repoussoir à mec ? 

Karma, oui, une façon de me souhaiter bonne chance dans ma nouvelle vie. Fière de moi, j’invitais mes copines à prendre le thé histoire de leur présenter la chose. J’ai attendu qu’elles soient tranquillement assises sur mon clic-clac flambant neuf (enfin, la housse. Le clic-clac est sans doute plus vieux que moi) pour leur exhiber le nouvel amour de ma vie. Si Elisabeth et Isa se montrèrent immédiatement charmées, Souria fit légèrement la moue. Souria, c’est ma pote “célibataire qui le vit bien”, à l’inverse d’Isa qui est la “célibataire qui aimerait bien une grosse alliance à son doigt et quelques enfants dans sa maison avec jardin”. A peu près. Donc Souria ne sourit pas.
“Tu l’aimes pas ?
– Si, si, il est mignon, mais… Ca va pas t’aider à trouver un mec.”
Chat, repoussoir à mec ? Allons donc ! Mais Souria insiste : de un, sans qu’on sache pourquoi, la moitié des mecs sont allergiques aux chats. Tu vois, physiquement, ça colle pas. Et de deux, et c’est bien là le pire, le chat, ça fait vieille fille. Limite aigrie. Le chat est donc une sorte d’antidote naturel contre les mecs, CQFD.

Le chat, meilleur détecteur à mec bien ?

Une fois mes copines parties, je prends mon mini chat et le tend vers moi, façon Simba dans le roi Lion. Ce petit bout de quelques grammes feraient fuir des gaillards de 80 kilos, vraiment ? Je relâchais le fauve qui partit en courant maladroitement planter ses griffes dans la mousse du canapé, l’air espiègle et satisfait. Le roi de la maison. Quelques jours à peine que je l’ai ramené et il fait déjà sa loi. Peu importe les brimades, il plante ses griffes dans mes meubles et saute partout s’il veut. C’est peut-être là le noeud du drame : y aurait-il une place pour une autre individu auprès de mon chat ? Boule de poil est-elle la seule à décider de qui a le droit de la vénérer ? Un chat et un homme sont-ils forcément en conflit quand il s’agit de prendre une place dans ma vie ? Et ce mini félin me place-t-il vraiment dans le rôle de la vieille fille ? Je veux dire, oui, je l’ai adopté au moment où je renouais avec une solitude depuis longtemps oubliée mais c’est pas une raison…

Et si Karma était, en fait, mon meilleur détecteur à mec bien ? Je veux dire un gars qui arrêterait une incroyable histoire d’amour à cause d’un chat mérite-t-il que je m’arrête sur son cas plus de 30 secondes ? Non, je ne crois pas non.

Finalement, Souria a tort : ce chat est le meilleur investissement que je pouvais faire. Même si j’étais encore loin de me relancer dans une quête amoureuse : guérir un coeur, ça prend du temps.

JF/JH cherche JH/JF

Choisis ton camp camarade !

Bon voilà, vous en avez fini avec la partie Gestapo du site de rencontre, vous êtes désormais à poil devant le grand Dieu Dating qui sait presque tout de vous. Même la taille de votre sexe turgescent sur certains sites, m’est avis. Seulement, vous n’êtes pas que des croix dans des cases prédéfinies par le site, non, vous avez aussi une personnalité propre. Et ça tombe bien, le site a prévu une zone où vous pouvez laisser libre court à votre prose. Attention, cassage de gueule imminent.

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Les doigts suspendus au dessus du clavier, vous voilà prêts à rédiger votre annonce. Bon, ok, mais je dis quoi. Si vous cherchez un plan cul, pas de prise de tête, autant le lancer de suite et chacun fait ce qu’il en veut. Par contre, si vous cherchez l’amour, ça devient de suite plus compliqué. Parce que faut arriver à être drôle, spirituel et original en quelques lignes… Sauf que finalement, si vous êtes sur un site où vous pouvez indifféremment voir hommes et femmes, vous verrez que votre originalité est vraiment toute relative.
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Nous avons donc plusieurs possibilités. Peut-être devrait-on se contenter de la vérité crue, sans flonflon ni vanne « salut, je cherche quelqu’un pour une belle relation. Rien ne vaut le réel, rencontrons-nous ! » Direct, efficace… mais peut-être un peu froid, un peu « psychopathe » su les bords. Même si nous cherchons, in fine, tous au moins à précipiter la rencontre (une trop longue relation virtuelle n’est que rarement une bonne chose, ne serait-ce que parce qu’à un moment, tu risques de louper le coche), une petite blagounette ne serait pas malvenue : la rencontre n’est jamais quelque chose de dramatique même si c’est toujours un peu stressant. Cherchons l’amour mais cherchons le avec un peu de légèreté.
dandelion
(c) Sarah Purpleface
Alors tentons l’humour. Oui, c’est bien, ça l’humour. Sauf que ce truc là, c’est carrément pas universel. Entre l’humour potache à carrément beauf tendance « sexiste mais non je rigole-euh » à l’humour tellement 20e degré que personne n’a jamais compris ce que pouvait bien signifier ce trait d’esprit (même après explication), ça fait flop. On peut aussi rester dans de la valeur sûre en sortant une vieille blague des familles mais là encore, à part provoquer quelques levage de yeux au ciel et vous coller une étiquette « gros-se relou-e », la manoeuvre me paraît risquée.
cauet-menibus
Alors quoi ? Pas de vanne, pas de sérieux, on fait quoi ? Reste la voie du nihilisme, le classique « je sais pas ce que je fous sur ce site / je ne joue pas le jeu parce que ça me saoule qu’on dise tous la même chose… ». Bonne nouvelle, ça peut fonctionner… une fois. Rares sont les proies qui retomberont dans le panneau pseudo nihilisto-provocateur plusieurs fois.
why-so-serious-nihilisme
En fin de compte, l’annonce, c’est comme le reste : autant ne pas tenter d’être un-e autre, ça ne marchera pas. Et puis, pas de panique, les 3/4 s’arrêteront à vos photos et à votre questionnaire donc vous pouvez rédiger une annonce en forme de Kamoulox que ça passera crème. Une annonce en Kamoulox, tiens, en voici une idée…
kamoulox
Ah et dernier conseil, plus spécifiquement pour ces demoiselles : une de mes amies a glissé une vanne relative à la taille de ses pieds dans son annonce… et se ramasse tous les fétichistes des pieds qui traînent. Si vous ne voulez pas attirer une certaine catégorie de personnes, surtout, faites attention à bien laisser la porte verrouillée !
Bruxelles 530
La semaine prochaine, nous allons nous balader sur les fiches des autres, on l’a bien mérité. Youpi !

Albator de Shinji Aramaki

Comme certains ont pu le deviner hier, j’ai une certaine culture manga et la saga Harlock, ça me parle à mort. En fait, j’ai lu Galaxy Express 999 et quelques volumes d’Albator, justement, et j’adorais notamment la lutte de Maetel et Esmeraldas contre leur mère Prometheus. Bon, on casse direct le suspenses : elles ne sont pas dans le film. Mais Albator restant un personnage sombre et intrigant, allons voir ce petit bijou d’animation.
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Point 1 : l’animation justement. J’ai vu le film en 2D dans une petite salle MAIS en VO et pardon mais si y a bien un truc que je ne supporte pas de voir en VF, ce sont les productions japonaises (même si je ne comprends strictement rien mais franchement, regardez Evangelion en japonais et en français et vous comprendrez). Ceci étant, malgré la 2D, niveau spectacle, ça claque. L’Arcadia est monumentale et les mouvements dans l’espace tout à fait fluides, on suit facilement l’évolution. Alors que pardon mais dans pas mal de films avec batailles spatiales, y a toujours un moment où je suis perdue. Malgré le passage dessin animé/animation, on reconnaît à peu près les personnages et l’univers gothique. Seul (gros) bémol : Mime qui me paraît assez loin du souvenir que j’en avais et mon compagnon de virée a été un peu traumatisé par son string enfilé sur sa combinaison mais passons. Niveau décor, je suis totalement conquise. Passons à l’histoire.
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La conquête spatiale a permis aux Humains de partir essaimer un peu partout dans l’univers mais sans jamais réellement trouver une planète aussi hospitalière que la Terre donc ils décident finalement d’y retourner mais y a plus la place pour tous ces individus là et ça vire en guerre spatiale pou retourner sur Terre. Finalement, la Coalition Gaïa prend le pouvoir et décide de faire de la Terre un sanctuaire sacré où plus personne ne peut aller. Albator n’approuve pas cette décision et entre en rebellion. Oui, ceux qui connaissent l’univers Harlock ont donc remarqué que ça n’a strictement rien à voir avec les histoires déjà développées. Il s’agit officiellement d’un préquel à la saga finalement. Gros mouais.
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Parce que c’est le léger souci de ce film qui avait pourtant pu être un de mes films préférés de la vie. Oui, on se prend une sublime claque avec les images mais l’histoire, pffff. Le périple commence par l’arrivée d’un jeune homme au bord de l’Arcadia. On découvre très vite que c’est un espion à la solde de la Coalition, envoyé directement par son frère paraplégique qui a l’air un peu vicieux. Sur Mars où il vit, il est assisté par une jeune femme dont on comprend très vite qu’elle est au coeur du trio amoureux (avec les deux frangins donc). Notre jeune garçon commence donc à tenter de deviner les secrets de l’Arcadia en déambulant en son sein (scène plus ou moins copiée du manga ou du dessin animé, je ne suis pas sûre mais ça m’a bien rappelé quelque chose) mais on découvre vite qu’Albator et Mime ont très bien percé le jeu du petit jeune. Ils oublient néanmoins de prévenir Kei qui lui raconte tout le plan : ils vont faire péter tous les noeuds du temps de l’univers pour revenir à l’époque où les hommes vivaient sur Terre.
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De là, on se retrouve dans un scénario à multiples rebondissements, le jeune homme change 4 ou 5 fois de camp et nous fatigue légèrement, son frère reste méchant et pervers mais on apprend que, ô surprise qu’on n’avait pas vu venir, il est paraplégique à cause de son frère. La fille ne sert pas à grand chose au passage. Bref, la lutte entre les frères rangerait presque Albator dans un de ses classiques blockbusters américains avec une petite dimension écologique. Heureusement, il existe également tout un questionnement sur le choix entre vérité et illusion, la manipulation des masses…
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Bref, oui, j’ai aimé. J’ai cru lire un jour qu’il s’agissait du premier film d’une trilogie mais j’ai jamais retrouvé cette info donc j’ai dû la rêver. Dommage car même si cette histoire de frères m’a un peu saoulée, le spectacle est tel que j’en aurais bien repris deux louchettes.