Les joies de l’’ANPE

En France, quand on est chômeur (ce qui est officiellement mon statut, pour l’heure), on dépend de deux institutions : les Assedics et l’ANPE. Pour le premier, pas de soucis, je remplis une déclaration tous les mois pour dire où j’en suis. Enfin, si, là, j’ai un souci : ils me demandent mes contrats pour mon CDD et mon stage et je n’ai pas ce dernier, la préfecture traînant les pieds pour nous envoyer un papier célébrant l’existence juridique de l’asso. Donc j’ai pas de contrat. Et ça pose aussi problème pour l’ANPE.

 anpe

L’ANPE est une institution administrative dans sa plus pure horreur, à mon sens. Système lourd et mal organisé, une poule n’y retrouverait pas ses petits. Même si j’ai le même numéro pour les assedics et l’ANPE, faut faire toutes les démarches en double car il n’y a aucune communication entre eux et c’est parfois assez pénible. D’ailleurs, au début, je me suis faite avoir, je n’ai pas fait de déclarations assedics vu que je venais d’avoir un rendez-vous à l’ANPE mais, ça, ça se voit pas sur mon dossier donc j’ai failli être radiée mais un petit coup de fil et c’était réglé.

L’ANPE, c’est quoi ? Pour moi, pas grand-chose : les annonces pour les journalistes sont plus qu’anecdotiques. La seule annonce que j’ai trouvée n’était qu’un leurre. Je m’explique : le boulot, il était fait pour moi, on demandait quelqu’un qui avait fait histoire ou géographie, économie, sciences po et journalisme. J’en ai quand même trois dans la liste et, en plus, les débutants étaient acceptés donc, forcément, débordante d’espoir, je postule. L’annonce est datée du lundi, je postule le mardi. Le jeudi, j’appelle :

« Vous avez reçu ma candidature ?
– Les postes sont déjà pourvus.
– Mais l’annonce date de lundi…
– Oui mais les postes sont déjà pourvus ».

Dingue, en trois jours, ils ont eu le temps d’étudier les CV, de faire passer les entretiens ? Faudrait voir à pas se foutre de moi non plus. Plusieurs personnes m’ont expliqué qu’en cas de recrutement, les entreprises sont obligées de faire paraître une annonce mais, dans les faits, les postes sont déjà pourvus. J’ai écrit à la DRH de l’entreprise en question pour qu’elle m’explique pourquoi je n’ai pas été retenue, je n’ai jamais eu de réponses.

Malgré tout, je dois aller tous les mois faire mon entretien de suivi. Premier rendez-vous, la bonne femme rentre mes renseignements et me donne un nouveau rendez-vous avec un autre conseiller qui suivra mon dossier. Déjà, j’ai de la chance, je dépends de l’agence qui est à 10 minutes à pieds de chez moi, c’est ça de gagné. J’apprends aussi que l’ANPE ne conventionne pas les stages, alors que je viens d’en trouver un. Enfin, si, elle conventionne les stages : « si y a un CDD d’au moins 6 mois à la clé. » Quelle blague ! Si l’entreprise veut embaucher, elle prend la personne direct en CDD. Sinon, elle récupère les stagiaires parmi les étudiants. Or, en journalisme, les stages sont toujours très utiles, ils permettent au pire de se faire des relations, au mieux de décrocher un boulot dans la rédaction en question (CDD ou, au moins, des piges).

Deuxième rendez-vous, presque deux mois plus tard (oui, le suivi mensuel est une chose curieuse), je tombe sur une bonne femme qui rentre à nouveau mes infos. Ce sont toujours les mêmes mais c’est pas grave. Et là, l’entretien est assez édifiant : « Comment on trouve du boulot dans le journalisme ? » me demande-t-elle. Hum, ne suis-je pas censée être là justement pour que tu me l’expliques ? Bon, elle décide de se décharger de mon cas puisqu’elle m’invite à aller à l’APEC jeunes diplômés juste à côté de chez moi. Bon, elle a pris le temps de bien m’expliquer où c’était. Je la retrouverais les yeux fermés ! Pour le reste, pas la peine de demander quoi que ce soit. Je tente un « et pour les stages, y a pas moyen ? », réponse : « allez à l’APEC, ils vous répondront. On se revoit le 02 mai. ». Tout ça pour ça, c’est une blague ?

La semaine juste après, j’apprends donc que je suis convoquée à un entretien pour un stage, qui deviendra finalement un CDD. Or mon contrat se termine le 05, mon rendez-vous est le 02 et j’avoue que j’oublie totalement d’appeler l’ANPE pour les informer que je ne viendrai pas. Bon, je me dis que je vais attendre qu’il m’envoie une lettre pour me demander de justifier mon absence, ça m’évitera d’appeler pour que je demande à qui je dois adresser la photocopie de mon contrat. Oui parce que l’ANPE, quand on les appelle, on ne tombe jamais sur la bonne personne et ils peuvent jamais trop vous répondre.

16 juin, toujours aucune nouvelle de l’ANPE, je ne suis pas radiée puisque je peux faire mes déclarations assedic sans soucis et comme je suis en stage, je ne cherche pas à les relancer. On verra en septembre. C’est quand même extrêmement facile de passer à travers les mailles du filet, je l’ai fait sans même le faire exprès. Or, ce 16 juin, rebondissement : une lettre. Aucun indice de son contenu, pas de sigle sur l’enveloppe et j’ouvre.

« Mademoiselle, vous êtes inscrites depuis le … , merci de vous présenter à l’agence de Plume sur Berges le 28 juin à 11h ». Hein, quoi ? Je ne vois marqué nulle part de qui est émis ce courrier mais la présence de mon identifiant ANPE me fait penser que ce doit être eux. Sauf que je n’habite pas à Plume sur Berges et ne dépends donc pas d’eux. Pensant que c’est une erreur, j’appelle :

« Oui, bonjour, Mlle Bartoldi, je vous appelle car je viens de recevoir ce courrier et je ne comprends pas pourquoi je suis convoquée chez vous puisque je dépends de l’agence de St Ange les bains [j’adore inventer des noms de bleds à la con].

– Ah mais vous dépendez de notre agence, maintenant, on a réunis les chômeurs par code ROM. C’est depuis le mois d’avril.

– Ok. Mais moi, je suis en stage, là, j’ai pas encore le contrat…

– Oui ben il faut venir quand même. »

Bon, petit résumé de ma vie professionnelle : je suis en stage jusqu’en septembre et j’ai un autre job qui m’attend juste après et qui m’amènera doucement jusqu’en 2007. Donc, concrètement, je vais devoir perdre une matinée à aller à l’ANPE de Plume sur Berges voir un conseiller qui ne connaît absolument pas mon dossier, tout ça pour lui dire qu’ils peuvent m’oublier jusqu’en janvier, au moins. De toute façon, selon la nature de mon prochain contrat, je sais même pas si je devrais encore pointer au chômage ou pas.

L’autre jour, je lisais un article sur la fin du monopole de l’ANPE sur les contrats longue durée puisque les cabinets de recrutement envahissent le marché, les agences interim ne proposent plus que de l’interim. D’ailleurs, j’ai eu recours aux deux, aussi. Bref, les journalistes avaient interviewé des gens en recherche d’emploi qui critiquaient l’ANPE : « là-bas, nous ne sommes que des numéros ! ». J’ai pu expérimenter et c’est carrément vrai. En six mois, j’aurais eu trois conseillers dont deux qui étaient incapables de me dire quoi que ce soit sur mon métier et, visiblement, s’en foutaient. Mon dossier a dû être perdu quelques temps, le rendez-vous du 2 mai, j’ai bien fait de pas y aller, il devait être complètement fictif puisque quand j’ai appelé l’ANPE de Plume sur Berges, la nana m’a parlé de mon dernier rendez-vous de fin mars mais aucune trace de celui de mai. Super… Bon, moi, j’avoue que je m’en fous un peu, je sais très bien que dans le journalisme, c’est pas les annonces ANPE qui m’aideront à me sortir du chômage, rien ne vaut le réseau et les candidatures spontanées. Mais je pense aux gens un peu paumés, un peu assistés… Ben, ceux-là, ils doivent vraiment désespérer et se sentir vraiment seuls. Finalement, pour se sortir du chômage, faut vraiment ne compter que sur soi.

Vive la tortilla vol. 1

Par  Tatiana

Alors donc ben voilà. Ce que vous attendiez tous : mon retour. Ok, d’accord je suis revenue il y a deux semaines. Mais il a fallu que je m’en remette de mon voyage. Depuis ma vie sociale se résume à mon ordinateur que je chéris plus que tout en ce moment, car sans ordinateur plus de vie sociale (voire plus de vie sexuelle par procuration) donc résultat : Tatiana en dépression à St Anne. Exemple pas plus tard que samedi dernier en 8 (bon je sais jamais comment ça marche les histoires de en 8 mais j’aime beaucoup cette expression), j étais donc chez moi un samedi soir à parler avec des amies à moi sur msn qui elles aussi étaient chez elles, et ça donnait à peu près ça :

 
Maria dit :
ben alors t’avais disparu
Tatiana dit :
bug de ma ligne adsl
Maria dit :
ah merde
Tatiana dit :
au fait g fini mon ménage
Maria dit :
c bien et tu vas faire quoi se soir
 
 Sandra a rejoint la conversation.
 
Tatiana dit :
coucou Sandra

ce soir je glande et je finis d écrire le journal de nos vacances

Maria dit :

bon j’avais peur que tu ailles boire un verre et me faire envie à moi bloquée dans ma banlieue

Tatiana dit :
non non ca c était hier
Maria dit :
sans télé car les deux squattées
et ni musique car pas de chaine car cassée
Tatiana dit :
de tte façon y a rien a la tv

Sandra dit :

moi je suis aussi chez moi un samedi soir

 

Maria dit :
ben on est trois
Tatiana dit :
on fait une soirée mamie msn ?

Sandra dit :

si la nouvelle star

Tatiana dit :
g zappé sur la 3 moi
Sandra dit :

ou argentine cote d ivoire

Maria dit :
pas trop longtemps car l’ordi j’en peux plus
!!!!!
je vais encore avoir de l urticaire je sens
 
Tatiana dit :
petite joueuse
Maria dit :
mais j’ai pas la télé moi
Tatiana dit :

je peux pas la regarder qd je suis devant mon ordi g juste le son

Sandra dit :

moi a un moment ou a un autre il va falloir que je rédige ma dernière partie

Tatiana dit :
pfffff bon ben ca va g compris
 
Enfin, comme vous pouvez le voir il se passe plein de trucs fous dans ma vie et le pire c’est que c’est un peu le bazar dans ma vie et sur plusieurs plans. Mais revenons deux mois en arrière pour une meilleure vue d’ensemble des événements…
 
 
Le 11/04
 

Bon ben voilà, je suis actuellement à Roissy au bar devant un thé, le regard vide par la fatigue et le stresse de ma journée d’hier. Mais pour comprendre ma journée d’hier, il faut que je vous fasse un petit résumé de ma situation amoureuse. Certains savent déjà que je m’étais mise dans une situation délicate qui m’a valu pas mal de reproches et conseils en tous genre. Donc la je vais vous en dire un peu plus mais pas beaucoup car je ne veux pas m’étendre la dessus. Bref, mon ex, car depuis hier c’est officiellement mon ex (alors qu’officieusement ça l’est depuis un peu plus longtemps), mon ex donc m’en a fait baver hier niveau stress. J’étais déjà pas assez stressée par mon voyage de 24h toute seule. Ce jeune homme je l’ai rencontré à une soirée de boulot, alors qu’à cette soirée j’avais déjà une autre cible. Comme souvent dans ces cas là c’est un ami d’un de mes amis. Quand je l’ai vu celui-là j’ai tout de suite su que c’était pas bon. Le coup de foudre !! je ne sais pas si ça vous ai déjà arrivé, c’est comme si quand vous voyez l’autre vous vous prenez une droite en pleine figure. Et ben là je vous assure, j’aurais fini à l’hôpital avec la force du coup. C’est limite si ça m’a pas fait l’effet d’une apparition. Certes, il est vrai que je commençais à être alcoolisée mais quand même. Plus tard j’ai appris que la réciproque était vraie également. Mais retour à la soirée, j’arrête pas de me dire « wouhaou ! il est trop beau ! oublie ta cible ma petite Tatiana et jette toi sur celui-là » (oui ma cible était assez foireuse vu que ça faisait déjà deux mois qu’on se tournait autour et que M. mettait trop de temps à se décider à mon goût. Malheureusement, comme toujours ce beau jeune homme était déjà pris, et ils viennent juste d’emménager ensemble le joli couple ! beurk ça me fait vomir ! Adieu veau vache cochon et mon idéal masculin…Retour donc à l’ancienne cible avec décision de profiter de la soirée et des légères avances du jeune homme, qui quand même laisse percevoir le trouble que je lui cause, enfin juste à moi car je ne crois pas que les autres aient vu quoi que ce soit vu le taux d’alcoolémie atteint. Moi je repars avec ma première cible mais ça c’est une autre histoire qui ne nous intéresse pas.

Deux semaines plus tard, nous voilà à nouveau réunis au cours d’un déjeuner entre amis. Je dois dire que je n’étais pas dans une super forme, vu que cela venait juste de se finir avec ma première cible et que donc je cherchais un dérivatif affectif. Et que d’ailleurs j’étais venue à ce déjeuner pleinement consciente que ça allait me changer les idées de voir un bel apollon. Et là bien sûr il y eu re-attraction, re tout ce que vous voulez, bref la merde car toujours pas dispo le petit monsieur. Pour en rajouter une couche il se trouve que nos humours sont assez proches et qu’on accroche vraiment très bien ensemble, le genre de personne avec qui vous avez toujours quelque chose à dire. C’est à cet instant précis que j’ai su que j’étais perdue, je ne pouvais plus résiste davantage, et j’ai donc rebondi sur un truc qu’on s’était dit pour lui envoyer un mail. Voilà donc comment tout à commencer un simple mail de deux lignes à provoquer une avalanche de mails qui suivirent et plusieurs rencontres entremêlés d’une rupture, d’un non il ne faut pas et autres considérations moralistes. Je pense que cette année les statistiques de mails de la boite vont sérieusement augmenter et que le service informatique s’il lit les mails ont bien dû se distraire avec les notre. La première crise de conscience du jeune homme est arrivée assez tôt car juste après notre première entrevue. Mais comme tous ses gestes disaient l’inverse de ses paroles je ne comprenais rien. Et puis la preuve c’est qu’il a remis ça monsieur. Mais la deuxième crise de scrupules a été fatale, forcément elle a suivi des vacances soit disant idylliques (mais bon c’est toujours bien des vacances merde !) en plus au même endroit que moi youpi ! Après une moitié d’engueulade par mail la semaine précédente hier monsieur m’envoie un mail vers 16h30 qui disait en gros « au fait on se voit en sortant du boulot ? ». Après avoir passer toute la journée à attendre qu’il se manifeste, maintenant le stress. En plus fallait que je sois à la disposition de monsieur, car le pauvre n’avait pas beaucoup de temps. Ben mon grand, si tu veux me larguer ce sera pas vite fait donc tu vas pas me souler. En plus il savait que je devais faire encore plein de truc pour mon voyage. Ca a finit qu’il viendrait chez moi à 20h. En arrivant chez moi je crois que je l’avais jamais vu aussi mal et angoissé, et aussi froid. Ca m’a mis un coup, je savais plus trop quoi dire. C’est vrai que la situation était pas tellement gérable (même si j’ai toujours un peu de mal à le reconnaître). Après j’ai eu le droit au passage torture où il m’a raconter tout son voyage avec sa copine. Et on est allés là, on a fait ça… Merci, comme ça je vais pas du tout m’imaginer la scène quand j’y serai. Donc là je mise beaucoup sur ce voyage, pour qu’il me fasse revenir fraîche et détendue.

A NOTER : Pour les fans (nombreux) de Tatiana, la demoiselle rejoint la blogosphère ici : http://raleusepointcom.mon-blog.org/

SmartBalls

Par Emma

 

 Je les ai achetées il y a déjà quelques semaines, voir même plusieurs mois, juste avant un court séjour de mon cousin chez moi. Pour l’occasion, elles avaient donc été immédiatement cachées, planquées, escamotées, enfouies, dissimulées. Tellement bien que je les avais presque oubliées. Cette idée me trottait pourtant dans la tête depuis un moment. Je voulais essayer, découvrir. Et ce soir, elles sont réapparues ! Je suis allée les chercher dans leur introuvable cachette. Je les ai délicatement sorties de leur étui, observées, caressées, humidifiées. Puis je me suis préparée à leur arrivée. Histoire que notre rencontre se fasse de la façon la plus douce possible. Après les préliminaires, je les ai lentement, doucement, tout doucement, faites glisser en moi. Sensation étrange, agréable, surprenante.

 

Avec elles, le plaisir n’est pas immédiat, il faut quelques instant. Il ne faut surtout pas faire l’erreur de rester passive. Au contraire ! Je marche, bondis sur mon canapé, sautille jusqu’à ma chaise de bureau, cours vers mon frigo, danse. Je les sens en moi vibrer au gré de mes mouvements et de mes contractions. Je sens mon corps les enserrer et les relâcher au rythme de leur vibration et de mon excitation. Impossible d’oublier leur présence en moi. Même si ma tête n’y pense plus le temps d’un instant, mon corps s’empresse de le lui rappeler ; il se tend, se relâche puis se contracte à nouveau, s’apaise une seconde et se raidit plus fort. Les sensations sont comme des vagues, elles me délaissent quelques instants puis m’envahissent de plus belle, m’abandonnent et reviennent à la charge et me submergent. Tout se fait en douceur, discrètement, sensuellement.

 

Je n’en suis qu’au début de mon aventure de geisha. Pas encore d’orgasme en vue, je n’ai pas beaucoup d’expérience avec elles. Et puis j’ai l’orgasme capricieux, sentimental. Je ne l’ai atteint qu’avec les rares partenaires dont j’étais amoureuse. Ma tête, mon cœur, mes tripes et mon point G sont étroitement liés… Donc pas d’orgasme mais un plaisir discret et inattendu, sensation nouvelle, à chaque mouvement redécouverte.

 

Et puis il y a quelque chose d’excitant à ressentir ces choses en étant la seule à savoir ce qu’il se passe en moi. Quelque chose qui fait monter l’adrénaline, et l’excitation aussi. Je les porte en ce moment même. J’ai mis mes boules de geisha uniquement seule chez moi, et je n’imagine pas qu’il en soit autrement. Pourtant, je reconnais que l’idée de ce plaisir solitaire et secret au milieu d’une foule, d’une rue, d’une rame de métro a quelque chose de troublant.

 

 J’avais Gauthier tout à l’heure au téléphone alors qu’il s’extasiait devant son dernier caprice inutile donc forcément indispensable, et je lui dis « j’écris mon prochain article, le sujet c’est ce que je porte ». Il me réponds fort à propos « t’as raison ma fille tes histoires de frusques ça va être passionnant ». Je lui précise alors que j’écris sur « ce que je porte précisément en ce moment même ». Petit blanc de Gaugau qui me demande après réflexion si je suis en jogging, en tailleur ou en tenue de soirée. Bon, pas perspicace le garçon, en même temps il est 2h17 du mat’. Je lui lance donc une perche : « c’est pas quelque chose que je porte SUR moi ». Gros blanc. Puis j’entends une voix mi-dégoûtée mi-incrédule qui me dit « Naaaaaan t’as pas des boules de geishas ???!? ». Je me suis donc beaucoup amusée pendant toute notre conversation à lui faire part de mes faits et gestes (« je cours je saute je marche je vole je suis assise je suis debout ») afin qu’il soit tenu au courant le plus précisément du monde de la mobilité des petites boules enfouies en moi. J’ai évidemment réussi à lui donner la nausée (trop facile), mais au-delà de ça, je me suis rendue compte d’une chose. Avant qu’il comprenne, pendant les quelques minutes où il ignorait la situation, j’avoue honteusement que de parler innocemment avec quelqu’un, tout en ayant mes secrètes sensations m’a semblé plutôt émoustillant… (pardon mon chouchou hein). J’ai l’impression que ce genre de moment attise l’excitation déjà engendrée par les boules, embrase la sensualité du moment.

Malgré tout, l’activité ‘Boules de Geishas et Shopping ‘ n’est pas d’actualité ! Le risque peut me stimuler, le regard d’autrui, lui, me pétrifiera. Je me préfère seule pour ressentir ces choses-là, j’ai besoin de mon cocon, de mon intimité, de cette liberté-là.

 

Je vais donc continuer d’apprivoiser mon côté ‘geisha’ en attendant mon beau samouraï… Manquerait plus que je me mette aux sushi …

Episode 17

Bill ne put s’empêcher de sourire en regardant sa chère ville. Il était le maître absolu, il les menait tous par le bout du nez et aucun d’entre eux ne s’en rendaient compte, trop occupés à
commander de beaux produits sur leur ordinateur ou à admirer les merveilles architecturales qu’il leur offrait. Mais il y avait une ombre au tableau, un détail insignifiant qui le rendait fou : les
rebelles. Il devait les éliminer à tout prix, mais comment ? Il ne savait pas où les trouver et la police était totalement incompétente. Mais s’il en attrapait un, il montrerait à tous qu’il ne
fallait pas le provoquer, il ferait de ce rebelle un exemple . Tous ceux qui oseraient le braver le paierait de leur vie.
Il se leva et se posta devant son tableau de David. Personne ne savait qu’il s’agissait en réalité de l’original, qui avait résisté à la guerre, tout comme d’autres tableaux tels que la Joconde ou
le Radeau de la Méduse, ou certaines statues comme la Vénus de Milo qui étaient exposés dans ses bureaux qui ne servaient qu’à ça, de toute façon. Toutes ces merveilles pour son bonheur personnel,
personne d’autre que lui ne pouvait les contempler. C’était ça, aussi, le pouvoir : la foule ne pouvait pas approcher ses sublimes trésors, ils n’étaient qu’à lui. De toute façon, ils étaient
totalement inculte et se moquaient bien de l’art, Mark en était un parfait exemple. Incapable d’admirer les belles choses, il ne pensait qu’aux femmes et semblait très attiré par sa future fiancée.
Bill avait de l’affection pour Oceany, elle semblait plus sensible à l’art que les autres et ferait sans doute une bonne épouse pour Mark. Heureusement, elle n’avait pas hérité du caractère de son
père. Bill avait haï peu de personnes dans sa vie, mais Hank en faisait partie : il était d’une arrogance insupportable, traitant tous ses collaborateurs comme des bêtes, ne se préoccupant que de
son bien-être personnel, n’aimant que lui, ne voyant que lui. Le jour de sa mort, Bill n’avait pu s’empêcher de ressentir un sentiment de soulagement intense, même si on n’avait pas pu confirmer
son décès. Personne n’avait jamais trouvé son corps et les recherches pour le retrouver avaient vraiment été réduites au minimum, mais il s’en moquait bien. L’humanité était débarrassée de l’un de
ses déchets. Peut-être avait-on voulu le faire disparaître avec son inavouable et honteux secret…sa mort avait vraiment arrangé pas mal de monde. Peu importe qui l’avait supprimé, ça avait été une
bonne action en fin de compte. Le plus triste c’est que Hank pensait que Bill était son ami, mais un homme pouvait-il se réjouir de la mort d’un de ses amis ? Peut-être avait-il mal compris Hank,
mais peu importait, il s’en moquait bien, les vivants ne devaient pas perdre leur temps à pleurer les morts.
Il repartit à son bureau et se rassit, pour contempler sa ville dont il était le maître, le Roi. Quelle pensée grisante.

—–

Oceany leva les yeux et regarda l’enchevêtrement de voies de monorails qui l’empêchaient de voir le ciel. Mais elle n’était pas vraiment intéressée par ce qu’elle voyait, elle n’arrêtait pas de
penser à ce baiser dans le parc. Ca l’avait tellement surprise, elle ne s’était pas du tout attendue à un tel comportement de la part d’Ethan. Mais ce qui la gênait, c’était qu’elle ne savait pas
comment réagir. D’un côté, elle devait avouer qu’elle avait trouvé ce baiser agréable, mais de l’autre, elle était véritablement furieuse contre Ethan : il prenait beaucoup trop de libertés à son
goût et s’il ne rentrait pas dans les rangs, ils risquaient de rentrer en conflit.
Juan se posa à côté d’elle et leva à son tour la tête, cherchant ce qui pouvait fasciner la jeune femme, mais il n’y avait rien de particulier.

« Ca va ? demanda-t-il.

– Oh…euh…oui. Tu as pu parler à Maria ?

– J’ai essayé mais elle m’a envoyé promener, elle ne veut plus me voir. Elle se sent un peu trahie, mais ça passera.

– Tu sais aussi bien que moi que c’est faux. Elle nous en veut et, vu son caractère emporté, ça m’étonnerait qu’elle revienne avec nous comme si de rien n’était. Merde ! Comme si on avait besoin de
ça ! On doit déjà se battre avec le maire et ses sbires et voilà que nous avons un nouvel ennemi !

– T’as l’air énervée, qu’est ce que tu as ?

– C’est juste que…j’en ai assez des mecs !
– Pardon ?

– Non, mais c’est vrai : vous vous croyez toujours tout permis, vous m’embrassez sans me demander mon avis, comme si…comme si…bon sang, j’ai le droit de donner mon avis aussi, je suis un être
humain !

– Mais de quoi tu parles ?
– De rien laisse tomber.»

Il l’observa un instant, étonné par cette attitude : depuis qu’il la connaissait, il ne l’avait jamais vu s’énerver sur ses relations avec les hommes. Il savait que ça ne l’intéressait pas, pour le
moment : elle voulait se consacrer entièrement à sa mission, elle aurait le temps de se trouver un petit ami plus tard, alors que se passait-il ?

Oceany se força à lui sourire puis repartit à l’intérieur, pour mettre fin à cette conversation, d’une part, mais aussi parce qu’elle avait besoin de réfléchir. Elle n’ignorait pas l’attirance que
Juan avait pour elle et c’était maladroit de lui parler de Mark ou d’Ethan. Ceci étant, elle ne comprenait pas pourquoi ce baiser la perturbait autant, qu’est-ce que cela signifiait ? Elle marcha
sans regarder devant elle et se cogna à Kirstie, qui faillit tomber.

« Oh, excuse-moi ! Je ne t’avais pas vue. Ca va ?

– Ne vous en faites pas pour moi.

– Tu sais, on peut se tutoyer, ici.

– Je n’ai pas l’habitude de tutoyer des gens que je connais à peine.

– Tu avais l’habitude de vouvoyer ta famille ?

– Pas d’après mes souvenirs, mais j’étais petite quand ils sont tous morts.

– Maintenant, nous sommes ta famille.
– Je ne crois pas.

– Ecoute, je sais que tu as du mal à être de notre côté, mais…

– Je ne suis pas une Américaine et je n’ai pas envie de vous aider à régler vos problèmes.

– Je ne me considère pas moi-même comme une américaine, ça n’existe plus les Etats-Unis, maintenant. Il n’y a qu’opprimants et opprimés et si tu ne veux pas nous aider, rien ne te retient ici. Mais
si tu sors, tu seras vite rattrapée.

– Pourquoi je me joindrais à vous ?

– Je ne sais pas, ce n’est pas à moi de trouver tes motivations. Mais peut-être pour avoir ce que tu n’as jamais eu : la liberté.

– Moi, j’ai envie de venger mes parents.

– La guerre est finie depuis trop longtemps, laisse tomber. Tu ne pourras jamais les venger. Mais pense à ce que sera ta vie quand tu pourras sortir sans avoir peur de te faire rattraper, quand tu
pourras faire ce que tu veux sans obéir aux ordres de ton maître. Ca vaut le coup, non ?

– Je ne sais pas, je verrai. Ce qui me dérange, en fin de compte, c’est d’agir main dans la main avec la fille d’un meurtrier.
– Pardon ?

– Votre père, Hank Antelwort, c’est bien lui qui a crée ce sale virus qui a tué des millions et des millions d’êtres humains, non ? J’appelle ça un meurtrier, moi.

– Il n’avait pas le choix, il obéissait aux ordres et il a fait ça pour nous sauver.

– Pour vous sauver, je ne faisais pas partie du lot, moi. »

Oceany ne sut que répondre et laissa la jeune Noire partir. Elle n’avait jamais considéré son père comme un assassin, il avait dû obéir aux ordres et il n’avait pas que son virus allait se propager
ainsi à travers le monde. Il n’était pas coupable de toutes ces morts, il fallait plutôt incriminer ceux qui avaient commandé ce virus.

Ethan posa sa main sur son épaule, interrompant ainsi sa réflexion.

« Bon, et si on y allait ? Il commence à se faire tard et je n’ai pas envie de faire de mauvaises rencontres comme tout à l’heure.

– Vous avez besoin que je vous tienne la main pour que vous rentriez chez vous ? Vous connaissez le chemin, maintenant, non ?

– Ouah, quelle agressivité ! Une explication à ce comportement ?

– Vous n’êtes pas le chef, ici, alors, arrêter de vous conduire en tant que tel ! Je suis assez grande pour savoir quand je dois rentrer et vous n’aviez pas le droit de m’embrasser sans me le
demander avant !

– Vous avez eu l’air d’apprécier, pourtant.

– Oh, mais la question n’est pas là ! J’aimerais que vous soyez un peu plus respectueux envers moi, un point c’est tout !

– Quel tempérament ! Je suis impressionné.

– Oh la ferme ! Demandez à Myo de vous raccompagner en moto et fichez-moi la paix ! »

Il haussa les épaules et partit rejoindre le Chinois pour lui demander de le raccompagner. Apparemment, cette dispute ne l’affectait absolument pas, alors qu’elle était véritablement hors d’elle,
elle avait envie de lui coller une bonne paire de claques pour lui remettre les idées en place…Ca ne lui ressemblait absolument pas de s’emporter aussi facilement, elle avait sans doute besoin de
se reposer un peu, ça lui ferait le plus grand bien.
—–
« Tu sais à quoi j’ai pensé ? »

Bill leva le nez de son bouquin et regarda sa femme d’un air interrogateur : en général, elle ne le dérangeait jamais pendant qu’il lisait, elle en profitait pour s’endormir, ou plutôt faire
semblant, pour éviter d’accomplir son devoir conjugal. Mais ce soir-là, c’était différent, elle semblait surexcitée comme une gamine devant ses cadeaux de Noël.

« Non, je ne suis pas devin.

– Si on organisait un fête gigantesque pour les fiançailles de Mark ?

– On a le temps, rien n’est encore officiel.

– Non, on n’a pas de temps à perdre, on doit organiser quelque chose de merveilleux pour leur en mettre plein la vue à tous.
– Tu as de drôles d’idées, parfois.

– Non, pas tant que ça : les rebelles peuvent accéder aux sommets, n’est ce pas ? Tu crois qu’ils vont manquer une occasion pareille de faire du grabuge ?

– J’ai du mal à te suivre, là.

– Réfléchis : si tu étais un rebelle et que tu savais qu’une somptueuse fête était organisée dans la salle de réception de la ville, qu’est ce que tu ferais ?
– J’achèterais un costume.

– Je suis sérieuse, Bill ! Je m’arrangerais pour faire sauter cette salle et tous les gens importants qui s’y trouvent ! Donc, pour ça, j’installerais une bombe un peu avant, quand la salle est
sans surveillance et quand tout le monde est là, je déclenche le feu d’artifice !

– Oui, et ? Tu veux te suicider ou quoi ?

– Non, mais nous pourrons l’attraper avant qu’il ne fasse tout exploser en surveillant la salle intensivement et une fois qu’on en aura attrapé un, on procédera à une exécution publique, pour les
fiançailles de ton fils, pour montrer l’exemple aux autres. Et pour que tout le monde puisse profiter du spectacle, nous diffuserons ça sur écran géant à travers toute la ville, y compris en
bas.

– Ca en dissuadera plus d’un, c’est sûr…tu es diabolique.
– Non, géniale. »

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Triste vie

Par Gauthier

Je suis en manque de tout, de sexe, d’alcool, de drogue, d’amour, d’argent, de sommeil, de fun… Et j’en oublie!!! Par contre je suis en overdose de pollution, de Paris, de parisiens, de mon boulot, de stress, de manque de tout 😉 (en overdose de manque? C’est joliment dit non?). Bref c’est fou ce que je rigole en ce moment… En fait si je rigole. La moindre occasion je la saisis: Nina qui dit une bêtise, Nina qui fait une bêtise, Nina qui dit qu’elle va faire une bêtise!

 

Putain je viens de me rendre compte que si j’avais pas ma Nina, je me serais ouvert les veines depuis longtemps… Mais ça on le savait, Sainte Nina priez pour nous pauvres pécheurs (YES C’EST BON LE PECHE!!!!). Enfin je ne vais pas vous faire l’hagiographie de Nina, faut pas déconner non plus. Parlons de moi… Après tout, nous sommes là pour ça, non?

 

Bon je voulais faire un article triste, mais en l’espace de 2 min (le temps d’écrire ces deux paragraphes), mon humeur a changé, et je suis tout content (ne me demandez pas pourquoi, je suis lunatique, je suis incapable de savoir pourquoi je suis heureux ou malheureux…). Je vais quand même vous parler de mes déboires sentimentaux.

 

Présentation des personnages:

 

L’ex : Une année tumultueuse passée ensemble, je le trompe, je le largue, je l’aime pas, puis je l’aime, il s’éloigne, il revient, mais reste « loin », puis part définitivement. Moralité: je passe 4 ans à déprimer à la simple mention de son prénom (que j’adore, et j’arrête pas d’en rencontrer d’autres en plus, et ils sont tous beaux!!!). Mais on garde contact. La relation se normalise avec le temps, même si de temps en temps je pète un plomb parce que je l’aime.

 

L’américain : Il passe un mois dans ma vie, un mois de rêve, un mois d’insouciance, il ne fallait surtout pas penser au lendemain, puisque il repartira à Seattle… Un mois à me promener main dans la main avec LE mec parfait, beau, intelligent, qui fait des études de Sciences Politiques et de journalisme, et surtout qui me dit qu’il « m’aime beaucoup »…

 

Le Gauthier : névroso-psycho-socio-déprimo-alcoolo-sexo-pathe (en rémission? nan…)

 

Donc les personnages sont plantés, le décors aussi, passons au déroulement de l’action… Le Gauthier se retrouve en phase d’intense reflexion post-traumatique (je rappelle donc l’incident de préservatif et la trithérapie préventive d’un mois qui s’en suivit pour ceux qui prenne le blog en route), il a du temps pour réfléchir, puisqu’il ne baise plus. Oui conscience de merde qui m’interdit de baiser avant d’avoir les resultats définitifs en juillet grrrrr

 

Et là il se repasse ses films. Je suis sûr que vous faites pareil. On s’ennuie, on trouve la vie triste et morne, et on se repasse les moments de joies et d’extases (réelles ou pas…). Moi je me repasse donc successivement de folles nuits de sexe, et de fous moments de romantisme… Alors j’avoue que quand je repense à mes folles nuits de sexe c’est plutôt le soir avant d’aller au lit, quand je vois que le mien est complètement vide, et que je n’ai que ma main droite pour me faire du bien. Les moments de romantismes surgissent plutôt quand je passe le long de la Seine la nuit et que je me rends compte que personne ne tient cette foutu main justement, et que je suis seul à profiter de la fraîcheur de la soirée et du romantisme de la ville de Paris (à la tombée du jour cette ville devient un décors pour film!!!! C’est flippant!).

 

Bref le gaugau il est tout seul, tout seul, tout seul… Et ça lui pèse… Alors il déconne! L’américain ne donne pas de nouvelles. Il m’envoie un mail au moment de mon anniversaire, pour me demander mon adresse postale « au cas où il ait quelque chose à m’envoyer », ça sent le cadeau à plein nez ça!!!! Depuis je dors dans ma boite aux lettres, alors ok j’ai l’habitude de vivre dans un petit appartement, mais passer un mois dans une boite aux lettres ça laisse des traces… Bref comme vous pouvez le soupçonner à ce jour je n’ai toujours rien reçu 🙁 Et en plus je n’ai plus de nouvelles. Trois semaines sans le moindre mail, et c’est long. Alors ok on ne s’est rien promis, il n’y avait rien à promettre, 10 000km c’est de la SF… Mais il devait (peut-être) revenir passer quelques jours cet été, et (sûrement) venir faire une année d’étude à la Sorbonne à partir de cet automne. Alors moi qu’est-ce que je fais? Je joue ma pénélope… Mais bon comme je sais pas tricoter c’est beaucoup moins glamour… Enfin je reçois un mail pour me dire « je vais bien, je travaille beaucoup, je sais pas si je pourrais venir te voir, on en reparle, bisous, tu me manques », je résume mais à peine… Moralité: je suis remonté dormir dans mon lit, je déteste ma boite aux lettres…

 

L’ex s’est beaucoup inquiété quand il a su pour mon état de sérologie incertaine… Il m’a fait (un peu) la morale, et il m’a dit qu’il était là si je voulais en parler, si j’avais besoin d’aide, blablabla… Moi pas bien, moi malheureux, moi tout seul, moi vouloir calin de mon ex… (si en fait il y a une logique dans l’enchainement psychologique de ces faits, mais cet enchainement est très personnel, ça c’est sûr!). Donc je commence à l’appeler, le texter, le mailer, bref lancement du plan « harcèlement de l’ex ». Je l’aime beaucoup, c’est un garçon adorable, mais il a un énorme défaut: quand il bosse, il bosse. Et donc je peux passer 3 semaines à l’appeler tous les jours, s’il n’a pas le temps/envie de répondre, il ne le fera pas, quelque soit la raison de mon appel (j’ai déjà essayer le chantage au suicide dans des grands moments de déprime, ben ça marche pas non plus… Peut-être qu’il me connait suffisemment pour savoir que c’est du bluff!). Donc voilà je passe 15 jours sans news… Et un matin je sors de boite completement bourré, et le gentil ex overbooké m’avait laissé un message « désolé de pas avoir répondu, je suis en week end, on se voit bientôt », quelque chose dans le style… Gentil, pas trop froid, mais certainement pas chaud… Et là j’explose, et je l’insulte par texto! Bon certes il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas trop garder, sinon ça sort n’importe quand, et moi je me suis retenu pendant 1 ans de l’insulter, mais c’est vrai que depuis j’ai plus rien à lui reprocher. Mais il a fallut que ça sorte là, à ce moment-là precisemment… Il s’en est pris plein la gueule le pauvre. Et moi j’ai eu très honte pendant 4 jours. Puis après refléxion je me suis dit « vaut mieux tard que jamais », donc ça tombe pas du tout dans les temps, mais au moins il sait ce que j’ai eu sur le coeur pendant des mois et des mois. Bon je ne suis pas sûr de le revoir tout de suite, mais il semblerait qu’il ne m’en veuille pas, et qu’il mette ça sur le compte de l’alcool… Tant mieux pour moi…

 

Voilà donc je pars un peu en vrille… Et pour couronner le tout, je me fais draguer par des hommes… Si si si si, des hommes, c’est dégueulasse non? (Je crois que je déraille…). Enfin pas tant que ça non plus. Mais bon ça reste virtuel! Ben oui: je peux pas baiser, et je me vois pas tomber amoureux, alors que faire? Il faut attendre Pénélope, il faut attendre…

 
Gauthier-Pénélope

La fin de mon rêve d’’adolescence

Comme en ce moment, je ne suis pas la personne la plus joyeuse au monde, remontons un peu le niveau avec un article de type « gros n’importe quoi ». Alors, aujourd’hui, lecteur, je vais te parler de mon fantasme d’adolescence : Jacques Villeneuve (mais pas que de lui, reste !).

villeneuve_jacques

Ado, j’étais pas trop boysband. Déjà, à l’époque, je préférais les mecs bourrés de charme que des mecs plastiquement beaux mais qui dégagent autant que les mannequins en plastique dans les magasins. Déjà, à l’époque, je craque sur les lunetteux au sourire craquant et à la bonne bouille et s’ils ont omis de se raser, c’est parfait. Tiens, c’est marrant comme mes goûts n’ont pas tellement évolués, finalement. Bref. Ado, comme toutes les jeunes filles, je craquais sur des célébrités. Bon, j’étais pas névrosée à me dire : « oui, sûr qu’un jour, on se rencontrera et on s’aimera », faut pas pousser non plus. Donc mes fantasmes, pour ceux dont je me souviens : Johnny Depp, David Duchovny, George Clooney, Dean Cain (mais si, Superman avec Loïs Lane qui joue maintenant dans desesperate housewives mais quand il a ses lunettes. En superman, il est ridicule), Nick de Hartley cœur à vif (me demandez pas son vrai nom), Rock Voisine (oui bon, ça va !) et Jacques Villeneuve. Parce qu’il a des beaux yeux bleus, des lunettes, un sourire à craquer, qu’il oublie de se raser et qu’en plus, il est Canadien. Oui, déjà, à l’époque, j’étais une obsédée du Canada. Donc voilà. Et, ô drame, jeudi, en lisant mon site de F1 préféré (www.f1-live.com/fr/ pour ceux que ça intéresse), j’ai appris qu’il s’était marié. Et qu’en plus, sa nouvelle femme est déjà enceinte de lui. Damned ! Cet enfoiré m’a même pas attendue.

 

En vérité, je m’en fous. Mais ça me rappelle comme j’étais midinette à une époque. Je récupérais tous les articles sur lui, les photos que je pouvais trouver et j’avais tout mis dans un classeur. J’étais une fan très appliquée, je récupérais l’Equipe de mon papa le soir, j’achetais les magazines F1. Le seul qui manquait à ma collection que j’ai pas osé acheter à l’époque, c’était un playboy où notre ami Jacques avait fait une super opération de comm’ en posant (habillé) avec une playmate. Hé oui, femmes à poil et grosses cylindrées, ça va de pair, on le sait bien. Je me souviens même d’une fois où mon père était en voyage donc, le soir, en rentrant de l’école, pas l’Equipe, on a couru toute ma ville pour trouver un marchand de journaux qui avait encore des exemplaires disponibles.

 

Il y a une anecdote particulière, aussi. En 1999, quelques pilotes viennent faire des essais privés sur le circuit de Nogaro dans le Gers, à deux heures de chez moi en voiture. Les pilotes : Rubens Barrichello, Johnny Herbert, Pedro Diniz, Mika Salo et… Jacques Villeneuve. Donc je supplie mes parents d’y passer une journée. Au début, ma mère ne veut pas : j’ai le permis depuis moins d’un an et je conduis peu, surtout en ville, je n’ai pas de voiture à moi alors forcément… Du coup, au début, ma mère refuse : deux heures de conduite sur des routes départementales de merde, hors de question. Là, je lui sors un truc ignoble (oui, j’avoue, j’aurais mérité des baffes là) : « si tu m’empêches d’y aller, je t’en voudrais toute ma vie ! ». Du coup, elle me laisse la voiture. La veille, je fais mon plan de route (oui, je connais pas DU TOUT le Gers). Le matin, je me lève aux petites heures, je prends mes cassettes audio et c’est parti. Pendant deux heures, je roule comme une débile, excitée comme une puce, je chante avec joie dans la voiture, la vie est belle. Arrivée sur le circuit, c’est noir de monde, je me gare puis j’appelle mon papa pour lui dire que je suis arrivée sans encombre à la cabine téléphonique, n’ayant pas de portable à l’époque. Je monte sur les gradins et là, qui passe juste sous mon nez dans sa monoplace qui fait un bruit d’enfer ? Notre ami Jacques. Je suis aux anges. J’ai un petit appareil photo jetable et je mitraille comme une folle. A midi, les pilotes s’arrêtent pour manger donc je grignote les fruits que j’ai amenés puis je traîne au niveau du passage qui permet d’accéder aux stages, j’essaie de faire du charme au mec qui fait la sécurité qui me dit gentiment que je suis certes très charmante mais que je passerai pas quand même. Du coup, j’entame la conversation avec des gens qui sont là. Les essais recommencent, je passe l’après-midi avec deux mecs qui suivaient les essais aussi. A la fin des essais, mes nouveaux amis et moi attendons à la sortie des stands mais personne ne sort. Par contre, y a la copine de Pedro Diniz qui arrive et qui met la main devant son visage genre on va la prendre en photo. Déjà, Diniz, c’est une trop super star alors imaginez sa copine… Mais le temps passe et je dois déjà repartir donc je file mon appareil photo jetable à un des gars avec mon adresse avec ordre de prendre des photos du Jacques et de me renvoyer l’objet. Ben un mois plus tard, j’ai reçu l’appareil qui contenait deux photos de notre pilote préféré. Autre anecdote marrante avec la F1 : un copain très amoureux de moi au lycée se tapait les tous les GP le dimanche pour venir m’en parler le lundi. Même que plus tard, il a animé une émission sur le sujet dans une petite radio locale. Et il m’a dit : « ça, c’est à toi que je le dois. Sans toi, je me serais jamais intéressée à la F1 ». Quand je vous dis que je suis une fille fantastique.

 

En grandissant, ma « passion » pour notre ami Jacques s’est considérablement calmée, j’ai trouvé de nouveaux candidats pour mes fantasmes : Brad Pitt (beaucoup mieux avec ses pattes d’oie, y a pas à dire), Michael Weatherly, le mec qui joue Quentin dans Nip/Tuck, Julian McMahon, Sawyer dans Lost, le docteur Doriand dans Scrubs (qu’il est choupinou !)… Bon, la liste évolue selon les jours. C’est gratuit, c’est juste pour le plaisir des yeux. Une fois la télé éteinte, on n’y pense plus. C’est juste que c’est marrant.

 

Alors, Jacques, je ne t’en veux pas. Je te souhaite même plein de bonheur avec ta femme et votre futur bébé, donc. Bon, si tu avais eu l’occasion de me rencontrer, c’est moi que tu aurais épousé mais la vie en a voulu ainsi. C’est pas grave, dans ma liste de fantasmes, y en a plein d’officiellement célibataires !

Workin’ girl

Comme tu le sais, lecteur, depuis un mois maintenant (juste ciel, que ça passe vite !) je suis en stage. Bon, évidemment, c’est un stage donc sous payé mais déjà payé. Surtout que l’association vient d’être créée et les mecs me payent de leur poche. D’ailleurs, samedi, j’ai eu mon premier salaire, en liquide. Oui, la préfecture n’ayant toujours pas fourni de récépissé, l’association ne peut ouvrir un compte en banque et me payer avec les sous qu’il y a dessus. Que fais-je ? Je travaille sur la problématique de la place des jeunes dans la société et leur sous-représentation dans les milieux économiques, politiques et syndicaux. Plus concrètement, je fais une revue de presse deux fois par semaine sur le sujet (au début, c’était quotidien), je rédige des articles à partir de synthèses du CEREQ ou autres, je prépare des interviews que je ferai par la suite, je mets sur le site mes articles et ceux des autres et je me retrouve même attachée de presse officielle de l’association. Et j’interdis aux quelques journalistes mâles qui traînent sur le blog de dire que, du coup, je suis devenue très intime avec des tas de journalistes. Je m’appelle pas Elsa Linux, moi, je suce que si je veux (et qui je veux). Donc pour 300 euros par mois, vous avez une Nina journaliste, webmastrice et attachée de presse. Quelle promo !

 

Ce boulot a des avantages et des inconvénients. D’abord, je travaille chez moi ce qui fait que je ne perds pas de temps dans les transports. A peine levée, habillée, nettoyée, je peux me mettre à bosser avec mon petit capuccino et mes biscuits petit déjeuner au chocolat et céréales. Des fois, je me fais aussi un petit jus d’orange pressé maison. Comme je suis libre de mes horaires, je déjeune de temps en temps avec Gauthier ou Sab, je dois voir Zoé aussi pour qu’on se remette à jour côté potins. Mais travailler à domicile, c’est ne voir personne. C’est passer la journée devant un ordi à communiquer avec l’extérieur que par ce biais là. Et y a des jours où c’est un peu pesant. La seule différence avec ma période de chômage, c’est que je n’ai pas le droit de me lever après midi (déjà, après 9h, ça craint du boudin) et que j’ai des choses à faire donc les journées passent à la vitesse la lumière et c’est pas plus mal. En plus, comme je bosse chez moi, je n’ai pas tellement de frais de bouffe et tout ça, sauf quand je vais manger avec Gaugau, je peux traîner toute la journée en jogging et T-shirt, ne même pas me maquiller… Mais du coup, je fume beaucoup plus que si je travaillais dans un bureau avec obligation de sortir pour avoir ma dose de nicotine.

Par contre, ce qui me fait très peur dans ce boulot, c’est qu’il me rende un peu dépressive. Pourquoi je dis ça ? C’est très simple : tous les jours, je travaille sur le fait que nous sommes une génération qui n’a aucune chance d’atteindre le niveau de confort de la précédente. Que nos salaires serviront surtout à aider nos parents à avoir leur retraite. Que nous finirons par perdre les acquis sociaux de nos parents genre la retraite, les 35 heures… car sinon, on va droit dans le mur. Je lis tous les jours qu’il n’y a pas de place en politique pour les jeunes, que les éléphants du parti, comme ils aiment dire, refusent de céder leur place. Et dans les syndicats, c’est encore pire : la moyenne d’âge est de 57 ans ! D’ailleurs, vous remarquerez que pour le CPE, les syndics ont fait grève en annonçant qu’ils se battaient « pour leurs enfants », ça montre bien l’âge des syndiqués. Quant au marché du travail, même pas la peine d’en parler, plus je lis et plus j’ai envie de changer de branche. Pourquoi j’ai pas fait une école de commerce hein ? Bon, certes, je suis aussi motivée par le commerce que par le curling mais bon, ça ouvre plus de portes que la fac. Mais bon, pas de panique, le chômage des jeunes a baissé. Mais on reste quand même les premières victimes, youpi you ! Elle est où la Seine ?

 

Sinon, dans l’asso, je ne vois surtout que les deux chefs, Simon et Michel et même carrément plus Michel. Il m’a à la bonne, lui, on s’appelle deux à trois fois par jour pour le boulot, vaut mieux qu’on s’entende. Samedi, on s’est fait une petite réunion à une terrasse de café, on a surtout parlé de la société actuelle et tout ça… Bref, j’ai la côte mais je ne sais pas pourquoi, trois hypothèses :

– je suis trop belle, il veut m’épouser (mais c’est pas du tout réciproque)

– je suis trop intelligente et il est super fan de moi, il adore qu’on discute ensemble

– il est homo et sent la gay friendly en moi. Oui parce que j’ai des doutes. D’abord, j’ai trouvé chez lui les mêmes allumettes que la boîte gay où on va. Puis sa sonnerie de portable, c’est Madonna. Ca, si c’est pas une preuve à charge !

Toujours est-il qu’un mois plus tard, il y a encore plein de gens que je n’ai pas rencontrés comme le concepteur du site, le photographe-graphiste, la nana qui travaille sur les solidarités intergénérationnelles… En fait, ce qu’il y a de fantastique dans cette asso, c’est que je suis vraiment la prolétaire de service. Petit extrait d’un dialogue en réunion :

« Ce serait bien qu’on parle à quelqu’un du Ministère de l’Education. Tu connais personne ?

– Si bien sûr. Je connais aussi le vice-président de ni pute ni soumise, un directeur de cabinet, mon ex est réalisateur de clips vidéos… »

C’est simple, dès qu’une phrase commence par « tu connais pas quelqu’un qui… », je n’écoute pas la fin. Je n’ai pas d’amis dans les ministères ni dans les hautes sphères. Je connais plein d’étudiants, par contre, s’ils veulent, mais y en a pas besoin. De la même façon, quand ils commencent : « ouais, je vais le contacter par les anciens d’HEC. Nina, si tu as besoin, je te filerai ma carte Science Po pour aller à la BU », moi, je regarde en l’air. Et quand ils parlent de leur week-end, c’est du « oui, là, je bosse pour mon 5ème DEA. » Heu… Moi, j’en ai même pas un. Bon, ben je suis définitivement complexée.

 Seul point qui me rassure : toutes les nanas de l’asso sont canons. Je pense avoir été recrutée uniquement sur mon CV et mon talent lors de l’entretien mais j’espère être au niveau de ces demoiselles. Après tout, si on m’a pris pour faire l’attachée de presse, c’est que je dois assurer et être toute séduisante ! (lectrice, si tu es attachée de presse, ne le prend pas comme une attaque personnelle).
 

Encore trois mois. Un trimestre. C’est bon de pas se préoccuper de son avenir pendant une petite période, c’est reposant. Enfin, si, je m’en préoccupe mais je suis plus sereine. En plus, petit élément super flatteur. L’autre soir, le directeur de publication d’un webzine où je bosse vient me parler sur MSN, il me demande gentiment ce que je deviens, je lui raconte ma vie et il me fait : « tu sais, tes articles et ton talent nous manquent. Tu comptes revenir ? A moins que tu trouves que notre petite structure ne convient plus à ton talent ». Ohlala, je deviens une vraie star, moi. Je ne compte pas abandonner le webzine, faut que je gère tout en même temps. Parce que, mine de rien, changer de sujet de temps en temps, ça fait du bien. Et se sentir désirée à ce point, ça motive. Se sentir à la hauteur, voilà un sentiment qui me va comme un gant.

Episode 16

Kelly regarda soigneusement autour d’elle, pour vérifier qu’il n’y avait personne et se dirigea vers le milieu du tapis en velours rouge qui décorait l’une des nombreuses pièces inutiles de la
mairie. Elle s’agenouilla afin de soulever une latte du plancher. Un meuble se mit alors à pivoter pour laisser apparaître un passage secret. Elle se dépêcha d’y entrer et appuya sur un bouton pour
refermer l’ouverture, puis alluma sa lampe de poche pour rejoindre la salle des ordinateurs où travaillait Bryan. A part eux et une poignée d’initiés, personne ne connaissait l’existence de cette
salle, pas même Bill, qui pensait avoir le pouvoir absolu. Mais il n’était qu’un pauvre pantin, comme tous les autres : cette ville était entièrement sous leur contrôle.
Elle arriva enfin à la salle des ordinateurs et regarda l’écran géant qui occupait tout un mur, qui représentait un plan détaillé de toute la ville, parsemé de milliers de petits points jaunes
indiquant les ordinateurs en marche. Ils pouvaient savoir qui s’en servait, à quel moment et même ce qu’ils étaient en train de faire dessus et pouvaient ainsi leur envoyer des messages subliminaux
qui vantaient Oxford et sa merveilleuse ville. Elle embrassa Bryan dans le cou et s’assit à côté de lui, pour voir ce qu’il faisait.
« J’ai appris pas mal de trucs intéressants sur cette fille, Antelwort et tu avais raison de t’en méfier : regarde un peu ce qu’elle était en train de consulter, il n’y a pas cinq minutes. »
Il tapa quelque chose sur son clavier et cliqua sur la souris pour faire apparaître un fichier qu’elle avait déjà vu des dizaines de fois, mais elle avait du mal à en croire ses yeux. Oceany avait
réussi à se procurer les dossiers de la mairie.
« Oh, merde !
– La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’a pas pu accéder au fichier confidentiel : elle n’a pas le code, mais elle a de l’imagination, elle a dû en essayer une bonne centaine. Elle sait pas mal de
choses sur notre ami Bill.
– Oui, sauf que ce dossier confidentiel n’est pas à lui : il ne doit même pas savoir qu’il existe. Il passe ses journées à regarder la ville dans son bureau et à admirer ses jolis tableaux, en
s’imaginant être le maître du monde. On a vraiment trouvé le pigeon idéal, avec lui.
– Ouais, mais faut espérer que ça va durer : je me demande comment il réagirait s’il voyait qu’il ne contrôlait rien.
– Il ne s’en apercevra pas : il est aveuglé par son propre ego. Qu’est ce qu’on fait pour la fille ?
– Rien, pour le moment : on ne peut pas l’éliminer aussi facilement, les gens se poseraient des questions. Attendons un peu, nous trouverons peut-être un moyen infaillible de la supprimer, mais
elle n’est pas dangereuse.
– Pour le moment, mais elle fait partie des rebelles et elle m’a défiée, en libérant Kirstie. Je ne supporte pas ça.
– Ce n’est pas toi qu’elle a voulu défier, mais Bill.
– C’est du pareil au même : je trouverai un moyen de la faire payer, tu peux en être sûr. »

—–

Maria se faufila dans le dépôt d’armes et étudia un instant les lieux, puis avança vers un tas de caisses dans lesquelles elle devrait trouver son bonheur. Elle avait bien fait de quitter les
autres en emportant un passe, elle n’aurait pas pu accomplir ses projets sans. Elle avait été obligée de se rendre dans la réserve d’armes de la police pour leur voler des revolvers et des
explosifs afin de fabriquer des bombes assez puissantes pour détruire les piliers. Ce qu’elle avait pris aux rebelles était bien insuffisant. Elle allait damer le pion à cette garce d’Oceany, elle
allait lui montrer qui était la plus forte…elle aurait donné tout ce qu’elle avait pour pouvoir voir sa tête quand la bulle de verre allait s’écraser sur elle en détruisant sa luxueuse chambre,
mais elle devrait fuir. Pas question de mourir pour tous ces idiots, elle installerait un système de commande à distance pour faire exploser les quatre bombes en même temps et lui permettre d’être
à l’abri à ce moment-là. Elle ne savait pas encore par où elle allait sortir de la ville, il faudrait peut-être faire exploser un coin de cette horrible bulle de verre prétendue indestructible ou
étudier le plan des égouts. Ca devait bien mener quelque part hors de la ville/ Mais elle n’en était pas encore là, elle avait le temps, il fallait d’abord construire les bombes.
Elle saisit son pied de biche et s’en servit comme levier pour faire sauter le couvercle d’une des caisses et sourit en découvrant ce qu’il y avait à l’intérieur : tout ce qu’il lui fallait pour
fabriquer des bombes, c’était vraiment parfait. Elle attrapa son sac à dos et le remplit de tout ce matériel, puis fila en vitesse, essayant de dissimuler sa joie, mais en vain : elle allait
bientôt offrir à cette ville un feu d’artifice mémorable.

—–

Kirstie observa les autres s’agiter et soupira : elle se sentait complètement inutile, parmi eux, elle aurait préféré être ailleurs, mais où ? L’Américain avait raison, elle leur devait
beaucoup de l’avoir délivrée de cette famille de dingue, mais elle ne voulait pas collaborer avec lui. Sa famille était morte à cause de tous ces yankees égocentriques qui s’étaient pris, une fois
de trop, pour les maîtres du monde. Même si ceux qui étaient là n’étaient pas responsables de la faute de leurs parents, elle refusait de les aider. Chacun sa croix, qu’ils se débrouillent avec
leur ville esclavagiste. La Chinoise s’approcha d’elle et lui sourit. Elle était la plus gentille de toute, mais elle s’en méfiait quand même : elle était du côté des américains, pas du sien.
« Ca va ?
– Oui.
– Tu n’as pas l’air dans ton assiette, et je sais pourquoi. Mais tu devrais faire taire tes rancœurs et te joindre à nous.
– Pourquoi ?
– Je t’ai déjà expliqué pourquoi. Ecoute, Kirstie, tu vois le problème sous un mauvais angle : si tu nous rejoins, tu ne seras pas du côté des Américains, bien au contraire. Tu seras contre cette
société qui nous opprime.
– Alors, pourquoi dans ce groupe il y autant d’Américains, tu peux m’expliquer ?
– Ce sont des rebelles, comme nous, ils se battent au nom de l’humanité et pas à celui de leur ancienne nation. Tu crois vraiment qu’Oceany t’aurait libéré de ta prison si elle avait été fière de
son pays ? Moi, je ne crois pas. Tout ce qu’elle veut, ou plutôt ce que nous voulons, c’est une société juste, où nous pourrons tous nous promener dans la rue et voir le soleil quelles que soit nos
origines et la couleur de notre peau.
– C’est une utopie.
– Non, c’est réalisable, mais plus nous serons nombreux, plus ce sera facile de parvenir à nos fins. Alors, tu vas nous aider ?
– Je ne sais pas, je verrai. »
Mai-Li lui adressa un nouveau sourire et retourna auprès de son compagnon, sans plus insister. Elle était si gentille avec elle, elle devrait accepter de rejoindre leur groupe, rien que pour la
remercier de son attitude envers elle. Mais elle restait rebutée par tous ces Américains…Mai avait beau dire, c’était d’abord pour eux s’ils se battaient pour qu’ils retrouvent leur liberté, mais
qu’allaient-ils faire des esclaves ? A aucun moment, il n’avait été question de les libérer. S’ils avaient un plan pour sortir ses congénères de leur prison, elle voulait en faire partie. Pour le
reste, il était encore trop tôt.

——

Alyson s’approcha de la fenêtre et admira le paysage que Technopolis, mais dès qu’elle regardait vers le bas, c’était sordide. Elle retourna devant son écran et voulut se concentrer sur ce
qu’elle faisait, mais l’image de la ville la hantait, elle haïssait…
Technopolis m’apporte le bonheur
Non, elle ne haïssait pas cette ville, c’était trop fort, mais elle s’y sentait si mal, c’était un véritable fiasco, tout…
Technopolis est un vrai paradis terrestre
Il y avait cependant quelques belles réussites, notamment les quatre anges qu’elle avait toujours admirés, mais quand la nuit tombait…
Technopolis est la ville parfaite
Toutes les lumières s’allumaient, c’était si beau, on se serait cru à Noël, avec les guirlandes, comme dans son enfance…
Bill Oxford fait un travail fantastique
Elle éteignit son ordinateur et soupira : elle s’ennuyait. Au départ, elle avait trouvé ça fantastique, cette idée de supprimer l’argent et le travail, mais que faire durant ces longues journées ?
On ne vendait plus de livres, tout passait par ordinateur et tous les classiques avaient disparu. Les programmes télés n’avaient aucun intérêt. Quant à aller se balader…elle avait vite fait le tour
des hautes sphères et elle refusait de descendre plus bas, c’était trop dangereux. Cette société était malsaine, elle était…parfaite. Non, ce n’était pas ça, c’était le contraire, Technopolis
n’était pas parfaite, elle était…un vrai paradis terrestre. Elle posa ses mains sur sa tête et serra, pour tenter de remettre un peu d’ordre dans sa tête, mais en vain : pourquoi tant d’idées
contradictoires, ça n’avait aucun sens, elle avait l’impression de…oui, de ne plus être maîtresse de ses pensées.
Elle se leva et se précipita dans la chambre d’Oliver où le garçonnet était en train de jouer avec de petits bonhommes en plastique. Elle se jeta littéralement sur lui et le couvrit de baisers, ce
qui le surprit.
« Mais qu’est ce que tu fais, maman ?
– Je…je t’aime, mon chéri, tu le sais, ça, hein ?
– Ben, oui. »
Elle était peut-être en train de devenir folle et si elle continuait sur cette voie, elle allait se retrouver enfermée, loin de ses enfants qu’elle aimait plus que tout, elle en mourrait
certainement. Elle avait peur, pour elle, mais surtout pour eux : que deviendraient-ils si elle partait ? Oceany était presque fiancée et pourrait s’en sortir seule, mais Oliver pourrait-il grandir
sans sa mère ? Le pauvre enfant était né dans des conditions chaotiques, ça avait été même de la folie de le garder, mais elle n’avait pas eu le cœur d’avorter. Il fallait qu’elle reprenne le
contrôle, pour lui.

Chapitre 11

Oceany regarda sa montre et soupira : Ethan était en retard et elle ne se sentait pas à l’aise dans cette station de monorail. Un type plutôt louche ne cessait de la lorgner et elle n’aimait pas
ça. S’il l’attaquait, elle saurait se défendre sans problème, certes, mais elle n’aimait pas se battre et ne le faisait qu’en dernier recours. L’homme lui adressa un sourire qui en disait long sur
ses intentions, ce qui la fit se raidir, mais elle ne bougea pas. Heureusement, une rame arriva et Ethan en descendit.
« Vous êtes en retard ! dit-elle, énervée.
– Excusez-moi, mais ce n’est pas ma faute ; j’ai dû inventer une histoire abracadabrante à Neve pour expliquer mon absence. J’allais quand même pas lui dire que j’étais aller voir une autre femme,
elle en aurait fait tout une histoire.
– Peu importe. Ne restons pas ici. »
Elle se dirigea vers la sortie, suivie de près par le jeune homme qui ne semblait pas particulièrement mal à l’aise dans cet endroit, ce qui l’étonna un peu. En général, les élitaires ne se
promenaient pas par ici, mais lui était comme un poisson dans l’eau. Ils traversèrent un petit parc sombre, qui ne lui inspirait pas confiance et elle sentit qu’il allait se passer quelque chose
quand un des buissons se mit à s’agiter sans raison apparente. Il y avait quelqu’un là-dedans. Elle se retourna vers Ethan et lui parla à voix basse :
« Vous courez vite ?
– Je me débrouille pas mal.
– D’accord. A mon signal, vous foncez, OK ?
– Pourquoi ?
– Faites-le, c’est tout. »
Il haussa les épaules, mais elle n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit qu’une dizaine de types sortirent de la végétation, les encerclant, Oceany sembla nerveuse : ça s’annonçait mal
« Salut, les mecs ! fit Ethan, qui ne semblait pas apeuré du tout.
– Vous les connaissez ? s’étonna-t-elle.
– Et bien…ce ne sont pas nos…
– Non, pas du tout, je ne les connais pas. »
Il prit alors conscience de la situation et perdit toute sa belle assurance, mais il ne craqua pas : après tout, ce n’était pas la première fois qu’il se faisait agresser.
« Ecoutez, je vais faire diversion et vous, vous allez foncer au hangar chercher des renforts, ordonna-t-elle.
– Je ne sais pas où c’est et il n’est pas question que je vous laisse ici.
– Je me bats beaucoup mieux que vous, vous ne feriez que me gêner. Le hangar se trouve au fond d’une impasse, deuxième rue à gauche. »
Le type qui la lorgnait dans la station de monorail apparut alors et s’approcha d’elle, arborant toujours son sourire obscène. Il la saisit par le menton et lui caressa la joue avec son pouce.
« Comme on se retrouve, ma jolie ! C’est pas gentil de m’avoir laissé tout seul, tout à l’heure, j’étais pas content. Ecoute, j’ai une idée : tu me donnes ton passe et je te promets que je ne te
ferai aucun mal.
– Je ne vous crois pas.
– Je ne te ferai aucun mal, je te promets, mais ça ne veut pas dire que je ne te ferai rien. On peut s’amuser un peu, tous les deux, non ?
– J’ai d’autres projets pour ce soir, désolée. »
Elle lui envoya son genoux entre les jambes, ce qui lui coupa le souffle. Elle cria alors à Ethan de partir, tandis que les autres types lui tombaient dessus. Elle donna des coups à l’aveuglette,
ne sachant pas trop qui elle frappait, mais elle savait qu’elle allait vite perdre : à dix contre un, ça n’était pas équitable. L’un d’eux l’attrapa brutalement par les cheveux et la tira en
arrière, la faisant chuter, puis se jeta sur elle pour la ruer de coups, mais Ethan lui administra un fantastique coup de poing dans la figure qui le mit K.O, ce qui déplut fort à ses acolytes qui
commencèrent à s’en prendre au jeune homme. Oceany se releva rapidement et tenta d’aider son ami, mais ce n’était pas évident. Elle cogna un peu tout le monde sans trop réfléchir à ce qu’il fallait
faire, mais son sang se glaça quand elle vit un des voyous sortir son couteau et le pointer vers Ethan. Elle se rua vers lui et envoya son pied sur la main du bandit qui poussa un cri de douleur et
lâcha l’arme qu’elle récupéra aussitôt, puis elle saisit l’homme qui était en train de geindre par les cheveux et plaça la lame au niveau de la jugulaire.
« Bon, on arrête de jouer, maintenant ! Vous vous tirez ou je transforme votre copain en bouffe pour asticot, c’est compris ?
– Oh, ça va, t’énerve pas comme ça ! On se tire. »
Ils commencèrent tous à s’éloigner et elle relâcha alors son otage, qui s’enfuit piteusement. Ethan se jeta sur elle et l’étreignit fortement, apparemment ivre de joie :
« Ouah ! Vous êtes géniale, vous les avez atomisés ! Ils n’avaient pas l’air très glorieux en s’enfuyant !
– Ethan, je vous avais dit d’aller chercher les autres et vous ne l’avez pas fait. Ca aurait pu très mal tourner !
– Vous êtes sérieuse ? Je vous ai sauvé la vie.
– Pardon ?
– Si je n’étais pas intervenu, ce type vous aurait tabassé à mort et c’est comme ça que vous me remerciez ? On peut pas dire que la gratitude vous étouffe.
– Mais…
– Ne me dites pas que vous auriez pu vous en sortir seule, vous savez très bien que c’est faux.
– Je…merci, Ethan, de m’avoir aidée sur ce coup-là, mais à l’avenir, ne me désobéissez pas, d’accord.
– Si vous voulez, mais vous m’en devez une.
– Vous n’êtes pas sérieux, là ! On n’a pas de temps à perdre avec ce genre de futilités, et… »
Il l’attira brusquement vers lui et lui donna un baiser passionné, ce qui la calma complètement Pour la première fois depuis bien longtemps, elle s’abandonna au plaisir et mit plus de fougue dans
ce baiser, puis Ethan s’écarta d’elle et déclara : « On est quitte », avant de repartir tranquillement, les mains dans les poches, vers le hangar.

Merci Papa, merci Maman

Non, je ne compte pas remercier mes parents de m’envoyer en colonies de vacances, j’ai passé l’âge. Puis je suis jamais allée en colo, moi, j’allais juste au centre aéré. Mais c’est pas le sujet.
7th_heaven
 

Ici, on parle d’amour. Amour entre un homme et une femme, amour entre un homme et un homme mais un sujet que l’on a jamais abordé, c’est l’amour filial. Parfois, je parle de mes parents, ici, assez peu, il faut le reconnaître. Non pas que je n’aime pas mes parents mais vivant loin d’eux, je leur parle surtout par téléphone et même si les conversations avec ma môman sont parfois comiques, pas de quoi faire un article.

 

Il y a quelques temps, j’ai donc rencontré Alex. A son contact, je me suis rendue compte de la chance que j’avais. Je ne vous parlerai pas de sa famille parce que ce serait déplacé mais, en gros, j’ai vraiment compris que mes parents étaient géniaux. Et quand je parle à mes amis, c’est souvent l’impression que j’ai.

Je viens d’une petite ville de province où la norme est à la famille entière. Je me souviens, en maternelle, j’avais une camarade qui n’avait pas de papa et je trouvais ça bizarre comme concept. Oui, au début des années 80, les enfants de divorcés (surtout en maternelle), c’était pas si courant que ça. Bref, si on regarde la liste des vingtenaires à gauche de votre écran, seul Mister Big a des parents divorcés. Ce n’est pas pour autant que nos familles sont des modèles de stabilité, Gauthier a déjà parlé de sa famille par ailleurs.

 

Donc revenons à la famille Bartoldi, il y a papa, maman, Alice, un frère pas biologique qui passe par intermittence Yohann et moi, donc. Mes parents ne sont pas parfaits comme tous les parents, on s’est souvent pris la tête comme dans toutes les familles. Mais je crois que mes parents m’ont bien élevée. Mon père est médecin donc d’un niveau socio-professionnel élevé. J’aurais donc pu être élevée comme la progéniture de ses collègues : je claque des doigts et j’ai tout. Mais non, ça marche pas comme ça dans la famille Bartoldi, on n’a rien sans rien. Je me souviens, une fois, je parlais au fils d’un ami de mon père hyper friqué (et qui le montre bien) et le mec me fait « ouah, la semaine dernière, j’ai crashé la BMW dans un fossé, hihihi ! ». Je l’ai regardé, atterré. Moi, la seule voiture que j’ai eu droit de conduire à la maison, c’est la vieille Clio de ma mère qui m’est revenue quand elle a changé de voiture (d’ailleurs, ils l’ont revendue, bouhouhou !). En même temps, je ne me plains pas. Moi, les grosses voitures, j’ai tellement peur de les abîmer que je préfère pas les toucher. Non pas que je conduis mal mais la moindre éraflure sur ces voitures coûte bonbon donc je préfère m’abstenir, on ne sait jamais. Et puis moi, je ne sais conduire que des petites voitures, c’est bien suffisant pour ma petite personne.

 

Evidemment, je vis dans une belle maison et mes parents ont pu me permettre de partir à Paris mais ils n’ont pas financé ce déménagement pour que je m’éclate au loin. Mes parents, c’est mon havre de paix. Quand j’ai rompu avec Guillaume, j’ai appelé ma mère en larmes pour lui dire que je rentrais. Ca peut paraître curieux de rentrer chez ses parents dans un moment pareil mais j’avais besoin de me sentir soutenue et qui mieux qu’eux pouvaient le faire ? Enfin, je parle de mon cas car pour beaucoup de gens, ce n’est pas chez leurs parents qu’ils vont pouvoir se reconstruire. Ma mère avait déjà ramassé ma sœur lors de sa rupture avec Anthony, elle a elle-même subi une rupture difficile dans sa jeunesse et sait très bien ce que nous ressentons. Mon père, lui, il dit rien mais il est là.

 

Mes parents ont fait de moi ce que je suis, pas uniquement en me payant mes études. Ils m’ont appris des valeurs simples et j’ai toujours eu un foyer stable. Ado, je leur en voulais de pas me laisser avoir une télé dans ma chambre comme certains de mes petits camarades. Aujourd’hui, je les en remercie. Cette mesure peu draconienne (il faut l’avouer) m’a permis de passer mes soirées à lire et/ou à écrire plutôt que de rester jusqu’à pas d’heures à avaler des merdes télévisuelles. Si je suis aussi équilibrée (si, si), c’est grâce à eux. Ils m’ont donné beaucoup d’amour et continuent à le faire, je peux donc en donner à mon tour et ne pas avoir peur de l’avenir. J’ai grandi dans un foyer sans conflits et je suis quelqu’un, du coup, très serein. Quand, fin décembre, je commençais à glisser doucement sur la pente de la déprime et du désespoir à cause de mon chômage et que je me suis mise à pleurer, mon père a dit une phrase, une seule, qui m’a redonné du courage : « mais enfin, on le savait que tu allais galérer ». Moi qui avais la peur viscérale de les avoir déçus, je me rendais compte que ce n’était pas le cas. C’est con mais cette petite phrase m’a redonné un coup de fouet.

 

Ce n’est pas que je vis pour mes parents mais j’aime qu’ils soient fiers de leur fi-fille. Si ma réussite me concerne au premier plan, je veux leur montrer qu’ils n’ont pas eu tort de me faire confiance. Parce que mes parents ne m’ont jamais rien imposé. Depuis la 6e où j’ai choisi de faire allemand LV1 jusqu’à aujourd’hui, j’ai choisi mes orientations toute seule comme une grande. Mes parents sont aussi suffisamment intelligents pour ne pas faire jouer la concurrence entre Alice et moi, genre : « tu vois, ta sœur, au moins, elle réussit ». Car outre le fait que nous sommes très différentes, nous n’avons pas du tout fait les mêmes études. Par exemple, pour le bac. Je me suis défoncée pour avoir une mention pour mon papa, je m’explique. Quelques temps avant les épreuves, mon père a eu un problème au cœur : un bout de chair sur une oreillette qui provoquait des fibrillations. Rien de très grave, que du très chiant. Bref, pour s’en débarrasser, il a dû subir deux petites interventions (la première n’ayant pas fonctionné) dont la deuxième pendant mon épreuve de maths (je m’en souviendrai de celle-là). Je me retrouve donc avec cette foutue mention et là ma sœur fait un peu la gueule : « mince, maintenant, je vais devoir faire aussi bien que toi ! ». Mais non, petite ! Comme lui ont dit mes parents après, elle n’a pas choisi la même série que moi, c’est carrément incomparable.

 

Mes parents sont généreux. Quand Yohann s’est retrouvé seul après un drame familial, nous lui avons ouvert les portes de notre foyer. Il est un peu le troisième fils et il se rend compte qu’il doit beaucoup à mes parents. Sans eux, ils se serait effondré. Quand son père est décédé, c’est mon papa (pourtant pas très communicatif) qui est allé lui parler, l’a soutenu. De la même façon, Gauthier m’a avoué que sans mes parents, il n’aurait jamais survécu à son coming out. Sans entrer dans les détails, quand ses parents ont découvert son homosexualité, c’était particulièrement tendu chez lui et il venait souvent passer le week-end à la maison. C’est marrant mais mes parents se soucient souvent de nos amis. J’ai parlé à ma mère de la trithérapie du Gaugau, elle me demande régulièrement s’il a des résultats de test. Même que l’autre jour, j’ai eu l’air très con.

« Il a eu les résultats de ces tests, Gauthier ?
– Oui, il a eu son semestre, il est content.
– Non, je parlais de son HIV ! »
Oups…
 

Bref, si ma vie sentimentale est catastrophique, j’ai la chance d’avoir une belle vie de famille.

La sève qui monte

Par Gauthier

Je suis tout en poésie en ce moment, je m’émeus moi-même… Le printemps fut quand même très hivernal par chez nous. La semaine dernière encore, au lever, il ne faisait qu’un très tropical 6°C. Pas de quoi faire péter le tee-shirt moulant bleu ciel que je me suis offert en prévision du retour des beaux jours. Donc j’ai dû patienter, comme toute la région parisienne, pour voir le soleil, et surtout sentir sa douce chaleur printanière.

Ben voilà, il est sorti de son trou ce week-end. Et quelle sortie!!! On passe de 12°C maximum à 26/28°C en l’espace de 3 jours… Moi je dis ça défrise! Mais ça fait du bien. Donc voilà début juin = début officiel du printemps pour le Gauthier parisien. Et qui dit début de printemps, dit sève qui monte. C’est une catastrophe, parce que pour monter elle monte la sève, et même elle tourbillonne, voire bouillonne carrément, et ça me met dans un de ces états…

Je suis tout simplement en pleine floraison, je suis une belle fleur ouverte sur le monde qui attend de se faire butiner par un gros bourdon!!! Comprenez donc que tous ce qui a un caleçon et qui passe à moins de 2 mètres de moi me fout en chaleur (c’est moins glamour quand je le dis comme ça, non?). En gros ça donne ça : je tombe amoureux toutes les deux minutes. Ils sont tellement beaux, c’est à se demander s’ils ne font pas exprès de croiser ma route, de se retrouver dans le même ascenseur que moi, de faire la queue devant moi pour manger, de s’asseoir à côté de moi dans le RER, d’habiter sur mon palier, de travailler dans ma société… Bref les beaux gosses sont partout, c’est le débarquement, et moi je suis au taquet!

Aujourd’hui, par exemple, je téléphone à Mister Big pendant ma pause clope du matin, on parle de choses primordiales (à savoir : on part à Londres ou à New York pour manger à midi et faire du shopping dans la journée si on gagne à euromillion, ben vi depuis l’arrêt du Concorde, New York parait tellement loin!). Et là je croise le regard d’un beau militaire, que dis-je, d’une bombe en treillis!!!! Nom de dieu, qu’il était beau. Brun, peau mat, regard de braise, bonne taille, plein de muscles, la malice dans les yeux, et moi ça me fout le feu au cul… Je le regarde discrètement (bouche ouverte, yeux écarquillés derrières mes lunettes de soleil Gucci, bras ballants, bave aux coins des lèvres!), il me regarde aussi, je tente un sourire en coin, il me sourit, je le suis du regard en bégayant à Mister Big « Il est beau… », il se retourne pour me jeter un dernier regards, je suis une flaque…

Là pour la première fois de ma vie, j’étais prêt à suivre un mec dans la rue et lui demander son numéro de téléphone! Il suffisait qu’il me fasse un clin d’oeil, et je le suivais au bout du monde… Il était parfait… Arf saloperie de fantasme, saloperie de printemps, saloperie de sève qui monte, saloperie de vie sexuelle inexistante!

Oui parce que pour rajouter à mon malheur, en ce moment je n’ai de vie sexuelle qu’avec ma main droite… Et c’est pas que je l’aime pas, mais j’en ai marre de la voir tous les soirs… J’aimerais bien m’amuser avec une autre main (et pas ma main gauche, je ne suis pas ambidextre), voire une bouche, un anus, une oreille, un nez… Bref n’importe quoi!

Bon je suis encore au taff, je parle de sexe, et me voilà de nouveau en nage. Du coup je me mets à loucher sur le rugbyman de service, il a 20/22 ans (je ne suis pas trop sûr) et il s’obstine depuis hier à venir bosser avec un tee-shirt moulant rose… Si c’est pas de l’appel au viol ça????

Bref, je vais aller me mettre la tête et le boxer sous l’eau, et reprendre mon taff…

Gauthier open*
 
*ouvert