Le petit garçon

Par Gauthier

 

C’est l’histoire d’un petit garçon ordinaire. Il grandit dans une famille normale. À 2 ans, ses parents décident d’aller vivre en banlieue parisienne. Le petit garçon est sage et gentil. Il est peut-être plus timide que les autres, plus calme que les autres. Mais ses parents sont si fiers de tout ce qu’il peut faire, ils l’encouragent tout le temps. Le petit garçon est plus éveillé que ces camarades de classe, et au lieu de jouer avec ses copains de maternelle, il reste pendant les récréations pour dessiner avec la maîtresse. Très vite la maîtresse demande aux parents de venir, et devant le refus de leur fils de s’intégrer, ils décident de le faire passer dans la classe supérieure.

 

Dans sa nouvelle classe, il se lie d’amitié avec une gentille petite fille plus âgée que lui. Il la suit partout, il veut la protéger. Un jour un « grand », un méchant « grand », décide de soulever la jupe de la gentille fille devant tout le monde pendant la récréation. Le petit garçon s’enflamme en un quart de seconde, il fonce tête baissée, et envoie le « grand » dans le grillage. Le grand saigne et pleure devant tout le monde. Les maîtresses qui assistent à la scène convoquent encore une fois les parents du petit garçon. Tout le monde s’inquiète de ce geste. Alors les parents du petit garçon ont une idée…

 

Quelque mois plus tard, à l’orée de ses quatre ans, le petit garçon hérite d’un petit frère. En voilà une idée de génie ! Le petit garçon ne sera plus tout seul… Mais cette « nouveauté » se révèle très vite être très embarrassante. Un petit frère ça pleure, ça réclame l’attention toujours grandissante de ses parents, ça grandit et ça vient dans la chambre du petit garçon, ça déplace ses jouets, ça utilise ses jouets, ça gêne…

 

Un soir, la maman monte dans la chambre du petit frère, alors âgé de 3 ans, et surprend le petit garçon en très mauvaise posture. Il tient fermement la tête de son petit frère entre ses petites mains, et il a un genou posé sur sa nuque. La maman se fige, elle sait que si elle ne réagit pas convenablement l’aîné de ses fils peut, dans un geste qu’il ne contrôlera pas, qu’il ne comprendra pas, briser la nuque de son petit frère. Elle hurle… Le petit garçon lâche prise ne comprenant pas les cris hystériques de sa maman, et la baffe démesurée qu’il reçoit une fois que son petit frère touche le sol.

 

Outre ses petits problèmes domestiques, le petit garçon comble ses parents. Il réussit très bien à l’école, il n’a pas beaucoup d’amis, mais il est sage, il est poli, il est la fierté de ses parents. Alors que son petit frère est turbulent, agité, mauvais élève. Les parents ne se rendent pas compte, mais ils disent à leurs amis et à la famille que l’aîné est très intelligent et que le second est très beau. Dans la tête d’un enfant, ce genre de discours se transforme très vite, et devient « l’aîné est moche, le second est bête ». Les deux petits garçons en souffrent, chacun de leur côté, mais ils continuent à se détester, pour la forme tout du moins. Le petit garçon ne s’entend pas avec les autres petits garçons de son école, il ne joue qu’avec des filles, les filles sont plus gentilles avec lui, elles le comprennent. Le petit garçon ne sait pas jouer au foot, il joue à la marelle, le petit garçon ne sait pas jouer aux billes, il joue à la corde à sauter, le petit garçon ne sait pas espionner les filles dans les vestiaires, il joue à papa-maman.

 

Le petit garçon a une nouvelle petite copine, ils se font des bisous, à 7 ans il sait déjà qu’il faut introduire sa langue dans la bouche de la fille et tourner. Il ne comprend pas trop pourquoi, mais ça lui fait plaisir de le faire. Il ne comprend pas non plus pourquoi son zizi s’obstine à devenir tout dur quand il fait des bisous à sa copine. Ils promettent de se marier, ils auront trois enfants. Ils s’enfuiront tous les deux quand ils auront fini le CM2, pour éviter que le papa de la petite copine ne tue le petit garçon. Le papa est un ex-taulard, plein de tatouages, et un jour il a dit au petit garçon qu’il ne laisserait aucun garçon toucher sa fille. Le petit garçon a très peur, il touche déjà sa fille tous les jours.

 

Un matin pas comme les autres il arrive à l’école et la maîtresse vient lui dire que sa petite copine est parti vivre très loin. Le petit garçon pleure… Il se sent seul, il n’a que 8 ans, et il a le cœur brisé. Après ça le petit garçon ne sera plus jamais le même pense-t-il.

 

Il rencontre un petit garçon dans un repas d’entreprise de son papa. L’autre petit garçon n’est pas comme les autres, il vient lui parler, ils jouent ensemble, ils rient. C’est la première fois que le petit garçon s’amuse avec un autre petit garçon de son âge. Il est heureux. Les parents des deux petits garçons sont tellement contents de voir leurs progénitures, d’habitude si solitaires, s’amuser ensemble qu’ils décident de se revoir. Les parents se lient d’amitié, les petits garçons aussi. Les petits garçons grandissent ensemble, ils se voient très souvent, ils jouent au docteur ensemble, ils jouent à papa-maman, ils ont 8 ans et ils s’embrassent. Ils sont heureux.

 

Un soir, les parents du petit garçon entrent dans la chambre où les deux enfants dorment ensemble, ils sont tous nus dans le lit, ils ont 8 ans. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font. Ils jouent, ils apprennent, ils sont innocents. Les parents hurlent, pleurent, donnent des baffes…

 

Les petits garçons ne seront plus jamais les mêmes, surtout un. Un jour, ils discutent, ils ont 12 ans maintenant, l’ami du petit garçon lui dit :

– Moi j’aime pas les pédés

– Mais on a été pédés nous ! répond le petit garçon.

– Non, on s’amusait juste…
– …

Le petit garçon pleure. Il ne comprend pas, il ne se comprend pas. Son corps change, il découvre l’excitation sexuelle, le désir, et ce désir, il ne l’éprouve que pour son ami, pourquoi ? « Les pédés, ils sont pas normaux, les pédés ils sont malades dans leurs têtes ». Le petit garçon n’est pas pédé, il est normal, il n’est pas malade dans sa tête, il est normal… Il aime son ami, il le désire, mais il doit se taire, il doit taire se qui le brûle de l’intérieur, ça passera.

 

Le petit garçon a 16 ans, il est en terminale, il est populaire, il a bien changé depuis son enfance, il est devenu beau, il n’a que des amies mais il s’en moque, les garçons sont toujours trop bêtes. Il sort avec la plus belle fille du lycée. Sa petite amie, plus âgée, lui demande de lui faire l’amour. Le petit garçon hésite, il ne l’a jamais fait encore. Mais il a envie. Il a oublié son amour pour l’autre petit garçon. Il franchit le pas, mais, après quelques semaines, quelque chose ne va pas. Le petit garçon se sent sale, il a envie de vomir, il ne supporte pas de toucher cette fille, si belle, si douce, si tendre. Non il ne peut pas. Il ne peut plus. Pourquoi ? Alors que tout se passait si bien, pourquoi il a tant envie de mourir ?

 

Une nuit le petit garçon se réveille en sursaut, il est en sueur, il tremble, et son cœur va exploser. Il vient de faire un rêve. Dans son rêve, il faisait l’amour à l’autre petit garçon, et il ne peut pas chasser cette idée de sa tête. Il doit savoir, il le faut, sinon il va devenir fou, il le sent, il est en train de franchir une autre ligne. Cette barrière qu’il avait refermé et tenté d’oublier lors de cette discussion, alors qu’il n’avait que 12 ans.

 

Le petit garçon décide d’attendre d’être à la fac. Il choisit un inconnu sur le net, et après plusieurs mois d’échanges, et deux séances de psy hebdomadaire pour le convaincre qu’il est « normal », il saute le pas. Il le fait. Il couche avec un homme. Il vient d’avoir 18 ans.

 

Le petit garçon est gay ? Non ce n’est pas si simple, il faut encore quelques années d’errances, quelques excès, tous les excès, il frôle la mort tant de fois, mais il a besoin de se mettre en danger pour savoir où sont ses limites. Il finit par les trouver, et il peut fièrement annoncer au reste du monde, ses parents, sa famille, ses amis, qu’il est gay. Il en est fier, il est normal. Mais à force de se consumer, il a détruit la seule chose qui faisait de lui ce petit garçon si formidable : son cœur.

 

Ce soir le petit garçon pleure. Il vient de regarder une série. Dans cette série, deux hommes s’aiment et se le prouvent de la plus belle façon qui soit, l’un d’eux renonce à vivre sa vie, pour sauver celle de l’autre. Le petit garçon avait oublié ce qu’était l’amour ? Non, il a tenté de le faire, comme il a tenté d’oublier ce qu’il ressentait pour l’autre petit garçon à l’âge de 12 ans.

 

Le petit garçon a peur, il sait qu’il doit refaire battre son cœur. Mais il ne sait pas comment s’y prendre.

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41 réflexions sur “Le petit garçon

  1. Preum’s (vous zavez qu’à être insomniaques)

    La relation à l’autre, la connaissance de soi, les sentiments, l’Amour, devenir « adulte », s’harmoniser, ne pas se mentir, aimer… tout cela est tellement compliqué, il faut sans doute toute une vie pour y parvenir. Même peut-être plus.

    Quelle que soient nos casseroles à chacun, il faut pourtant avancer, et c’est à cette condition qu’on arrive peut-être à un certain équilibre. Et c’est ce que tu fais mon choupinou, et ton coeur est loin d’être sans ressource, malgré toute l’histoire de ce petit garçon que tu racontes. Aimer d’Amour, c’est aussi accepter de prendre le risque de souffrir atrocement; mais ça vaut le coup.

    Je suis dans ma période citation, comme tu as dû le remarquer: « Nous recherchons tous le bonheur, mais sans savoir où, comme des ivrognes qui cherchent leur maison, sachant confusément qu’ls en ont une. » Voltaire

    Bisous d’amour ma poule

  2. la jeunesse c’est l’errance. Il ne sert à rien de la renier ou de s’en vouloir. Assumes et sois fier de toi et de tes actes et l’amour viendra j’en suis sur

  3. BOUHOUHOUHOUHOU c’est triste.

    SNifff snifff.

    *pfooooooooooooommmmpfff*

    BOn à part ça sinon oui c’est terrible et affreux mais il y a que deux solutions, la psychanalyse ou l’acceptation et l’évolution (en fait qu’une… la psycha doit d’amener à ça) Comme le dit Taz, c’est normal. Fuck sociéty fais ce que tu aimes, soit qui tu veux du moment que ça ne fait pas de vrai mal aux autres.. (vrai mal pas des trucs du genre maman qui pleure parce que son fiston préfére les hommes hein, ça c’est du dommage collatéral pas du mal)

  4. Magnifique texte, certqinement ton meilleur … ce petit gracon est beaucoup plus attachant que auqnd il a le melon ;-0
    Le petit garcon a tente d’experience, le petit gracon est peut-etre maintenant assez grand pour ne plus fuir devant les responsabilites d’une vie d’adulte.
    Bisous Gauthier.

  5. Alors, après lecture, digestion (pas que j’ai mangé entre temps hein, mais il a fallut digérer tes paroles – note, elles ne sont pas lourdes en elle même, et très bien écrites), je ne pense pas que ce soit si triste… enfin, je pense que c’est juste un constat. Tu en est actuellement là où tu en est. Pour l’instant, tu ne sais pas si tu pourras aimer de nouveau… Tu te cherche encore, même si tu sais déjà beaucoup de choses sur toi… Pas facile. Bon, à part ton petit coeur qui a du mal à tourner correctement, tout va bien, non (je t’ai quand même féliciter 3 fois en un mois…lol). Maintenant, Gauthier, je pense que les excès ne sont pas la bonne solution… Cela risque davantage d’amener des problèmes que d’en enlever… Bien que je ne veuilles pas faire le moralisateur du haut de mes 30 ans… Tu es un mec brillant, plutôt beau gosse semble t’il, aui a du charme… Il faut que tu arrives à passer à autre chose. Tu dis assumer pleinement, mais j’ai comme l’impression que ce n’est pas toujours le cas (je peux me planter complêtement, ce ne serait pas la première fois). Bon courage. En tout cas, tu devrais te lancer dans le show bizz, avec un potentiel comme le tiens, je pense qu’entre tes déboires et les sketchs qui en résulteraient, et ce genre de texte, avec toute l’émotion que tu es capable d’y mettre et de faire ressentir, tu ferais des ravages (encore)!!!

  6. Salut à toi, premier commentaire que je laisse à l’un de tes articles. 3 oncles homos (dont un mort du Sida, mais bon pour moi il sera toujours là), un couple gay comme meilleurs amis de ma mère, un copain homosexuel,… Et l’amour est là, je le vois, et parfois même bien plus nettement que chez mes connaissances hétéros. La soeur de mon copain est lesbienne, enfin elle ne sait pas, elle essait dit-elle (elle a 18 ans et ne se dit ni gay, ni hétéro, ni bi). Moi je crois que tout le mal qui fait qu’on culpabilise et qu’on souffre tellement vient du fait qu’on se sente obligés de mettre une croix dans l’une de ces 3 cases. Et encore, il n’y a pas que bi, hétéro ou homo: dans la série The L Word on a pas mal d’exemples qui le prouvent! Enfin toujours est-il que la seule connerie qu’on n’ait jamais faite c’est de dire bon cette femme a un mari elle est hétéro, cet homme a un amant, il est homo, etc. ON CHANGE TOUS dans une vie, comme on devient plus ou moins social, plus ou moins mature, on fait des rencontres, et peu importe le sexe de celui ou celle qui nous fait face. Bon bref, tout ça pour rien dire, un texte bien écrit et des émotions qui touchent le lecteur? Ben écoutes ça veut dire que t’es humain, bien plus que le fait que tu sois gay 🙂

  7. « y a des garçons pour les filles
    des filles pour les garçons
    l’opéra pour la bastille
    l’apéro pour les glaçons
    y a des garçons pour les filles
    des filles pour les garçons
    y a des filles pour les filles
    des garçons pour les garçons »
    (Fabulous Trobadors)
    l’histoire n’est pas finie … au plaisir de la lire avec le happy end de ton choix (quel qu’il soit)

  8. A moi de commenter. Bon, Gauthier, ça fait 7 ans que je le connais donc tout ce qu’il y a ici, je le savais déjà et j’ai même eu droit à la version maternelle de certains petits épisodes ce week-end.

    Hé oui, Gauthier n’est pas qu’un clubeur gay écervelé et snob, ça vous la coupe, hein? Hé oui, Gauthier est un être humain qui a vécu des choses pas très faciles, comme chacun d’entre nous. C’est vrai que quand je vois ma famille, je mesure ma chance.

    gauthier, ze t’aime (et j’ai bien reçu ton texto, au fait)

  9. monsieurs gauthier,
    belle histoire, qui dénote de ce que vous racontez habituellement, et semble même ecrite par une autre personne…
    Ce texte, je vous en félicite.
    J’en profite pour demanderr:
    avez vous toujours su? Pensez vous que cela soit viscéral? Pensez vous qu’en cas de doute sur ce que l’on peut être (gay ou pas en somme) il faille essayer les « coucheries » pour savoir?
    Etre amoureux d’une fille, au sens vrai, vous a t’il été alors possible?… je suppose que oui pour en arriver a coucher aves la plus mignone du lycée…
    En bref je ne sais pas si cela se faisable, mais connaitre ce qui est énoncé comme « années d’errances » pourrait m’être une aide.
    Vous lire reste un plaisir.

  10. En plus de l’émotion, ce qui m’a beaucoup intéressé dans ce témoignage, c’est qu’il démontre bien qu’on n’EST pas ceci ou cela, mais qu’on AGIT, on RESSENT et on PENSE en fonction de ce qu’on a vécu et de ce qui se présente dans l’entourage.

    Ce qui est visible notamment c’est la souffrance accumulée à travers la violence éducative. Tu as parfaitement montré à quel point les adultes étaient à côté de la plaque chaque fois qu’ils prétendaient te « corriger » ou te « protéger ». La violence éducative est mon sujet de blog justement aujourd’hui, et j’ai longuement répondu à un commentateur, donc inutile d’en remettre une louche ici.

    J’ai beaucoup aimé que tu nous parles de tes expériences avec les filles. D’abord l’expérience de l’enfance, où tu écris que ton sexe se dressait… Quand j’y repense, ce devait aussi être le cas pour moi quand je rencontrais ma première « fiancée », à 17 ans, mais j’ai complètement zappé le souvenir.

    Plus sérieux, tes premières relations avec une femme. Ça me remet en mémoire que j’ai ressenti un dégoût du même ordre après ma première relation, au point de perdre ma libido pendant un mois. Et si un garçon était passé par là? C’était impossible, car j’avais une horreur/trouille de l’homosexualité à cause d’un coiffeur un peu trop entreprenant au pensionnat. Et si ça avait été possible? S’il m’avait fait vivre le grand frisson sans les odeurs terrifiantes d’une femme? Peut-être que ce jour là je serais « devenu » homo, et peut-être aurais-je pensé que j’avais « enfin trouvé ma voie ». Euh. C’est arrivé à mon frère, mais pas à moi. Dans les deux cas, je pense que nos préférences sexuelles ont été déterminées par tous ces événements de l’enfance. Aujourd’hui j’aurais du mal à me mettre dans une case, sauf qu’il me reste des inhibitions et des fantasmes non réalisés.

  11. Sans hésitation, il s’agit de ton plus bel article M’sieur. Ton style s’améliore à chaque fois que tu écris (j’imagine que Nina fait toujours office de correcteur d’orthographe derrrière :p)
    Clap-clap, je m’incline. Bravo !

    (private message : un pitit tour à Bastille ce matin, pélerinage sur les lieux de notre antique débauche.. j’ai presque versé une larmichette)

  12. Bravo!!!!!!!!! Vraiment là je suis sur le cul. Chez moi on dirait que je suis « espanté ». C’est vachement bien écrit (ça j’avais l’habitude », c’est profond, émouvant, touchant, et on arrive exactement à se mettre à la place du petit garçon.
    Vraiment un des meilleurs posts (si ce n’est le meilleur) que j’ai lu jusqu’à présent.
    Encore bravo, merci, et rien que pour ça je ne regrette pas d’avoir mis un lien sur mon blog depuis bien longtemps déjà!!!

  13. > Je comprends ta logique, mais elle mène à un débat que je
    > refuse: sur l’inné et l’acquis dans l’homosexualité.

    Moi aussi je refuse ce débat, mais ce n’était probablement pas clair dans mon commentaire. Je crois que nos préférences sexuelles (pour peu que ça ait un sens de parler de « préférences ») varient au fil des événements et bien sûr en fonction des personnes rencontrées. Par contre, les inhibitions qui nous empêchent de vivre ces préférences sont bien de l’ordre de l’acquis. Donc le conditionnement ne serait pas dans ce vers quoi nous allons mais ce vers quoi nous nous retenons d’aller.

    Le mot « préférence » me gêne parce qu’il revient à mettre une étiquette sur un comportement. J’ai connu des situations où je me sentais intimement proche à la fois d’une femme et d’un homme. Mais dans cette intimité j’étais bien incapable de dire que j’obéissais à des « pulsions » homo ou hétéro. C’était du désir, point barre…

  14. Très belle histoire.
    Tu n’as pas idée à quel point ma vie ressemble à çà, à quelque variante près. C’est curieux les similitudes qu’on peut trouver dans des vies, qui au départ, semble différente. A croire qu’on pourrait tracer des schéma type.
    Sauf que je n’arrive à sauter aucun pas, bien que je suis en train de tendre vers les limites.
    Zut, çà veut peut être dire que je suis homo aussi ou plutôt bi, je n’ai plus qu’à me faire violé. lol

  15. « démontrer aux gens que celà ne me mets pas au banc de la société… Il reste tant de travail » : oui il y a encore du boulot en effet, tout ce qui est différent de nous fait peur, et c’est toujours difficile de vaincre ses peurs. Pourtant, quand on se donne la peinne de chercher à comprendre ou apprendre, on se rend compte que la peur en question n’était pas si fondé que çà.

  16. Cet article est précieux Gauthier. Il est précieux car il t’explique.

    Même si de loin dans tes articles précédents, on devine certaines choses, cet article en explique beaucoup.

    Alors moi je n’ai qu’une chose à dire. Le petit garçon peut être fiér de lui.

    Bisou

  17. Comm’ est passé, je réecris. Suis d’accord avec tout le monde, il est chouette ton texte. Je te raconte une petite annecdote … c’est le frère d’un ami d’un oncle, il est homo et en couple depuis quinze ans. L’un est jovial et solide, l’autre interessant mais géniard … une belle histoire. Peutêtre tu devrais te rendre accessible différement, moins de melon et de langue de pute. Enfin bref, des idées comme d’autre. T’as l’air solide, peutêtre tu vieillis (rire), allez c’est qu’un moment à passer, moins d’amourette, plus d’amour ;-).

  18. « En tout cas merci de ta réaction 😉 »

    Mais de rien Gauthier… Je ne fais que dire ce que je pense et penser ce que je dis… lol. Franchement, lorsque je monterai sur Paris, je serai enchanté de te rencontrer ainsi que le reste de la bande, enfin, si bien sur, cela te dis…

  19. « ça permet de se construire en tant qu’adulte » : se construire je ne sais pas mais souffrir çà c’est évident. Je me demande si il y a beaucoups de personne qui estime avoir eu une enfance « heureuse ».

    « Ce que je vais dire ne doit pas être mal interpréter » : faut y aller, pour arriver à me vexé. 🙂

    « as tu penser à consulter un psy? » : non, l’idée ma jamais effleuré l’esprit d’ailleur. J’estime avoir eu ma dose de toubib. De toute façon, je me vois mal parler à un inconnu, j’ai déjà du mal à dialoguer avec les personnes que je connais. Et puis je n’ai pas de mal à imaginer ses réponces, vagues et sans vraiment répondre à mes attentes. Je vais finir par ouvrir un blog.

    « Il n’y a rien de honteux dans cette démarche » : je sais, mais ce n’est pas franchement d’un psy dont j’ai besoin mais de … calins plutôt. Je ne sais pas comment je me démerde, je suis aller dans un bar à hotesse, tu en parlais dans un précédent article, même là pour 800€, ils ont pas été foutu de satisfaire mes attentes. Deux strips, que le haut, de 2 min, et fond de verre de wisky, même pas assez pour faire tourner la tête d’une personne qui ne boit jamais d’alcool, si c’est pas du vol çà.

    « j’espère juste que les ados ne devront plus traverser tout ça » : 100 ans, c’est peu, pour faire changer les mentalitées.

  20. Cher Gauthier,

    Cela ne fait pas longtemps que j’ai découvert ce blog et ses écrivains. Je dois avouer que cet article est tres prenant, tres bien écrit (oui oui), et que raconter toutes ces expériences avec autant de franchise, c’est déjà s’assumer !

    Et ce ce que tu fais, tu assumes ! Peut être allant jusqu’à l’excès selon moi, mais ca t’a permis de te trouver.

    Pour ce qui est de l’amour que tu recherches, saches qu’il faudra que tu prennes un risque…et trouver la bonne personne, ca prends du temps…Moi même, je me suis séparée après 5 ans de vie commune (ben c’etait pas le bon, tant pis…).

    S’ouvrir d’amour à quelqu’un, c’est ce que je trouve de plus difficile (je te dis ca, et pourtant, tu me considèrerais comme une nonne, si je compare ma vie amoureuse à la tienne). Il faut prendre des risques, changer ses habitudes… ca viendra !

    Tout ce que je veux te dire, c’est « continue à croquer la vie, mais apprends à construire un couple ».

    Je te souhaite donc beaucoup de bonheur, et bonne recherche de l’âme soeur mon chou ;o)

  21. Une trés jolie histoire, je trouve. Avoir autant de lucidité sur ta progression t’honore.

    J’ai essayé de mettre un truc super intelligent dans mon commentaire, j’ai réussi ou pas ? 😀

    Amicalement,

    Thom…

  22. Tiens je me pose la même question .. comment faire battre ce fichu muscle .. d’un autre côté on sait qu’il est là, il bat déjà pour certaines choses .. reste plus qu’à se sentir suffisament en confiance pour baisser la garde .. au moins un peu. Très beau texte mais là je suis pas originale * cry * ;o)

  23. treeeessss treeeeees emouvant en effet je veux des kleenex lollll est ce que tu as le meme desir pour tous les hommes ? je veux dire comme en moyenne on dit qu’une femme aime le contact des hommes mais est ce que certains hommes ne te donnent plus envie detre homosexuel? cest con comme question pourtant des fois je ne me comprends pas moi meme lolllll alors je demande aux autres ?

  24. C’est vraiment touchant, c’est la premiere fois que je lis quelque chose d’aussi sensible, merci d’avoir su nous faire partager et comprendre tes sentiments…

  25. Tout d’abord félicitations Gauthier pour cet article, le meilleur que j’aie lu ( en général). Tout simplement fulgurant, chapeau bas.

    Ensuite pour revenir à ta perte actuelle de repere commenceons par le départ plutôt que par l’arrivée si tu le veux bien: nous avons un petit garçon, qui a pris quelques (sales) casseroles en pleine gueule et qui n’a pas eu un parcours tout cuit. Il avait toutes les raisons pour se casser la gueule et ce petit garçon il est devenu grand aujourd’hui. Et pour le peu que je le connais (qu’il nous laisse entrevoir) je suis fier de lui. Tu sais qui tu es, tu sais ce que tu aimes et surtout tu sais d’où tu viens. Tu as eu des exces mais qui n’en a pas eu ? Qui ne s’est pas cherché à un moment donné ? Les seuls exces sont ceux qui te dégradent de manière irrémédiable, le reste fait partie de l’expérience, on ne sait qu’une fois essayé.

    Desormais tu veux visiblement passer à autre chose, arreter de courir apres (les enfants fermez les yeux) ta queue (vous pouvez les rouvrir) et donner dans le dévelopement durable. C’est ça l’étape en soi, pas trouver l’être cher. Accepter le fait qu’on comence a le chercher ou plutôt qu’on est prêt à l’accueuillir est deja monter d’un cran. Tu le trouveras, ne te fais pas de souci, un type qui écrit des trucs pareils il a un coeur gros comme ça. Il aura de la chance ce type là, et toi avec…

    En ce qui concerne l’inné ou l’acquis je pense que cela releve purement de la noton goût. Certains aiment le chocolat, pas le poisson , les garçons, pas les amandes etc. C’est comme ça, point barre, est ce qu’on cloue au pilori les gens qui n’aiment pas les petits pois ? Alors…

    Je cloreai ce com’ par un mot pour Stef: il n’y a aucune honte ou apprehenssion à avoir quant à aller consulter. J’utiliserai une métaphore « Eugène Saccomaniènne »: tu es un terrain de foot et les deux équipes sont en train de s’empoigner sauvagement. Tu as besoin d’un arbitre pour que la rencontre continue convenablement, d’un type qui t’aide à ranger. Il ne touchera pas aux objets, il se contentera de t’aider à en faire l’inventaire et à leur trouver une place, bien à toi. Ce type ne te jugera pas, il t’écoutera (peut être en roupillant un peu, certes) et en général le parler c’est déjà avoir un bout de la solution…

    Je crois que je viens d’ecrire le com’ le plus long (et le plus chiant) du blog, mes plus plates excuses, dites moi si je vous saoule.

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