Je ne sais pas écrire d’histoires d’amour

J’avais pensé commencer à écrire cet article en vous expliquant que je n’aimais pas tellement les histoires d’amour. J’insiste sur le mot “histoire”, c’est pas l’amour qui me gêne dans cette histoire. Mais dans toute romance, vous savez déjà comment ça va finir : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais quel ennui ! Mais en fait, en y pensant deux secondes, je mens : j’adore les histoires d’amour.

A christmas prince sur Netflix

Je vous parlais des podcasts Transferts la semaine dernière où, parmi les différentes histoires de vie, se nichent quelques récits de rencontre amoureuse, histoires heureuses ou malheureuses. Et ce sont mes préférés. De la même façon, je suis avide des jolies histoires des gens de mon entourage, je rêvasse un peu sur cette magie du moment où tout bascule, ce premier baiser qui fait passer la relation dans une nouvelle dimension… Mais curieusement, je déteste les romances fictionnelles. Les comédies romantiques me font soupirer, je n’ai jamais réussi à fini After (en même temps, c’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire d’une pauvre fille tombée entre le griffes d’un pervers narcissique et j’espère qu’à la fin, elle le largue et se rend compte qu’elle mérite mieux que ça), j’ai hésité à me motiver à lire des Twilight ou Fifty shades of grey (tiens, en anglais, ça aurait été une idée) qui me paraissent être des modèles du genre mais…l’ennui. J’ai lu le premier tome de Gilles Legardinier avec une histoire d’amour sans intérêt, plein de chick litt avec des filles maladroites et la conquête du prince, j’ai même un jour débuté la lecture d’un bouquin de collection Harlequin (emprunté dans la bibliothèque du bateau de croisière, là). J’ai dû lâcher au bout de trois pages. Idem sur les Marc Lévy et Guillaume Musso : l’ennui, l’ennui, l’ennui.

Lire dans le jardin

Et en conséquence, je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour qui soit au coeur du récit. Des histoires d’amour, j’en ai toujours un peu truffé mes récits, d’aussi loin que je me souvienne. Dans Technopolis, il y avait la romance entre Oceany et Ethan (et qui pourrait disparaître dans Technopolis reload sur lequel je travaille actuellement, déjà 46 pages et pas l’ombre d’un Ethan pour le moment…), certes. Dans d’autres, il y a toujours de la romance mais ce n’est pas le coeur, jamais, du récit. Dans le roman de Maja (un jour, je le relirai pour réécrire une ultime fois, promis), Maja a certes des romances mais la vraie histoire, c’est la lutte contre le nucléaire et le questionnement sur les formes de lutte… Parce qu’en fait, les histoires d’amour seules me paraissent ennuyeuses au possible.

Ted et Stella, une des pires histoires d'amour

En fait, quand je décide de tenter le coup (je le fais de temps en temps notamment via le projet Audrey que je relance une fois tous les 36 du mois, un peu), je me lasse vite. En fait, j’ai parfois des scènes romantiques (au sens romance du terme) qui me viennent en tête… notamment à la suite de quelques rêve érotiques qui m’émoustillent. Je me dis “ah mais oui, belle histoire !”, je commence à écrire… Et au bout de cinq pages, j’en ai déjà marre. Parce que je n’ai aucune chair pour enrober la colonne vertébrale de mon récit. Il faut du drama pour raconter une histoire d’amour et je vomis ce modèle. Parce que toute production de romance t’explique que l’amour se mérite, qu’il faut se battre… du coup, quand tu rencontres quelqu’un avec qui ça se passe bien, si y a pas de drama, de tension… ben c’est que ce n’est pas la “passion” donc ça n’est pas le vrai amour.

Coeur blessé par un couteau

En vérité, je crois qu’écrire des histoires d’amour ne devrait être qu’un exercice limité à des nouvelles, juste pour travailler la fameuse montée de la tension érotique, le premier baiser, pourquoi pas la première nuit pour les plumes audacieuses mais après… raconter un quotidien normal ennuie. Personne n’a envie de lire ce qu’il expérimente déjà, surtout si on ne cherche pas à se sortir de ce quotidien, justement…

Lire en couple sur le divan

Des nouvelles, oui. D’ailleurs, entre le moment où j’ai prévu d’écrire cet article et son écriture effective, j’ai lu un livre qui m’a un peu turlupinée précisément sur ce sujet. Je vous en parle dimanche.

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Le mariage pour tous ou la grande arnaque narrative du PS

Lundi, j’évoquais rapidement le mariage pour tous en disant que j’étais ravie que tout le monde puisse désormais se marier s’il en a envie. C’est ainsi que, si tout va bien, en 2018, j’irai au mariage de Isa et Joy (mes copines d’Irlande puis Canada). Une belle avancée oui, il était temps que la France franchisse le pas, une belle victoire de François Hollande et de son gouvernement avec en tête, la pasionaria Christiane Taubira.

Christiane Taubira, Minsitre de la justice des gouvernements Ayrault puis Valls

On en a entendu des horreurs pendant les débats sur cette loi… Il ne faisait pas bon être homosexuel-le dans ses moments là. Non parce que t’as beau avoir le cuir épais, entendre à longueur de journée que tu es une anomalie de la nature, un malade, un déviant ou en version soft que tu n’as aucune raison de vouloir te marier et que tu ne seras jamais capable d’élever un enfant, à un moment, ça finit par être *légèrement* agaçant. Personnellement, j’ai été assez choquée que tant de gens aillent manifester contre une loi qui ne leur nuisait en aucun cas et qui, de tout façon, ne les concernait même pas. J’ai eu mal à ma France, j’ai eu honte, j’ai eu envie de clamer à tous ses connards que ce n’était que l’ordre logique des choses et que leur avis, on s’en battait gentiment les steaks.

La vie est si simple quand on raisonne en binaire... je suppose

La vie est si simple quand on raisonne en binaire… je suppose

Et puis, il y a eu la digne Christiane, ennemie numéro 1 de la droite et extrême droite parce que le mariage pour tous,  parce qu’elle vidait les prisons, parce qu’en plus, elle était Noire. On s’est tous unis derrière Christiane, on a crié dès que quelqu’un lui manquait de respect, on s’est émerveillés de sa culture, de son intelligence, les journaux dressaient d’elle un portrait séduisant. Ouais, elle était grave hypée Christiane et son aplomb face à ses contradicteurs, surtout les plus cons (et y avait du level) rajoutait encore à l’admiration que nous avions pour elle et son noble combat pour l’égalité.

Christiane Taubira à l'assemblée nationale

Sauf que y a arnaque. Déjà, malgré toute ma réelle sympathie pour Christiane, elle ne s’était pas opposée à l’incarcération de huit syndicalistes de Goodyear ni à l’amende que dut payer un professeur à Avignon pour avoir fait une vanne sur Valls. Certes, la justice est indépendant mais les plaintes dans le cas de Goodyear avaient été retirées… On reste à se poser des questions. On veut bien donner quelques droits aux gays mais on va pas trop aller sur la gauche non plus, hein…

affiche du frond de gauche, statut de la bastille et usine

Mais le foutage de gueule n’est pas que là, reprenons une autre loi qui a suscité (et suscite encore) colère, rage, manifestations massives : la loi travail. Alors que les débats à l’assemblée s’annonçaient compliqués, Valls n’a pas tortillé : 49.3.  Trois putain de fois. Alors que pour le mariage pour tous, on a bien laissé le débat traîner en longueur, les amendements les plus farfelues être débattus au coeur de la nuit, Christiane exhibée à toutes les sauces pour bien nous montrer que notre gouvernement est bien de gauche et qu’il se bât pour les minorités opprimées. Ils ont laissé la situation se tendre pour prendre la place de héraut (et non Ayrault) de la cause, tant pis si les fachos décidaient que les “LGBT” étaient désormais la nouvelle cible, tant pis si quelques gays se faisaient péter la gueule gratos au passage. Regardez comme elle est courageuse Christiane, regardez comme on tient nos promesses malgré l’adversité.

mariage pour tous, manifestation à la Bastille, rainbow flag

Alors vous allez me dire que la différence entre le mariage pour tous et la loi travail, c’est qu’on n’avait pas le même Premier Ministre et que Valls, ce n’est pas Ayrault et donc qu’on ne peut pas comparer la situation. Certes mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que la lutte présentée comme courageuse de Christiane sur une loi qui devait arriver car ce n’est qu’une évolution logique de la société, c’était juste un argument marketing du gouvernement pour faire croire qu’il avait quelques valeurs de gauche. Ce même gouvernement qui emprisonne les syndicalistes et enlève toujours plus de droits aux salariés… On a volontiers sur-médiatisé les opposants au mariage pour tous, on leur a donné une visibilité hors norme (bien plus qu’aux manifestants à la loi travail qu’on présentait surtout comme des sauvageons violents qui ont blessé un flic, une fois, brûlé une Porsche et cassé trois vitrines), on nous a fait croire que le Moyen Âge était de retour… Et on a réussi à donner vigueur et légitimité aux fachos qui ont trouvé une victime toute désignée (Taubira) et une cause un peu fantoche derrière laquelle se réunir.

Couples gays et lesbiens sur les gâteaux de mariage

Et je sais déjà que quand la campagne va débuter (faut vraiment que je m’expatrie avant, ça me saoule déjà), ce sera brandi comme une victoire, ce mariage pour tous, un label “gauche et socialiste” alors que non. Je ne tomberai pas dans le piège. Jamais de la vie je vote PS en 2017, quel que soit le casting du second tour, c’est bon, j’ai déjà donné. Votre narration d’un gouvernement courageux face aux obscurantismes, je n’achète pas. Parce que j’ai compris que vous aviez allongé la sauce à l’infini pour constituer une belle histoire mais j’espère que les citoyens ne mordrons pas à cet hameçon. Ni à celui du sursaut républicain face à la menace bleue marine (qui sera très certainement au 2nd tour), car si elle est là aujourd’hui, c’est bien grâce à vous (droite comme gauche)

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Oman, c’est torride

Durant mon séjour à Oman, je n’ai pas passé mon temps sous l’eau ou sur un bateau à naviguer pour aller plonger, j’étais aussi sur terre. Ah Oman, ses montagnes majestueuses qui nous rappellent les forces telluriques de notre planète la Terre, ses couchers de soleil dorés, ses palmiers… et surtout sa chaleur suffocante.

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J’ai beau me balader de temps en temps dans les pays chauds, je dois avouer que je n’aime pas beaucoup la chaleur…Enfin la grosse chaleur. Reposons le contexte. Après 6h30 de vol dans un avion où il fait toujours froid et une balade dans l’aéroport hyper climatisé de Dubaï, on fout un pied dehors et là, nous voici tous soufflés par l’air ambiant. Ok, il est 20h30, il fait nuit et j’ai l’impression qu’un sèche-cheveux géant est braqué sur moi. On va pas pleurer… Effectivement, l’un des points noirs de cette semaine fut la chaleur. 45° en moyenne, je dirais. Tous les jours, nous devions nous rendre au port à pied, à peine 5-10 mn de marche le long d’une route goudronnée puis au port, nous trimballions le matos de plongée avant d’équiper nos bouteilles sur nos bateaux, protégés du soleil par une petite toile cirée. Donc en gros, en même pas 30 minutes, je transpirais tellement que j’étais aussi mouillée que si je venais de sortir de la douche, la sensation de fraîcheur et la douce odeur de lavande en moins. Et pas question de se mettre en maillot tant qu’on n’était pas sortis du port. Un bikini en pays musulman, tu t’es crue où meuf ? Un soir, on a eu droit à un vent des montagnes. Montagne : lieu caressé par le soleil toute la journée donc le soir, les pierres délivrent la chaleur emmagasinée pendant la journée. Pour paraphraser un camarade « non mais qui a ouvert la porte du four, là… ». Du coup, je me suis retirée dans ma chambre, cet endroit à clim. Ah oui, la clim, ce tric dont j’ai jamais su me servir, me garantissant frisson mais aussi nuits très torrides car on l’a baissée pour dormir et que je suis plus moite que Clara Morgane en plein tournage. Moralité : on pensait s’habituer à la chaleur, ce fut une erreur.

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Caressons également le côté « politico-religieux » dirons-nous. Les deux femmes que j’ai croisées étaient voilées option « y a que les yeux qui dépassent ». Après, on était près du port donc pas une énorme zone de vie mais voilà, on était priées, nous mesdemoiselles, de pas trop nous balader pas très vêtues en dehors du centre. J’avoue que ça me dérange toujours un peu. Venir en touriste dans un pays où les femmes ne peuvent se balader à visage découvert, ai-je vraiment envie d’encourager ça d’une quelconque façon ? Autre point : les frontières. Musandam est une petite enclave omanaise enserrée entre plusieurs émirats arabes. A l’aller, nous avons été coincés au poste de douane, nous avons dû tous sortir nos valises pour qu’elles soient dûment fouillées. A noter que dans pas mal de pays musulmans, t’es pas censé amener de l’alcool. Pour le coup, on avait prévu, on n’en avait pas pris et après une heure de fouille, c’est passé. Au retour, le douanier était bien plus sympa, il m’a juste proposé de rester avec lui pour se marier. Mmmm, comment te dire…

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Autre élément : le relief. Comme avec Anaïs, on est les filles les plus gentilles du monde, le directeur de plongée nous propose de nous embarquer en bagnole dans les montagnes pour découvrir un peu. Ouéeeeee, vazy, on y va ! Et effectivement, tu te prends un peu une claque devant la maestria des lieux. D’un côté, tu as le lit de la rivière asséchée que tu devines grâce à la couleur des pierres et tu comprends que quand il pleut, ça fait pas semblant : on passe d’un lieu totalement aride à une rivière bien large et puissante. Oui, d’accord… En montant, tu vois les strates géologiques et surtout… y a personne. Une paix royale. A part les chèvres, tu profites. Bon, le directeur de plongée n’arrêtait pas de parler mais vu qu’il nous avait amenées là… A la descente, quelques « dusts » sont passés sur la route, présences fantomatiques un peu flippantes.

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Bref, Musandam en vacances, je conseille. Heu ben si tu plonges pas, non. Par contre, si tu ne vis que pour la vie sous-marine, fonce ! Le week-end, on a eu pas mal d’étrangers dans le centre, des expats d’Abou Dhabi et Dubaï venus plonger.

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Tiens, Dubaï, à propos… j’y ai fait un tour, je vous en parlerai demain (ou un autre jour, comme d’hab).

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Que faire de ses ex ?

Parce que le gaspillage, c’est mal !

Si je devais résumer mon mois de septembre, ce serait boulot, boulot et Greek. La série pour (grands ?) ados qui se passe dans l’univers étrange et, in fine, légèrement flippant des sororites et fraternités américaines. Dans cette série, l’héroïne assez fatigante (comme la plupart des héroïnes) navigue en permanence entre 2 de ses ex en soupirant. Et c’est là que je me suis demandé : garder contact avec ses ex : pourquoi faire ?

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On arrive à des âges où on a tous quelques ex dans notre chapeau magique. Selon la définition étroite ou large de « ex », le chapeau risque même d’être un peu petit. Donc les ex. On s’est envoyés en l’air, on s’est aimés, on s’est quittés. Et maintenant, on fait quoi ?

on recycle en plan cul : non. Non, non, non. Si ça avait dû être un plan cul, ça l’aurait été dès le départ. Des fois, des sentiments restent là, prêts à vous sauter dessus, vous coller un spleen d’enfer et vous triturer la blessure au cœur jusqu’à la gangrène. Donc non.

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on file aux copines : ça dépend. Moi je voulais le faire pour un ex qui me paraît aller à la perfection à une copine (je l’ai rencontré lui, avant de la connaître elle sinon j’y aurais pas touché, pensez bien). Mais elle veut pas, elle trouve ça bizarre. Je vais écrire un article sur le sujet, tiens.

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on en fait des amis : idéalement oui mais dans les faits, ça marche une fois sur dix. Bon, déjà, si la rupture à été sale ou s’il ou elle vous a fait souffrir, on sort cette personne de sa vie, y a pas de débats. Mais parfois, la rupture est douce, on admet qu’on ne peut plus continuer et chaque assiette conserve son intégrité. A partir de là, il est normal que l’autre devienne notre ami.

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Sauf que je me demande « pourquoi faire ? ». L’amitié entre ex est-elle pure et désintéressée ? Peut-on être pote avec quelqu’un qui nous a vu nu, a mélangé ses fluides avec les nôtres ? Qui nous a vu jouir, pleurer, rire à une blague nulle, a vu notre tête au réveil, sait que l’on ronfle quand on est enrhumé, qu’on remue furieusement des pieds le matin au réveil l’hiver (oui, je fais ça). Quelqu’un avec qui nous sommes devenus des experts de la conjugaison au futur à la première personne du pluriel. Peut-être quelqu’un qui a inscrit son nom à côté du notre sur une boîte aux lettres. Peut-être même sur un faire-part de mariage. Quelqu’un avec qui on a peut-être même voulu mêler nos gènes pour créer un individu tout neuf. Évidemment, si enfants il y a, la question de garder un contact avec l’ex ne se pose plus : c’est une obligation. Peut-on traiter cet ex comme un simple ancien coloc, un ancien pote d’activités physiques… Et puis pourquoi ?

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Pour répondre à cette question, j ‘ai donc posé la question à moi-même (on n’est jamais mieux servi…) et je me suis rendue compte de l’illusion de l’amitié avec un ex. D’abord, je veux souvent rester amie pour de mauvaises raisons : de 1/ en cas d’éventuel retour de flamme (on ne recouche pas avec des ex, j’ai dit, regardez le bordel que ça fout dans Friends pendant 7 saisons !) et de 2/ pour (me) donner une relative bonne image de ma personne : hey regardez, je suis pas une tarée hystérique, je suis toujours pote avec mes ex. J’ai même envisagé un label « recommandée par ses ex ». Mais c’est limite un peu flippant. Et puis en 3/ y a la peur. Selon la durée de votre relation, votre compagnon ou compagne à pris la place de petit-e ami-e, d’amant-e et de meilleur-e ami-e. La rupture, c’est le vide. Mais si je perds l’amant-e et le/la petit-e ami-e, je peux garder mon/ma meilleur-e ami-e. Ça rend les choses plus faciles…

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Sauf que. Sauf qu’on se rend compte que malgré les années, nos amis respectifs restent nos amis respectifs. Petit à petit, on s’éloigne, on finir par se SMS-er plutôt que de s’appeler, on lâche quelques likes sur nos statuts Facebook respectifs, éventuellement un commentaire. Puis plus rien ou si peu. Parce que c’est la vie. Parce qu’on s’est aimés et que maintenant, on s’apprécie. Voire on s’indiffère. Parce qu’on n’a pas le temps et que le temps qu’on a, on a plus envie de le passer avec notre nouvelle conquête. Parce qu’au fond, maintenant que le temps a passé et qu’on n’a plus trop d’amis communs, on ne sait plus bien quoi se dire.

Parce que c’est fini. Tout simplement.

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Playmobils vs le sexisme

Profitons de cette douce période de fêtes pour parler jouets et spécifiquement Playmobils puisqu’ils ont accompagné mon enfance, donnant corps à mon imagination fertile. A la fin, peu avant de les remiser au grenier, c’était devenu du sérieux, j’avais une feuille avec l’état civil de chaque personnage, des histoires de riches et de pauvres et de politique. Légèrement flippant quand on y pense… Depuis ce temps béni de l’enfance, je furète parfois dans les rayons jouets pour mater les Playmobils, légèrement jalouse de ne pas en avoir eu d’aussi canons quand j’étais bambine.

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Pourtant, mon regard d’adulte tiquait : ils sont un peu sexistes, mes chers playmo. Les playmo à la maison : maman à la cuisine/ buanderie/ nurserie/ salle de bain, papa au salon à lire le journal. Playmos métiers : homme chirurgiens, dentistes ou pompiers,femmes institutrices, infirmières, vendeuses et pour les plus parvenues : pédiatres. Evidemment, chaque enfant était associé à une maman. Oui hum…

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Je ne saurais dire si les schémas sexistes que l’on rencontre durant notre enfance nous enferment vraiment dans certains carcans. Si je regarde, ma soeur et moi jouions au Playmobils, à la Barbie pour elle, à la marchande, la pâtisserie en pâte à modeler… Bref, nous apprenions malgré nous que la maman était censée faire les courses, la cuisine et s’occuper des mioches. Quoi que dans l’univers Barbie (celui de ma soeur), l’homme n’était en fin de compte qu’un accessoire sans grande valeur. La preuve, sur les 30 Barbie qu’elle avait, elle avait 2 Ken qui erraient, nus, car à la base, ils n’avaient qu’un short de bain. Pourtant, 20 années et quelques (bim!) plus tard, nous ne sommes ni l’unes ni l’autre enfermées dans un schéma traditionnel : ma soeur est certes mariée mais n’a eu son premier enfant qu’à 30 ans et est le revenu principal de son foyer. Quant à votre fidèle blogueuse, 32 ans, pas super motivée à l’idée de construire une famille, pas très intéressée par la cuisine. Et si j’apprécie le tricot et la couture, c’est pour me fabriquer des trucs pour être plus jolie. Non parce que j’ai commencé à tricoter des trucs pour mon neveu mais… putain, c’est trop long…

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Mais revenons en à nos Playmos. Les jouets ont-ils pour fonction de casser les schémas sexistes ou sont-ce les parents qui prêtent aux jouets le pouvoir de générer des stéréotypes qui influeront nos enfants ? Est-ce parce que l’enfant a un playmo femme dans la cuisine qu’il va penser que c’est la fonction de la maman ou est-ce parce que sa mère cuisine ? D’après mes souvenirs, les enfants ont souvent tendance à détourner leurs jouets de leur utilisation initiale. Je me souviens d’une folle après-midi à jouer avec mes cousins, où ma Barbie s’entassait difficilement dans la voiture de GI Joe pour aller affronter le méchant Venom(celui de Mask, le dessin animé). Paie ta femme parfaite…

MASK

Et puis vendredi, je suis allée à la FNAC. En me baladant à la recherche du rayon romans en VO (je dois improve my english), je croise une petite fille et son papa qui avançaient dans les rayons, la choupette tenant une boîte bleue que j’aurais reconnue entre mille. Tiens, elle fait quoi avec des playmos à la FNAC ? Et bien au détour du rayon suivant, les voici les voilà, le Graal de mon enfance. Je ne peux résister, je vais y jeter un oeil. Whaaaaa, canon la nouvelle salle de bain avec la dame en serviette. Oh la nouvelle nursery… Mais… Mais… C’est le papa qui change le bébé !

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Hé oui, chez les Playmos aussi, les choses changent, la société playmobilière évolue. Un nouvel outil pour apprendre l’égalité des sexes à nos têtes blondes ? Ceci étant, est-ce que les enfants ont vraiment envie de jouer au papa miniature qui chang une couche à un bébé plastique minuscule ? Hein ?

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Et puis puisqu’on parle Playmo engagés, un petit clip sans prétention sur le mariage pour tous que je trouve amusant.

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Les filles sont de sortie

Enterrement de vie de jeune fille, c’est parti.

Mes témoins étant super, elles m’ont fait un programme aux petits oignons. Apparté : si je devais un jour me marier, comme enterrement de vie de jeune fille, je veux un week-end trip chouchoutage avec mes amies les plus proches(et pas que des filles, on pourrait inviter Enzo peut-être) Voilà, reprenons. Donc là, dans cette petite histoire, mes témoins ont tout préparé pour que je passe une journée géniale entourée de toutes mes amies et elles n’ont tué personne malgré les récriminations des unes et des autres.

Organiser, c’est bien mais si la vie m’a appris une chose, c’est bien que rien ne se passe jamais tout à fait comme prévu et mes témoins chéries vont vite avoir des envies de meurtre. On a déjà la team « j’avais dit que je venais mais finalement, je peux pas, j’ai vernissage (des orteils) ». On a ensuite la team « je viens pour te faire plaisir mais les activités ne me plaisent pas et je ne fais aucun effort pour me montrer un minimum enjouée ». Dite aussi la team du « je choisis parfois mal mes amies. Enfin, camarades ».

Après le problème des enterrements de vie de jeune fille, c’est qu’il y a des clans du type « copines depuis que je suis sur Paris », « copines de plongée », « copines de taf (passé ou présent) »…Du coup, à chaque « tu te souviens quand… », les 3/4 des convives ne sont pas concernées par cette folle anecdote. L’ennui est donc prêt à fondre à tout moment sur une ou plusieurs des invitées. Excellent entraînement pour la mariée qui doit prendre soin de tout le monde. Comme pour le jour J.

Le jour J, justement. Selon l’avancée des préparatifs, on peut hériter d’une future mariée stressée qui parle en boucle de ce qui n’est pas prêt, qui ne profite qu’à moitié de sa journée parce que oui, c’est chouette de voir les copinettes mais ça prend toute une journée et y a plein de trucs à gérer. Et pour peu que la mariée soit une Bridezilla, la journée risque d’être looooongue…

Bref, malgré le travail acharné des témoins, la journée peut ressembler à une corvée, une bonne action pour notre amie la future mariée qu’on va arrêter de fréquenter tellement elle est chiante. Ou au contraire, une journée géniale qui permet de se faire plein de copines avant le jour J. Ce qui tombe plutôt bien, certaines seront à votre table le jour du mariage.

Mais revenons-en à moi, reine de la journée. Il faut profiter à fond car c’est un peu la dernière sauvegarde avant le boss final. Car maintenant, on va devoir plonger en plein « détails de dernière minute ».

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Tout ça ne nous dit pas quand…

On veut se marier, c’est une bien belle intention mais voilà, il faut choisir une date. Comme Météo France ne nous donne pas la couleur du ciel un ou deux ans à l’avance, va falloir miser sur la chance et un choix judicieux de date. Parce que mariage pluvieux, mariage heureux… Mon cul ouais ! Quand t’as de la boue jusqu’aux genoux et que ta robe blanche est désormais un massacre, c’est pas un dicton à la con qui va te consoler.

Pour limiter les risques, la plupart des couples ont la bonne idée de choisir juillet et août comme ça, le soleil est là. Bonne idée sur le papier mais :
– la plupart des gens prenant leurs congés en juillet et août et ça ne leur fera pas forcément plaisir de passer deux ou trois jours de moins à la Grande Motte pour venir assister à la célébration de votre bonheur.
– en été, il fait chaud, oui, mais par le jeu joyeux de l’évaporation, des nuages et du cycle de la nature, en été, il peut pleuvoir. Fort. Très fort. Avec orage et tout. Moi, j’aime bien les orages dans l’absolu mais je suis pas sûre que ce soit le cas de tous les invités. Spécifiquement celles en petites robes bretelles minuscules qui se les gèle méchamment.
– à propos de chaleur, en juillet/août, ça peut être torride… Un peu trop. Les invités, desséchés au bout de tout le cérémonial risquent de se jeter sur le vin d’honneur. Or selon la formule mathématique des soirées d’été, chaleur+alcool = ivresse. Or l’alcool ne rend pas toujours fin et spirituel… Bien au contraire.
– tout le monde de mariant en juillet/août, ça peut être vite la galère pour trouver une salle. Sans parler du fait que vos invités peuvent aussi être conviés à une autre noce. Oui, ça m’est arrivé…

Je suis plus favorable à un mariage de printemps ou d’automne. Surtout si on reprend mes délires de mariage en forêt : au printemps, on est en pleine renaissance de la vie et en automne, la nature s’embrase… Est-ce que c’est pas un peu magnifique ? Alors disons on pourrait sélectionner avril, mai, juin et septembre. On est large.

Sauf que nous revoilà avec les histoires de congés. Avril, mai, c’est Pâques, l’ascension, les 1 et 8 mai… D’un côté, ça fait un week-end de trois ou quatre jours, donc bien pratique pour faire la fête mais on n’est à jamais à l’abri de boudeurs qui auraient préféré partir en week-end à l’étranger ou Dieu seul sait où…

Oui sauf qu’à vouloir arranger tout le monde, on ne s’en sort plus. Parce que tu comprends, les ponts, les rtt, le bac ou le brevet, la rentrée des classes… Oui ben pardon mais moi, je me marie et ça n’arrive qu’une fois dans la vie (normalement). Alors pardon mais ton week-end à Amsterdam, Zagreb ou St Petersbourg, il attendra. Parce que le musée de l’Ermitage, tu peux le visiter tous les jours alors qu’assister à la célébration de mon bonheur matrimonial, non, c’est qu’une fois dans la vie (toujours normalement).

Alors juin ou septembre ? Juin, les jours sont plus longs, c’est juste avant l’été, le beau temps revient… Quoi que les dernières années nous ont démontré que le beau temps préférait poser ses valises en septembre puis les gens sont encore bronzés donc plus beaux et ravis de ce petit week-end au goût de vacances. Ouais, septembre, c’est cool. Au pire, les gens prendront leurs bottes en caoutchouc. C’est cool un mariage en bottes en caoutchouc !

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Moi, je veux me marier et pas par convention

Allez, cette semaine, je fais dans le familialo-matrimonial, youhou ! Alors quel est ce titre énigmatique ? Toi, Nina, tu veux te marier maintenant ? C’est à cause des robes de mariée de ta soeur que ta mère a laissé pendre dans ta chambre ? Que nenni. Cette phrase a été prononcée par Loxy quand nous étions à Venise. Ce à quoi j’ai répondu “c’est dramatique, tu es obligée de préciser pourquoi tu veux te marier, je trouve ça triste.”


Loxy n’est pas en cause dans cette histoire, j’ai juste été choquée de voir que désormais, faut se justifier d’avoir envie d’un mariage, d’une famille conventionnelle ou je ne sais quoi. Mais si les gens ont envie du tryptique maison-gosses-labrador, où est le problème ? Personne n’en meurt, il n’y a rien de mal à ça. Oui, ce n’est pas précisément ce que je souhaite pour ma petite personne mais qui suis-je pour juger ceux qui auraient envie d’autre chose ? Qui êtes-vous pour dire que ceux qui veulent se marier sont forcément influencés par les normes judéo-chrétiennes alors que vous, vous n’êtes influencés par rien. Ah mais laissez-moi rire. Comme j’aime à le dire, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme.


Déjà, j’en ai un peu marre de cet argument des normes judéo-chrétiennes. Arrive un moment où il faut aussi reconnaître que nous avons chacun un caractère et que certaines choses nous attirent avec ou sans ces foutues normes. Est-il à ce point incompréhensible que deux êtres qui s’aiment aient envie de s’unir de façon on ne peut plus officielle au cours d’une cérémonie, religieuse ou non, qui n’est pas bâclée dans un coin d’un tribunal et ont envie de fêter leur amour avec leur entourage ? Franchement, qui est dans le vrai ou dans le faux ? Personne car l’envie de se marier ou non n’est pas une question de valeur morale (parfois si) mais d’envie avant tout. C’est pour ça que je suis à fond pour le mariage gay : parce que chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Je ne suis pas attirée par le mariage de façon personnelle mais soyons honnêtes, ce n’est pas parce que je ne suis pas influencée par les normes judéo-chrétiennes de mes fesses. Non, c’est juste que je préfère investir l’argent du mariage dans d’autres choses et que ça me paraît une galère sans nom à organiser. Mais ce n’est que MON avis. Un peu comme les avis politiques : on croit toujours que celui qui n’est pas d’accord avec nous est influencé par les médias. Comme si on ne pouvait pas être en accord de façon intime avec des théories de droite ou de gauche. Même d’extrême-droite, la xénophobie n’est pas le fruit des médias, faut arrêter de se rassurer avec ça. Le rejet voire la haine de l’autre, ça reste un sentiment humain.


Au fond, cette bien pensance athée m’amuse car elle est finalement identique à la bien pensance à laquelle elle est censée s’opposer. Expliquez-moi en toute sincérité pourquoi la morale judéo-chrétienne n’a pas le droit de nous imposer une norme alors que la bien pensance athée (je dis athée mais c’est pas vraiment le bon mot, je n’en trouve pas d’autre) tente de nous en imposer une autre. Est-il à ce point impossible de concevoir que chacun fait ce qu’il veut ? Si je prends ma soeur, en terme de normes judéo-chrétiennes, elle a quand même vécu 6 ans avec son mec avant de l’épouser et je sais bien que parfois dans l’intimité de leur chambre, ils ont commis le péché de chair. Mais voilà, le mec de ma soeur est pompier professionnel, un métier où il risque malgré tout sa vie et si un jour ma soeur doit se retrouver veuve, mieux vaut qu’elle soit mariée avec lui que pacsé. Mais j’espère de tout mon coeur que ça n’arrivera pas, bien entendu. Puis le mariage reste toujours plus intéressant que le pacs quoi qu’il en soit. D’ailleurs, je suis un peu étonnée que les anti mariage se ruent sur le pacs. Finalement, c’est moins lourd comme chaîne mais c’est une chaîne quand même, non ? Du coup, c’est quoi qu’on dénigre dans le mariage ? La robe blanche et le prêtre ? Hmmmm… Hello, ça n’a rien d’obligatoire. Si un jour je devais dire oui (parce que je ne dis plus “jamais” par superstition), j’ai envie d’une cérémonie païenne dans une vieille forêt avec des arbres tous tordus, de la mousse et un quatuor à cordes.


Bref, la question n’est pas là. La question est qu’aujourd’hui, t’es obligée de spontanément justifier tes choix y compris à une personne qui n’a rien dit. En l’occurence moi pour revenir à l’essence de cet article. Oui, le mariage, ça ne me parle pas, ça n’empêche pas que je suis heureuse pour ceux des autres, que j’ai presque pleuré quand ma soeur a annoncé le sien, que je suis ravie d’aller à celui de ma copine Lena au printemps et à celui de Yohann mon presque frère à l’automne. Et que pour moi, le seul truc intolérable dans les mariages… Ce sont les powerpoints de plus de 2 mn.

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J’ai 25 ans

Depuis le début de ma nouvelle vie (aka mon nouveau boulot), je vis une étrange expérience que nous appellerons “non mais tu ne fais trop pas ton âge!”. Hé oui, si ma carte d’identité indique que je vais bientôt avoir 31 ans, mon corps, lui, s’en fout bien et ne suit pas. 25 ans quand je suis maquillée. Je suis descendue à 20 cet été dans le train post-vacances suite à non maquillage d’une dizaine de jours consécutifs.

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J’aime bien cette idée. Si je me penche un peu sur ma vie, mon parcours, mes envies, ouais, j’ai pas 31 ans, j’en ai 25. J’ai 4 ans d’expérience professionnelle mais j’ai l’impression que je viens à peine de finir mes études et je dois tout apprendre. En fait, plus j’avance dans ma carrière professionnelle et plus je me frotte à un univers que je n’ai pas eu l’occasion d’appréhender lors de mes études : le marketing. C’est assez amusant de discuter avec mes collègues qui ont tous fait écoles de commerce, master en marketing et communication. Et moi “oh non, moi, j’ai étudié l’Histoire, les sciences politiques et le journalisme”. Ouais, je suis ce qu’on peut appeler un ovni. Plus vieille que les autres, un parcours qui n’a rien à voir, une confession “tu sais, avant de commencer le boulot y a 4 ans, je n’avais jamais fait de powerpoint”. A l’arrivée, ça ne me rend pas moins compétente, l’école du terrain reste la meilleure. Mais force est de constater qu’avec mes collègues de 25-27 ans, je me sens dans mon élément. Alors je décide de redescendre à 25 ans.


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Après tout, c’est cohérent. On ne sait jamais laquelle de ma soeur ou de moi est la plus âgée (officiellement moi mais elle, elle se marie, va faire un gosse alors que j’arrive à peine à régler ma peur de l’engagement), mon corps rajeunit de jour en jour grâce à un traitement à base de crèmes hydratantes et de sport (après, faudra que j’arrête le tabac). Alors pourquoi ne pas tricher ? Pourquoi ne pas se dire que hop, coup de baguette magique, je gagne 6 ans. Evidemment, mes mécaniques internes ne vont pas rajeunir, elles, mais j’aime cette idée. A y penser, 6 ans de gagné, ça donne le vertige. Y a 6 ans, pile aujourd’hui, j’arrivais sur Paris. Depuis j’ai vécu des milliards de choses, rencontré des tas de gens, accumulé les boulots, eu de bons moments, de très très bons moments mais aussi des plus difficiles, très difficiles.

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A 25 ans, j’avais quand même de sacrés avantages : outre la carte sncf 12-25 (que je ne pourrai jamais récupérer, ma trombine de jeune fille ne marche pas, il faut leur filer la carte d’identité), je pouvais faire la fête toute la nuit sans mettre trois jours à m’en remettre, ne pas m’entendre dire que mon prochain mec devrait quand même être le bon parce
que bon, tu comprends, si tu veux faire un bébé, faudrait voir à trouver le père maintenant… Et ne dis pas que tu n’en veux pas, tu n’en sais rien, c’est viscéral, fillette. A 25 ans, tu commences la vie, tu vis tout les yeux grands ouverts, tu respires à plein poumons.


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Mais voilà, même si mon visage me fait gagner 6 ans sans rien faire, même si ma maturité émotionnelle est plus en phase avec mes 25 ans qu’avec mes 31, c’est pas comme ça que ça marche. J’ai quasi 31 ans, c’est un fait. Mais en fait, ça ne veut strictement rien dire. Après tout, que suis-je censée avoir à 31 ans ? Quelle est la norme ? Celle de Paris ou
celle de province ? Au fond, tout ça ne veut rien dire. J’ai déjà vécu beaucoup de choses, j’ai eu plusieurs vies, quelques part. Et j’ai encore tout à tas de choses à vivre. Peu importe si je ne suis ni mère, ni épouse, ni proprio. Moi, j’ai envie de voyager et d’apprendre des milliers de choses. J’ai envie de continuer à vivre les yeux grands ouverts et respirer à plein poumons. Glousser quand on me dit que j’ai 25 ans. Je serai sage plus tard, quand j’aurai 40 ans. Ou 46, ça dépend si je m’en réfère à ma bouille ou à mon état civil.

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30 ans, célibataire, sans enfants. Ca urge !

Article écrit alors que je suis légèrement énervée, espérons que ma prose ne s’en ressentira pas trop. Discussion anodine sur ma vie amoureuse entre un homme (que je ne connais pas au demeurant) et moi. Alors que je lui explique l’extrême complexité de ma vie privée (bon ok, en très gros, sans aucun détail), son jugement est sans appel : largue-le, tu perds ton temps avec lui. Perdre mon temps ? Mais à quel niveau ? Réponse attendue et qui a déclenché une réponse acerbe de ma part : parce que ta fertilité n’est pas éternelle. Et allez, ça faisait pas longtemps qu’on ne me l’avait pas sortie, celle là.

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Alors de 1, fréquenter un homme même si la relation est complexe et ne ressemble pas à une histoire se terminant par « et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » n’est pas une perte de temps. Enfin, si elle l’est, j’y mets fin rapidement. Quand je suis avec lui, on discute de tout et de rien, il m’apprend des choses et j’espère en faire autant, on s’apporte tendresse et affection, on jouit, on rit… Franchement, si, ça, c’est perdre son temps, j’aimerais que mes heures perdues sur yahoo! jeux m’apporte au moins la moitié de la plénitude que me donne cette relation. Bref. Après tout, quel que soit le background et les risques de pleurer parce que « les histoires d’amour finissent mal en général », je ne comprends pas le propos. Je rencontre un homme, on se plaît, on commence à sortir ensemble. Même si tous les voyants sont au vert, rien, je dis bien RIEN n’indique que c’est parti jusqu’à la fin de ma vie. Et même des années après. Les parents de Guillaume 1er ont bien divorcés il y a 2 ans, à 60 ans. Donc je pourrais en effet courir après le mec « parfait » ou à peu près (du moins parfait à mes yeux), sortir avec lui, me dire que ouahou, lui, c’est le bon parce que j’ai eu un orgasme dès la première fois alors ça veut tout dire, m’installer très vite chez lui et même me dire que c’est tellement lui l’homme de ma vie qu’on va faire un bébé, voire deux ou même trois. Super ! Sauf que ma connaissance des hommes me prouve qu’une fois pères, ils ne restent pas forcément auprès de leur donzelle. J’ai eu des amants jeunes papas (et officiellement toujours avec la mère du bébé), je connais des histoires de femmes en relation avec un homme qui a une légitime enceinte jusqu’aux yeux. C’est pareil pour les femmes, hein, la paternité/maternité n’est en aucun cas synonyme d’amour unique et éternel, ça n’a strictement rien à voir. Donc aucune histoire d’amour n’est mathématiquement pérenne, faut arrêter de se prendre la tête avec ça. Au pire, on fera des familles recomposées, ce sera rigolo. 

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De 2, le besoin soit disant biologique de s’épousailler (ou du moins de se mettre en couple) et de se reproduire. Alors ok, je n’ai « que » 30 ans, je suis plus en début de vie qu’en fin (enfin, j’espère ! J’ai envie de savoir ce que c’est, la retraite) et peut-être qu’un jour, j’aurai envie d’un gosse, d’un mini « nous ». Je ne dis pas le contraire mais aujourd’hui, si je viens de me faire poser un stérilet, c’est pas pour lancer le concept de piercing interne… Aujourd’hui, je n’ai pas de désir d’enfant, essentiellement parce que je sais que je n’ai pas la maturité pour. J’ai 30 ans sur ma carte d’identité mais je ne me sens pas en âge de penser à fonder une famille. Même mon visage refuse mon âge, on m’en donne 5 de moins (voire 10, huhu). J’ai trop envie de tas de choses avant et même mon goût de l’expérience ne me donne pas envie de ce bébé. Du coup, par quel calcul magique devrais-je considérer mon horloge biologique dans la recherche d’une vie privée… modèle ? Oui, c’est ça, modèle. Mais je m’en fous, moi, du modèle, je refuse de me mettre martel en tête pour ça. D’abord, j’ai quand même largement le temps avant la ménopause et quand bien même celle-ci serait précoce, rien ne m’interdit d’adopter si j’ai vraiment un désir d’enfant. Ca fera un malheureux en moins et le premier qui dit « han mais imagine quand tu iras chercher ton gosse à l’école, on va croire que tu es sa grand-mère, bouh! ». C’est un argument aussi intelligent que « non mais un enfant de couple homo, le pauvre, on va se moquer de lui à l’école ». Moi, à mon époque, on regardait les enfants de divorcés comme des bêtes curieuses, on ne comprenait rien aux histoires de familles recomposées et pourquoi Stéphane n’avait pas le même nom de famille que sa soeur Julie. On évolue et on s’en fout. 

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Bref, chaque chose en son temps. J’en ai marre que, sous prétexte que je sois une femme, donc à la fertilité périssable, on me saoule avec ce genre de discours. Mon partenaire actuel me comble parfaitement même si la périphérie est très compliquée et que je ne suis pas sûre de pouvoir tout gérer à l’arrivée. On verra au moment. Au pire, j’irai pleurer dans les bras de l’amour de ma vie (Vicky, je ne parle pas de mon chat…) puis je repartirai sur les chemins de la séduction quand je me sentirai prête. Advienne que pourra. Et si un jour j’ai une furieuse envie d’un enfant, je ferai avec et j’agirai en conséquence. Bon, sans faire le plan du bébé dans le dos, ça, c’est très moche. 

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Mais pour l’heure, ce n’est pas le cas et j’en ai plus qu’assez que la « société » sache mieux que moi ce dont j’ai envie ou besoin. Mon corps a juste envie d’amour et de jouissance, pas de maternité. Ce n’est pas de l’auto-conviction, c’est un fait. J’admets tout à fait la possibilité que ça évolue tout comme celle que ça ne change jamais. Je n’aurais pas cru, y a 10 ans, devenir celle que je suis aujourd’hui, je n’ai aucune idée de celle que je serai demain.Je suis à l’écoute de mon corps et de mes envies, justement et là, il me murmure qu’il a
surtout envie que j’aille manger des activia au muesli (mon corps a bon goût). 

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Alors je dis merde et je revendique. Je revendique le droit, à 30 ans, d’avoir d’autres envies qu’une maison Catherine Mamet avec un jardinet, des meubles ikéa, un labrador, un gentil mari qui roule en megan scenic et une tripotée de mioches. Même si j’ai rien contre les meubles ikéa et les labradors (mais je suis chat, moi) et que je me damnerais pour un jardinet. Je revendique le droit, en tant que femme, de ne pas être automatiquement associée à la maternité et qu’on arrête de m’expliquer que mon histoire sentimentale n’est pas raccord avec mon horloge biologique alors que celle-ci ne demande rien du tout. Je revendique le droit d’envisager une vie sans enfants sans pour autant l’avoir ratée. Je revendique le droit de raconter à mes ami(e)s mon histoire d’amour compliquée sans qu’on me réponde systématiquement « largue-le » parce que, merde, je suis heureuse et que je souhaite ça à tout le monde. je revendique le droit de vivre ma vie comme elle vient et tant pis si je suis loin de l’idéal « papa, maman, enfants » parce que peut-être que je ne suis juste pas faite pour ça. Est-ce vraiment un crime ?

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Je finirai par cette citation légèrement détournée de Simone de Beauvoir soufflée par Camille Touraine sur Twitter : « On ne naît pas mère, on le devient ». Simone de Beauvoir qui, rappelons-le, avait une relation polyamoureuse avec Sartre et n’a jamais eu d’enfants. A-t-elle raté sa vie pour autant ? Je ne crois pas, non.

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