RECONVERSION ! (ou l’’art de passer de la grande distribution à la grande masturbation)

Par Mister Big

 

Non, non, je ne vais pas vous pondre un « antisocial, tu perds ton sang-froid ! »… Je ne suis pas là pour faire de la politique de bas étages, y’a des gens bourrés de diplômes dans ce domaine et qui sont déjà pas fichus de le faire…

Je préfèrerais vous parler d’une race en perpétuelle voie d’extension exponentielle : le con. Le con, on en connait tous, on en a tous dans notre entourage… Le con, c’est l’essence même de l’humanité. Ma merveilleuse vie m’a mené à travailler dans la grande distribution (ben ouais : c’est bien mignon la vie de bohème, mais ça paye pas les factures !), et c’est dans ce microcosme social que j’ai été mis en contact direct avec cette sous-espèce humaine… Tous les jours, depuis un an, je vois du con à longueur de journée. La première moitié n’a pas compris que la réponse à « bonjour » était tout simplement un autre « bonjour » et croit que « je regarde » est un échange équivalent… Maintenant, je leur réponds « je vous ai juste dit bonjour, ce n’est pas une obligation d’achat »… enfin, ça, c’est les bons jours, ceux où je n’ai pas envie de les étriper et de me faire des lacets avec leur intestins… La seconde moitié ne répond même pas ! Et là, devant tant d’indifférence, j’engage la conversation avec ma balance, au cas où ce cher et tendre client ait cru que je m’adressais au mobilier plutôt qu’au seul et unique pequenot trainant devant mon rayon… Certes, il reste quelques individus polis sur Terre, qui me renvoie le bonjour, mais ce n’est malheureusement qu’une infime partie…

Devant tant de grâce et d’échange relationnel fructueux, le Mister Big moyen se dit : « bon, maintenant, j’ai tout payé : l’appart, les meubles, le PC, le séjour à Paris chez Gauthier pendant la première quinzaine d’aout (si ça c’est pas de l’annonce en avant première !!!), etc etc… et si je me trouvais un travail mieux que ça. Car « ça », c’est quand même 6 jours de boulot sur 7 et une semaine de congés sur un an et demi ! Donc le Mister Big a légèrement tendance à devenir asocial… Je vais m’aigrir, si ça continue comme… (Gauthier, si tu me dis que « maigrir, ça te ferait du bien », je te tue et je mets la photo de tes bourrelets sur le blog !!!).

Et là, Ô providence, un ami me parle d’une de ses connaissances qui cherche un employé pour sa boutique ! Ni une, ni deux, je saute sur mon téléphone, j’appelle ladite connaissance, et je m’assure d’avoir la place. Un entretien informel à la boutique, et hop ! Me voilà embauché pour le 1er septembre !

Aurais-je le cul bordé de nouille ? (tout le monde connait cette expression, mais de la voir écrit, ça fait bizarre, non ?) Oui, car je laisse un boulot de merde dans un magasin de merde pour un salaire de misère et des horaires de fou. Mais, fallait bien qu’il arrive, ce mais, je ne vais pas être mieux payé et moins bosser pour rien : je vais officiellement pouvoir sortir en soirée « je fais quoi dans la vie ? je vends des bites en plastiques ! » J’attends les prochaines réunions de famille avec impatience… ! Hé oui, je vais devenir vendeur dans un sex-shop ! Boulot supra-peinard, salaire beaucoup plus motivant, 3 jours de repos/semaine, que demande le peuple ? Ok, je vais en voir des vertes et des pas mûres, mais je pense que ce boulot va « m’aérer » plus qu’un peu ! Puis là, les clients me feront beaucoup moins chier !

Donc, à partir du moins de septembre, je vais pouvoir vous faire la rubrique « sortie DVD du mois » sur le blog pour vous commenter le film porno du moment… ! Bien sur, il y aura aussi une newsletter sur les accessoires diverses et variés qui fleurissent à longueur d’année…

Le sushi échoué

Ce week-end, Lucie est venue sur Paris nous faire un coucou, à Gauthier et moi, donc on en a profité pour faire des choses, forcément. Et je te le raconte, lecteur, ça t’occupera.
 

Tout commence vendredi soir, la miss arrive à 21h25 sur Paname. Au départ, avec Gauthier, on avait prévu de se faire un petit pique-nique, balade sur les bords de Seine. 20h45, il pleut des cordes donc non. A 17h, Lucie m’avait appelée et m’avait demandé si Gauthier venait la chercher et je lui réponds que oui, sans doute, on irait tous les deux. 21h, j’arrive donc chez notre ami, je m’installe. 21h15, je lui fais remarquer que Lucie arrive dans 10 minutes et que ce serait une bonne idée d’aller la chercher. « Mais non, elle vient toute seule !

– Heu… Je lui ai dit le contraire. »

Bon, finalement, Lucie arrive en râlant toute seule comme une grande (enfin, après un pilotage téléphonique, quand même). On discute en buvant du coca puis on se rapatrie dans un japonais prêt de chez Gaugau. Bon, on est un peu serrés mais ça va. Et là, on découvre les talents de Lucie en matière de maniement des baguettes. C’est-à-dire qu’elle ne sait absolument pas s’en servir et peine à manger sa salade de chou, si bien que le serveur finit par nous ramener une fourchette. Ce qui ne l’empêche pas de laisser un de ses sushis s’échouer dans la sauce.

 

Repas intéressant, j’ai aperçu la raie des fesses très poilue du gars d’à côté, ce qui m’a un peu coupé l’appétit, des Américains de type pas minces et bruyants se sont installés à la table voisine pile au moment où on partait, ça tombe bien. On retourne vite fait chez Gauthier, le temps que je tire les cartes à la demoiselle et je repars.

 

Samedi, 11h30, Lucie me réveille mais je ne dis rien, on discute 5 minutes puis je me lève, vu que j’ai une réunion deux heures plus tard (oui, j’ai des réunions tout le temps). Bref, je réunionne et à 16h, je sors et j’appelle les deux zigotos. Je compose le numéro de Gauthier et là, une voix féminine me fait un « mmmm nallooooo ? ». Je regarde mon portable : ben oui, j’ai bien appelé Gauthier. En fait, les deux s’étaient endormis comme des larves et je les réveillais en pleine sieste. Du coup, je rentre chez moi et en fait autant, les lâchant pour aller au Solidays, vu que j’avais dormi 4 heures la nuit précédente. On se retrouve vers 23h30 chez Gauthier, on boit un peu, on recueille lefroid qui sortait de son boulot. Soirée peinarde, on boit, on fume (des cigarettes, hein !), on papote. Rien de bien subversif mais qu’est-ce que c’est bon. On se quitte vers 5h, chacun rentre chez soi, Gauthier sort.

 

Dimanche, le programme : 14h, quai Branly, on va se faire le musée. 13h, prise d’un pressentiment, j’appelle Gauthier. « Grmpflp » me répondit-il. Bon, ok, je le réveille. Il me passe Lucie qui est réveillée depuis un moment, on décide qu’on se retrouve vers 14h30. Puis finalement, on se rappelle, ce sera 15h. 15h30, on est enfin devant le musée. Mais on regarde la queue et on déchante : on en a facile pour deux heures. Donc on décide de se rapatrier vers le Louvre. En chemin, on croise des bouquinistes et Lucie décide d’acquérir de vieux magazines donc, finalement, on renonce aussi au Louvre vu qu’il est 17h. A la place, on se pose à la terrasse d’un café et là, on explose : mais qu’est-ce qu’ils nous font chier les footeux ! On a croisé cinquante mille mecs en maillots de l’équipe de France ou avec des drapeaux, des gens qui klaxonnent en permanence… Plus on s’approche de l’heure fatidique, pire, c’est. Les drapeaux se dessinent sur les joues et sur les paupières des filles (c’est très laid), tout le monde chante « Zidane, il va marquer… ». Ah, pire que le foot, Cauet ! On a vraiment l’impression d’être à beauf-land, genre le mec qui gueule « et frout, le pet de la mouche ! ». Ca en est trop, on rentre chacun chez soi en espérant très fort que la France va perdre car on craint les débordements de la victoire. Et ils nous ont tellement gavés avec leur « Zidane il va marquer… », on n’en peut plus, une vraie overdose. On est atterrés par le niveau intellectuel de tous ces gens qui chantent cet hymne de merde. Franchement, je peux comprendre que quand on aime un sport, on apprécie de voir son équipe arriver aussi loin dans la compétition, il n’y a aucun souci. Mais cette espèce de frénésie idiote, je comprends pas. Moi aussi, j’ai pu faire ma supportrice beauf, je m’étais maquillée aux couleurs du Stade Toulousain pour la finale de rugby mais je l’ai fait dans l’enceinte du stade et en partant, on s’est tous joyeusement démaquillés (une grande expérience, ça aussi). Parce que le maquillage et les drapeaux dans un Stade, c’est normal. En dehors, c’est curieux. Et quand on se met à chanter Cauet, c’est proprement ridicule.

 

Donc, on avait très peur de la victoire. Déjà, vu les débordements de la demi-finale… On s’est dit qu’on dormirait pas.

 

Sinon, Paris est magique, on a donc croisé une sublime mariée (en fait, un mannequin avec un mec très moche). D’ailleurs, mes 27 ans seront sur le thème du mariage, histoire qu’on se marre un peu.

 

Bref, un week-end tellement agréable mais tellement court ! Je redescends 15 jours sur Toulouse puis Lucie remonte début août, juste avant de partir en Guadeloupe. Et là, cette perspective m’angoisse complètement. J’ai pas envie qu’elle parte même si c’est sa vie. Enfin, je lance l’opération « économisons pour aller en Guadeloupe » car entre le billet d’avion et les somnifères pour pas faire une crise de panique dans l’avion, ça va coûter cher !

Episode 20

Maria jeta un coup d’œil furtif autour d’elle. Quand elle se fut assurée qu’il n’y avait personne, elle sauta dans la pièce. Elle se trouvait dans
les entrepôts à l’intérieur de l’ange Est, qui servaient à stocker les vestiges des civilisations passées en attendant l’ouverture du Musée municipal qui ne verrait probablement jamais le jour.
Les gens voulaient oublier le passé et étaient résolument tournés vers le futur. D’après ce qu’Oceany lui avait dit, il suffirait de faire exploser ces quatre statues pour faire disparaître la
ville, rien ne serait plus facile. Elle avait toujours été douée pour les explosifs et elle avait fabriqué quatre bombes de forte puissance télécommandées à distance, plus une moins importante
mais qui ferait quand même pas mal de dégâts qu’elle poserait sous la salle de réception. Puis elle la programmerait pour qu’elle explose en premier, pour être certaine que ses sales élitaires
crèveraient avant les autres.

Elle se dirigea vers un mur, accrocha sa bombe grâce à un système de ventouse et entra un code pour l’activer : à présent, personne ne pourrait
l’enlever sans tout faire exploser. Elle n’avait plus qu’à appuyer sur un bouton pour tout faire sauter. Elle les avait tous devancés ! Un agréable sentiment de victoire et de vengeance
l’envahit : elle avait eu le dessus sur Oceany, ce qui prouvait que le prestige ne pesait pas lourd dans la balance, seule la combativité et le courage comptait. Pourtant, elle avait un peu
peur pour Juan, mais elle ne pouvait pas le prévenir. Si elle lui avouait ses projets, il allait mettre en garde Oceany et elle refusait de faire quoi que ce soit pour la sauver. Elle devait
mourir avec les autres élitaires. De toute façon, elle n’avait jamais été de leur côté, elle les avait rejoint juste pour assouvir son besoin de dominer et contrôler les plus
faibles.

Elle ressortit de la pièce et enfourcha la moto qu’elle avait volée quelques jours plus tôt à la police, puis fonça en direction des sommets.
Avant de quitter le groupe de rebelles, elle avait pris soin de prendre un passe pour les sommets qu’Oceany avait volé, elle avait su que ça lui serait utile et elle ne s’était pas trompée.
Heureusement, elle avait bien écouté Juan quand il lui avait raconté son expédition à cette fameuse salle et elle se souvenait parfaitement du chemin, ce qui lui fit gagner un temps précieux.
Elle mit son engin en mode lévitation et grimpa sur le balcon, comme l’avaient fait Oceany et Juan tantôt, puis elle trafiqua la serrure pour entrer. Elle était aussi forte que sa pire ennemie en
informatique et technologie, si bien qu’elle avait pu, elle aussi, fabriquer son propre passe, ce qui lui fut très utile. Elle entra dans la pièce et resta un instant à étudier le lieu :
c’était très beau, ces grandes baies vitrées et ses peintures au plafond, une excellente copie des œuvres de Michel Ange à la chapelle sixtine. Elle avait toujours aimé l’art et ne put s’empêcher
d’admirer la fresque pendant quelques instants. L’imitation était si parfaite, quel travail admirable !

Elle fut interrompue par un bruit qui la fit sursauter : il devait y avoir quelqu’un près d’ici, elle ne devait pas s’attarder. Elle s’avança
vers la porte d’entrée quand celle-ci s’ouvrit brutalement et une vingtaine d’agents-robots fondirent sur elle. Elle resta un court instant immobile, paralysée par la surprise et la peur, puis
elle prit ses jambes à son cou. Mais ils la rattrapèrent facilement et, malgré sa lutte acharnée pour échapper aux griffes des policiers, elle ne put s’échapper. Ils la poussèrent vers l’entrée
où se tenait un homme brun, très séduisant, vêtu d’un grand manteau en cuir et d’un jean noir. Il se pencha vers elle et prit le menton de sa prisonnière entre ses mains et attira ce joli visage
vers le sien.

« En voilà un joli oiseau, il égaiera un peu ma cage. Amenez-la à la Mairie et enfermez-la, M Oxford l’interrogera demain.

– Lâchez-moi, sale enfoiré.

– Voyons, que ces mots sont laids quand ils sortent de votre jolie bouche. Gardez plutôt votre salive pour demain, vous en aurez besoin. Allez-y,
amenez-la, elle me fatigue.

– Salaud ! Tu vas payer, je te le jure, je vais éclater ta sale gueule de frimeur !

– Tsss ! Plus elles sont jolies, plus elles sont vulgaires. »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 14
 

            Oceany posa sa tête sur le torse de son compagnon et regarda par la fenêtre. Le
ciel s’éclaircissait et le soleil n’allait pas tarder à se lever. La nuit lui avait paru si courte, elle était étonnée de voir qu’il était déjà si tard.

Ethan bougea légèrement et le changement de sa respiration lui indiqua qu’il venait de se réveiller, mais elle ne bougea pas. Elle était si bien près
de lui, elle aurait aimé y rester pour toujours. Il passa son bras autour de ses épaules et lui caressa doucement la peau nue de son avant-bras.

« Bonjour, fit-il. Bien dormi ?

– Peu mais bien. C’est étrange.

– Quoi ?

– De me réveiller à tes côtés, je n’aurais jamais cru ça possible. Il y a quelques temps, je te considérais comme un ennemi et
maintenant…

– Oui, c’est vrai, la vie nous réserve de drôles de surprises. Neve serait folle de jalousie si elle savait que j’avais partagé mon lit avec un des
meilleurs partis de la ville.

– Ah, Neve…toi, tu es fiancé avec elle, moi je vais l’être avec Mark et on ne peut rien faire pour changer ça, alors que ça nous emmerde tous les
deux. Tu imagines, si on était nés 20 ans plus tôt, on aurait pu s’aimer tranquillement, avoir une jolie maison près de l’océan et se prélasser sur la plage… Alors que là, on ne peut plus voir
l’océan qu’à l’horizon et les rayons du soleil sont déviés par cette sale vitre géante pour éviter l’effet de serre. Tu t’es déjà baigné dans l’océan ?

– Oui, quand j’étais gosse.

– Moi, j’ai jamais pu : pendant la guerre, on se terrait dans des camps éloignés de la mer en cas de débarquement aquatique et après, l’eau
était polluée par le virus, c’était trop risqué. Maintenant, je sui sûre que les germes sont morts et qu’on pourrait se baigner sans risque, mais on ne peut pas sortir de cette foutue ville.
Oxford veut pouvoir nous contrôler en permanence. Que nous reste-t-il ?

– L’amour.

– Même pas. Si je ne t’avais pas rencontré, je n’aurais jamais su ce qu’était l’amour ; tout le monde reste chez soi, les ordinateurs nous
apportent tout ce dont nous avons besoin, plus personne ne sort et si on ne sort pas, on ne peut pas rencontrer l’amour. Nous ne sommes plus que de pauvres âmes solitaires, c’est horrible. Je ne
veux pas qu’Oliver grandisse dans cet univers, sans amis, isolé dans son coin et je ne veux pas…que ma mère finisse sa vie ici, je veux partir avec elle voir l’océan.

– Réussirons-nous ?

– Il le faut, je dois le faire pour ma mère et mon frère, tout ce que je fais, je le fais pour eux.

– Moi, maintenant, je me battrai pour toi. Je veux que tu vois l’océan et nous irons nous baigner tous les deux, je te le jure. »

Elle ne répondit pas, touchée par cette déclaration. Ce matin resterait sans doute l’un des plus beaux de sa vie, tout annonçait que le bonheur était
à portée de main. Comme pour être le témoin de la promesse qu’Ethan venait de lui faire, le soleil apparut au-delà des immeubles et ils le regardèrent s’élever en silence, jusqu’à ce qu’un des
rayons vint frapper la bulle de verre et les éblouit.

 « On ne peut même plus regarder un lever de soleil sans risquer de devenir aveugle, c’est atroce, gémit-elle.

Courage, on trouvera un moyen de sortir de là, promis. Comme ça, on pourra aller prendre un bain de minuit dans le pacifique, tous les
deux !

– C’est malin !  »

Elle attrapa un oreiller et lui jeta à la figure, ce qui le fit rire. Il n’hésita à riposter, donnant le coup d’envoi d’une joyeuse bataille
d’oreiller qui stoppa quand ils n’eurent plus de munitions. Alors le jeune homme plaqua son adversaire sur le matelas et lui administra son arme secrète pour la faire capituler : un baiser
fougueux qui fit totalement fondre sa partenaire.

—–

            Kelly entra dans le bureau de son mari et l’observa un instant : il était
plongé dans la contemplation de sa ville et semblait béat. Quel crétin ! Il s’imaginait qu’ils étaient tous à ses pieds, mais il n’était qu’un pantin et elle avait hâte de se débarrasser de
lui. Mais le grand patron n’était pas d’accord avec elle : Oxford avait encore toute son influence et sa popularité, personne ne voulait le voir quitter son poste hormis un minuscule groupe
de rebelles. Et tant qu’il en serait ainsi, il resterait à sa place.

Il se retourna et appuya sur un bouton pour stopper la rotation de son bureau. Il adressa à sa femme d’un œil lubrique qui l’écœurait plus que tout.
Il la dégoûtait de plus en plus et c’était une véritable corvée de partager le même lit que lui, mais elle n’avait pas le choix. Quitter Bill revenait à signer son arrêt de mort.

« Kelly ? Je suis étonné de te voir ici. Tu veux quelque chose ?

– Oui : je veux assister à l’interrogatoire de la rebelle. Après tout, c’est grâce à mon plan qu’on l’a arrêtée, je veux savoir ce qu’elle va
dire.

– Oh…pourquoi pas, après tout ? De toute façon, quoi qu’elle dise, elle sera exécutée, je ne vois pas en quoi ta présence serait
gênante.

– C’est ce que je m’étais dit et… »

Elle n’eut pas le temps de finir qu’une douce sonnerie retentit, indiquant que quelqu’un voulait monter. Bill appuya sur un bouton et le visage de
ses visiteurs, en l’occurrence Bryan accompagné de la rebelle et d’une demi-douzaine d’agent-robots, apparut sur l’écran de son ordinateur ; il tapa sur autre bouton pour ouvrir la porte,
les autorisant ainsi à entrer, ce qui fit doucement ricaner Kelly. Son cher époux adorait ce genre de gadget totalement inutile, puisqu’on entrait dans son bureau comme dans un
moulin.

La petite troupe fit irruption dans le bureau et Bryan força la prisonnière à s’asseoir dans un fauteuil, où deux robots la menottèrent pour éviter
qu’elle s’échappe. Elle leva les yeux vers le couple le plus important de la ville et les défia du regard, croyant encore qu’elle allait s’en sortir, ce qui plut à Kelly. Elle n’aimait pas les
faibles et préférait triompher sur ceux qui avaient de l’énergie à revendre. Or cette femme semblait avoir un tempérament ardent. Bill, de son côté, remarqua la beauté de ses traits et il se
demanda un instant comment une femme aussi esthétique pouvait être une rebelle, une incarnation du mal alors qu’elle aurait pu faire un superbe modèle pour une statue de la madone. D’ailleurs,
quand elle serait morte, il ferait sculpter une statue à son image représentant la vierge, il mettrait cette œuvre dans son bureau comme symbole de son pouvoir illimité.

« Alors, mademoiselle, on vous a surprise dans la salle de réception de la ville en possession d’une bombe. C’est ce qu’on appelle du flagrant
délit, commença Bill.

– Appelez ça comme vous voudrez, vos beaux discours ne m’impressionnent pas.

– Je vois. Alors, mademoiselle…quel est votre nom ?

– Qu’est ce que ça peut vous foutre ?

– Elle s’appelle Maria Ramirez, elle vit dans les plus bas étages. C’est une exclue, indiqua Bryan.

– Vous avez trouvé ça tout seul où on vous a aidé ?

– Quel tempérament ! Je suis impressionnée, annonça Kelly. Vous deviez être un précieux atout pour votre groupe de rebelle, dommage que vous
ayez été capturée.

– J’agis seule.

– J’ai du mal à vous croire, excusez-moi. Si nous faisions un marché, Mlle Ramirez ?

– Je ne traite pas avec des ordures de votre genre, surtout quand il s’agit d’une pauvre potiche.

– Donnez-nous le nom de votre chef et nous vous relâchons.

– Kelly…

– Laisse-moi faire, Bill, je sais très bien ce que je fais. Alors ?

– Je vous ai déjà dit que je travaillais seule.

– Vraiment ? On a trouvé sur vous le passe d’une certaine Mme Margaret Thornton. Or ce passe a été volé lors d’une réception dans cette même
salle où on vous a arrêtée, hier soir. Comment vous l’êtes vous procuré ?

– Vous l’avez dit vous-même : je le lui ai volé.

– Vous n’avez pas pu avoir accès à cette salle, l’entrée était scrupuleusement surveillée et si vous avez ce passe maintenant, c’est que vous
n’en aviez pas avant. Sinon vous n’auriez pas pris le risque insensé de vous balader parmi les membres de l’élite pour voler ce malheureux passe. Vous ne pouvez pas être seule.

– Je n’étais pas seule, à l’époque, c’est vrai, mais c’est le cas maintenant, foutez-moi la paix.

– Alors, dites-nous qui était l’élitaire qui vous a fourni ce passe et on vous relâche.

– Allez vous faire foutre, sale blondasse. »

Kelly toisa son adversaire du regard et lui colla une gifle. Elle ne supportait que cette exclue, cette moins que rien lui tienne tête, mais elle
allait le payer très cher. Elle allait mourir pour cet affront.

« Tous vos efforts auraient été vains, de toute façon, Mlle Ramirez. La fête aura lieu au Théâtre municipal et non pas à la salle de réception.
Nous avons fait exprès de donner de mauvaises informations pour piéger les rebelles en mal d’attentat et pour éviter tout risque d’explosion. Et grâce à vous, nous pourrons ajouter une nouvelle
attraction à cette soirée qui s’annonce déjà follement amusante.

– Grâce à moi ? Qu’est-ce que vous voulez me faire ?

– Vous exécuter publiquement. Alors, vous ne voulez toujours pas parler ?

– Non et quand mon petit feu d’artifice explosera, je serai heureuse de vous retrouver en Enfer.

– De quoi parlez-vous ? s’inquiéta soudain Bill.

– J’ai installé quatre bombes trois fois plus puissantes que celle que je voulais faire exploser à votre réception à la base des quatre piliers. Une
fois que les piliers auront sauté, Technopolis sera réduite en poussière.

– Comment savez-vous ça ?

– J’ai mes sources. Le premier qui les touche les fera exploser, c’est ennuyeux, non ? La seule façon de les désamorcer est d’entrer le code
d’accès et je suis la seule à le connaître.

– Et alors ? Si vous ne les déclenchez pas, elles n’exploseront pas, rétorqua Kelly.

– N’en soyez pas si certaine, starlette de pacotille. Je les ai programmées pour qu’elles explosent une semaine après la réception, au cas où il
m’arriverait quelque chose. Et si vous avez le malheur d’entrer le mauvais code d’accès, ça vous explosera à la figure. Nous sommes tous morts. »

Elle défia une nouvelle fois Kelly du regard, puisque ça ne se passait plus qu’entre elles, à présent et un immense sourire se dessina sur son
visage. Elle allait peut-être mourir, mais ils la suivraient tous en enfer, en particulier cette blonde qui tirait toutes les ficelles. C’était elle, le véritable ennemi et non pas Oxford qui
semblait totalement soumis à sa belle. Elle aurait peut-être pu sauver sa vie en dénonçant Oceany et même Wadeker, mais elle n’était pas une traîtresse. Elle avait trop de fierté pour s’incliner
devant ces pontes et, surtout, Oceany n’était pour rien dans cette histoire et les survivants expliqueraient que c’était elle, Maria Ramirez qui les avait sauvés de cette ville maudite. Elle
passerait pour une héroïne martyr, il lui avait bien pire comme mort.

La dénommée Kelly jeta un regard à l’homme de main d’Oxford et quitta le bureau. Le jeune homme ordonna aux robots de la ramener dans sa cellule et
s’éclipsa à son tour. Ca ne l’étonnerait pas si ces deux-là trafiquaient quelque chose ensemble.

Tous les soirs, je me fais une petite……

Mercredi soir, j’ai fait une soirée blog avec plein de gens connus : Gauthier (of course), 7h48, Cham, Wil, le Maniac et Eguemarine. En fin de repas, miss Rouquine est arrivée, accompagnée de Sylvain. On discute un peu de tout et à un moment, elle me dit : « en ce moment, sur ton blog, tu parles pas de toi. » Je lui fais remarquer que j’ai pas grand-chose à raconter de passionnant mais elle insiste. Donc si vous trouvez cet article chiant, vous savez à qui vous en prendre (quelle vilaine lâche, je suis !).

Bon, que fait une Nina en ce moment ? Le matin, la Nina est tirée de son sommeil par un réveil crachant les programmes du Mouv. Parfois, la Nina ne l’entend pas de suite, ce foutu réveil, et émerge plus tard. Il y a des jours aussi où ses gentils patrons l’appellent plus tôt, genre à 8h-8h30 (mon réveil est à 9h) donc la Nina est réveillée par le téléphone, ce qu’elle n’aime pas. C’est agressif un téléphone, ça fait des sonneries super moches et ça fait sursauter notre pauvre Nina qui a l’impression qu’elle va clamser d’une crise cardiaque.

Une fois debout, la Nina va dans la salle de bain pour diverses émulsions. Ensuite, elle enfile une culotte et son paréo, elle va ouvrir les volets, nourrit Kenya et prépare son petit déjeuner : cappucino et biscuit. Si vous voulez tout savoir, en ce moment, c’est bichoco au chocolat, justement. Tandis que le cappucino chauffe dans le micro-ondes (oui, lait et plaques électriques, c’est pas top comme mariage), elle se connecte au blog pour mettre l’article du jour, répond aux comms, lit ses mails et ses blogs préférés (liste sur le côté). Donc une heure plus tard à peu près, elle daigne enfin se mettre à bosser.

Alors, que fait-elle ? Le lundi et le jeudi, c’est revue de presse donc consulter la presse en ligne et récupérer tous les articles sur les 18-35. Des fois, ça fait beaucoup et d’autres, pas du tout. Une fois les articles collectés, elle les imprime, les lit avec son stabilo magique pour souligner ce qui est important puis elle rédige sa revue de presse. Elle la met ensuite sur l’éditeur du site et prévient ses boss que c’est prêt à la lecture. Les autres jours, la Nina rédige des articles sur des sujets parfois intéressants et d’autres qui lui prennent franchement la tête. Par exemple, la Nina a eu beaucoup de mal à rédiger son papier sur l’influence du territoire sur le parcours scolaire. Peut-être parce que Nina déteste le déterminisme. La Nina prépare parfois aussi des interviews, bosse sur un dossier de presse, essaie de répondre aux 38 mails qu’elle reçoit et essaie de comprendre ce qu’on lui dit vu qu’une fois sur deux, une des personnes a oublié de cliquer sur « reply to all » et qu’il manque des bouts de conversation.

Mais bon, la Nina est journaliste donc un peu feignante. En journée, outre son boulot, elle :

– fume
– mange chez elle ou sort rejoindre Gauthier
– fait une sieste

– va faire ses besoins et en profite pour faire une petite grille de sudoku

– se bat avec Kenya qui a décidé que, si, elle dormirait sur le clavier

– boit, beaucoup, du taillefine fizz ou de la menthe à l’eau (que je suis subversive quand même)

– parle aux gens sur MSN

– répond aux comms sur son blog et va en poster sur ceux des autres

– écrit pour son blog
– répond au téléphone quand Gauthier ou Mister Big appellent
– fait la vaisselle
– va faire des courses
– mate Lost (enfin, quand ça passait)
– prend une douche
– va fumer dans la cour de son immeuble pour aérer Kenya
 

Le soir, la Nina glande. Ou sort, ça dépend. Elle peut regarder la télé ou s’endormir devant ou parler sur MSN avec des gens qui sont parfois de charmants mâles. Quand il est l’heure d’aller au lit, elle éteint l’ordi et la télé si elle la regardait puis va prendre une douche délicieusement tiède, se lave avec du savon qui sent bon et, un soir sur deux, se lave les cheveux avec nutri gloss, le shampoing qui rend ses cheveux trop beaux et trop doux. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, la Nina tripe sur ses cheveux, faut pas lui en vouloir. Puis après s’être lavée la frimousse et les dents et appliqué sur son corps un lait hydratant autobronzant qui est censé ne pas laisser de traces (et c’est quoi la sale trace marron que j’ai sur le bras, hein ?), la Nina va se faire une petite… grille de sudoku pour se détendre avant de dormir. Tout ceux qui ont pensé à autre chose sont des pervers (ce qui ne veut pas dire que je ne me fais jamais de plaisirs solitaires mais bon, on a dit que c’était un article chiant donc on reste dans la lignée).

Une vie monotone, certes. Mais la Nina ne se plaint pas. La Nina est contente de se lever le matin avec une raison de le faire. La Nina a des projets sur le feu et pas des moindres mais ne peut en parler. N’empêche que ça la rend heureuse. La Nina aime bien son stage parce qu’elle travaille sur un sujet super intéressant. La Nina a des amis, aussi, c’est ça qui compte. Elle les voit des fois, leur parle souvent, rit avec eux… Je vous cite quand même une sublime phrase de mon Gaugau adoré alors que je lui expliquais que j’avais des ampoules plein les pieds : « oh, moumour, tu es la Tour Eiffel des pieds ! ». Yes, j’ai réussi à la placer ! Oui, des fois, le train train, c’est pas si mal.

L’’amour, c’’est comme le travail

Comme je suis une intellectuelle qui cogite tout le temps, je ponds régulièrement de nouvelles théories qui ne servent à rien, si ce n’est à me rassurer. Samedi, en plein délirium tremens avec le Gauthier, j’ai donc eu une révélation. Pas un triptyque, non, non, une théorie que j’ai sortie à Gauthier d’une voix pâteuse avec un vocabulaire approximatif. Maintenant que j’ai décuvé, je développe.

Bon, pour commencer, petit retour sur ma vie professionnelle. En octobre, me voilà diplômée de mon master 2 de journalisme avec une mention « assez bien », ce qui me fait chier, j’aurais mérité la mention supérieure mais peu importe. Comme m’ont dit de nombreuses personnes qui bossent dans les RH, les mentions, on s’en tape. Ca ne sert qu’aux universitaires et moi, je suis sortie de ce système donc… Donc je ravale ma fierté et je laisse tomber ma déception. Là, je découvre les affres du chômage et de l’inactivité. Je réponds à plein d’annonces, jamais de réponses ou alors, elles sont négatives. Je passe des entretiens mais ça n’aboutit pas. On me fait des promesses mais ça n’aboutit toujours pas. Fin décembre, je suis au bord de la dépression, je pleure devant Requiem for a dream. Bon, il est bouleversant, ce film, ça aurait été flippant que je pleure devant The Mask ou une autre connerie mais quand même, je suis pas trop du genre à pleurer devant un film. En mars, je suis dans la phase du découragement. Gros coup de blues après avoir trouvé une annonce marquée « spéciale Nina Bartoldi », j’en ai déjà parlé dans l’article sur l’ANPE. Et là, aucune réponse. J’appelle et on me révèle que le poste est déjà pourvu. Là, je me mets à pleurer. Car pour moi, c’est très clair : je suis même pas foutu de décrocher un poste qui correspond EXACTEMENT à mon profil où les débutants étaient acceptés. Donc je m’en sortirai jamais. Et là, le miracle, alléluia ! On me contacte, mon profil intéresse. Je rencontre donc Frédérique et le beau Pierre-Cécil (alias le DRH choupinou) et me voilà en CDD de 3 semaines en temps qu’assistante de communication. Au bout d’une semaine et demi, je repars dans mon flip : « merde, je vais me retrouver au chômage, ça va recommencer ». La veille de mon départ de ce poste, je reçois pas moins de trois propositions de stage sans même avoir cherché. Je réponds à la première annonce qui me paraît emballante. Je réponds le jeudi, je suis en entretien dès le lundi, je débute le jeudi suivant : je les ai charmés en entretien. Normal, je suis la meilleure. Donc me voilà partie en stage jusqu’en septembre, quatre mois de répit. Et comme on dit « jamais deux sans trois », paf, une nouvelle proposition en or qui devrait m’assurer la tranquillité jusqu’en janvier 2007. Et vu le truc, je me fais plus de soucis pour la suite.

Il faut dire que niveau boulot, il n’y avait apparemment que moi qui m’en faisais, tout le monde (mes parents, ma sœur, Gauthier, Alex, Lucie, Anne…) me disait : « mais enfin, tu es super talentueuse, t’inquiète pas ! ». Ben, si, quand même. Finalement, ce sont eux qui avaient raison. Au temps pour moi !

Donc, de cette expérience, je tire une théorie à appliquer à ma vie amoureuse. J’ai galéré pendant six mois pour trouver du boulot mais cette expérience n’a pas été inutile, loin de là. Et j’ai également appris que tout vient à point à qui sait attendre. Je ne dois plus douter de mes capacités, je les ai prouvées moult fois sur le terrain. Pierre-Cecil fut très content de mon travail et les gars de l’asso m’ont couverts d’éloges ce week-end. Comme quoi, ce que je faisais était vraiment bien, que c’était d’un très haut niveau rédactionnel… En fait, je dois passer pour la nana hyper susceptible et sensible, vu qu’ils m’ont dit ça parce qu’ils me faisaient deux, trois remarques sur un article que j’avais fait. Or, c’est normal ! Ce sont quand même les chefs de l’asso, je publie rien sans leurs accords car je ne suis pas en charge de la ligne éditoriale, même si je suis une sacrée force de proposition.

Mais revenons à l’amooooooour. Tout ce que j’ai vécu depuis deux ans, ce n’est pas pour rien. C’est parce que le bonheur se profile peu à peu à l’horizon et que, quand il arrivera, je pourrai pleinement en profiter. Sans pour autant faire preuve de naïveté. Bon, dis comme ça, ça fait très « destin » et compagnie, c’est vrai. Mais bon, du coup, ça me permet d’être détendue à ce sujet, de pas me dire que le temps passe et compagnie. Ca viendra quand ça viendra. De toute façon, j’ai conscience que ça peut pas arriver maintenant parce que mon petit cœur est en réparation (ça prend du temps, pfffff !) et puis, je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper. Puis l’été est plus propice aux aventures qu’à l’amour, à mon sens. Bon, l’histoire me donnera peut-être tort mais là, je me sens pas l’âme amoureuse.

Bon, comme je disais plus haut, cette vision de la vie est un peu trop déterministe, un peu trop « c’est arrivé parce que ça devait arriver ». Effectivement, les choses n’arrivent pas nécessairement par fatalité. J’ai bien conscience que les choses ne tombent pas tout cuit dans le bec et qu’il suffit pas d’attendre pour que ça arrive. Ceci étant, si le boulot n’arrive pas tout seul (enfin, pour le coup, c’est quand même pas mal ce qui m’est arrivé même si j’ai quand même mis mon CV au bon endroit), en amour, même s’il faut se montrer opportuniste, rien ne sert de se montrer forcenée. Evidemment, si j’écume les lieux de rencontre, je vais remplir mon agenda mais bon, faut voir la qualité des relations que ça donne. Je suis du genre à croire qu’en la matière, le hasard fait bien les choses. J’ai prouvé mes qualités amoureuses par le passé, personne ne m’a quittée en disant que j’étais la pire créature qu’il ait rencontrée, bien au contraire. Donc voilà, je suis comme une jolie fleur qui sent bon (oui, je passe ma vie sous la douche en ce moment, ça aide) et quand j’aurai trouvé un bon jardinier, je me laisserai cultiver. Ca vous manquait mes métaphores pourries, hein ?

Donc voilà la nouvelle théorie tirée de mon délirium de samedi. Elle est peut-être fausse mais au fond, on s’en fout. Du moment que ça me permet de pas déprimer sur le sujet, n’est-ce pas là l’essentiel ?

Episode 19

« Quel crétin, ce Bill ! »
Bryan se retourna et vit sa maîtresse dans une robe moulante époustouflante, mettant en valeur sa silhouette irréprochable. Elle s’avança vers lui mais ne prit pas la peine de l’embrasser.
« Qu’est ce qu’il se passe ?
– Tu n’as pas entendu la nouvelle ?
– A propos des fiançailles ? Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas être au courant. En quoi ça fait de lui un crétin ?
– Cette idée est de moi et je n’ai eu qu’à lui faire les yeux doux pour qu’il accepte.
– Je ne vois pas pourquoi tu as voulu organiser cette fête, ce n’est pas vraiment ton genre, les mondanités.
– C’est très simple : les rebelles vont profiter de cette soirée pour faire un coup d’éclat, certainement, et c’est l’occasion rêvée de démasquer leur chef.
– Oceany ?
– Exactement : le soir de ses fiançailles, la pauvre chérie sera découverte et nous l’exécuterons.
– C’est pas un peu sévère ?
– Elle m’a défiée, elle est donc devenue mon ennemie et je ne fais aucun cadeau à mes ennemis. Souviens-toi de ça, Bryan, on ne sait jamais.
– Tu me considères comme un ennemi ?
– Non, pas pour le moment, mais l’ambition a vite fait d’éliminer les bons sentiments. »
Elle se pencha vers lui et l’embrassa fougueusement, puis elle éloigna son visage de quelques millimètres et murmura :
« Trahis-moi et je n’hésiterai pas à faire sauter ta jolie petite gueule ,OK ? »

Chapitre 13

Kirstie observait Oceany qui était en train de trafiquer une arme quand Ethan posa une main sur son épaule, ce qui la fit sursauter.
« Vous êtes au courant, n’est ce pas ?
– Au courant de quoi ?
– Des fiançailles de Mark et d’Oceany qui auront lieu dans deux jours.
– Oui.
– Vous lui avez parlé de ce que vous a fait subir Mark ?
– Non, et vous ?
– Non. Vous devriez le faire.
– Je ne vois pas pourquoi.
– Parce qu’il pourrait la violer, elle aussi et qu’on ne peut pas le laisser faire.
– Si vous l’aimez tant que ça, vous n’avez qu’à lui dire, moi, je n’en ferai rien.
– Pourquoi ?
– Parce que c’est humiliant, d’une part, et aussi parce qu’elle le mérite, au fond.
– Pardon ?
– Son père a tué toute ma famille, ma seule vengeance sera de savoir que sa fille se fait violer par son mari.
– Mais Kirstie…
– J’en ai assez, tout le monde, ici, me dit toujours ce que je dois dire et ce que je dois faire. Mais foutez-moi la paix ! Vous dites que vous vous battez au nom de la liberté, alors commencez par
me laisser agir comme il me plaît. »
Elle partit à l’autre bout de l’entrepôt et n’accorda plus la moindre attention au jeune homme ; Il allait devoir tout avouer à Oceany et il avait peur de sa réaction. Elle semblait assez sauvage
avec lui, il ne savait pas exactement pourquoi. Ca devait avoir un rapport avec le baiser qu’il lui avait donné l’autre soir. Il devait admettre qu’il n’avait pas été particulièrement galant, mais
il en avait eu subitement envie et il ne s’était pas gêné. Comment allait-elle réagir ? Avec de la chance, elle lui serait reconnaissante et…
« Elle a un sacré caractère, hein ? »
Il tourna la tête et vit Mai à ses côtés, qui regardait en direction de Kirstie. A présent, il regrettait de l’avoir traité de salope la première fois qu’il l’avait vue et comprenait pourquoi
Oceany était farouchement antiraciste, elle avait raison : c’était stupide de juger les gens en fonction de leur nationalité.
« Je me demande si elle va épouser notre cause, un jour ? répondit-il.
– Oui, évidemment.
– Vous avez l’air bien sûre de vous.
– J’étais comme elle, au départ, je me demandais pourquoi ces Américains m’avaient sortie de ma cage, je pensais qu’il y avait quelque chose de louche, là-dessous, mais j’ai compris que ce n’était
pas le cas et Kirstie va réagir de la même façon, tôt ou tard, ne vous en faites pas.
– Je voudrais vous demander autre chose.
– Bien sûr, quoi ?
– Voilà, je…j’ai appris quelque chose sur Mark d’assez…inquiétant et je ne sais pas si je dois en parler à Oceany ou pas.
– De quoi s’agit-il ?
– Et bien, Kirstie m’a avoué que…Mark avait abusé d’elle plusieurs fois et j’ai peur qu’il s’en prenne à Oceany.
– Oh Seigneur ! Je ne pense pas qu’Oceany soit réellement menacée, elle fait partie de l’élite et on la croirait si elle se plaignait, ce qui n’était pas le cas avec Kirstie. Mais elle doit quand
même se méfier.
– Je dois donc lui dire.
– Je ne crois pas.
– Mais vous venez de dire qu’elle doit se méfier !
– Si elle le sait, elle risque de changer de comportement vis à vis de lui, ce qui pourrait peut-être lui mettre la puce à l’oreille et on ne doit pas se trahir. Si elle se fait coincer, elle est
morte.
– Et si elle se fait violer, comment elle va réagir, d’après vous ? Elle va sauter de joie dans tous les sens ? Elle est en danger
– Vous exagérez.
– Je ne le pense pas, non. D’ailleurs, j’ai pris ma décision, je vais tout lui dire.
– Vous aviez déjà pris votre décision avant de m’en parler, à quoi ça rime tout ça ? Si vous vouliez mon consentement pour avoir la conscience tranquille, je suis désolée mais vous avez fait fausse
route.
– Je veux la protéger.
– Je ne suis pas certaine que ce soit la vraie raison. Vous voulez juste la séparer de Mark.
– Pas du tout, je veux juste qu’elle sache la vérité ! Quel intérêt j’aurais à la séparer de lui ?
– Posez-vous d’abord la question à vous-même. »
Il la dévisagea, interloqué : qu’est ce qu’elle voulait dire par là ? Il allait rétorquer quand Oceany les rejoignit et il n’osa pas continuer. Il préférait lui parler de tout ça en privé, ça ne
regardait pas les autres. Les deux jeunes femmes parlèrent un instant mais il ne les écouta pas, absorbé par ses pensées : pourquoi Mai-Li pensait-elle qu’il avait un motif différent de celui qu’il
avait invoqué ? Il aimait beaucoup Oceany et il ne voulait pas qu’il lui arrive des bricoles.
« Bon, il est tard, je crois que nous devrions rentrer, Ethan. Je vais voir qui peut nous ramener.
– Et si nous rentrions à pieds ?
– Vous avez envie de vous faire agresser à nouveau ?
– Non, j’ai envie de prendre l’air et on va pas se faire agresser, je le sens. Vous pouvez vous fier à mon sixième sens.
– D’accord, je vous fais confiance, mais je me demande si c’est une bonne idée. Bon, je préviens les autres et on y va. »
Elle se rendit vers un petit groupe de rebelle et discuta un instant avec eux, mais Ethan n’était pas vraiment pressé et il espéra que la conversation allait durer. Il commençait à douter :
devait-il vraiment tout lui dire ? Oui, évidemment, c’était trop grave pour qu’elle ne soit pas au courant. Elle était directement menacée dans cette histoire et il ne voulait surtout pas qu’elle
soit violée alors qu’il avait les moyens d’empêcher ça. Malheureusement pour lui, Oceany ne s’attarda pas et vint le retrouver, souriante. Apparemment, elle allait beaucoup mieux, elle semblait
sûre de vouloir continuer à se battre avec eux.
Ils sortirent du hangar et marchèrent en silence d’un pas alerte. Il cherchait comment lui annoncer ce qu’il savait, mais il avait du mal à démarrer : ce n’était pas une nouvelle anodine, c’était
tout de même très important. Quand ils arrivèrent dans les derniers étages, il ne lui avait toujours rien dit et il commença à paniquer : ils allaient bientôt arriver chez eux et elle allait se
coucher sans savoir. Ils étaient en train de traverser le parc Hart, qui portait le nom d’un des concepteurs de la ville mort avant la fin des travaux, quand il s’arrêta brutalement de marcher.
Oceany se retourna et le regarda, surprise.
« Ca va Ethan ? Qu’est-ce qu’il vous prend ?
– Je…et bien, j’ai quelque chose à vous dire.
– A quel propos ?
– A propos de…de Mark.
– Je vous écoute.
– Kirstie m’a dit que…qu’il avait profité d’elle à de nombreuses reprises, voilà. Je n’ai pas envie qu’il vous arrive la même chose. Ce type est un salopard, vous ne devez pas lui faire
confiance.
– Pourquoi Kirstie ne m’a rien dit ?
– Elle ne voulait pas, parce que vous êtes…
– La fille d’Hank, je sais. Pourquoi vous me dites ça ?
– Pour vous protéger, évidemment.
– Je peux très bien me protéger toute seule et je ne crois pas que Mark soit un violeur. Parce que si c’était le cas, il n’aurait pas été si patient avec moi quand je lui ai dit que je ne voulais
pas coucher avec lui.
– Vous ne me croyez pas ?
– Non, en effet.
– Mais pourquoi je vous mentirais sur Mark je n’ai aucun intérêt dans cette histoire. »
Elle ne lui répondit pas, perdue dans ses pensées. A ce moment-là, l’arrosage automatique démarra commençant à les arroser ; Oceany se mit alors en marche et allait le laisser là quand il lui
attrapa le bras et la força à s’arrêter.
« Bon sang, Ethan, on va être complètement trempés ! Lâchez-moi.
– Vous ne m’avez pas répondu, je veux savoir pourquoi, d’après vous, je cherche à vous séparer de Mark.
– Parce que…parce que…je n’attendais que ça.
– Quoi ?
– Je ne veux pas épouser Mark, mais je n’ose pas me l’avouer parce que je ne veux pas décevoir ma mère, elle est malade et je voulais que quelqu’un me dise que Mark n’était pas pour moi, quelqu’un
qui me comprenait. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression d’être avec quelqu’un qui me ressemble et que…
– Que ?
– Rien. »
Il la regarda, interloqué : qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Il se rendait compte qu’il n’arrivait pas à lire en elle, elle ne cessait de souffler le chaud et le froid. Il ne la connaissait pas si
bien que ça, en fin de compte, elle était une inconnue, pour lui, une inconnue qu’il avait soudain très envie de mieux connaître.
« Bon, allons-y maintenant, il est tard.»
Elle fit un pas en avant mais il la retint par le bras et l’attira vers lui avant de l’embrasser tendrement, la serrant fort contre lui. Elle fut tout d’abord surprise par sa réaction et elle se
demanda un temps comment réagir. Mettre fin à ce baiser et lui coller une gifle amplement mérité ou se laisser faire ? Mais ce baiser la faisait frissonner et, pour la première fois, elle oublia
pendant un instant les atrocités de la guerre qui avaient été son quotidien pendant des années, puis l’horreur beaucoup moins flagrante, mais omniprésente de Technopolis.
Elle se mit soudain à frissonner et Ethan s’éloigna légèrement d’elle.
« Ne restons pas ici, nous sommes complètement trempés et nous pourrions attraper froid, malgré la douceur de la température.
– Oui, je crois que c’est mieux.
– Allons chez moi, c’est plus près.
– Je ne sais pas si c’est une bonne idée, je…
– Je proposais d’aller chez moi pour qu’on puisse se sécher.
– Oh ! Dans ce cas, allons-y. »
Il sourit puis partit tranquillement en direction de son appartement. Elle lui emboîta le pas même si elle avait un peu peur. Hormis quelques rares flirts qui n’avaient pas été plus loin que le
baiser, elle n’avait jamais eu d’hommes dans sa vie et si Ethan avait d’autres idées en tête, elle risquait de ne pas être à la hauteur. Car même si elle n’était pas une spécialiste des rapports
homme/femme, elle se doutait qu’un homme ramenait rarement une jeune femme chez lui sans avoir d’arrière-pensées. Et pourtant, elle le suivit.
Ils arrivèrent rapidement à l’appartement du jeune homme, qu’elle connaissait déjà, et pourtant, il lui semblait différent, plus froid, plus menaçant, aussi. Il l’invita à s’asseoir sur le canapé,
tandis qu’il allait chercher deux serviettes dans la salle de bain, ce qu’elle fit sans discuter, de plus en plus mal à l’aise. Pour se calmer un peu elle tenta d’évacuer son stress en triturant un
coussin, mais ça n’eut aucun effet.
« Ca va pas ? lui demanda Ethan en lui tendant une serviette.
– Oh, si…c’est juste que…non, rien. »
Elle commença à passer la serviette dans ses cheveux pour les sécher, ce qui provoqua une brusque montée de désir chez son compagnon, complètement déboussolé par ce qui était en train de lui
arriver. Il n’avait pas réalisé qu’il était tombé amoureux d’elle dès leur première rencontre dans le parc mais il ne savait pas trop ce qu’elle ressentait. Il avait, à présent, une envie folle de
l’embrasser, de la caresser, de la déshabiller… mais elle ne semblait pas très à l’aise. C’était peut-être dû à leur différence d’âge ou au fait qu’il soit déjà fiancé. Mais ce n’étaient que
quelques détails sans importance, il ne fallait pas tout arrêter à cause de ça, il voulait tellement aller plus loin avec elle… Il s’approcha doucement de la jeune femme et lui donna un baiser
langoureux qu’elle lui rendit avec plaisir, mais quand il commença à glisser sa main vers ses fesses, elle le repoussa et quitta le canapé.
« Il est tard, je dois rentrer. Ma mère va s’inquiéter.
– Elle ne sait même pas que tu n’es plus dans ton lit. Tu sors en cachette, souviens-toi.
– Oui, mais…si elle avait besoin de moi ?
– Elle est avec son mari, je te rappelle. C’est quoi, le problème ?
– Il n’y a pas de problème.
– Tu en es sûre ? Tu n’as pas du tout l’air à l’aise, avec moi. C’est à cause de Neve ?
– Non…euh…si ! C’est pas correct de la tromper alors que tu es fiancé avec elle, ce n’est pas correct du tout.
– Pourquoi j’ai l’impression que tu me mens ?
– Parce que…écoute, Ethan, j’ai peur, voilà.
– Peur ? Mais il ne faut pas, l’amour, c’est ce qu’il y a de plus beau, laisse-toi aller pour une fois, tu ne peux pas avoir le contrôle sur tout. Etre amoureux, c’est la plus belle chose qui
puisse arriver à une personne, il ne faut pas en avoir peur.
– Je n’ai pas peur d’être amoureuse, j’ai peur de…de l’acte en lui-même.
– Pardon ?
– Je…je suis encore vierge, voilà !
– Oh ! »
Il s’était attendu à tout sauf à ça, mais à bien y réfléchir, ce n’était pas si étonnant. Elle n’avait jamais dû avoir beaucoup de temps pour avoir une vraie relation avec un homme, et puis elle
était quand même assez jeune, plus que lui, mais curieusement, cette nouvelle donnée ne changea absolument rien. Il la désirait toujours et peut-être même plus qu’avant. Elle lui avait fait
découvrir beaucoup de choses depuis qu’il la connaissait, elle lui avait fait voir le monde différemment et il voulait lui faire connaître de nouvelles expériences à son tour. Il se leva, se
rapprocha d’elle et lui caressa la joue.
« Ce n’est pas un problème.
– Pour toi, non, mais pour moi, ça en est un, je ne sais pas…
– Chut. Ne t’inquiète pas, je vais te faire découvrir de nouvelles sensations, n’aies pas peur. Ca n’a jamais tué personne.
– Je crois que…
– Chut. »
Il l’embrassa furtivement sur les lèvres, puis lui prit la main pour l’entraîner vers sa chambre. Il s’assit sur le lit et attira Oceany vers lui. Elle s’assit prudemment sur le bout du lit,
toujours aussi mal à l’aise, mais il déploya des trésors de douceur et de tendresse pour la décoincer et elle fut plus réceptive que ce qu’il avait cru, répondant à chacun de ses baisers et de ses
caresses. Elle commença à oublier sa crainte. Elle ressentait une étrange chaleur dans son ventre, son souffle se faisait de plus en plus court. Elle ne protesta pas quand il fit glisser sa
fermeture éclair et qu’il lui enleva doucement sa combinaison, ce qui lui permit de découvrir sa peau, incroyablement blanche et douce. Ses doigts parcourirent lentement son corps, la faisant
frémir de plus en plus. Désormais, elle n’avait plus peur, bien au contraire. Elle crevait d’envie d’aller plus loin.

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Vive la tortilla vol. 2

Par Tatiana
 

Vous en rêviez ? Voici la suite de mes aventures mexicaines… Bon oui y a encore un peu de mon ex mais je vous assure on y arrive au Mexique ça va venir.

 mexique

Dans l’avion après 7h de vol. Je suis un peu naze et je me suis enfilée déjà quelques films. Tout à l’heure au duty free j’ai craqué je me suis achetée du parfum, un Lolita Lempicka pour enfant qui sent bon la vanille. C’est ma thérapie anti-rupture. A chaque fois que je me fais larguer, j’aime dépenser mon argent pour me sentir plus légère. Malheureusement le mal ne part pas en même temps que les euros sur ma carte bleue. Bref, j’ai de la chance car je suis toute seule sur les trois sièges et je peux m’étaler à volonté. La nourriture est comme d’habitude pas top, mais j’ai résister aux glaces à volonté (je suis une femme forte). Notre trajet n’est pas celui qu’ils prennent car on ne passe pas par le Groenland mais par l’océan. Je ne préfère même pas savoir pourquoi. J’angoisse un peu d’arriver à Mexico car ne parlant pas beaucoup espagnol, j’espère ne pas avoir de problème. Déjà j’ai super peur de me perdre dans l’aéroport (merci mon ex qui m’a raconter que eux ils s’étaient perdus) et je sais que là bas vaut mieux pas trop se fier aux autorités. J’ai très très envie de dormir mais dès que je déscotche de la TV je cogite et j’ai les larmes qui me montent tout de suite aux yeux. En plus je crois que ma nouvelle pilule me détraque car même avant j’avais tout le temps des sautes d’humeur. Hier l’enfer de la douche glacée. Tellement j’avais peur de ne pas me contrôler je me suis mise à un mètre de lui. Et lui, il m’a dit des trucs salauds en plus l’enfoiré ! J’avais déjà pas beaucoup dormi cette nuit et du coup j’enchaîne sur une nuit blanche.

 

Voilà, j’ai atterri à Mexico City alias DF pour Districto Federal (abréviation à retenir pour le reste des événements). J’avais super peur de me paumer dans l’aéroport, mais non. Je suis tombée sur des gens sympas qui m’ont bien aidée, dont un vieux qui m’a taper la discute pendant que j’attendais mon vol. Faut dire qu’en tant que fille avec la peau et les yeux clairs en plus ça aide. Le vieux, bon il ne me voulait rien de spécial à part peut être me caser avec son fils mais rien de méchant. Par contre j’ai pu très vite me rendre compte du machisme de là-bas car quand je lui ai dit que j’étais partie toute seule en laissant mon mec en France, il a un peu halluciné. Mais bon il m’a laissé son portable pour que j’appelle ma copine donc ça c’était bien. Je monte dans mon 2e vol, le dernier ce coup-ci. Il est 21h ici et 4h du matin à Paris. Je suis la seule étrangère sur le vol, aussi à l’arrivée je ne comprends pas pourquoi mes bagages ne sont pas avec les autres. Un homme de la douane vient me chercher et me dit que mes bagages sont à côté. Je commence à flipper un peu et espère qu’il ne va pas me chercher des emmerdes. Finalement ça se passe bien. Les douanes sont un peu flippantes là-bas car ils regardent ton sac au rayon X et tu dois appuyer sur un bouton : lumière verte c’est bon, lumière rouge aïe. Comme Marie n’était pas là le gars des douanes me propose d’aller l’appeler (décidément ils sont vraiment sympas avec les nanas ici), mais elle arrive juste à ce moment là. Je suis tellement naze et complètement à l’ouest devant ce changement radical d’ambiance et de climat car il fait très bon dehors. Je me sens encore plus perdue qu’à Paris et mon coup de blues du moment ne m’aide pas vraiment. Marie dans sa délicatesse habituelle commence à tout critiquer. Oui j’adore cette fille, c’est mon amie après tout, mais elle a le défaut de ne pas être très diplomate quand elle critique quelque chose. J’avoue que je comprendrais pourquoi elle est dans cet état plus tard. Mais à ce moment là ça me donne plutôt envie de repartir aussi sec.

 

Cette nuit j’ai dormi 5h et le réveil était très dur…6 millième dessous. Ce débile d’ex m’ayant parlé de son voyage au Mexique ben ca va pas maintenant que je suis ici. J’arrête pas de penser à lui et à ce qu’il m’a dit. Vous savez dans ces moments la vous faites « lecture-retour arrière-lecture… »

 

On est le 12 avril et je commence à m’habituer peu à peu. Il y a un soleil radieux dehors on se croirait au mois de juillet, et je suis en tongs !!! J’ai rejoint Marie à la fac où elle donne cours pour aller sur internet histoire de rassurer tout le monde. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vois que mister m’a envoyé un mail pour me souhaiter un bon voyage et qu’il me l’a envoyé direct en arrivant au taf le mardi. Par contre ca va pas m’aider à passer à autre chose c’est sûr… Aujourd’hui c’est visite de la ville et shopping. Je me mets en mode touriste et je flashe tout ce qui bouge. Je m’achète une jupe et un haut : ben oui faut bien que je sois équipée pour aller sous les tropiques. 😉 La 3e fille qui part avec nous nous rejoint : Mathilde. Dès que je la vois je la sens bien la fille, je suis sûre que notre voyage va bien se passer. Elle se prend pas la tête, et chose que j’apprécie est plutôt grande gueule avec un fort caractère. On continue donc notre après-m’ visite avec le palais du gouverneur et le reste. Puis, le soir on va manger dans un restau dont la spécialité est un plat de frites avec une sauce bizarre très bonne et très calorique. C’est un peu écœurant mais tellement bon… En allant au restau, on passe devant la rue où va se passer la feria. La feria d’Aguascalientes est la plus grande du Mexique, il parait que c’est un sacré événement. Elle dure un mois entier et se déroule à l’occasion de Pâques. Oui, parce que là-bas pour fêter Pâques ils se mettent tous minables les gens. Je trouve ça plutôt drôle. Alors chaque année ils refont toutes les façades de la rue et mettent des restau en plus, des bars et des boites. Le seul truc nul c’est qu’après ils enlèvent tout et refont l’année d’après. Tout ça parce que le gouverneur a une entreprise de bâtiments. Bonjour la perte d’argent ! Bref, le truc ressemble à un décor de Disney.

 Avec la chaleur et le décalage horaire je suis complètement morte à 20h, je dors sur la table…Je pense que cette nuit je vais bien dormir.
 
 On est jeudi 13 et effectivement j’ai bien dormi. Enfin, j’ai mieux dormi. Notre programme du jour est fichu car on avait complètement zappé le jeudi saint, et ici jeudi et vendredi sont fériés, mais pas le lundi. Du coup, pas moyen d’aller à la laverie, de changer mon argent ou de faire des courses. On est cloitrées à la maison. Après une séance photos et CV on mange et on glande. Le soir, Mathilde nous rejoint pour aller dans un bar qui of course est fermé aussi ! On se rabat sur un autre, pas mal aussi. On s’installe près du bar et il y a des écrans TV tout le long. Faut que je vous raconte quand même quelques trucs typiques de là-bas. Ce pays est très américanisé et par exemple cette marque de soda tant connue dans le monde est présente partout : sur les murs, même les panneaux de la route. On dirait que c’est une divinité locale. Ensuite niveau nourriture, on peut trouver de l’huile d’olive en spray par exemple. Les Mexicains ont des traits assez durs enfin surtout les hommes. Ils ont l’air méchants et vous regarde de travers soit en tant que femme, soit en tant qu’étrangère. Bon là bien sûr c’est mon ressenti et c’est pour cette ville. N’allez pas croire que je fais une généralité sur tous les habitants de ce pays. C’est marrant mais les filles ont le look espagnol, très strass et paillettes. Ce soir c’est le premier jour de la feria…

Extravaganza ! (On a survécut)

La faute dans le titre est volontaire, ne panique pas, lecteur, je n’ai pas perdu ma grammaire durant le week-end. Juste référence à un vieux texto de Gaugau du réveillon !

 

Samedi, c’était donc la gay pride, rendez-vous est pris à 13h sur le boulevard Montmartre. 13h15, Nina et Gaugau sont dans la place ! Oui, on aurait pu être à l’heure si le
métro n’avait pas décidé de se traîner horriblement. Bon, alors, aucun de nous n’avait mangé mais c’est pas grave, on se dit qu’à 17h, on serait arrivés à Bastille donc on mangerait à ce moment-là. Oui, nous sommes naïfs, on assume. 14h, on nous invite à monter dans le char, on se met tout doucement dans l’ambiance en remuant un peu, on regarde les autres chars qui passent devant nous, on fait coucou, on joue avec nos sifflets. On commence aussi un peu à s’intoxiquer avec les émanations du groupe électrogène qui marche au diesel mais on assume, c’est pas grave.

 15h, la pression monte. 16h, notre char part enfin et on découvre notre nouveau défi : danser sur le char SANS se casser la figure à chaque arrêt puis au redémarrage. Ce ne

fut pas facile mais personne ne fut blessé. Là, on est survoltés, on danse, on crie. Pour l’occasion, j’avais ma tenue « gay pride » : menottes en foufoune rose au poignet, ma cravache qui n’a jamais fouetté autant de cul durant sa brève carrière. Y avait même des gens qui m’interpellaient dans la foule pour que je fasse semblant de les cravacher… Puis après, avec Gaugau, on a récupéré des chapeaux roses à paillettes, là, c’était parfait !

 Donc on danse, on se sert des sifflets roses qu’on nous a donnés, on distribue des flyers qu’on nous a refilé et, de temps en temps, on file des cadeaux à la foule. C’est hyper

impressionnant, ça. Dès qu’ils voyaient qu’on avait un T-shirt dans la main, ils criaient, nous suppliaient et quand on le lançait dans la foule, ils se jetaient dessus comme des hyènes. Par contre, les flyers, j’ai eu plus de mal à les refiler, les seuls qui prenaient les miens, au départ, c’étaient des nanas. Vu qu’on défilait sur le char d’une boîte gay, c’est pas vraiment le public ciblé…Après, je me suis amusée à accrocher les flyers sur ma cravache et ça a super bien marché, je les ai écoulés super vite.

Bon, je vais pas tout raconter en détail. En gros : vers 17 ou 18h, plus rien à boire, on est arrivés vers 20h à Bastille donc j’ai sucé des glaçons sur la fin. De temps en
temps, on plongeait aussi les mains dans l’eau des glaçons en train de fondre pour l’asperger sur la foule reconnaissante. A part ça, des tas de gens nous ont pris en photo. De voir tous ces gens qui nous acclament, qui nous interpellent, qui dansent avec nous et donc, nous photographient, je me suis sentie complètement star. Je dois avouer que traverser Paris ainsi, c’est une expérience que j’ai adorée.

Parlons à présent de la foule. Nous étions assez loin dans le cortège, pas derniers mais pas loin donc nous, on a évité les politiques, c’est pas plus mal. Dans la foule, il y avait de tout. Des gays, des lesbiennes, des hétéros, des jeunes, des vieux, des enfants avec leurs parents. Franchement, je trouve ça bien que des parents amènent leurs enfants là car outre le côté festif et bon enfant, c’est bien d’apprendre aux enfants que deux personnes du même sexe qui s’embrassent, c’est normal. J’ai vu des gens qui s’aimaient. Franchement, peu importe la configuration du couple, quand on voit les gens heureux, c’est bon pour le moral. Hé oui, les gays et lesbiennes s’aiment comme un couple hétéro, ça ne change vraiment rien. Il y avait aussi des drag queens mais eux, je les déteste, ils sont trop bien foutus, c’est pas juste pour nous les femmes, qui devons lutter ardemment contre cette foutue cellulite. Ma prof de bio disait : « lutter contre sa cellulite, c’est refuser sa féminité ». Oui mais quand je vois ces petits culs fermes délicieusement moulés par des robes sublimes, ben je suis quand même jalouse. En plus, elles ont de ces tenues excellentes ! On avait une drag queen avec nous, elle était vraiment superbe et a été mitraillée par pas mal de gens. Vraiment, le mec qui a joué le rôle a vraiment assuré, il était tout simplement parfait.

Mais au fond, ce que j’ai trouvé magique, samedi, c’est que tout le monde était heureux. Les gens étaient super souriants et manifestement heureux d’être là, des gens nous
saluaient des fenêtres et vraiment pas des plus jeunes. A un moment, y avait même deux femmes d’une bonne soixantaine d’années qui dansaient sur leur rebord de fenêtre au rez-de-chaussée, on peut dire qu’elles ont eu du succès ! C’est vraiment particulier, cette communion. Je n’ai vu que des visages souriants. C’était vraiment la fête.

Certains taxent la gaypride de prosélytisme, que ça donne une mauvaise image des gays et lesbiennes. Ca se discute, effectivement, mais je crois qu’il serait faux de prendre la
gaypride comme une gigantesque provocation mais plutôt comme une façon festive de revendiquer une reconnaissance par la société. Avec larouquine, qu’on a croisée dans la foule, on en a reparlé samedi soir et on a regretté la tentative de récupération de la manifestation par les politiques qui défilent fièrement en tête de cortège. Bon, outre le fait qu’ils sont un peu ridicules au milieu de gens qui font la fête, c’est terriblement démagogique. Il faut savoir que la gaypride existe depuis 1982, nos amis les politiques y participent depuis au moins 5 ans. Tout ça pour quoi ? La question homosexuelle ne passe même pas les portes de l’Assemblée, quelle hypocrisie ! Le PS inscrit dans son projet de société de légaliser le mariage homo mais ce projet n’est pas un programme, déjà. Quant aux programmes, les politiques, on sait ce qu’ils en font… Nous avons quand même Ségolène Royal qui était résolument contre il y a peu et qui tout à coup, se déclare favorable et se fait même interviewer par Têtu. Quelle retournement de veste ! Championne du monde, la demoiselle.

Bref, je crois qu’il faut prendre la gaypride pour ce qu’elle est : une grande fête qui permet de rappeler que les gays et lesbiennes existent et qu’ils revendiquent des droits fondamentaux. C’est aussi un événement où, pour une fois, personne ne regarde son voisin d’un sale œil. Ca change.

Demain, pour rester dans la thématique, je parlerai du mariage homo et de l’adoption.

Episode 18

Chapitre 12

 

            Oceany s’étira longuement et plongea le nez dans son bol de céréales. Elle
n’avait vraiment pas faim, sans doute parce qu’elle repensait encore à ce que lui avait dit Kirstie hier ; Combien de gens pensaient, à tort, que tout était arrivé à cause de son père, alors
que, au contraire, c’était grâce à lui qu’ils étaient encore là ? Elle ne supportait pas l’idée qu’on ait pu porter atteinte à la mémoire de son père et pourtant, elle devait bien se rendre
compte que c’était déjà fait.

Alyson et Nicholas arrivèrent, un immense sourire sur le visage et elle comprit immédiatement qu’ils venaient d’apprendre une fantastique nouvelle, même elle ne
savait pas de quoi il s’agissait.

« Ma chérie, Bill Oxford en personne vient de nous appeler.

– Ouah, quel honneur ! fit-elle, ironique.

– Il va donner une fête somptueuse pour tes fiançailles avec Mark.

– Quoi ? Mais…vous ne trouvez pas que je suis un peu trop jeune pour me fiancer ?

– Mais non, pas du tout. De toute façon, tu te marieras avec Mark tôt ou tard, alors pourquoi attendre ? La fête aura lieu mercredi prochain.

– Quoi ? Et j’ai pas mon mot à dire, là-dedans ? De toute façon, mercredi, j’ai déjà quelque chose de prévu, désolée, je ne pourrai pas venir à mes
propres fiançailles.

– Quoi que tu aies prévu, ce sera probablement annulé. Tout Technopolis est invité !

– Même les exclus ?

– Ne dis pas sottises, voyons.

– Alors, ne dites pas que tout Technopolis est invité, mais parlez de l’élite, ce sera plus correct.

– Oceany, je croyais que tu étais d’accord pour te fiancer avec Mark, remarqua Nicholas, visiblement ennuyé par la réaction de sa belle-fille.

– Oui, je l’étais et je le suis toujours, mais je trouve que les choses vont trop vite, ça me…ça me fait peur. Et puis, on ne m’a jamais demandé mon avis dans cette
histoire, alors que c’est ma vie, quand même. On ne m’a pas dit : Mark Oxford voudrait se fiancer avec toi, est-ce que tu es d’accord, mais : tu vas te fiancer avec Mark, que tu sois
d’accord ou non.

– Ecoute, ma chérie, je…Nicholas, tu peux nous laisser ? Je crois que nous avons besoin d’avoir une discussion mère-fille. »

Il haussa les épaules et quitta la pièce. Apparemment, ces fiançailles étaient très importantes et ils devaient à tout prix convaincre la jeune fille d’accepter
cette fête. Alyson s’installa sur le fauteuil à côté de sa fille et lui prit les mains.

« Ecoute, ma chérie, je sais que tout ça t’a été imposé, mais il faut que tu comprennes que Mark est le meilleur parti de la ville et qu’il t’a fait l’honneur
de te choisir. Beaucoup de filles se damneraient pour avoir la même chance que toi.

– C’est justement ça, le problème. Je dois me marier avec lui parce que c’est un bon parti, et non pas parce que je l’aime, je ne trouve pas ça normal.

– L’amour n’est pas forcément une bonne chose, ma chérie. Parfois, il vaut mieux faire des mariages de raison, tu sais.

– Tu délires, enfin !

– Tu as déjà été amoureuse, Oceany ?

– En quel temps ? J’ai vécu quasiment toute ma vie en temps de guerre, ce n’est pas particulièrement propice aux rencontres amoureuses, quoi qu’on en
dise.

– Donc, tu ne sais pas ce qu’est l’amour. Moi, je le sais et ce n’est pas aussi merveilleux que ce qu’on dit. L’amour, ça peut te rendre heureuse, c’est certain.
Mais ça fait très mal, aussi, des fois. Ton père…j’aimais ton père, j’étais prête à tout pour lui, mais j’ai énormément souffert avec lui, il était si…égoïste ! Tu ne peux pas t’imaginer à
quel point. Lui ne m’a jamais aimé, il me considérait comme une maîtresse, d’abord, puis comme la mère de ses enfants. Mais il n’y avait pas d’amour, tu comprends ? Ton père n’aimait que
lui, en fin de compte.

– Tu as tort, il nous aimait, tous les trois.

– Enfin, Oceany, il n’a même pas connu Oliver, ou presque ! Il avait deux mois quand son père est mort. Quant à moi, il me considérait plus comme un fardeau
qu’autre chose, mais toi…je pense que tu étais la seule personne digne d’intérêt, à ses yeux. Enfin, tout ça pour dire que ce mariage arrangé est une bonne chose pour toi.

– Comment puis-je en être certaine ? Je n’ai jamais été amoureuse et je ne peux pas me rendre compte des méfaits de l’amour. Et puis, toi, tu es peut-être mal
tombée, mais je pourrais avoir plus de chances, moi.

– Peut-être, mais…je ne vais pas très bien, tu sais, j’ai l’impression…que c’est un peu le fouillis, là-dedans, expliqua-t-elle en montrant son crâne, et je veux
être sûre que tu n’auras besoin de rien quand je…enfin, si je devais partir pour me soigner.

– Quoi ? Mais qu’est ce que tu as ?

– Je ne sais pas, je crois que je suis en train de devenir folle. J’ai pas mal d’idées contradictoires dans la tête et je ne sais plus où j’en suis. Je veux
m’assurer que mes deux enfants puissent se débrouiller sans moi.  Tu comprends pourquoi ce mariage me tient tant à cœur : Mark est un si gentil garçon. Il peut te
rendre heureuse, je le sais et je ne me sentirai rassurée que quand vous vous serez mariés.

– Maman, je…

– Oh, ma chérie, je t’aime tellement. »

Alyson prit sa fille dans ses bras et la serra très fort, tandis qu’Oceany essayait de mettre de l’ordre dans ses idées. Sa mère était malade ? Ca expliquait
peut-être son comportement étrange depuis quelques temps. Elle n’avait peut-être plus envie de perdre du temps à pester contre cette ville, elle avait dû comprendre qu’il ne lui restait plus
beaucoup de temps et elle devait profiter au maximum des plaisirs de la vie.

Après avoir étreint sa fille, elle se leva, écrasa une larme qui brillait au coin de l’œil et partit sans rien ajouter, laissant sa fille seule, en proie à ses
doutes. Pour la première fois, elle se demanda si c’était une bonne idée de détruire cette ville. Si ses amis et elle arrivaient à leur fin, tous ceux qui seront encore là devraient vivre au
milieu de la nature et renoncer au confort moderne. Mais si sa mère était malade, qui la soignerait ? Il n’y aurait plus d’hôpitaux et ceux qui avaient été autrefois médecins, avant et
pendant la guerre, avaient peut-être oublié certaines choses. Dans ce cas, détruire Technopolis reviendrait à sacrifier sa mère et elle ne pouvait pas accepter cette idée. Si elle devait sauver
deux personnes dans cette ville, ce serait Oliver et Alyson sans l’ombre d’une hésitation. Mais ils comptaient tous sur elle, en bas, elle ne pouvait pas les délaisser, elle s’était
engagée…

Elle soupira et se prit la tête entre les mains. Elle n’avait jamais été face à un si cruel dilemme.

—–

            Maria écrasa sa cigarette dans le cendrier et avala une gorgée de café en
grimaçant. Il était infect, mais au moins, Juan ne viendrait pas la harceler dans ce bar. Elle lui avait clairement expliqué qu’elle ne voulait plus jamais le voir, sauf s’il arrêtait d’obéir
aveuglément à cette petite garce d’Oceany, mais elle savait que ça n’arriverait jamais. Il était amoureux d’elle, ne jurait que par elle et l’adorait comme une véritable déesse. Quel
crétin ! Il irait jusqu’à lécher les bottes d’Oxford, si elle le lui demandait ; il lui obéissait sans même réfléchir, mais elle n’avait pas été dupe. Oceany n’avait jamais été de leur
côté, elle était en fait la pire des élitaires, mais elle voulait les avoir sous contrôle pour éviter toute révolte, mais elle avait échoué.

« Mondanité : notre maire bien aimé a annoncé les fiançailles de son fils Mark avec Oceany Antelwort Geller. A cette occasion, une immense fête sera
donnée à la salle de réception vendredi soir avec, au programme, le célèbre ballet Le lac des cygnes qui sera suivi d’un grand Bal masqué, chaque convive étant invité à venir costumé. M
Oxford… »

Maria n’écouta pas la suite et se précipita hors du bar. Elle avait quatre jours pour tout mettre en place. Oxford lui avait donné la plus belle occasion de le
supprimer, ainsi que tous ces élitaires et, en particulier, cette garce d’Oceany. Puis toute la ville suivrait :  elle ferait d’abord exploser la salle de
réception, puis les quatre piliers, ce serait la fin de Technopolis, l’heure du jugement dernier. Les exclus aurait de bonnes chances de survivre : la bulle en verre détruirait d’abord les
plus hauts étages, ce qui la ralentirait sûrement, permettant aux plus misérables d’être sauvés. Et s’ils mourraient ? Chaque combat appelait des sacrifices, ils perdraient la vie pour une
noble cause.

—–

            Ethan resta un instant sur son canapé, les yeux clos, afin de remettre de
l’ordre dans sa tête. Ces fiançailles n’étaient peut-être pas une bonne chose. D’une part, Oceany risquait de perdre son envie de se battre, mais surtout, il devait lui avouer ce qu’il savait sur
Mark avant qu’il ne soit trop tard : qu’est-ce qu’il lui prouvait que le futur fiancé serait plus délicat avec sa promise ?  Une fois mariés, il ne se gênerait peut-être pas pour
la forcer à faire l’amour avec lui, comme il l’avait fait avec Kirstie.

« Tout est parfait ! s’exclama Neve qui était assise à côté de lui.

– Qu’est ce qu’il t’arrive ?

– Tout se passe comme nous l’avions prévu : ces deux-là vont se marier et nous allons marier notre fils à leur fille.

– Quel fils ? Quelle fille ? Ces enfants n’existent pas ! Et si nous avons chacun des filles, qu’est ce qu’on fait ? Un mariage de
lesbiennes ?

– Ce que tu peux être vulgaire ! Ce que j’aimerais être à la place d’Oceany, épouser un jeune homme séduisant, galant, raffiné, au lieu d’un pauvre idiot comme
toi.

– Si tu veux rompre les fiançailles, te gêne pas pour moi, ça me fera très plaisir. Tu sais très bien que si j’avais eu le choix, ce n’est pas avec toi que je me
serais fiancé.

– Oh, vraiment ? Et qui tu aurais choisi ?

– Je ne sais pas…pourquoi pas Oceany, justement ? Je m’entends très bien avec elle et elle n’est pas superficielle comme toi.

– Toi et Oceany Antelwort Geller ? Mon pauvre Ethan, elle beaucoup trop bien pour toi, laisse tomber.

– Si tu allais t’acheter une tenue pour ce bal, ça me fera des vacances.

– Je ferais n’importe quoi pour ne pas supporter ta présence plus longtemps. »

Elle se leva brusquement et partit sans prendre le soin de refermer la porte. Depuis qu’il était revenu, elle s’était montrée particulièrement odieuse avec lui.
Peut-être avait-elle entendu dire qu’il était avec une maîtresse, mais il s’en moquait, au fond, il avait d’autres soucis en tête. Mais il était en colère contre elle, parce qu’elle l’avait
vexée, quand elle avait dit qu’il ne pourrait jamais prétendre à avoir Oceany. Ce n’était pas vrai : ils étaient semblables, le même caractère, les mêmes ambitions et…et puis elle était si
jolie que…

« Ethan, tu as de la visite. »

Il regarda sa mère qui avait été aux petits soins avec lui depuis qu’il était revenu chez lui et il lui en était reconnaissant. Ce n’était pas une sinécure d’être
un rebelle, il fallait toujours faire attention à tout et se battre à longueur de temps.

Il se leva et se rendit dans l’entrée où il trouva Oceany, visiblement inquiète. Il la conduisit dans sa chambre pour éviter d’être dérangés et attendit qu’elle lui
explique la raison de sa visite.

« Je suis un peu perdue, commença-t-elle, je ne sais plus trop où j’en suis.

– Ca a un rapport avec vos fiançailles avec Mark ?

– Hein ? Oh non, ça, c’est juste contrariant, je ne pensais pas devoir me fiancer si tôt, mais…ma mère est malade.

– Qu’a-t-elle ?

– Je ne sais pas exactement, mais ça a un rapport avec sa…avec son mental. Elle perd un peu les pédales, à ce qu’elle m’a dit et je me demande…si elle a besoin de
soins, comment fera-t-elle si nous détruisons tout ? Il n’y a plus de médecins humains, qui pourra la soigner ?

– Oui, je comprends.

– Je ne suis pas certaine de pouvoir sacrifier ma mère ainsi, c’est la personne que j’aime le plus au monde avec mon frère. Si elle devait mourir à cause de moi, je
ne m’en remettrais pas.

– Vous voulez abandonner la lutte ?

– Je n’en sais rien, c’est pour ça que je suis ici. Vous pouvez me conseiller, vous êtes le mieux placé pour ça.

– Moi ?

– Vous aimez votre mère autant que moi, j’aime la mienne et vous connaissez mes activités au sein des rebelles. Je ne vois vraiment pas avec qui je pourrais en
parler à part vous.

– Ah, vu sous cet angle…je crois que vous devriez continuer. D’une part parce que votre mère ne pourra jamais être heureuse ici et d’autre part, personne ne sait ce
qu’elle a exactement. Ce n’est peut-être pas grave.

– Ma mère n’est pas du genre à exagérer.

– Peut-être son problème vient-il de…d’une dépression ou quelque chose du même genre. Vous savez, c’est très compliqué, la psychologie, la plupart de nos petits
problèmes de santé ont des origines pathologiques.

– D’accord, mais si elle était vraiment malade ?

– Ecoutez, Oceany, je ne peux pas décider pour vous, mais voici ce que je pense. Si ma mère avait de graves problèmes comme la vôtre, je voudrais qu’elle quitte
cette prison dorée pour finir ses jours libres, auprès de la mer, par exemple. Seulement, ce que je pense, moi, ne doit pas vous influencer. Vous êtes adulte, vous devez chercher la réponse en
vous-même.

– Oui, sans doute.

– Je voulais vous parler de vos fiançailles et de…

– Ethan, qu’est ce que je vais faire ?  »

Elle s’assit sur le lit et se mit à sangloter, ce qui le coupa dans son élan. Ce n’était vraiment pas le bon moment pour lui annoncer que son futur fiancé était un
salopard. Il s’installa à côté d’elle et passa son bras autour de ses épaules, ce qu’elle sembla apprécier puisqu’elle s’appuya sur son torse et continua à pleurer. C’était étrange de la voir
ainsi, il l’avait toujours considérée comme une femme forte ayant une totale maîtrise de ses sentiments, mais là, il découvrait sa fragilité. Il voyait enfin le visage de la petite fille brisée
par la guerre qu’elle avait réussi à cacher jusque là.

« Ca va aller, ne vous inquiétez pas, je sui sûr que tout va s’arranger.

– Vraiment ?

– Mais bien sûr ! S’il existe un Dieu, là-haut, il voit tous les efforts que vous faites pour rendre à ses créatures leur liberté et il ne peut pas être
insensible à ça.

– Je ne suis pas croyante. De toute façon, comment peut-on l’être quand on naît en temps de guerre ?  »

Il ne répondit pas. Il oubliait souvent qu’elle était plus jeune que lui et qu’elle n’avait pas connu la vie d’avant, quand les hommes avaient des problèmes
d’argent, trimaient au boulot mais étaient libres d’aller où ils voulaient…cette société là avaient beaucoup de défauts, mais Technopolis aussi. Personne n’avait encore trouvé la solution miracle
et il se demandait si, un jour, les hommes pourraient vivre heureux ensemble, sans s’écraser les uns les autres.

Elle sécha ses larmes et s’éloigna un peu de lui, à regrets, certes, car il sentait très bon et qu’elle avait eu un sentiment de sécurité dans ses bras. Mais elle
ne devait pas trop s’attacher à lui. Elle avait déjà assez de soucis, il ne valait mieux pas en rajouter.

« Je…euh…je suis désolée.

– Pourquoi ?

– D’avoir pleuré comme ça, je vous ai mis mal à l’aise, ce n’était pas très malin de ma part, excusez-moi.

– Vous avez bien fait, au contraire. Ca ne sert à rien de tout garder pour soi, il fallait que ça sorte et ça vous fait du bien, non ? Vous n’êtes pas
surhumaine, Oceany, acceptez vos faiblesses.

– Je n’ai pas le temps d’avoir des faiblesses.

– C’est ridicule : vous devriez être plus indulgente avec vous-même. Vous n’irez pas bien loin, sinon. Regardez-moi. »

Il lui prit le menton et la força à le regarder, ce qui lui déplut fortement. Il prenait vraiment trop de libertés avec elle, alors qu’ils ne se connaissaient que
depuis si peu de temps, pour qui se prenait-il ?

« J’ai confiance en vous. Juan, Myo, Mai, Kirstie…ils ont tous confiance en vous, et ils vous aiment. Ils ne vous en voudront pas si vous vous laissez aller de
temps en temps, si vous vous conduisez comme un être humain normal. Parce que c’est ce que vous êtes et c’est ce qu’ils aiment en vous.

– Et vous ?

– Moi, je suis comme eux, je suis charmé. »

Il rapprocha imperceptiblement son visage, mais elle se releva rapidement et se posa à l’autre bout de la chambre. Est-ce qu’il n’avait pas cherché à
l’embrasser ? Peut-être se faisait-elle des idées, peut-être prenait-elle ses désirs pour la réalité ? Mais non, elle ne le désirait pas, ce n’était qu’un homme comme les autres et elle
n’avait pas le temps de tomber amoureuse, pour le moment. Trop de gens comptaient sur elle.

« Merci de m’avoir écoutée, Ethan, mais je dois m’en aller.

– A ce soir, alors.

– Ce soir ?

– Oui, avec les autres.

– Oh oui ! C’est ça, à ce soir. »

Elle était très mal à l’aise face à lui, ce qui ne lui était jamais arrivé. Elle avait toujours eu de l’aplomb et du caractère, personne n’avait réussi à la
déstabiliser. Et il avait suffi à Ethan de poser sur elle ses grands yeux bleus et de lui sourire. Ce qui l’énervait au plus haut point, car elle avait horreur de ne pas être totalement maîtresse
d’elle-même.

—–

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Recette pour une bonne vieille régression

Par Gauthier

Bon je vous avais promis un article pour raconter mon week-end de débauche, c’est parti !

Ingrédients :
85 kg de Gauthier
15 litres de Vodka
15 litres de Champagne
1 bonbonne de coca
6 paquets de cigarettes
2 paires de draps
1 boite d’anxiolitiques
6 préservatifs
2 hommes (pédésexuels si possible)
1 tonne de figurants
1 mère de Gauthier
1 meilleure amie
1 plan « craka-miaou »
1 ami toulousain de passage
1 boite de nuit pédé
1 taxi
1 abonnement RATP
1 CB avec découvert autorisé
 

Laissez mariner le Gauthier dans une longue semaine de travail bien monotone, saupoudrez d’une pointe de manque de sexe et d’alcool et réservez jusqu’au Vendredi.

Pendant ce temps, faites monter à Paris 1 ami toulousain de passage pour le week-end. Prévenez le Gauthier 2 h avant qu’il est en galère de logement, et qu’il doit s’incruster pour la nuit. Sortez le Gauthier de sa marinade de boulot et faites lui faire le ménage du sol au plafond dans son appartement, attention, vous avez 2h pour que tout soit nickel !

Mélangez le Gauthier et l’ami toulousain de passage pendant une soirée, laissez reposer les médisances qu’il en ressort, et savourez ce grand moment langue-de-pute !

Le samedi, laissez partir l’ami toulousain de passage, pour qu’il puisse préparer son oral de Lundi. Pendant ce temps, envoyez le Gauthier (sans l’avoir nourri), avec 1 meilleure amie à un apéro blogueur à 15h. Installez tout le monde dans l’herbe, en ayant pris soin d’habiller le Gauthier avec un panta-court blanc ! Puis réservez dans un bar, arrosez généreusement de vodka. Il est 18h30, le Gauthier et la Meilleure amie sont fin saoules, vous avez 1h30 pour les amener en banlieue sud (option tiers-monde) pour le reste de la soirée.

Pendant ce temps, faites faire des galipettes sexuelles à l’ami toulousain de passage. Reproduisez l’expérience pour qu’il ait une heure de retard à son rdv avec le Gauthier et la meilleure amie. Réservez dans un RER B préchauffé à 45°C, laissez cuire 30 min.

Démoulez le tout dans le 94. Et servez dans une soirée taffioles. Vous aurez pris le soin de n’inviter que des homos entre 15 et 30 ans, surchauffés sexuellement, et relativement alcooliques. Remarquez la gêne (relative et très passagère), de la meilleure amie, quand elle s’aperçoit qu’elle est la seule vaginalement équipée de la soirée.

Arrosez généreusement de vodka et de champagne jusqu’à 3h du matin. Faites monter l’excitation en créant des couples qui forniquent dans les buissons, sur les bancs, dans les chambres, sur le canapé, dans la salle de bain… Pensez à arroser régulièrement pour ne pas risquer de laisser le Gauthier se dessécher, puis laissez le parler. Remarquez à quel point il bave sur le plan « craka-miaou » qui l’a invité à cette soirée. Souvenez vous que ce plan faillit se concrétiser, il y a 3 ans, et marrez-vous en sachant que le Gauthier va ronger son frein toute la soirée. Admirez avec quelle dextérité il hurle à qui veut l’entendre qu’il a fait une trithérapie préventive, il y a quelques semaines. Admirez enfin sa classe quand il vomit pendant 15 min dans les chiottes.

Envoyez la meilleure amie, l’ami toulousain, et le Gauthier prendre un bus de nuit pour rentrer. Mais pensez préalablement à laisser un message de sa mère sur son répondeur (message déposé impérativement après minuit). Installez le Gauthier sur un trottoir avec son téléphone pour qu’il écoute le message de sa mère, et réservez le temps que les autres en aient marre de l’attendre et qu’ils partent sans lui.

Prenez une CB (celle du Gauthier de préférence), et renvoyez le Gauthier demander au plan « craka-miaou » d’appeler un taxi pour lui (parce qu’il ne sait plus comment fonctionne son tel). Réservez sur le trottoir le temps que le taxi arrive, saupoudrez d’un vomi dans le caniveau.

Livrez un taxi incapable de rejoindre Paris avant que ça ne coûte 35€, et déposez le Gauthier dans une boite de nuit pédé. Arrosez de champagne, et réservez jusqu’à l’ouverture du métro. Admirez comment le Gauthier se ridiculise devant tout le monde en se cassant la gueule, et déclarant son amour à son ex-plan cul débile, ou à son ex-plan cul chéri. Notez que le Gauthier ne remettra plus jamais les pieds dans cette boite de toute sa vie.

Laissez mariner le Gauthier dans sa confusion mentale, et servir sur à un plateau à un homme en manque (mais alors très en manque) de sexe. Faire sortir le Gauthier de la boite, et le ramener chez lui, mettre sur la route de l’homme en manque « besoin d’aide ? », « je ne sais plus où j’habite », « je t’accompagne ».

Réservez dans un métro plein d’odeurs suspectes. Observez le self-control du Gauthier qui refuse de vomir en public, et qui ignore (oublie ?) l’homme qui l’accompagne. Servez le couple dans un appartement surchauffé, et mélangez jusqu’au coma éthylique. Remarquez la tête du Gauthier au réveil quand il se rend compte qu’il a enculé un métis toute la journée (grande première). Sortez du lit à 16h, lavez, et virez l’homme sans avoir oublié d’avoir regardé sa carte d’identité pour vérifier son âge et son nom (le Gauthier est encore saoul, mais il n’aime pas qu’on lui mente, il aime avoir raison, mais comme il est encore saoul il se fait piquer « Tu as regardé ma carte d’identité ? » « Non, tu me l’as dit hier soir… »).

Laissez reposer le Gauthier 2h devant Internet, puis faites sonner son tel. 7h48 lui propose un repas avec son petit frère et Nina. Faites enfiler au Gauthier un panta-court blanc (le même, mais taché, il ne s’en apercevra qu’une fois arrivé à destination), et envoyez le dans le Marais. Remarquez sa démarche chaloupée (les claquettes c’est pas fait pour marcher quand on est bourré de la veille). Réservez le groupe d’épave dans un resto rose, et arrosez de vodka et de bouffe grasse. Remarquez que le Gauthier ne peut s’empêcher de s’enfiler 4 litres de coca à la minute : la cuite, ça dessèche… Ecoutez la conversation, tout le monde flotte encore dans ses vapeurs d’alcool, la vie est triste (belle ? simple ? on s’en fout, on ne se rend plus compte là…)

Pendant ce temps, préparez la vengeance divine. Les intestins du Gauthier lui rappelleront ainsi qu’il n’a plus 20 ans. Et observez avec quelle dextérité il traverse deux arrondissements en courant pour ne pas salir son panta-court (encore blanc ?). La malédiction de la chiasse post-cuite sera t elle fatale ou pas ?

Réservez aux toilettes pendant 40 min. Admirez le talent du Gauthier qui a réussi son défi divin. Ensuite mettez la viande dans le torchon. Mais avant, changez les draps maculés des restes de la journée (non ce n’est pas du sperme, non ce n’est pas du vomi… Vous avez trouvé ? Maintenant vous pouvez vomir 😉 )

Faites sonner le réveil à 8h, et plongez le Gauthier dans une nouvelle semaine de monotonie anxiolisée. Laissez mariner jusqu’à la Gay Pride.

Vous obtenez une magnifique régression marinée dans son jus de vodka et de sperme vomitif, à servir chaud avec un bon champagne lexomilé.

Ps : relisez les ingrédients, quelque chose doit vous choquer, allez, je vous mets sur la voie, il s’agit du nombre d’hommes. Ça vous parle ? Oui, le Gauthier a eu un homme dont il n’est pas fait mention dans cette recette… Les paris sont ouverts… (qui, quand, où, comment, pourquoi…). La réponse quand j’en aurai envie 😉