Episode 22

Maria jeta un œil par la fenêtre et soupira. Depuis qu’elle vivait dans cette ville, elle avait rêvé de revoir ce ciel bleu qui lui manquait tant. A présent qu’elle le pouvait, elle
aurait voulu être ailleurs, dans l’ombre, avec Juan. Dans quelques heures, elle allait mourir et elle avait peur. Elle regrettait d’avoir quitté le groupe de rebelles et d’avoir agi sans réfléchir,
ça l’avait amenée directement à sa perte.
Elle s’assit sur le sol humide de la cellule et se recroquevilla sur elle-même pour pleurer, tout en récitant des prières à la Vierge. Auparavant, elle ne s’était jamais rendue compte qu’elle avait
peur de la mort, ça lui semblait si abstrait. Elle était beaucoup trop jeune pour mourir et pourtant, le lendemain soir, elle servirait de spectacle à tous ses élitaires égoïstes et bouffis
d’orgueil. C’était vraiment une fin peu réjouissante !  Avec de la chance, ses bombes allaient quand même exploser, ce qui lui permettrait de se venger à titre posthume. Mais c’était vraiment
une consolation un peu trop maigre à son goût. Elle voulait revoir Juan une dernière fois pour lui dire au revoir, mais si on lui demandait ses dernières volontés, ce qui l’étonnerait beaucoup,
elle ne parlerait pas de son frère. Il serait accusé de faire partie des rebelles et serait condamné à son tour et il en n’était pas question, elle ne pouvait pas livrer son frère. Elle n’avait
même pas donné le nom d’Oceany, d’une part parce qu’elle voulait être la seule martyre, mais aussi parce que la blonde n’attendait que ça et elle lui avait été trop antipathique. Il n’était pas
question de lui donner satisfaction. De toute façon, Oceany n’était absolument pour rien dans cette histoire, la dénoncer aurait été malhonnête et, même si elle avait beaucoup de défauts. Ce
n’était pas son genre de faire porter le chapeau aux autres, elle assumait pleinement ses actes.
Elle écrasa une larme qui lui coulait le long des joues et regarda sa main où se trouvait la goutte d’eau, réfléchissant à un moyen de s’enfuir. Il était encore trop tôt pour baisser les bras, elle
avait encore un faible espoir. Après tout, elle n’était pas encore morte.

—–

    Kelly referma soigneusement la porte de la « chambre » du grand patron et s’apprêtait à repartir dans le bureau de son mari. Elle se retrouva nez à nez avec
Bryan, ce qui la fit sursauter, mais elle garda son sang-froid. Bryan ne savait rien du grand patron, c’était tout juste s’il connaissait son existence et c’était déjà bien suffisant.
« Qu’est ce que tu fais ici ?  demanda-t-il.
– Je pourrais te poser la même question.
– Je te cherchais. Qu’y a-t-il derrière cette porte ?
– Rien que tu n’as besoin de connaître.
– Tu sembles savoir énormément de choses, alors que moi, j’avance dans le brouillard et je commence à en avoir assez.
– Je n’en sais pas plus que toi.
– Vraiment ?  Je suis sûr que tu connais l’identité du grand patron et qu’il n’est pas loin, dans l’immeuble même de la mairie, pour tout contrôler e tu viens juste d’aller le voir. N’est ce
pas ?
– Ca ne te regarde pas, je fais ce que je veux.
– Vraiment ?  Tu sais, je pourrais tout raconter à ton cher Bill sur tes activités et sur le grand patron, ça pourrait foutre tes plans en l’air.
– Tu me fais chanter ?
– On peut appeler ça comme ça, oui. »
Elle éclata de rire ce qui mit Bryan mal à l’aise. Il la connaissait, elle allait lui sortir un de ses tours de passe-passe qu’il haïssait et il ne se trompa pas. Elle sortit un petit revolver de
son sac et le pointa sur lui.
« Je te laisse une dernière chance parce que tu es très mignon et que je prends bien mon pied avec toi, mais encore une menace de ce style et je t ‘élimine sans hésiter. C’est  moi qui mène la
barque, tu rames ou tu coules, tu choisis.
– OK, c’est bon, répondit-il en avalant difficilement sa salive. Je ne te demanderai plus rien sur notre chef mystérieux.
– C’est mieux comme ça. Bon, viens, il faut qu’on organise l’exécution de ce soir. Il pensait l’écarteler, mais je trouve ça trop…difficile comme spectacle, il y a des enfants et ça pourrait donner
une mauvaise image de nous. Alors je pensais à quelque chose de plus classique mais de très sophistiqué.
– Tu es bien la première personne que je connais qui qualifie une exécution publique de sophistiquée.
– Je n’ai pas demandé ton avis, tu gardes des remarques pour toi. Bon, j’ai pensé qu’on pourrait la guillotiner, ce n’est pas trop affreux mais assez spectaculaire et ça fait très royal !  En
plus, nous avons une très belle guillotine au théâtre, pas besoin de la fabriquer.
– Il y a une guillotine au Théâtre ?
– Oui, c’était un élément de décor, à la base, mais il suffit juste de mettre une vraie lame et le tour est joué. Oh, j’ai vraiment hâte de voir ça et, avec de la chance, la rebelle va nous donner
le nom de son chef au dernier moment. Une double exécution, le pied !
– C’est la double exécution qui t’excite ou la possibilité de te débarrasser d’Oceany ?
– Elle doit payer pour ce qu’elle a osé me faire et je te jure que je vais m’arranger pour qu’elle souffre un maximum.
– Est-ce que tu as envisagé la possibilité qu’elle soit totalement innocente ?
– Elle ne l’est pas et puis, si c’était le cas…elle mourra sur l’autel de la justice, c’est tout.
– Mais bon sang, qu’est-ce qu’elle t’a fait, cette pauvre gosse, pour que tu lui en veuilles à ce point ?
– Elle s’est foutue de nous, elle a voulu nous défier, elle va s’en mordre les doigts !  Bon, si tu allais voir Bill, il a sûrement besoin de toi. Moi, je vais me préparer pour ce soir. »
Elle le planta là et partit en direction de la sortie. Plus ça allait, plus il se sentait mal à l’aise avec elle. Elle était dangereuse et au moindre faux pas, elle n’hésiterait pas à se
débarrasser de lui, idée vraiment peu réjouissante. Pourquoi ne lui faisait-elle donc pas confiance ? Pourquoi refusait-elle de lui révéler l’identité du grand patron ? Ca devait être un élitiste
très connu et très respecté, ça expliquait peut-être son attitude, mais qui ? La plupart étaient trop vieux pour avoir deux idées claires à la suite et les autres n’avaient pas assez de volonté
pour diriger toute cette ville. La réponse se trouvait dans le fichier confidentiel auquel personne n’avait accès à l’exception de Kelly et de son cher patron, mais il allait travailler dessus
activement. S’il découvrait le nom de ce mystérieux dirigeant, il comprendrait peut-être mieux le comportement de sa maîtresse et tous ces secrets autour de lui.
Mais pour le moment, il n’avait pas le temps de s’en occuper, il avait trop à faire avec la réception de fiançailles qui approchait à grands pas.

—–

    Oceany se regarda dans son miroir et sourit. Oliver avait beaucoup de goûts pour un petit garçon de 9 ans. Sa robe, d’un joli bleu pastel, était striée de
fils d’argent et lui permettait une assez grande liberté de mouvements grâce à la grande fente sur les côtés, mais surtout, il ne lui avait pas trouvé une affreuse robe meringue qu’elle détestait
et trouvait ridicule. Elle soigna sa coiffure en passant plus d’une heure à se faire de jolies anglaises et se maquilla légèrement, car elle ne comptait pas garder son masque toute la soirée, même
s’il était très joli. Argenté, il s’harmonisait bien avec la robe et présentait un visage rieur, ce qu’elle trouvait charmant. Elle s’assit sur son lit et resta un instant, les yeux dans le vague,
à considérer tout ce que cette soirée représentait pour elle. Elle allait se fiancer avec Marc dans quelques heures et le seul homme auquel elle ne cessait de penser, c’était Ethan. Elle avait hâte
de le revoir, même s’ils ne pourraient pas être seuls durant toute la soirée. Rien qu’être près de lui, ça lui suffisait pour être heureuse.
On frappa la porte et Oliver fit irruption dans la chambre dans sa tenue de lutin et sauta sur le lit, à côté de sa sœur.
« Alors, il te plaît, ton costume ?
– Oui, tu as très bien choisi, je suis fière de toi. Tu sais que tu es très mignon en lutin ? Toutes les filles vont être amoureuses de toi, ce soir.
– Ah non ! Beurk ! Pas les filles ! Elles sont trop gnangnan !
– Gnangnan ? Tu trouves que je suis gnangnan ?
– Non, toi, tu es une grande, c’est pas pareil.
– Tu vas bientôt changer de discours, crois-moi !
– Dis, maman m’a dit que tu allais bientôt partir avec Mark, c’est vrai ? Parce que moi, je veux pas que tu partes !
– On verra, Oliver, on verra. »
Elle embrassa tendrement le front de son frère et le serra contre elle. Avec de la chance, s’ils agissaient tous à temps, elle n’aurait pas à se marier avec Mark, elle pourrait quitter cette
maudite ville et vivre avec ceux qu’elle aimait. Finalement, le bonheur, ce n’était pas le luxe et le faste, c’était juste mener une vie simple avec les siens.

—–

    « On ne peut pas y aller armés, on va se faire attraper ! »
Mai leva les yeux au ciel et soupira. Juan ne mettait vraiment aucune bonne volonté dans cette mission et rien ne l’exaspérait plus que celui qui faisait exprès de retarder les choses.
« Voyons, nous avons des invitations et ils sont minuscules, ces revolvers, ils tiennent dans la main ! De toute façon, on aura pas à s’en servir, c’est juste au cas où. On va bien s’amuser, tu vas
voir. J’ai hâte de voir la tête d’Oxford quand notre gâteau va lui exploser à la figure ! Avec les félicitations des rebelles !
– Je la sens mal, cette soirée, il va se passer quelque chose, j’en suis sûr. Je crois qu’on ferait mieux de tout annuler.
– Non, on n’annule rien ! Nous voulons montrer à tous ces élitaires que nous pouvons les atteindre sans problème et qu’ils prennent conscience qu’il y a un problème à Technopolis. Nous devons être
plus convaincant que leur propagande.
– Oui, je sais tout ça, ça fait vingt fois que tu me le répètes, mais je le sens mal quand même, c’est tout. Où sont Myo et Kirstie ?
– Ils se préparent. Tiens, mets-toi ça sur la figure.
– Qu’est ce que c’est que cette pâté blanche ?
– Du maquillage : c’est pour éviter qu’on remarque la couleur de nos peaux un peu trop colorées au goût de cette foutue ville. En plus, les gens ne pourront pas nous différencier et ne verront pas
que nous sommes quatre. »
Il soupira et commença à étaler la crème sur son visage. C’était tout simplement grotesque, mais Mai avait raison : même si les gens ne les détaillaient pas de la tête aux pieds, ils verraient bien
la couleur noire de Kirstie et comprendraient qu’ils étaient tous des rebelles. La jeune Noire arriva d’ailleurs à ce moment-là, vêtue de sa combinaison en latex qui la moulait parfaitement et
mettait en valeur ses formes féminines.
« Je me demande bien pourquoi je viens, commença-t-elle.
– Pour t’amuser avec nous. On va ridiculiser tous ces esclavagistes égocentriques, ça va être très chouette. Tu vas voir, tu vas adorer.
– Je trouve ça inutilement dangereux. Si on se fait attraper, c’est fini et je suis beaucoup plus exposée que vous. Mon masque ne couvre pas tout mon visage et ils vont bien voir que je suis noire,
et mes mains.
– Hop ! Voici des gants pour tes mains et voici de la crème pour ton visage, il sera encore plus blanc que blanc !
– Mai, je crois qu’on fait une erreur.
– Enfin quelqu’un qui est d’accord avec moi ! s’exclama Juan.
– Votre optimisme vous tuera, à tous les deux ! Il va y avoir des centaines de personnes, là-bas, comment pourront-ils nous reconnaître, c’est tout simplement impossible !
– Et tu n’as pas peur qu’ils fouillent la salle pour vérifier qu’il n’y a pas de rebelles quand le gâteau va exploser ? Si j’étais Oxford, c’est ce que je ferais.
– Et ton fils aura une superbe fin de fiançailles : une fouille en règle de chaque invité ! Je ne  crois pas que ce cher Bill veuille gâcher la fête de son fils.
– Oxford n’aime qu’une seule personne, à savoir, lui, intervint Kirstie. A mon avis, sa blessure d’amour propre sera plus forte que son amour paternel, j’en suis sûre.
– D’accord, on va préparer un plan de repli ! On va garer les motos sous les fenêtres du théâtre, comme ça, en cas de coup dur, on file. De toute façon, arrêtez de vous inquiéter, tout se passera
bien, j’en suis sûre. Et en cas de pépin, Oceany et Ethan pourront nous aider, alors relax. Bon, où est Myo ?
– Je suis là, mon trésor ! fit-il en apparaissant costumé et maquillé. Je te plais ?
– Et bien…arrête le maquillage, ça te va vraiment pas.
– Oh ! Femme cruelle qui me brise le cœur ! Bon, je vois que tout le monde est prêt, on va pouvoir partir. Parfait, pile dans les temps. Bon, Juan, tu pars avec Kirstie, moi, je voyage avec ma
charmante épouse.
– D’accord.
– Ca va aller, Juan ! dit Mai. Relaxe-toi, je sens que tout va bien se passer. Intuition féminine.
– Espérons que tu as un bon feeling. »

Je t’’aime

Par Gauthier

Petit être de chair qui illumine ma vie à chacun de tes sourires, sache que je t’aime plus que tout sur cette Terre. Tu es si fragile, si petit, si tendre, si beau, tu es le soleil qui illumine ma vie et celle de ta mère.

On a attendu ta venue en paniquant, saurions-nous faire ? Allons nous savoir nous occuper de ce petit bout ? Tant de questions que nous refusions de nous poser pendant que tu étais au chaud et que tu poussais tranquillement loin du tumulte de ce monde. Puis tu es venu, en avance, comme si tu étais pressé de vivre, pressé de nous rencontrer et de croquer la vie à pleine dent.

Aujourd’hui ça fait deux ans que tu es là. Deux ans déjà, que je n’ai pas vu passer, pour moi tu seras toujours ce petit bout de 2080g qu’une infirmière installa dans mes bras pour faire sa première sieste digestive alors que ta mère se remettait de ta venue au monde. Deux ans de bonheur, d’angoisse, de rire, de fatigue, de crise, de joi d’émerveillement. Ton premier sourire, ton premier rire, le premier objet que tu as attrapé, les premiers pas que tu as faits tout chancelant, le premier mot que tu as prononcé, la première fois que tu m’as parlé au téléphone, la première fois que tu m’as appelé papa !

Je ne suis pas ton père, de façon biologique en tout cas. Mais tu ne le connaîtras sûrement jamais, enfin pas tant que tu ne seras pas assez grand pour aller sonner à sa porte, parce que lui ne veut pas te connaître pour le moment. Mais je suis là, je t’aime, je te regarde grandir, je t’aide à comprendre ce monde qui t’émerveille tous les jours. Je t’aime petit bout.

Un jour, ta maman va se marier et tu auras un papa à domicile qui t’aimera autant que moi, mais je serais toujours là, pas loin. Tu as un parrain pour faire tout ce que ta maman t’interdit de faire, pour partir en vacances, pour profiter encore plus de la vie. Tu es mon petit bonheur.

Un jour, j’aurai un fils ou une fille qui vivra avec moi, je l’aimerais de tout me cœur. Mais je ne cesserai jamais de t’aimer toi qui n’es pas avec moi tout le temps, toi qui a déjà une famille, toi que je ne peux pas élever.

Alors je te souhaite un joyeux anniversaire, je te souhaite de continuer à grandir aussi bien, je te souhaite de profiter de la vie en étant en bonne santé. Tu es heureux petit homme, ça se voit, et je continuerai à contribuer à ce bonheur à ma façon, à mon niveau. Un jour tu deviendras un homme, tu combleras de bonheur ta maman, tes grands parents, et moi-même, et à ce moment-là je regarderai par-dessus mon épaule et je serai fier de tout ce qu’on a accompli ensemble.

Je t’aime petit bout, continue de faire le bonheur de toutes les personnes qui t’entourent. Tu es la plus belle chose qui nous soit arrivée.

La famille, y a que ça de vrai

Cette semaine, je suis chez mes parents et ce jusqu’au 26 juillet. Pas vraiment des vacances puisque je dois bosser mais je suis quand même à la campagne avec Kenya, je peux faire des pauses piscine, tout va bien. Si je suis rentrée pour le 15 juillet, c’est pas pour voir le feu d’artifice en direct de ma ville natale (je suis même pas allée le voir) mais pour assister à la grande réunion de famille qui eut lieu chez moi samedi. Voici donc une petite chronique de la vie de la famille Parmentier (côté maternel, donc).

guepard 

Ils étaient presque tous là. Mes trois tantes, quatre cousins-cousines, quatre compagnons, une sœur et un presque frère. En tout, nous voilà dix-sept. Qu’allons-nous fêter ? Officiellement, la retraite de tante n°1 qui après trente ans de bons et loyaux services au sein de l’Education Nationale prend une retraite anticipée mais méritée. En fait, pour l’occasion, ses trois enfants (cousine, cousin 1 et cousin 2) ainsi que la chérie de cousin 2 lui ont fait un cadeau. Mais on fête aussi les 18 ans de cousin 3 et son bac, par la même occasion, sans parler des fêtes de tante 2 (et tante 3, décédée) et l’anniversaire prochain de tante 4. On aime bien cumuler. En fait, il ne manquait que cousine 2 et ses trois gamins (dont un que j’ai jamais vu) et cousin 4 et sa copine enceinte jusqu’aux yeux. Mais nous sommes plutôt en froid avec cette partie de la famille, ils n’ont même pas été conviés.

Tout le monde arrive vers 19h, tout est prêt : les tables dressées, la bouffe fraîche (oui, il fait 35e degré ici donc pour la raclette, on repassera. Oncle 1 commence à m’entreprendre et on refait le monde, comme à notre habitude. Il faut savoir que dans la famille, ils sont tous à droite sauf oncle 1, donc, cousin 3 et tante 2, je suppose. Tante 4 était à gauche aussi avant mais il paraît qu’elle ne l’est plus. Ma mère m’a expliqué que tante 4 avait voté Le Pen en 2002, j’avoue que je me suis prise une sacrée claque, j’ai du mal à y croire. Je me souviens, il y a quelques années, tante 4 était partie de chez moi en claquant la porte après une conversation très houleuse avec ma mère sur le sujet. Merde alors… Bon, bref. Lors du dernier repas de famille, nous avions découvert Aglaé, la chérie de cousin 2 (une Bretonne, c’est fou cette passion pour nos amis aux chapeaux ronds). Elle est toujours là, parfaitement intégrée à la famille tout comme Anthony, la tendre moitié de ma soeur et Yohann, mon presque frère. En son temps, Guillaume 1er avait aussi trouvé sa place. Bref, dans ma famille, on accueille gentiment les nouveaux arrivants. Cette année encore, il y en a eu un ! Pas le fiancée de cousine ou le mien, vu qu’on n’en a pas, ni le compagnon de cousin 1 puisqu’il viennent de se séparer, pas plus que le petit copain de cousin 3, ma grand-mère ne sachant pas que celui-là aussi est homo. Elle l’a un peu mal pris pour cousin 1 alors on va peut-être pas lui dire pour le petit dernier. Il faut savoir que cousin 3 est né en juillet 88, à peine deux mois après le décès inattendu de mon oncle, mari de tante 1. Donc, forcément, cousin 3, il a été extrêmement choyé, c’est un peu le chouchou de tout le monde. Si on dit à la mamie que cousin 3 est gay et qu’il s’installe à la rentrée avec son copain (oui, il est super précoce), ça va la tuer. Donc ce n’est pas du côté des cousins qu’il faut chercher le nouvel arrivant mais du côté des tantes : tante 2 nous a enfin présenté son compagnon ! Ça fait dix ans qu’ils sont ensembles mais elle nous l’avait jamais présenté car « ce n’était pas le bon ». Bon, finalement, elle a dû changer d’avis. Il est très sympathique, un look à la Bernard Lavilliers (cheveux un peu long, boucle d’oreille, chemise blanche en lin…).

 

Bon, tout le monde est là, on attaque l’apéro : soupe de champagne et cakes. Bon, il fait très chaud donc je tape un peu beaucoup dans la soupe au champagne, genre quatre coupes à moi toute seule, je commence à rire. On passe à table, oncle 1 tape l’incruste parmi les jeunes. Avant de dîner, on fait les discours. Ma mamie adresse un message à chacune de ses filles, sans oublier tante 3 qui n’est donc plus parmi nous depuis trois ans, maintenant. Sobre mais émouvant. Vient ensuite la lettre écrite par les enfants de tante 1 et par Aglaé, une lettre très émouvante qui fait pleurer ma mère. Alice et moi, on fait les fières mais on a un peu la boule dans la gorge aussi. Si c’est cousin 2 qui l’a lue, c’est que les trois autres n’en auraient pas été capables sans pleurer, Aglaé écrase aussi une petite larme. Oui, dans ma famille, on est super sensibles. Avec le discours, il y a un cadeau, donc : un voyage en Egypte. Tante 1 remercie et là, tante 2 lui dit : « Il faut que je te dise un truc. Pendant ton voyage, tu partageras ta cabine avec moi. » Et là, tante 1, 55 ans, prof de son état, se met à sauter partout et à trépigner comme une petite fille ivre de joie. Ma mère rajoute : « oui et tu devras nous supporter tous les deux » en parlant de mon père et elle. Re-trépignements de joie. Bref, c’est le bonheur. Ma grand-mère n’est pas super rassurée de voir trois de ses quatre filles restantes partir ensemble dans un pays arabe au vu de la conjoncture actuelle mais bon…

Bref, le dîner se passe plutôt bien, oncle 1 entreprend Yohann sur le sujet de la religion : les deux ont des avis fondamentalement opposés mais tout reste cordial. Alice et moi buvons tranquillement du rosé et du champagne. Autant vous dire qu’à la fin du repas, on rigole joyeusement. Tout le monde discute avec tout le monde puis à minuit, tout le monde file, reste la famille Bartoldi, Yohann et Anthony. Ma sœur décide que c’est l’heure de faire des photos donc elle y va gaiement. Elle nous impose une séance de photos : tous les 6 ensemble (ça dure trois plombes), ma mère, elle et moi, Yohann et Anthony, Yohann et elle, mon père, elle et moi… Elle nous prend en photo pendant qu’on fait la vaisselle. Oui parce que j’ai beau être saoule, j’essuie les assiettes avec Anthony et même pas j’en ai cassée une.

Bref, le lendemain, ma mère expliqua à ma mamie : « Ahlala, mes deux filles étaient pilos (ouais, ma mère parle djeuns, des fois), y en a une qui arrêtait pas de parler et l’autre qui n’arrêtait pas de prendre des photos. » Ben crois-le si tu veux, lecteur, mais ma mamie a deviné de suite laquelle avait fait quoi.
 
En somme, une petite réunion de famille comme il en existe tant, des gens liés par le sang (ou par alliance) qui se donnent des nouvelles, confrontent leur vision des choses, se racontent des blagues ou des anecdotes. Rien d’exceptionnel… Mais ça fait vraiment du bien.

Qu’il est beau ce mur…

Par Mister Big

La spécialité maison des vingtenaires, outre la brouette, bien entendu, semble être le mur. J’explique. Le mur, ce n’est pas qu’un ouvrage de maçonnerie, c’est aussi un style de vie. Comparons nos petites vies à un voyage en voiture. On roule, on roule, des fois on crève, des fois on fait des excès de vitesse, on a des pannes sèches, le moteur a des ratés, etc etc… Mais en ce qui concerne les étapes sentimentales de nos existences tourmentées, on parlera plutôt de « murs plantés au beau milieu de la route ». On est dans nos petites zautomobiles, peinards, on ne demande rien à personne, et là surgit un mur au beau milieu du chemin ! On le voit, on sait qu’on va se le manger, et qu’est-ce qu’on fait ? On freine des deux pieds ? Que nenni ! Bien au contraire ! On se dresse les deux pieds sur l’accélérateur et on tourne bien le volant histoire de pas le louper, ce mur ! Masochisme, quand tu nous tiens…


Et, scoop pour certains, questions d’habitude pour les autres, en ce moment, il y a une émergence aigue de murs dans le monde des vingtenaires ! Que ce soit, Gauthier, Nina, Océane, votre serviteur, etc… on est tous en train d’investir dans le parpaing !

Je viens d’avoir Océane au téléphone, et on en a justement déduit que la chanson de l’été 2006 des vingtenaires sera « Another Brick » !

 

Gauthier a ses « moumours », moi j’ai mon « mumur » en ce moment.

Il est beau comme un cœur, gentil comme pas permis (je viens de passer une semaine malade comme un chien et il a joué les garde malade à la perfection !), intelligent, fou juste ce qu’il faut pour que ça colle entre nous ; dans un lit, je ne dirai qu’une chose : perfect ! (et encore, il vous dira que je n’ai pas eu droit à tout l’étalage de ses talents ! L’inverse est vrai, aussi, d’ailleurs…), on passe des soirées entière à parler de tout et de rien (ça change du couple : « heu… on fait quoi ? » « ben… heu… » qui finit par légumer devant un film ou par baiser car il n’a rien à se dire !), il est hyperactif à sa façon, donc il passerait son temps à faire du rangement, la vaisselle, etc (un parfait petit homme d’intérieur !)… Je pourrais passer des paragraphes entiers pour vous dire à quel point il est parfait ! Alors, où sont les briques, me direz-vous ? Ben il faut que je tombe sur cette perle rare, ce petit diamant à l’état brut, juste maintenant, tandis que ce charmant polyglotte doit filer pour ses études en septembre à Londres pour 1 an ! Et quand je dis 1an, c’est bien 12 mois, pas une « année scolaire » qui démarre en octobre et qui finit en mai ! Pourquoi tant de haine ? Pourquoi mettre ce mec si parfait sur ma route si c’est pour me le retirer à peine rencontré ???

 

Je ne vous parlerai pas des murs de Gauthier, Nina et Océane (ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit, là) car ce n’est pas à moi de le faire et parce qu’ils ont le droit de se planter dans l’intimité, mais on est au moins 4 à voir notre été partir en sucette à cause de ça !

Et surtout, tous autant qu’on est, on est conscients de foncer droit dans ces murs ! Faut-il y voir un côté masochiste ou est-ce plutôt un espoir, une croyance incontrôlable, qui nous pousse à « tenter le tout pour le tout » même si on est presque sur de se planter à l’arriver ? Au grand jeu des relations humaines, certains restent désespérément pessimistes et n’osent même plus prendre de risque. A quoi bon ? Encore se faire mal ? Encore mettre des mois à ramasser les morceaux de nos egos éparpillés par le dernier mec qui nous aura jeté ? Personnellement, je le vois, le mur, mais à quoi bon l’éviter ? Si jamais je braque, là, je passerai à côté, et après ? Des regrets… car même si on évite ce mur par anticipation, on en gardera que ça : « et si ça avait été le bon ?  Et si, malgré tout, je ne m’étais pas planté ? » et ça finirait par m’aigrir, me dessécher… Et nous sommes comme ça, chez les vingtenaires : masochistes de la vie ! Mieux vaut souffrir d’être vivants que ne pas souffrir mais ne pas tout à fait vivre…

Keep off wall

Par Gauthier

Bon ça fait un petit moment que je ne me suis pas épanché sur vos épaules. Alors comme la blogo-thérapie a remplacé la psychothérapie, on va m’analyser un peu… Il y a quelque temps, j’ai fait la plus grosse connerie de ma vie (non je ne parle pas du fait de coucher avec un séropositif, j’ai fait pire, sisisisi j’en suis capable). Pour celles et ceux qui lisent mon blog, j’en ai parlé là.

Pour les autres, petit cours de rattrapage. Flashback, nous voilà en 2001.

Gauthier est à l’université depuis deux ans, c’est le printemps, il vient de décider de mettre un terme à son analyse. L’analyse, c’est quelque chose de merveilleux, de confortable, mais bon quand la psy vous raconte ses problèmes de famille, c’est qu’il est temps de voler par vos propres ailes ! Je suis rassuré sur mon orientation sexuelle, sur ma normalité, sur mes envies, sur mes besoins, je peux donc me plonger à corps perdu dans cette grande aventure qu’est la vie.
 

Je me souviendrais toujours de cette phrase que j’ai eue lors de mon dernier rendez-vous d’analyse « Tout va bien pour moi, il ne me manque plus qu’un homme à aimer ! ». J’aurais mieux fait de m’arracher un bras… 27 mars 2001, minuit passé, le téléphone sonne, je sors d’un spectacle au Zénith :

– Salut Gauthier, je vais chercher un mec pour aller boire un verre, tu viens?

– Dis donc toi, t’es pas maqué et fidèle ? Tu te fous de moi ? Fais demi-tour de suite, sinon je t’étripe ! (j’avais passé le week-end à l’écouter me parler de son merveilleux, son sublimissime mec dont il était éperdument amoureux, et il s’apprêtait à le tromper ? En me prenant pour couverture ? Mais ça va pas non ?)

– Allez, viens avec moi, comme ça je serai sage…

– Non, je rentre me coucher et toi aussi !

– Putain, je le vois, il est trop trop trop beau, viens de suite, c’est un ordre !

– Mais… (et il me raccroche au nez)

 

J’avais 19 ans, je croyais encore au principe de fidélité et d’amitié, je décide donc d’aller jouer les chaperons alors que je n’avais pas dormi plus de 4h dans la semaine. J’arrive dans notre bar, et je le vois. Nom de dieu… Mais il avait raison, il est trop beau ! En disant bonjour à mon pote, je lui annonce qu’il n’a pas de soucis à se faire, je repars avec le beau gosse, et lui il se masturbera en pensant à nos ébats, comme ça pas d’infidélité (je suis sympa comme pote, non ?).

 

Je fais connaissance avec le bellâtre, il se fait draguer par tous les mecs présents, je suis on ne peut plus pressant pour marquer mon territoire. Là je me souviendrais toujours de ce que m’a dit mon pote en le regardant :

– Ok là il est parfait, mais c’est le genre de mec, à 22/23 ans, qui aura du bide 
– Mais je m’en fou complètement de sa gueule dans 4 ans, je l’encule ce soir, et on en parle plus !

Mais on fond de moi ça ne se passait pas aussi bien. Il me sourit, je suis aux anges, il parle à un mec qui lui touche le bras, j’ai envie de tuer tout le monde. Mais pourquoi je réagis comme ça ? J’ai autant de mecs que je veux, et même plus, mais c’est celui-là que je veux. Un coup de foudre ? En tout cas, ça y ressemble…

 

On se sépare, je lui propose de prendre mon num, il est nouveau, on a le même âge, je lui propose d’être son guide dans la jungle de pédé-land. Il refuse poliment. Je suis tout triste quand je rentre chez moi… Je sais que je le reverrais jamais, j’insiste alors auprès de mon pote pour qu’il me file son tel, son mail, n’importe quoi qui me permette de le retrouver, mais ce gros chacal refuse, normal il veut se le faire…

 

Deux semaines plus tard, je me console dans les bras d’un autre homme depuis quelques jours, je suis sur le net. Un garçon vient me parler, c’est lui ! Putain je le crois pas ! Je le lâche pas, sur le net je suis beaucoup plus direct :

 – Tu m’as fait très forte impression, pourquoi tu as refusé mon numéro ?

– Je ne sais pas quelles sont tes intentions, et ça me gênait…

–Alors je vais te le dire : tu m’épouses quand ?

 – …

 

S’en suivent des heures de dials, des coups de fils interminables, et enfin, le grand rendez-vous, le 29 avril (il m’aura fait courir celui-là !). On se fait un resto, on boit un verre, Lucie nous rejoint, on va en boîte, et enfin il se décide à m’embrasser. Grand moment épique ça aussi. Ça faisait quelques heures que je tendais des perches, et toutes sont passées au dessus, je commençais à me résigner, quand enfin, lâchant un merveilleux « tip top moumoute ! » il se jette sur mes lèvres ! Oui bon ok, ça mérite une explication. Cette expression débile, on la sortait tout le temps, et on l’a dite peut-être 200 fois dans la soirée, à un moment, je dis sur la piste de danse « alors les boîtes à pédés tu en penses quoi ? », réponse de l’intéressé « tip top moumoute ! »… Mais je vous jure que c’était vachement mignon sur le coup, bon ok il faut être moi pour voir le romantisme dans cette scène, mais bon… Bref, la suite est censurée, on s’est mutuellement violé sur les banquettes, Lucie a dû nous rappeler à l’ordre !

 

S’en est suivie une année très mouvementée. Deux fois je pris mon envol, une fois il fit ses bagages. J’avais peur, je pense, d’un amour possible, à 20 ans, on ne se rend pas compte. Et lui aussi ne savait pas comment gérer tout ça. On s’est fait du mal, je l’ai trompé (lui je ne sais pas, et je ne veux pas savoir). Et je suis toujours amoureux de lui, quatre ans après qu’il m’ait brisé le cœur.

 

Il a été le seul que j’ai vraiment présenté à mes parents (comprenez, le seul que j’ai invité à manger chez eux, ceux que ma mère croisait à mon bras à Carrefour, ça compte pas !), il était là pour mes 20 ans lors de mon coming-out définitif devant tous mes amis, il était là quand j’ai pris mon premier appartement, il est le seul garçon avec qui je suis parti en week-end, il est le seul que j’ai jamais aimé. Et je suis incapable de passer à autre chose. Pourquoi ?

 

Il m’a fui pendant 4 ans, et le mois dernier, on va boire un verre ensemble, comme on le fait deux fois par an à peu près, pour se raconter nos vies. Je reste dormir chez lui parce que j’ai loupé le dernier métro, et du coup on a le temps de parler, et surtout aucun des deux ne peut s’enfuir. Et là il vide son sac, pourquoi a-t-il gardé tout ça pour lui pendant quatre ans ? Pour pas me faire souffrir, mais surtout pour pas se faire souffrir, ne pas en parler ça aide à se persuader que c’est faux.

 

Résultats des courses : je l’aime, je veux revenir avec lui (de mon côté, vous remarquez que c’est plutôt clair !). Il a des sentiments pour moi, il n’arrive pas à passer à autre chose, les autres garçons ne l’intéressent pas, il ne se voit pas passer sa vie en couple, mais si ça doit se faire ça ne peut-être qu’avec moi, il a envie de vivre de façon plus consumériste (comme moi en gros : boire, sortir, baiser…), mais il en est incapable, mais il ne veut pas se mettre en couple pour la vie sans avoir fait ça avant, mais il ne sait pas si ça va marcher, mais il ne veut pas me faire souffrir, mais de toute façon il faut réessayer quand même sinon on ne s’en sortira pas, mais après bon dans 5 ans quand il va vouloir partir vivre en province moi je ne voudrais jamais le suivre, et puis il aime pas les chats, et puis il ne l’a toujours pas dit à sa mère (qu’il était pédé, pas qu’il aimait pas les chats, c’est bon vous suivez ?), et puis je suis grand, brun, avec une bonne situation en devenir, et puis je suis beau, et puis il m’embrasse et me demande de le serrer fort dans ses bras toute la nuit…

 

Vous avez compris quelque chose vous ? Moi j’ai du mal… Là il est parti en vacances, je vais passer deux mois sans le voir. La seule chose que je lui ai demandé, enfin les deux choses en fait, me donner des nouvelles, et répondre quand je l’appelle ou me rappeler dans les heures qui suivent, et ne pas me dire s’il touche un autre mec. Et on fait le point en septembre.

 

On s’est déjà engueulé parce qu’il me laisse 4 jours sans nouvelles (quoi psychopathe ? mais c’est juste que j’aime qu’on me réponde, surtout lui d’ailleurs), donc j’ai explosé, il m’a répondu « c’est comme ça et puis c’est tout ! ». J’ai pris ça pour un « tu m’saoule, bye ! », mais en fait pas du tout, il compte bien reprendre en septembre, sans me donner de nouvelles pendant deux mois.

 

Et je fais quoi moi ? J’ai pris une grande décision : je bois, je sors, je couche avec tout ce qui bouge, et si je suis encore en vie en septembre, il n’aura qu’à m’épouser, mais je garantis pas la gueule de la marié après 2 mois de débauche non-stop…

 

Programme du week end : trouver de la coc, trouver un mec, puis un autre, puis un autre… Vais pas me laisser emmerder parce que je suis amoureux d’un connard égoïste non ?

 

Gauthier part en vrille.

 

PS : selon lui l’égoïste dans l’histoire, c’est moi… ça s’annonce mal cette histoire !

PPS : Nina et moi en ce moment on a un grand délire sur les murs, vous savez ces murs qu’on voit arriver de loin, mais on fonce quand même dedans en dansant et en chantant. Heureusement que les copains sont là pour nous ramasser après. Donc là je fonce clairement dans un mur, nous sommes d’accord. Et hier j’ai acheté un tee-shirt « Keep off wall », ce qui signifie d’après un pote bilingue « Evitez le mur » ! Faut vraiment que je me remette à l’anglais…

Episode 21

« Si je ne m’étais pas retenue, je l’aurais descendue sur place, cette sale latino ! On aurait dû les mettre hors la loi, ceux-là aussi !
– Ma mère était mexicaine. J’aurais été un esclave, moi aussi, si ça avait été le cas.
– Chacun sa croix. Cette petite garce ne nous a même pas donné le nom d’Oceany ! J’étais persuadée que je pourrais l’avoir, cette salope, mais ça a échoué.
– Maria prétend travailler seule.
– Elle la couvre, t’as pas compris ? Bon sang, je suis entourée d’incapables ! Par moment, je me dis que tu ne vaux pas mieux que Bill, qui n’est pourtant pas une lumière.
– Parce que tu te crois supérieure à nous, peut-être ?
– Je ne me crois pas supérieure, je le suis. Je n’ai qu’à lever le petit doigt et on retrouvera ton cadavre dans une benne au rez-de-chaussée à moitié bouffé par les chiens. Alors, un conseil, ne
me parle plus jamais comme ça. »
Elle le fusilla du regard puis quitta la pièce, pour aller voir le grand patron. Seul lui la comprenait, il l’apaisait, il était si bon avec elle. Elle l’aimait plus que tout et elle s’était jurée
de faire tout ce qu’il lui demandait, y compris épouser et coucher avec Oxford. Quant à Bryan, il n’était rien pour elle, elle couchait juste avec lui pour compenser car elle ne pouvait pas faire
l’amour avec le grand patron. Elle pouvait à peine le toucher, mais elle était devenue la seule personne avec qui il communiquait et ce privilège suffisait à la rendre heureuse. Il allait oublier
ceux et celles qu’il avait aimés avant, même s’ils se comptaient sur les doigts de la main. Elle serait bientôt la seule femme de sa vie, la seule.

—–

Oceany sortit de sa chambre et alla à la cuisine, le cœur battant ; Et si quelqu’un s’était aperçu de son absence ? Mais elle fut rassurée dès qu’elle entra dans sa pièce et
vit sa mère lui sourire, tandis que son frère était en train d’engloutir un immense bol de céréales : tout était normal. Elle avait une folle envie de tout raconter à sa mère, de lui parler du
bonheur qu’elle ressentait, mais elle ne pouvait pas. Elle était censée se fiancer à Mark le lendemain soir et Alyson semblait avoir tellement été blessée par l’amour dans sa jeunesse qu’elle
réagirait peut-être mal. Elle s’assit donc à sa place et resta un instant à regarder les deux êtres qu’elle aimait le plus que tout, le cœur gonflé d’amour et de confiance. Au moment où elle avait
commencé à douter, Ethan lui avait montré la voie à suivre, et elle était plus déterminée que jamais.
« Bonjour ma chérie ! commença Alyson. Bien dormi ?
– Ca va.
– Tu as l’air particulièrement rayonnante, ce matin ! J’imagine que tu es pressée de te fiancer.
– Oui, ce doit être ça.
– Tu dois commander un joli costume pour l’occasion. Tu seras la personne la plus importante de cette fête, tu dois montrer à tous que tu es digne de ton rang et de ton nom.
– Tu te déguiseras en princesse, dis ? demanda Oliver.
– Je ne sais pas encore.
– Moi, j’aimerais bien ! Moi, je vais me déguiser en petit lutin.
– Tu seras très mignon, j’en suis certaine.
– Si tu veux, je peux te montrer mon costume.
– Non, je veux que tu me fasses la surprise pour demain soir. D’accord ?
– Oui, mais alors, toi, tu te déguises en princesse, d’accord ?
– Promis.
– Super ! Bon, je vais aller regarder ce qu’il y a de beau pour toi. Tu viens dans ma chambre avec moi ?
– J’arrive, je prends mon petit déjeuner et je suis à toi. »
Le petit garçon poussa un cri de joie et partit en courant dans sa chambre car il avait beaucoup à faire. Il était si sage pour un enfant de son âge, c’était une véritable perle. Oceany espérait
avoir un fils comme lui, un jour.
« Ca va lui fendre le cœur quand tu partiras.
– Quand je partirai où ?
– Tu te fiances demain soir, Oceany. Tu vas bientôt te marier avec Mark et tu iras vivre avec lui.
– Ah, oui, c’est vrai. Je n’ai pas envie de vous quitter.
– Tu ne pourras pas rester éternellement avec nous, voyons ! Tu dois vivre ta vie.
– Tu aimerais te baigner dans l’océan ?
– Pourquoi tu me demandes ça ?
– Pour savoir. Moi, j’aimerais savoir ce que ça fait de se baigner dans ces eaux salées et puissantes. Ca change des piscines chlorées et désespérément immobiles.
– Je me souviens quand j’étais adolescente, je passais mes étés au bord de la mer, sur la plage, à regarder les garçons faire du surf et à m’éclabousser joyeusement avec mes amis. Mais c’était un
autre temps.
– Je veux que tu viennes avec moi te baigner un jour.
– Enfin, chérie, l’océan est pollué et c’est trop loin et puis, pourquoi quitter la ville ? On est très bien ici, je…oh, Seigneur, ça recommence !
– Quoi ?
– Je n’ai jamais rien détesté autant que cette ville et pourtant, je n’arrête pas d’en dire du bien. Je deviens folle !
– Non, ça n’a rien à voir avec la folie, c’est juste que tu es endoctrinée comme tout le monde. Je ne sais pas comment ils s’y prennent, mais chaque habitant vénère cette ville alors que c’est une
véritable prison. Sans doute parce qu’ils n’ont plus besoin de rien et qu’ils n’ont plus vraiment de raisons de se plaindre.
– Toi, tu es comme moi alors pourquoi tu n’es pas victime de leur propagande ?
– Je ne sais pas. Peut-être parce que je ne me sers pas beaucoup de tous les outils qu’on m’offre, ce qui m’évite de m’extasier à tout bout de champ. Qui sait ?
– Je veux partir d’ici, ma vie en dépend. Si je reste ici trop longtemps, je vais devenir folle. Aide-moi à sortir d’ici.
– Oh, maman, je suis tellement contente que tu me le demandes ! Je t’aiderai, toi et Oliver et même Nicholas si tu y tiens. Nous serons tous heureux, ailleurs. Je te le promets. »
Elle étreignit sa mère et ne put s’empêcher de verser quelques larmes de bonheur. Tout s’arrangeait comme elle le voulait, elle espérait que ça allait continuer.

—–

« Ce serait l’occasion rêvée pour un coup d’éclat, non ? »
Mai était plantée devant Juan, les mains sur les hanches, bien décidée à le persuader de marcher dans sa combine, mais son acolyte ne semblait pas d’humeur à discuter. Depuis sa dispute avec Maria,
il s’était un peu refermé sur lui-même et ses grands yeux noirs trahissaient sa tristesse. Oceany et Ethan choisirent ce moment-là pour arriver, ce qui ne pouvait pas mieux tomber. Si elle arrivait
à convaincre la jeune femme, Juan suivrait forcément.
« Oceany vient voir deux minutes ici. Juan et moi ne sommes pas d’accord sur la marche à suivre.
– A propos de quoi ?
– De tes fiançailles : pourquoi ne pas en profiter pour faire un coup d’éclat ?
– Parce que je n’ai pas envie de sauter à cause d’un attentat.
– Je ne pensais pas à ça, mais à une bonne blague. On va semer la zizanie dans cette stupide fête.
– Ca s’appelle de la provocation, ça, Mai.
– Oui, je sais, mais qu’est ce que tu as fait, toi, en allant libérer Kirstie ? Si c’est pas de la provocation, ça ! J’ai juste envie qu’on fasse une bonne blague à tout ce monde et qu’on leur
fasse comprendre qu’il ne faut pas nous sous-estimer.
– C’est totalement inutile, Mai ! protesta Juan. Je n’ai pas envie de jouer à ce jeu-là et puis, avec tes yeux bridés, tu risques de ne pas aller bien loin.
– C’est une soirée costumée, personne ne verra mon visage. Et si on faisait exploser le gâteau ? Ca arroserait tout ce joli petit monde, ce serait amusant.
– Là, je ne suis pas trop pour. Normalement, je devrai couper le gâteau avec Mark et je n’ai pas envie de bousiller ma robe pour faire une blague.
– Depuis quand une robe a autant d’importance à tes yeux ?
– Cette robe, c’est Oliver qui me l’a choisie ; j’y tiens.
– Oh, je comprends. J’y pense : M Oxford va faire un discours, sans doute. Après tout, ce sont les fiançailles de son fils.
– Oui, en effet, c’est ce qui est prévu.
– Parfait : on va s’inviter à la soirée, préparer un gâteau piégé qui sera amené par un robot piraté par nos soins.
– Tout le monde ne peut pas venir, on n’a pas assez de passes.
– Je dois venir, c’est mon idée, ainsi que Myo parce que c’est un génie pour pirater les robots. Quant à Juan, ça lui ferait du bien de faire un peu la fête.
– J’aimerais que Kirstie vienne aussi, intervint soudain Ethan qui n’avait encore rien dit.
– Pourquoi ? demanda Juan.
– Je pense que ça lui fera du bien de voir son ancien maître ainsi ridiculisé.
– Il faudra qu’on se procure un nouveau passe, alors, Maria nous en a volé un. Je m’en occuperai demain. Ma mère est de notre côté et ne dira rien si j’emprunte le sien.
– OK, je vais m’occuper immédiatement du gâteau ! »
Mai repartit gaiement vers son mari, pour lui parler de leur projet, mais Juan n’arrivait pas à partager sa joie, il avait un mauvais pressentiment. Il allait se passer quelque chose de dramatique,
il le sentait.

Chapitre 15


Oceany fourra les invitations dans son sac et se dépêcha de quitter l’appartement avant d’être attrapée par sa mère. Cette dernière était surexcitée à cause des fiançailles de sa fille et ne
cessait de harceler cette dernière pour qu’elle se prépare correctement afin d’être la plus belle. Mais Oceany s’en moquait éperdument ; peu lui importait ce que Mark pensait d’elle, elle ne
l’aimait pas. De toute façon, et si tout se déroulait correctement, elle n’aurait pas à l’épouser.
Elle prit le monorail qui la conduisit vers les premiers étages, puis se dirigea d’un pas vif vers le hangar où il n’y avait pas grand monde. Le jour, la plupart des rebelles menaient une vie
normale pour ne pas être suspecté.
Mai l’accueillit joyeusement et l’entraîna vers le centre de la pièce pour lui montrer son costume, qui n’était en fait que sa tenue habituelle de rebelle, à savoir sa combinaison argentée et son
masque ressemblant vaguement à un papillon.
« Alors, qu’est ce que tu en penses ?
– C’est marrant, j’ai la même à la maison.
– Je sais : ça va devenir notre marque. Ce soir, on sera tous déguisés comme ça.
– Tu n’as pas peur qu’on vous remarque un peu ? Quatre personnes déguisées de la même façon, c’est étonnant.
– Enfin, il va y avoir des centaines de gens, on sera masqué et maquillé ! Au pire, ils remarqueront qu’il y a deux personnes vêtues pareil, un homme et une femme, mais ils ne pourront pas savoir
que nous sommes quatre en réalité, ils penseront que Myo et Juan ne sont qu’un et me confondront avec Kirstie.
– A propos de Kirstie, si les gens voient sa peau noire, tu crois pas qu’ils vont se douter de quelque chose ?
– Juan nous a fourni du maquillage, on va tous se tartiner la figure de blanc, comme ça, personne ne verra la couleur suspecte de notre peau.
– OK, ça va, je vois que tu as tout prévu ! Alors, voilà, quatre invitations pour entrer dans la salle, plus le passe de ma mère que tu donneras à Kirstie afin de monter là-haut.
– J’ai hâte de voir cette fameuse salle de réception, Juan m’a dit qu’elle était remarquable.
– Oui, sauf que ça a lieu au Théâtre municipal.
– Ah ? Tu es sûre ? J’ai entendu à la radio que c’était à la salle de réception.
– Ce sont mes fiançailles, je suis quand même un minimum au courant. Ils ont dû faire une erreur, c’est tout. J’espère que tout se passera bien.
– Tu as le trac ?
– Hein ? Oh non, je ne parlais pas de mes fiançailles, mais de ton plan tordu.
– Tu n’as pas envie de te fiancer avec lui, n’est ce pas ?
– Tu sais, Mark est un garçon gentil, malgré tout ce qu’on m’a dit sur lui et je l’apprécie. Mais je ne l’aime pas et je crois que ce sera comme ça jusqu’à la fin de ma vie.
– C’est à cause d’Ethan ?
– Pardon ?
– J’ai bien vu qu’il te faisait de l’effet et j’ai senti que vous étiez très proches depuis quelques jours. A mon avis, vous vous ennuyez pas quand vous êtes tout seul.
– Mai ! On ne peut rien te cacher. Comment tu as su ?
– Tu oublies que je suis ta meilleure amie et une meilleure amie doit toujours deviner ce qui se passe dans la tête de l’autre. C’est un gentil garçon, tu as fait un bon choix, même s’il m’a
traitée de salope. Mais il a changé à ton contact, il a perdu ses idées racistes et ça, c’était vraiment pas gagné. J’espère que vous serez heureux.
– Je l’espère aussi. »

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Le tampon rend con

Il y a un mois ou deux, avec LilVirgo, on a lancé le concept d’un one woman show. Comme c’est ferié aujourd’hui, en cadeau bonus, voici le premier sketch : le tampon rend con

(regarde son agenda)
tampon

26, 27, 28… Bon, ben, mercredi, j’ai mes règles. Ca tombe mal, j’ai une réunion super importante où je dois démontrer que je mérite mon salaire et que je ne passe pas mes journées à devenir une championne au solitaire. Non parce que je sais pas si vous avez remarqué mais, souvent, les règles, ça nous rend con.

Est-ce dû au fait que notre sang se concentre là ? Ca veut dire que notre cerveau n’est plus irrigué ? Regardez toutes les pubs pour les tampons et les serviettes hygiéniques. Les nanas, elles se retrouvent tout à coup avec 2 de QI. Ca m’étonne que les publicitaires nous aient pas encore fait le film mettant en scène une executive woman. Imaginez, la nana en tailleur strict, chignons et petites lunettes sur le nez. Cartable à la main, elle avance d’un pas sûr, on sent qu’elle pourrait écrabouiller n’importe qui avec ses hauts talons. On la voit aller dans les toilettes et là, drame ultime : les anglais ont débarqué. Et la voici devenue toute niaise avec une voie ridicule et une espèce de gêne dans son attitude.

« Et Josiane, tu viens prendre un café ?
– J’peux pas, j’ai mes règles. »

Ce que je trouve fascinant dans le traitement des règles dans les pubs, c’est qu’on sent que c’est fait par des mecs. Outre le fait que ça nous rend totalement niaise, ça nous empêche de tout faire. La phrase à placer dans ces pubs c’est « je peux pas, j’ai mes règles », à prononcer d’une voix la plus niaise et empruntée possible, tout en rougissant. « Han, je peux pas, j’ai mes règles. » Petite mise en pratique.

« Julie, tu viens te baigner ?
– J’peux pas, j’ai mes règles
– Julie, tu viens regarder la télé ?
– J’peux pas, j’ai mes règles
– Julie, tu ranges ta chambre ?
– J’peux pas, j’ai mes règles
– Julie, tu…
– J’peux pas, j’ai mes règles »

Le problème, c’est que dans la vie, ça marche pas. Moi, si on me dit : « Nina, y a un dossier urgent à boucler, là, je vous le confie !

– J’peux pas, j’ai mes règles.
– Et alors, ça vous empêche pas de bosser ! »

De toute façon, la phrase « j’peux pas, j’ai mes règles » est toujours suivi d’une autre de type « mais enfin Julie, tu connais pas topitampon ? C’est top, ça absorbe trop bien le flux ! Bon, nous sommes toujours aussi niaises et empruntées mais au moins, on peut aller se baigner, woohoo ! ». Et là, je rêve de voir mon boss me filer un topitampon en m’en vantant ses vertus et comme ça, je pourrai finir mon dossier. Bon, c’est pas aussi glamour que draguer les mecs au bord de la plage mais bon, au moins, je suis sauvée.

C’est marrant comme les règles, ça a vraiment un côté sale et on sent les mecs pas à l’aise du tout pour parler de ça… Du flux et de l’odeur. Y a toujours un côté très poétique pour en parler. Le mieux, c’est que depuis quelques temps, on nous refile des tampons « capteurs d’odeurs » ou qui sentent bon. Bon alors, déjà, en tant que femme, je refuse que mon sexe sente le déodorant pour toilettes. Bon, le parfumé, ça n’a pas marché donc on capte les odeurs. Bon, c’est bien… Sauf que moi, le tampon, je le change suffisamment régulièrement pour pas que ça sente.

Non, vraiment, les publicistes, arrêtez de croire que les règles, c’est la fin du monde pour nous. Ca fait presque 15 ans que je les ai tous les mois et regardez, je ne suis pas morte. Je crois qu’il faut traiter le problème autrement, avec plus de fun. Virez moi ces nanas coincées qui osent à peine prononcer le mot de tampon et allons-y gaiement ! Par exemple : ambiance boîte de nuit, Jennifer et Kevin se roulent des patins d’enfer, Kevin a bien envie d’aller visiter le dessous de la micro robe de Jennifer, la jeune fille l’entraîne dans les toilettes… Ouais, je sais, baiser dans des toilettes avec les pieds qui pataugent dans une espèce de mixture à base de pâte de PQ, ça n’excite pas tout le monde mais passons…Donc Jennifer l’entraîne dans les toilettes pour filles, elle prend une pièce et la tend vers le distributeur de capotes mais au dernier moment, elle la met dans le distributeur de tampons et prend le petit objet en haussant les épaules genre « désolé Kévin, c’est pas ce soir que tu visiteras mon intimité ». Mais ça, c’est du concept ! Autre idée. Prenons notre copine Julie, celle de la plage. Bon, cette cruche a enfin compris qu’avec un tampon, on pouvait aller se baigner, on avance. Donc Julie se la joue Pamela Anderson, on la voit avancer sur la plage avec un déhanché limite interdit au moins de 16 ans et là, la caméra centre sur ses fesses et que voit-on sortir de son maillot ? La ficelle du tampon. Slogan : « Topitampon, on n’a pas non plus toutes les solutions ».

Alors, c’est pas du concept ça ? Hé ouais, j’ai peut-être mes règles tous les mois mais ça n’empêche pas que ça cogite, là-haut (tapote le front).

Attention !! Ceci vaut le coup d’oeil

Par Tatiana

Lecteur si tu entres dans ce billet je te jure tu ne le regretteras pas. (photo de moi nue)

Bon en fait c’est pas vrai bien sûr mais il fallait bien que je vous attrape avec une pub mensongère. Mais promis je ne le ferais plus, car c’est pas très éthique tout de même.

Aujourd’hui je vais vous parler de ma journée d’hier. Après quelques échanges de mails matinaux avec mes amies en stage, je me suis préparée pour mon déjeuner mondain avec mes anciens camarades de misère, c’est-à-dire mes anciens collègues de travail. Je les ai rencontrés lors de mon dernier stage, le seul qui a duré six mois. Au début de ce stage, je ne leur parlais pas encore, et d’ailleurs j’ai failli m’en aller car mon activité là-bas n’était pas très épanouissante et je ne m’entendais pas très bien avec ma responsable. Et puis petit à petit, étant d’une nature sociable, j’ai commencé à parler avec les gens autour de moi et j’ai créé des affinités avec ces personnes. Surtout que moi on a tendance à me remarquer. Comme je disais ce midi j’ai la faculté d’occuper l’espace d’une pièce dès que je suis dedans. En gros je prends un peu de place. Alors au début c’est un peu fatigant, mais après quand je pars ah ben là ça fait tout vide. Du coup les gens sont toujours très contents que je vienne les voir après coup.

Me voilà donc à 12h30 à l’accueil du bâtiment pour mon repas avec une partie de mes amis vu que les autres ne mangent jamais avec ceux-là. Ca fait partie des petits clivages de l’entreprise. Nous décidons d’aller à l’indien. Comme prévu tout ce passe super bien, bonne ambiance et tout. Et là, premier sujet de réflexion : je croise Mister belles fesses qui était assis à une table dans le même restau. Ben ça pour une coincidence !! Parce qu’il y avait une chance sur un million que je le croise lui. Petite explication : belles fesses (BF pour faire plus court) est donc un mec que j’ai rencontré pendant le stage et on a découvert qu’on avait fait la même école. Forcément ça crée des liens et quand je suis partie, il m’avait proposé de voir si y aurais pas du boulot dans les boites qu’il connaissait. J’avoue que j’ai dis oui tout de suite, surtout que je le trouve très miam et qu’en plus comme ça il a mon tel. Bon il faut savoir que je ne fais que fantasmer sur ce jeune homme car marié et donc même si il y a un petit jeu de séduction entre nous ça reste là. Alors, il y a deux jours je lui laisse un message sur son répondeur pour le boulot hein pas autre chose, et là pouf je le croise. Je me dis c’est un signe vas lui dire bonjour et relance le pour le job. Donc direct je vais le voir, et il se souvient de mon nom, c’est déjà pas mal parce que quand même c’est pas forcé, et ajoute « j’ai eu ton message ». Comme si j’allais l’agresser le pauvre petit. Ben moi tout ce que j’ai pensé en le voyant c’est « hum t’es quand même mignon toi tu sais… ». Non mais c’est pas possible je suis incorrigible avec cettte sale manie. Tout ce que je ne peux pas avoir il me le faut. En lui laissant mon portable une deuxième fois, je pensais à ce serait bien qu’il m’invite à boire un verre. N’importe quoi ! A croire que mon histoire précédente ne m’a pas calmé du tout. Des fois je me dis que je devrais en parler à un psy, ça m’aiderai peut être. Parce que si un jour je veux fonder une famille je suis un peu dans la merde.

Mais continuons notre périple de la journée. Je reviens dans les locaux de la boîte, toute seule car les autres ne m’ont pas attendue. Pourtant je ne suis pas restée si longtemps que ça avec BF. Là je vois un autre camarade en train de discuter avec un autre mec que je connais. Ce camarade là je l’adore ! Mais vraiment. C’est un de mes super potes là-bas. On passait toutes nos pauses ensemble et il me raconte plein de truc de sa vie. Il est comme moi du genre la vanne facile et sans tact. Je sais que je peux lui balancer des « mais putain ta gueule !!! » sans qu’il le prenne au sérieux pour autant. Chose que je ne pourrais pas faire avec d’autres. On se pose pour prendre un café et j’apprends que justement aujourd’hui le Brésilien est là pour la journée. Lui c’est un mec qui vient de temps en temps bosser chez nous (oui je dis chez nous car je suis tellement attachée à ces gens que je me crois encore là-bas). Me voilà partie à attendre qu’il revienne de manger. J’ai poiroté plus d’une heure ! Bon ça va que j’ai toujours quelqu’un à qui parler dans cette boîte de toute façon. Du coup je suis partie vers 15h, et encore j’aurais pu rester plus longtemps.

Après avoir été chercher mes nouvelles lunettes, qui en passant ne sont pas à ma vue (super l’ophtalmo !), je rentre chez moi et continue mes conversations by mails. Puis le soir direction oberkampf chez mon amie lysa, où il y avait aussi Lola. Au programme des discussions : l’amitié. En fait tout est parti du fait que le mec de Lola voulait incruster une fille à l’anniv de ce WE, alors qu’il ne la connaissait que depuis un soir. C’est à dire que pour lui c’était déjà son amie. Débat sur comment lui faire comprendre qu’on ne devient pas ami véritablement avec quelq’un au bout d’une soirée. L’amitié c’est comme l’amour, ça se construit. Maintenant il y a aussi en amitié des coups de foudre. Moi il m’est arrivé avec une de mes amies que dès le départ je lui raconte tout de ma vie même des trucs que d’habitude je rechigne à dire. Ca fait maintenant pas loin de 10 ans qu’on se connait et d’ailleurs il paraît qu’on fonctionne comme un vrai couple (ça fout la honte quand on vous dit ça…). Il m’est arrivé aussi de partir en vacances une semaine avec des gens que je connaissais seulement depuis deux soirées. Ca, faut le faire quand même car rien ne garantit que dans la vie au quotidien ça passe. Ben figurez-vous que j’ai adoré ces vacances. C’est comme si on avait toujours été amis.

Autre sujet de débat : la confiance dans un couple. Nous sommes toutes les trois dans des situations actuelles qui font que dans une prochaine relation, on ne fera que très difficilement confiance au jeune homme concerné. Cette année nous avons été mise directement ou indirectement dans des situations pas très réluisantes pour la gent masculine. On a vu que même des couples ou les deux s’aiment, il peut sans raison apparente y avoir tromperie. Bon, je vous l’accorde, des fois ça vient de la femme, mais en l’occurence nous on a eu affaire qu’a des mecs casés et non l’inverse. Quand je vois le nombre de mecs qui ont des copines et qui draguent d’autres filles, j’hallucine. Ayant été à la place de l’amante, je me dis que je détesterais être à la place de la trompée. Mais comment le savoir ? Je veux dire le jour où ça va devenir sérieux avec un mec comment savoir si oui ou non je peux lui faire confiance ? Impossible car même un mec amoureux peut craquer sur quelqu’un d’autre. C’est totalement humain. C’est sûr que finalement ça fait partie du jeu de prendre le risque de se brûler avec le feu. Mais après avoir déjà eu le bras de cramé, j’ai pas envie que ce soit mes jambes. Plus on grandit, plus on entend des histoires au fins sordides et plus on a des ruptures douloureuses, plus il devient difficile de redonner sa confiance aussi vite qu’auparavant. Là est tout le dilemme de l’amour…

Voilà retranscrit ici une partie de mes errances cérébrales. Que de questions avec ou sans réponses, il s’en passe des choses dans ma vie 😉

 

Le boulot, des fois, c’’est rigolo

Bon, aujourd’hui, j’ai envie de parler boulot mais promis, je vous embêterai pas avec mes revues de presse ou autre. Non, aujourd’hui, je vais vous dévoiler un peu les coulisses de l’asso parce que, finalement, c’est super intéressant.
fun-travail

Ca fait maintenant deux mois que j’ai commencé, j’aurais dû être à mi-chemin de mon contrat (putain, déjà !) mais finalement, ils veulent me garder jusqu’à fin septembre. Bon, j’ai un projet très important juste derrière mais ça va coller donc je dis oui. Parce que la rentrée va être très importante pour l’asso et on ne peut pas se rater. Parce que je crois en elle et je pense que bientôt, on sera connus. Parce qu’ils ont des idées de comm génialissimes qui ne pourront que marcher. Bref, au bout de deux mois, je me dis que j’ai clairement fait le bon choix.

Bref, je cesse là ma déclaration d’amour surtout que personne de l’asso ne lit ce blog donc ça sert à rien d’insister. Qui sont les gens avec qui je travaille ? Des trentenaires ou pas loin avec des boulots de rêve, sortant tous de grandes écoles genre HEC ou CELSA, ils vivent dans de grands apparts dans Paris. Bref, je suis la prolo de service. Nous sommes environ une quinzaine mais il y en a quelques uns que je n’ai pas encore rencontrés. En gros, ceux que je fréquente le plus, ce sont Simon et Michel, président et vice-président, Karima et Flora, qui bossent dans la comm et Isabelle, qui nous prépare de petits événementiels. On se fait souvent des réunions pour déjeuner ou le soir pour travailler, parfois le week-end puisque toutes ces personnes travaillent. Bon, en gros, on est une asso sérieuse mais c’est pas pour autant qu’on est sinistre, on va d’ailleurs essayer de « djeuniser » le site, on dira parce que pour l’heure, si le site est très joli, il fait un peu trop laboratoire d’université.

Forcément, comme nous sommes des humains, y a des moments où on part en vrille et où on commence à délirer sur n’importe quoi. Genre on se moque de Michel qui a parlé de « compagne présidentielle » dans le communiqué de presse parce que c’est 8h et qu’on est fatigués.

Samedi, on a eu une réunion et j’ai bien aimé parce que ça faisait plus déj entre potes. Chacun a amené à manger, on a préparé une grosse salade. A un moment, on a rigolé : Karima, Flora et moi préparions la salade tandis que Simon fumait sa clope et on a commencé à délirer sur la répartition sexuelle des tâches dans l’asso. On parle pas mal de nos vies, Simon et Michel s’intéressent pas mal à mon projet post stage, Karima nous parle de son groupe de musique, Flora me raconte sa vie sentimentale au bout de cinq minutes de déjeuner (j’adore comme les gens me font spontanément confiance). Isabelle ne parle que de cul, tout le temps. Elle doit aimer ça, elle, elle n’a que ça à la bouche (sans aucun mauvais jeu de mot). Elle est toujours un peu excitée et fait toujours partir les conversations en vrille mais bon, elle a de très bonnes idées de comm, on a des opérations en prévision qui, si elles marchent, vont faire une pub incroyable à l’association. Mais c’est totalement interdit d’en parler, même à nos conjoints respectifs. Bon, traduction pour moi : t’en parles même pas à Gauthier. Enfin, bref, Isa, elle a un peu des soucis de thyroïde à mon avis mais passons.

Donc les réunions ressemblent de plus à plus à une bouffe entre potes qui discutent sérieusement qu’à de vraies réunions de boulot. Bon, moi, je reste assez calme, surtout quand les conversations glissent sur « ah ouais, j’ai croisé Jean-Claude aujourd’hui ! » parce que je le connais pas, moi. Ils ont plein de potes en commun donc, forcément, y a des blagues qui m’échappent. Mais bon, en laissant traîner mes oreilles, j’apprends des choses sur les uns et les autres, l’existence de la copine italienne de Simon, la non vie sexuelle de Michel (apparemment, il serait un peu coincé), l’amour désespéré de Karima pour un homme marié, la (longue) liste des exs d’Isa… Puis comme ces gens sont dans les hautes sphères, j’apprends du croustillant aussi. Enfin, bref, c’est riche en enseignement ces réunions.

Après, il y a quelques anecdotes. Par exemple, samedi, Karima, Flora et Isa ont commencé à chanter la chanson de Cauet et de chercher les paroles, Simon et moi nous sentions particulièrement largués. Parce que je savais même pas qu’il y avait autre chose que « Zidane il va marquer », dedans. On cherche à citer les joueurs de l’équipe de base, moi, j’en connais aucun donc je joue même plus. Isa m’explique que Pires et July (orthographe?) n’ont pas été sélectionnés par ils ont couché avec Estelle Denis, c’est à dire Mme Domenech herself. Ah ben je comprends enfin les blagues des Guignols sur le sujet !

Autre anecdote, la meilleure. Lundi, j’ai rendez-vous avec Simon et Gabrielle, chargée de comm, pour déjeuner. On doit parler du dossier de presse que je suis chargée de faire. On se retrouve, on s’installe en terrasse, on parle boulot, société, tout va bien… Soudain, à la table d’à côté, la serveuse s’énerve et commence à rembarquer la salade d’une cliente en lui disant de se casser. La cliente essaie de récupérer sa salade et comme elle n’y arrive pas, elle jette son assiette de frites à la figure de la serveuse avant d’essayer de la castagner. Son copain, genre armoire à glace, la retient, on se lève pour pas se prendre de coups puisque les couverts ont déjà valsés quand une autre serveuse surgit du resto en brandissant une chaise pour la jeter à la figure de la cliente. Bon, Simon arrive à l’intercepter. Tout ce petit monde s’engueule joyeusement, les serveuses accusant les clients de s’être montrés insultants, les clients d’avoir attendu trois plombes pour être servis. On nous prend à témoin mais on n’a rien vu, nous. Bon, finalement, les clients se cassent et pendant quelques minutes, on se retrouve comme des cons à rien dire. On essaie de comprendre à qui sont les portables et les lunettes qui ont atterri sur notre table, chacun récupère son bien.

« Ben, c’est violent des nanas qui se castagnent
– Ouais.
– On va demander l’addition. »
Le boulot, y a des jours où c’est vraiment rigolo.