



Avant, mon blog de vie, aujourd'hui, le relais de mes articles écrits par ailleurs




Hum hum… Plus d’une semaine sans articles, je crois qu’on n’avait pas vu ça depuis… depuis que ce blog existe. Et pas de réel article aujourd’hui non plus car
j’en ai pas foutu une rame du week-end. Oui, j’aurais pu écrire largement pour toute la semaine vu que samedi, je ne suis pas sortie (le point ravitaillement ne compte pas), que j’ai passé un
week-end relativement peinard et que ça m’a fait un bien fou mais voilà, je n’ai pas écrit.
Et là, de suite, j’ai pas trop trop le temps de vous faire un article. Le pire, c’est que j’en ai des tous prêts. Dans ma clé USB. Dans ma veste en cuir. Qui est
chez moi. Chez moi où je ne devrais pas retourner avant mercredi soir. Alors j’ai des bouts d’articles de ci de là mais ma liste des tâches ne cesse de croitre et il paraît que je ne suis pas
payée pour écrire des articles sur mon blog mais pour faire mon travail donc…
Bref, ce blog n’est pas à l’abandon, il subit juste un peu le contre-coup de ma vie tumultueuse. Mais perso, je ne m’en plains pas !
Deux ans plus tard, je réagis un peu à la question des retraites, j’aurai un jour la prime de la réactivité, je vous promets. Evidemment, on peut se demander si la question des retraites a une réelle légitimité sur un blog s’appelant les vingtenaires mais je pense que oui car le problème nous touche au premier plan.

Principe de base : va falloir travailler plus longtemps pour payer les retraites de tout le monde, solidarité, tout ça. Moi, je dis pourquoi pas. Après tout, les 30 glorieuses, c’est fini et la solidarité, ça me plaît, tous la main à la pâte (et au porte-monnaie). Ouais, je suis le genre de meuf à payer les impôts sans trop s’indigner, essentiellement parce qu’on me prélève un peu tous les mois et que ça me fait pas trop mal au cul. Sauf la redevance télé, ça me saoule de payer pour une télé regardée par les + 70 ans… Mais j’écoute la radio publique alors je dis trop rien (et y a des trucs bien sur France 4 et 5 aussi). Alors ok, cotisons ce qu’il faut. 42,5 ans pour partir avec la retraite à taux plein. Oui alors si on considère que j’ai eu mon premier CDI à 27 ans et que j’ai pas mal bossé à droite à gauche avant, on va dire 26 ans, 26+42,5 ans = 68, 5 ans. Youpi les amis, pas de panique, il me reste quasi 15 ans de retraite si je suis conforme à l’espérance de vie moyenne, youhou !

Sauf que. Mon calcul (simpliste) est bien joli mais je vois un souci en amont et en aval qu’on appelle communément le chômage. Prenons le problème sous un autre angle : les gens vivent plus vieux donc faut cotiser plus longtemps pour permettre aux vieux de ne pas crouler sous la misère. Ce qui reste assez relatif, ma grand-mère avait environ 300 € de
retraite… Léger mais bon, soit. Moi, je veux bien cotiser longtemps mais d’abord, mon métier, faut des bac++ pour l’exercer donc par souci de calcul, on se retrouve diplômés à 25 ans. Mais là, drame, même pas on a du boulot à la sortie et notre diplôme marron douteux sert juste à orner les toilettes (c’est marrant comme la couleur du diplôme va parfaitement dans ce lieu magique, c’est pour en illustrer la couleur). Selon les statistiques, un jeune diplômé met un an et demi à trouver son premier emploi donc 26,5 ans + 42,5 = 69. Certains verront dans ce chiffre hautement érotique une allégorie de la baise monumentale que nous inflige le système mais je ne suis pas là pour dénoncer, moi, je calcule. Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ?

Je vois la vie professionnelle ainsi, vision toute personnelle certes mais je pense que la plupart sera d’accord : début de carrière, on se défonce puis plus on avance, plus nos priorités changent. Surtout que l’ingratitude de certains patrons n’aide pas à se défoncer soirs et week-ends en sus. Au début, on avance, on apprend, on progresse. Puis un jour, on trouve que notre vie privée en a pâti et on rééquilibre. On laisse tomber les dossiers à ramener à la maison. De toute façon, je trouve ça assez stupide avec le recul, arrive un moment où 12h de boulot dans la journée ne peut pas être synonyme d’efficacité, le cerveau fait pshhhttt ! Peu importe, la vie et l’âge font qu’on baisse en performance et en ambition. Or imaginons que par un drame épouvantable, on se retrouve au chômage à 55 ans. Selon mon calcul, il nous reste 14 ans à cotiser, le tiers ! On fait quoi ? On postule bien sûr mais qui voudra de quelqu’un plus proche de la retraite que du début de son activité et qui n’a plus grand-chose à apprendre de la vie professionnelle. Car là est tout le drame de ma démonstration. Travailler plus longtemps, ok, mais au vu de la précarité de nos emplois, qui pourra vraiment cotiser à taux plein ? Plus j’avance dans ma vie professionnelle et plus je vois des employés jetés à la poubelle à la première crise. La rupture conventionnelle, c’est sympa mais pas que pour les employés, en fait… Si je prends mon cas, il y a 6 mois, je bossais dans une boîte ayant 11 employés à temps plein sur Paris. Aujourd’hui, ils sont 3 et nous n’avons été que 3 à partir volontairement… Oui, si tu comptes, 5 ont sauté du jour au lendemain à cause de la crise… Bon, par la magie de
l’interchangeabilité des employés, 2 d’entre eux sont à nouveau en poste, 1 en pleine création d’entreprise et les 2 autres, je sais pas. Dans ma nouvelle boîte, ça rentre et ça sort dans tous les sens, je ne comprends pas bien. Mais en somme, si t’es pas content, tu pars, on ne te retient pas. Nul n’est irremplaçable. Alors quand on arrivera à l’âge de la baisse de régime, qui va nous garder, franchement ?

Mais ça, personne n’en parle, on préfère se dire que les gens sont juste paresseux et ne rêvent que d’une vie oisive. Mais bien sûr…
Ca pourrait être le titre d’un mauvais film sur une trentenaire genre célibataire extravertie et liberée (genre moi), harcelée par sa mère qui désire plus que tout un petit fils ou petite fille (genre pas du tout ma mère). Un sujet carrément inédit, en somme. Mais non, ma mère a fortement milité pour que je reprenne la pilule quand elle a décrété qu’Amant
chouchou était mon only one et que je devais protéger mes ovules de ses petits spermatos (mais je suis sûre qu’ils sont supers tes spermartos, chéri, le prend pas pour toi). Mais n’étant pas une poule, je ne voulais plus être gavée d’hormones donc j’ai pris l’option stérilet avec les péripéties que l’on connaît. Pour vous rassurer, maintenant, je ne souffre plus du tout. J’ai juste toujours mes règles de 10 jours (en fait, c’est un mélange de spotting et de règles mais vous n’êtes ni mon mec (sauf toi), ni ma culotte donc vous vous en foutez un peu). On progresse !

Donc ma mère a milité pour que je devienne artificiellement stérile, combat peu acharné vu que c’est pas trop dans mon plan de vie actuel de me reproduire. Là, je suis plus en mode connasse égoïste de 30 ans qui veut voir le monde et cramer sa tune et qui est trop immature pour gérer un autre être vivant qu’un chat et un pimentier. Donc voilà, depuis fin juin, j’ai un Gudrun dans le ventre et tout va plutôt bien.

Pour mon nouveau boulot, qui n’est plus très nouveau au passage, j’ai dû assister à deux événements. Deux évenements avec des enfants. Tadam ! De là à en conclure que j’ai dû abandonner des enfants dans un glacier dans une vie antérieure, il n’y a qu’un pas… Or je ne m’en sors pas si mal même si j’ai un défaut énorme : je parle aux enfants comme à es
débiles. Par exemple, il y a 15 jours, super événement avec plein d’enfants hyper excités dans un environnement bruyant. Genre j’ai limite pleuré dans le métro en y allant. A un moment, je me retrouve à jouer avec une petiote de 1 an trop choupinette qui m’a de suite adoptée. Les enfants, c’est un peu comme les chiens, plus t’en as peur, plus ils t’adorent. Quoi que j’avais pas peur du caniche des parents de Guillaume 1er mais qu’est-ce qu’il me collait ce chien (j’aime pas les caniches). Bref. A un moment, la petite pique une voiture à un plus grand et la colle à son oreille « a-o ? A-o ? ». Attention, Nina l’amie des enfants et grande pédagogue devant l’éternel va entrer en scène. La petite me tend la voiture que je saisis et je lui fais : « Non, pas allo mais vroum vroum ! » en faisant rouler ladite voiture sur mon bras. Pendant un quart de seconde, je lis toute l’incompréhension du monde dans le regard de la gamine qui me reprend la voiture et refait « a-o ? ». Ok, je suis nulle… Mais je soupçonne ses parents de prendre le métro, ça ne m’a pas aidée dans ma grande mission éducative.
Le lundi, je raconte ça à ma mère et là, réaction totalement improbable : « Hihi, ça va finir par t’inspirer tout ça, tu pourrais bientôt nous en faire un ?
– Heu, maman, tu te foutrais pas un peu de moi ? Rappelle-moi qui a insisté pour que je me mette un stérilet ?
– Ahahah ! »
Oui, quand on connaît la mère, on connaît beaucoup mieux la fille. Et encore, je vais vous épargner l’histoire où elle compare les plumes marrons collées sur son paquet cadeau à des poils de foufounette (m’en fous, c’était pas mon paquet cadeau).

Du coup, là, j’hésite à évoquer le prénom d’Amant chouchou dans mes conversations, j’ai peur qu’elle finisse par insister pour que je me reproduise là, maintenant, de suite. Oh, y a pas à dire, on s’entraîne dur, hein, on pourrait devenir des champions olympiques de la discipline mais… comment dire… j’en ai pas chié tant de temps avec Gudrun pour ne pas en
profiter pendant de longs, longs, loooooooongs mois !

En fait, je crois que ma mère est sadique…
Ceux qui me lisent depuis la naissance de ce blog auront peut-être noté une légère évolution sur un point. Non la disparition de mes récits sexuels, je parle de culture. Voyez pas ? Simple : je suis officiellement décomplexée de la sous-culture. En somme je n’ai aucune honte à dire que j’écoute de la musique hypra formatée, à lire du Guillaume Musso dans la rue, même si je trouve ça très mauvais, et
je suis très fière de voir les vingtenaires cités sur le blog des sitcomologues, je savais que mes nuits blanches devant AB ne seraient pas vaines. Je ne ressens aucune honte, non. Parce que, tout simplement, je n’ai rien à prouver à personne.

Pendant longtemps, je n’ai mis en avant que ma haute culture, cachant le fait que j’étais une fan absolue de Sunset Beach par exemple. Alors qu’aujourd’hui, je revendique haut et fort le droit de mater des soaps, alors même que je ne peux plus en voir aucun pour cause de vie professionnelle. Même si on peut voir la plupart sur TF1 et France 2 replay. Mais j’ai pas trop le temps et surtout, je ne sais plus bien qui est qui et où on en est. Non c’est vrai quoi, par exemple, dans Amour, gloire et beauté, en ce moment, Taylor, elle est morte ou pas ? Oui, elle passe son temps à mourir pour de faux, c’est épuisant. Mais là n’est pas la question, je m’égare.

Donc la sous-culture. Les gens qui se sentent toujours obligés de ne s’adonner qu’à la Culture avec un grand C et en parlant avec le nez froncé (alors même qu’ils ne se sentent plus péter, c’est curieux), ça me gonfle. Attention, je ne dis pas qu’on n’a pas le droit de ne pas aimer la sous-culture, je comprends aisément qu’on ne soit pas sensible à la musique d’une Lady Gaga ou d’une Rihanna, qu’on crève d’envie de jeter le bouquin de Musso par la fenêtre du TGV (ça, c’est moi), qu’on refuse l’idée d’aller voir un blockbuster au cinéma. La
question n’est pas là. Ce qui me gonfle, c’est qu’on refuse même de s’y pencher 5 mn. Non mais j’ai lu un Musso pour me faire une idée, merde (tu le sens mon gros traumatisme !). Ce n’est pas de la culture, c’est de la curiosité, c’est sain.

Au dela de ça, je me demande toujours si cette posture d’hyper culture, en opposition à la sous-culture, n’est pas un réflexe pour cacher un complexe. Voyons un peu ça de près. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dire « je ne sais pas » tant l’idée d’admettre de ne pas tout savoir me mettait mal à l’aise. Elle ne sait pas, brûlez l’impie ! Aujourd’hui, je le dis sans complexe car je sais que je ne peux pas tout savoir et Dieu merci, je risquerais de me faire un peu chier le demi-siècle de vie qu’il me reste (selon l’espérance de vie moyenne, je
ne connais pas la date de ma mort). Je picore la culture selon mes lubies du moment. Par exemple, cette année, je prends des cours de bio marine au club de plongée, discipline à laquelle je ne connais rien à la base puisque la bio n’a jamais été ma tasse de thé. Mais même dans les disciplines qui me sont plus favorables, je ne peux pas avoir tout vu/tout lu. Et même si je deviens centenaire, ce sera toujours le cas. Ca frustre un peu d’y penser mais quand on envisage les millions et millions de livres écrits, impossible d’un jour tous les lire. C’est comme ça. Même les classiques, d’autant qu’il faudrait s’entendre déjà sur la définition de classique. Alors il est vrai qu’au vu du peu de temps qu’on a à consacrer à la Culture, je devrais un peu avoir honte de le consacrer à des merdes. Sauf que de un, j’aime bien les merdes (surtout si c’est un téléfilm avec un avion qui va pas bien) et de 2, mon cerveau est un muscle et parfois, il aime un peu se
reposer, lui aussi. Et y a des contextes qui se prêtent peu à la Culture comme lire « l’existentialisme est un humanisme » sur la plage, on comprend pas, on n’est pas concentrées. Bon et quand j’ai fait ça, j’avais 17 ans aussi et aucun cours de philo à mon actif.

J’arrive à un âge où je me fous un peu de l’image qu’on peut avoir de moi, vu qu’elle fluctue d’une personne à l’autre selon ce que je dis ou fais. On peut me prendre pour la dernière des dindes car je suis hyper calée en sitcoms, je m’en fous. Surtout que sociologiquement parlant, les sitcoms, y a de quoi dire ! Mais peu importe. Ceux qui me connaissent savent que je suis une incurable curieuse qui va lire tout et n’importe quoi pour assouvir précisément cette curiosité, une pique assiette de la connaissance qui peut étudier un sujet
à fond car c’est sa nouvelle lubie et d’autres où elle restera en surface mais ne demandera qu’à en savoir plus si elle croise quelqu’un qui lui expliquera. Je ne truffe pas mes phrases de mots de plus de trois syllabes de façon systématique pour faire ma cultivée car ça alourdit le propos et la forme ne prime pas sur le fond, sauf sur chez les impressionnables. J’ai tendance à croire qu’il est plus simple de communiquer en ne décorant pas ses propos de termes pompeux et superfétatoires (oui mais celui là, je l’aime bien), allons à l’essentiel. J’ai du vocabulaire, merci de vous en préoccuper mais les mots rares et précieux, c’est comme une paire d’escarpin à 600 euros, tu vas pas les mettre tous les jours. Heu… Bon, ok, j’ai foiré ma métaphore. Surtout que ce n’est en rien un signe de grande culture, suffit de faire un tour sur vocsoutenu.net, on chope deux ou trois mots et hop, on passe pour du cultivé. Quand je vous dis que ça ne marche que sur les esprits impressionnables. Un peu comme ceux qui capturent la conversation pour l’amener sur les deux sujets qu’ils maîtrisent, passant pour de grands cultivés alors qu’ils flippent que la conversation glisse sur un terrain plus inconnu. Un peu comme dans cette scène de Friends où Joey, qui a acheté une encyclopédie, veut parler du Vietnam mais ses amis partent sur l’Indochine et il est largué.

J’ai des références, moi, monsieur.
Par Diane
Mon cher petit lecteur, aujourd’hui j’ai envie de parler d’amour. Mais comme à chaque fois que c’est le cas, je réalise à quel point c’est difficile de le faire sans avoir l’air niais, ou mièvre, ou d’une banalité absolue. Il n’est rien de plus facile que de parler d’amour, mais rien de plus difficile que d’en bien parler.
Mais malgré cela, les choses tournent dans la tête, elles s’en vont et s’en viennent, elles fermentent et reviennent, alors bon, finalement ce n’est pas si grave, d’être mièvre, ou banal, si ça peut faire plaisir au troupeau de petits mots qui vagabondent dans le cerveau et qui veulent sortir, alors on parle.
Et c’est pour cela qu’aujourd’hui je vais vous parler de l’amoureux.
C’est fascinant, un amoureux(euse).
L’amoureux, c’est celui qui ressent, qui se drogue à l’émotion, la brute, la pure, de celle qui vous fait oublier la guerre la crise le cac 40 et les crises d’herpès. Que m’importe le malheur puisqu’elle m’aime! L’amoureux se sent toujours une âme d’artiste, et l’artiste fait tout ce qu’il peut pour garder son âme d’amoureux. « Frappe toi le coeur c’est là qu’est le génie », comme disait celui qui avait raison: l’amoureux écrit, il chante et s’enivre de toutes ces belles images qui lui sont soudainement offertes.
L’amoureux, c’est celui qui a une foi absolue dans son émotion, et qui accepte comme preuve incontestable de son amour la fièvre qui l’habite (tut tut, pas de jeu de mots) rien qu’à imaginer l’autre.Peu importe si le monde entier y compris sa propre conscience lui montre que tout cela n’est qu’illusion, sa foi n’en sera que plus grande parce qu’il le ressent ainsi. Et une grande et incontestable vérité sortie tout droit des films avec Meg Ryan nous dit qu’il est infiniment plus pur et bon de croire son coeur que sa conscience.
L’amoureux, c’est celui qui n’a pas de mémoire. Regardez cet homme assis sur ce banc vert près de la fontaine. Il y vient depuis plus de trois mois tous les jours, parce que c’est là que le monde s’est écroulé quand elle a prononcé ces quelques mots si douloureux qui se mêlaient au bruit de l’eau qui coule. Il vient là pour réfléchir, réfléchir pourquoi cette situation s »est répétée une nouvelle fois, pourquoi elles le trompent, pourquoi elles s’en vont, pourquoi il ne voit jamais rien. Et aujourd’hui il se sent plus sage, il se répète qu’on ne l’y prendra plus, qu’il vit désormais dans le monde réel.
Et puis il lève les yeux et voit la fille assise sur le banc de l’autre côté de la fontaine. Il la regarde et se répète ces mots…qui pour ces grands yeux tout aussitôt moururent. Elle est belle, elle a la grâce reptilienne d’une reine égyptienne et un teint d’albâtre à damner un peintre. Un mot d’elle et il devient fou. Après tout, il aime bien sa folie. C’est elle qui lui fait la courte échelle pour grimper aux balcons des filles. La folie est la putain commune à tous les hommes prêts à se prostituer pour un instant d’éternité.
Ce qu’il faut de regrets pour le moindre frisson; n’est ce pas?
Car c’est aussi énervant, un amoureux.
L’amoureux, c’est aussi celui qui ne voit rien, ou qui ne veut pas voir, et qui est prêt à soumettre tout son être et toute son âme sans même y penser, et parfois à les perdre.Les hommes qui furent follement aimés n’étaient pas toujours ceux qui le méritaient le plus, même si la notion de mérite peut paraitre étrange à ce sujet. J’ai toujours ressenti un profond sentiment de colère en voyant follement aimés des hommes aussi cons que mauvais, qui bien souvent en profitaient.
L’amoureux, c’est souvent celui qui est amoureux de l’amour, qu’il incarnera au gré du temps et des rencontres dans des êtres les plus vaporeux et inaccessibles possibles, petits socles malléables où il pourra à loisir imaginer et façonner l’idéal aux courbes félines et aux senteurs d »orient qu’il modèle à ses moments perdus et qui ressemble à ses rêves.
Et c’est pour cela qu’une fois devenu trop réel, l’autre a perdu toute saveur, une fois que l’autre s’est approché, il faut le mettre à distance, pour éloigner cet atroce sentiment qu’avec le réel de l’autre va s’évaporer le parfum de ses rêves.
Depuis quelques temps, je le confesse, je délaisse toute presse féminine. Lassitude, impression d’avoir déjà tout lu, j’en parlerai une autre fois. Or un petit nouveau qui se positionne différent apparaît dans nos magasins. Vais-je craquer ? Non car en lisant ceci et ceci, j’ai compris que ce nouveau venu, Causette de son nom, n’arrivait toujours pas à dépasser le sempiternel clivage de
la presse féminine. Soit t’es coquette et conne, soit t’es intello et négligée. Raaaaah !

Petit point de sémantique avant de poursuivre : je parlerai ici de femmes intellectuelles et non pas intelligentes. Parce qu’on peut très bien être cultivée et avoir le QI d’une huitre (ce qui n’empêche pas une bonne mémoire) et avoir une culture proche du néant et être néanmoins intelligente. Maintenant que ce point est posé, poursuivons. Donc la femme, cet être à part, est souvent présentée comme polyvalente, capable de parler au téléphone tout en gribouillant la liste des courses et surveillant la cuisson du poulet. Par exemple. Ce qui n’est pas mon cas vu que je ne fais jamais de liste de courses ni ne cuis de poulet. Par contre, j’ai toujours un franc succès quand je sors ma botte secrète : être capable de taper sur mon clavier une phrase cohérente tout en discutant avec la personne à côté donc en ne regardant ni clavier ni écran. J’ai fait ça l’autre jour à ma stagiaire qui était persuadée que je tapais n’importe quoi. Même pas, et toc. Par contre, je le fais de façon totalement inconsciente. Mais je m’égare ! Donc la femme a beau être polyvalente, il semble qu’on ne soit capable que de ne s’adresser qu’à une partie de son cerveau : soit la partie coquette, soit la partie intellectuelle. Les deux ? Et bah non !

Vous allez me dire (à juste titre) que j’exagère, qu’il y a aussi des reportages sérieux dans Elle et Biba, par exemple. Si, c’est vrai. Des reportages souvent consacrés aux conditions de vie des femmes dans des pays où ce n’est pas la joie, j’ai même lu un article sur l’excision dans Biba et ça ne te met pas super en joie. Mais bon, il est vrai que ce genre d’articles est un peu noyé dans la masse des mascaras, rouges à lèvres, it bag et photo de mannequins à l’IMC relativement préoccupant. Et encore, les mannequins des photos sont bien plus épaisses que les mannequins des défilés. A ce sujet, je me demande bien pourquoi les créateurs ne font pas défiler directement leurs tenues sur des cintres… Passons. De l’autre côté, on nous propose donc un magazine sans mode et beauté parce que les filles en talon sont des pétasses. Ouiiiiiiiii…

Alors il est vrai qu’en général, quand je lis un Cosmo ou assimilé, c’est pas forcément pour me cultiver mais plutôt pour me détendre et avaler plus facilement les 5 ou 6h de train qui me séparent de chez mes parents. J’ai bien tenté les mots croisés mais dans un élan de modestie, j’avais acheté un jeu niveau 1 ou 2 avec comme réponse à la définition « pour jouer », il fallait inscrire le mot « jouet ». Ceci étant, j’ai cherché quelques minutes, tellement je pensais pas que ça pouvait être aussi simpliste. Ah ben si… Au secours. Si je veux me cultiver, j’irai plus prendre un Nouvel Obs, un Courrier International ou que sais-je encore. Choisis ton camp camarade. Mais ce qui m’énerve, c’est cette perpétuelle dichotomie. Doit-on, pour être intellectuelle, se foutre de la mode, avoir du poil aux pattes et une sacrée gaine de capitons autour des cuisses ? Franchement, que cette dichotomie vienne de la part de femmes, ça me rend dingue. Parce que pardon mais quand on dit que pour avoir un esprit sain, faut un corps sain, je trouve ça on ne peut plus vrai. Et puis tiens, tirons un peu la démonstration. La mode, le maquillage, ce n’est ni plus ni moins que de la science. Pardon ? Mais oui, nous avons un corps et sur ce corps, il faut placer des oripeaux qui correspondent au mieux à sa géométrie. Par exemple sur une fille petite comme moi, faut pas trop abuser des tailles basses qui peut donner une sensation de « « petites pattes » . De la même
façon, la coiffure ou le maquillage doit épouser la forme de notre visage et respecter ses couleurs. Du fait de mes yeux bleus et de ma peau claire, je dois plutôt jouer sur les couleurs froides.
Mets-moi du rouge à lèvres rouge et tu verras à quel point ça ne me va pas du tout. Et, oui, j’aime avoir la peau douce et sentir bon, reconnaître les effluves qui me parlent et se marient bien à
la chimie de ma peau, trouver des produits qui la rendent soyeuse parce qu’une peau bien hydratée ne tire pas. Quant au régime alimentaire et au sport, là, encore, c’est une question de physique.
Si je mange mal, je digère mal et je ne suis pas bien. En tant qu’adepte de la chrononutrition (enfin, je dis ça mais je petit déjeune pas, c’est mal), je sais que le midi, j’ai intérêt à privilégier les sucres lents sinon à 17h, fringale et perte d’énergie. Or ma journée de travail dure jusqu’à 19h, je peux pas perdre 2h à ne rien foutre. 2h sur une journée qui en dure 8, c’est énorme. Et je ne te parle même pas des régimes équilibrés à base de calcul de calories… Quant au sport, il permet de se vider la tête des conneries, se purger pour booster sa créativité. Sans parler de la magie des endorphines qui me donne de l’énergie à revendre. Etant d’un naturel stressé, je peux vous garantir qu’on n’a rien trouvé de mieux que le sport pour se détendre. J’ai même une théorie qui dit que tout problème est dissolvable dans l’eau chlorée. Testé et approuvé par moi.

Bref, je suis navrée de constater qu’en 2010, il faille encore choisir son camp. Non mais quelqu’un peut-il m’expliquer depuis quand mettre des talons empêche de se cultiver. Oui, ok, c’est moins pratique pour marcher dans les musées, par exemple, mais n’importe quelle femme habituée à ses talons de 12 pourra vous faire toute une expo sans penser à ses pieds, concentrée sur les œuvres qui sont étalées sous son nez. Et quand on fait un régime, ce n’est pas les neurones que l’on perd, ce sont les capitons. Alors amies, unissons nos forces et crions ce slogan : « Moi, je suis intello même avec mes stilettos ». Non mais…

Faudra que je pense à acheter des stilettos pour le coup.

(J’avais pensé à un autre verbe du premier groupe mais je me suis dit que le racolage avait ses limites)
Hier soir, j’étais enfin peinarde chez moi et je m’adonnais à mon occupation préférée des soirs de glandouille : lire les blogs BD. Ouais, quand je suis seule chez moi, le soir, c’est mon rituel. J’attrape les yaourts qui me serviront de repas (je sais…), je me plante devant blogs BD et je lis. Là, je ne culpabilise pas comme quand je passe la soirée à glander sur Yahoo! jeux parce que bon, je peux pas écrire et manger en même temps, quand même. Même des yaourts. Bref, je surfe de liens en liens et je retombe sur un blog que j’aimais beaucoup et qui vient de reprendre : Louvre-Blondeau.

Je vous décris ce blog même si je préfère penser que vous allez cliquer sur le lien pour le découvrir par vous-mêmes (mais lisez mon article quand même) : Evelyne, son auteur, alterne planches de vie et planches sexuelles. Mais le truc génial, à mon sens, c’est qu’elle illustre sa vie sexuelle avec son époux et qu’en voilà encore une, rare, qui tord le cou au fameux « on baise pas pareil quand on s’aime ». Hé oui, on peut être fous l’un de l’autre et pratiquer la levrette. Incroyable ! Parce que oui, encore aujourd’hui, certains ont du mal à associer amour et sexe sauvage. Comme dirait Loxy_More : « la bouche qui suce ma queue n’embrassera pas le front de mes enfants ».

On peut décrier cet état de fait mais mon vécu me prouve qu’en général, les mecs maqués adorent les filles délurées… A condition que ce ne soit pas leur fiancée. J’en parlais l’autre jour avec une amie : on se retrouve facilement dans le rôle de la maîtresse car on n’a pas forcément de limites ou de tabous sur la question donc c’est plus facile de nous voir dans le rôle du divertissement que dans le rôle de la future mère. Ceci étant, le rôle de la future mère, ça me gêne pas des masses de pas l’endosser, hein. C’est triste ? Oui. Car si je poursuis ce raisonnement, il est impossible d’avoir l’amour ET la jouissance avec la même personne ? Que s’ébattre sur le plancher plutôt que sur le lit et à 4 pattes en disant des mots crus, c’est péché ultime ? Mais meeeeeerde. Surtout que pardon mais le sexe étant encore meilleur quand on aime, vous vous rendez compte du drame qui se joue là ? De tous ces gens qui resteront dans une sexualité peu satisfaisante en se passant d’une incroyable jouissance juste parce qu’on ne retourne pas son aimée dans tous les sens. Ou son aimé, d’ailleurs, ça marche dans tous les sens cette histoire.

Pourtant, c’est bizarre, la levrette est super recommandée pour se reproduire, ça favorise, paraît-il. Enfin, j’ai lu ça, je suis pas gynéco ou sexologue, moi. Et quand on sait qu’avaler rend plus mince (ahah) et s’en prendre plein la figure rend la peau douce (re ahah), on ne sait pas bien à quel saint ou sein se vouer. Mais ce que je ne comprends pas vraiment, c’est que depuis le temps qu’on dit que l’amour n’est pas antinomique d’une bonne baise bien violente, rien ne change. Oh, je ne déroge pas forcément à la règle, j’étais toute heureuse l’autre soir d’avoir dormi chez Amant chouchou sans sexe parce que ça prouvait (si besoin en était mais pas vraiment en fait) que c’était plus qu’une histoire de fesses. Bon par contre, une fois, ça va mais c’est bon, j’ai compris, on peut reprendre une activité sexuelle normale maintenant. Mais voilà : qui a dit que le respect excluait certaines pratiques que certains définiraient comme trash (bien que j’ai du mal à situer le curseur du trash/pas trash, c’est à chacun de voir) ? Est-ce que sodomiser une femme, par exemple, signifie qu’on ne lui fera jamais d’enfants ? Enfin, lors d’un prochain coït, j’entends, ça paraît compliqué de planter la graine dans cette position. Quoi que j’ai entendu une légende urbaine, une fois, d’une nana qui voulait rester « vierge » et n’ouvrait que sa petite porte et à force, elle avait créé un trou entre son anus et son vagin et s’était retrouvée enceinte. Mais ça me paraît hautement improbable… Enfin, là n’est pas la question, ça vous fera au mieux une nouvelle légende urbaine à raconter lors des dîners en ville. C’est très distingué en plus.

Finalement, je me dis que le fait que je me réjouisse encore de voir un couple aimant et sexuellement épanoui montre qu’il y a quand même un sacré blocage sur le sujet. Et je vous parle de Louvre-Blondeau mais vous avez aussi le love-blog dans le style. Et d’autres. Plus il y en aura, plus on admettra que ouiiiiiii, prendre son pied avec sa moitié légitime c’est normal et que le sexe de couple ne se résume pas à un missionnaire dans le noir et sous la couette à 22:47 le jeudi soir. Et que quand votre mec vous souffle un « raaaah, tu m’excites! », c’est un compliment, pas une insulte, merci.
C’est une journée comme une autre, une journée qui commence avec de petites contrariétés : un réveil qui tombe pour cause d’arrêt trop brutal, un train qui a 15 mn de retard. C’est une journée qui se déroule normalement au boulot et qui devrait bien se finir, je passe la soirée avec mes anciens collègues de chez Pubilon.

Sortie du boulot à l’heure, je pense à recharger mon pass navigo, je récupère le métro : tout va bien. Je trafique mon téléphone, il n’y a pas trop de monde, je suis assise sur un strapontin. Station Ranelagh, le métro rentre en station et s’arrête mais les portes ne s’ouvrent pas, l’électricité est coupée. Le conducteur de la rame nous annonce d’une voix un peu tremblante qu’un incident voyageur l’oblige à interrompre la circulation sur la ligne. Il précise ensuite aux passager du dernier wagon, encore dans le tunnel, qu’ils doivent patienter.

Des passagers sortent de la rame, je les suis. On regarde un peu autour de nous mais le fait qu’ils coupent l’électricité me parait très clair… D’ailleurs des agents RATP, très calmes, nous invitent à quitter la station. Peut-être que c’est un malaise ? Je croise un agent qui parle à un autre « Tu l’as vu se jeter…? ». Ok plus de doute. Pendant qu’on remonte, j’aperçois des silhouettes au dessus de nous penchées vers les rames pour voir ce qu’il se passe. Sur le coup, j’ai envie de les engueuler. J’ai jamais compris ce besoin de se rassasier
de la vue du sang. Vous espérez quoi ? Voir un bout de jambe qui traîne ? Autour de moi, les gens râlent « putain, ça fait chier, quelle galère », ça appelle pour prévenir qu’on sera en retard. Y a vraiment que moi qui comprends ce qu’il se passe ou quoi ? Surface, la rue, les pompiers arrivent. Je me sens pas très bien, je ne sais pas trop quoi faire : je suis au milieu d’un quartier que je ne connais pas, je ne sais pas vers où partir pour rejoindre ma soirée. Je consulte google map, je vais y aller à pied, tiens, ça me fera du bien de marcher. Tiens, je tremble un peu, ce doit être le froid. D’abord, je pense que la personne s’est jetée sous la rame d’en face puis je réalise : c’est la nôtre qui n’est pas rentrée en entier dans la station, c’est notre conducteur qui n’avait pas l’air au top de sa forme, c’est de notre côté que ça s’agitait. Merde.

Hier, une personne a décidé qu’elle en avait assez. Je ne sais pas in fine si elle est décédée ou pas (oui, on peut survivre à une rencontre avec un métro mais en très mauvais état) mais forcément, ça interroge. A quel moment on décide que c’est terminé, que l’on a à ce point marre qu’on choisit une façon de partir violente et sans retour ? Je m’étais posée la question y a 8 ans, quand ma tante s’est précipitée sous un train. Je continue à me la poser aujourd’hui. Hier, j’ai croisé la route d’une personne qui n’en pouvait plus de vivre. Ce n’est hélas pas le seul à faire ça. C’était la première fois en 5 ans que j’étais dans le métro concerné. Tout à coup, le fait d’être coincée au fin fond du XVIe n’avait plus grande importance. Je ne saurai jamais qui était cette personne, le pourquoi de son geste. Hier, la soirée a continué, j’ai passé un bon moment avec mes anciens collègues qui me manquent. Peut-être qu’hier, quelqu’un est mort à quelques centimètres de moi. Hier soir, j’ai écouté le récit d’une de mes anciennes collègues coincée dans la rame derrière la mienne se retrouver obligée de remonter le tunnel du métro à pied pour atteindre la station suivante et trouver une autre solution pour nous rejoindre. Et on a ri quand elle nous a expliqué que le bus dans lequel elle est montée a trouvé le moyen de se cartonner avec un autre. Ce matin, j’ai repris les transports sans même y penser. Hier, une personne est peut-être morte dans un espace où j’étais et finalement, je n’en pense plus grand chose. Je reste perplexe sur le geste, sur cette volonté à un moment d’en finir brutalement, cet espèce de courage lâche. Au fond, je ne sais pas bien ce qui me choque le plus : le geste ou notre relative indifférence à tous. Dieu Merci pour moi, je n’ai rien vu. Ca n’a pas été le cas de tout le monde.
Un article super intéressant sur rue89 sur le sujet.