Athènes, la divine

Après avoir quitté l’étouffante Naples, nous voilà partis pour un petit périple : train de Naples à Caserte, train de Caserte à Bari, ferry de Bari à Patras puis bus de Patras à Athènes. Long certes mais regardez les prix des vols entre Naples et Athènes, vous comprendrez.

Coucher de soleil en direct du ferry
Coucher de soleil en direct du ferry
Lever de soleil toujours en direct du ferry
Lever de soleil toujours en direct du ferry

Arrivés dans notre AirBnB et une douche salvatrice, on finit par s’habiller et par sortir à la découverte d’Athènes. Pas d’objectif : on va juste prendre le pouls de la ville, notre activité préférée. Il fait lourd mais on s’émerveille vite. A quelques mètres de l’appart, le vieux stade olympique et, regarde, au fond, l’acropole ! Je suis un peu comme une folle, je rêvais d’Athènes depuis tellement longtemps !

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Athènes a une atmosphère magique : au détour d’une rue, tu te retrouves nez à nez avec des vestiges archéologiques, le métro passe d’ailleurs au pied de l’ancienne agora. La ville nous charme : d’abord, contrairement à ce qu’on nous a dit, c’est propre et le moderne et l’ancien s’unissent à merveille. On se perd un peu dans les petites rues de Plaka, on erre au pied de l’acropole jusqu’à tomber presque par accident sur l’ancienne agora. On prend nos tickets d’entrées pour les jours suivants. Ca aussi, gros point positif : pour 12 euros, vous avez droit à entrer sur l’acropole ainsi que 5 autres sites archéologiques (on a choisi l’ancienne agora, le théâtre de Dionysos, le temple de Zeus, la bibliothèque d’Hadrien et le Keiramekos).

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Je ne vais pas vous refaire l’histoire des différents sites et temples, je dirais juste que c’est époustouflant et que ça a énormément excité mon imagination. Les lieux sont hyper propres et les Grecs veillent vraiment à ça. Par exemple, sur l’Acropole, un mec a sorti un sandwich, il a été prié de le ranger fissa. C’est à peu près à ce moment là que nous avons noté l’absence totale de pigeons… D’ailleurs, petite anecdote, sur l’acropole, on a failli mal finir : je portais un joli chapeau offert par Victor et évidemment, il y eut un coup de vent et mon chapeau s’envola dans une petite fissure au pied du Parthénon, dans une zone interdite aux visiteurs. Ni un ni deux, Victor a foncé, sauté les barrière, chopé mon chapeau et demi tour. On a bien entendu un sifflet mais vu que la cause semblait bonne, on n’a pas été interpellés, mmm…

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Mais on n’a pas fait que déambuler entre les vieilles colonnes (même si mon âme de photographe s’est franchement régalée, que de jeux de perspectives !), on a tenté d’autres balades. D’abord : le Pirée. Comme on partait en croisière le vendredi, on voulait un peu repérer les lieux. Résultat : on n’a rien repéré du tout et on a eu très chaud et en prime, on n’a pas trouvé de plages pour un mini plouf. On a erré jusqu’au petit port de Zéa, on a fini par s’offrir un petit coca pour moi et une bière pour lui, on est allés rigoler dans les allées du Carrefour (où on a acheté une fêta absolument incroyable, ferme et fondante, un délice, une tuerie). Pas indispensable.

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Le même jour, on est allés grimper sur le mont Lycabette pour découvrir Athènes au soleil couchant et même si ça tire un peu (mais ça va, y a des points d’eau en chemin), ça vaut vraiment mais alors vraiment le coup. C’est là que tu découvres à quel point Athènes est gigantesque. Un moment vraiment magique. Et en plus, en redescendant vers le métro, on a découvert un resto absolument parfait juste à côté du stade, j’ai dégusté de délicieuses feuilles de vigne (ben oui, je mange local) et un Aztek vraiment très bon avec un petit Raki offert par la maison. Le tout pour 15 € chacun, pourboire compris.

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Oui parce qu’Athènes, la bouffe n’est globalement pas très chère (à part une épicerie où notre petite provision de fruits et légumes nous a un peu fait mal). Un jour, on se retrouve dans un resto avec un menu à 10€ pour 2 entrées, plat et dessert ! Non seulement c’était bon mais quand même assez copieux. On a pas mal changé nos habitudes alimentaires par rapport à Naples, on avait tendance à faire un bon gros repas vers 14-15h et grignoter quelques tomates, pastèques et fêta à la maison en rentrant le soir, le tout arrosé de ouzo histoire de. On a été totalement conquis par la cuisine là-bas, c’est bon, pas trop gras, les fruits et légumes hyper parfumés. Un gros oui !

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Quant aux Athéniens, ce sont vraiment des gens adorables et hyper serviables. Dès qu’on leur parlait un peu grec (un peu : on disait bonjour, merci, de rien et au revoir), ils étaient super contents qu’on fasse l’effort. Quant à la crise… j’ai envie de dire « par pitié, éteignez votre télé ». Quand on lisait les médias français quand on avait accès au wifi (pour le coup pas top), on avait l’impression d’être partis dans un pays en pleine guerre civile alors que pas du tout. Le métro était bondé à 8h30 à cause des gens qui vont bosser, les queues au distributeur ont atteint au max une dizaine de personnes et les gens attendaient très tranquillement, pianotant sur leur téléphone, les vigiles sécurité censés empêcher les débordements semblaient mourir d’ennui… Bref, on n’aurait pas suivi l’actualité, la seule façon de deviner qu’il se passait quelque chose était le nombre de camions régie devant le Parlement… Depuis, j’avoue que j’ai une haine tenace pour la « Troïka » européenne et beaucoup de tristesse pour ce qu’on impose aux Grecs.

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Dernier point sur Athènes : c’est une ville salée. Littéralement. J’avais du sel sur mes lèvres, la peau de Victor avait un goût salé quand je l’embrassais dans le cou ou ailleurs… Et c’est ce qui me fait encore plus aimer Athènes. D’ailleurs, avant de partir, alors qu’on dînait sur un rooftop avec vue sur l’acropole, on s’est mis à rêver qu’un jour, on viendrait vivre là.

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Un coup de coeur ? Non, un coup de foudre.

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Nous ne sommes pas auteur de ce mini graf et ce ne sont pas nos initiales mais j’aime bien cette photo

Mais voilà l’heure de partir pour la croisière, l’expérience sociologique la plus déconcertante des vacances.

Les îles napolitaines : de beaux joyaux

 

Blasés par Naples dès les premières heures, nous prenons la décision de s’offrir une virée sur une des îles avoisinantes. Au choix : Capri, Procida et Ischia. La veille, nous avions pris les horaires distribués par une nana mais une fois au port, on se rend compte que ça correspond pas et qu’elle a juste omis de nous filer les heures de la plus grosse compagnie. La prochaine navette partant pour Ischia, on saute dedans (à peu près).

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Victor avait vu quelques photos sur le Facebook d’une de ses potes et m’avait dit “tu vas voir, c’est trop beau”. On débarque au port et… effectivement, c’est assez charmant. Mais mon cher et tendre a faim donc on rentre dans un resto un peu en retrait se restaurer tout en consultant le Routard pour voir quoi faire, l’île étant un peu grande pour cheminer à pied. Dégustant la meilleure mozza du monde (vraiment) puis des spaghettis vongole, on arrête notre choix sur Barrano, là où y a une plage. Ok, let’s go, prenons le bus. Je demande au chauffeur de nous arrêter à Barrano puis on s’assoit pas loin d’une vieille dame qui n’a plus toute sa tête et parle et rigole seule et très fort… Après un passage par le garage pour changer le poinçonneur de tickets, on monte la grosse colline locale quand le chauffeur nous annonce qu’on est arrivés à Barrano. On descend en même temps que la vieille qui continue de rigoler et là, on se retrouve un peu perplexe : on est à peu près au point le plus haut de l’île, où est la mer ? Et c’est parti pour une heure de marche sous un soleil de plomb. Oui parce qu’en fait, pour aller à la plage, suffisait d’aller au terminus du bus (encore 20 bonnes minutes, environ). Mais on marche, courageux et au détour d’un virage :

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PAF la vue. Autant vous dire qu’on a de suite été consolés de cette marche impromptue. Arrivés en bas, on finit par localiser les 3m² de plage pas privée (…) et enfin, nous voilà à nous ébattre dans la Méditerranée, un des meilleurs bains de l’année ! On s’ébat joyeusement, on va nager chacun notre tour, je me sens bien, je suis heureuse. Ischia, je t’aime.

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Le surlendemain, au tour de Capri ! J’étais légèrement dubitative sur cette destination, je craignais une destination très snob. Et bien oui… mais en fait non. C’est à dire qu’à un moment, on se promène dans une rue aux enseignes n’ayant rien à envier à l’avenue Montaigne, la place principale est peuplée de ce genre de personnes friquées que vous pouvez croiser en polo Lacoste au Cap-Ferret, Biarritz ou Nice et quand des mariés sortent de l’église, il y a une équipe de tournage avec des drones pour immortaliser tout ça. Mais Capri, ce n’est pas ça, en fait. Ca pourrait vite virer aimant à fric mais nous avons refusé la virée dans la grotta azzurra, curiosité locale très prisée mais littéralement hors de prix et décrit sur pas mal de site comme “ouais, c’est beau mais trop cher pour ce que c’est”. A la place, on a marché dans un adorable village, Anacapri, on a trouvé un petit sentier descendant près de l’eau. Pas de plages accessibles gratuitement depuis Anacapri  mais on s’est trouvé une petite planque rocailleuse pour être un peu tranquille. Seul léger regret : j’aurais bien fait un tour du côté de la villa Malaparte, là où a été tourné le Mépris mais ce n’était pas du tout le même coin donc tant pis.

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Bref, après la déception de Naples, ces îles nous font du bien, on apprécie de se promener à l’écart des touristes, se laver les yeux avec de magnifiques paysages, profiter du soleil, de la mer à proximité. Autant on n’est pas forcément très motivés à l’idée de retourner à Naples, on s’amusait à s’imaginer acheter une maison à Ischia pour nos vacances…

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Mais ça, c’était avant d’arriver à Athènes car, je vous l’annonce de suite : on est tombés complètement amoureux.

Saturnin est grand frère

[Ca ferait un super titre de film qui passe sur Arte, nan ?]

Il est des silences qui s’expliquent aisément. La vraie vie m’a prise dans son tourbillon et j’ai délaissé ces colonnes. Le bonheur n’attend pas, voyez-vous et je préfère savourer mon bonheur que d’en voler quelques miettes pour vous assommer de mes considérations générales. Car l’année 2015 est paradoxale : d’un côté, mon bonheur, incroyable et serein, de l’autre, le monde qui continue de s’effondrer dans la douleur et les cris.

Photo prise lors de la visite du Musée Montmartre avec ma maman. Je vous le conseille, il est super
Photo prise lors de la visite du Musée Montmartre avec ma maman. Je vous le conseille, il est super

Il y a 15 jours , mardi précisément, je m’agaçais, tournais et virais, vérifiant compulsivement mon mobile qui s’obstinait à rester silencieux. Est-ce qu’il marche bien au moins ? Je vais m’envoyer un sms de mon tel pro pour voir. Oui, ça marche. 13h45, n’en tenant plus, je finis par appeler mon père « bon, alors ? » « Non, toujours rien. Au rythme où ça va, ce sera cette nuit. » 17h ou presque, je discute avec ma chef et une collègue « non, ce sera pour cette nuit et (bip bip !)… Oh mon Dieu, elle est née ! ». Pivoine, 52 cm, 3,8 kg, une crevette par rapport à son frère. Un accouchement express qui a surpris son monde, la petite monstresse a bien failli naître dans un couloir de maternité. Une entrée dans le monde qui n’aurait pas manqué de panache, quelque part…

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Bref, me voici tatie à nouveau et je ne vous cache pas que j’avais hâte… car j’avais peur. En fait, quand ma soeur m’a annoncé sa grossesse, j’étais contente… mais un peu triste aussi. Parce que Saturnin. D’un côté, j’avais peur que ça lui fasse de la peine et puis surtout… En fait, je ne voyais pas comment je pouvais aimer cet enfant. Enfin, si, j’allais l’aimer mais pas autant que Saturnin, c’était évident. D’ailleurs, je fus fort soulagée de savoir que l’enfant à venir était une fille : comme ça, ils seraient bien différents (au moins physiquement), ce serait peut-être plus facile… Mes parents me rassurent : eux aussi ont pensé comme moi, eux aussi ont eu cette crainte mais tu verras, quand la petite sera là, tu penseras autrement.

Admirez mon talent en matière de PPT art
Admirez mon talent en matière de PPT art

L’amour se multiplie-t-il à l’infini ? Des gens que j’aime, il y en a : ma famille, mes amis, Victor, Saturnin. L’un n’éclipse pas l’autre. Le plus dur, finalement, c’est d’arriver à partager son temps pour ne léser personne. Alors Pivoine, elle pouvait avoir une petite place dans ma vie, ce n’était pas si dur alors pourquoi cette angoisse ? Peut-être parce que pour moi, Saturnin était l’Enfant parfait, le seul, l’unique, celui qui rigole comme un bossu à la moindre de mes facéties, un enfant beau (je suis très objective, notez), plein de malice et quelle intelligence ! L’autre jour, par exemple, on jouait à faire semblant de dormir et pour me cacher ses yeux grands ouverts, il a tourné la tête de l’autre côté. A même pas 3 ans, il est fûté ! Bon, il n’est pas parfait non plus, bien sûr : un peu réservé, je comprends pas toujours ce qu’il dit et il fait pas mal de caprices et colères (instant le saviez-vous : les enfants de 2 ans et quelques vivent ce qu’on appelle la “petite adolescence”). Pivoine, elle sera comment, elle ? Elle ne pourra pas être aussi géniale, c’est pas possible…

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15 septembre, donc. Je largue ordinateur et dossiers et je saute dans le 1er bus qui passe pour me rendre à l’hôpital de ma soeur. La petite merveille est là, rouge, les yeux collés, encore un peu de matière organique sur la tronche. Mmmm… Ma mère s’émerveille, je le mitraille avec mes super appareils photos. Oui, elle est mignonne, c’est vrai. Mais le déclic est plutôt arrivé le dimanche suivant quand je l’ai prise dans mes bras, chaude et calme. Saturnin à mes côtés pour que je lui lise une histoire, je me rends compte que, si, je l’aime cette petite fille. L’amour se multiplie, il ne s’annule pas.

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Bref, cet article neuneu sert à vous expliquer qu’en ce moment, j’ai pas le temps d’écrire mais je vais m’y remettre dès que je peux, j’ai encore plein de mes vacances à vous raconter, les prochaines qui arrivent très vite (dans une semaine, en fait), des livres, des colères, des tas de choses…

 

Au moins, je m’ennuie pas.

Peut-on rester léger face à  l’effondrement de notre monde ?

Ceci n’est pas un titre grandiloquant.

La semaine dernière, j’ai vraiment été troublée, la goutte d’eau. Depuis quelques temps, l’actualité me rend enragée. Je ne m’étendrai pas sur la politique française et européenne, tout ça n’est finalement qu’un détail par rapport au drame qui touche d’autres personnes, des populations qui vivent au quotidien dans la violence, dans la peur, qui sont prêts à donner tout ce qu’ils ont pour tenter de survivre ailleurs. Leur sort me fait mal, les réactions déconnectées de ceux qui ne comprennent pas ces “poltrons qui fuient la guerre” encore plus et tout le dégueulis raciste qui l’accompagne me rendent folle. Puis il y a eu cet enfant, ce petit corps sans vie, le même âge que Saturnin, à peu près. La goutte d’eau de trop.

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Et à côté, il y a ma vie. J’ai tout pour être heureuse, entre mon mec, ma nièce à naître incessamment sous peu. J’ai la santé, un boulot, je voyage à travers le monde, mon dernier souci fut une fièvre qui m’a clouée au lit dimanche et qui m’a empêchée de profiter pleinement de Victor. Le grand drame donc. Et j’ai envie d’écrire des tas de banalités, rire des facéties de mon neveu, la semaine à 4 qu’on a vécue avec Victor (nous deux et nos deux chats), mes périples… Bref, les petites choses qui font le sel de la vie.

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Mais peut-on vraiment continuer à faire comme si de rien n’était ? Se réjouir de nos petites vies bourgeoises où on peut obtenir tout ce dont on a besoin ou envie, où on surconsomme. On passe nos soirées à regarder des histoires futiles où un homme et une femme s’aiment mais se compliquent la vie pour des bêtises, des gens qui meurent mais on s’en fiche car ce qui nous intéresse, c’est de savoir qui est le meurtrier. On envoie des SMS pour laisser des gens enfermés dans de fausses maisons ou pour qu’ils continuent à chanter, on regarde les gens qui meurent pour de vrai dans un JT, entre deux pubs pour du Coca ou un iPhone qui coûte plus cher qu’un loyer.

Roger-Gicquel

Peut-on rester léger quand, à côté, des gens, des enfants, voient leur vie réduite en miette ? Qu’ils ne leur restent que des ruines pour espérer se protéger d’un tir de missile ou d’une rafale de kalach ? Peut-on continuer à supporter notre impuissance face à ces drames ? Je veux dire, on peut faire des micro choses, donner de l’argent, apporter un peu de chaleur aux migrants sur notre territoire mais n’est-ce pas déjà trop tard pour eux ? Pour un qui a réussi à arriver sain et sauf sur nos plages, combien sont déjà morts ? Trop tard, trop tard. Evidemment, dès qu’il n’y a plus gaz ou pétrole, les défenseurs des Droits de l’Homme détournent le regard…

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Vous me direz que ce n’est pas la première fois que l’Humanité traverse ce genre de crises et que les migrations importantes de populations fuyant une guerre sont presque un phénomène séculier. Il y a 80 ans, c’étaient les Espagnols qui traversaient les Pyrénées pour venir chez nous. Et puis même, si on parle de migration, il suffit d’aller faire un tour du côté de Lampedusa et visiter son musée des Invisibles pour bien voir que ça ne date pas non plus d’hier.

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Et peut-être qu’on a justement besoin d’un peu de futilités, de petits bonheur, pour ne pas sombrer dans le désespoir ? Je sais pas…

Pompéi,  l’éternelle endormie

Quand nous avons choisi nos vacances avec Victor, on a cherché à se concocter un petit cocktail « soleil et vieilles pierres ». Parce que, oui, je kiffe les vieilles pierres, j’aime me perdre dans les vestiges d’une vieille civilisation, essayer de m’imaginer en ces temps reculés, déambulant sur le site. Et niveau imagination, on fera difficilement mieux que Pompéi comme site archéologique.

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J’avoue que Pompéi était un des points phare de notre programme, j’étais follement excitée… et un peu stressée aussi. Ca fait des années que j’ai envie d’y aller et forcément, je m’étais créé des images dans ma tête (je fais souvent ça) et je craignais d’être in fine déçue. Et bien… pas du tout.
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Pourtant, les conditions n’étaient pas super idéales, il faisait une chaleur torride. Alors premier point positif à Pompéi : y a des points d’eau absolument partout. Ca tombe plutôt bien vu qu’on avait vidé nos bouteilles en même pas une heure et qu’il faut bien une demi journée pour faire un tour même pas exhaustif du site.

pompei_3Je ne reviendrai pas en détail sur tous les éléments à voir, les guides le feront bien mieux que moi. L’avantage d’un tel site, c’est que c’est immense donc on peut se balader facilement sans trop être dérangé par d’autres personnes. On a cependant noté qu’on croisait régulièrement des groupes par paquets : ils doivent avoir les mêmes horaires de départ ou à peu près donc on était assez contents de pouvoir se balader tous seuls dans notre coin.

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Ce qui est fantastique à Pompéi, c’est vraiment cette facilité à flâner. On est allés un peu au hasard, se perdant pas mal, tombant de ci de là sur un temple, une belle maison aux fresques murales, un charmant jardin, des lauriers fuschia magnifiques. C’est une expérience assez incroyable de pouvoir se promener dans cette ville antique, de fouler les mêmes pavés que les romains, retrouver quelques signes des tuyaux de l’époque, nous rappelant un peu Bulla Regia (l’histoire est somme toute assez similaire). Et puis, en sortant le plan de notre poche, retrouver le forum, l’amphithéâtre ou les arènes.

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Si le travail de reconstruction reste assez visible dans les « rues », l’impression de majesté demeure. Chaque coin de rue est une surprise, une petite maison où l’on devine les escaliers, le péristyle, un bout de chambre… On se balade dans les poumons économiques et sociaux de la ville. Une expérience assez étrange et émouvante, on sent dans cette ville où le temps s’est arrêté tout le drame qui l’a frappée de plein fouet. On lève le nez vers le calme Vésuve… La même vue que les Romains de l’époque.
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Galvanisée par cette visite, je lus plus tard le roman « les derniers jours de Pompéi » dont je vous parlerai demain. En attendant, je vous renvoie vers ma chronique du film Pompéi… ou quand Hollywood a tué les Pompéiens une deuxième fois (et salement)

Waterfalls… version Philippines

(Un peu de musique ?)

La plongée étant un sport un peu exigeant niveau pression sur votre corps, il est recommandé de ne pas plonger 24h avant de prendre l’avion. Ainsi, après une plongée du matin assez moyenne à Turtle Bay, nous rangeons nos affaire définitivement : fin de plongée (pour ce séjour) pour nous, cet après-midi, on va barboter sous la cascade.

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Destination : Kawasan Fall ! On s’entasse dans le bus rutilant de l’hôtel (celui qui a crevé, oui)et en route pour un lieu que j’imagine féerique, on me l’a décrit comme une cascade tombant dans des bassins aux eaux bleutées. Ouaaaaah ! On se gare sur un parking blindé et on marche 10-15 km sur un petit chemin, remontant une rivière aux eaux limpides. Que tout ceci est bucolique ! On s’approche, j’entends l’eau vombrir au loin… Oui, la cascade !

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Oh mais que c’est beau, cette puissante colonne d’eau qui tombe dans un bassin à l’eau de jade… Sauf que moi, je m’attendais à ça :

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Et en fait, c’était ça :

Cette photo ne rend pas justice au monde qu'il y a
Cette photo ne rend pas justice au monde qu’il y a

Bienvenue dans l’un des spots préférés des Philippins. Alors avouons que c’est très beau et que l’eau est délicieusement fraîche et que j’étais ravie d’être là. Le contraste entre les intrépides et les prudents avec leur gilet de sauvetage était assez marrant même si, certains se sentaient pousser des ailes. Ainsi, alors que certains de mes camarades s’élançaient d’un rocher un peu haut, un mec (je ne suis pas sûre de sa nationalité, Philippin ou Coréen), sanglé dans un gilet de sauvetage me demande si c’est suffisamment safe pour sauter. Heu ben j’ai envie de te dire oui mais ton gilet me fait douter un peu…

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Ca aurait pu être une journée divine mais… j’ai fait mon boulet. Après le déjeuner, notre guide nous annonce qu’on va se promener dans la jungle. Alors je vous le dis, je trouve le mot jungle légèrement galvaudé, le sentier pour monter était très praticable. On monte un premier degré, on découvre un nouveau bassin avec pas mal de gens, quelques tables de pique-nique, des gamins qui jouent avec une liane. Tout ça est bien joli, je dégaine mon gros reflex et immortalise ces quelques instants.

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Le mec qui plane au milieu vient de lâcher la liane avec laquelle il se balançait
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J’ai pas réussi à comprendre le sens de cette photo

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On continue, on passe sur des rochers plats un peu humides et… je finis le cul (mouillé) par terre. Je me relève, pas de bobo, tout va bien. Quelques mètres plus loin, je reglisse d’un rocher à cause de mes pompes mouillées. Je tombe droite et sur mes pieds mais… dans ma chute, mon objectif tape ledit rocher. Pas de panique, pas de panique… Putain, j’arrive pas à retirer le cache, qu’est-ce qui se passe ? Un de mes camarades, me sentant en hyperventilation, vient m’aider, on arrive à faire sauter le cache et là, je tombe face à une désolation : le verre est pulvérisé.

Vous comprenez pourquoi j'étais pas bien ?
Vous comprenez pourquoi j’étais pas bien ?

Alors que l’on arrive à un nouveau pont branlant en bambou et que l’autre Nina du groupe (oui, sur 13 stagiaires, on a réussi à être 2 Nina) commençait à paniquer, je me dis “non, j’en ai marre”. J’ai donc annoncé aux autres que je restais là à les attendre et, Anaïs sentant mon bouillonnement intérieur, encourage les gens à me laisser seule. Je suis un peu comme ça : quand je suis énervée, j’ai besoin de rester quelques instants tranquille pour reposer un peu l’équation. Nous avons donc un objectif pété qui coûte facile 300 € (après vérification, pas du tout, c’est plus 160 € mais à ce moment là de l’histoire, j’avais pas Internet, j’étais dans la jungle). J’ai un autre objectif à focale fixe à Paris et nous sommes en fin de séjour donc de ce point de vue là, l’appareil peut être très vite réutilisable. J’avais pris une assurance UCPA donc peut-être que ça va me prendre le bris de matériel… Bref, après quelques minutes, le drame n’en est plus un surtout qu’en re testant l’appareil, tout fonctionne, à part évidemment la trace de bris sur les photos. Tiens, pas pété l’objectif ?

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Mes camarades reviennent et me voient un peu apaisée, on redescend tous joyeusement pour la dernière partie de cet après-midi : le passage sous la cascade sur un radeau en bambou. Hihi, ça va être rigolo même si on ne comprend pas pourquoi les gens crient à chaque fois.

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Ah ben pour la peine, on a compris : l’eau te tabasse. Littéralement. Aplatie sur mon radeau, je reçois je ne sais combien de litres d’eau sur le dos, j’ai limite du mal à respirer. On recommence, deux fois, trois fois, ça m’arrache le bas du maillot puis on le refait assis… Une fois sortie de l’eau, la fille à côté de moi se jette sur moi, je me dis “tiens, je la savais pas si tactile” mais en fait, elle cachait juste un de mes seins rendu à sa liberté par la puissance de la chute.

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Bref, c’est assez bondé et touristique, la balade sur le radeau en bambou n’est pas indispensable mais ça reste beau.

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Ah et pour ceux qui s’inquiètent pour mon objectif, il va bien ! En fait, seul le filtre polarisant a été explosé. Une fois retiré les restes de celui-ci, j’ai pu refaire plein de photos. Mais il est vrai que le reflex, c’est encombrant et comme j’ai tendance à toujours le tenir au moins à une main, ça n’aide pas mon équilibre déjà précaire. Et puis à l’occase, il faudra peut-être que j’aille chez la podologue pour retaper ma voûte plantaire gauche déformée depuis mon accident du genou. Quelques photos prises après l’incident…

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Il y a des nuages incroyables là-bas, j’adore les nuages
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C’est moi ou c’est un peu phallique, là ?

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Voilà, fin du voyage aux Philippines, retour en France imminent (après 18h de vol en cumulé). Mais déjà, je formentais des projets pour mes prochaines vacances : rando américaine, plongée aux Antilles… Rien de tout ça, finalement. Avec Victor, nous allions nous envoler vers l’Europe du Sud. A suivre !

Bouge toi le cul

Parfois, le soir, je ne fais rien. Glandant gentiment sur Twitter en matant des vidéos à la con sur Youtube*, je vois parfois passer un pseudo que je connais, une personne que j’ai côtoyé dans une ancienne vie. C’est un peu la magie perverse des réseaux sociaux : soudain, un nom ou un pseudo perdu dans les limbes de votre mémoire vous revient soudain à la figure et vous brûlez d’une petite curiosité, parfois malsaine: et alors, il-elle devient quoi ?

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Les parcours sont variés, certains ont trouvé une joyeuse moitié, d’autres ont même eu l’audace de se reproduire, j’ai accès à leurs photos de couple, leurs photo de bonheur qui ne me regarde pas, finalement. Puis d’autres exposent d’autres aspects de leur vie : leur réussite. Quand je parle de réussite, je ne parle pas nécessairement de réussite au sens capitaliste du terme mais oui, certains ont réalisé leur rêve. Et moi, j’en suis où ?

aladdin magic lamp on black with smoke
aladdin magic lamp on black with smoke

Bonjour, je m’appelle Nina B. et je suis une putain de flipette qui se réfugie dans la procrastination pour ne pas réussir. Voilà, on pouvait pas mieux résumer la situation. Je suis la fille qui veut faire plein de choses mais repousse toujours au lendemain pour d’obscures raisons qui tiennent au choix de la flemme ou de la peur ou des deux. Ma vie est loin d’être un échec, entendons-nous bien, mais il y a ces rêves que je repousse pour « quand j’aurai le temps ». Vous voyez très bien de quoi je parle, vous qui me lisez depuis longtemps, n’est-ce pas ?

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Des fois, j’ai de petites ambitions. Genre créer de nouveaux blogs qui seraient plus axés sur une rémunération, même minime, histoire de (je ne parviens pas à me résoudre à mettre de la pub sur les vingtenaires), lancer une petite marque de bijoux et accessoires faits main juste pour le côté je l’ai fait et choper 30 € de plus par mois (la richesse). Je veux aussi me lancer dans la vidéo, apprendre la musique, une nouvelle langue, tout ça, tout ça. Mais non, je ne fais rien parce que tu comprends, « j’ai trop de travail, j’ai pas le temps ». Notez qu’il est vrai que je suis bien (trop) débordée et que le soir, je suis bien meilleure à résoudre quelques escape rooms (ma nouvelle addiction) en matant une énième fois des épisodes de Salut les geeks, le fossoyeur de films ou le joueur du grenier qu’à écrire trois phrases correctes. Puis la naturopathe, elle a dit que j’avais droit à la paresse alors hein… Et c’est vrai. Mais faut assumer alors.

Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple
Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple

Et j’avoue que c’est là que le bât blesse un peu. J’ai pas envie d’être juste une fille de bureau. Mon travail n’a certes rien de routinier, je dois régulièrement me pencher sur de nouvelles marques, de nouveaux univers, comprendre ce que veulent des gens qui sont différents de moi, d’une marque qui ne me parle pas. Je suis l’écolo bobo qui anime la page de voitures plutôt polluantes, je suis la rêveuse qui raconte des histoire autour de pays où elle n’est jamais allée pour des compagnies aériennes, je suis l’experte de la bancassurances qui finit à découvert tous les mois, je suis la fille qui écrit des tweets sur un film qu’elle n’a pas vu… Ca occupe. Mais est-ce que ça suffit à m’épanouir ? Non car ce métier me permet de toucher des tas de choses du bout des doigts mais jamais de soulever le voile. Entre parler d’une voiture et la piloter, il y a un gouffre. Entre habiller la photo d’un sublime paysage d’un texte évocateur et voir ce paysage de mes yeux, il y a un abysse. J’ai envie d’expérience, j’ai envie d’aventure, je dois essayer.

Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais
Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais parce que ça me terrorise à mort

Alors maintenant, le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux. Parce que ces gens là, croisés irl ou virtuellement dans une autre vie, ils ont pris leur destin en main, ils ont essayé. Si je prends le cas de Natoo dont j’ai déjà parlé, ses petites vidéos lui ont apporté beaucoup : une carrière, des projets (un livre, une BD) et même un mec.  Moi, j’ai déjà le mec mais sur le reste, y a du boulot.

Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses...
Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses…

Quotidien vs la recherche d’un extraordinaire, la bataille est lancée.

* J’ai plus la télé depuis presque un an. Pas par choix, non, juste par flemme d’appeler SFR pour réclamer une nouvelle télécommande. Ca vous situe mon envie de récupérer une télé

Le labyrinthe de Wes Ball

Parfois, je me fais piéger par un synopsis comme celui du Labyrinthe. Je vous fais le pitch : des jeunes gens se retrouvent prisonniers dans un labyrinthe mystérieux aux murs qui bougent et plein de pièges. Comment s’en sortir ? Je lis ça et je dis “oh, un remake de Cube, un de mes films préférés !”. Et bien… Non, pas du tout.

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Reprenons l’histoire en détaillant un peu : un jeune garçon se réveille dans une boîte qui monte, monte et le fait arriver au milieu d’une sorte de prairie. Accueilli par des brutasses viriles qui le secouent un peu et ricanent bêtement quand il se met à courir pour leur échapper. Bienvenue chez les bourrins ! Bref, le nouveau est un peu perdu, le gentil chef le prend par la main pour lui expliquer un peu le truc : on ne sait pas où on est, on est au coeur d’un labyrinthe et comme on arrive pas à en sortir, on a organisé une société, chacun doit mettre la main à la patte et chacun sa fonction.

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Mais le nouveau, il écoute pas trop parce que lui, il veut aller voir le labyrinthe, ça le titille. D’ailleurs y a des mecs qui en surgissent en courant ! “Hé mais moi, je peux pas aller dans le labyrinthe et eux, ils peuvent ?”. Finement observé jeune homme. Donc on apprend que parmi la communauté du labyrinthe, on a les coureurs, des gens qui courent dans le labyrinthe en journée pour tenter de trouver une sortie en traçant un plan du labyrinthe découvert au fur et à mesure de leur course mais bon, le labyrinthe se meut tous les jours… Mmmm… Du coup, pardon ma question mais à quoi ça sert de faire le plan d’un truc qui change tous les jours ? Bon, en fait, ça change mais pas trop, apparemment. On apprend qu’il faut pas rester la nuit dans le labyrinthe parce qu’il y a de grosses bêtes qui tuent ceux qui ne reviennent pas. La nuit tombe, les portes du labyrinthe se ferment.

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Bon, je vous passe un peu les détails, le nouveau se souvient soudain de son nom, Thomas, puis le lendemain, il se fait agresser un peu gratos par un des coureurs qui est contaminé par une sorte de méga insecte qui traîne dans le labyrinthe. Il devient donc fou et pour s’en débarrasser, on le jette dans le labyrinthe à l’heure de la fermeture des portes pour qu’il se fasse déchiqueter par les bêtes qui traînent là dedans la nuit. Le lendemain, le coureur rescapé part au petit trot avec le chef du camp pour continuer à tracer un plan qui ne servira à rien puisque, pour rappel, ça bouge toutes les nuits. Un petit point sur le chef du camp : les habitants du labyrinthe oscillent entre adolescents et jeunes adultes et le chef, le premier arrivé, doit bien friser la quarantaine. Pourquoi, on ne saura jamais. Bon, évidemment, vous devinez aisément que ça se passe pas bien, le big chef (Alby) est blessé par le méga insecte qui rend fou. Alors que les portes se ferment, il est proche de la sortie du labyrinthe avec l’autre coureur mais ils ne peuvent franchir les 10 derniers mètres, aaaaaaah… Alors ni un ni deux, Thomas se jette là dedans pour les aider et se fait pourrir la gueule par l’autre coureur qui lui expliquent qu’ils vont tous crever. Bon quitte à être là, ils tractent le boss en haut d’un mur puis courent un peu à droite à gauche au lieu de rester à l’abri avec papy Alby. Comme Thomas est trop fort, il arrive à éclater une bestiole, une sorte d’araignée mécanique.

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Le lendemain, ils reviennent triomphants au village, larguent Alby à l’infirmerie puis vont un peu discuter avec tout le monde, deux camps se forment, les camps du “ohlala, le nouveau, il change la donne, on est trop content” et le camp des “vous avez énervé les gens qui nous surveillent en cassant leur jouet, ils vont se venger”. Bon, là, Thomas est puni car il a fait n’importe quoi et on le condamne à adhérer au groupe des coureurs… Ah ben si désobéir implique que je vais avoir en punition ce que je veux dès le départ, je vais foutre le dawa plus souvent, moi ! Ils retournent dans la labyrinthe et vont voir la bestiole éclatée… Sur celle-ci, ils trouvent un cylindre avec les mêmes initiales que sur leur rationnement et le chiffre 7. Mais ils n’ont pas le temps de se taper dans la main que des cris viennent du village : la cage arrive ! Normalement, elle ne remonte qu’une fois par mois et là, cette fois-ci, il y a une fille dedans avec un étrange message : “ce sera la dernière”. Quel est donc ce message mystérieux ? Oui, ils se posent vraiment la question, je situe pas bien quel mot ils ne comprennent pas…

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Bon, là, la situation est tendue : dans un village rempli d’ados et jeunes ados qui vivent en auto gestion, on envoie une fille, sosie raté de Kirsten Stewart. Une fille au milieu d’ados qui s’ennuient un peu et sont là depuis plusieurs années pour certains… Vous voyez où je veux en venir ? C’est un peu comme les Schtroumpfs quand Gargamel a créé la Schtroumpfette et l’a balancé dans le village des Schtroumpfs sauf que là, je suis pas sûre qu’ils se contentent de lui offrir des fleurs… Mais Thomas pense reconnaître la fille : c’est Bella de Twilight celle dont il rêve toutes les nuits depuis son arrivée (deux fois donc). D’ailleurs, alors que la demoiselle, à peine réveillée, se réfugie en haut d’une plateforme et lapide tous ceux qui essaient de monter (je disais quoi à propos de la Schtroumpfette ?), elle accepte que Thomas monte car il ne lui est pas inconnu.

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Bon, la fille a une fiole dans sa poche et Thomas se dit que, tiens, c’est l’antidote contre les mégainsectes qui rendent fous donc il va soigner Alby qui n’a pas été re largué dans le labyrinthe parce que bon, il est fou mais c’est le chef, quoi. Thomas lui injecte la substance étrange et, oh dis donc, ça marche ! Et un problème de réglé, merci la fille d’avoir si opportunément ramené l’antidote.

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Bon, re course dans le labyrinthe, Thomas et le coureur vont vers le secteur 7, rapport au numéro du truc piqué sur la méga araignée et ça tombe incroyablement bien, c’était une sorte de clé. Ils ont eu chaud, c’est le seul bout qui n’a pas été broyé dis donc. Bon, ça ressemble une sortie donc on va ramener les autres et tenter de passer par là. Mais ça va pas être si simple : de retour au village, le personnage antagoniste, aka le gros bourrin pilier de l’équipe de foot qui parle mieux avec ses muscles qu’avec sa bouche, a un peu monté tout le monde contre Thomas et ses potes en disant qu’il fallait rien changer sinon le labyrinthe allait se venger. Thomas se retrouve donc enfermé avec quasi Bella, l’autre coureur, Jojen Reed et un gamin un peu chiant qui dit à Thomas « tu vois, ça, c’est une petite statue que j’ai sculpté de mes parents par rapport à mes souvenirs. Si jamais je meurs et que tu arrives à t’enfuir, j’aimerais que tu la donnes à mes parents… » « Mais non, tu mourras pas ! ». Voyons : un personnage secondaire mi sympathique mi agaçant qui parle de sa mort sans aucune raison et donne un objet à transmettre « si jamais »… Bien sûr qu’il va crever !

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Finalement, ils sortent de là et foncent dans le secteur 7 du labyrinthe, ils se battent entre eux, ils se battent contre les araignées, ils rentrent dans un labo plein de morts donc une dame que voyait souvent Thomas dans ses visions et à la fin, le bourrin veut tuer Thomas mais tue le gamin énervant à la place. OH PUTAIN JE M’Y ATTENDAIS TELLEMENT PAS ! Le bourrin meurt à son tour et les survivants (Thomas, la fille, l’autre coureur et Jojen Reed) découvrent une vidéo qui leur explique qu’en fait, c’est la guerre dehors et pour les préserver, on les a foutus là le temps que ça se calme et que s’ils étaient intelligents, ils s’en sortiraient. Donc pour préserver l’humanité, vous foutez ce qu’il en reste dans un labyrinthe avec des méga araignées et des méga insectes tueurs. MAIS JE ! Ils sont récupérés par un hélicoptère et découvrent alors le labyrinthe de loin. Mais en fait, ça encore, c’est un leurre : la dame censée être morte ne l’était pas ! A suivre.

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Je pensais voir le remake de l’un de mes films préférés, je me retrouve face à un énième film pour ados à 4 ou 5 films, histoire de rentabiliser la franchise. Le pire, c’est que quelques temps plus tard, j’ai récidivé avec Divergente (je savais pas ce que c’était, le titre m’a attirée), je vous en parlerai une prochaine fois, tiens.

Le vivre ensemble, c’est pour les faibles !

En furetant sur Facebook l’autre jour, je tombe sur un groupe hilarant créé par le concierge d’une de mes anciennes agences. Le principe est simple : il y publie ces meilleurs mails coups de gueule. Au menu : vol de dosettes nespresso, vols d’objets divers et variés, culotte oubliée dans les toilettes (??), toilettes retapissées et même étrons dans la poubelle des chiottes. Je ris en me disant que dans mon agence, ils sont mieux élevés. Oui mais non : c’est surtout que dans mon agence, on n’a pas de concierge avide de mails. Et nous effleurons là le problème crucial de notre société dont j’ai déjà parlé mais dont je ne me lasse pas :rien à foutre des autres.

Dessin d'Alain Pilon dans le très bon article de David Desjardin sur la mauvaise éducation http://www.lactualite.com/opinions/chronique-champ-libre-opinions/la-mauvaise-education/
Dessin d’Alain Pilon dans le très bon article de David Desjardin sur la mauvaise éducation

Une scène typique que j’ai vécue dans chacune des boîtes où j’ai bossé. Après avoir avalé mon mug de café, voilà l’heure de lui rendre sa liberté, je me dirige donc, insouciante, vers les toilettes. Je rentre dans l’un d’eux et là : grosses traces de merde sur la cuvette. Donc 2 possibilités : où je prends un autre WC ou je prends celui là en nettoyant avant parce que moi, je suis pas une porcasse (et que, oui, ok, j’ai pas envie qu’on puisse penser que c’est moi qui ai tout dégueulassé). J’ai eu droit à tout, de la solide trace au gros étron qui te laisse une pensée admirative quant à la possibilité de dilatation d’un anus jusqu’aux traces de sang sur la cuvette… au niveau des fesses. Ca, ça reste franchement un mystère mais quoi qu’il en soit, ma maman m’a appris à toujours laisser les lieux tels que je les ai trouvés alors pourquoi, dans toutes les boîtes, y a toujours au moins un-e dégueulasse qui retapisse la cuvette et laisse son petit forfait en l’état, tranquille ?

Je vous épargne les photos de toilettes sales, des fois que vous lisiez cet article en mangeant
Je vous épargne les photos de toilettes sales, des fois que vous lisiez cet article en mangeant

L’entreprise est un formidable terrain pour mesurer à quel point l’intérêt personnel passe toujours au dessus du bien commun. Regardez dans votre open space, je parie que vous allez y trouver :

  • celui/celle qui écoute sa musique trop fort ou balance des vidéos sans mettre de casque parce “ça va, j’en ai pour 2 minutes”
  • Celui/celle qui se lave pas malgré les remarques récurrentes de ses collègues
  • Celui/celle qui mange à son bureau et que des trucs qui puent
  • Celui/celle qui a transformé son bureau en porcherie. D’ailleurs, quelque chose semble avoir pris vie, on voit bien les feuilles bouger toutes seules, parfois
  • Celui/celle qui met la clim à fond et gueule si tu oses la relever car 15°, c’est quand même un peu froid
  • Celui/celle qui retient l’ascenseur pour finir sa conversation
  • Celui/celle qui fait automatiquement disparaître un stylo ou un bloc de post-it de ton bureau dès qu’il passe
  • Celui/celle qui fait du bruit, tout le temps et qui râle si tu lui fais remarquer
  • Celui/celle qui passe ses coups de fils perso bruyamment
  • Celui/celle qui a une notion très relative de la propriété : ce qui est à lui/elle est à lui/elle, ce qui es à toi mais posé dans le frigo commun appartient à tous donc il/elle se sert…
  • Celui/celle qui se vernit les ongles en plein open space (ça pue)

Etc. etc. Et je suis sûre que j’en oublie !

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Le brave concierge sus nommé se fend donc de quelques missives, certes très drôles, pour rappeler donc à l’ordre les petits mal élevés qui sévissent dans les murs de l’entreprise mais entre deux éclats de rire, je ne peux m’empêcher de me questionner : à quel moment t’en as rien à foutre des autres à ce point. Ok, j’ai déjà imprimé des documents persos au boulot et je suis repartie de mon dernier taf avec une demi douzaine de stylos quasi neufs (un peu entamés quand même) mais à côté de ça, j’ai jamais eu l’idée de piquer les dosettes de café, de la bouffe ne m’appartenant pas dans le frigo, d’abandonner ma petite culotte ou d’aller chier dans les poubelles (seules explications possibles : une très mauvaise drogue ou une fin de contrat qui se passe très mal). J’essaie de faire en sorte de pas emmerder le peuple en écoutant la musique à volume mesuré (bon, pour le coup, j’ai pas grand mal, j’aime pas quand c’est trop fort, ça me casse les oreilles), de ne pas manger de trucs qui puent, de laisser mon bureau dans un ordre assez relatif, pas de coup de fil perso et je nettoie si je salis. C’est pas hyper compliqué, si ?

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Du coup, est-ce que cette volonté de foutre le bordel vient-elle d’un besoin d’attention, tel mon neveu de 2 ans et demi qui fait systématiquement le contraire de ce qu’on lui dit pour qu’on prenne conscience de sa présence ? Grosse immaturité ou grosse impolitesse ? Ou c’est juste plus simple de s’en foutre ? Telle est la question…

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Mais quand même… Il se passe quoi dans la tête des gens pour qu’ils chient dans une poubelle à quelques centimètres d’un WC dédié à cette activité ?

La rue ne t’appartient pas [connard]

Jeudi matin, je quitte mon appart, à peu près fraîche et prête à affronter la journée. Alors que je chemine, un peu perdue dans mes pensées, un mec m’interpelle “bonjour… Bonjour… Oh bonjour ! Oh ! Tu pourrais répondre, déjà que t’es pas belle !”. Alors évidemment, je lui ai un peu pourri la gueule. Parce que j’en ai marre de me prendre des giclées de domination masculine dès que je fous un pied dehors.

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Le problème n’est pas tant ici l’agression verbale. Ce monsieur a le droit de ne pas me trouver à son goût (mais dans ce cas, il aurait été tellement plus plaisant qu’il ne m’adresse pas la parole, n’est-ce pas) même si je m’interroge quant au besoin de verbaliser ça. Je ne sais pas, je ne me sens pas obligée d’indiquer aux hommes qui ne me plaisent pas et que je croise dans la rue que je les trouve laids. Le problème ici c’est qu’une fois de plus, mon tort a juste été de pénétrer dans l’espace public. Je portais certes un short très court mais a) en été, je n’aime pas porter ma combinaison de ski, b) si j’achète des jolies fringues, c’est pour les porter, c) il m’arrive assez régulièrement d’avoir envie d’être jolie et surtout d) je fais ce que je veux, connard. Mon short bien court n’est une invitation à rien surtout si je ne réponds pas à ton premier bonjour. Je t’ai vexé en ne te répondant pas ? Je ne t’ai pourtant pas insulté… enfin, avant que tu fasses ton macho de base en me traitant de “pas belle”,là, j’avoue, ton “connard”, tu l’avais bien mérité.

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Le problème de cette insignifiante anecdote, c’est que ça nous rappelle une nouvelle fois que nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenues dans la rue. Féminines, nous sommes priées de nous plier aux envies de ces messieurs qui se considèrent sur leur territoire alors que nous ne faisons que de le traverser. Je dois répondre à un monsieur qui me parle sous peine de me prendre une agression verbale alors que je ne demandais qu’à me rendre au travail tranquillement, sans rien demander à personne. On ne se rend pas compte à quel point la place de la femme dans la rue est une bataille constante. Un exemple ? Cet excellent épisode du Meufisme :

Parce que si on traîne tard dans la rue, les mecs peuvent s’amuser à nous coller ou à nous demander nos tarifs, histoire de souligner, rigolards, que notre place n’est certainement pas ici.Une femme seule dans la rue est une incongruité, une anomalie qui semble autoriser le mâle plafonné à venir la mettre mal à l’aise avec des remarques déplacées ou une tentative de drague qui n’a souvent pas pour but de draguer mais bien de continuer à asseoir la domination masculine : tu es sur notre territoire, nous pouvons donc faire de toi ce que nous voulons.

« Ah oui mais avec des conneries comme ça, on peut plus vous draguer, aussi ! ». Ca tombe bien : on n’en a pas envie. Surtout si je tombe sur du lourdaud premier choix qui mesure ma beauté à ma capacité à me soumettre à sa volonté de mâle alpha. Je réponds : belle, je réponds pas : pas belle. Gnééééé ! « Oui mais y a cette fille, elle est belle et je suis pas un dragueur de rue, moi ». Alors observe la. Marche-t-elle d’un pas pressé ? Te rend-elle tes regards insistants ? Pianote-t-elle son smartphone avec ardeur alors que tu tentes un eye contact ? A priori, tu sauras dès le départ si elle est prête à te laisser ta chance ou si ça va la déranger que tu l’abordes. Oui parce que pardon mais la rue n’est pas un  site de rencontre, j’y suis en général pour des raisons beaucoup moins romantiques (aller au travail, au hasard) et je n’éprouve jamais de plaisir à coller un râteau à quelqu’un. Donc oui, me faire draguer me dérange (non, je n’ai pas besoin de me rassurer sur mon pouvoir de séduction et non, tes compliments ne me font pas plaisir vu qu’ils sont intéressés et qu’une fois sur deux, tu les retireras en les remplaçant par une insulte) surtout quand le mec insiste louuuuuurdement. Mais oui, je les ai bien entendus tes 5 bonsoirs mademoiselle, j’essayais juste de nous éviter un moment gênant et pénible à tous les deux.

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La rue m’appartient autant qu’à toi connard et je vais pas remiser mon joli short au placard juste parce que je te dérange. Et la prochaine fois, viens me dire en face que je suis pas belle plutôt que de le marmonner dans mon dos, petite merde sans courage.

Pour ceux qui ont encore du mal à comprendre pourquoi la drague de rue, c’est ultra chiant, un peu de lecture avec le Projet Crocodiles qui t’explique quand la drague est subie et pas appréciée (des fois que)