Pompéi,  l’éternelle endormie

Quand nous avons choisi nos vacances avec Victor, on a cherché à se concocter un petit cocktail « soleil et vieilles pierres ». Parce que, oui, je kiffe les vieilles pierres, j’aime me perdre dans les vestiges d’une vieille civilisation, essayer de m’imaginer en ces temps reculés, déambulant sur le site. Et niveau imagination, on fera difficilement mieux que Pompéi comme site archéologique.

pompei
J’avoue que Pompéi était un des points phare de notre programme, j’étais follement excitée… et un peu stressée aussi. Ca fait des années que j’ai envie d’y aller et forcément, je m’étais créé des images dans ma tête (je fais souvent ça) et je craignais d’être in fine déçue. Et bien… pas du tout.
pompei_2
Pourtant, les conditions n’étaient pas super idéales, il faisait une chaleur torride. Alors premier point positif à Pompéi : y a des points d’eau absolument partout. Ca tombe plutôt bien vu qu’on avait vidé nos bouteilles en même pas une heure et qu’il faut bien une demi journée pour faire un tour même pas exhaustif du site.

pompei_3Je ne reviendrai pas en détail sur tous les éléments à voir, les guides le feront bien mieux que moi. L’avantage d’un tel site, c’est que c’est immense donc on peut se balader facilement sans trop être dérangé par d’autres personnes. On a cependant noté qu’on croisait régulièrement des groupes par paquets : ils doivent avoir les mêmes horaires de départ ou à peu près donc on était assez contents de pouvoir se balader tous seuls dans notre coin.

pompei_10 pompei_9 pompei_8 pompei_7 pompei_6 pompei_5 pompei_4
Ce qui est fantastique à Pompéi, c’est vraiment cette facilité à flâner. On est allés un peu au hasard, se perdant pas mal, tombant de ci de là sur un temple, une belle maison aux fresques murales, un charmant jardin, des lauriers fuschia magnifiques. C’est une expérience assez incroyable de pouvoir se promener dans cette ville antique, de fouler les mêmes pavés que les romains, retrouver quelques signes des tuyaux de l’époque, nous rappelant un peu Bulla Regia (l’histoire est somme toute assez similaire). Et puis, en sortant le plan de notre poche, retrouver le forum, l’amphithéâtre ou les arènes.

pompei_17 pompei_16 pompei_15 pompei_14 pompei_13 pompei_12 pompei_11
Si le travail de reconstruction reste assez visible dans les « rues », l’impression de majesté demeure. Chaque coin de rue est une surprise, une petite maison où l’on devine les escaliers, le péristyle, un bout de chambre… On se balade dans les poumons économiques et sociaux de la ville. Une expérience assez étrange et émouvante, on sent dans cette ville où le temps s’est arrêté tout le drame qui l’a frappée de plein fouet. On lève le nez vers le calme Vésuve… La même vue que les Romains de l’époque.
pompei_24 pompei_23 pompei_22 pompei_21 pompei_20 pompei_19 pompei_18
Galvanisée par cette visite, je lus plus tard le roman « les derniers jours de Pompéi » dont je vous parlerai demain. En attendant, je vous renvoie vers ma chronique du film Pompéi… ou quand Hollywood a tué les Pompéiens une deuxième fois (et salement)

Bulla Regia, quand les Romains vivaient en Tunisie

J’ai une certaine passion pour les vieilles pierres, j’avais tellement adoré la Sicile pour ça. Du coup, forcément, quand on me propose de me lever aux aurores pour aller se balader dans de splendides ruines romaines en Tunisie, je crie “ouiiiiiiiiiii”

bulla-regia4 bulla-regia3 bulla-regia2 bulla-regia1

2h30 (à dormir la bouche ouverte) de route plus tard, le petit groupe de motivés que nous étions arrivons enfin à destination, fièrement guidés par “le professeur”, personnage pittoresque passionné d’histoire et d’archéologie (mais prof de physique, pourquoi pas). Le site est un peu situé au milieu de nulle part, entre deux montagnes sur le bord d’une route peu fréquentée. Limite, tu as l’impression de le découvrir toi-même, le site. Mais approchez et laissez moi vous conter l’histoire de Bulla Regia

bulla-regia8 bulla-regia7 bulla-regia6 bulla-regia5

Il était une fois une cité romaine appelée Bulla Regia, située sur la route de Carthage. La ville n’avait pas toujours été romaine, elle a connue différentes cultures, grecques, byzantines ou puniques, qui lui donnent un aspect si particulier. Car cette ville présente une caractéristique très peu répandue. A dire vrai, à part à Pompéi, aucune ville ne possède cette configuration : les villas possèdent toutes un étage souterrain orné de magnifiques mosaïques. Là, un tremblement de terre fit fuir les habitants de la ville et Bulla Regia s’éteignit aux alentours du VIIe siècle ap JC. Ou plus tard, c’est pas bien clair encore aujourd’hui. Pendant des siècles, la ville a été oubliée, donc préservée, jusqu’à être à nouveau découverte vers la moitié du XIXe siècle. Depuis, ils dégagent petit à petit le site, le professeur estime que seuls 25% (!) ont été découverts pour l’heure.

bulla-regia-mosaique7 bulla-regia-mosaique5 bulla-regia-mosaique6 bulla-regia-mosaique4 bulla-regia-mosaique3 bulla-regia-mosaique2 bulla-regia-mosaique1

Mais dans ces 25%, il y a du remarquable. D’abord, le système de ventilation. Les moins bons en géographie d’entre nous auront noté que la Tunisie est un pays chaud, surtout dans les terres. Mais pas de soucis pour les habitants de Bulla Regia qui, en plus d’enterrer tout un étage, truffaient leurs murs de tuyaux en terre cuite afin de rafraîchir l’atmosphère. Pour rendre la vie toujours plus agréable, de larges ouvertures et péristyles permettaient de faire passer des courants d’air. Hé oui, la clim version Antique.

bulla-regia-11 bumma-regia11 bulla-regia-10 bulla-regia-9

On se promène dans les vestiges de la cité disparue : ici était le forum, là l’amphithéâtre, nous voici dans les thermes… Le tout préservé de façon incroyable, il n’y a pas grand mal à deviner à quoi ressemblait la cité à l’époque où elle était habitée. C’est toujours un peu étrange de déambuler dans ce type de ruines, d’imaginer qu’avant, ça grouillait de vie et qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’une demi douzaine à nous balader dans les vestiges. Ca relativise ce que nous sommes et notre pérennité.

bulla-regia-16 bulla-regia-15 bulla-regia-14 bulla-regia-13

Bref, un site magnifique qui a l’énorme avantage de ne drainer que peu de visiteurs, du moins à l’heure où nous étions. A part les personnes travaillant sur le site et nous surveillant de loin et deux bédouins, nous n’avons croisé âme qui vive et avons pu profiter pleinement du lieu. Une visite à faire si vous passez dans le coin et que vous avez une voiture sinon, c’est pas la peine de l’envisager.

bumma-regia-thermes bulla-regia-bedouin bulla-regia-anes bulla-regia-escargots

Sicile, tu m’as conquise

Je l’avoue sans détour : j’ai aimé la Sicile. Faut dire que c’est un peu un cocktail de tout ce que j’aime : vieilles pierres, petites rues tortueuses, mer, paysages magiques. Et encore, j’ai pas testé la Sicile en plongée mais je fais le forcing auprès d’Anaïs et Anna pour le faire dès l’an prochain. Au passage, si l’UCPA pouvait créer ce voyage, ce serait merveilleux, merci.

Bon, je ne vais pas tout vous raconter en détail ici car j’ai profité de cette escapade pour ouvrir un nouveau blog : week-end sac à dos. Oui, je sais, je débute par un voyage semaine mais je suis une rebelle. Donc vous trouverez des traces de mon voyage en Sicile sur Week-end sac à dos, Friends’ cooking et Save my brain. Passons ce déluge de liens pour arriver à l’essentiel : mon nouvel amour, la Sicile.

Mes quelques photos de l’autre jour donnaient un peu le ton, la Sicile, c’est :
– soleil et chaleur écrasante. On devait tourner autour des 30 mais à l’abri de l’air, tu ressentais un bon 35°. Dieu merci, ayant quelques petits ennuis de déshydratation réguliers (parce que je bois que du café et ça n’hydrate pas, en fait), je m’étais achetée une gourde un litre chez Décathlon. Du coup, je suis revenue bien bronzée.

– Des paysages à couper le souffle. Bon, déjà, j’aime la mer et les vieilles pierres alors j’étais déjà un peu en joie avant même d’atterrir mais imaginez un peu les effets de lumière avec le soleil couchant, les pierres jaunies. Et l’Etna, mon Dieu, l’Etna… C’est un décor tout simplement surréaliste, entre Lune et Mars. Indescriptible car saisissant, les mots me paraissent en deçà de ça que j’ai pu voir.

– Des bus à l’heure. On pourrait croire que les Italiens sont des gens assez désorganisés et peu enclins à respecter la moindre horaire. Et bien en une semaine, à part un train arrivé avec 15 minutes de retard, tous les transports sont arrivés à l’heure et très à l’heure. Nous n’avons circulé qu’en bus et train et une minute de retard, c’est une minute de trop. Heureusement, on a toujours bien géré.

– Les Siciliens sont des gens véritablement adorables. Premier soir, on se balade au hasard dans Palerme quand 2 garçons nous informent de changer de quartier car ça craint. Bon, ils nous ont file leur numéro juste après donc sur le coup, on les a pas trop pris au sérieux mais quelques mètres plus loin, un mec nous aborde pour nous répéter la même chose, sans nous filer un numéro ou nous demander le nôtre. Ah oui, ok… De façon générale, durant la semaine, les gens nous ont beaucoup parlé, ils nous proposaient spontanément de l’aide dans la rue, ceux qui parlaient français nous racontaient quelques histoires, une dame nous a montré un joli balcon à Syracuse. Une incroyable gentillesse. Mais il paraît que le fait qu’on soit des filles a pas mal aidé…

– Les Italiens sont aussi les empereurs en matière de salarié qui sert à rien. Quasi à chaque guichets, y a un salarié qui bosse pour un à plusieurs qui regarde. Et quand une personne veut le faire bosser, il ne lui parle pas, il se contente de secouer la tête en montrant celui qui bosse du doigt. Parfois, certains Italiens sont seuls à leur caisse, ils lisent et n’apprécient guère que tu les déranges. Comme la connasse de l’Etna, j’ai cru qu’elle allait nous gifler. J’étais à 2 doigts d’appliquer la loi du Talion de ma maman : commerçant très mal aimable, je pique un truc dans sa boutique. Sauf que moi, j’ai trop peur de me faire piquer.

– La nourriture : en bref, je reste fascinée par l’al dente des pâtes italiennes, je me suis pétée le ventre à coups de pâtes aux fruits de mer (ou risotto), à l’encre de seiche (faut que je teste celui ramené de Venise), et même à la pistache. Je vais tester deux ou trois recettes sur le sujet. Et que dire de la glace ? Ce petit goût crémeux… La meilleure glace que j’ai mangé ? Celle à la menthe avec des copeaux de chocolat au pied de l’Etna. Mais je clos ce paragraphe, il me fait saliver.

Bref, enchantée, je fus, je suis reboostée à mort, là ! Avec une grande démangeaison au niveau du sac à dos : je veux repartir au plus vite !