Veux-tu m’épouser ?

Un mariage débute en général par une demande censée être la plus romantique possible, comme on le voit dans les séries et les comédies romantiques.

Pour débuter cette saga de l’été, posons le décor : il y a l’homme, que nous appellerons Jon, en hommage à mon nouveau fantasme Jon Kortajarena. Oui ok, il est peut-être gay mais on s’en fout, c’est un fantasme. Et même s’il était hétéro, je pense que mes chances de terminer un jour avec un mannequin international de 24 ans se calculent en négatif, n’est pas Madonna qui veut. Oui je vous ai pas dit, la saga de l’été ne fera pas l’impasse sur mes digressions habituelles. Bref donc y a Jon, l’homme et Nina, la femme. À l’heure où j’écris ces lignes (16 juin), le mariage homo n’est pas encore légalisé puis je suis toujours pas lesbienne donc on part en version hétéro.

Nina et Jon disais-je. De 1, comment demande-t-on quelqu’un en mariage ? La tradition voudrait que ce soit l’homme qui fasse le grand saut, à coup de belle bague, d’étoiles dans les yeux et de très fines bulles de champagne. Vu mon intérêt personnel actuel pour le mariage, c’est sur que ça risque pas de venir de moi. Bref, comment Jon pourrait-il me demander en mariage en mêlant romantisme et originalité. Non parce que le coup de la bague dans le champagne, c’est hyper éculé et faudra m’expliquer comment on ne peut pas voir une bague dans du champagne… À la limite, dans un verre de vin rouge… Et je ne parle même pas de l’idée saugrenue de planquer la bague dans un gâteau ! On ne joue pas avec la nourriture, la demande risque de se terminer aux urgences et je n’ai pas envie de porter une bague ayant trempé dans un gâteau… Ou pire en cas d’ingestion involontaire…

Quand je parle aux jeunes mariés du XXIe siècle, je constate que la demande tient plus de la négociation aujourd’hui. Du type : »tu sais, je crois que ce serait mieux de se marier ». Que ce soit pour les impôts ou pour faire plaisir à une famille traditionaliste, au choix. Évidemment, ça peut juste être par amour. Après tout, on peut décider des tas de choses par amour : vivre ensemble, faire un enfant, partir à deux faire un tour du monde, que sais-je encore ? Finalement, le mariage s’inscrit bien dans cette logique.

Sauf que la demande en mariage fait partie de la mythologie du couple. En général, quand vous annoncez la nouvelle, après les félicitations, hiiiii et quelques larmes d’emotions selon la sensibilité de vos interlocuteurs, vient la question : « comment il a fait sa demande ? » (il, toujours). « Oh bah, on se brossait les dents, il n’y avait plus de dentifrice donc je lui en ai sorti un du placard et là, il m’a dit « chérie, je t’aime, marions-nous ! ».

Manque de romantisme ? Je vous rappelle que le Jon et la Nina de cette histoire s’aiment donc à qui sert ce romantisme ? À l’auditoire en manque de belles histoires ? Car là est la vérité : on nous parle de belles déclaration, de bague cachée pour une surprise merveilleuse. Sauf que je connais un couple, le mec s’était amusé à cacher la bague sous l’oreiller… Ils ont passé une heure à la retrouver.

Non, les demandes en mariage de mon entourage ont rarement été d’un romantisme niais. La plus belle que j’ai entendue ? Celle spontanée après une bonne soirée en amoureux où cette union paraissait soudain comme une évidence. Une demande sans bague, sans calcul. Au fond, n’est-ce pas la plus magique ?

Quoi que celle de Monica et Chandler n’était pas mal non plus mais une question me taraude : pourquoi les Américains ont toujours 30 kilos de bougies chez eux ?

Ah et pour ceux qui ne connaissent pas Jon, une petite vidéo :

Les Italiens, ces dragueurs

Dernier article sur la Sicile sur ce blog.

On caricature souvent les Italiens comme des hommes à femmes, d’incorrigibles séducteurs. Et bien je vous le dis : c’est archi vrai. Du moins en Sicile. Faut dire que je peux pas comparer à Venise : quand on y est allées, y avait que des Français dans la rue (note pour moi même : retourner à Venise juste après le carnaval pour y voir des Italiens).


J’avoue que je trouve les Italiens plutôt pas mal. Je vous ai déjà touché un mot du bel Andrea, j’ai vu quelques spécimens qui me ravissent le cœur et les yeux, comme ces jeunes éphèbes musclés jouant au Beach volley. Ils réveilleraient mes instincts cougar ! Quoi qu’il parait qu’à moins de 40 ans, on est puma. Ça me fatigue cette histoire de dénomination.


Bref, on prétend les Italiens dragueurs et… Et ben, c’est vrai. Des le premier soir, on ramasse un numéro de téléphone (je le garde en souvenir). Dans la rue, les mecs te dévisagent, certains, qui pourraient avoir l’âge de ton grand-père, te déclament leur plaisir de te regarder dans la rue, gratos, comme ça. Il te croise, il s’extasie sur ta beauté et se barre… Heu oui ? Même quand tu achètes un granité à la menthe (tellement orgasmique quand tu es écrasée par la chaleur), les vendeurs se moquent de toi car tu dis « manta » et pas « minta » donc tu leur expliques qu’en français, on dit menthe donc ils te demandent comment on dit « mangue » puis « belle », histoire de te faire un compliment en français dans le texte. Bon, ils m’ont aussi demandé comment on dit « laid » car les hommes italiens aiment se traiter de la sorte mais je crois que j’ai mal répondu et je leur ai appris « lait ». Je viens du sud, moi, j’ai du mal avec les sons é et è. Je lui ai appris lèèèè, c’est laid ou lait ?


Je m’égare. Alors évidemment, tu te sens un peu la reine du monde, l’Aphrodite de l’île sauf que bon, même si les compliments sont gratuits ou presque (on a juste récupéré un numéro et décline une proposition de café à Catane aussi… Ah et y avait un autre mec qui a tenté de me refiler son numéro aussi mais il n’y est pas arrivé), cette drague est-elle plus sincère qu’en France ? N’est-ce pas juste un jeu, là-bas aussi ? L’exotisme ne nous fait-il pas oublier la relative goujaterie de la drague ? Non parce que le mec qui dit gratuitement qu’on est belle, c’est sympa, ça fait plaisir. Mais quand ils te reluquent comme un boulimique au régime devant une pâtisserie, est-ce que ça finit pas par être pesant ? Car lui, les mecs te matent en toute indiscrétion, tranquilles. Je veux bien mais à un moment, j’ai aussi le droit de circuler en short ou robe sans avoir l’impression que je suscite l’envie. Surtout qu’en vacances, je ne suis guère apprêtée.


Bref, quand on dit que les Italiens ont le sang chaud, oui, on va pas le nier. Mais excepté quelques audacieux, ça en est resté au matage et aux compliments gratuits. Petit joueurs les Siciliens ?

Peut-etre qu’on n’est pas là où il faut

Vendredi 22 juin, théâtre de Pontoise, je sirote un Schweppes agrumes face à Anais. Quasi 15 jours qu’on s’était pas vues, on avait du papotage en retard. Après une remise à jour des derniers potins, on aborde notre sujet préféré : les mecs. Ou plus précisément : on les trouve où, bordel de merde ?


Le sujet me passionne, j’en ai fait une série d’article (je vous prépare un reload d’ailleurs). Comme on change de club de plongée l’an prochain (enfin surtout moi, elle va s’inscrire aux deux), on espère qu’il va y avoir du plongeur sexy parce que mine de rien, ce serait pratique. J’ai plusieurs fois suggéré le cours de danse mais les mecs y sont très très caliente, paraît-il. Alors moi un mec caliente, je dis oui à partir du moment où j’ai pas à vérifier tous les mois que j’ai pas chopé des chlamydiae… Et accessoirement, sans être trop prétentieuse ou orgueilleuse, ça me ferait un peu plaisir de savoir que s’il me dit oui, c’est pas juste parce que je suis open mais bien parce que je lui plais. Au moins, un prof de danse, je suis sûre que je le séduirai pas par mon sens du rythme et ma coordination.


Bref, quand Anais me demande où sont les hommes, je réponds en toute honnêteté : partout. Sauf que bon, faut entrer en interaction, qu’il soit célibataire, disponible (les célibataires encore amoureux de leur ex sont ingérables), hétéro et relativement équilibré. Pas de mytho ou de pervers narcissique, de complexe d’Electre mal résolu, ça va hein. Oui ça devient compliqué mais messieurs, avouez que vous avez les mêmes exigences pour nous ! Ah et j’oubliais : à notre goût, intéressant, cultivé… Drôle aussi. On frôle la quadrature du cercle.


Et là, elle m’assène une drôle de vérité : « on n’est peut-être pas là où il faut ». Oui, je le confesse, je pense pas qu’on trouve un homme dans ce théâtre de Pontoise, les individus mâles de la pièce se promenant avec une alliance à la main gauche et une épouse accrochée au bras droit. Ah, la constatation est plus générale « non mais tu comprends, je suis sûre que c’est plus facile de faire des rencontres en province ». Mmmm, force est de constater que j’ai peu d’amies trentenaires provinciales célibataires. J’ai peu d’amies en province tout court, okay, dur d’en tirer une vérité scientifique et sociologique. Déformation ou réalité ?


On parle plus souvent de la solitude des célibataires dans les grandes villes. Hormis l’amour est dans le pré, je veux dire. En même temps, les médias zooment toujours plus facilement sur les grandes villes et je suis sure qu’un Sex and the city qui se passerait dans une petite ville n’aurait pas eu la même gueule. La preuve, ça existe et ça s’appelle desperate housewives.


En fait, chaque cas a ses inconvénients. Plus facile de faire des rencontres en province ? De fait, le terrain de chasse est moins grand donc les célibataires moins dispersés MAIS il y a moins de gibier, si j’ose dire. Mais est-ce que le très grand choix parisien n’entraîne pas une surconsommation sexuelle ? En somme, ce n’est pas grave si je couche avec Ludovic sans le rappeler ensuite, il reste tout un gros paquet de mecs célibataires, je ne grille pas une chance de me caser. Non parce que même les plus grands chasseurs ont envie de ranger leur fusil à un moment (ma métaphore est en train de déraper)… Sans parler d’une question de norme : en province, il est normal de s’installer en couple dans une maison et de faire un premier enfant à l’aube de ses 30 ans. Dans les grandes villes, c’est un peu moins le cas. Faut dire que se payer une maison dans les mégapoles, c’est pas à la portée de toutes les bourses.


Bref, sommes-nous vraiment au mauvais endroit ? Pas forcément car à Paris, comme en province, les rencontres se font surtout là où on ne s’y attend pas. Comme dirait la pub Meetic que je trouve assez chiante « les rencontres, elles se font partout et surtout ailleurs ». Ceci étant, merci Meetic de rechanger ta comm pour démontrer comme je le disais que les femmes amazones sexuellement agressives, ça marchait pas pour ton business.

Le mariage, cette galère !

Le week-end de l’ascension, j’étais de mariage dans le Finistère Nord, terre d’origine de mon grand-père maternel mais aucun rapport puisque j’étais au mariage de Lena. Pour rappel, c’est une copine de plongée et je vous au déjà raconté l ‘EVJF (je bosse un peu mon référencement en ce moment, faites pas attention). Le mariage des autres étant toujours une bonne occasion de savoir où on en est sur le sujet, je me suis dit : tiens, voilà un bon sujet pour une petite saga de l’été genre « le mariage, qu’elle galère ! ».

Avant de poursuivre, une précision : je ne suis pas très chaude à l’idée de me marier, moi, mais je suis toujours sincèrement heureuse quand les autres se marient car c’est leur choix. Ceci étant dit, ceci n’est pas un pamphlet anti mariage mais « la chronique du pire », on dira, une vision cyniquement tendre de ce qu’il est convenu d’appeler « le plus beau jour de notre vie ». Parce que peut-être que le mariage, c’est comme la plongée : au début, tu te dis qu’il faut être particulièrement con pour (s’)investir dans un sport consistant à enfiler une combi en Néoprène qui te compresse et t’irrite le bout des doigts, te trimballer 20 kg de matos, sauter dans une eau à 13• mais une fois sous l’eau, tu oublies tout, tu es juste bien.

Alors cet été, ne manquez pas tous les mercredis « la galère du mariage » sur les vingtenaires. Com !

Sous le vernis de l’oubli

Vous l’aurez peut-être remarqué, le maître-mot de mon année 2012 pourrait être « mon voyage intérieur ». Une crise de la trentaine tardive ou le doux sentiment de la renaissance suite au marasme 2011 qui me galvanise, je ne sais. Toujours est-il que je me découvre certaines caractéristiques dans mon moi, certaines bonnes surprises comme celle-ci : je suis pas mauvaise en langue.

Voyage en Sicile, donc, je me mets à parler italien comme dans les jeunes années, celles où j’avais 3h de cours par semaine. J’avais déjà été surprise de le voir revenir lors de mon séjour à Venise mais là, à le pratiquer toute la semaine, j’ai retrouvé du vocabulaire et de la conjugaison. Je suis pas à mon niveau d’il y a 14 ans (j’avais eu 15 au bac… Je suis vraiment une connasse de crâneuse par moments) mais c’est hyper stimulant.

De la même façon, je me rend compte que mon anglais est devenu vraiment pas mal ces derniers temps. Je lis pas mal de news en anglais, j’ai eu des cours en octobre ou novembre et je m’en sortais bien (à part la prononciation parfois un peu étrange, paraît-il), j’ai fait quelques sorties avec des anglophones ne parlant que peu français. Et parler politique avec un Américain en anglais dans le texte, ça nécessite du vocabulaire.

Si j’ai longtemps cru que j’étais mauvaise en langue, c’est surtout que je ne travaillais pas vraiment la matière. C’est pas compliqué : si j’étais bonne en maths, c’est qu’une fois que t’as pigé le truc, ça va tout seul. Pour l’hist et géo et la philo, je me reposais sur ma bonne mémoire (pour la philo, j’apprenais par cœur les citations, j’avais 4 philosophes que je ressortais perpétuellement : Platon, Descartes, Hegel et Sartre). La physique et la bio, ça rapportait pas de points donc je les laissais de côté et les langues… Le problème des langues est double : si t’apprends pas ton vocabulaire et ta conjugaison, c’est moins facile. Si tu pratiques pas, c’est carrément mort. Or comme je ne faisais pas mes exercices, en dehors de quelques voyages de classe (Allemagne en 3ème, Italie en 2nde et Irlande en première mais on n’avait pas de corrrepondants donc on n’a pas trop parlé anglais), j’ai pas trop eu l’occasion de vraiment parler. Du coup, si j’ai récolté un étonnant 13 en anglais au bac (je navigais entre 8 et 10 d’ordinaire), je n’ai « que » 11 au bac en allemand, langue sortie de ma vie depuis. À la fac, j’ai eu vaguement des cours d’anglais, j’ai surtout lu car quand tu choisis des sujet de mémoire comme le Canada ou l’Irlande, tu dois lire des bouquins en anglais. Puis vint le milieu professionnel où l’anglais ne m’a servi qu’au bout de 5 ans (c’est à dire maintenant) et encore, c’est parce que j’ai la chance d’avoir dans mon escarcelle une marque internationale. Même que je fais des PowerPoint en anglais, mouahah !

Et j’ai chopé le goût des langues car j’y vois un nouveau terrain de jeu. Parler une langue étrangère, c’est surtout se faire comprendre avant tout. Quand tu commences une phrase et qu’il te manque un mot, tu dois trouver un synonyme ou une périphrase pour expliquer ton idée de façon la plus juste possible afin de ne pas casser la conversation. Et puis se découvrir une aptitude dans un domaine où l’on se croyait nul, ça fait plaisir.

Du coup, je vais vous concocter le versions anglaises et italiennes de mes articles. Pas tous, ce sera quand j’aurai le temps. Mais quelle meilleure façon de pratiquer ?

Du coup, en septembre, j’envisage SÉRIEUSEMENT les cours de russe. Si les horaires correspondent. Mais comme ça, je pourrai écrire sur mon cv anglais et italien (courant) et russe (débutant) et ce sera vrai. De toute façon, au vu de mon projet voyage de la mort, va falloir que je parle un tout petit peu russe…

Petit déjeuner avec un violoncelliste romain à Palerme

Ou « héhé, voici quelques anecdotes de voyage ! ». Zenobie, si j’en oublie, tu peux rajouter en comms, hein !

– On est des super héroïnes avec Zeno. Non rapport à les soupers pouvoirs réels ou imaginés mais parce qu’on a évité un drame de la route. Si ! Samedi matin, nous errons dans les rues de Syracuse en attendant notre bus pour Catane. On prend une petite rue pour se rendre au supermarché acheter une bouteille d’eau (une histoire passionnante), une voiture est en train de faire marche arrière, on se pousse. Je jette un œil nonchalant à la voiture et… Il n’y a personne dedans. Il-n’y-a-personne-dedans. Donc je crie, on court après la voiture qui fonçe sur un rond point. J’ouvre la portière avant qui heurte le rebord du rond-point, me permettant de pousser afin de ralentir la voiture tandis que Zeno met le frein à main. Zéro blessés dans l’aventure et les félicitations de deux spectateurs de la scène.

– Même jour, à Taormine cette fois-ci, on se rend bien évidemment au théâtre grec, monument incontournable et pour cause, c’est assez impressionnant : entre les ruines du colossal théâtre et la vue directe sur l’Etna qui fume, prends-toi en plein la vue. À un moment, Zeno voit un mec écrire sur le mur et va donc lui expliquer que ça ne se fait pas. J’entends qu’un bout de la conversation, j’entends que le mec lui répond en français et je commence à partir dans des considérations de type « les Français à l’étranger sont des cons« . Le mec la rembarre bien sûr. On continue notre promenade, on voit le gars et sa copine prendre leur « œuvre » en photo. On finit notre visite et en arrivant en bas, on signale à la fille qui gère l’entrée (c’est à dire qui reste assise sous un parasol à papoter avec ses amis) ce qu’il vient de se passer, photo à l’appui. Bon, j’apprends alors que le couple n’est pas français mais québécois, mon patriotisme respire un peu. Je ne suis pas sans savoir que c’est pas la joie niveau liberté d’expression au Québec en ce moment mais faudrait voir à pas pousser. Et là, c’est le vrai drame à l’italienne, la fille interpelle une demi-douzaine de personnes, qui en appelle d’autres, tout le monde se met les mains sur les hanches en criant à l’incivilité. Bon, à la fin, le couple canadien à été arrêté par Giovanni, le responsable de la sécurité qu’on n’arrivait pas à trouver. Pendant qu’on l’attendait, le Canadien nous expliquait qu’il pensait qu’on pouvait puisque « tout le monde le faisait » (en l’occurrence, à ce moment précis, y avait que lui et pas mal de briques étaient encore vierges. Merci du con). Zeno et le mec s’engueulent en français, je traduis à la nana du parasol qui me sort « non mais les gens, ils se croient tout permis parce qu’en Sicile, ils pensent qu’on n’est pas disciplinés… Bon, ok, c’est vrai mais c’est pas une raison ! » Bref, un joyeux bordel. Je sais pas ce qui est arrivé à nos amis Canadiens mais j’espère qu’ils vont l’encadrer, la photo de leur « œuvre » (en l’occurrence, leur prénom et peut-être une date ?), vu le prix qu’elle aura coûté.

– On a fait de jolies rencontres aussi dont Andrea, tenancier du B&B où nous sommes descendues à Palerme. Un mec absolument adorable (et beau, soulignons-le) qui avait aménagé quelques chambres de son sublime appart. Du coup, on avait un peu la sensation d’être à la maison, il nous a présenté sa femme, son chien… D’ailleurs sa femme est instructice PADI, c’est bon à savoir pour mon prochain séjour plongée (j’insiste). Le mardi soir, en arrivant, nous sommes accueillis par sa femme et on entend quelques notes de violoncelle s’élever. Tiens, le,violoncelle, c’est ce qui manquait un rendre cette maison parfaite. Le lendemain matin, on se lève pour petit déjeuner, je note que trois couverts sont dressés autour de la table. Mon incroyable sens de la déduction me permet d’affirmer que nous ne sommes pas seules mais qu’il y a une troisième personne au B&B. Alors qu’Andrea nous sert nos cappucinos, arrive un homme qui nous salue : le violoncelliste. Et nous voici partis à discuter de tas de choses : les Italiens, les Français, communisme et Moravia. Genre la discussion parfaite. Et en italien, je vous prie ! On loue la gentillesse des Italiens mais Andrea et Francesco nous expliquent qu’à Rome, les gens ne sont pas aussi ouverts. Effet capitale, je suppose.

– Être française, ça sert. Ainsi, on a pu laisser nos sacs de voyage chez Interbus (plutôt que de courir à la gare) et pas trop cher (4 € chacune, je vous dis tout). Et oui, le mec qui nous a rendu ce service était tunisien donc parlait français donc a été sympa. La francophonie, c’est beau.

– Sur la plage de Cefalù, nous avons assisté à une scène trop mignonne. Alors que le soleil décline, les plagistes rentrent chez eux, ne restent que quelques personnes. Arrive une fille qui se promène avec… Un chaton ! Carrément. Elle le pose sur la plage, il la suit comme un toutou, elle peut même le prendre dans ses bras au bord de l’eau. Moi, perso, je ferais ça avec Kenya, elle me déchirerait l’épaule de trouille. Alors même que ma stagiaire qui me l’a gardée a dit « j’ai jamais vu un chat aussi bien élevé ! ». Heu… Ah ?

Voilà, de bien belles histoires, petites anecdotes qui font le sel du voyage.

Et cette musique dans ma tête…

Dire que j’aime la musique est l’une des déclarations les plus insignifiantes que je connaisse, à peu près au niveau de, “tiens, il pleut” alors que tes orteils sont déjà noyés. Tout le monde ou presque aime la musique, je suppose que c’est l’un des mots les plus utilisés dans la rubrique loisirs des CV. D’ailleurs, je suis fière de moi, je ne l’ai pas mis (j’ai mis chant) (avant, ok, j’avais mis musique en précisant violoncelle mais je n’en ai fait qu’un an en 2004 alors voilà quoi…). Pourtant, j’ai parfois comme un besoin limite violent d’écouter un morceau précisément.

J’ai fait il y a fort fort longtemps un article sur la musique comme bande-son de ma vie. Mon péché mignon ? Trouver de nouveaux titres ou artistes que je vais adorer. Certaines chansons sont comme les amours de ma vie : comment ai-je pu vivre sans eux jusque là ? Parfois, ça vire à l’obsession. Du matin, lorsque je lance spotify sur mon iPhone pour aller bosser, au soir où je rentre chez moi, je n’ai envie de n’écouter qu’un seul titre. Envie ? Non besoin. Dès que je coupe le son, je l’ai qui tourne en boucle dans la tête, qui m’obsède, encore et toujours. L’écouter, je dois l’écouter.

Je me souviens précisément d’une soirée où j’avais Roméo et Juliette de Prokofiev dans la tête,je suivais distraitement les conversations en attendant le moment où je pourrais enfin l’écouter. De retour à la maison à 2h du matin, ramenée en voiture par un de mes camarades de plongée, je n’ai pas pu dormir sans l’avoir écoutée. J’ai des obsessions musicales, ça me démange le tympan. Je suis capable d’écouter la même chanson en boucle toute une journée sans m’en lasser. Dès que j’essaie de passer à un autre titre, j’écume mes playlists Spotify en vain : je ne veux pas écouter une autre chanson, je veux écouter celle-là. Plus qu’une envie, un besoin.

Ce qui est fascinant dans cette obsession, c’est qu’elle varie. Je peux écouter trente fois la même chanson un jour et ne plus y penser le lendemain. De la même façon, un musique peut soudain s’imposer à moi comme une évidence, comme la B.O de ce que je vis. Typiquement en Sicile, alors que je découvrais ces vestiges des temps anciens, Grecs et Romains sur fond de ciel bleu azur, je ne pouvais que penser au thème de Camille du film du Mépris de Godard. En fait, pour expliquer à ceux qui n’ont pas vus, à un moment, il y a l’image d’une statue grecque (Arès ? Apollon ?) qui tourne sur un fond de ciel pur et sans nuage. Cette mélopée me revenait sans cesse en tête, une obsession : le thème de Camille.

J’ai de la musique un besoin vital, une boulimie me faisant avaler tout et son contraire selon les périodes de ma vie, mes besoins. Je peux passer le lundi à écouter du classique, le mardi de la pop dance commerciale, le mercredi du gros rock qui tâche, le jeudi du lounge… Et tous les jours quelques notes de violoncelle. Et mon péché mignon : rebondir d’artistes en artistes pour découvrir mon nouvel artiste préféré dont j’écouterai le titre en boucle sans être capable d’écouter autre chose. Obsessive, moi ? Pas du tout !

Et pour finir, le fameux thème de Camille dont je vous reparlerai à l’occasion.

Sicile, tu m’as conquise

Je l’avoue sans détour : j’ai aimé la Sicile. Faut dire que c’est un peu un cocktail de tout ce que j’aime : vieilles pierres, petites rues tortueuses, mer, paysages magiques. Et encore, j’ai pas testé la Sicile en plongée mais je fais le forcing auprès d’Anaïs et Anna pour le faire dès l’an prochain. Au passage, si l’UCPA pouvait créer ce voyage, ce serait merveilleux, merci.

Bon, je ne vais pas tout vous raconter en détail ici car j’ai profité de cette escapade pour ouvrir un nouveau blog : week-end sac à dos. Oui, je sais, je débute par un voyage semaine mais je suis une rebelle. Donc vous trouverez des traces de mon voyage en Sicile sur Week-end sac à dos, Friends’ cooking et Save my brain. Passons ce déluge de liens pour arriver à l’essentiel : mon nouvel amour, la Sicile.

Mes quelques photos de l’autre jour donnaient un peu le ton, la Sicile, c’est :
– soleil et chaleur écrasante. On devait tourner autour des 30 mais à l’abri de l’air, tu ressentais un bon 35°. Dieu merci, ayant quelques petits ennuis de déshydratation réguliers (parce que je bois que du café et ça n’hydrate pas, en fait), je m’étais achetée une gourde un litre chez Décathlon. Du coup, je suis revenue bien bronzée.

– Des paysages à couper le souffle. Bon, déjà, j’aime la mer et les vieilles pierres alors j’étais déjà un peu en joie avant même d’atterrir mais imaginez un peu les effets de lumière avec le soleil couchant, les pierres jaunies. Et l’Etna, mon Dieu, l’Etna… C’est un décor tout simplement surréaliste, entre Lune et Mars. Indescriptible car saisissant, les mots me paraissent en deçà de ça que j’ai pu voir.

– Des bus à l’heure. On pourrait croire que les Italiens sont des gens assez désorganisés et peu enclins à respecter la moindre horaire. Et bien en une semaine, à part un train arrivé avec 15 minutes de retard, tous les transports sont arrivés à l’heure et très à l’heure. Nous n’avons circulé qu’en bus et train et une minute de retard, c’est une minute de trop. Heureusement, on a toujours bien géré.

– Les Siciliens sont des gens véritablement adorables. Premier soir, on se balade au hasard dans Palerme quand 2 garçons nous informent de changer de quartier car ça craint. Bon, ils nous ont file leur numéro juste après donc sur le coup, on les a pas trop pris au sérieux mais quelques mètres plus loin, un mec nous aborde pour nous répéter la même chose, sans nous filer un numéro ou nous demander le nôtre. Ah oui, ok… De façon générale, durant la semaine, les gens nous ont beaucoup parlé, ils nous proposaient spontanément de l’aide dans la rue, ceux qui parlaient français nous racontaient quelques histoires, une dame nous a montré un joli balcon à Syracuse. Une incroyable gentillesse. Mais il paraît que le fait qu’on soit des filles a pas mal aidé…

– Les Italiens sont aussi les empereurs en matière de salarié qui sert à rien. Quasi à chaque guichets, y a un salarié qui bosse pour un à plusieurs qui regarde. Et quand une personne veut le faire bosser, il ne lui parle pas, il se contente de secouer la tête en montrant celui qui bosse du doigt. Parfois, certains Italiens sont seuls à leur caisse, ils lisent et n’apprécient guère que tu les déranges. Comme la connasse de l’Etna, j’ai cru qu’elle allait nous gifler. J’étais à 2 doigts d’appliquer la loi du Talion de ma maman : commerçant très mal aimable, je pique un truc dans sa boutique. Sauf que moi, j’ai trop peur de me faire piquer.

– La nourriture : en bref, je reste fascinée par l’al dente des pâtes italiennes, je me suis pétée le ventre à coups de pâtes aux fruits de mer (ou risotto), à l’encre de seiche (faut que je teste celui ramené de Venise), et même à la pistache. Je vais tester deux ou trois recettes sur le sujet. Et que dire de la glace ? Ce petit goût crémeux… La meilleure glace que j’ai mangé ? Celle à la menthe avec des copeaux de chocolat au pied de l’Etna. Mais je clos ce paragraphe, il me fait saliver.

Bref, enchantée, je fus, je suis reboostée à mort, là ! Avec une grande démangeaison au niveau du sac à dos : je veux repartir au plus vite !

Guide du premier rendez-vous parfait

Je vous parlais l’autre jour de premier rendez-vous au cinéma et je me suis dit : « tiens, si je rédigeais un petit article sur le premier rendez-vous » et surtout le choix de l’activité du dit rendez-vous ? Donc voici un article consacré au premier rendez-vous et surtout au choix de l’activité du dit premier rendez-vous.

Dans mon histoire d’amour, les deux personnages décident donc d’aller au cinéma et se retrouvent confrontés au choix du film. Mais tout premier rendez-vous est une question de choix : que veux-je et que propose-je ?

Par exemple si vous êtes, comme moi, de type jouisseur intellectuel, un verre ou un resto semble être la solution idéale : vous pouvez faire connaissance avec votre camarade en toute quiétude. Sauf que voilà, parfois, on se trompe et on n’a rien à se dire. Dans le cas d’un verre, vous avalez tranquillement mais sûrement votre coca, bière ou cocktail et vous coupez court. C’est plus délicat pour un dîner car votre plat, faut bien le manger et c’est fou comme ça peut paraître long à partir du moment où vous réalisez que, non, ça va pas le faire. Tous ceux qui ont vécu un premier rendez-vous « le nez dans l’assiette, on se dit rien » me comprendront.

Le cinéma ou le concert peuvent être une bonne solution : même si vous n’avez rien à vous dire, vous ne perdrez pas 2h de votre vie (sauf si le film ou le concert est nul mais là, vous entrez dans la cour des grands loseurs). Le problème est que si l’affinité ne se crée pas, vous pouvez vous retrouver avec un(e) partenaire motivé(e) à l’idée de profiter du noir ou des mouvements de foule pour tenter un rapprochement des corps. Autre risque : en ne parlant que peu lors de ce premier rendez-vous, vous risquez de ne découvrir que plus tard que la personne est tarte (ou pire). Mais bon, si coucher avec une mauvaise personne était fatal, ça fait longtemps que je serais plus là. Je suis trop gentille, souvenons-nous.

Autre plan intéressant : le premier rendez-vous balade. Quelle joie de faire naître une histoire d’amour dans un décor aussi fabuleux que Paris. Plus comédie romantique, tu meurs. Forcément, l’objet de votre affection ne pourra que céder et vous offrir un premier baiser de cinéma sur le pont des Arts, devant la Tour Eiffel, dans le parc du Luxembourg ou peu importe, écrivez votre propre histoire. Sauf que la balade comporte deux inconvénients majeurs. D’abord la météo. Oui le baiser sous la pluie permettrait de finir ce rendez-vous cliché en apothéose mais en vrai, c’est pas si top. Sans parler de la température. Non parce qu’un baiser sous la neige, ça peut faire furieusement Tolstoïen mais nous ne sommes pas Nicolaï Rostov et Sonia, des êtres de papier. Nous sommes de chair et de sang et notre petit corps aime son petit confort et sa petite chaleur. Et je ne vous parlerai même pas de notre sexyness en période de grand froid : gants, manteaux, bonnets, écharpes, goutte au nez et peau rougie. Je vous le dis : y a que dans la littérature russe que le froid est romantique.

Mais surtout, si vous prenez l’option balade, choisissez un(e) neo-parisien(ne) voire carrément un(e) touriste car sinon, c’est compliqué. On en revient toujours au même point évoqué dans le cas du cinéma : dis-moi ce que tu choisis, je te dirai qui tu es. Parce que par exemple, tu peux choisir de trainasser du côté du Pont des Arts pour ce fameux premier baiser cliché, ton/ta partenaire ne percevra pas forcément ton second degré et pensera que tu es dépourvu de la moindre originalité. De la même façon, évitez de sortir la carte du coin secret de Paris si vous l’avez trouvé dans un guide quel qu’il soit. Parce que vous n’êtes pas seul(e) à les lire et attention, risque de chute.

 

Ceci étant, peu importe le choix en fait : si ça ne colle pas entre vous, ça ne collera pas quoi que vous fassiez… Et vice et versa.

Le mythe du baiser sous la pluie

Toi qui me lis depuis longtemps, tu le sais : je n’aime pas les comédies romantiques que je limite à l’emblématique scène du baiser sous la pluie. S’il pleut pas, ton histoire d’amour est foutue, c’est comme ça. Pourtant à bien y penser, c’est bien nul cette histoire de baiser mouillé.

Prenons la base : le baiser sous la pluie représente l’oubli absolu généré par la passion. En clair, on est tellement occupés à s’aimer qu’on ne se rend même pas compte qu’il pleut. Puis n’oublions pas que l’eau rend sexy, souvenez-vous d’Alerte à Malibu et de toutes les chanteuses vulgaires chantant mouillées dans leur clip. À moins que ces artistes félines essaient d’envoyer un autre message ? Bref, l’imaginaire nous renvoie l’image d’une situation romantique flirtant avec l’érotisme. Et ça illustre parfaitement l’adage des comédies romantiques : l’amour est partout, même sous la pluie.

Après tout, pourquoi pas. Qui n’a jamais couru sous la pluie une nuit d’été en riant de cette fraîche et bienfaisante caresse sur la peau, les narines emplies du charmant parfum de terre ou d’asphalte mouillée ? En de tels instants, peu importe qui vous embrasse, le moment reste magique.

Sauf que la vie n’est pas une éternelle journée de chaleur où la pluie est accueillie avec joie. Genre là, cette année, la pluie, je l’accueille plutôt d’un grommeleux « encore ! Putain, fais chier, j’en ai marre, etc ». Je n’ai envie de rien sous la pluie, ni d’un baiser, ni de me faire salement mouiller alors que j’amène mon chat chez ma stagiaire afin qu’elle la garde pendant que je vadrouille en Sicile (oui, au bout de 6 mois de stage, elle est devenue si docile que je peux aussi l’exploiter hors bureau)(non, en vrai, elle m’a suppliée de la garder. C’est parce qu’elle ne connaît pas la bête, je crois) et encore moins de courir en riant. Ça part déjà mal.

Et puis la pluie, ce n’est pas agréable. Ceci fut sans doute l’une des phrases les plus navrantes de ce blog. Non mais c’est vrai, c’est froid, ça te détrempe parfois jusqu’à l’os, ça dépose une pellicule humide sur ton visage, donnant l’impression à ceux qui te feraient la bise que tu transpires comme un boeuf, ca t’aplatit salement le cheveu. Et je vous parle même pas de l’effet dévastateur d’une bonne averse sur votre maquillage, votre visage ne ressemble plus qu’à l’œuvre d’un mauvais peintre qui confond qualité et quantité de peinture posée sur la toile. Je veux bien croire que les pandas, c’est krokro mignon mais l’oeil panda suite à un écoulement abusif de mascara, ce n’est sexy que quand c’est minutieusement créé par un maquilleur.

Oserais-je évoquer les risques de coups de froid liés à la pluie et les déluges nasaux qui en découlent ? Non, sur ce point, vous m’avez comprise.

En somme, je dirai qu’à de rares exceptions près (le parapluie, ça peut le faire), le romantisme du baiser sous la pluie est une arnaque. Contrairement au baiser sur la plage devant un coucher de soleil, ça, ça fonctionne. Mais, allez savoir pourquoi, les comédies romantiques sont plus urbaines que balnéaires.