Plane plus fort !

Autant vous le dire : mon mois d’octobre pue. Un peu normal pour un mois humide où toutes les jolies feuilles jaunes et rousses tombées au sol pourrissent et exhalent une odeur pestilentielle. Automne de merde. Donc fatalement, mon petit corps fragilisé par les coups de la vie (c’te pute) et une humidité record : je suis malade.

Week-end pourri, passons parce que ça m’agace d’avoir dû annuler mes plans alors qu’ils étaient signes d’un moral en hausse. Non, ma déprime, je suis priée de la savourer, option nez qui coule et corps qui tremble. Donc samedi soir, plutôt que de bitcher en joyeuse compagnie, je m’effondre sur mon lit, m’enroule dans ma couette et c’est parti pour une longue nuit que, malgré tout, j’affectionne : la nuit délirante.

Il faut savoir qu’en mode repos, mon cerveau déraille déjà pas mal. Sans doute est-il si heureux de s’ébattre loin de mes réflexions profondes qu’il s’en donne à coeur joie, me racontant des histoires sans queue ni tête. Je sais en général que je suis en train de m’endormir quand ma réflexion m’échappe et devient un joyeux bordel, le délire pré dodo. Mais là, en prime, je suis malade donc entre deux retournements-virage de couettes (ou rapatriement de celle-ci au vu de ma température interne oscillant entre peu et beaucoup trop), mon cerveau pense avoir pris de l’exta et me raconte d’étranges histoires. Samedi, par exemple, vu que je venais de regarder The Tudors, me voici épouse d’Henri VIII. J’ai pas trop situé quelle reine j’étais… Si j’ai bien saisi, je semblais être entre Anne Boleyn et Jeanne Seymour (donc une Reine qui n’a jamais existé). Mais bon, là, je me demande si je suis pas un peu victime de mon nouveau fantasme absolu, j’ai nommé Henry Cavill (gnaaaaaaaaaaa…)

Le week-end passe et je me réveille lundi à 6h30 (je n’arrive plus à dépasser les 6h de sommeil en semaine, quoi que je fasse) et là, c’est reparti pour 1h30 de délire, avec le générique d’Hollywood Girls 2 dans la tête (pour vous dire comme je souffre) et je sais même plus quoi. Au moins, je suis sûre d’une chose, je me suis pas prise pour une Hollywood Girl, ça prouve que je suis pas si atteinte que ça.

Sauf que le lundi, faut être opérationnelle et c’est parti pour la journée coton, celle où tu comprends rien à ce qu’on te dit, celle où tu planes à 100 000 mais que tu te raccroches désespérément à ton powerpoint en espérant ne pas taper trop de conneries dessus (ou du moins que les mots que tu utilises sont les bons) (non parce qu’à la cantine, j’ai pas toujours utilisé les bons mots quand je discourais sur le mariage homo. J’ai des conversations passionnantes… Enfin, je crois, je m’en souviens déjà plus trop).

Et en même temps, cet état de planage a quelque chose de divinement reposant. Rien ne te touche, tu réponds certes avec un délai de retard, tu as du mal à expliquer ce que tu veux dire. Mais tu es impérméable au stress, tu planes. Tu pourrais avoir le feu dans l’open space que tu prendrais ta veste avec un flegme admirable « Ah… Bon, ben je vais rentrer chez moi alors ». Et le tout sans aucun médoc (oui, ok, je me soigne à la juvamine parce que j’avais décrété dans un premier temps que j’avais rien de grave et au bout de 3 jours, je suis pas sûre que ce soit pertinent d’acheter du Fervex vu que le plus gros est passé, NORMALEMENT). Les émotions coulent sur toi mais tu tournes au ralenti, t’as pas le temps de les saisir. Ca offre un peu de repos, c’est pas si mal.

Puis en un sens, c’est assez amusant de voir la journée passer sans bien comprendre le déroulé des heures, en se réveillant de temps en temps pour se dire qu’il est déjà telle heure, taper des powerpoints sans avoir la moindre idée de ce qu’on raconte et de la cohérence des mots employés. Mais on avance. Le pire, c’est que je crois que le résultat n’est pas si mal… Peut-être que la vie me donne une petite astuce : pense moins ma fille, tu réussiras mieux.

En attendant, je vais me coucher. Avec de la chance, mon cerveau me reservira une fournée d’Henry Cavill.

PS : Je jure que j’ai essayé d’écrire un article un peu intelligent mais rien n’est sorti.

Petit déjeuner avec un violoncelliste romain à Palerme

Ou « héhé, voici quelques anecdotes de voyage ! ». Zenobie, si j’en oublie, tu peux rajouter en comms, hein !

– On est des super héroïnes avec Zeno. Non rapport à les soupers pouvoirs réels ou imaginés mais parce qu’on a évité un drame de la route. Si ! Samedi matin, nous errons dans les rues de Syracuse en attendant notre bus pour Catane. On prend une petite rue pour se rendre au supermarché acheter une bouteille d’eau (une histoire passionnante), une voiture est en train de faire marche arrière, on se pousse. Je jette un œil nonchalant à la voiture et… Il n’y a personne dedans. Il-n’y-a-personne-dedans. Donc je crie, on court après la voiture qui fonçe sur un rond point. J’ouvre la portière avant qui heurte le rebord du rond-point, me permettant de pousser afin de ralentir la voiture tandis que Zeno met le frein à main. Zéro blessés dans l’aventure et les félicitations de deux spectateurs de la scène.

– Même jour, à Taormine cette fois-ci, on se rend bien évidemment au théâtre grec, monument incontournable et pour cause, c’est assez impressionnant : entre les ruines du colossal théâtre et la vue directe sur l’Etna qui fume, prends-toi en plein la vue. À un moment, Zeno voit un mec écrire sur le mur et va donc lui expliquer que ça ne se fait pas. J’entends qu’un bout de la conversation, j’entends que le mec lui répond en français et je commence à partir dans des considérations de type « les Français à l’étranger sont des cons« . Le mec la rembarre bien sûr. On continue notre promenade, on voit le gars et sa copine prendre leur « œuvre » en photo. On finit notre visite et en arrivant en bas, on signale à la fille qui gère l’entrée (c’est à dire qui reste assise sous un parasol à papoter avec ses amis) ce qu’il vient de se passer, photo à l’appui. Bon, j’apprends alors que le couple n’est pas français mais québécois, mon patriotisme respire un peu. Je ne suis pas sans savoir que c’est pas la joie niveau liberté d’expression au Québec en ce moment mais faudrait voir à pas pousser. Et là, c’est le vrai drame à l’italienne, la fille interpelle une demi-douzaine de personnes, qui en appelle d’autres, tout le monde se met les mains sur les hanches en criant à l’incivilité. Bon, à la fin, le couple canadien à été arrêté par Giovanni, le responsable de la sécurité qu’on n’arrivait pas à trouver. Pendant qu’on l’attendait, le Canadien nous expliquait qu’il pensait qu’on pouvait puisque « tout le monde le faisait » (en l’occurrence, à ce moment précis, y avait que lui et pas mal de briques étaient encore vierges. Merci du con). Zeno et le mec s’engueulent en français, je traduis à la nana du parasol qui me sort « non mais les gens, ils se croient tout permis parce qu’en Sicile, ils pensent qu’on n’est pas disciplinés… Bon, ok, c’est vrai mais c’est pas une raison ! » Bref, un joyeux bordel. Je sais pas ce qui est arrivé à nos amis Canadiens mais j’espère qu’ils vont l’encadrer, la photo de leur « œuvre » (en l’occurrence, leur prénom et peut-être une date ?), vu le prix qu’elle aura coûté.

– On a fait de jolies rencontres aussi dont Andrea, tenancier du B&B où nous sommes descendues à Palerme. Un mec absolument adorable (et beau, soulignons-le) qui avait aménagé quelques chambres de son sublime appart. Du coup, on avait un peu la sensation d’être à la maison, il nous a présenté sa femme, son chien… D’ailleurs sa femme est instructice PADI, c’est bon à savoir pour mon prochain séjour plongée (j’insiste). Le mardi soir, en arrivant, nous sommes accueillis par sa femme et on entend quelques notes de violoncelle s’élever. Tiens, le,violoncelle, c’est ce qui manquait un rendre cette maison parfaite. Le lendemain matin, on se lève pour petit déjeuner, je note que trois couverts sont dressés autour de la table. Mon incroyable sens de la déduction me permet d’affirmer que nous ne sommes pas seules mais qu’il y a une troisième personne au B&B. Alors qu’Andrea nous sert nos cappucinos, arrive un homme qui nous salue : le violoncelliste. Et nous voici partis à discuter de tas de choses : les Italiens, les Français, communisme et Moravia. Genre la discussion parfaite. Et en italien, je vous prie ! On loue la gentillesse des Italiens mais Andrea et Francesco nous expliquent qu’à Rome, les gens ne sont pas aussi ouverts. Effet capitale, je suppose.

– Être française, ça sert. Ainsi, on a pu laisser nos sacs de voyage chez Interbus (plutôt que de courir à la gare) et pas trop cher (4 € chacune, je vous dis tout). Et oui, le mec qui nous a rendu ce service était tunisien donc parlait français donc a été sympa. La francophonie, c’est beau.

– Sur la plage de Cefalù, nous avons assisté à une scène trop mignonne. Alors que le soleil décline, les plagistes rentrent chez eux, ne restent que quelques personnes. Arrive une fille qui se promène avec… Un chaton ! Carrément. Elle le pose sur la plage, il la suit comme un toutou, elle peut même le prendre dans ses bras au bord de l’eau. Moi, perso, je ferais ça avec Kenya, elle me déchirerait l’épaule de trouille. Alors même que ma stagiaire qui me l’a gardée a dit « j’ai jamais vu un chat aussi bien élevé ! ». Heu… Ah ?

Voilà, de bien belles histoires, petites anecdotes qui font le sel du voyage.

Nina Bartoldi knows good sex

Depuis maintenant un an que je suis community manager (dites bien « cuomounity »), il m’arrive un phénomène récurrent : je conseille les gens sur leur vie amoureuse. Les ados de mon ancien taf, des gens de tout âge aujourd’hui et même des amis. Mais la question que je me pose est : mais qui suis-je pour donner ce genre de conseils ?

Une âme en détresse sur le net : « au secours, je ne sais plus quoi faire dans mon couple, aidez moi ». C’est le quotidien de pas mal de forums généralistes et féminins. Là, plusieurs internautes débarquent « on va te donner des conseils ». Parmi eux, moi, parfois. Evidemment, mes conseils, les gens font ce qu’ils en veulent, je ne force personne à les suivre, manquerait plus que ça. Mais c’est vrai que des fois, quand on me demande un conseil, je suis un peu étonnée : mais pourquoi à moi ? Ma vie sentimentale est actuellement un joyeux bordel, je sais même pas ce que je veux donc ça aide pas. Mais apparemment, si je suis nulle pour moi, je suis très forte pour les autres. D’un côté, il y a la facette Nina des vingtenaires, la fille qui parle amour et sexe sans complexes (même si c’est vrai que j’ai pas mal changé mon fusil d’épaule depuis quelques temps) mais ce côté conseillère des cœurs, ça date d’avant. Déjà à la fac, mon statut de fille en couple stable faisait de moi l’oreille attentive pour tous les soucis amoureux. Ben oui, j’ai pas le bon timing : en couple
quand mes amies sont célibs et célib quand elles sont en couple.

Alors quand un pote me pose des questions sur les femmes, à la limite, je peux comprendre, vu que j’en suis une. Même si toutes les filles ne fonctionnent pas pareil, il y en a que je ne comprendrai jamais, comme je l’ai déjà dit. Mais quand ça vire à la question « mais
pourquoi il a dit ça, il a fait ça, je fais quoi maintenant », je me demande bien pourquoi on me le demande à moi, surtout que je réponds les ¾ du temps que j’en ai pas la moindre idée. Oui, il est quand même difficile de répondre à ce genre de question quand on est pas un mec et qu’on ne connaît pas non plus le principal intéressé. Parce que contrairement au boulot, en matière d’amour, l’expérience n’est pas toujours des plus utiles. C’est pas parce que j’ai fréquenté X mecs qu’ils fonctionnent tous pareil et même d’ailleurs, je confirme, ils ne marchent pas pareil. Du coup, des fois, on se plante. Par exemple, le Gabriel, j’étais persuadée après le premier rendez-vous qu’on ne se reverrait pas. Puis après le second rendez-vous, quand il est parti après un coït endiablé, qu’on ne se reverrait pas… Là, j’ai été archi nulle.  Et je suis pas forcément plus douée pour les mecs que je ne fréquente pas et qui tourmentent mes copines.

Et pourtant, on continue à me donner conseil. Je pense qu’on aime un peu ma franche touch, c’est-à-dire que quand la conversation tourne en rond, je finis par m’énerver et dire : « mais écoute, t’as qu’à lui en parler, c’est la meilleure façon de savoir ! ». Et voilà, le bon conseil. J’ai un article en préparation sur le sujet, d’ailleurs, la communication dans le couple, j’y reviendrai un autre jour. Il n’empêche que parler, ça résout pas mal de problèmes. Sinon, je dédramatise dans la mesure du possible. Pour les ados, c’était facile « bouh mais si je lui dis que je l’aime et qu’il se moque de moi, hein ? ». Facile mon enfant : « s’il fait ça, c’est qu’il ne méritait pas ton amour ». Bon, ok, quand t’as 15 ans et que tu te paies la méga honte au lycée parce que celui que tu imaginais déjà comme le père de Dylan, Sofia et Zack a fait circuler ta lettre de déclaration, tu t’en fous un peu que ce bâtard ne mérite pas ton amour. Mais honnêtement, des garçons aussi cons, y en avait pas tant que ça, dans ma mémoire. Quoi que je me souviens de la fois où un garçon de ma classe genre un peu beau gosse a fait croire à une niaise de la classe voisine super molle qu’il était amoureux d’elle juste pour se foutre d’elle. Putain, c’est dégueulasse un ado.

Alors, évidemment, des fois, on conseille, on a la bonne solution et la personne en manque de conseil ne nous écoute pas. Donc au bout du même dialogue répété 10 fois de suite, on a un peu tendance à s’énerver. Surtout moi et ma patience légendaire.

Du coup, je me demande si je devrais pas proposer mes services de courrieuse des cœurs à un magazine pour ados ou légèrement adulte… Ca me ferait un peu d’argent de poche et puisqu’apparemment, les gens courent après mes conseils, c’est qu’ils doivent pas être si cons que ça. Ce n’est pas une question d’expérience, juste de bon sens.