J’me sens pas belle

Dimanche dernier, alors que j’étais censée me coucher et que je ne le faisais pas, je tombe sur un épisode de Sex and the City sur Teva (en VO). Je regarde d’un air distrait, je me souviens pas de cet épisode (en fait, je crois que je n’en avais jamais vu le début). Miranda était invitée à un repas chez des amis de son nouvel ami. A un moment, elle part à la cuisine avec les femmes qui lui expliquent que son ami s’est enfin décidé à ne plus sortir avec des tops models, certes très belles mais totalement crétines. Et voilà que notre amie partage son désarroi avec ses copines : elle ne peut pas faire le poids face à des tops models (ou plutôt, elle fait trop le poids…).
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Quand j’avais écrit mon article sur un pénis dans le journal, Erich m’avait filé des liens sur une polémique qui avait eu lieu quand une pub avait mis en scène un homme nu. Une féministe avait crié au scandale car maintenant, les hommes devaient aussi subir le diktat de la beauté, tout comme les femmes. Pour ma part, je pense qu’il n’y a pas de raison que seules les femmes subissent l’obligation d’être parfaites mais là n’est pas le sujet. Comme Carrie, je jette un œil dans les magazines et je désespère : je n’arriverai jamais à la cheville de ses créatures à la beauté parfaite. Enfin, selon les canons de beauté en vigueur aujourd’hui.
 
Depuis quelques années, plusieurs associations essaient de les casser, en s’en prenant notamment à la poupée Barbie. Si Barbie était une vraie femme, elle tomberait, entraînée par le poids de sa poitrine démesurée par rapport au reste de son corps. Ils ont d’ailleurs inventé une poupée Barbie qui reprend les mensurations de l’Européenne type, à savoir une taille 42. Le problème est que les normes sont biaisées : les mannequins des magasins ne pourraient pas avoir d’enfants si elles étaient de vraies femmes, tant leurs hanches sont fines. Quant aux photos de stars ou mannequins, elles sont très souvent retouchées. Exemple ? Prenez Britney Spears ou Mariah Carey (entre autres). Ces demoiselles perdent mystérieusement une dizaine de kilos entre les photos et leurs passages en plateau ou en concert. Mariah Carey est très amusante pour ça, on sent la fille complexée par ses kilos en trop. Sur les plateaux télés, elle rentre le ventre comme une malade et croise les jambes pour cacher ses cuisses. Du coup, elle se déplace pas, elle peut pas ! Essayez de marcher avec les jambes croisées, c’est vraiment pas évident !
 
Pourtant, il paraît que les rondelettes sont à la mode. Exemple : une pub pour un savon (je sais plus lequel, Palmolive, je crois) où une femme plantureuse à la peau laiteuse sort à moitié de l’eau. Elle, au moins, elle saute pas de repas ! L’an dernier, Emmanuelle Béart exposait ses rondeurs sur la couverture de Elle pour le festival de Cannes, on peut évoquer Jennifer Lopez, Beyoncé ou je ne sais plus qui. Même Monica Belluci, on dit pudiquement qu’elle a « des formes ». Franchement, j’aimerais avoir les mêmes qu’elle ! Cependant, dès qu’une star filiforme prend 3 grammes, les magazines people nous la montre en photo : « oh, qu’elle est grosse ! ». A côté de ça, on voit
des nanas anorexiques nous expliquer qu’elles mangent des yaourts 0% car elles sont au régime… Qu’elles se fassent amputer d’un os, c’est la seule façon pour elles de perdre du poids ! Des nanas zéro bourrelets se déchaînent dans les clips et dans les magazines de vente par correspondance, les vêtements grandes tailles sont portées par… des mannequins qui arrivent à caser leur cul dans un jean en 34. Le mot régime est omniprésent dans les magazines : régime post-fête, régime pré-été, régime de la rentrée, régime pré-fête…Bon, les grosses sont à la mode mais faut pas l’être ! Dernier « rebondissement » en date : la gamine qui a gagné la Star Ac. Bon, cette pauvre gosse a un réel problème de poids mais ça l’empêche pas de gagner la Star Ac…sauf que tout le monde doute de sa capacité à faire carrière. Honnêtement, je sais pas comment elle chante et ses prédécesseurs n’ont pas faits des ventes record mais elle, de suite, on doute.
Pourquoi ? Parce qu’elle est grosse… Jusqu’à preuve du contraire, on chante avec sa voix, pas avec son ventre plat…
 
Donc me voilà devant ma glace en sortant de la douche et je me lamente : je suis pas foutue comme Gwen Stefani… mais bon, je suis pas non plus foutue comme Laurence Boccolini, rien de dramatique, mes pantalons taille 38 me contiennent sans me torturer. Pourtant, comme la plupart de mes copines, je suis perpétuellement au régime… vous savez, le régime qu’on commence le lundi matin et qu’on arrête le lundi soir. Celui-là même ! Mais à force de m focaliser sur mon ventre, mes fesses et mes cuisses, j’oublie le reste, qui est plutôt pas mal. D’ailleurs, Gauthier m’a parlé un jour du régime que j’avais fait en 2e année de fac. Ça, pour maigrir, je maigrissais : allez encore un kilo, encore un autre ! J’avais une technique imparable : je fumais au lieu de manger. Technique débile, on est d’accord. Mais comme il m’a dit : « ok, t’as minci mais tu as aussi perdu ta
joie de vivre et moi, je t’aimais moins ! ».
Oui, forcément, quand le seul élément qui se frotte à notre palais, c’est de la fumée… C’est très mal, que personne ne m’imite. Le pire, c’est que je ne me rendais même pas compte que je mangeais pas, c’est quand je m’endormais en cours que soudain, je réalisais : « mince, j’ai pas mangé à midi ! ».
 
La minceur est une obsession imposée à chaque femme. Non mais imaginez un peu le harcèlement dont nous sommes victimes : dans tous les magazines féminins, TOUT AU LONG DE L’ANNEE, on nous explique comment perdre quelques kilos. Du coup, on culpabilise, on se dit que, c’est vrai, ces deux kilos, là, on vivrait très bien sans. Et quand je vois toutes les conneries qu’on nous fait faire pour ça, je me dis que certains magazines pourraient être traînés devant les tribunaux par des filles qui souffrent de troubles de l’alimentation à cause d’eux. Par exemple, ma chère sœur fait actuellement un régime hyperprotéiné (non, pas Slim Fast) où elle mange que des yaourts, des légumes et de la viande, en gros, pas de sucre et pas de fruits ( ??)… Ah, ça, elle a minci mais elle risque de tout reprendre une fois le régime arrêté.
 
A ce sujet, toujours, j’ai vu mardi le terrible Requiem for a dream qui, il faut l’avouer, m’a fait pleurer, je pense en faire un article,d’ailleurs. Donc, dans ce merveilleux film, le personnage de Sarah veut maigrir pour passer à la télé et commence un régime à base de pamplemousse et d’œufs mais c’est dur donc elle prend des pilules qui s’avèreront être des amphétamines. Cette femme va perdre la santé et la raison pour pouvoir entrer « dans sa robe rouge »… Tout ça pour ça…
 
Je ne m’oppose pas aux régimes pour raison de santé : ils sont parfois nécessaires pour le bien de la personne. Mais être obsédé par son poids alors qu’on a que quelques kilos en trop, ça m’énerve. Certes, je ne suis pas foutue comme Kate Moss, est-ce pour autant que je suis repoussante ? Non. Après tout, si je regarde les hommes que j’ai aimés, aucun n’était foutu comme un rugbyman du calendrier. Est-ce pour autant qu’il ne me séduisait pas ? Non. Et bien, l’inverse est vrai : j’ai pas d’abdos mais j’ai d’autres atouts et ça, faut que j’y pense la prochaine fois que je commencerai un régime. Et puis si nous avions tous les mensurations idéales, comment ferions-nous pour sortir du lot ? De toute façon, ce qui nous rend belles, ce n’est pas les régimes que nous faisons mais l’estime que nous avons pour nous. Plus nous nous aimons, plus nous sommes belles… Avec ou sans côtes apparentes.

Célibataire en fin d’’année

Les rues fleurissent de guirlandes fantaisistes qui nous renvoient ce persistant message : c’est Noël, réjouissons-nous ! Autour de nous, les couples se promènent main dans la main, partagent quelques marrons chauds… Et nous, nous sommes seules. A Noël comme à la St Valentin, le célibat nous paraît pesant… Et pourtant, il y a de quoi se réjouir.
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Regardez autour de vous et prenez un couple de votre choix. Par exemple, Cécile et Charles, le couple parfait par excellence qui file le parfait amour depuis trois ans. Le couple siamois incapable de se séparer plus de deux heures sans risquer une asphyxie, deux êtres qui ne peuvent plus s’appeler que par de ridicules sobriquets « chéri », « amour », « mamour »… A croire qu’ils ont oublié le prénom de l’autre. Mettez vous à la place de Cécile quelques instants. Décembre, le mois fatidique pour notre porte-monnaie et pour nos nerfs : la course au cadeaux. Alors que vous vous contenterez d’acheter des babioles pour vos parents, votre sœur, vos cousins… Cécile, en plus, doit trouver un cadeau pour Charles. Et un cadeau pour un petit ami, il n’y a vraiment rien de plus pénible à trouver.
 
Course aux cadeaux
Déjà, en temps normal, c’est compliqué de faire un cadeau pour un homme. Mais alors pour son petit ami, c’est limite mission impossible. Il faut que le cadeau soit tout de même à la hauteur de notre amour donc exit les babioles à moins de 10 euros. Au minimum, on doit taper dans les belles chemises et beaux pulls. Or je ne sais pas si vous avez remarqué mais trouver des vêtements masculins à moins de trente euros, c’est mission impossible. Donc pour les petits budgets, avoir un petit ami n’est pas vraiment une bonne opération à cette période de l’année. Par ailleurs, il y a cette pression incroyable : « mon cadeau sera-t-il à la hauteur du sien ? » Car même dans les couples à petit budget, il faut se remuer les méninges pour surprendre l’autre.
 
A l’époque où j’étais avec Guillaume, chaque année, c’était la prise de tête pour son anniversaire et Noël : je voulais un cadeau qui marque. Je ne lui ai jamais offert de fringues, c’était définitivement pas son truc. Il a fallu attendre notre séparation pour qu’il se décide enfin à abandonner ses vieilles frusques pour de belles chemises et des pulls zippés que je trouve so sexy. Dieu merci, c’est un accro à la lecture donc je trouvais généralement mon bonheur dans les librairies. Sauf qu’on n’offre pas un livre de poche à son petit ami pour Noël, ça ne le fait pas trop. Donc on offre un beau livre et c’est un peu cher. Je me souviens, pour notre dernier Noël commun, j’ai eu la bonne idée d’acheter un livre de Terry Goodkin, chaudement recommandé par ma copine Douschka, amatrice de littérature héroïc fantasy, comme mon cher et tendre. Donc je vais à la fnac, je donne des coups de coude, je me dépêche d’aller à la caisse où je retrouve Michalak qu’est trop beau avec sa copine super canon. Je rentre chez moi et au moment d’emballer le cadeau, je me rends compte que, comme une conne, j’ai pris le volume 2… Or mon chéri n’avait pas le volume 1 et il était hors de question de lui offrir le 2 en l’invitant à se payer le 1er. Donc deux livres grand formats, ça vous fait un petit trou dans le budget… Mais quand on aime…
 
Chez toi ou chinois ?
Une fois passé l’épreuve du cadeau et les migraines qui en découlent, voici que se profile un nouveau problème : comment s’organiser pour les fêtes ? Plus le couple dure, plus il devient soudé : hors de question de ne pas passer Noël ensemble. Entre alors en jeu les deux familles. Bon, pour faire simple, on passe le réveillon du 24 dans la première famille, le repas du 25 dans l’autre. Cependant, la famille de Charles tient absolument à aller à la messe de minuit avec son rejeton, celle de Cécile veut que la petite voit sa tante Hortense qui ne vient visiter la famille qu’une fois l’an, pour le repas du réveillon de Noël. Faire des concessions à deux, c’est jouable, mais quand la famille s’en mêle, ça tient du drame cornélien. Imaginez les conversations épicées de notre couple qui essaie de convaincre l’autre que le réveillon dans sa famille sera plus amusant… Ainsi, cette année, ma sœur Alice arrive le vendredi soir, est kidnappée par ses beaux parents pour le réveillon et passe le jour de Noël avec nous. Son chéri en fait autant, il faut d’ailleurs que je lui offre un cadeau mais quoi ? Déjà que c’est pas facile de trouver un cadeau pour son copain alors pour celui des autres…
 
Une fois la question de ces repas de famille réglées, les soucis ne sont pas terminés. Où passe-t-on le réveillon ? Chez les amis de monsieur ou ceux de madame ? Dans le meilleur des cas, notre couple fréquente EXACTEMENT les mêmes personnes mais il faut avouer que c’est plutôt rare. Bien sûr, le plus simple est d’alterner : une année avec ses amis, une autre avec les nôtres. Mais passer le réveillon avec une bande de mâles passionnés de tuning ou de foot, ce n’est pas vraiment l’idéal pour débuter l’année, il faut l’avouer. J’ai passé quatre réveillons avec Guillaume, nous avons appliqué ce système d’alternance et pas toujours pour le meilleur, de mon côté en tout cas. Le premier réveillon avec ses amis, pour marquer le passage en 2002, nous étions allés chez des voisins de ses parents, moyenne d’âge : 40 ans. A minuit, je me demandais comment j’allais tenir jusqu’à 4 ou 5 h du mat… De notre âge, nous étions quatre, un couple très proche de Guillaume et nous deux. Sauf que je ne supportais que difficilement le gars en question. Au réveillon 2003-2004, on part chez un couple d’amis à lui que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam et je frémissais : tous les mecs jouaient au jeu de rôle, je sentais LE sujet de conversation : les jeux de rôle. Sauf que je n’y connais rien (hé oui, 4 ans et demi avec un rôliste et je n’y ai joué que deux fois). Mais finalement, personne n’en a parlé et la soirée a été très bonne. Comme quoi, il ne faut jurer de rien.
 
Donc rien de mieux que d’être célibataire en cette fin d’année ! Et puis comment mieux commencer l’année que de se trouver une moitié pile le soir du réveillon ? Après tout, quel meilleur moment qu’une fête pour lier contact…et plus si affinités ?
 

Jean

Internet est un outil fantastique qui permet de faire connaissance avec des gens et…hum… plus si affinités. Il y a quelques temps, je reçois un mail d’un jeune homme que je « connais » : je suis son blog et je l’apprécie beaucoup. Donc quand il me donne son identifiant MSN, je m’empresse de lui donner le mien (qui n’est pas nina.bartoldi, je le rappelle !).
 
On discute innocemment, je ne sais plus comment on en vient à parler de meetic et autres et je dis : « tu sais, moi, j’ai besoin de parler un minimum avec la personne avant de coucher.
Bon, ben on a parlé, c’est bon ! »
Hein ? Il est sérieux, là ? Je ne le percevais pas comme un séducteur forcené mais du coup, je ne sais plus. Je coupe court à la conversation : ce n’est pas qu’il m’ennuie, c’est juste que j’ai rendez-vous avec Banana et Gauthier (pour changer).
 
Le lendemain soir, on discute à nouveau, il me chauffe un peu, tout en restant tout à fait correct, je rentre un peu dans son jeu. A un moment, il m’annonce qu’il descend sur Paris pour la soirée : « je peux finir la nuit chez toi ! ». Je ris et je rentre dans son jeu. Oui, lecteur, comme tu sais, je suis TRES joueuse. Donc forcément, je ne peux pas ne pas relever et je réponds : « chiche ! ». Je lui file donc le nom de ma banlieue à moi et mon numéro de téléphone, persuadée qu’il ne s’en servira pas. Je me fais donc une super soirée télé-ordi-feignasse.
 
Virée nocturne
En plein épisode de « Sex and the city », celui précisément avec l’anulingus que je n’avais jamais vu (merci M6 de diffuser les séries n’importe comment !), voilà-t-il pas que mon téléphone sonne. Je regarde le nom « Jean ». Ah ben tiens, il l’a fait ! Donc, polie, je réponds. « Ça te dit de venir boire un verre ?
Ok mais tu viens me chercher : y a plus de métro et j’ai pas de voitures.
Y a rien par chez toi ?
Ahahahah ! »
Pour ceux qui ne connaissent pas mon bled, il faut savoir qu’après 21h, c’est plus possible de boire un verre, seuls les restaurants sont ouverts. Pour preuve : quand je suis arrivée là, j’avais croisé totalement par hasard un camarade de promo et nous avions décidé d’aller boire un verre un soir. Résultat, on s’est retrouvé au kebab du coin boire un demi (à 2€50, c’est pas cher, ceci étant dit). Donc Jean propose de venir me chercher pour boire un verre et me pose la question fatidique : « on fait comment pour venir chez toi ? ». Et bien, au bout de huit mois donc un en compagnie d’un motard qui m’a beaucoup baladée, je suis toujours incapable d’indiquer comment on vient chez moi à partir de Paris. Une fois qu’on est dans ma banlieue, je sais, mais avant… En gros : débrouille-toi.
 
Pendant qu’il cherche, je me douche et m’habille bien car comme j’avais prévu de passer la soirée seule, j’étais en jogging, so sexy. Hop, je me fais belle, un peu de maquillage, un peu de parfum, un pull (trop ?) décolleté et je retourne sur mon pc en attendant qu’il arrive, ce qui ne tarde pas trop. Je lui dis de m’attendre à un stop pas loin car ma rue est en sens unique et c’est pénible de faire le tour juste pour atterrir devant ma porte. Donc je saute dans sa voiture. Oui, je sais, c’est pas bien de monter dans la voiture d’un inconnu, c’est mal, c’est mal ! Mais je le fais quand même. C’est une vieille voiture très grande (me demandez pas la marque, je suis nulle en voiture), à la taille du monsieur mais j’ai un peu de mal à me faire une idée : il fait sombre, j’ai pas mes lunettes (pour changer). En tout cas, il sent bon, j’aime bien son parfum.
 
On se fait la bise et départ direction Paris. Et voilà une scène hautement érotique : lui ne sachant pas où on est, moi le nez écrasé contre le pare-brise pour essayer de lire le flou qui se dessine sur les panneaux en face et qui est censé représenter un mot. Oui parce que par coquetterie, non seulement je ne les mets pas, mais je ne les range même pas dans mon sac, au cas où… Bon, après s’être perdus deux ou trois fois, on se retrouve sur les Champs-Elysées et là, que voit-on ? Une place. Elle nous attend, elle était là pour nous. Bon on se gare et on part à la quête d’un distributeur car je n’ai pas un rond sur moi (je ne présume jamais qu’on homme va payer ma consommation). Et bien figure-toi, lecteur, qu’un distributeur sur les Champs, ça n’existe pas. Et il y a une explication simple à ça : chaque mètre carré de cette belle avenue coûte bonbon et toutes les enseignes un tant soit peu réputées se doivent d’avoir leur coin de trottoir. Donc les banques ont qu’à aller s’installer ailleurs. Donc y a pas de distributeurs. Heureusement, j’en connais un pas trop loin, dans une rue annexe que je ne retrouve pas au premier coup (« c’est loin encore ? » « Non, non, c’est la prochaine… Ah non, tiens ! Ça doit être celle d’après ! »). Enfin, on trouve mon distributeur et on va s’installer à la terrasse du pub en face. Je suis un peu impressionnée par le monsieur : il est grand ! Bon, c’est sûr que tout homme dépassant le mètre soixante-quinze me paraît grand mais lui, il flirte avec le mètre quatre-vingt-dix !
 
Je commande un demi et lui un coca light (mince, je vais passer pour une alcoolique), on commence à discuter et là, il cherche un stylo. Il vide ses poches et pose le contenu sur la table dont 2 préservatifs. Là, je ris (très discrètement,  je suis très polie) : il est présomptueux, quand même ! Plus tard, il m’a avoué qu’il avait une nuit coquine de prévue mais elle s’était annulée. Bon, bref, cette histoire de capote détend l’ambiance même si je ne dis rien (il m’a aussi avoué plus tard qu’il l’avait fait exprès pour voir comment je réagirais). On parle beaucoup, de blog, de blogueurs, de nos parcours respectifs, le tout entrecoupé par les cris hystériques de pauvres saoulards dans le bar et par la pluie qui nous a forcé à nous déplacer à l’intérieur.
 
Il me drague ou quoi ?
On parle à un moment de meetic (où je ne suis plus, je le rappelle) et je lui décris la photo que j’avais mise, avec un dessin sur la joue. Et là, il tique : « attends, je l’ai vue, cette photo ! ». Là, sur le coup, je me dis : il me fait un plan drague à ne pas faire, là, le fameux  « mais, oui, on s’est déjà vus ! ». Oh non, il me semblait pourtant au-dessus de ça ! Mais il me dit : « on voyait surtout tes yeux, non, sur cette photo ? ». Ah, il l’a peut-être vraiment vue, finalement mais sa tête ne me dit vraiment rien, je suis un peu embêtée. Heureusement, Jean a l’art de mettre les gens à l’aise, je trouve. Quelque part, je suis un peu impressionnée car il a énormément de charisme mais il dégage aussi une impression de douceur. Franchement, il me fait penser à l’expression « la force tranquille » car c’est vraiment ça. Je me sens un peu nulle par rapport à lui mais je ne m’en laisse pas compter. Vers 4 heures, on finit par repartir et il me pose une question ambiguë : aurait-il envie de finir la nuit chez moi ? Je réponds de façon tout à fait détournée (oui, je suis lâche, par moment), à voir. On repart en voiture et on se reperd un peu, histoire de s’amuser encore un peu puis, une fois arrivés près de chez moi, je me lance : « Je te propose de te garer ou pas ? ». Curieusement, il accepte et nous voilà partis chez moi. On traîne un peu sur le net, je lui montre mes photos meetic et il confirme : il était passé sur ma fiche, à l’époque. Effectivement, son pseudo ne m’est pas inconnu mais je n’ai pas dû visiter sa fiche car je suis persuadée de ne l’avoir pas vu avant, même en photo.
 
On s’allonge sur le lit pour continuer à discuter, il doit être quelque chose comme 5 ou 6 heures, on se rapproche un peu puis il me demande pourquoi je ne fais pas le premier pas. « je ne le fais jamais. » Donc il glisse sa main sur ma hanche, on se rapproche et on finit par s’embrasser. Alors que les vêtements volent, je comprends soudain pourquoi il se promène avec ses préservatifs : les miens ne sont pas, mais alors pas du tout à sa taille. A côté, Laurent a un petit pénis (ou presque)… Durant la conversation précédente, il m’avait expliqué qu’il n’était pas habitué à recevoir de caresses mais plus à en donner et je suis un peu déstabilisée, je ne sais trop que faire, j’ai peur de le « gêner » mais finalement, la première brouette se passe bien. Il est effectivement très généreux avec les femmes, c’est plutôt très agréable, il faut bien l’avouer.
 
On finit par s’endormir (il était temps). Au réveil, on se retrouve, on se caresse délicieusement et, forcément, entre deux adultes consentants, on s’embrase une nouvelle fois. Durant les ébats, j’ai droit soudain à une étrange litanie : « Oh Nina, Nina ! ». Sauf que mon vrai prénom n’est pas Nina ! Après la brouette, on reprend peu à peu notre souffle, moi allongée sur lui (c’est bien pour ça un mec grand, on se sent vraiment en sécurité), je me laisse aller à un doux sentiment de plénitude et de détente quand soudain, j’entends un bruit suspect : Kenya gratte quelque chose dans la salle de bain… Elle gratte encore et toujours et soudain, une odeur suspecte envahit la pièce. Non, je rêve : elle s’est oubliée dans la salle de bain la garce ! Je vais réparer les dégâts et je reviens me coucher auprès de Jean, on passe un bonne heure à discuter cinéma dans les bras l’un de l’autre. A un moment, il m’avoue qu’il ne jouit pas à chaque fois avec une préservatif et, curieusement, je me sens assez flattée.  Mais il doit partir : il a rendez-vous avec une demoiselle, Benoît doit passer me voir. Le problème c’est qu’après avoir passé la nuit avec un mec qui pense aussi et surtout à mon plaisir, se retrouver face à un mec qui nous fait la bise après la fellation, ça fait mal.
 
On continue à discuter sur le net, il m’appelle assez régulièrement. Le truc en plus de Jean, c’est sa voix. Je suis assez sensible à ce genre de chose et il fut avouer que la sienne est particulièrement suave et sexy. Il revient peu à peu vers moi, on commence à parler de réaliser mon fantasme ultime ensemble et l’idée m’emballe mais il nous manque des partenaires pour le réaliser donc ça reste à l’état de projet. Ce qui n’empêche pas qu’on envisage de se revoir à deux. Un soir, il allume sa webcam « pour me faire un coucou » mais ça dérape assez rapidement. L’avantage c’est que, moi, je n’ai pas cet engin d’espion donc je vois sans être vue et, mine de rien, jouer les voyeuses, c’est très excitant. Il est donc temps de passer à l’acte deux.
 
Acte deux
On passe une soirée ensemble avec d’autres amis puis vers 1h, retour at home. En trajet, on discute, je babille sur je ne sais plus quoi quand il me dit : « tu as toujours la forme, toi ! ». En fait, ce n’est pas tant ça mais je suis quelqu’un de résolument optimiste et je n’aime pas ennuyer les gens avec mes petits bleus à l’âme. Pas la peine de s’appesantir dessus, ça finira par passer. Mais si je vais bien, ce n’est pas son cas. Finalement, une fois chez moi, on s’allonge sur le lit et on discute. J’ai l’impression qu’il est en train de se noyer et moi, je ne lui envoie pas la bouée au bon endroit. J’essaie désespérément de le réconforter mais échec, j’ai l’impression et je n’aime pas ça. C’est un garçon vraiment bien qui ne mérite pas les galères qu’il a connues mais c’est toujours pareil, j’ai l’impression. J’éteins la lumière, on se blottit l’un contre l’autre et on s’endort. Le lendemain, je bondis de mon lit à 8h pour faire mon sac, je le réveille une bonne grosse demi-heure plus tard : je dois partir à 9h au plus tard. Il se prépare vite en me demandant si ça allait : « on n’a pas beaucoup parlé de toi.
– Mais moi, j’ai pas de problèmes. »
On finit par partir, il me serre contre lui avant de partir et file. Moi, je rate mon premier train et arrive in extremis à Austerlitz, me faisant copieusement incendier par ma sœur qui a fait la queue pour moi à la borne…
 
Et depuis ? Il n’y a pas eu d’acte 2, finalement, mais on reste en contact, on se parle quotidiennement ou presque. Quoi qu’il en soit, je suis contente que ce garçon soit rentrée dans ma vie car il m’apporte beaucoup sur le plan humain et, ça, ce n’est pas le cas de tous mes partenaires de brouette.

Clara Morgane, c’est moi !

Depuis toujours, je rêve d’être muse. Après Guillaume qui a composé une chanson pour moi (enfin, il a pas fini mais c’est déjà pas mal avancé), voilà que Reno me dessine dans son blog, les puceaux ! En effet, figurez-vous qu’il vient de m’avouer que je lui ai servi de modèle pour dessiner Clara Morgane dans les deux dernières planches des puceaux ! (ici et ici).

Merci Reno, je suis super flattée car si y a bien une fille que je trouve sublime, c’est bien Clara Morgane!!

Sodomy is not a crime

(© Mister Big)
 
S’il est une pratique sexuelle qui soulève débat, c’est bien la sodomie. Cet article ne se veut ni un plaidoyer ni un pamphlet, seulement une réflexion pour comprendre :
pourquoi c’est encore tabou ?
 
Commençons par une anecdote (histoire de rigoler). Il était une fois notre amie Anne, que tout le monde connaît. Un jour, elle était au resto universitaire en train de déjeuner quand son ex amie nymphomane particulièrement vulgaire (à mon goût) arriva, et après avoir dit bonjour, elle se mit à hurler : « Putain, j’ai testé la sodomie, hier, c’est gé-nial ! ». Et voilà comment foutre la honte à cette pauvre Anne qui déjeunait avec des amis qui ne connaissaient pas notre amie nympho. Quand Anne m’a raconté ça, j’ai surtout été surprise que cette demoiselle ne découvre que si tard la sodomie, dans la mesure où elle avait couché avec la moitié du campus.
 
D’après mes quelques expériences et le témoignage des hommes de ma connaissance, beaucoup de jeunes femmes ont du mal à accepter la sodomie. Pourquoi ? Plusieurs arguments. Tout d’abord, c’est sale. Alors, certes, c’est de ce côté que sortent nos déjections mais de l’autre côté, tous les mois, on évacue les débris du nid organique que notre corps a fabriqué pour un fœtus qui n’est pas venu… Mais quand même, cet argument reste et au-delà de la simple « saleté » physique, je pense que beaucoup de filles y voient une saleté « morale ». Ce n’est pas fait pour ça. C’est contre nature… Et la fellation, c’est naturel, peut-être ? En effet, si on considère que le « naturel » signifie : « coït dans le but de procréer », comme le font les animaux, le pénis ne doit visiter que le vagin de la demoiselle et encore en période de fécondité (donc pendant 2,3 jours par mois). Il ne doit pas se perdre dans une bouche, une main, un anus, entre les seins, non, non, non ! Je veux pas présumer mais je pense que beaucoup de filles qui mettent en avant la « saleté » de l’acte en pensant « contre nature » n’ont rien contre ne petite fellation ou un petit cunni (oui, ça aussi, ça me paraît pas très naturel, hein !). Honnêtement, ça ne me paraît pas sale à partir du moment où la personne concernée à une hygiène normale. Parce qu’après tout, si c’est sale par derrière, je ne suis pas sûre que ce soit plus propre par devant.
 
Autre argument qui revient régulièrement : « ça fait mal ». Effectivement, ça peut être le cas, surtout si le partenaire y va comme un bourrin. Ça ne sert à rien de forcer, ça finira par entrer donc allez-y en délicatesse, messieurs ! Souvent y a un problème de lubrification, il existe des gels exprès pour qu’on peut même acheter au supermarché (si, si). D’ailleurs, si vous utilisez une capote, merci de toujours mettre du gel, ça évitera que la capote se déchire.
 
Je me souviens, ado, j’écoutais Lovin’ fun (oui, je sais, j’étais une pintade, ado) et une dame avait appelé pour parler de sodomie en disant : « attention à bien lubrifier si vous voulez pas rester coincés ». Elle avait parlé de couples arrivant aux urgences emboîtés l’un dans l’autre et incapables de se sortir de là. Réalité ou légende urbaine ? Je ne sais mais ça m’a fait rire, j’avoue (que je suis méchante, quand même !). Avant de connaître, la sodomie me révulsait, je trouvais ça bizarre, déviant comme pratique. Et puis, j’ai découvert malgré moi. Je n’ai franchement pas aimé ça la première fois, sans doute parce que je n’avais pas donné mon accord pour, le monsieur s’est promené par là sans penser que je n’avais jamais pratiqué. Peu importe. Depuis, je suis plus ouverte sur cette pratique et ça, de suite, ça excite les hommes. A l’époque où j’étais sur meetic et que j’arrangeais des nuits torrides avec des inconnus, une question qui revenait régulièrement : « et la sodomie tu pratiques ? ». Il suffisait de dire oui pour qu’ils soient tout émoustillés. Sauf que ce n’est pas parce que je dis que je l’ai déjà fait que je le fais systématiquement, j’aime pas les coïts réglés comme du papier à musique, de toute façon.
 
Ce qui est amusant, c’est que certaines filles utilisent la pratique de la sodomie pour marquer leur émancipation sexuelle, comme la demoiselle évoquée plus haut. « Je suis
sodomisée donc je suis libérée ». Et c‘est vrai que les hommes s’affolent dès qu’une fille dit ça. Personnellement, à moins qu’on me pose la question, je ne le crie pas sur tous les toits. Ce n’est pas une question que j’ai honte ou que je n’assume pas, juste que je ne vois pas l’intérêt de le dire. Il faut vraiment que ça fasse partie de la conversation, je me vois pas dire au milieu d’une discussion sur la politique intérieure : « moi, j’adore la sodomie ! ». D’une part, ça risque de jeter un blanc, d’autre part, je crois que si on donne déjà à son futur partenaire la liste de ce qu’on aime ou ce qu’on n’aime pas, il n’y a plus d’intérêt. En outre, il y a des filles très libérées sexuellement qui n’aiment pas la sodomie. Et d’autres qui aiment ça mais qui ne sont pas des coups fabuleux donc il ne sert à rien de généraliser.
 
Il me semble que la sodomie est un peu moins taboue depuis quelques années, même si ce n’est pas encore accepté partout. Il y a des pays où c’est illégal et même dans certains Etats américains comme le Texas. Ainsi, deux homosexuels se sont retrouvés emprisonnés pour acte sodomite. Et là, je me dis qu’il y a un réel problème : qu’est-ce que ça peut faire que deux adultes consentants fassent l’amour en pratiquant la sodomie ? Est-ce que cela nous regarde ? Je suis convaincue que ce qui se passe dans les chambres doit rester privé, la loi n’a rien à y faire à partir du moment où les deux personnes sont adultes et parfaitement consentantes. Certes, la sodomie n’est pas un moyen de procréer mais à partir du moment où les deux partenaires trouvent du plaisir, il n’y a aucun mal et je ne vois pas en quoi cette pratique est déviante. Elle me paraît, par exemple, moins choquante qu’un sado-masochisme poussé… Mais de toute façon, en matière de sexe, je crois que chacun a ses propres limites, ce qui le choque et ce qui lui paraît normal.
 
A présent que la sodomie commence à entrer dans les mœurs, quel sera le prochain tabou ? Pour moi, il s’agit de la « feuille de rose » (soit un léchage de notre petit trou). C’est fou comme les hommes sont motivés pour nous visiter par là mais pour nous lécher, y a personne ! Je comprends qu’on puisse hésiter mais après tout, soit la demoiselle est propre et y a pas de soucis, soit elle ne l’est pas mais dans ce cas, le cunnilingus aussi se retrouve proscrit… Quant au coït, à chacun de voir…
 
Quoi qu’il en soit, chacun est assez grand pour pratiquer ou non la sodomie, elle n’est pas un crime, comme dirait Mister Big, arrêtons d’y voir un signe de perversion. Après tout, des gens très bien la pratiquent !

Politique

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, je vais parler politique mais rassurez-vous, je vais pas vous faire un petit exposé sur mes idées politiques ni rien. Non, nous sommes dimanche, c’est l’article léger, c’est pour rigoler ! Je ne parlerai pas non plus du livre ayant le même titre, y a bien que Beigbeder pour s’extasier dessus mais forcément, y a des scènes
de sodomie et de fist fucking. Comme quoi, le sexe ne fait pas nécessairement un bon livre. Donc voici le récit de mon incursion au sein d’un parti politique.

Depuis que je vis sur Paris, j’aime faire de nouvelles expériences. Lundi soir, je me rends chez Gauthier pour une soirée télé-DVD. On discute et il m’explique qu’il s’est inscrit au PS par Internet et qu’il y a une conférence mercredi. « Super, je peux venir avec toi ?
– Heu…oui, ça tombe bien, je voulais pas y aller tout seul ! »
Youpi ! Oui, moi, je suis une fille qui aime aller dans des trucs de ce genre, histoire de voir comment ça se passe. Que les choses soient claires : je ne pense pas devenir militante. D’une part, je n’ai pas toujours voté PS aux élections et je veux pouvoir voter ce que je veux sans avoir l’impression que je trahis l’intérêt du parti. Il est vrai que c’est le parti dont je me
rapproche le plus au niveau des idées mais des fois… D’un autre côté, je ne pense pas que militer au sein d’un parti, même non extrémiste, soit une bonne idée pour ma carrière. Bien évidemment, je ne le mentionnerai pas sur mon CV mais on ne sait jamais…

Une assistante bigarrée
Donc, mercredi, je rejoins Gauthier et nous voilà partis à la recherche du lieu de réunion. On arrive et on voit une église genre « secte » appelée l’église du bonheur ou je sais plus quoi, ça commence bien. Dehors, des militants fument, certains portent l’écharpe rouge, la même que Mitterrand. On s’en crame une aussi puis on rentre dans le bâtiment, on trouve enfin la salle (après avoir demandé, quand même).

Dedans, on s’assoit dans un coin et je commence à détailler les gens en notant les personnages typiques. Il faut savoir que j’ai été élevée dans un milieu de droite donc des clichés sur les socialistes, j’en ai à la pelle et pas que l’écharpe rouge. Nous avons, par exemple, le cliché de « l’instituteur socialiste » comme dit mon père, un monsieur avec une barbe en collier (celui-là, en plus, il a des sourcils impressionnants). Enfin, j’ai aussi des clichés sur les militants de droite, j’en ai subi un en 1ère année de fac et j’en avais interviewé un autre lors de mon stage dans une radio nationale. Le gars, militant jeune de l’UMP, il arrive… et là, on se dit qu’il aurait tatoué « jeunesse UMP » sur la tronche que ce serait pareil : petits
mocassins, pantalon à pince, pull col en v d’où sort une chemise à carreau. Et que dire de l’énorme montre à son poignet ? Bref. La foule est assez disparate : des jeunes, des moins jeunes, des plus jeunes du tout, des hommes, des femmes… Des écharpes rouges un peu partout. Evidemment, la réunion commence en retard mais en même temps, les gens tardent à arriver. Sur l’estrade, le chef de section et les intervenants discutent en regardant les gens arriver, la salle se remplit peu à peu. Y a du monde quand même.

Alors qu’on discute de tout et de rien avec Gauthier, un homme en noir s’approche et nous serre la main, nous expliquant qu’il est responsable du recrutement et il nous demande notre nom. Gauthier répond, je lui explique pour ma part que je suis là en touriste (de toute façon, si je devais adhérer, je dépendrais pas de cette section). On récupère des documents et c’est parti pour la réunion. Bon, ici, on se tutoie et on s’appelle camarade, ce qui nous étonne un peu : on croyait que c’était typiquement communiste mais apparemment, nous avons tort. Maintenant, je me demande s’ils utilisent « camarades » à l’UMP, aussi. Le chef de section remercie les militants de l’avoir reconduit à ce poste puis il demande aux nouveaux adhérents de se présenter, Gauthier ouvre le bal. A chaque fin de présentation, on applaudit. Comme il me dit ensuite : « on se croirait aux alcooliques anonymes ». Donc plein de gens se présentent, des
étudiants dont un Italien, des gens qui ont déménagé et qui rejoignent la section, des sympathisants qui franchissent le pas du militantisme « en ces heures sombres », une dame blonde tout de rose vêtue qui pourrait être la mère de Barbie. Et on applaudit Paul, on applaudit Janine, on applaudit Paolo, on applaudit Vincent… Le chef de section est ravi de toutes ces nouvelles têtes et nous explique que les inscriptions ont dû être bloquées juste avant le congrès, « c’est pour ça qu’il y a tant de nouveaux aujourd’hui ». Aurais-je senti une pointe d’amertume ?
Suite à ces émouvantes présentations dont je me suis dispensée (oui, je ne suis pas de cette section, moi !). A ce moment-là, je remarque une femme au gilet couleur framboise écrasée (j’adore cette dénomination de couleur) qui erre dans la salle, se pose à côté de quelqu’un en discutant d’un air revêche puis elle vient par s’installer pas loin de nous. Une dame vient sur l’estrade nous parler d’un problème de quartier dont Gauthier et moi ne connaissons ni les tenants ni les aboutissants, la dame fustige « les communistes et le verts ». Je me retourne vers Gauthier et lui glisse un : « c’est quoi déjà la gauche plurielle ? ». La dame n’est pas contente, certains la fustigent un peu, notamment un mec à costard et la femme avec son gilet framboise qui soupire bruyamment en faisant la gueule. Ils sont agités, quand même, les gens. Après, ils nous expliquent qu’ils ont sorti un livre d’images sur l’histoire du PS pour le centenaire du parti et il est question d’un DVD, je crois (on sent la fille attentive). Quoi qu’il en soit, les militants sont invités à participer en prêtant les photos de leur engagement.

Conférence… sans doute passionnante
Arrive le moment de la conférence en elle-même (soit une heure après le début de la réunion), deux personnes de haut rang viennent parler de ce que l’on doit faire pour lutter contre la politique sécuritaire de la droite. Je vous avoue que je ne sais absolument pas ce que les gens ont proposé puisque j’ai passé l’heure suivante à lutter contre le sommeil. Assise sur ma chaise, ma tête ne cessait de tomber vers l’avant, me vrillant les cervicales à chaque fois. Changement d’intervenant, j’applaudis le monsieur moustachu que je n’ai pas écouté et une jeune demoiselle prend la parole à son tour, je recommence à me rendormir et à lutter en faisant attention à ne pas martyriser mes cervicales. Les militants sont assez dissipés, ça papote, ça rigole, ça va aux toilettes… A un moment, la dame au gilet framboise décide qu’elle en a marre et le signifie ostensiblement en soupirant bruyamment puis en adressant un geste « temps mort » au chef de section pour dire que la demoiselle qui parle est trop longue. La pauvre fille doit s’en rendre compte, elle conclut un peu abruptement. Le chef de section la remercie et demande si quelqu’un veut dire quelque chose. Là, une forêt de bras se lève, notre dame au gilet framboise est assises sur un quart de tiers de fesses, le corps tendu en avant, prête à bondir sur l’estrade mais le chef de section donne la parole au monsieur en costard de tout à l’heure. Et tandis que le mec s’avance, personne ne baisse les bras ! Et pendant que le gars commence son intervention, ils sont tous le bras levés, lançant des regards complices au chef de section pour le prier de leur donner la parole de suite après, la dame au gilet framboise est particulièrement motivée, apparemment. Là, le gars se met à parler et dit : « Moi, quand j’étais à Toulouse… ». Vu son accent, c’était pas la peine de préciser, je savais qu’il était de chez nous ! Mais bon, Gauthier et moi avons faim, nous quittons la salle. En partant, je vois sur un siège au fond, à droite, un mec affalé sur sa chaise, la tête en arrière, la bouche grande ouverte, se payant un merveilleux roupillon. Bien, ça me rassure, j’ai trouvé pire que moi.

Etre militante ?
En cheminant loin de ce lieu, Gauthier me fait part de sa déception, « je n’imaginais pas ça comme ça ». Moi non plus… mais à quoi m’attendais-je ? Je me dis que, quelque part, les militants ont un rôle à jouer dans la politique française, on ne les voit pas, on ne les entend que peu mais ils sont là, ils décident de ce qui est le mieux pour leur parti, ils s’investissent… et ce sont de véritables gamins. Mais ce n’est pas lié au PS, je suppose que c’est dans tous les partis pareil. Mais ai-je l’âme militante ? Je ne sais pas, je ne crois pas. Surtout qu’il y a très vite des rivalités, des velléités de pouvoir, des clans… Et ça, je n’en ai pas envie. Je me souviens, en 1ère année de fac, je « subissais » la présence d’un gars, membre
hyperactif du RPR jeune (hé oui, ça remonte). En 1998, les piquets de grèves sont dressés à la fac et notre ami y voit un merveilleux moyen de plaider sa cause : devenir le chef du RPR jeune de notre département. Donc le voilà qui m’explique qu’il va monter un contre-mouvement pour riposter aux grévistes… le tout chapeauté par le RPR jeune de Toulouse. D’ailleurs, je me souviens, un jour, pendant une AG, il me parle d’un étudiant qui se prononce contre la grève : « ce serait bien qu’il fasse partie de mon groupe, même s’il est de gauche. » Bon, finalement, la grève se termine et le voilà qui râle car il n’a pas eu le temps de mettre son plan à exécution. Je suis édifiée par ce que j’entends : quel est le plus important ? Défendre ses idées ou bien se faire voir ? Il voulait que la grève se termine, c’est arrivé, que demander de plus ? Si les ambitions doivent passer avant les idées, je crois que la politique ne sera jamais pour moi.

Le jury pour mister vingtenaire

Petit article à caractère informatif en attendant l’article du jour. J’ai fermé la liste des participantes au jury de mister vingtenaire et en voici la liste (par ordre alphabétique):

 

AppleSmith

Banana

Boulou

Clio

Coco

Elle

Go go Yubari

Jennifer

Joune

La Rouquine

Le froid

Leti

Marie

Mo

Steph’

Tink

Yoyo

Zine

 

Soit 19 filles pour vous messieurs! Joune et Yoyo doivent par contre m’envoyer un mail pour que j’ai leur adresse mail si elles veulent recevoir les photos des candidats!! 🙂 Dès
que je les aurai, je vous enverrai une petite notice pour expliquer comment fonctionne le concours.

 

Chez les vingtenaires, pour l’heure, le jury est composé de : Emma, Gauthier, MisterBig, Nina. A voir si d’autres se rajoutent, on vous tient au courant !

 

Pour le moment, 25 hommes sont déjà sur les rangs pour devenir mister vingtenaire, des candidats sérieux…et d’autres moins!! 😉

2005 sera longue ou ne sera pas

Par Océane

Pour Gauthier

Dans notre joyeux petit groupe d’amis, nous avons certaines coutumes. Ainsi, à chaque changement d’année, nous observons la soirée et énonçons certaines phrases qui donnent les grandes lignes de l’année à venir…
Ainsi, en 2004, nous avions prédit : «2004 sera vulgaire ou ne sera pas » et « Tango et tchatcha ou slow et macaréna » Je vous épargne le résumé de cette année mais elle fut effectivement vulgaire  et affreusement tango, tchatcha, slow et macaréna…
En 2005, les grands thèmes furent :
« Rail et sirtaki ou Barry White et mal de tête »
Ma foi, on n’est pas passés loin.
Quant à la phrase résumé, celle qui vous poursuit toute l’année, celle que j’ai eu le malheur de prononcer suite à un road-movie nocturne à 4km de Auch, celle qui me vaut l’interdiction formelle de recommencer à jouer les prophètes pour l’année 2006.
Celle qui fut déespérement criante de vérité…
Celle que l’on subit chaque seconde depuis.
Cette mythique phrase était donc :
« Je sens que ça va être long 2005 » (à prononcer avec un ton d’une lassitude extrême)
Nom de dieu, que c’est long…
Les six premiers mois furent pour nous une sorte de végétation régressive dénuée de toute vie (tant sociale que sexuelle)
Nous nous consacrâmes à nos études avec plus ou moins de résultats à la clé.
Puis arrivé le mois de juin, telles de vielles couleuvres sorties de leur hibernation, nous nous sommes réveillés…
Nous avons donc rattrapé les six premiers mois…
Bon quand on condense six mois en quatre, forcement ça laisse des séquelles :
-taux d’alcoolémie en permanence au dessus des 2,5 grammes
-chute vertigineuse du nombre d’amis
-impossibilité totale de construire quoique ce soit de stable (ok c’était valable avant, mais là c’est accentué, si si, encore plus que d’habitude)
Puis le premier octobre, Gautier nous a lâchement abandonnés pour monter vers la capitale.
Nous avons persévéré avec mister mirabelle et avons enfin trouvé notre rythme de croisière. Nous nous sommes alors lancés dans une frénésie de public relation and sexual relation. Ce qui nous vaut à présent d’être connus, reconnus et conviés à tous les événements butifull people de notre belle ville.
Malheureusement pour nous, 2005 n’est toujours pas finie…
Il reste encore 18 jours à tirer. Et quand une seconde standard en vaut trois dans notre galaxie, inutile de préciser que ça va être long…
Tout ce pavé pour ne pas oublier la colocation ratée, ton master, ta migration, le minibus de Millau et nos dépressions cycliques, nos amants, nos non-amis, nos périodes 150 boîtes et 3 million d’ambiances, nos accidents de voiture, nos toxicos et leurs cendriers, nos verres magiques, nos DJ et barmen…
Tout ce pavé pour te souvenir que tous ces événements surréalistes font partie intégrante de la même année.
Tout ce pavé pour te présenter toute mes confuses car je suis une amie pitoyable qui ne mérite pas tes reins.
Tout ce pavé pour éviter te t’affronter au téléphone et t’écrire que pour ton retour, je serais vestiaire dans une boîte de bodega espagnole…

La drague dans la rue

Long débat depuis la création de ce blog, la drague dans la rue est-elle à encourager ou à proscrire ? En tant que vingtenaire « potable » (copyright NWH), voilà pourquoi la drague dans la rue est pénible à supporter.
 
Hop!
Posons le décor. Un jour comme un autre, mettons en été. Il fait beau et il fait chaud, j’ai donc rangé ma burqa au placard et j’ai enfilé ma tenue fétiche de l’été, à savoir une robe bleue assez courte avec un décolleté carré. Ok, elle est sexy, cette robe, elle a même traumatisé Gauthier qui se souvient très bien du soutien-gorge que je portais la première fois qu’il
l’a vue mais pas du tout de la couleur de la robe. Mais je ne me suis pas habillée comme ça pour séduire, juste parce qu’en été, sortir le moins couverte possible me rend la vie plus agréable. Je chemine donc. Soudain, un individu de sexe masculin décide que je suis à son goût et fond sur moi tel un aigle sur sa proie et me sort une phrase hautement poétique… ou non. Du « t’as de beaux yeux » ou « que vous êtes belle, mademoiselle » au terrible « t’as des beaux seins » ou l’atroce « t’es bonne ». Les deux premiers gagneront un « merci » accompagné d’un sourire, les deux autres, soit je les ignore, soit je leur jette un regard noir.
 
Parfois, l’homme se contente de ce compliment, il gagne un sourire (ou pas) et tout le monde est content. Mais le dragueur lourd rode et parfois, tape l’incruste. « Hé, tu veux pas boire un verre ? » Alors, messieurs, en général quand je marche dans la rue (en plus, je marche vite), c’est que je suis là pour me rendre d’un point A à un point B, pas pour
aller boire un verre, surtout avec un inconnu total qui est entré dans ma sphère depuis une demi-minute. Je me souviens d’un matin gris dans la ville rose, je quittais le métro pour aller prendre le bus. A l’époque, j’avais une sorte de besace dont l’anse passait entre les seins, faisant un étrange effet push up. Trois mètres après avoir quitté le métro, un mec m’accoste.
« Salut, t’es mignonne, où tu vas ? (en gros)
Je vais prendre le bus pour bosser.
Tu veux pas qu’on prenne un café ?
Non, je vais bosser, là… »
Je croyais que l’amour rendait aveugle, pas sourd. Pour me débarrasser d’un lourdingue, je parle de mon « fiancé » (réel ou inventé, selon le moment de ma vie) et là, ce qui m’horripile au possible, c’est cette réponse qui accompagne cette excuse (parfois) : « c’est pas grave, je suis pas jaloux ». Sous-entendu : on s’en tape de ton copain, tu peux coucher avec moi quand même. Alors, voilà, si j’ai envie d’une passade, je ne vais pas attendre qu’un mec dans la rue me donne l’autorisation et puis je le trouve gonflé : « je ne suis pas jaloux ». Il ne manquerait plus que ça, tiens ! Il veut pas que je lui file l’adresse de mon mec pour qu’il lui pète la gueule, aussi ?
 
Souvent, un simple non ou la volonté de signifier au monsieur qu’on est pressée ne suffit pas. Donc quand le relou s’accroche, je sors ma panoplie de garce (et voilà la phrase qui va faire exploser les comms et me faire détester par les lecteurs mâles). Tu veux pas me lâcher ? Ok, je cède, je te file un rendez-vous auquel je n’irai pas, un numéro de téléphone qui n’est pas le mien (c’est là que je me dis que j’aurais dû garder les numéros de téléphone de  Benoît, qu’on rigole un peu), une adresse mail fausse (oups, j’ai oublié une lettre dans mon nom de famille, c’est idiot). Des fois, je m’invente même un prénom. Je n’aime pas faire ça, franchement, mais y a des cas extrêmes où on n’a pas le choix. Sauf qu’évidemment, je recroise toujours les messieurs en question. Dans mon bled natal, alors que j’avais 16 ans, j’avais filé rencard à un gars qui rôdait toujours autour du lycée et, évidemment, j’y suis pas allée. Quelques jours plus tard, je me balade en ville avec ma maman et là, le gars apparaît en face de moi. Panique totale, surtout que le mec est plutôt du genre pas très aryen et ma mère plutôt du genre raciste… Mais bon, heureusement, le monsieur m’a pas vue.
 
Outre le fait que je n’ai pas que ça à faire de me faire draguer quand je suis dans la rue, 99 fois sur 100, le mec qui s’adresse à moi en aurait fait autant pour n’importe quelle fille « potable » qui passait par là. D’ailleurs, certains sont particulièrement doués : une fille passe, hop, ils se prennent un vent et attaquent de suite la suivante. Certains
enchaînent si vite qu’on les voit se prendre un vent et hop, ils se tournent et s’en prennent à nous. Quand j’étais adolescente, je m’étais faite draguer par un lourdingue qui s’appelait Nino. « Ah, Nino, Nina, on était faits pour se rencontrer ! Comme t’es trop belle, j’suis amoureux ! ». Ah ? Bon, à l’époque, j’avais pas un succès fou auprès des hommes (j’avais un look : mon t-shirt me sert de tente) mais c’est pas pour autant que j’ai cédé. Et j’ai bien fait : ce gars a dragué la moitié des jeunes filles de 15 à 25 ans de mon bled.
 
Alors là, les hommes vont s’indigner : « et alors, y a une limite sur les filles à draguer ? ». Le problème de la drague, c’est qu’on a la sensation qu’il faut un rendement. Un mec qui est posé à la sortie du métro, par exemple, et qui reluque toutes les nanas, je vais avoir la sensation que le seul but du jeune homme est de se trouver une compagne pour la nuit (ou pour la semaine), peu importe laquelle, du moment qu’elle ressemble plus ou moins à quelque chose. De plus, la drague n’a rien d’exaltant : aucun jeu de séduction, rien, le prédateur s’abat sur sa proie, si ça marche, tant mieux, sinon, tant pis. Et puis peu importe qui je suis, ce que je fais, ce que j’aime, ce que je pense… Seul l’emballage compte. Du coup, je
mets de moins en moins de jupes quand je sors car, systématiquement, ça attire les dragueurs en manque, n’importe quelle fille vous le dira. N’ai-je pas le droit de me faire belle ET d’avoir la paix ? Je ne m’habille pas comme ça pour attirer les hommes, juste pour me faire plaisir ou pour plaire à mon homme.
 
Personnellement, je ne me vois pas draguer un homme dans la rue. Il m’arrive parfois (souvent) de croiser des hommes hautement désirables mais je ne vois pas l’intérêt de les aborder. Au mieux, je joue au jeu du regard (je te regarde, je me détourne, je te regarde…) et ça me suffit amplement. Parfois, si nous descendons au même arrêt de métro, je m’amuse à rester dans son sillage le temps qu’il reste sur mon chemin mais je n’ai pas besoin de plus. Le physique est certes alléchant mais que sais-je de lui ? Une enveloppe ne suffit pas, j’aime bien quand il y a une certaine complicité. Et puis, ce monsieur n’a peut-être pas le temps de se faire draguer, peut-être va-t-il travailler ou rentre-t-il chez lui ? Ou pire, il va rejoindre sa maîtresse pour une brouette crapuleuse.
 
En somme, je pense que la séduction est un art, la drague un vulgaire avatar qui m’insupporte. Il y a un temps et un lieu pour séduire et je ne pense pas que la rue, alors que je chemine vers un but précis, soit particulièrement indiqué. Un cœur, on le gagne, on n’essaie pas de l’arracher de force.