Ces livres sans postérité

De temps en temps, j’aime fureter dans les allées d’une librairie et entendre mon moi démoniaque et mon moi angélique se foutre sur la figure à base de « han, je veux ce livre! » « mais t’en as plein déjà, arrête ! » « oui mais je le retrouverai peut-être jamais », « non, tu as trop de livres en attente et tu es dans le rouge à la banque ». Ma boulimie de livres est toujours présente mais je me soigne.

Je navigue de tête de gondole en tête de gondole, mes lunettes vissées sur le nez, je laisse mon regard bondir de couvertures flashies en couvertures flashies. En général de la chick litt à base de fille célibataire à qui il va arriver de folles choses et qui à la fin, trouve un mec trop cool qui est l’homme de sa vie, même qu’ils feront sans doute des bébés. Depuis les frères Grimm, on en revient toujours au même point. En prime, pour nous allécher, un petit dessin de Pénélope Bagieu ou Margaux Motin. Quoi que je pense qu’elles ont un peu passé la main mais comme je ne fais que survoler ces rayons, je ne suis pas très attentive.

Bref, je volète tel un colibri, je butine ci et là à la recherche des fleurs les plus gorgées en suc, celles qui me donneront entière satifsfaction. Et tandis que je picore, une réflexion s’impose à moi : mon Dieu, tous ces livres qui finiront au pilon dans deux mois. Et ça me rend triste.

Déjà, en temps que nouvelle accro au DIY (enfin, je do it myself surtout dans ma tête, faut vraiment que je passe le cap, ça commence à m’énerver cette petite trouille de pas me lancer. Au pire, je rate, c’est-pas-grave putain. Y a pas écrit couturière sur mon intitulé de poste), je zieute pas mal les livres pour apprendre à faire de la couture, des doudous rigolos, de la fimo aussi… Parfois j’achète avant de me dire que j’ai eu tort et envisager de les revendre (je suis pas chiante, pas du tout). Dans ces rayons, partout autour de moi, des petits livres sans postérité possible. Le pire, c’est en cuisine : un livre sur cuisiner le nutella, un autre le kiri, faire des muffins, des macarons, des ci, des là, avec les petits ustensiles qui vont bien. Une fois les recettes testées, on range le livre ou on le jette ?

Et que dire de ces livres d’actu hyper circonstanciels qu’on aura oublié dans un an ou deux ? Ca fera toujours le bonheur des historiens mais si je furète sur les rayons virtuels de la FNAC (parce que j’écris cet article à 23h10), que vois-je ? Une BD de Mathieu Sapin sur la présidentielle, un livre de Raphaëlle Bacqué sur les Strauss-Kahn, le livre de Bachelot… Dans la bibliothèque de mes parents, quelques brûlots anti Ségolène Royal et Martine Aubry. Intéressant de voir que mes parents achètent des livres critiquant des gens qu’ils n’aiment pas et rien sur les personnes qu’ils apprécient plus (enfin, je suppose). Ca mériterait un article… Bref, qui s’intéresse aujourd’hui aux livre parus sur Ségolène Royal en 2007 ? Quelqu’un qui veut réécrire un livre sur elle, un ou deux étudiants qui font un master sur elle, et ensuite ? Tout ça, c’est bon pour le pilon, c’est tout. Drame écologique, tous ces arbres coupés pour rien… Et que dire des espoirs de l’auteur publié qui espérait se faire un nom au Panthéon des auteurs, ses espoirs réduits en purée de papier. Quoi que plus je furète dans les rayons, plus j’ai la sensation qu’on peut publier tout et n’importe quoi. Sans en attendre une quelconque reconnaissance. J’avais vu une femme interviewée dans une émission, elle était interrogée en tant qu’auteur… d’un dictionnaire franco-chti. Tu m’étonnes que ça finisse au pilon.

Ce qui est drôle (ou pas), c’est que les livres pilonnés sont recyclés en papier…magazine. Quand le vide remplace le vide pour finir au même endroit : la poubelle.

Comme une vieille conne, je pourrais me dire qu’être édité, aujourd’hui, n’a plus de valeur en soi, qu’on peut écrire un livre qui n’a que 3 mois de durée de vie, le voir trôner quelques jours en tête de gondole avant de rebondir dans les rayonnages puis terminer sa triste vie au pilon. Pourtant, reste quelques pépites, quelques livres qu’on lit avec délectation, émotion, intérêt. Pas les livres éphémères, sans postérité. C’est vrai. Mais ils ont le mérite d’apporter de l’eau au moulin des éditeurs qui pourraient prendre le risque de lancer un jeune auteur. On peut toujours rêver…

Et pour votre culture, un article bien intéressant sur le pilon.

PS : Des fois que, pour être claire : je n’ai envoyé aucun roman à un éditeur donc non, cet article n’est bien que le fruit de mes errances en librairie et non d’une quelconque rancoeur.

Bac+8 ? Oh on va te payer au smic

J’ai une copine qui a fait de looooongues études pour devenir docteur es histoire. On appelle ça communément une thèse. Mais ce n’est pas tout, elle est également normalienne et agrégée. En somme une fille qui entre dans la vie professionnelle avec une grosse valise Vuitton. Du moins le croit-on.

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Après avoir passé 2 ans à New-York pour sa thèse, il est temps de rentrer en France pour devenir professeur. Dans mon monde parfait, l’agrégation me paraissait être un sacré ticket pour enseigner à la fac mais en fait non, ça te garantit normalement de ne pas enseigner au collège. Donc notre amie thésarde regarde son affectation et après avoir hérité d’un lycée dans une ville réputée difficile, elle hérite finalement d’un poste moisi à mi-temps ou un truc du genre (je ne suis pas très au fait, je ne suis pas dans l’enseignement). Salaire mensuel ? 1100 €.

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Je précise que la scène se passe en région parisienne, le pays où les studios se louent 600 à 700 €. Donc si on enlève le loyer, l’électricité et la bouffe plus un quelconque moyen de communication, la demoiselle devrait finir le mois avec à peu près – 300 € sur le compte. J’exagère ? Pas si sûr ! Oh, je sais, des gens au smic, au vrai, y en a plein alors je vais pas la jouer misérabiliste pour la petite prof de lycée. Certes. Sauf que là n’était pas tant mon propos.

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Je l’ai déjà dit plusieurs fois, en France, on a un vrai problème avec nos études. J’avais un jour lu un article passionnant expliquant qu’il y a 50 ans, la différence se faisait au brevet des collèges, y a 30 ans au bac (avant 68, seuls 20% des candidats avaient leur bac), aujourd’hui, c’est à bac+2. Ben oui, vu qu’on doit atteindre 80% des candidats ayant leur bac, c’est du bradé. Surtout qu’il faut s’aligner sur les moyennes nationales. Quand Lucie bossait dans les Antilles, elle avait eu des copies catastrophiques, elle les avait notées à leur juste valeur. Non, ça n’allait pas, les notes étaient trop basses. Du coup, les notes ont été relevées et des candidats qui ne méritaient sans doute pas leur bac l’ont finalement eu. Pour ce que ça sert le bac, de toute façon… Je me souviens il y a 12 ans (pan! dans ma gueule au passage), quand je passais le bac, mes parents m’avaient bien saoulée sur l’importance d’une mention. Ben là, avec le recul, ça me donne envie de m’en taper les cuisses de rire. Ma mention au bac, elle m’a servi à demi crâner en 1ère année de fac et sur mon CV pendant quelques années. Depuis, ma « formation » débute direct à la maîtrise d’histoire, j’ai plus la place de détailler ce qu’il s’est passé avant. Je digresse, pardon.

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Mais la réalité  est bien triste. Un bac+8, c’est quand même pas à la portée de tous et selon les disciplines, avec un tel niveau, tu te fais un joli petit salaire. Mérité, hein, tant d’abnégation, de volontarisme, ça doit se payer, c’est normal. Sauf qu’en France, je l’ai déjà dit mais j’adore me répéter, les filières littéraires, on s’en tamponne franchement le cocotier, surtout l’histoire géo, on sait bien que ça sert à rien. Je suis sans doute partiale dans cette histoire mais ça me fout vraiment en colère. A quoi ça sert de faire de longues (et brillantes) études si c’est pour se retrouver avec un salaire aussi bas ? La prime au mérite, ça ne vous dit rien ? Oui, c’est vrai, c’est son premier poste de titulaire alors on peut comprendre que le salaire ne soit pas à hauteur de 3000 € mais il ne me semble pas que médecins ou pharmaciens ou chercheurs en science débutent au smic.

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Et quelque part, ça m’écoeure, j’ai la sensation d’un « tout ça pour ça ». On sait que certaines voies sont bouchées et que les choisir est synonyme de parcours du combattant.Quand, après mon bac avec mention, j’ai choisi la voie Histoire au lieu de tenter Science Po ou même droit, mes parents étaient un peu sceptiques. A tort ou à raison, mes fréquentations science-politologues m’ont un peu prouvé que Science Po (du moins Toulouse, je ne sais pas les autres), ça ne sert pas à grand chose avant le niveau master, ce n’est qu’une bonne
prépa pour les concours : tu apprends un peu de tout sans te spécialiser sur rien. Bien sûr, ça m’aurait plu vu que je suis une vraie pique-assiette de la connaissance et que j’ai toujours envie d’apprendre de nouveaux trucs. Mais bon, c’est un peu pareil, quelle que soit la filière choisie, sans master, tu peux pas faire grand chose à part passer des concours. Mais normalement, les longues études marchent par écrémage, un peu l’inverse du Cid « Nous partêmes 5000 mais par de vils partiels, nous nous vîmes 30 en arrivant en master » (ça ne rime pas mais oh, je suis pas dramaturge en alexandrin, moi, j’ai pas fait les études pour). Faire donc une thèse, quelle que soit la matière, ce n’est pas donné à tout le monde, faut être bosseur et super opiniâtre. Parfois, j’aime imaginer qu’un jour, je ferai une thèse parce que j’ai adoré faire de la recherche mais avant la retraite, reprendre des études, ça me paraît un peu mal barré. C’est con, j’ai 150 000 idées de sujets de mémoire. OU alors j’apprends à ne dormir que 3h par nuit sans être fatiguée et je demande à quelqu’un de me mettre un verrou parental sur yahoo! jeux. Bref donc une thésarde agrégée, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et je ne trouve pas ça normal de se retrouver dans une telle situation après de telles études, surtout dans la fonction
publique. 

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Parce qu’à l’arrivée, on se demande bien à quoi ça sert d’être un « cerveau » (le guillemet, c’est pour l’expression comme dans « fuite des cerveaux », je ne remets pas du tout en cause les capacités intellectuelles de ma copine). On n’arrête pas de pleurer sur la fameuse fuite des cerveaux, justement, mais on ne fait rien pour les retenir. Surtout les littéraires… Non parce que c’est quoi la morale de cette histoire ? Que t’aies un CAPES passé avec une licence (ce qui n’est plus possible aujourd’hui mais ça l’était jusqu’à peu) ou une agrégation avec une thèse, c’est la totale égalité des chances, prie pour que le hasard soit clément avec toi ? Mais merde, l’égalité des chances, c’est pas à ce niveau qu’elle intervient, bande de buses. Limite, ça donne l’impression d’une course de F1 où ma pote conduit une McLaren et qu’en face, y a des Lotus, tu fais ta course, tu surclasses la concurrence masi pas de bol, à la fin, y a un tirage au sort et c’est ce seul résultat qui compte. Alors, c’est quoi le message ? Ca ne sert à rien de faire des études ? Remarque c’est pas faux, vu comme l’intelligence et la culture me paraissent être limite une offense aujourd’hui, un défaut… Mais le souci, c’est que moins on fait d’études, plus vite on grossit les chiffres du chômage, c’est pas très bon non plus, ça.

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Bref, tout ça pour dire que je suis écoeurée, que ça m’énerve profondément et comme j’ai un peu arrêté de fumer, je suis un peu très tranchée surla question. Mais merde, dans une prochaine vie, je me contenterai d’un BEP. Je gagnerai pas plus mais je le gagnerai plus jeune.

Je suis corrompue par la pub

Je vous ai pas raconté mais voilà : le 09 mars 2009 (09-03-09,  ça fait très ésotérique comme date), j’ai signé mon contrat pour mon nouveau boulot, ce qui n’est pas une nouveauté en soi. Ce qui l’était plus, par contre, c’est que dessus, il était écrit en toute lettre que mon contrat dépendait de la convention collective publicité. Oh mon Dieu, je suis devenue une pubeuse !

Alors, oui, je travaille dans la pub, ce qui représente un léger virage dans ma carrière, par rapport à ce que j’ambitionnais. Léger car j’ai retrouvé la dimension rédactionnelle que je n’avais pas dans mon précédent boulot. Même qu’on me définit comme « la rédac chef de service » (oh yeah !). Donc techniquement, je reste dans les rails de ma formation sauf que maintenant, je dois parler marketing. En fait, ça veut dire parler franglais. Je n’ai plus de réunions mais des brainstorming ou think tank, je ne reste pas en contact mais « stay tuned », je sais ce qu’est un benchmark et j’utilise des mots étranges comme CPC, CPM, RP… Oui, il m’a fallu un temps d’adaptation mais bon, ça va, j’ai compris l’essentiel. Même si la première fois que mon responsable m’a demandé de faire un « trend des dernières inscriptions », je lui ai répondu : « Heu … un quoi ? ».

Donc me voici dans la pub. Et bien, c’est assez différent de 99 francs, du moins de mon côté, je ne suis pas créa. J’ai pas vu passer ne serait-ce qu’un grain de coke, pas vu de pute passer, rien. Par contre, y a le monde magique des agences de comm. Je connaissais déjà celle de ma sœur qui a un vrai powerplate dans son open space « mais personne ne s’en sert parce que c’est la lose d’en faire devant tout le monde et en plus, on n’a pas de douches »,  j’ai découvert l’agence conviviale de Lavande sur Seine. Quand on entre, on a des hautes tables et sièges pour patienter avec des magazines et en avançant vers le fond, on découvre une pièce avec de grands bancs, des frigos grands comme mon appart garnis de boissons en tout genre et un jardin super sympa. Et en plus produit, si on arrive le matin avant 10h, y a café et viennoiseries en libre service. Ca me donne envie de pleurer de joie de voir tout ça, je veux bosser là. Parce que bon, nous, nous sommes une petite agence donc nous n’avons ni viennoiserie, ni café et même pas un frigo. Mais dans la plupart des agences, c’est trendy, c’est smart, cosy et tutti quanti.

Mais surtout, dans la pub, on parle de budgets qui équivalent en moyenne mon salaire annuel et même pas pour des grosses campagnes. On parle d’ailleurs en k-euros, quelle classe. C’est sans doute pour atténuer un peu le vertige. Le truc, c’est que tout cet argent blase et que mon salaire que je trouvais sympa lors de mon embauche me paraît un peu un pet de mouche. Du coup, je vais demander une augmentation en fin d’année, pour la peine.

Il n’empêche qu’on monte aussi des opérations RP et là, je suis ravie car j’apprends. Je me rends compte que l’événementiel me plaît énormément. Tiens donc… Ben oui, à 29 ans, il est amusant de voir que finalement, on a peut-être en ligne de mire des métiers auxquels on ne pensait pas être destinés pour cause d’études mal choisies. Il n’empêche que je sens que je vais utiliser mon crédit DIF (les formations sponsorisées par l’entreprise, là) dans ce créneau car j’ai tout à apprendre, l’envie et que oui, ça se justifie carrément. Limite, j’aurais le temps, je chercherais un master pour le faire par correspondance. Mais le temps, non, je l’ai pas mais alors pas du tout.

Bref, l’univers de la pub, c’est smaaaaart, les gens se tutoient, se renvoient la balle en cas de problème (très drôle : au vu de la multiplication exponentielle des prestas, ce n’est jamais la faute de personne in fine), on s’aime par devant pour se tailler des shorts par derrière. Et encore, nous, on ne fait pas vraiment de compétitions (présentation de projets pour l’obtention d’un budget) mais ouais, y a pas à dire, qu’est-ce qu’on se marre. Ca manque juste un peu de champagne à mon goût.

En milieu tempéré

Par Ella Sykes

Depuis que je suis arrivée au Canada, je ne regarde pratiquement plus la télévision. Seules 3 chaines
difficilement captables par le biais d’une antenne tordue parviennent au consommateur désargenté.
Pour le reste, il faut agiter sa carte de crédit. Aussi, me suis-je résolue à travailler d’arrache-pied,
me coupant du monde extérieur, apprenant la nouvelle du décès de G. Depardieu, une semaine
après.

Mais, les élections américaines sont parvenues à monopoliser les 3 chaines survivantes et à titiller
mon intérêt. Parce qu’il est bien évident qu’en bon esprit cynique parisien, je n’ai pas pensé un seul
instant que Barack Obama allait effectivement réussir à se hisser au sommet.

Il l’a fait.

Alors ce matin, médusée, je laissais mon regard caresser les lignes du Monde électronique.
Quelques larmes sont venues souiller mes joues.

Je suis métisse, une noireaude avec des origines chinoises, arabes et indiennes. La discrimination
raciale m’a frappé tous les jours à Paris, durant les 15 années où j’y ai vécu, ne laissant aucun répit
à mon esprit rebelle.

Du coup, imaginer qu’un noir d’origine keyniane puisse contrôler la plus grande puissance
mondiale, un pays aussi mythique et machine à fantasmes internationale que les Etats-Unis, nous
sidèrent, nous les noirs. L’esclavage n’y a été aboli qu’en 1865 suite à la Guerre de Sécession,
c’était il y a à peine un siècle et demi.

Je suis parfaitement nulle en Politique, je n’y connais strictement rien. Je suis juste interpellée par
l’histoire, la culture des populations et le facteur humain. Dans le fond, tout ce qui détermine nos
actes et conduit les politiques reste ce facteur humain. Alors, ce matin, aujourd’hui et probablement
encore la semaine prochaine, serais-je figée de stupéfaction face à l’incongruité d’une telle
situation. Comment un peuple aussi peu intéressé aux questions sociales et culturelles que ce peuple
américain a t’il pu élire B. Obama ?

C’est aujourd’hui que la face du Monde a changé de façon irrémédiable, quoiqu’il advienne par la
suite, rien ne sera plus pareil, C’est un véritable choc pour nous, les noirs. J’ignore si les autres
cultures vioient les choses de la même manière que nous mais personnellement dans mon
individualité et dans mon identité de noir bafouée, j’espère beaucoup de ce symbole.

Mais, personne n’est dupe. Il est évident que la plupart des américains ont voté pour lui parce que
des acteurs hollywoodiens, des artistes et autres personnages publics ont participé à des
matraquages médiatiques passés à longueur de journées sur l’unique chaîne d’information publique,
prônant le vote en faveur du Noir. Comme quoi, les moutons ne sont pas basés uniquement en
France.

Néanmoins, ne boudons pas notre joie car le symbole est beau, fort et émouvant aussi. Seule, la
peur qu’on ne le fasse disparaître se tient là, tapie dans l’ombre de nos espoirs.

Pourtant, ce qu’il y a d’amusant c’est qu’en dépit notre aspiration à la grandeur et à la noblesse, au
final, on retombe trés rapidement dans la morosité de la frustration quotidienne. Enfin, lorsque je
dis « on », on s’entend bien que je parle de ma propre personne, bien évidemment.

Bref, tout cela pour conclure qu’en névrosée parisienne que je suis, installée depuis à peine trois
mois, j’ai déjà eu toute la latitude nécessaire pour tomber sous le charme d’un homme totalement
inaccessible mais que je vois 2 fois par semaine, de haïr sans raison mon colocataire pourtant sacré
l’homme le plus gentil et serviable de la création par mes copines et ma mère, de me mettre à boire
plus de bières, de tequila, de gin, de whisky coke que durant toute ma vie entière, de me remettre à
porter des Jean/Converse (Ce qui, vous l’admettrez aisément, sied davantage à une jeunette qu’à
une vieille peau de mon âge … Oui, 29 ans, hein), le tout en suivant mes cours à l’université dans
l’optique d’être titulaire d’un second Master. Je crois n’être jamais autant sorti, avoir autant ri aux
éclats, m’être autant amusée et avoir croisé autant de gens auparavant. Ici, la vie s’accélère et le
sentiment de liberté qui m’envahit et me grise, me faisant arborer un sourire permanent au coin des
lèvres.
Et, pour la première fois depuis longtemps, je peux dire :
Je suis heureuse

 

Bi l’an

Chaque année, nous voici face à un terrible moment, en ce mois de décembre : le bilan de l’année. Personnellement, j’en fais toujours deux par an (d’où le titre, je suis en forme pour les jeux de mots à la con, en ce moment) : un en juin, lors des vacances et un en décembre, à la fin de l’année. Mes rêves pour 2005 se sont-ils réalisés ? Heu…
 
La santé
Rien de particulier à signaler, j’ai toujours mon appendice et mes amygdales, je ne me suis pas encore reproduite. Aucune maladie particulière ne s’est manifestée, si ce n’est mon mal de cou chronique en été qui me bloque. Sinon, je suis toujours en parfait état de marche, merci.
 
Les études
Terminées, donc, le point positif de l’année, je pense. J’ai plutôt bien réussi cette année de master, je suis assez contente du résultat si ce n’est que le directeur de master semble avoir une dent contre moi : il m’a foutu un 2,5/10 qui ne me semble pas justifié (si ce n’est par le fait que nous sommes en désaccord sur le sujet) et un 13 au rapport de stage là où les autres ont eu entre 16 et 19… Et une mention bien qui s’envole, du coup. Peu importe, comme m’a dit mon tuteur de stage, la mention, les employeurs s’en foutent. Moi moins mais je me console en voyant les excellentes notes que j’ai eues dans les autres matières : c’est pas compliqué, ma moins bonne note est 11, en droit (j’en avais jamais fait de ma vie) et je culmine à 16 ou 17 en module technique. Faut dire que j’ai bien bossé cette année, mon diplôme, je le méritais. Ceci étant, je me demande encore si j’ai fait la bonne formation, tant je n’ai rien appris, mais je crois que c’est pareil pour tous les DESS. Ce que je regrette surtout, c’est que personne ne nous a aidé durant l’année. A la réunion de rentrée, mon cher directeur de master s’extasiait : « oui, dans 6 mois, vous serez peut-être à Atlanta à faire un reportage sur CNN ! ». Waouh, ça fait rêver, que de perspectives ! Résultat, au moment de chercher des stages AUCUN coup de main mais vraiment aucun. Et quand on trouvait, c’était l’apothéose. Prenons notre amie Clara qui sue sang et eau pour se dégoter un stage d’observation de quinze jours à France 3 national. Elle annonce ça à notre directeur qui fait : « ah mais fallait me le dire que vous cherchiez à France 3, je connais M. Tartempion, là-bas ! » Alors, d’une part, pour lui dire, il aurait fallu qu’on le voit et puis forcément, il a beau jeu de dire ça APRES.
 
Je me suis démerdée toute seule pour mes stages avec plus ou moins de réussite (plus pour le premier, pas du tout pour le second). Et là, voici que je reçois au mois d’août une lettre de l’IEP me demandant de filer mes contacts pour constituer un fichier… Non mais ils rêvent les yeux ouverts ! Pendant 6 mois, nous n’avons eu aucun interlocuteur, nous nous sommes démerdés seuls pour tout et là, ils arrivent la bouche en cœur et osent nous demander ça. Curieusement, j’ai omis de répondre…
 
Enfin, retenons juste qu’après 7 ans d’études, me voici bardée d’un beau bac+5… qui ne me sert à rien pour l’heure mais patience…
 
Le boulot
Bon, on va mettre les stages dans cette catégorie, histoire de…
Premier stage, tout nickel : pas rémunéré, certes, mais des tickets repas à 8,60 € par jour et la carte orange à moitié remboursée, on ne s’en sort pas si mal ! Mais surtout, on travaillait dans une ambiance vraiment bon enfant, je ne me suis pas ennuyée pendant deux mois et demi. Puis là-bas, j’ai rencontré Zoé qui est une de mes grandes amies parisiennes… C’est là-bas que j’ai commencé mon blog. J’ai des souvenirs magiques de ce stage, des expériences inoubliables qui me serviront longtemps pour mon métier. Finalement, il aurait été rémunéré avec un boulot à la clé, ça aurait été parfait.
Deuxième stage, tout faux. Dès le départ, je ne le sentais pas, j’aurais jamais dû y aller. J’explique : je réponds à une annonce sur un site Internet, j’envoie des dizaines de candidature et c’est la première (seule) réponse positive, les autres postes ayant déjà été pourvus. Donc en rentrant de Clermont Ferrand où j’avais couvert un match, traînant ma valise et pestant après la pluie qui tombe alors que je suis en t-shirt et pantacourt, je vais à un entretien pour ce poste. J’erre dans un quartier très populaire, perdue, agacée, le pauvre Gauthier se prend mon énervement dans la tête (« fais chier, elle est où cette putain de rue ! Il est trop moche ce quartier ! »). Bon, finalement, je trouve, c’est dans un immeuble dont le porche est bloquée par de grosses grilles… Ambiance ambiance ! Je sonne et j’attends, un mec vient m’ouvrir (y a pas d’interphone ?), je rentre et, ô surprise, les bureaux sont en sous-sol : le rez-de-chaussée qui doit faire 2 m² ne sert strictement à rien. Je descends, donc, l’entretien se passe nickel. Rémunération ? Non, rien de rien. Ma mission ? Je dois travailler sur la culture dans les collectivités locales et territoriales. C’est plutôt positif : je n’ai jamais fait de journalisme culturel et se faire des contacts dans ces collectivités est un bon plan. Mais avant, j’explore quelques autres pistes dont RMC. Une heure de métro pour m’entendre dire : « vous n’êtes pas assez autonome en radio mais je mets un point d’honneur à rencontrer toutes les personnes dont le CV est passé en interne. » Ben j’aurais préféré que tu m’appelles pour me dire ça directement, une heure de métro aller, autant au retour, pour dix minutes d’entretien, j’ai autre chose à faire !
 
Donc me voici à mon stage. Le premier jour, j’arrive, on me présente mes costagiaires, un sympa et un autre que je trouve mignon sur le coup (Nina, tes lunettes, tu devrais les mettre…) mais glacial comme c’est pas permis.
« Tu…tu as un or… ordi p…p…portable ?  (oui, il bégaie mon tuteur de stage)
– Oui mais chez moi, je savais pas que je devais l’amener…
– Ben oui, c’est mieux… En attendant, travaille sur ce poste ».
Seigneur, j’allume, windows 95 ! C’est une blague ? Bon, je passe la journée à écrire un article sur open office dans un silence de mort mais comme je suis pas connectée à Internet, je bosse vite et bien. Le lendemain, j’arrive avec mon pc portable qui n’est plus tout jeune. Trois quart d’heure avec cette foutue sacoche, ça a de quoi vous foutre de mauvais poil. Le café lyophilisé, l’absence de lumière et les frais de bouffe aussi. Alors, quelles sont mes prochaines missions ? Réfléchir à la conception du site Internet de mon tuteur de stage, un dossier sur droit et e-administration. Ah, je dois aussi faire une interview de M. Tuteur pour son site Internet… Là, ça commence à puer l’arnaque : elle est où la culture ? Comment ça, je bosse que sur le site Internet de M. Tuteur et de son association ? A partir de là, je me suis mis en état de « démission mentale », comme dirait Max sur son blog. Moins j’en foutais, mieux c’était : je séchais un jour sur deux ou presque, prétextant des maux de tête (j’ai de nouvelles lunettes) à répétition ou des conneries du genre… Un jour, le monsieur m’a quand même demandé si j’avais des problèmes de santé : « non, non ! ». Quand je venais, je partageais mon temps entre : écriture de mon blog, réponse aux commentaires, fumer, fumer, boire du café, pisser, aller chercher à manger, partir à 16h, déjeuner pendant deux heures avec des copines, prendre mon après-midi… De toute façon, dès que M. Tuteur n’était pas là, il nous foutait dehors car il n’y avait qu’un jeu de clé… Il m’est ainsi arrivé un jour d’arriver à 9h45 et de repartir à 11h30… Me vriller l’épaule pour si peu, ça a de quoi agacer…
 
En juillet, nous étions plusieurs stagiaires, un que je n’ai vu que deux ou trois fois (le glacial) et l’autre, autrement plus sympa qui ne supportait pas trop le stage non plus mais qui, lui, le faisait sérieusement. Sa mission : outre un dossier sur l’intranet (que M. Tuteur m’a demandé de relire pour corriger les fautes, me voilà secrétaire de rédaction !), il devait trouver des CV en ligne de personnes pouvant donner des cours d’informatique pour l’association… Donc on allait toujours fumer en même temps histoire de papoter deux minutes et se défouler un peu : stage de merde ! Puis vint le mois d’août où je n’allais plus travailler puisque le monsieur était en congés je sais plus où donc trois semaines à moisir chez moi en faisant semblant de travailler sur mes dossiers : droit et e-administration, mais aussi l’employabilité dans les TIC et, surtout, je devais réfléchir à comment promouvoir un magasin d’accessoires de boxe qui allait ouvrir pour un ami de M. Tuteur. Finalement, je n’ai rien foutu, j’ai terminé mon stage en ayant rien fait sur ces sujets-là et quand il a fallu rendre mon dossier sur l’e-administration en octobre, je l’ai pas fait, M. Tuteur ne m’a jamais relancée. Sur le coup, j’avoue que j’ai culpabilisé mais finalement, comment pouvait-il décemment vendre ce stage en promettant des sujets culturels ? Comment pouvais-je sortir de là la tête haute en disant que j’avais acquis une nouvelle expérience journalistique ? La cata.
 
Et depuis ? Rien. Quand tout se passe bien, le dernier stage est celui qui permet de trouver du boulot, raté ! Mais en ce moment, je suis en mode recherche activé, je regarde même les stages car je préfère un stage faiblement rémunéré que rien foutre chez moi. Je suis journaliste, pas testeuse de canapé.
 
Amitié
Là, encore, il y eut des hauts et des bas, des amitiés éphémères, certaines sont nées, d’autres sont mortes.
 
Commençons par mon ex meilleur ami, Yohann… Et bien ça fait maintenant un an que je n’ai plus de nouvelles de lui et je ne sais absolument pas pourquoi. La dernière fois que je l’ai vu, j’ai pressenti le malaise… En fait, je l’ai trouvé par hasard à une caisse à la FNAC l’hiver dernier. Oui il faut savoir qu’il vit depuis deux ans en Suède et ne rentre que pour Noël et en été… Donc là, surprise : le voilà en France ! On discute et on s’arrange en rendez-vous. J’ai la sensation curieuse qui si nous nous étions pas croisés ce jour-là, je ne l’aurais pas vu… On se retrouve donc le jour dit, on papote, je me dis que je me fais des idées, on se file un autre rendez-vous mais il m’appelle la veille pour me dire qu’il a pas le temps de me voir mais pour se faire pardonner, il me livre un scoop sur les Feux de l’Amour. Oui, avec Yohann, les Feux de l’Amour nous faisaient hurler de rire, on adorait quand Victor buvait avec insistance dans un verre vide et ce genre de trucs à la con. Alors voilà, près de 10 ans d’amitié et la seule chose qu’il a à me dire, c’est une connerie sur un soap opera ? Là, je ressens le malaise. Je pars sur Paris, j’envisage de lui envoyer un mail pour lui dire mais c’est bientôt mon anniversaire… il oublie. Et depuis ? Plus de nouvelles. Il ne m’a pas appelée cet été quand il était sur Toulouse (il ne sait pas que je vis sur Paris), il ne m’a pas appelée cet hiver pour dire qu’il était là, non plus… Certes, j’aurais pu appeler mais s’il a oublié mon anniversaire, ce n’est pas un hasard. Je sais pas, je reste persuadée que si je l’avais pas croisé à la fnac l’hiver dernier, on ne se serait pas vus des vacances.
 
Sinon, sur Paris, je me suis fait pas mal de relations assez éphémères, y a qu’à voir l’évolution des participants aux vingtenaires : une doit partir, une autre arriver, il me faudrait aussi un(e) autre remplaçant… Je me suis fait de bons copains ici, notamment Zoé que j’ai rencontré dès mon arrivée puis Tink, Sab, Banana, Agnès, Bouki et quelques autres. D’autres m’ont déçue mais c’est la vie.
 
Amours
Oh, le gros dossier, puisque comme dans les horoscopes, je vais tout mettre en vrac dans ce domaine à savoir les brouettes et le reste… Donc assoyez-vous bien confortablement, allez vous chercher un petit thé ou un café, Yome, tu peux allumer une clope (j’adore ta photo sur le sujet, au passage), c’est parti.
 
Je ne la jouerai pas chronologique, on s’en fout. Je vais pas revenir sur chaque histoire, on s’en fout aussi, juste faire un rapide bilan. Globalement, cette année a été plutôt riche en brouette mais relativement pauvre en belles histoires même si… Un rateau magistral avec Julien m’a un peu fait partir en vrille cet été mais globalement, je ne regrette rien, ce n’est pas mon genre. J’ai fait des rencontres plutôt agréables, il faut bien l’avouer : Louis avec qui je suis restée amie, Reno avec qui je papote de temps en temps et qui m’explique les dessous de son métier (auquel je ne connais rien donc chaque conversation est riche en enseignement). Il y a également Jean, un vrai ami avec qui on peut parler de sujets graves ou de sujets plus légers… Concernant Laurent, il est revenu d’Afrique et il y a peu et m’a sauté virtuellement dessus comme un chat sur ses croquettes mais je ne pense pas le revoir. Il est clair que ce monsieur n’en n’a que pour mon sex appeal alors je pense que je vais zapper. Quand les choses évoluent de cette façon, je trouve que la brouette est un moyen très agréable pour faire connaissance.
 
Evidemment, parfois, je tombe mal, c’est inévitable… Il faut dire qu’en général, je ne fais les choses à moitié mais là, je me suis dépassée… Entre le goujat égoïste qui prend sans donner et le névrosé paranoïaque bouffé par la haine, je ne sais lequel est le pire. Mais je crois que les deux m’ont donné une leçon : comme quoi, dans toutes choses, malheur est bon. Avec eux, j’ai pu mesurer l’étendue de ma naïveté : non, l’homme n’est pas bon par nature. Ceci étant, je pense que chacun a ses excuses : Benoît est encore jeune et a beaucoup à apprendre (quoi qu’à 24 ans, il serait temps…) pour se comporter correctement avec les femmes. Je pense que quand il se sera pris une bonne dizaine de râteaux, il aura compris. Quant à l’autre, je sais pas, je n’ai rien compris à cette histoire. J’ai une idée de la réelle raison de son comportement mais tout de même… Détester au point de vouloir faire souffrir une personne qu’on a vue une dizaine d’heures, ça ne me paraît pas très normal. Mais peu importe, au fond, ces deux histoires appartiennent au passé.
 
Côté « amoureux », il y eut Arnaud, donc, mon petit ami officiel de l’année et ce ne fut pas une réussite, finalement. Pourtant tout avait bien commencé et les trois semaines passées ensemble furent parfaites, on se voyait un soir sur deux, on passait de doux moments à deux… Mais voilà, un jour, il se dit qu’il était temps de mettre les voiles et il oublia de me prévenir. Dommage, mais en même temps, ça m’a permis de vivre LA belle histoire de l’année, mon idylle avec Guillaume, donc. Comme on se voit peu, on profite à fond de chaque moment sans se poser de questions. Et pour l’heure, ça me va parfaitement. C’est vrai que, parfois, j’aimerais qu’on vive plus près l’un de l’autre pour se voir quand on veut mais on peut déjà se parler tous les jours sur MSN ou par téléphone, c’est déjà pas si mal. Et, au moins, on ne peut pas dire que la routine nous menace.
 
Globalement, 2005 n’a pas rempli mes espérances, je pensais que ce serait mon année. J’espère que 2006 sera plus clémente… A suivre.
 
 
 

2005 sera longue ou ne sera pas

Par Océane

Pour Gauthier

Dans notre joyeux petit groupe d’amis, nous avons certaines coutumes. Ainsi, à chaque changement d’année, nous observons la soirée et énonçons certaines phrases qui donnent les grandes lignes de l’année à venir…
Ainsi, en 2004, nous avions prédit : «2004 sera vulgaire ou ne sera pas » et « Tango et tchatcha ou slow et macaréna » Je vous épargne le résumé de cette année mais elle fut effectivement vulgaire  et affreusement tango, tchatcha, slow et macaréna…
En 2005, les grands thèmes furent :
« Rail et sirtaki ou Barry White et mal de tête »
Ma foi, on n’est pas passés loin.
Quant à la phrase résumé, celle qui vous poursuit toute l’année, celle que j’ai eu le malheur de prononcer suite à un road-movie nocturne à 4km de Auch, celle qui me vaut l’interdiction formelle de recommencer à jouer les prophètes pour l’année 2006.
Celle qui fut déespérement criante de vérité…
Celle que l’on subit chaque seconde depuis.
Cette mythique phrase était donc :
« Je sens que ça va être long 2005 » (à prononcer avec un ton d’une lassitude extrême)
Nom de dieu, que c’est long…
Les six premiers mois furent pour nous une sorte de végétation régressive dénuée de toute vie (tant sociale que sexuelle)
Nous nous consacrâmes à nos études avec plus ou moins de résultats à la clé.
Puis arrivé le mois de juin, telles de vielles couleuvres sorties de leur hibernation, nous nous sommes réveillés…
Nous avons donc rattrapé les six premiers mois…
Bon quand on condense six mois en quatre, forcement ça laisse des séquelles :
-taux d’alcoolémie en permanence au dessus des 2,5 grammes
-chute vertigineuse du nombre d’amis
-impossibilité totale de construire quoique ce soit de stable (ok c’était valable avant, mais là c’est accentué, si si, encore plus que d’habitude)
Puis le premier octobre, Gautier nous a lâchement abandonnés pour monter vers la capitale.
Nous avons persévéré avec mister mirabelle et avons enfin trouvé notre rythme de croisière. Nous nous sommes alors lancés dans une frénésie de public relation and sexual relation. Ce qui nous vaut à présent d’être connus, reconnus et conviés à tous les événements butifull people de notre belle ville.
Malheureusement pour nous, 2005 n’est toujours pas finie…
Il reste encore 18 jours à tirer. Et quand une seconde standard en vaut trois dans notre galaxie, inutile de préciser que ça va être long…
Tout ce pavé pour ne pas oublier la colocation ratée, ton master, ta migration, le minibus de Millau et nos dépressions cycliques, nos amants, nos non-amis, nos périodes 150 boîtes et 3 million d’ambiances, nos accidents de voiture, nos toxicos et leurs cendriers, nos verres magiques, nos DJ et barmen…
Tout ce pavé pour te souvenir que tous ces événements surréalistes font partie intégrante de la même année.
Tout ce pavé pour te présenter toute mes confuses car je suis une amie pitoyable qui ne mérite pas tes reins.
Tout ce pavé pour éviter te t’affronter au téléphone et t’écrire que pour ton retour, je serais vestiaire dans une boîte de bodega espagnole…