Hier encore, j’avais 33 ans

En fait, non, hier, j’en avais déjà 34 mais j’avais la flemme d’écrire alors prenons une légère liberté par rapport aux faits et puis j’ai pas trouvé mieux comme titre.

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Voilà, un nouvelle année, ma 35e en ce bas monde. J’attendais pas mal de mes 33 ans vu que c’est un chiffre impair et qu’en plus, y a plein de trois et j’aime bien les 3 (et les 6, les 7 et les 9. Quine !). Donc 33 ans devait être l’âge de ma réussite incroyable. Et bien pas trop. En fait, ce fut un peu l’année du peinard même si j’ai été souvent débordée, en flirt permanent avec le burn out, dès que je pouvais en milieu aquatique. Niveau privé, j’ai envie d’applaudir ma belle stabilité amicale. Pour le reste, quelques mecs, des biens (un ou deux) mais pas mal de connards quand même, des manipulateurs, menteurs, arnaqueurs, sans doute pervers narcissiques pour au moins deux d’entre eux. Mais aucun dommage de mon côté. Une éventuelle blessure d’ego récemment mais rien qui ne puisse m’abattre. Tout ça n’a pas tant d’importance.

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Mais pour mes 33 ans (et pas que), il s’est passé un truc qui me révulse et j’ai décidé que pour mes 34 ans, ça n’allait pas se passer comme ça. Je me suis fait baiser la gueule et pas qu’un peu. Donc voilà, pendant 33 ans, j’ai été la gentille bonne élève polie et disciplinée. Et bien, révélation : c’est pas la bonne stratégie. Pas du tout. Pendant que tu t’appliques à faire tes devoirs en souriant, ça manipule, ça tracte et tu restes sur le bord de la route. La gentillesse, je la réserve désormais pour un cercle très fermé. Pour le reste, je sais pas encore comment je vais gérer mais c’est bon, j’ai bien compris la leçon. Ca, c’est ma résolution 34 ans : sortir les griffes et pas juste pour patasser ma couche avant de m’endormir (cette métaphore est une honte).

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En conséquence de quoi, je considère que 34 ans sera l’âge de moi. MOI. Pour de vrai, je veux dire. Je deviens mon principal centre d’intérêt. Toujours plus de piscine, du temps pour moi. Fini les nocturnes, fini le « oui, oui ». Je dis oui que si j’ai envie, je me fiche d' »être serviable », de « faire plaisir », de « pas faire de vagues ». Après tout, pourquoi faire ? Pour plaire à des gens qui n’existent même pas dans ma vie ? Pour éviter des coups ou des insultes (réels ou psychologiques, voyez l’idée ?). On ne peut pas plaire à tout le monde, même en étant la plus grosse bonne poire du monde donc fuck. Je dis non. Non non non. Comme dirait mon neveu.

Saturnin

Alors, qu’est-ce qu’on peut me souhaiter pour mon anniversaire ? De devenir la meuf qui compte et pas juste la « gentille » de service. Et des sous aussi parce que j’ai plein d’envies de voyage mais j’ai pas trop les moyens là de suite.

Happy B day me !

Modern stalking

Par Audrey

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Le problème des ruptures à l’ère du web 2.0, c’est qu’elle manque de netteté. Comment tourner la page alors que l’autre reste là, à portée de clic. Malgré les résolutions, malgré l’envie d’avancer, comment résister à l’envie d’aller jeter un oeil… Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas la seule à en chier. Sauf que sur les réseaux sociaux, on a tendance à mettre en avant ce que l’on fait de cool. Et là, la curiosité vire à la scarification mentale.

Mais qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?

Benoît était, quand nous étions installés ensemble, la parfaite incarnation du mot « pantouflard ». Plus motivé à l’idée d’un plateau télé ou d’une soirée console que par l’idée d’aller voir dehors ce qu’il se passe. Mais là, depuis qu’il est seul, il semble pas mal sortir. Un coup au concert de Fauve (style de musique qu’il semblait détester quand nous étions en couple), avis posté sur le dernier Woody Allen, expo à Beaubourg… Mais qui est cet homme ? Mais surtout qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?D’ailleurs, pourquoi lors du concert des Artic Monkeys, elle l’a tagué sur une photo ? C’est qui cette Aurélie ?

Côté face, je souris, je joue la fille « la vie devant moi, youhou ! ». Côté pile, mon estomac est en train de se décomposer sous l’effet des giclées de bile aigre provoquées par toutes les apparitions de cette mystérieuse Aurélie dans la vie de mon mec… euh, mon ex. Jusqu’au jour où ça apparaît en toutes lettres sur mon écran, un coup virtuel dans les tripes « Benoît Garassi est maintenant en couple avec Aurélie Chastain ». Je saisis mon clavier et vomis ma colère, prête à lui démontrer l’étendue de mon vocabulaire le plus ordurier.

Mais, sur les conseils de mon amie Elisabeth, je finis par ne pas l’envoyer. Parce que ça sert à rien. Parce qu’il s’excusera d’avoir été maladroit, oui, mais il ne m’aime plus et la scène, même un peu légitime, qu’il va se prendre ne changera rien. Audrey out, Aurélie in, c’est comme ça.

Devant mon Facebook, je me décide enfin à faire ce que j’aurais dû faire depuis le départ

Alors je me plante devant mon Facebook et fais ce que j’aurais dû faire dès le départ mais que je n’avais pas eu le courage d’exécuter pour de fausses raisons (« non mais ça fait mesquin, tu comprends »). « Voulez-vous vraiment supprimer Benoît Garassi de votre liste d’amis ? ». Oui.

Forme-toi toi même !

Depuis quelques temps, c’est tempête dans un verre d’eau dans ma petite tête. J’ai des envies, des ambitions oui, mais voilà, « j’ai pas le diplôme ». Je ne parle pas de me reconvertir dans la recherche bio chimique ou l’ingénierie je sais pas quoi, non, non, je veux rester dans mon petit univers marketing. Mais je doute, je doute.

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Un jour comme un autre, je me dis qu’il est temps de prendre la voie qui me fait de l’oeil. J’ai fait une demande de DIF mais ça ne suffira pas. Une de mes collègues a prononcé un mot magique, voyons voir. Bachelor, MBA… Ah y a des formations pour salariés. Bon, bien, j’en ai pour 16 000 à 30 000 €. Bien alors je pourrais jouer au loto pour gagner de quoi me payer ces super formations mais placer mon avenir professionnel entre les mains du hasard, c’est… comment dire… non. Je me gratte la tête, je trépigne, je soupire, j’essaie de voir ce qu’il serait possible de faire mais je bloque. Comment pourrais-je convaincre que je suis bonne à un poste que je n’occupe actuellement pas et dont je ne maîtrise à la perfection qu’un seul des leviers.
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Et puis non. Je ne renoncerai pas. Je vais me former moi-même. Va falloir que je sois un peu rigoureuse mais je suis pas plus stupide qu’une autre, après tout. A moi les MOOCs, les articles de blogs et websites, les livres blancs et slideshares. Après tout, ai-je un diplôme de marketing ? Non. Est-ce que ça m’a empêché d’y bosser ? Non. Oui, le fait de ne pas sortir d’une école marketing-comm est un peu bloquant car ceux qui ont le diplôme au bon libellé peut progresser plus vite que moi, même si je suis plutôt excellente aujourd’hui. Oui, j’ai certainement eu la chance qu’une personne me fasse confiance au tout début, à un moment où le community manager n’avait pas de diplôme lié. Mais si ça a marché une fois, pourquoi ça ne remarcherait pas ?

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Alors maintenant, je me bouge le cul, j’arrête de râler. Et quand je maîtriserai à la perfection les arcanes de la stratégie digitale (ce qui m’intéresse donc), je me remettrai peut-être à l’allemand. Et comment valider ces connaissances validées sur le net ? Simple ! Vive les slideshares et autres productions à poster direct sur LinkedIn pour démontrer que, hé ouais, j’ai de la jugeotte.

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Bon ben y a plus qu’à…

Le délicat cas du chat

Par Audrey

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Une fois ma rupture avec Benoît assimilée, je suis tombée dans une nouvelle phase que nous appellerons “nouveau départ”. Il fallait qu’un maximum de choses dans ma vie marque ce virage : nouvel appart, nouvelle garde robe, nouveau découvert. C’est le problème avec les nouvelles vies, on ne fait pas toujours des économies pour pouvoir se la payer au moment où on en a besoin. Alors pour consolider l’oeuvre de cette nouvelle vie, je choisis un chaton, tout pelucheux et tout mignon avec ses grands yeux étonnés et sa démarche un peu hésitante. Welcome to Karma dans mon humble demeure.

Le chat, repoussoir à mec ? 

Karma, oui, une façon de me souhaiter bonne chance dans ma nouvelle vie. Fière de moi, j’invitais mes copines à prendre le thé histoire de leur présenter la chose. J’ai attendu qu’elles soient tranquillement assises sur mon clic-clac flambant neuf (enfin, la housse. Le clic-clac est sans doute plus vieux que moi) pour leur exhiber le nouvel amour de ma vie. Si Elisabeth et Isa se montrèrent immédiatement charmées, Souria fit légèrement la moue. Souria, c’est ma pote “célibataire qui le vit bien”, à l’inverse d’Isa qui est la “célibataire qui aimerait bien une grosse alliance à son doigt et quelques enfants dans sa maison avec jardin”. A peu près. Donc Souria ne sourit pas.
“Tu l’aimes pas ?
– Si, si, il est mignon, mais… Ca va pas t’aider à trouver un mec.”
Chat, repoussoir à mec ? Allons donc ! Mais Souria insiste : de un, sans qu’on sache pourquoi, la moitié des mecs sont allergiques aux chats. Tu vois, physiquement, ça colle pas. Et de deux, et c’est bien là le pire, le chat, ça fait vieille fille. Limite aigrie. Le chat est donc une sorte d’antidote naturel contre les mecs, CQFD.

Le chat, meilleur détecteur à mec bien ?

Une fois mes copines parties, je prends mon mini chat et le tend vers moi, façon Simba dans le roi Lion. Ce petit bout de quelques grammes feraient fuir des gaillards de 80 kilos, vraiment ? Je relâchais le fauve qui partit en courant maladroitement planter ses griffes dans la mousse du canapé, l’air espiègle et satisfait. Le roi de la maison. Quelques jours à peine que je l’ai ramené et il fait déjà sa loi. Peu importe les brimades, il plante ses griffes dans mes meubles et saute partout s’il veut. C’est peut-être là le noeud du drame : y aurait-il une place pour une autre individu auprès de mon chat ? Boule de poil est-elle la seule à décider de qui a le droit de la vénérer ? Un chat et un homme sont-ils forcément en conflit quand il s’agit de prendre une place dans ma vie ? Et ce mini félin me place-t-il vraiment dans le rôle de la vieille fille ? Je veux dire, oui, je l’ai adopté au moment où je renouais avec une solitude depuis longtemps oubliée mais c’est pas une raison…

Et si Karma était, en fait, mon meilleur détecteur à mec bien ? Je veux dire un gars qui arrêterait une incroyable histoire d’amour à cause d’un chat mérite-t-il que je m’arrête sur son cas plus de 30 secondes ? Non, je ne crois pas non.

Finalement, Souria a tort : ce chat est le meilleur investissement que je pouvais faire. Même si j’étais encore loin de me relancer dans une quête amoureuse : guérir un coeur, ça prend du temps.

Mon coeur en lambeau

Par Audrey

La rupture est un deuil. Au début, je n’y ai même pas cru. Alors que Benoît m’expliquait que le « nous » était mort, j’étais noyée sous un tsunamis de pensées tantôt rationnelles, tantôt émotionnelles, surtout contradictoires. Que faire ? Quoi dire ? Il est sérieux, là ? Je l’aimais bien, moi, cet appart… Dois-je pleurer, crier ? Me montrer compréhensive ? Lui jeter au visage ce verre qu’il a imprudemment laissé à ma portée ? Les codes de la bienséance n’ont jamais rien dit à ce sujet.

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Alors je n’ai rien dit. Je suis restée coite, abasourdie. Sur le coup, Benoît s’en est même inquiété, craignant sans doute que ce soudain mutisme annonce une explosion imminente, un peu comme avant une éruption volcanique. Mais non, je ne savais juste pas quoi dire ni faire, mon cerveau était parti en vrille. De fait, cette première phase de rupture fut douce. C’est après que ça s’est compliqué.

« Il reviendra forcément, ils finissent tous par revenir »

Dans la phase de deuil telle que présentée dans toutes les séries médicales américaines, il y a une phase de déni. J’y suis passée. Après avoir pris mes petites affaires et être partie vivre chez ma bonne amie Elisabeth, je me suis réconfortée en me disant qu’il s’agissait d’une erreur, qu’il reviendrait forcément. Il paraît qu’ils finissent toujours par revenir. Je ne sais d’où je tiens cette croyance si on considère que 100% de mes exs ne sont jamais revenus… Mais peu importait. Benoît avait juste commis une petite erreur de jugement, il ne tarderait pas à me rappeler pour me supplier de revenir.

Il ne le fit pas. Alors commença la phase de colère où j’usais d’un vocabulaire varié et ordurier pour désigner mon désormais ex. Connard, connard, connard ! Tu m’as quittée alors que j’étais la petite amie à peu près parfaite, douce et aimante, patiente, dévouée… Peut-on à ce point être crétin ? Non mais c’est vrai, à quel moment décide-t-on de quitter la femme parfaite ou à peu près ? Une femme qui compose délicatement avec tous vos défauts parce qu’il en avait un paquet ! Tu savais qu’il ronflait ? Tu n’imagines pas les courtes nuits que j’ai passées à ses côtés… Pas parce qu’il me sautait dessus, non, ça, c’était plié en 5 minutes mais parce qu’il me faisait plus de bruit qu’un avion au décollage, pour te dire ! Je suis sûre que j’ai perdu des points d’audition. Puis tout est de sa faute ! En la jouant “on reste pote”, il m’a laissé croire qu’il y avait un espoir alors même qu’il se tapait déjà l’autre greluche. Je le déteste, je le hais !

Tu as posé ta valise dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois

Et puis un jour, tu te résignes. Tu te dis que c’est plus si important, qu’il revienne ou non. Tu as posé tes valises dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois durant laquelle j’ai pleuré sur mon sort, sur notre sort. Enfin, j’étais prête. Chapitre Benoît clos, entamons le suivant.

 PS : Je continue mes petits tests, notamment dans la mise en page qui fait un peu chronique magazine et surtout l’illu, qui ne donne pas du tout ce que j’imaginais (je m’inspire à la base pas mal des théâtres des ombres mais je suis pas encore assez douée en Photoshop pour faire des contours propres) mais j’arrive pas à dire si ce résultat là est cool ou franchement atroce. Donc si avis vous avez, exprimez-vous. Moi pas graphiste, moi zéro susceptibilité sur la question.

Voyager seule : même plus peur

Quand on me lit, on a la sensation que je suis une super aventurière (si). Mais en vrai, je suis une petite chose qui s’effraie facilement. Genre sur le coup, partir en vacances aux Maldives, ça me rendait toute hystérique de joie. J’avais de toute façon le volume 3 de l’intégrale de Trône de Fer donc même pas peur de m’ennuyer, ça risquait pas. Mais à quelques heures du voyage, autant vous l’avouer : je faisais vachement moins la maline.

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D’ordinaire, je voyage avec mes copines, ma famille ou mes clubs de plongée donc en gros, je me repose facilement sur la masse, je suis. Quand on part à deux, on se soutient : y en a toujours une pour guider l’autre, pour voir le bon panneau. Là, je partais seule, seule. Personne pour me dire que quand tu vas au Terminal 2A de Roissy, prendre le RER n’est pas une bonne idée (c’est juste à l’autre bout du monde). Personne pour me guider vers la bonne porte, des fois que je sois soudain victime d’une étrange dyslexie numérique qui me ferait confondre la porte 57 et la porte 75. Encore que Roissy, c’était facile. A l’aéroport de Muscat (Oman), j’ai moins rigolé : atterrissage à 7h du mat, heure locale… Soit 4h du mat parisien et je dois attendre 1h30. J’ai trouvé personne de mon groupe et je meurs de sommeil, je comprends rien aux annonces crachées dans le micro, j’écoute la musique sur mon iPhone en mettant un réveil pour être sûre de pas rater mon coup. Autant vous dire que je n’ai aucun souvenir du vol Muscat-Male qui a suivi (quasi 4h, je dormais déjà au décollage ou à peu près). Par contre, je me souviens très bien de mon arrivée à Male où je me suis dépêchée de passer à la douane de peur de passer en dernier et d’être oubliée par mes camarades. Je guettais la foule pour repérer où étaient ceux que j’imaginais être des futurs compagnons de galère (j’avais raison pour certains, tort sur d’autre. Notamment sur ce charmant garçon vu à l’aéroport de Male qui m’a soudain dégainé un guide de la Thaïlande. Crac mon petit coeur). Finalement, j’étais la 3e sur 19 à retrouver nos gentils encadrants.

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Puis tout s’est bien passé. J’ai lu, oui, mais j’ai aussi bien discuté avec des tas de gens, j’ai bien rigolé, j’ai vraiment passé de bons moments. De belles vacances avec un groupe de pote que je ne connaissais pas au moment où j’ai posé le pied dans l’A330-200 d’Oman Air et que je ne reverrai peut-être jamais mais peu importe au fond. Sur le coup, j’étais bien avec eux et j’ai eu ma petite nouvelle tribu pendant une semaine. J’ai discuté avec des gens que j’aurais sans doute jamais eu l’occasion de rencontrer par ailleurs, j’ai ouvert mes écoutilles. C’est toujours fascinant de voir à quel point un voyage sur un petit bateau peut créer une sorte d’intimité fragile, douce, éphémère. Hier on ne se connaissait pas, demain, on se perdra de vue. Mais là, de suite, on est bien tous ensemble.

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Au fond, partir seule, c’est aussi prendre des vacances de sa propre vie. Passé les 5-10 mn où tu racontes ce que tu fais dans ta vie, tu n’en parles plus. Tu évoques un peu ta famille, ton neveu d’amour, les amis que tu aimes. Les gens que tu n’aimes pas, tu les oublies, tu n’en parles pas, pourquoi faire ? Médire avec des gens qui ne connaissent pas l’objet de votre désaffection n’a aucun sens. Médire loin d’eu n’en a de toute façon pas, la médisance ne pouvant être pour moi qu’une catharsis, un besoin de soulager les sentiments mauvais que nous suscitent cette personne que l’on n’a pas le choix de fréquenter. Là, elle est loin : physiquement et mentalement. On ne parle pas de ses soucis non plus. Ca intéresse qui, mon découvert abyssal, mes cervicales bloquées de décembre, ma crise de foie de Noël ou peu importe. Oui, je traite mieux mes camarades de voyage que mes lecteurs de blog (j’ai été traumatisée). On part loin, une jolie parenthèse. Le seul regret, parfois : ne pas pouvoir partager tout ça avec quelqu’un que l’on aime…

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Bon, dès que j’ai cambriolé une banque, je me refais ça !

Les résolutions, c’est bon, mangez-en

Aaaaaah, vous l’attendiez, voici mon article sur mes résolutions 2014. Accrochez-vous à vos slips, j’ai de grandes ambitions pour ce nouveau millésime.

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Mais avant, reprenons ensemble mes résolutions 2013 pour rire ensemble du fait que je les tiens jamais (c’est pour ça que j’aime bien en faire, je les appelle mes voeux pieux). En 1 : faire n’importe quoi… Ah oui, si, ça je l’ai pas mal tenu, tiens. Par contre, dépenser des sous dans des cours qui me plaisent, pas tant que ça. En 2 : bosser sur des projets éditoriaux et me remettre à écrire : non pas du tout pour le 1er et pas assez sur le second. En 3 : travailler mon e réputation en cleanant tous mes CV : oui, ça, c’est bon ! Bon, en fait, j’ai été soft niveau résolution l’an dernier, je crois que j’ai bien fait. Rajoutons tout de même que j’ai arrêté de fumer depuis le 04 mars et qu’à part quelques clopes taxées en soirée, j’ai pas repris et ça, même si c’était pas dans mes résolutions, c’est la victoire suprême.

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Bon, puisque 2013 était l’année du repos, 2014 sera l’année de la réussite, ai-je décidé. J’ai avec moi ma petite liste de résolutions mais avant de vous l’exposer, laissez-moi vous présenter ma façon de réfléchir. D’abord, je dois admettre que je ne peux pas être parfaite. Donc pour aller vers celle que je veux être, je dois m’autoriser certains défauts. Donc je renonce à l’idée d’être une super cuisinière, je ne ferai jamais de jogging, j’aurai toujours une écriture manuscrite de cochon. Ah et j’admets que je serai jamais cinéphile et que je continuerai à regarder des merdes à la télé. Ah et résolution que j’abandonne d’ores et déjà car je SAIS que j’y arriverai pas : le snoozing. Tous les soirs, je me dis « demain, tu te lèves de suite » et tous les matins, j’échoue. Alors, oui, je sais, c’est mauvais pour moi mais oh, j’ai arrêté de fumer, je peux pas tout faire non plus.
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Autre point : j’ai souvent eu de la frustration car je me résolvais à trop de choses et, ne sachant dans quel ordre commencer, je ne commençais finalement rien et me disais que je n’étais qu’une grosse merde sans volonté. Alors je vais un peu hiérarchiser. Chaque chose en son temps. Dooooonc à présent, voici mes résolutions !

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Temps 1 : remettre de l’ordre dans mon intérieur. Estomac et appartement. Mon appart semble sortir tout droit d’un cambriolage en permanence, j’en ai marre. Donc en janvier, par ici étagères et rangements, on va vendre bureau et canapé sur le bon coin, c’est parti mon kiki. Parallèlement à ça, on va manger bien. Légumes, légumes et fruits. J’y ai déjà pensé : le dimanche, je découpe tout et je range mes bouts de légumes dans des petits sacs isothermes pour ne plus avoir qu’à les mixer pour me faire des soupes et la mixture (un truc inventé par mes soins à base de carotte, tomate, brocolis, banane, mangue, ananas, yaourt au soja et amandes. Si, c’est bon). De toute façon, vu la méga crise de foie que je viens de me taper (toi aussi, passe le 25 décembre enfermée dans les toilettes à gerber), le gras et moi, on s’aime plus trop. Evidemment, avec ça, faut que je reprenne le yoga car j’ai besoin de mon shoot de sérénité et toujours autant la piscine car je me sens jamais aussi bien qu’après deux ou trois heures de barbotage. Puis un peu de marche aussi, faut s’aérer. Bref, en temps 1, je deviens plus mince et ordonnée.

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Temps 2 : je mets en place un suivi précis de mes dépenses pécuniaires et caloriques ainsi qu’un compteur de mots écrits. Je m’explique : sur mon agenda iPhone, j’inscrirai tous les jours combien de temps j’ai marché, si j’ai nagé ou non, ce que j’ai dépensé par jour et combien de mots j’ai écrit pour mes romans (pour le blog, ça compte pas). Objectifs : 7 km de nage par semaine, 150 € dépensés par semaine, 1500 mots écrits par jour. Ca peut faire ultra psychorigide dis comme ça mais vu qu’au boulot, ma liste drastique a fait de moi une employée super organisée, je sens que c’est par là que je tiens le bon bout.
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Temps 3 : trouver un mec. Là, de suite, j’avoue que je suis pas ultra motivée, j’aime bien vivre de beaux instants, de super premiers baisers. J’ai vraiment eu de jolis moments cette année et, en un sens, ça me convient. De l’autre, quand la journée a été chargée et que je rentre chez moi avec l’envie de m’asseoir par terre et de pleurer pour sortir la fatigue de moi, des petits bras accueillants ne seraient pas de trop. Même si j’avoue que la reprise intensive de la piscine a pas mal réglé cette histoire de sortir la fatigue de moi. Tout se dissout dans l’eau chlorée, y compris la sale fatigue. La question est cependant : si je trouve un mec, pourrai-je garder la résolution 2 ? Non parce que si je nage 3,5 km par session, il me suffit d’en faire deux et là, je suis bonne. Mais pour les 1500 mots… Bah, on verra !

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Ah et évidemment, la vraie résolution mais qui va devoir se lancer très vite, c’est réussir mon nouveau projet professionnel me permettant de devenir la queen du digital… A suivre !

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Donc premier pas : acheter des étagères. Et bloquer le numéro de ma banquière !

La tradition du bilan

Je me fiche de ne pas manger de dinde, j’aime pas ça, je me fiche de pas manger de bûche : si elle est pas glacée, j’aime pas ça non plus. Mais s’il est une tradition que j’adooooore et à laquelle je tiens, c’est celle du bilan (et celle des résolutions mais c’est pour lundi, hihi). Alors, 2013, ça a géré ?

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Et bien après le cataclysme 2011 et le pas vraiment mieux 2012, enfin, j’ai eu une année cool. Rah putain, ça fait du bien !! Cette année, je me suis retrouvée, une sensation de renaissance qui fait du bien au moral. Déjà, parlons boulot. J’ai enfin réglé mon problème de syndrome de l’imposteur. Oui, je n’ai pas fait d’études de marketing mais je suis douée, je pige vite. En un an, je suis devenue la reine des campagnes de pub Facebook et j’ai enfin trouvé ma voie, mon objectif. Ca, ce sera pour 2014 mais ça fait du bien de voir enfin la prochaine marche, de chercher à mettre en place une échelle pour l’atteindre. Enfin, mes qualités sont reconnues et louées. Une sorte de vengeance sur des expériences passées où j’ai été punie de pas avoir été élue par la Reine Mère, d’être tombée sur une manager qui ne fait rien à part chercher les responsables de sa propre incompétence ou encore une équipe où ça se passe entre couilles et, pas de bol, j’en ai pas. Ah et cette année, aussi, j’ai été félicité à plusieurs reprises pour ma grande organisation dans mon travail. Ahah, moi, organisée ? Et ben oui. Avec ma to do list, je suis devenue über performante. Comme quoi, rien n’est jamais définitif dans la vie, on peut changer.
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Bon, fin du chapitre boulot. Et les amours ? Mmmm, quelques rencontres sympas, de jolis moments mais rien de définitif. Des mecs bizarres aussi : un beau mythomane et je crois qu’un autre a essayé de me soutirer du fric mais rien de traumatisant non plus. Ca restera pour l’anecdote. Eventuellement, mon petit English one arrivé en fin d’année, je m’y attache un peu… Mais rien d’incroyable, je me suis bien amusée, merci.

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Côté activités annexes, je me suis inscrite nulle part finalement. J’avais des envies et puis finalement, en septembre, plus rien. Du coup, je passe ma vie à la piscine, j’y vais quand je peux/veux, c’est pas si mal. Cette année aura surtout été l’année de la déconvenue associative mais en fin de compte, ça se digère très bien. De toute façon, je repars avec mon ancien club de plongée en mai, on ne change pas une équipe qui gagne.

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Côté amitié, pas de changements, on reste sur les bons basiques. En même temps, c’est déjà pas toujours si simple de se voir donc c’est pas forcément la peine de chercher de nouveaux amis puis pourquoi faire ? Ah oui, si, j’ai ma théorie de jouer sur l’amitié pour trouver l’amour, à savoir : tu deviens pote avec une fille maquée dont le mec a plein de potes. Avec de la chance, parmi ses amis à lui, se trouve la perle rare… Mais bon, pffff, la flemme. Notons quand même que certaines personnes ont fait leur entrée dans ma vie grâce au boulot, des gens que j’apprécie énormément et qui rendent les déjeuners à la cantine plus savoureux. Non pas pour le contenu de l’assiette mais pour la teneur épicée de nos conversations.

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Mais surtout 2013, c’est l’année où je suis réellement devenue une super Tatie. Mon neveu et moi, on s’adore. Ma soeur m’en confie la garde de temps en temps, je le change, je le lave, je le nourris, je le couche, je joue avec. Quand il me voit, il est tout content et même que pendant les vacances, spontanément, il m’a fait un câlin alors qu’il en fait jamais. Ce petit bonhomme, c’est un concentré d’amour à haute dose et puis il est beau ! Mais vraiment, hein, tout le monde le dit, on dirait un bébé de la télé. Il est drôlement dégourdi aussi, il marche déjà (il a commencé pour ses un an), papote dur même si on comprend rien. Bon, du fait de sa grande mobilité, il fait pas mal de conneries aussi, ahem… Mais bon, c’est l’amour de ma vie.
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Et puis en 2013, j’ai arrêté de fumer et lu le livre le plus chiant de la planète (enfin, non, le 3e), preuve de ma volonté sans faille « quand je veux » et qui va me servir de base : je peux tout réussir puisque j’ai déjà réussi ça.
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Voilà, voilà. Une année bien remplie qui m’a permis de faire un peu la paix avec la « vie ». Non que je voulais me balancer par la fenêtre mais j’ai arrêté de soupirer en me demandant quelle serait la prochaine merde à me tomber dessus. Et puis après deux années de merde, je méritais une année à la cool. Maintenant, on va travailler pour que 2014 soit exceptionnelle avec les bonnes résolutions…

Moi, Audrey, 27 ans, vit seule avec mon chat

(Intro de Nina : Audrey est donc un personnage fictionnel, une sorte de Carrie Bradshaw sauf que je vais faire en sorte que vous n’ayiez pas envie de lui coller des tartes. Comme je débute l’expérience, n’hésitez pas à me donner votre avis, même négatif. Mais on me le dit gentiment quand même, hein. Puis sinon, j’avais la flemme de vous écrire un article de Noël et je vous saoulerai de mes bilans et bonnes résolutions un peu plus tard. De rien)

J’ai longtemps cru que la vie était d’une linéarité à toute épreuve. La route est belle et dégagée et dès que tu es sur une ligne droite, t’appuies sur le champignon en laissant tes cheveux se balader au vent. Mais, alors que j’étais sur ma belle lancée, sans que je comprenne rien, un arbre a surgi sur la route et je m’y suis plantée avec force.
Ile de Ré-versailles 583
Cet arbre, c’est Benoît. Mon ex. J’ai mis 4 mois à l’appeler ex et non plus « mon copain ». Ca s’est passé un soir fin avril, c’était un mardi, on revenait d’une semaine de vacances au Pays Basque qui ne s’était pas très bien passées. Benoît s’était montré particulièrement taciturne mais j’ai cru que c’était lié au mauvais temps qui nous avait cloué dans l’appart qu’on avait loué une bonne partie du séjour, à mater tous les DVD qu’on avait pu louer à la borne voisine. J’avais suggéré une autre activité à réaliser en duo, plutôt sans vêtements mais il n’était curieusement pas très motivé. Ce mardi soir là, il arriva, la mine déconfite et me dit « Audrey, faut qu’on parle ». Comme une grosse truffe, je n’ai pas vu le coup venir, j’étais toujours sur ma route dégagée. « Je crois qu’il faudrait qu’on se sépare ». Voiture écrabouillée contre l’arbre, moteur fumant, enjoliveurs qui vivent désormais leur propre vie sur cette belle route qui n’est désormais plus mienne. Voilà, il voulait qu’on se sépare. Ce n’était pas de ma faute et je ne méritais pas ça. Mon cher, si je  le méritais pas, suffisait de pas me larguer, c’était pas bien compliqué ! Non mais ça m’énerve, ces ruptures en caresses dans le sens du poil. Je m’en fous de tes fadaises sur le fait que je suis incroyable et que je mérite le meilleur et autres merdes prémâchées par tous les films ou séries comprenant une scène de rupture. De toute façon, mon cerveau a buggé suite au mot « sépare » donc pour le reste, ça te donne bonne conscience à toi mais moi, j’ai toujours autant envie de vomir. J’entends au loin tes vagues explications sur le fait que tu ne le sens plus, que tu ne sais plus, que tu es perdu mais que tu as trouvé que c’était la meilleur issue. Je t’entends comme si j’étais sous l’eau, j’essaie de comprendre et, de façon étrange, je suis envahie de pensées pragmatiques. Comment va-t-on faire pour l’appart ? Notre nid d’amour dont le bail est paraphé de nos deux signatures ? Oui, je suis sous le choc, mon cerveau s’accroche aux menus détails pour ne pas voir ma vie en train de s’effondrer. 4 ans d’amour qui se stoppent en une phrase, la violence.

Quarrel between men and women

Et puis le mensonge. Si Benoît me quittait, ce n’était pas simplement car il ne m’aimait plus, c’est surtout qu’il en aimait une autre. Enfin, aimer… Comme dirait ma copine Souria, il l’aimait surtout avec sa bite. L’autre, la rivale, finit par avoir un prénom. Aurélie. Il m’avait trompée (car oui, il avait d’abord testé la marchandise pendant quelques mois avant de la choisir) avec une fille avec un prénom si banal que ça me donnait envie de pleurer. Je l’avais repérée dans ses amis Facebook, toujours à liker toutes les inepties qu’il postait, ses photos de kéké absolu, d’abruti notoire, de « mais comment j’ai pu être amoureuse de ce type là. Ah ben quand on dit que l’amour est aveugle. Mais c’est qui cette sale pétasse qui n’arrête pas de liker et commenter ses statuts ? Elle est moche et trop conne en plus ». Il faut savoir que si l’amour rend aveugle, le désamour rend particulièrement hargneux.

hargne
Bref, mon ancienne vie s’est arrêtée il y a 9 mois et un jour, j’ai dû accoucher d’une nouvelle moi et ça s’est pas vraiment fait dans la joie et la bonne humeur. Parce que le deuil d’une rupture unilatérale, c’est une belle saloperie. Heureusement, j’ai mes copines. Et de gros besoins en sommeil. Je suis Audrey, j’ai 27 ans et depuis 9 mois, je vis seule avec un chat, symbole de ma nouvelle vie.

Professeur Nina Bartoldi

J’en rêvais. A 33 ans, je pénétrais enfin dans l’arène, clé USB en main, le discours rodé. Le 17 octobre 2013, sur le tableau blanc d’une école de comm était inscrit « 13-14h / cours de social media management / professeur : N. Bartoldi ». Ça, c’est moi. J’ai failli prendre le tableau en photo. Voilà, le 17 octobre, professeur Nina Bartoldi était dans la place et c’était trop cool.

jeune-enseignante-se-prepare-pour-la-lecon

Je ne cesse de vanter l’importance du réseau. Son absence a plombé ma première année et demie de « jeune diplômée » (ma période chômage donc), son existence m’ouvre toujours des portes. Par exemple en avril ou mai, par là, je recevais un mail de Jeanne, l’ex rédactrice en chef de TMF avec qui j’ai donc travaillé de 2007 à 2009, à peu près. Elle donne des cours dans une école de comm et cherche quelqu’un dans le community management pour évangéliser son chères têtes blondes (en vrai, ce sont des 5e année, j’ai à peine 10 ans de plus qu’eux). C’est naturellement qu’elle a pensé à moi même si, je dois l’avouer, j’étais bien moins bonne à l’époque que maintenant. Je parle sur le plan professionnel, bien entendu ! J’ai évolué, j’ai appris, j’ai grandi, j’ai pris du recul. Et justement, préparer un petit cours sur son métier permet de réfléchir un peu sur ce que l’on fait au quotidien. Pourquoi je vais quotidiennement sur Facebook parler au nom d’une marque, répondre à des gens qui viennent pour râler (ce qui me saoule puissance mille, ça, surtout quand on nage en pleine mauvaise foi). Pourquoi je fais de même sur Twitter, Youtube, Tumblr, Pinterest, Instagram, Google+, LinkedIn… C’est quoi mon métier et pourquoi c’est chouette des fois. Souvent.

professeur Nina Bartoldi

Je prépare donc mon petit Powerpoint histoire de pas débarquer les mains vides, j’attends Jeanne dans le couloir, en relisant trois ou quatre fois le fameux tableau. Des jeunes passent, d’autres sont installés dans un coin avec un laptop. Jeanne me récupère et m’amène dans les tréfonds de l’école, tout en haut, dans une petite pièce sous les toits où végètent trois élèves et demi. Bon, ayant été dans une promo de 12 lors de mon master de journalisme, je m’attendais pas à un amphi bourré à craquer mais bon… Il faut savoir commencer petit. Je doute que Rihanna ait débuté de suite dans un stade immense, par exemple. La comparaison avec Rihanna est audacieuse, là, non ? Bon breeeef ! Comme tous les élèves ne sont pas présents, on redescend au rez de chaussée chercher un café puis on remonte (3 étages, ça fait les fesses et les cuisses). Bon, il est temps de commencer. Mon petit coeur tape un peu mais ça va aller, respire par le nez, fillette, tout ira bien.

respirer-nez

Après quelques instants avec le souffle court, je prends mes aises. Je déroule ma prés, je réponds à une ou deux questions, tout va bien. Je repère un élève particulièrement intéressé par les réseaux sociaux, il me bombarde de questions en fin de présentation sur de nombreux réseaux sociaux comme Google+ ou Path, ce qui démontre une connaissance du sujet, un autre veut bien récupérer mon powerpoint que je trouve pourtant très trèèèèèèèèès basique. Trop même mais pour une présentation d’une heure, ça fait le job. Je reste debout tout le temps, je montre des choses sur mon powerpoint même si la projection est floue, j’occupe un peu l’espace, je me sens bien. En fait, je l’avoue : je kiffe. Une heure, ça passe bien trop vite…

Maintenant, j’ai envie de remettre ça pour devenir de plus en plus bonne professeure. Enseigner, ça me plaît bien parce que d’une part, ça permet de réfléchir trente secondes à ce que l’on fait au quotidien (j’ai pas super le temps de jouer les contemplatives en ce moment) mais surtout, ça fera peut-être naître quelques vocations. Non parce que le community management/social media management reste toujours le parent pauvre de la comm, le « oh ben tu vas pas étudier pour écrire des statuts Facebook quand même… ». Ben si. Même si les cours sont à réécrire au quotidien vu que nos chers réseaux sociaux changent les règles tous les deux jours et que la seule façon d’apprendre est finalement de tester et de valider ou non nos choix. Genre le hashtag sur Facebook, en fin de compte, c’était pas une si bonne idée que ça, ça ne sert qu’à baisser mon reach. Mais demain, qui sait… ? Et Google+, on n’est pas à l’abri que ça finisse par décoller un jour. Guettons.

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Quoi qu’il en soit, je rêvais de donner des cours depuis des années, c’est enfin fait et j’en fus fort satisfaite. Je vais envoyer un mail à mon ancien IEP pour voir s’ils voudraient pas que je vienne donner quelques cours…