Arthur et les chevaliers de la table ronde

Ce matin, dans le métro, j’ai terminé l’Enchanteur écrit par Barjavel. Oui, je suis très fan de Barjavel et quand j’ai vu qu’il avait écrit un roman sur Merlin et sur les légendes arthuriennes, autre sujet que j’aime bien, je me suis jetée dessus.

Que dire sur ces fameuses légendes ? Enormément de choses, ma foi, on pourrait en faire une thèse donc voici ma modeste vision des choses. Merci de pas me casser les couilles en commentaires sur quelques inexactitudes car selon les sources, l’histoire n’est foncièrement pas la même donc voilà.

Bon, comme il faut choisir un angle et que ce blog s’adresse surtout aux femmes, parlons des demoiselles qui rôdent autour d’Arthur. Des femmes, techniquement, y en a beaucoup, surtout depuis que le thème a été repris par les auteurs du XIIe avec la grande mode de l’amour courtois. Dès lors, nos amis chevaliers n’ont de cesse de sauver les dames en péril et de visiter leur couche juste après. Faut dire qu’un mec qui tue un dragon, ça aurait tendance à m’exciter, aussi. Donc passons sur ces braves dames très reconnaissantes pour nous intéresser aux trois grands noms féminins de la légende : Viviane, Guenièvre et Morgane, la reine et les deux fées. Bon, ces demoiselles ont au moins un point en commun : elles ne vieillissent pas. Elles passent de jeunes à un peu moins jeunes mais vieilles, non, ça n’existe pas. D’ailleurs, aucune des trois ne meurt officiellement, bien qu’il y ait une tombe je sais plus où qui est censée être celle de Guenièvre.

Guenièvre, commençons par elle puisque c’est la Reine. Bon alors, cassons de suite l’image que vous avez de notre amie grâce à la merde hollywoodienne « Lancelot » qui n’a pour but que de mettre en valeur Richard Gere parce que pour le reste, hum. Déjà, il faut savoir que Guenièvre a sensiblement le même âge qu’Arthur, elle n’est pas la jeune épouse d’un vieux croûton, non ! Quelles que soient les versions que j’ai lu, nos deux époux se sont rencontrés dans leur prime jeunesse. Mais voilà la Reine n’aime pas Arthur et dépérit à ses côtés. A peu près au moment du mariage de notre couple royal naît Galaad, dit Lancelot du Lac car élevé par la Dame du Lac, Viviane . Donc quand Lancelot arrive à la Cour du Roi Arthur pour la première fois, du haut de ses 20 ans, la Reine frôle la quarantaine. Et oui, mesdemoiselles, cette histoire d’amour qui vous fait vibrer depuis que vous avez lu Chrétien de Troyes au collège n’est pas l’histoire de deux jeunes âmes qui se rencontrent. Non, la Reine se tape un petit jeune, ni plus ni moins ! Donc la Reine aime Lancelot qui le lui rend bien et c’est ce qui va entraîner la chute d’Arthur et du Royaume de Camelot à la fin. Car l’amour rend nos deux amants un peu imprudent, quand même, surtout Lancelot qui perd la tête plus d’une fois pour la belle. D’ailleurs lorsqu’il se retrouvera prisonnier du Château de Morgane, il peindra les murs de tableaux de sa belle et lui, retraçant trop fidèlement l’histoire. Et qui va tomber dessus ? Arthur. S’ensuivra une guerre qui conduira à la mort d’Arthur et à la chute de Camelot.

Guenièvre, moi, je l’aime pas trop, on lui donne un côté trop romantico-concon à mon goût. Vient ensuite Viviane, la fée, muse puis maîtresse de Merlin. D’ailleurs, j’ai lu une version où elle enferme son enchanteur dans une tour d’air pour le garder toujours auprès d’elle. Viviane, c’est l’amour à l’état pur. Amour de femme pour Merlin, amour de mère pour Lancelot. Quelque part, elle est assez mystérieuse, on ne sait que peu de choses sur elle, elle apparaît toujours reliée à Merlin, son seul et unique amour qui lui offrit un royaume sous le lac, donc. Il lui confia Lancelot bébé et la demoiselle l’éleva comme son propre fils, lui donnant tout l’amour qu’elle pouvait. D’ailleurs, peut-être lui en a-t-elle trop donné. Merlin le lui avait confié pour qu’il devienne celui qui remplirait la quête du graal mais ayant fauté avec Guenièvre entre temps, il ne pourra pas l’accomplir. Ce sera donc son fils, né d’un sortilège (Lancelot a forniqué avec la fille du Roi pêcheur, celui qui garde le Graal, pensant qu’elle était Guenièvre). Bref, Viviane est de toute les femmes la plus pure, je pense. Ce doit être pour ça qu’on la voit pas trop, d’ailleurs.

Venons-en à la dernière des trois, la plus vicieuse et la plus garce donc ma préférée, Morgane. Elle est la demi-sœur d’Arthur dans la plupart des versions. Plutôt bonne au départ, elle a une grande consommation des hommes. Mais voilà, Guenièvre arrive, belle comme le jour et vertueuse comme une nonne et Morgane devient jalouse. Dans certaines versions, la demoiselle tombe follement amoureuse de Lancelot et tente par tous les moyens de le conquérir, y compris s’allier avec le Diable. Mais ses sortilèges échouent les uns après les autres. A un moment, elle parvient à enfermer Lancelot dans son château et tente désespérément de le séduire mais il ne pense qu’à Guenièvre et peint leur amour sur tous les murs de sa chambre. Folle de rage, elle parvient à entraîner Arthur dans son château et lui montrer la chapelle Sixtine de Lancelot. Le roi, furieux, décide de faire brûler Guenièvre et c’est de là que part la guerre évoquée plus haut. Arthur est tué par Mordret, son bâtard incestueux : ben, oui, Arthur, pendant longtemps, il n’a pas su qui était son vrai père donc il a couché avec sa demi-sœur sans savoir qui elle était et de là est né Mordret. Plusieurs légendes racontent que Morgane vient chercher la dépouille d’Arthur et l’emmène sur l’Ile d’Avalon. Morgane, c’est l’image même de l’amour vicieux, de l’amour malheureux : plutôt faire du mal à celui qu’elle aime (Arthur d’un amour fraternel puis Lancelot) plutôt que d’y renoncer.

Ce que j’aime dans ses légendes, c’est que déjà, y a tellement de versions qu’on peut en faire ce qu’on veut. Par exemple, Barjavel part dans des trips très curieux, genre : Merlin ouvre un supermarché dans un village ou Morgane a des ascenseurs dans son château, une vieille a le gaz dans sa maison et mange du cassoulet en conserve. Soit. On peut délirer dessus comme sur la série Kaamelot. N’empêche que même dans le délire, on sent qu’il y a une recherche documentaire, derrière, et certains épisodes montrent la rivalité entre Lancelot et le roi, y a pas mal de trucs bien vus. Nous bénéficions aujourd’hui surtout des légendes arthuriennes revisitées par l’amour courtois mais il n’empêche : que de sexe ! Ca fornique dans tous les coins, toutes les dames en détresse se montrent très généreuses de leur corps et à aucun moment, elles ne passent pour des demoiselles de peu de vertu. L’une des héroïnes positive de l’histoire est tout de même une femme adultérine (qui se tape un petit jeune, en plus). Apparemment, pour le sexe, à l’époque, on se posait moins de questions : « tu me sauves, tu me sautes », point barre. Y a que Morgane qui semble avoir une sexualité condamnable, sans doute parce qu’elle s’offre à ceux qui ne l’ont pas sauvée et utilise des subterfuges pour tenter d’avoir ceux qui osent lui résister. Le meilleur pour la fin : Galaad, le seul à avoir le cœur assez pur pour terminer l’aventure du Graal est tout de même né d’une fille mère !

S’il est vrai que l’amour courtois montre bien l’infériorité physique des femmes sur les hommes (elles ne peuvent se défendre seules, elles ont besoin d’un preux chevalier), je trouve qu’il y avait
à l’époque un vrai respect de la femme qu’il serait bon de retrouver parfois. Les chevaliers ne les sauvaient pas juste pour la brouette, nan, ils le font parce que c’est leur devoir et si la
demoiselle n’écarte pas les cuisses pour les remercier, ils ne la traitent pas de tous les noms. Elles offrent, ils disposent et pas l’inverse.

Finalement, c’était le bon temps !

Pékin Express

Lecteur, tu me connais, tu sais que je n’aime pas la téléréalité. Lecteur, tu le sais, je suis vilainement critique et, au fond, je crois que tu m’aimes comme ça. Mais pour une fois, aujourd’hui, je vais être toute douce et toute mesurée. Ce doit être le printemps qui arrive, je suppose !
 
Pendant les vacances de Noël, je suis chez mes parents, ce qui veut dire que j’ai un journal télé à disposition (ce qui n’est pas du tout le cas à Paris). En feuilletant, je regarde un peu les nouveautés de 2006 et je vois une émission sur la 6, « Pékin Express ». Comme une conne, j’imagine un documentaire genre « des trains pas comme les autres », mes yeux brillent en imaginant des émissions sur la Russie, l’Asie centrale et la Chine (oui, moi, partout où je ne vis pas, ça me fait rêver). Bon, raté, le résumé explique qu’il s’agit d’une nouvelle émission de télé réalité : plusieurs équipes doivent faire un Paris-Pékin avec un euro par jour. Ok, je catalogue ça dans la rubrique : « émissions à la con » et j’oublie.
 
Un dimanche après-midi. Je m’emmerde et j’ai plus la freebox. J’essaie de voir ce qu’il y a à la télé. Sur la Une, « sept à huit », dit aussi « on fait du voyeurisme malsain en appelant ça du journalisme ». Sur la deux, Drucker : ayant moins de 73 ans, y a pas moyen. Sur la 3, les infos, non, pas envie. Sur la 4, les dessins animés, sur la 5, des infos, sur la 6, Pékin Express. Bon, ben tiens, je vais regarder, je vais pouvoir cracher mon fiel dessus. Et voilà comment, comme une conne, je me suis faite attraper comme un papillon dans une toile d’araignée.
 
En gros, à chaque émission, il y a deux étapes : une intermédiaire avec une épreuve d’immunité qui permet à une équipe de ne pas être éliminée quoi qu’il arrive sur le parcours du jour, l’autre qui est l’arrivée : le dernier duo arrivé est donc éliminé. Les équipes marchent en duo : amis, frères, parents, enfants, couples… Bon, bref, chacun a sa petite histoire, peu importe. Forcément, au début, je ne comprends pas trop qui est qui, j’ai un peu de mal à identifier les candidats et je soupire : ouais, c’est Koh Lanta en Russie, quoi. Mais finalement, je trouve certains candidats attachants et je suis plus ou moins le jeu (oui, enfin, si je rate un épisode, j’en meurs pas non plus). Et voilà qu’à chaque cérémonie de fin d’épreuve, quand on sait quelle équipe va être éliminée, j’ai peur pour mes chouchous ! Qui sont-ils ? Y a d’abord Nancy et Nicolas, un couple tout mignon, tout sympa, qui ne fait pas de vagues. Puis y a Nina et Daisy, surtout Daisy d’ailleurs : cette fille a une bouille fantastique, le genre de fille dont on a spontanément envie d’être amie. A un moment, les deux filles trouvent un chaton trop mignon qu’elles adoptent pour la nuit, elles l’abandonnent à une étape et elles sont au bord des larmes. En même temps, je pense qu’elles ont signé l’arrêt de mort du chaton en le prenant à sa mère et en l’abandonnant là mais je les ai trouvées toutes touchantes. Après, j’aime bien Fathi et Medhi, surtout ce dernier que je trouve bien miam miam (à moins que je me plante dans les prénoms…). Sinon, les autres, j’ai du mal à les identifier, sauf le couple extra bourge de St Trop que tout le monde semble détester. Faut dire que le mec, il a vraiment une gueule à conduire une décapotable sur le port et de jouer le mafieux dans Sous le Soleil. En même temps, j’ai l’impression qu’ils sont tous un peu mafieux dans Sous le Soleil…
 
Dimanche, Nicolas et Nancy ont failli être éliminée et comme une conne, j’ai eu peur pour eux, j’ai été soulagée de voir que c’était un couple plus âgé qui était éliminé. Bon, voilà, je suis officiellement cette émission et je suis à fond pour mes chouchous.
 
Bon, évidemment, c’est de la télé réalité, on insiste (trop) sur les bisbilles entre candidat, genre le jeune Corse qui s’engueule avec les Tropéziens, les larmes des candidats épuisés, ça, ça me gonfle un peu. Mais mon principal regret, c’est qu’on ne voit pas les paysages. Ah, ça, la cabane qui pue où deux candidats vont passer la nuit, je pourrais la reconnaître sans problème si je venais à passer par là mais pour le reste… Bon, lecteur, tu me répondras à raison que si je veux voir les paysages de l’Asie Centrale, je n’ai qu’à regarder un Racines et des Ailes sur le sujet mais quand même. Histoire de donner un ton un peu culturel à tout ça, le présentateur, Stéphane Rotenberg (je ne suis absolument pas sûre de l’orthographe), nous fait un petit speech sur les villes étapes avec quelques images à l’appui mais ça laisse sur sa faim.
 
Juste un petit mot sur notre ami Stéphane. Quelque part, c’est un présentateur que j’adore parce qu’on a l’impression qu’il prend tout au second degré. Par exemple, à une époque, il présentait « Normal, Paranormal », une émission hilarante et on sentait que ça le faisait marrer, tout ça, qu’il ne prenait rien au sérieux. Pareil pour le Bachelor. La première année, j’imagine les Bachelorettes : « oh, il est beau, le Bachelor ! » « Non, ça, c’est le présentateur, le Bachelor, c’est celui qui a un grand nez et des grandes oreilles, là ! ». J’adore quand on le voit parler avec le Bachelor, tout sourire : « Alors, Karl, vous avez pris votre décision pour la cérémonie de la rose ? » mais on a l’impression qu’il pense : « de toute façon, tu les as toutes sautées, fais pas ton amoureux ! ». Bref, je sais pas s’il est second degré ou simplement niais mais il me fait rire, moi.
 
Mais revenons à Pékin Express. Donc on a droit à quelques images cartes postales de temps en temps mais mine de rien, moi, je suis super frustrée quand la caméra filme un candidat qui dit : « Regarde comme c’est beau ! » et que cette conne reste sur le candidat au lieu de nous montrer ce qui est censé être beau !
 
Mais je crois que la magie de cette émission, c’est que c’est bien la seule que j’aimerais faire. Leur aventure me fait rêver. Ok, ils en chient et j’en suis tout à fait consciente mais ils se baladent dans des paysages magnifiques, font de très belles rencontres humaines et tout… Moi, tous les jours, je me balade dans ma banlieue bétonnée et je ne rencontre que les caissières du Franprix. Ok, c’est une aventure de tous les jours d’éviter mes provisions qu’elles me balancent dans la gueule pour aller plus vite mais ça manque cruellement d’exotisme. Mais imaginez ce que vivent les candidats, tous ces souvenirs inoubliables qu’ils engrangent… Oui, ça, j’aimerais être à leur place, voir ce qu’ils voient, parler à tous ces gens qu’ils rencontrent… Dans l’émission de dimanche, y avait une vieille Russe « il me reste trois dents » qui invitent deux candidats à dormir chez elle et elle fait à l’un d’entre eux en rigolant : « tu me donnerais pas un coup de rein ? ». Ben, moi, cette vieille, je ne la rencontrerai jamais. Sans doute que je rencontrerai aussi des gens hauts en couleur dans ma vie (ce fut déjà le cas) mais elle, elle me plaisait bien. Surtout qu’on comprenait rien à ce qu’elle disait, on a eu droit à un merveilleux sous-titre quand elle parlait : « ????????? ». Véridique. On me répondra, à juste titre, qu’il y a des personnalités tout aussi atypiques à côté de chez moi, c’est tout à fait vrai. Mais bon, elle me plaisait bien la vieille Russe qui dit des trucs que personne ne comprend.
 
Pour la première fois, je pense que la téléréalité a réellement apporté quelque chose aux candidats qui l’ont faite. Evidemment, j’aurais aimé voir ce qu’ils voient mais pour une fois que la téléréalité apporte quelque chose à quelqu’un (autre que de l’argent), on va pas cracher dans la soupe non plus.

Génération Tanguy

Mardi 20h50, j’abandonne tout et pose mes fesses devant la télé. Au menu, « Tanguy », du génial Etienne Chatilliez. Faut avouer que j’adore ce réalisateur, il est superbement cynique (sauf que lui, on ne le traite jamais d’aigri, alors que moi…). Pour ceux qui n’ont pas vu le film, très rapide résumé : Tanguy, 28 ans, vit toujours chez ses parents et ceux-ci essaient de s’en débarrasser. Forcément, avec Gauthier, ça nous inspire. Moi, je me pose une question : sommes-nous la génération Tanguy?
 
17 ans, un matin d’hiver, mon cul est lourdement posé sur ma chaise, mon corps avachi sur mon bureau, je griffonne sur la table parce qu’il n’y a
plus de place dans la marge (c’est très mal de dégrader le matériel que m’a prêté l’école, ne fais pas comme moi, lecteur), je soupire : j’ai pas envie d’avoir mon bac. Parce qu’avoir mon bac, c’est partir de chez moi, c’est vivre SEULE, c’est devenir un peu responsable. Non, moi, je veux rester chez papa-maman, avec quelqu’un qui me conduit en voiture quand j’en ai besoin, qui me
lave mon linge, me fait la bouffe (mais me range plus la chambre, faut pas déconner). Je commence à évoquer prudemment la question avec mes parents : je peux très bien faire l’aller-retour entre la fac et leur maison, ça leur fera des économies : « Non, après, tu seras fatiguée, le soir, et tu seras chiante ! ». Moi aussi, je vous aime.
 
18 ans, un soir d’automne, je passe la première soirée dans mon appart, seule… Je mange je sais plus quoi devant la télé, je passe la soirée à m’épiler devant Urgences. Je déteste vivre seule, surtout que j’ai pas de téléphone (ni fixe, ni portable, à l’époque), pas d’Internet, je suis coupée du monde, de ma maman…L’indépendance, y a pas à dire, ça pue. Puis j’ai découvert que vivre seule, c’est manger ce que je veux (ça, c’est pas forcément le bon point, d’un autre côté), c’est sortir si on veut, c’est passer la nuit au tel avec mon mec parisien à discuter et même plus (et sécher le cours le lendemain matin parce que je pouvais pas être à la fac à 8h30 après une folle nuit d’amour téléphonique), c’est écouter ma musique et chanter à tue-tête, c’est avoir un chat, c’est dormir avec son mec et faire plein de cochonneries dans toutes les pièces de mon appart (ok, dans un studio, c’est vite vu, mais bon…). Bref, vivre sans papa-maman, on apprend mais c’est quand même pas mal aussi.
 
Avec Gauthier, après le film, on s’est imaginés repartir vivre chez nos parents DEFINITIVEMENT. Lecteur, je pense que tu t’es rendu compte que j’aimais beaucoup mes parents, que j’aime rentrer et les voir, me faire dorloter par maman, écouter les jeux de mots de mon papa (récemment, il a appris le mot sudoku, ça l’amuse énormément genre : « tête au nord, sudoku », « aux toilettes, c’est normal que tu joues au sudoku »…), j’aime quand on se retrouve tous à table : papa, maman, Alice, Johann, Anthony, parfois la copine de Yohann (mais il en change souvent), moi, on s’échange nos vieux souvenirs, on rit, c’est merveilleux. Mais vivre chez eux, non. L’été 2004, j’ai vécu chez eux pendant trois mois, je travaillais dans ma ville natale. Un peu avant la fin des vacances, mes parents m’ont abandonnée une semaine et je revivais : enfin la solitude, enfin le calme, enfin pas de débats politiques à table, ouf ! Car mes parents, je les aime mais je peux plus vivre avec eux.
 
Mais si je ne vis plus chez eux, je dépends toujours d’eux et quelque part, ça me rend malade. J’ai 25 ans, presque 26, comment se fait-ce que je sois pas encore indépendante ? Mes parents ont les moyens de m’entretenir, encore, mais ça me gêne. Le mois dernier, en pleine crise, j’ai dit à Gauthier : « j’en ai marre de
coûter du fric à mes parents, je rentre à la maison !
– Mais Nina, t’es conne ou quoi ? Tu as la chance d’avoir tes parents qui peuvent t’aider, ne fous pas tout en l’air. S’il ne peuvent plus t’assumer, ils te le diront. »
Certes mais moi, j’ai envie que les sous que je dépense soient les miens. Cette année, déjà, j’ai eu 25 ans, je vis à Paris et je découvre les joies de l’administration : assedic, ANPE, mon père m’a annoncé que je n’étais plus sur sa mutuelle (merci de me le dire, heureusement que je vais jamais chez le docteur). Maintenant, mes parents sont loin et je dois gérer tout un tas de trucs et franchement, ça ne me plaît pas du tout. Plus jeune, je pensais à la vie « adulte » et je me demandais comment on pouvait gérer. Bon, pour l’argent, maintenant, je sais (enfin, euh…), j’ai appris, mais comment on fait sa déclaration d’impôts ? A qui on s’adresse ? On l’envoie où ? Je prends quoi comme mutuelle ? Je m’assure où et pour quoi ? Mais Seigneur, que c’est chiant ! Heureusement, mes parents peuvent m’aider parce qu’à l’école, on n’apprend pas ce genre de choses.
 
Sommes-nous la génération Tanguy ? Techniquement, on fait des études plus longues que nos parents. A 21 ans, ma mère avait une profession et un
salaire, elle était infirmière… Maintenant, combien de jeunes filles ont ce métier à cet âge-là ? Honnêtement, je n’en sais rien mais pas tant que ça, le temps qu’elle fasse leur prépa, qu’elles passent (et aient) leur concours puis l’école infirmière… Bon voilà. Si j’avais suivi le chemin que je m’étais fixée, j’aurais été diplômée à 23 ans, avec ou sans emploi à la clé. Bien sûr, dès le départ, j’ai choisi des études littéraires donc longues mais j’ai pu aller jusqu’au bout de mes rêves, grâce à mes parents. J’en connais qui m’auraient prié de faire un BTS compta et de pas faire chier mon monde avec mes bac+4 et bac+5 qui ne servent à rien. Mais aujourd’hui, la plupart des métiers réclament des études longues : si on peut quitter le nid assez tôt, on a du mal à se défaire de la dépendance financière.
 
Parce qu’au fond, être dépendant de ses parents, c’est quand même confortable. Dans Tanguy, certes très caricatural, mais quand même, le jeune homme
a un peu la vie dont on rêverait tous : on fait ce qu’on veut sans être responsable de rien. Je n’ai pas d’horaires, je ramène mes conquêtes at home, mais ce n’est pas moi qui gère la bouffe, qui fait la lessive ou le ménage etc. J’avoue que le week-end dernier, j’ai apprécié de ne pas avoir à me soucier du repas, de pouvoir dormir le matin parce que mon père a donné à manger
à Kenya en se levant, j’ai même pas à changer la caisse vu qu’elle fait ses besoins dehors. Bon, évidemment, je peux pas dormir jusqu’à 14h du matin, je dois respecter certaines horaires, mettre un peu la main à la pâte car mon père rentre du boulot et qu’il doit manger vite avant de repartir mais ce sont quand même les vacances.
 
Vraiment, quand je compare ma vie avec celles de mes parents, j’ai parfois la sensation que notre génération s’est infantilisée. Dans mon entourage,
Anne et Lucie sont entrées l’an dernier dans la vie active à presque 24 ans et c’étaient les premières du groupe. Guillaume 1er est toujours dépendant de ses parents à près de 30 ans… Dans ma promo, ils ont tous repris leurs études. On ne s’en sort pas ! Bien sûr, les études, c’est génial, c’est facile : partiels à telle date, on passe au niveau supérieur ou on redouble, on lit (ou pas) les livres de la bibliographie… Tout est pré mâché, même si on découvre les joies de l’administration. Par exemple, en licence, le mec qui m’a fait mon emploi du temps a fait n’importe quoi et je me suis retrouvé avec 3 cours en même temps ! Pas deux, trois ! Ben j’ai eu mon année du premier coup, na ! Mais globalement, les soucis de fac ne sont que des piqûres de moustique comparé à la « vraie vie », si j’ose dire. Arrive à un moment où il faut sauter le pas. Je l’ai fait et franchement, j’aimerais parfois retourner en arrière retrouver ma gentille vie d’étudiante. Mais j’avance, je ne retournerai pas à la fac (ou plus tard, quand mes parents ne seront plus contraints à me donner de l’argent).
 
Est-ce le mal de notre génération de quitter aussi tard le nid familial ? Je ne sais pas mais si la logique de l’enfant roi très en vogue actuellement se poursuit, je pense que mes gosses ne quitteront pas mon giron avant leur trente ans…

Les médias ont-ils une influence quelconque sur nous ?

La semaine dernière, j’épinglais une nouvelle fois une émission télé et dans les comms, un petit débat sur le sujet était né et j’ai décidé d’en faire un article à part entière.
influence-hypnose
 
Durant mes études journalistiques, j’ai eu un cours fascinant sur la sociologie de la réception. M. Tintin Hondelatte, mon directeur de master (que j’appellerai comme ça désormais car c’est un bon croisement entre les deux), soutient mordicus que NON, les médias n’ont aucune influence sur nos opinions et comportements. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré M. Lazarsfeld, un chercheur américain sévissant durant les années 40 ou par là. En effet, selon ce monsieur, si on a une opinion politique bien établie, ce n’est pas les médias qui nous en feront changer. Certes, certes. De là à nier absolument le rôle des médias sur la formation des opinions, je dis non ! Je me souviens du débat qu’on avait eu en cours, il avait dit en rigolant : « non mais c’est du n’importe quoi les gens qui disent que les pubs pour les sucreries font grossir les gamins, je vous avais mis ce texte là pour vous piéger ». Connard, va ! C’est d’ailleurs pour ça que le CSA réglemente la pub pour enfants : elle n’a aucune influence sur les enfants mais emmerdons les publicistes, tiens ! Pffffffff ! Je me souviens, moi, quand j’étais petite, je voulais que ma mère achète de la soupline parce que je voulais le nounours de la pub…
 
J’ai donc rédigé un devoir thèse/antithèse sur le sujet en disant que, certes, les médias ne nous influencent pas à partir du moment où notre opinion est faite mais il ne faut pas nier absolument le pouvoir des médias. Et je me suis pris un merveilleux 2,5/10 (note limite éliminatoire puisque si on se prend une note inférieure à 5/20, on ne peut pas avoir notre diplôme). Je ne comprends pas comment on peut décemment enseigner ça à de futurs journalistes. Bon, je ne dis pas que les journalistes sont tous puissants mais aujourd’hui, il faut bien se rendre compte que pas mal de gens se font une culture politique en regardant la télé. En 2002, par exemple, il y a eu une vraie polémique sur le rôle des médias dans la présence de Le Pen au second tour. Je pense, en mon âme et conscience, que c’est un peu trop facile de tout foutre sur le dos des médias en disant : « c’est leur faute, ils font peur aux gens avec leur reportage sur la violence dans les cités ». Il y a eu de ça, certes, mais je crois que le malaise est un peu plus profond que ça mais là n’est pas le sujet de l’article.
 
En tant que journaliste (enfin, euh… future), penser que ce que je pourrai écrire n’aura aucune importance est un peu dangereux. Nombre d’hommes politiques ou personnalités de toutes sortes ont dû essuyer des scandales révélés par les journaux. Le problème des médias aujourd’hui, à mon sens, c’est l’urgence. Il faut du scoop A TOUT PRIX. Donc on écrit un article basé essentiellement sur des bruits, des rumeurs, on passe pas forcément le temps de vérifier et là, on chute. Quelque part, je ne comprends pas que David Pujadas soit encore en poste après sa merveilleuse bourde sur Juppé, tout ça pour griller la Une… En même temps, je comprends pas non plus comment PPDA peut encore avoir une quelconque crédibilité suite à sa fausse interview de Fidel Castro. Evidemment, moi, je suis encore à l’orée de ma carrière, même si je n’ai pas précisément une vision toute rose de ma profession , rien ne me garantit que je ne ferai pas la même erreur que mes confrères. Aujourd’hui, la déontologie semble passer bien après les intérêts commerciaux : faut vendre, si on se plante, on s’excusera après, c’est pas grave. Bon, ok, on a ruiné la réputation d’un type qui ne demandait rien à personne (oui parce qu’en général, les médias s’auto alimentent) mais bon, on s’est excusés, hein ? Venant de Toulouse, j’ai pu voir à quel point la rumeur relayée par les journaux pouvait être proprement catastrophique. Je n’ai franchement aucun avis sur l’implication de Baudis dans l’affaire Allègre, je sais pas s’il est coupable ou innocent, j’ai pas les moyens de le dire, de toute façon. Mais cette triste affaire n’a pas vraiment fait du bien à Toulouse, tout le monde s’en est mêlé, y compris des présentateurs télés qui se la jouent journalistes alors qu’ils ne le sont pas (hein, M. Zéro, le bien nommé ?). L’avantage, dans ce genre d’histoires, c’est que tous les médias sont liés : oui, on s’est plantés, mais on l’a fait collégialement donc il n’y a pas de réel coupable.
 
Puis-je décemment affirmer que ce que j’écris n’aura aucune influence sur personne ? Bien sûr que non. Je retranscris les faits selon ma vision de ceux-ci, ce n’est pas forcément comme ça mais c’est ainsi : l’objectivité est un leurre. Il n’y a qu’à lire le Figaro et Libé sur un même sujet, vous verrez. Evidemment, chez mon marchand de journaux, j’aurai naturellement tendance à acheter Libé, je ne pense pas que le lire influencera particulièrement mes opinions politiques. Ceci étant, je considère sans prétention faire partie d’une certaine élite qui a un minimum de connaissances politiques et qui multiplie ces sources d’informations : journaux, télé, radio, selon l’humeur du moment. Je sais prendre de la distance par rapport à ce que l’on me raconte, réfléchir aux faits pour me bâtir ma propre opinion.
 
Mais tout le monde n’est pas comme ça. Des tas de gens mangent devant les infos, le prêt à consommer de l’actualité, on avale les reportages en même temps que notre gratin dauphinois, on ingurgite sans même réfléchir à ce que l’on entend. Les jeunes de cité ne sont que des sauvageons prêts à tout brûler. L’insécurité est partout. Le chômage baisse. Le dernier film des Bronzés est gé-nial… Le problème est qu’on ne peut pas savoir tout sur tout. Comment puis-je mettre en doute un reportage sur un pays comme le Togo (totalement au hasard) où je n’ai jamais mis les pieds ? Même si j’aime bien tout ce qui est international, ma connaissance ne se base que sur ce que j’en lis. Si un journaliste écrit une énorme connerie sur le Togo, comment puis-je m’en rendre compte ? Là, c’est un exemple extrême, tout le monde s’en fout du Togo, de toute façon. Mais le journalisme glisse de plus en plus dans le prêt à consommer donc on multiplie les approximations et on finit par propager des images fausses.
 
Je n’irai pas jusqu’à dire que le journalisme peut changer le monde, voire même la France (soyons modestes). Les Français n’ont pas voté Le Pen à cause des médias mais ils ont contribué à entretenir le climat ambiant. Parce que comme je disais plus haut, le but premier d’un média est de faire de l’argent donc de suivre les thèmes d’actualité. Les blogs sont à la mode ? Hop, 50 émissions de radio, de télé ou des magazines sortent sur le sujet, entretenant d’autant plus le phénomène. J’adore regarder Arrêt sur images et voir un peu les « sujets à la mode » : grippe aviaire, guerre en Irak ou courses de Noël… Des fois, je regarde les infos et ils rabâchent tellement les mêmes infos que j’ai
l’impression de ne pas avoir vu le journal depuis longtemps… N’empêche qu’à force de nous agiter des épouvantails sous le nez, les gens sont terrorisés : ne mangeons plus de bœuf, de poulet, d’œufs et de produits laitiers… Ben youpi ! De toute façon, moi, j’ai mangé pendant 5 ans au restaurant universitaire, si j’ai pas chopé la vache folle, je ne l’aurai jamais. Informer est une chose, entretenir une paranoïa en est une autre.
 
Tout est orienté. Je me souviens à l’époque avoir vu un Envoyé Spécial sur l’affaire Dils, à l’époque où il n’avait pas encore été innocenté. Le reportage avait clairement choisi son camp, démontrant par A+B que Dils était forcément innocent et Francis Heaulme coupable. On voyait même une photo de Dils en communiant à côté une photo de Heaulme où il foutait franchement la trouille. J’ai certes du mal à croire que P. Dils soit coupable mais faire un reportage à ce point subjectif, ça me fait grincer des dents.  Idem dans la « merveilleuse » émission Faites entrer l’accusé avec M. Hondelatte qui passe trois heures à se mettre en scène en train de marcher sur les quais de la Seine, l’air préoccupé, ou à fouiller des dossiers (mais à quoi ça sert, franchement ?) et là, dès le départ, on décide que l’accusé est coupable ou pas. Depuis quand les journalistes jouent les juges ? Depuis longtemps…
 
Alors enseigner à de futurs journalistes que les médias n’ont aucune influence sur l’opinion publique, n’est-ce pas un peu dangereux ? Si, carrément, et je méritais bien plus que 2,5. M. Tintin Hondelatte, si vous me lisez (ça m’étonnerait mais on ne sait jamais), cessez de vivre dans votre tour d’ivoire de sociologue et ouvrez un peu les yeux sur le monde. Lazarsfeld, c’est périmé, toutes les recherches sont à refaire. Demandez à M. le prof de communication politique, le pervers qui me parlait en me regardant droit dans les seins (véridique), ce qu’il en pense de vos théories Lazarsfeldiennes, ça promet un débat…hum…houleux.

La lucarne magique

D’ordinaire, je critique la télé mais pour une fois, je vais en faire l’éloge. Pas de la télé en général mais d’un documentaire que j’ai vu mardi et qui m’a presque fait pleurer d’émotion. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, je baigne dans une étrange soupe émotionnelle et je trouve tout mignon, émouvant… Allez savoir pourquoi.
 
Mardi, donc, au lieu de jouer aux Sims, je décide de regarder le documentaire « l’odyssée de la vie » sur France 2, ne sachant trop si je
resterai jusqu’au bout ou pas. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, j’explique : c’est l’histoire d’une grossesse, de la conception à l’accouchement. On suit donc un couple, une italienne et un gars qui s’appelle Manu. Elle nage avec les dauphins (quelle chance, mon rêve !), elle les dresse, c’est son métier donc elle passe beaucoup de temps dans l’eau. Elle écrit un cahier pour son bébé, elle le lit avec son accent. Je dois avouer que la langue française me plaît particulièrement quand elle est parlée avec un accent, j’adorais celui de ma prof de violoncelle qui était russe ou quelque chose comme ça (même quand elle m’engueulait parce que je m’entraînais pas trop voire pas du tout à la maison). Bref, la maman parle, elle se parle parfois à elle, parfois à son bébé. Vous savez qu’en général, je grogne contre cet espèce d’exhibitionnisme qui pousse les gens à dévoiler leur vie privée mais là, c’est juste beau. On sent les questions de la future maman, on voit le fœtus se développer (images de synthèse). Un fœtus, au début, c’est franchement moche, ça a une queue et de gros yeux noirs, dire qu’on a tous ressemblé à ça !
 
Donc petit fœtus grandit, se transforme petit à petit en humain. On le voit réagir en fonction de ce que fait sa maman. Donc, je préviens de suite : quand je serai enceinte, pas de clope dans la même pièce que moi, c’est pas bon pour le bébé. C’est vrai qu’en tant de femme n’ayant jamais été enceinte, je considère limite la grossesse comme une maladie qui empêche de faire plein de trucs, de peur de blesser petit fœtus qui grandit en moi. Mine de rien, ce documentaire m’a montré qu’une future maman peut faire plein de choses sans que ça traumatise fœtus. Sa maman continue à travailler jusqu’à six mois de grossesse, elle nage, elle joue avec les dauphins mais pas avec tous : certains sont mal à l’aise avec elle à cause de sa grossesse, d’autres, au contraire, cherchent sa présence. Quand ma cousine fut enceinte (ce qui fut le cas trois ans d’affilée, non pas qu’elle ait eu une grossesse particulièrement longue, juste qu’elle en a fait trois à la file), elle en profitait pour ne rien foutre. Surtout pas le ménage, ça la fatigue et ça la fait vomir. Ma mère pestait : « non mais la grossesse, c’est pas une maladie, j’ai bossé jusqu’au bout, moi ! ». Enfin, pour ma sœur parce que moi, à six mois de grossesse, je voulais déjà sortir. Oui, autant j’étais un bébé calme, autant je fus un fœtus chiant.
 
Une femme enceinte, ça peut donc travailler, jouer au flipper, nager et brouetter (ouais !). Même que ce dernier point est plutôt une bonne chose car maman contente, fœtus content. Donc, je note, quand je serai enceinte, je ne fumerai plus et n’irai plus au McDo mais qu’est-ce que je brouetterai ! Il y avait des scènes très amusantes où le papa pose sa main sur le ventre tout rond de sa compagne pour sentir fœtus bouger. Ma mère m’a expliqué que quand le bébé bouge, ça fait un peu comme une sensation de gaz dans le ventre, ça doit être bizarre quand même. Mais quelque part, quand je pense à ma future grossesse (et même mes futures grossesses, si on en croit M. le voyant), c’est le truc qui me paraît le plus agréable, de sentir le bébé bouger, ça doit être bizarre car ce doit être à ce moment-là qu’on prend pleinement conscience qu’on a un individu qui grandit en soi. Par contre, ça me fait un peu flipper de penser que je vais voir mon ventre se déformer selon les coups que va me filer fœtus.
 
Au bout d’un moment, on sait enfin si fœtus est pénissalement (© Gauthier) ou vaginalement équipé. Ben, moi, je le sentais, ce sera une fille, et j’avais raison ! Fœtus devient donc Julia, joli prénom. Au bout du 7e mois, les choses se gâtent un peu, la maman commence à avoir des contractions, direction l’hôpital : le bébé ne peut pas naître encore, il n’est pas tout à fait formé.
 
Finalement, la maman arrive à garder Julia un mois de plus et là, arrive l’accouchement. Ce petit souci a empêché papa et maman de se marier, ils avaient prévu de le faire un mois avant la naissance de la petite mais finalement, non. Bon, alors, je sais pas si c’est le documentaire qui a éclipsé les douleurs de l’accouchement ou si c’est passé comme une lettre à la poste mais là, pas de sang, pas de larmes, c’est super rassurant. En fait, c’est intéressant, c’est un nouvelle technique d’accouchement (il y en a beaucoup, j’ai
l’impression) où la maman est assise et tire elle-même le bébé hors de son corps, une fois la tête sortie (bon, y a toute l’équipe médicale, quand même, faut pas déconner). Je dois avouer qu’avec mon instinct maternel surdéveloppé, ça me foutrait une trouille pas possible de sortir moi-même mon bébé de là, j’aurais peur de le blesser. Bref, la petite Julia, toute pleine de placenta pousse
son premier cri et sa maman la prend dans ses bras… Et là, j’ai comme un envie de pleurer. Ben, mince, je pensais pas que voir à la télé la naissance d’une petite fille que je ne connais pas m’émouvrai à ce point.
 
Hé oui, parfois, au milieu du gerbis télévisuel se cache une pépite. Et je suis heureuse de l’avoir trouvée. 

Notre société se pornoïse-t-elle ?

Titrer un article avec un néologisme, voilà un travers que les journalistes adorent. Il y a quelques semaines, je lisais Courrier International
histoire de faire mon intelligente. Après la revue de presse du monde, voici le dossier : les jeunes filles dans le monde. Le premier article retient particulièrement mon attention : la « dérive » des jeunes filles américaines. En gros, la société américaine a totalement absorbé les normes des films pornos et les jeunes filles de 15-25 ans se comportent comme si elles passaient un casting permanent pour ce genre de production. En vrac : on fait claquer le string (c’est d’une classe folle…), on montre ses seins, ses fesses, voire son sexe à tout va, on boit et après, on fait des « concours de poses suggestives ». En gros, on simule l’acte sexuel lesbien entre copines. Les gamines de 15 ans se promènent très court vêtues et les mamans trouvent ça hilarant de vêtir leurs filles avec le t-shirt Playboy. Une journaliste, Ariel Lévy, a écrit un livre sur le sujet, faudra que je voie s’il est disponible en France… En gros, elle observe et dénonce un peu ces comportements, arguant que ces femmes s’enferment dans un rôle que les hommes attendent d’elle. Il faut être chaude, même si on n’a pas envie de coucher. Face à ça, il y a les groupes de chastes : « moi, je serai vierge jusqu’au mariage ». La société américaine est fascinante dans ses paradoxes.
 
Et en France, où en est-on ? Il me semble que nous glissons peu à peu vers ce modèle-là, même si nous en sommes loin. Concrètement, si je compare les adolescentes actuelles à ce que nous étions il y a dix ans, il est manifeste que la mode a changé : mes fesses ont connu leur premier string à 20 ans et encore, à l’époque, ce n’était pas hyper répandu. Quoique ça s’est vite démocratisé ensuite puisque Rachel, sainte prude, m’avoua un jour en rougissant : « Tu sais, moi, je mets des strings ! ». Cinq ans plus tard, cette grande confession a de quoi faire sourire. Donc à mon époque, je me souviens, c’était jean pas tellement taille basse et grand T-shirt, le pull attaché autour des
hanches (pratique pour masquer les fesses disgracieuses). Les piercings étaient limite une marque de rébellion, à l’époque, personne n’en avait. Aujourd’hui, les gamines font toutes monter leur strings jusqu’au milieu du dos pour être sûre qu’on le voit, certaines ont déjà des piercings. Je ne veux pas jouer les mères la vertu (c’est vachement mon genre, tiens) mais le comportement de certaines de ses gamines m’horripile au plus haut point : elles offrent aux autres, et surtout aux hommes, une sensualité et des promesses coquines qu’elles ne mesurent pas. Si j’ai une fille, elle portera un string le jour où elle mesurera le genre de message qu’elle envoie en exhibant ce petit bout de tissu. Et après un cours maternel sur les MST et la contraception (qu’est-ce que je vais être chiante comme mère).
 
Ceci étant, il me paraît que cette pornoïsation se limite à un changement de mode vestimentaire plus qu’autre chose. Forcément, nous, dans Beverly
Hills, y avait pas de strings apparents et de soutien-gorge apparent sous le débardeur. Je ne connais pas trop les nouvelles références ado mais si on s’arrête à la Star Academy, je suis sûre que la plupart des spectateurs masculins de 14-18 ans se souviennent plus des couleurs des strings des candidates que de leur prénom. Pour le reste, les Français ne me paraissent pas aussi
exhibitionnistes qu’aux Etats-Unis, du moins, c’est plus discret. A part dans Paris Dernière, je n’ai jamais vu de nanas se foutre à poil juste pour attirer l’attention. Il n’y a pas (encore ?) de surenchère à ce niveau-là, pas de programmes télés bas de gamme où des étudiantes saoules montre tout ou partie de leur anatomie (bien que dans Paris Dernière, parfois…). Et je
crois que c’est une bonne chose.
 
La lecture de cet article m’a fait réfléchir : est-ce que je glisse moi aussi vers la pornoïsation dans mon comportement ? Bon, déjà, je ne mets pas de mini jupe, je suis toujours habillée soft et si mon string dépasse de mon pantalon, c’est plus un accident vestimentaire qu’une provocation (si j’arrêtais de mettre de vieux pantalons trop grands, aussi, ils ne tomberaient pas…). Je n’ai pas de piercing (le seul que j’ai eu s’est infecté et il était au nez) et en boîte, je ne simule l’acte sexuel avec personne, je n’embrasse que Gauthier et Mister Big… Et encore, quand je dis « embrasser », ce ne sont que des smacks, nos langues restent dans leur bouche respective. Je ne me déshabille pas en public, surtout
à cette période de l’année. Bref, je suis sage comme une image. Evidemment, après, il y a mes écrits, parfois un peu sulfureux mais je ne pense pas encourager cette pornoïsation. Ce sont plus des réflexions à partager entre adultes consentants qu’un manifeste. Voilà comment je vis et je pense, êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? Et accessoirement pourquoi ?
 
Je me refuse à virer pétasse en chaleur pour deux raisons : tout d’abord, j’ai un certain respect pour l’érotisme, je trouve ça trop sophistiqué pour en faire l’étalage n’importe comment et tomber dans la vulgarité. A quoi ça me sert de montrer mes fesses à tout le monde ? Je préfère les réserver pour mes amants (de toute façon, je pense que les gens se foutent bien de voir mes fesses). Simuler l’acte sexuel entre copines ? A part exciter les mâles en chaleur qui vont essayer de me serrer aux toilettes de la boîte, je ne vois pas du tout l’intérêt. Il y a des choses qui doivent rester réservées à la douce pénombre d’une chambre à coucher.
 
Par ailleurs, je partage entièrement l’avis d’Ariel Lévy : la liberté sexuelle de femme ne peut passer par là. En se sapant comme la dernière des traînées, je ne vois pas en quoi je clame ma liberté sexuelle. Bien au contraire, je me plie à l’esthétique des films pornos, faits généralement par et pour les hommes (même s’il y a une exception). 60 ans de féminisme pour en arriver à se transformer en objet sexuel ambulant ? Ben y en a quelques unes qui doivent se retourner dans leur tombe. Pour moi, la liberté sexuelle n’a rien à voir avec le fait de montrer son cul ou ses seins. Pour moi, la liberté sexuelle se résume plutôt à pouvoir faire l’amour avec qui j’ai envie, quand j’en ai envie, mais aussi le droit
de dire non si je ne veux pas. Et sans avoir à sortir la bonne vieille excuse : « j’ai mes règles ». Ma liberté sexuelle, c’est aussi pouvoir parler de sexe librement sans qu’on me prenne pour une salope. Ma liberté sexuelle, c’est pouvoir avoir autant de partenaires que je veux sans qu’on me prenne pour une salope…
Alors, certain(e)s vont me rétorquer : « oui mais si tu t’habilles pas de façon provocante, personne ne te verra et tu ne pourras pas choper. » Oui ben c’est pas grave parce que moi, je chope pas. Honnêtement, être rejetée par un homme qui n’a pour valeurs sexuelles que ce qu’il voit dans les pornos ne me traumatise pas plus que ça. Et puis très franchement, je serais tellement à l’aise en mini-jupe et mini top que je passerais ma soirée scotchée sur une banquette donc pour la drague, on repassera. Je me souviens, une fois, j’avais mis une robe très sympa et pas tellement sexy à la base sauf que j’avais pris quelques petits kilos entre l’achat et mon défilé avec en ville (je l’avais mise plusieurs fois avant, rassurons-nous). Donc me voici vêtue d’un T-shirt blanc, ma robe par dessus et des bottes chaussettes aux pieds. Sauf qu’en marchant, mes fesses faisaient remonter petit à petit ma robe. J’ai jamais été aussi mal à l’aise de ma vie, je suis rentrée fissa chez moi, attirant la convoitise de sales pervers. Par le passé, j’ai eu droit à des hommes qui cherchaient avant tout du sexe plutôt qu’une partenaire et j’ai retenu la leçon : aucun intérêt. J’ai plus envie d’un partenaire avec qui je développe une certaine complicité et qui partage mon goût de l’érotisme. Et pour moi, érotisme et vulgarité, ça ne va pas de pair du tout. De plus, je pense que la plupart des hommes, passés les affres de l’adolescence, ne sont pas particulièrement attirés par ses pétasses qui montrent tellement tout qu’il n’y a plus rien à découvrir. Je me souviens d’une discussion avec Jean qui m’expliquait que ce qui l’excitait, entre autres, c’était de passernla soirée avec une femme et découvrir au moment de l’effeuillage qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Aucune provocation apparente, juste un secret entre deux amants. Moi aussi, je préfère ça.
 
En somme, je crois que nous sommes encore loin du haut degré de pornoïsation de la société américaine mais on se dirige vers le même modèle, lentement mais sûrement. Arrivera-t-on à un tel degré de vulgarité ? Je n’en suis pas convaincue, je pense que cette provoc bête et irréfléchie se limitera à certaines catégories de personnes. Du moins, je l’espère.

La télé nous prend-elle pour des cons ?

Il y a des jours où je suis émerveillée par la télé française, en particulier les émissions genre télé réalité mais pas comme la Star Ac (déjà que…) mais ces espèces d’émissions documentaires avec de vrais gens dedans comme « on a échangé nos mamans » ou je ne sais plus quoi d’autre. Facile à faire, pas cher, tout bénef’ pour la chaîne.

 
L’autre soir, je regarde distraitement la fameuse « on a échangé nos mamans », une émission qui me fascine, ou presque. Ce n’est pas l’émission en elle-même, c’est le
concept. Comment on peut décemment accepter de se prêter au jeu ? Comment peut-on accepter de faire subir à ces gamins (souvent petits) ce traumatisme ? Je me souviens d’une femme qui pleurait toutes les larmes de son corps car elle abandonnait son bébé. Oui, il faut savoir que dans cette émission, on aime les femmes qui pleurent. Mais là, désolée, je vais pas être triste pour elle, je n’ai jamais entendu dire que les gens participaient de force à cette émission. Donc je me demande ce qui pousse les gens à faire ce genre de truc, d’autant qu’on sait très bien que les deux familles seront montrées du doigts : parents trop laxistes contre parents trop autoritaires, toujours ! Il y a plus ou moins les gentils et les méchants. A la limite, je veux bien croire que ces familles veulent montrer leur façon de vivre et devenir un modèle du genre mais je crois surtout que c’est la seule volonté de passer à la télé. Vous noterez que j’ai pas d’enfants mais je crois que je ne voudrais absolument pas les foutre devant une caméra. Non mais ils doivent être un peu traumatisés, quand même…

Ceci étant, je me demande dans quelle mesure tout ça n’est pas complètement bidon. Dans l’émission que j’ai vue, deux familles sur les quatre (sur deux épisodes) n’avaient pas la télévision. Et là, je tique : mais comment ils peuvent participer à une émission de télévision qu’ils ne regardent pas ? En connaissent-ils même l’existence ? Y avait par exemple un couple avec dix enfants très vieille France (mais alors vieille, même Jeanne Calmant n’a pas connu) : mais comment ces gens ont-ils pu avoir vent d’une telle émission ? Arrêtez de vous foutre de nous, là, c’est trop gros. Et puis, le schéma est toujours le même : les nouvelle mamans ne s’entendent pas avec le conjoint de leur remplaçante, elles passent leur temps à dire : « je ne comprends pas comment ils peuvent vivre comme ça ! » mais elles adorent les enfants qui, en général, le leur rend bien. Enfin, les petits, les ados, ils sont plus cons. En général, les enfants des « méchants » adhèrent aux principes de vie de la gentille maman mais l’inverse n’est pas vrai. Et puis les mamans, elles pleurent, elles pleurent, tout le temps. Et qu’est-ce qu’on aime les montrer ses larmes de crocodile, on les passe même au ralenti, au cas où le spectateur n’aurait pas compris. Déjà, là, oui, la télé nous prend pour des cons. Sur cette émission, j’avais vu un arrêt sur image avec un participant qui expliquait que le montage ne montrait que les conflits, les engueulades, les personnes sont caricaturées au possible. Exemple : la scène importante de l’émission, c’est quand les mamans arrivent dans la maison vide et découvrent leur nouvel univers. Mais comment on peut laisser une inconnue pénétrer notre univers comme ça ? Ça me dépasse. Et même, pour la bonne femme qui se retrouve dans une maison inconnue toute seule, c’est d’un glauque… Donc l’équipe tourne et pousse la maman à commenter la décoration et le « manuel de vie », un petit texte présentant la vie quotidienne de la famille, soigneusement rédigée par l’équipe qui souligne bien les différences de vie. Genre la maman athée lit le manuel de vie : « nous faisons la prière tous les soirs avant le repas, c’est impératif. » Et là, forcément : « Non mais c’est quoi cette famille ? ». Et si la nouvelle maman peut dire que l’autre famille a une déco de merde, c’est génial, c’est vendeur, c’est top. Tout ça est trop gros pour être vrai.

Autre émission qui m’a interpellée, un truc tout nouveau appelée « les bonnes manières ». Alors, là, c’est le défilé des clichés ! En gros, on prend des nanas totalement vulgaires pour en faire des demoiselles de la haute société. Les trois quarts sont blondes décolorées, elles se maquillent à la truelle et disent « putain, ta race comme je le kiffe trop » toutes les trois minutes. Evidemment, elles sont coiffeuses, vendeuses ou secrétaires et mâchent du chewing gum, ce qui donne : « Oh putain, gniak gniak, comme elle me prend trop la tête, gniak gniak. Ça me saoule, gniak, gniak, putain ta mère ! ». Et puis ces pauvres filles sont moches. C’est pas charitable de dire ça, je sais, mais c’est vraiment le prototype de nanas que je trouve pitoyable, qui croient qu’un haut pailleté moule-bourrelet et des bottes rend sexy. Aucune classe, aucun charme. Mais que de rimmel ! Je suis sûre qu’elles perdent trois kilos au démaquillage. Et puis alors les deux coiffeuses ont une coupe de cheveux, aïe ! Moi, ma coiffeuse, elle est classe, j’adore sa façon de s’habiller (dans le style cop copine) elle a une coupe parfaite… orange mais ça lui va bien. Là, nos deux coiffeuses ont des cheveux épouvantables, fourchus, coupés à la tronçonneuses avec des racines très visibles. Je veux pas dire mais si une fille m’accueille comme ça dans un salon, je pars en courant. Enfin, quand je vois ça, je me dis que je suis contente de pas être coiffeuse, je pense que je l’aurais mal pris…

Et alors on y va dans les clichés : la fille de Marseille qui rêve de se marier et de faire des enfants, la lesbienne de Montauban, la nana du 9-3, la merdeuse parisienne qui allume tout ce qui bouge, même la plante verte, la beurette de Barbès qui fout la merde. Oui parce que la sauvageonne est forcément colorée, c’est M6… Et là, je me dis : non mais ils se foutent de nous ! Prenons le cas de Céline, la tellement garçon manquée qu’on dirait vraiment un mec, elle n’a même pas de seins. Ceci étant, dommage que ce soit pas un mec, il aurait été bien mignon. Cette demoiselle est l’une des plus sympathiques du lot, essentiellement parce qu’elle ne parle pas, ce qui lui évite de dire « putain sa race » tous les deux mots. Ceci étant, qu’est-ce qu’elle fout là ? La gagnante de l’émission doit participer à un super bal genre le bal des débutantes… Notre amie masculine n’a jamais mis une robe de sa vie, j’ai du mal à croire qu’une telle personne ait envie de participer à cette émission. Des 8 candidates, y en a qu’une qui me paraît vraiment jolie et peu vulgaire, mais elle ne parle pas beaucoup non plus.

Côté « aristocratie », que dire ? Les profs ont tous un balai dans le cul et puent la naphtaline. Y a une dame qui les invite à un cocktail dans un château voisin, c’est vraiment la vieille aristo cliché, qui ouvre la bouche en rond quand elle est choquée, qui ne cesse de reprendre les candidates gentiment. Alors, il faudra qu’on m’explique, au passage, pourquoi il ne faut pas dire « bonne journée » avant de couper court à une conversation téléphonique. Moi, quand on me le dit pas, je trouve ça impoli. Mais le mieux, ce sont les aristos invités au cocktail de la vieille, des hommes libidineux qui sont « princes de Russie » comme moi, je suis duchesse de Pologne et qui ne sont là que pour se sauter les candidates. D’ailleurs, celles-ci se feront traiter de « filles faciles » par les profs car elles ont fait la bise à nos princes libidineux. Pourtant, aucune coucherie n’a été signalée dans le jardin de la vieille.

Toutes ces émissions me font l’effet d’un « trop ». Trop gros, trop caricatural, c’est pas possible. Bien sûr, une vendeuse de fringues vulgaire à Barbès, ça existe. Evidemment, une famille très vieille France, ça existe aussi. Mais tous ces clichés collés les uns sur les autres dans une même émission, ça me fait douter. Alors je scrute, je cherche la faille. Le travail de montage est nickel, le tout porté par la BO de Requiem for a dream (non mais quel gâchis). Déjà, à l’époque, il avait été démontré que des acteurs participaient à « C’est mon choix ». Non, sans blague ? Je me serais pas doutée, tiens ! Idem pour l’émission de déballage sur une chaîne du câble (RTL9, je crois), des Belges qui récitent bêtement leur texte : « quoi-tu-m’as-trompé ? » « Oui-je-t’ai-trompé. » « Que-je-suis-malheureux, je-ne-pensais-pas-que-tu-me-ferais-ça » « Oui-mais-tu-as-une-petite-bite ». C’est tellement mal fait que c’est même pas drôle.

La télé nous prend-elle pour des cons ? Oui ou alors je ne suis pas en phase avec les gens qui ne ratent aucun numéro de cette émission, en tirant des leçons pour leur vie. La seule leçon que je retiens, moi, c’est que je n’exposerai jamais mes gamins comme ça. Enfin, ces émissions marchent, c’est donc que les gens y croient… A moins que ce soit moi qui suis trop parano.

A qui tu ressembles ?

 Pendant les vacances, Guillaume m’a initiée à un nouveau jeu (non sexuel, bande de pervers !) : le site myheritage. Vous mettez votre photo sur le site et il vous calcule votre ressemblance avec des personnalités. Comme j’ai trouvé ça très amusant, j’ai testé avec plein de photos et les résultats sont parfois très surprenants. En tout cas, pour lui, ça marche puisqu’il ressemble à Ewan
McGregor à 72% (ahah, je suis trop forte, je l’avais dit avant !).

Première photo, je ressemble le plus à… Natalie Portman. Honnêtement, je ne vois aucune ressemblance entre Natalie (qui est très belle, au demeurant) et moi… Sur les autres photos, en vrac, j’ai eu en premier deux fois Scarlett Johansson (non plus, j’ai des lèvres super fines), Uma Thurman en deuxième position (heu… suis pas sûre non plus). Ensuite, j’ai eu du Madonna (j’ai
un petit espace entre mes deux incisives mais sinon…). Celle qui est ressorti systématiquement, c’est Aishwara Rai, une star de Bollywood… On a effectivement la même forme des yeux, en amande, mais sinon, la ressemblance n’est pas des plus frappantes. Dans le vexant, j’ai eu un Ariel Sharon… Ah ? Enfin, j’ai visiblement un visage très féminin puisque j’ai eu très peu d’hommes. Ma sœur, à l’inverse, a un visage un peu plus carré et a eu beaucoup d’hommes dans les résultats (dont Keanu Reeves, pas des moches). A l’inverse, Guillaume a eu quelques femmes dans ses résultats, sans doute parce qu’il a des traits fins… Et puis il a des cils, c’est pas juste que des hommes aient de si beaux cils alors que nous, on doit mettre du mascara dessus pour avoir un plus beau regard. La nature est parfois curieuse, tout de même.
 
Bon, j’ai trouvé ça follement amusant, j’y ai passé une demi-journée, communiquant à chaque fois à ce pauvre Guillaume les résultats : « Oh, Uma Thurman, ahahah ! ». Ce qui est étonnant, c’est que je n’ai eu qu’une fois Kate Winslet alors qu’on m’a dit plusieurs fois que je lui ressemblais. Enfin, en vrac, on m’a déjà dit que je ressemblais à Kate Winslet, donc (pas faux), Dana Scully, le Dr Lewis d’Urgences, Natasha St Pier (j’ai pas une grande bouche, moi !) et d’autres que j’ai dû oublier… C’est amusant cette manie que l’on a à toujours chercher à qui ressemble les gens. Ma mère et moi, on est expertes en la matière.
 
La scène : Nina et sa maman dans la rue. Dialogue : « hé, regarde, lui, là-bas, on dirait bidule! ». Une fois, je me souviens, on était à l’aéroport de Toulouse, elle me
file un coup de coude et me montre un monsieur en faisant : « Hugues Auffray 
– Ahahah, c’est vrai qu’il lui ressemble! 
– Forcément qu’il lui ressemble, c’est lui! »
Oups ! Mais bon, c’est pas ma faute si ma maman passe son temps à me filer des coudes en me disant : regarde le mec là-bas, il ressemble à truc ! »
 
Je pense qu’on agit de la sorte pour se souvenir de la personne, pour se « l’approprier », en quelques sortes. Dans la mesure où on n’aime pas de prime abord ce qu’on ne
connaît pas, trouver une ressemblance entre une personne et une autre doit nous rassurer, quelque part. J’avoue que j’ai hérité de ce mauvais trait de ma mère, je trouve des ressemblances à tout le monde. Ca horripile mon père, nous, ça nous fait rire!
 
Pour en revenir aux ressemblances, à qui je ressemble vraiment? A mon père, ça, y a pas à dire ! Bon, mes parents sont tous les deux petits, châtains clairs aux yeux bleus donc en tant que digne héritière, j’ai récupéré ces caractéristiques, tout comme Alice. Après, j’ai les yeux de ma mère et sa poitrine, hum, opulente, son genou fragile mais pour tout le reste, c’est papa.
 
Pourtant, il y a avait des éléments qui ne rentraient pas dans le puzzle : à qui appartient mon nez? Ce n’est ni celui de mon père, ni celui de ma mère… Récemment, j’ai retrouvé des photos de mon grand-père partenel jeune (que j’adorais)… Seigneur, je suis sa version féminine ! Même nez (le voici donc), même folle tignasse, même forme du visage… Ben, ça peut paraître
idiot mais j’aimais tant mon grand-père que lui ressembler physiquement est un grand honneur. Surtout, j’avais peur de tenir certains de mes traits de ma grand-mère, son épouse, donc, mais visiblement, je dois tout à mon papi, youpi ! Ma soeur, par contre, tient du côté maternel (même si, de loin, on se ressemble, comme quoi…). C’est très impressionnant : si on regarde des photos de la soeur de ma mère jeune, c’est Alice, trait pout trait. Une fois, petite, cette fameuse tante amena ma soeur à son boulot et tout le monde lui dit : « On saurait pas que tu n’as pas d’enfants, on penserait que celle-là est à toi ! ».
 
Enfin, bref, allez faire un tour sur myheritage et mettez en comm à qui vous ressemblez… Je sens qu’on va bien s’amuser !
 
 

Belle pour les fêtes

Pour terminer l’année en beauté, voici un sujet léger sur le réveillon et ses préparatifs esthétiques, dirons-nous.
 
Depuis 1997, je fête le réveillon avec les amis. Les participants ont évolué mais le principe reste le même : soyons les plus beaux ou les plus belles. Costards et robes de
soirée, gel et paillettes, osons tout ! Après tout, c’est pas tous les jours le nouvel an !
 
 
Robes de soirée toutes plus glamour les unes que les autres, laquelle choisir ? La plus brillante, la plus décolletée, la plus folle ! Et le maquillage, les bijoux, craquons, craquons ! Mais pourquoi toute cette frénésie pour une seule soirée ? Quel intérêt de se faire à ce point belle alors que le Président de la République ne viendra pas ? Tout simplement pour soi.
 
Il faut l’avouer n’importe quelle fille a de l’allure dans une robe de soirée. J’avoue que des fois, les jours où je m’ennuie, je m’amuse à ressortir les miennes du placard et à les passer, pour voir…Oh, on dirait une princesse ! Et voilà que mon moral remonte en flèche. Alors puisqu’on a une occasion par an de la porter, faisons-le ! Pas besoin d’un luxueux réveillon pour le faire, même une petite sauterie entre amis pour fêter la nouvelle année est prétexte à se parer de mille feux. Je me souviens d’un réveillon dans le fin fond de la campagne midi-pyrénéenne (suis même pas sûre que les portables captaient) pour le réveillon 2000-2001 (il me semble). Au menu : raclette. Très franchouille, donc. Le tout avait lieu chez Rachel, qui aime bien s’habiller pour le réveillon sauf que sa panoplie d’Esmeralda était bizarre. En haut, elle avait mis un top qui s’accrochait autour du cou en strass argenté, en bas, une jupe longue en panne de velours noir… Je me souviens, quand on est arrivés, Gauthier a hurlé dans la voiture : « ah non, c’est trop moche ce qu’elle porte ! ». De mon côté, j’avais enfilé une robe de soirée rouge toute simple mais magnifique, que je m’étais offerte. D’ailleurs, ce soir-là, j’étais tout simplement sublime (pardon pour la modestie)… Sur certaines photos, on dirait
une gravure de mode !
 
Mais pourquoi a-t-on ce désir d’être belle pour une soirée, comme ça ? Je pense que nous avons toutes un syndrome Cendrillon : une fois nos robes enfilées, nous voici
princesses pour la nuit, irrésistibles et conquérantes. Si on est célibataire, on devrait trouver notre prince. Si nous sommes en couple, notre chéri tombera encore plus profondément amoureux de nous. La jeune fille ordinaire a désormais le look d’une vraie héroïne de conte de fée. Notre robe glisse et suit nos mouvements à la perfection, transformant le moindre geste en un ballet d’une grâce folle. On se fait prendre en photo de face, de profil, debout, assise… Notre sourire étincelant est des plus sincères : on se sent belle, on éblouit l’assistance sans même le faire exprès. Bref, on se constitue un bel album qu’on pourra montrer à ses enfants, rougissant de plaisir quand ils crieront : « oh, comme t’étais belle maman ! Tu étais une princesse ? » ou à son correspondant meetic, en espérant qu’il craque. Enfin, que de bonnes raisons ! Pour ma part, ça me fait une source inépuisable d’avatars MSN… Et puis j’ai trop la classe en robe de soirée, il faut bien l’avouer.
 
Par ailleurs, c’est pas tous les jours le nouvel an et pour bien commencer l’année, il faut ce qu’il faut. On dira que je suis superstitieuse, certes, mais en général, réveillon pourri, année pleine de soucis. L’an dernier, le réveillon avait été plutôt sympa mais très tourné sur le sexe, tout comme mon année… Comme quoi : les réveillons les pires ont donné les millésimes les plus merdiques. Quoi que l’année 2005 n’a pas du tout fait honneur au réveillon, il faut bien l’avouer. Franchement, on avait bien ri, même devant le film japonais sado masochiste qu’on a coupé au milieu après la scène de la tortue. Bon, allez, petite aparté, je vous raconte (enfin, ce que j’ai compris) ! Tout commence par une femme nue en botte allongée sur une table d’accouchement, un mec lui injecte une drogue et elle part en live… Dès le départ, j’ai pas trop compris. Ensuite, on se retrouve dans un building genre La Défense mais à Tokyo, un homme d’affaire fait venir une pute et la place devant sa fenêtre ! « enlève ta culotte ! Plus vite ! Non moins vite ! Recommence… » Bon, à la fin, il fait nuit et la fille est trempée de sueur. Après, le monsieur fait venir sa femme, je rate quelques trucs et à un moment, il colle un gode ventouse (j’en ai parlé ailleurs, je sais plus où) sur le miroir et la
prostituée s’empale joyeusement dessus tandis que monsieur levrette sa femme et que les deux femmes sont face à face (je crois qu’elles se parlent, j’en suis plus sûre). Scène suivante, la scène de la tortue, celle qui nous a fait couper ce… hum… film. Donc y a une prostituée (la même ?) qui arrive chez une maîtresse SM et y a un monsieur, vénérable homme d’affaire qui est là pour se faire humilier. Déjà la maîtresse SM lui enlève sa perruque et lui fait : « oh, tu ressembles à une tortue ! ». Puis la voilà partie à branler notre prostituée qui jouit puis elle la fait uriner dans une soucoupe qu’elle place devant le nez de notre tortue : « bois ! ». Il rechigne mais elle insiste donc il finit par l’obéir mais comme il n’a pas été sage, la voilà qui s’équipe d’un gode ceinture et se met à sodomiser notre monsieur Tortue à sec… Là, on a arrêté, on est passé sur le DVD des Dieux du Stade… Oui, au début, on a ri à ce
film mais pendant la scène de la tortue, pas trop quand même…
 
Mais sinon, le repas était bon, on a vu plein de rugbymen à poils à la télé et ma blonditude s’est réveillé lors d’une séance photo. Anne, inspirée, décida soudain de prendre nos chaussures (avec nos pieds dedans en photo) donc Lucie, Anne, une autre fille et moi posons nos petons côte à côte et Anne fait : « dites cheese ! » et la seule blonde qui s’exécute, c’est moi, évidemment…Et voilà qu’ils se foutent tous joyeusement de ma gueule…
 
Mais ce qui compte, c’est que j’avais une belle robe, l’an dernier, noire, assez courte, avec des manches genre kimono et un décolleté que j’avais rebaptisé dépoitriné.
 
Et bien, comparé à cette année, ma tenue de l’an dernier était soft ! Tout d’abord je mettrai une combinaison noire décolletée jusqu’au nombril… pour de vrai ! Enfin, pas
si bas mais vraiment pas loin…Et surtout, j’ai fait l’achat d’un magnifique boa noir tout doux qui va faire un effet fantastique avec ma combinaison. Pour les bijoux, il faut que j’en achète, je n’ai rien, mais j’ai des vues sur un sautoir so glamour et so hype (comme on se croirait dans un magazine féminin, tout à coup)et de longues boucles d’oreilles. Pour le maquillage, faux cils, si j’arrive à les mettre, et gloss. Des paillettes ? Evidemment ! Bref, je serai une princesse sans son prince mais tellement bien dans sa tête et dans sa peau qu’elle commencera forcément bien l’année 2006. Bien dans mes bottes (même si elles m’ont fait souffrir le martyre quand je les ai achetées, ces garces), je souris à la vie et exalte d’optimisme : belle comme je suis, la vie ne peut que me le rendre !
 
Car au fond, c’est ça, l’idée : je me pare telle une prêtresse païenne pour saluer comme il se doit la nouvelle année en espérant qu’elle m’apportera ce que je désire. Qu’elle commence par m’apporter un boulot, pour le reste, on verra pour mon anniversaire.

Les jingles bêlent

Vendredi 23 décembre, 17h30, je pose le nœud-nœud frisé sur un paquet cadeau : ouais, j’ai enfin fini ! Ah non, il manque le super cadeau de mon papa que j’ai oublié d’acheter : un peigne. Oui parce que mon père, quand on lui demande ce qu’il veut pour Noël, il nous répond : « ah je voudrais bien un peigne de poche parce que j’aime bien me recoiffer de temps en temps »… C’est du beau cadeau, ça !
 
 
En général, j’adore le jour de Noël mais qu’est-ce que je déteste la prise de tête pré-fête ! Première étape : trouvons l’idée du cadeau. Bonjour le brainstorming ! Pour mes parents, je suis secondée de ma sœur et de mon presque frère mais lui, ça dépend des fois. Donc début décembre, Alice et moi nous nous mettons en mode : « on offre quoi à papa et maman ? ». Alors, pour ma mère, en général, ce n’est pas très difficile : une statue africaine (quoi que plus maintenant), un CD de musique lounge ou de n’importe quoi (sauf rap, là, je la tuerais ou pire, du raï), des beaux vêtements, des bijoux, de la déco… Enfin tout, tant que ça n’a pas de rapport avec la technologie. Mais pour mon père, quelle galère ! Il ne fume pas, il ne boit pas, il ne lit que peu (surtout des magazines d’actu), ne va jamais au ciné, regarde peu la télé… Ses passions : son métier, sa famille, le rugby. Mais il aime pas les livres sur le rugby et on va pas lui offrir une nouvelle blouse ou un nouveau stéthoscope… J’essaie de convaincre Alice de lui offrir un petit enfant mais non.
 
Une idée?
Cette année, c’est la cata : dès qu’on a une idée, on se rend compte que ça va pas. Commençons par ma maman : des places pour le concert de Julien Clerc. En effet, on pensait que son dernier album était un best of mais non… Du coup, on renonce (et on a bien fait, ma maman n’aime pas son nouvel album). J’erre, solitaire, dans les rayons, je ne trouve rien, mais alors rien, pas l’ombre d’une idée. Finalement, ma sœur découvre que Laurent Gerra fait un nouveau spectacle, et deux billets pour M. Gerra, emballé, c’est pesé. Sinon, elle veut un pantalon d’intérieur en « velours ». Ma sœur : « t’inquiète, je vais à H&M ce week-end ! ». Finalement, elle trouve pas, la mission m’échoit. Jeudi matin, je pars donc amener ma maman à l’hôpital (elle y travaille) puis Kenya au véto puis direction la Halle aux vêtements : il est 8h45, ça ouvre à 9h30, tout va bien. J’y retourne donc une heure plus tard, je trouve pas. Je vais au Leclerc, je trouve pas. Y a un joli pantalon d’intérieur Dim mais pas en velours. Je vais à LMV, je trouve pas. Je vais à Etam : du pantalon en velours, y a, mais
du rose barbie, du vert fluo ou du rouge orangé pas beau… J’atterris à Monoprix et là, en appelant Alice, elle me fait : « bon ben tant pis pour le velours ! ». Arghhhh, elle m’aurait dit ça plus tôt, j’aurais pris celui du Leclerc ! Donc quelle est la cruche qui se retrouve à aller au Leclerc un vendredi 23 décembre à 14h30 ? Moi ! Naturellement, j’aurais pu y aller ce matin mais ma mère ayant pris la voiture… Ben non, je pouvais pas ! Sinon, mercredi, je lui avais déjà acheté un ouvrage fort intéressant : « Internet pour les nuls ». Sauf qu’au centre culturel du Leclerc (oui, je sais, j’y vais tout le temps), ils donnent pas de poche et qui c’est qui se retrouve avec un livre pour sa maman à la main alors que celle-ci vient me chercher car j’ai pas de voiture ? Donc je le fourre dans mon sac. Sauf que le lendemain, en revenant donc au Leclerc, en sortant, j’ai fait bip… Oui, il faudra un jour qu’on m’explique pourquoi ils démagnétisent jamais correctement ce qu’on achète ! Bon, pour ma maman, c’est fait !
 
Pour mon papa… Naturellement, un peigne, c’est nul comme cadeau. Donc on se creuse la tête, que lui offrir ? Surtout qu’un mois avant, c’est son anniversaire, youpi ! Un DVD Trivial Poursuit ? Super, il ne s’en servira jamais ! Des vêtements, c’était son cadeau d’anniversaire alors quoi ? Bon, finalement, on se décide pour une webcam. En fait, l’idée c’est d’acheter quatre webcam : une pour mes parents, une pour Yohann mon presque frère, une pour Alice et une pour moi. Comme ça, on sera tous les quatre à pouvoir se voir. Bon, naturellement, je bloquerai tout le temps mes parents sur MSN, le temps de changer de pseudo au besoin. Je suis pas sûre qu’ils captent un truc du genre : « Quelle brouette de feu cette nuit » mais un « Aïe, j’ai bobo la tête, l’alcool cé pas bo, l’alcool cé pas bien », si…Donc, c’est parti pour la webcam, Alice me dit qu’il y en a des pas chères au Leclerc. Donc mercredi, j’y vais. Je regarde : premier prix avec microphone intégré : 35 euros, à peu près. J’en prends 4 et le vendeur me fait : « ah non, vous m’avez détruit tout mon beau rayon », en déconnant. Je continue mon chemin et appelle ma sœur pour lui demander des infos pour un cadeau pour son tendre Anthony et là, en lui parlant des webcams, elle râle : « non mais attends, 35 euros, c’est super cher, je comprends pas…Attends, je te rappelle ». Bip ! Bip ! « J’en ai trouvé à 20 euros à côté de chez moi, je m’en charge. » Ok ! Je sors de là et retrouve ma mère qui fait la gueule : non mais elle va pas se trimballer avec 4 webcams (ma mère ne sait absolument pas à quoi ça peut ressembler, au passage) dans le train ! Je lui ai dit : « certes, ça m’emmerde aussi mais ça fait quand même 60 euros d’économie ! ». Mais bon, mercredi, ma mère était d’une humeur massacrante, de toute façon.
 
Après, il y a le cadeau pour les hommes de la famille, à savoir Anthony et Yohann. Pour le premier, en désespoir de cause, je lui ai offert un livre sur la pêche, sa passion (chacun son truc…). Ma mère avait pensé à une boite à outils mais le gentil vendeur de castorama (rien à en tirer, ma mère m’a cassé le coup direct en disant : « bonjour, je cherche un cadeau pour le copain de ma fille »…avec moi à côté !) lui a fait remarquer qu’offrir une boîte à outils à un mec, c’est comme offrir un fer à repasser à une femme… Du coup, elle lui a payé une montre de course qui mesure les battements de cœur et je sais pas quoi car il s’entraîne dur pour devenir pompier de Paris (et c’est pas facile !). Pour Yohann, grosse panne d’idée, Alice est avec moi sur le coup. Le problème étant que Yohann était au fond du trou début décembre, en pleine dépression donc que lui offrir ? Il ne faut surtout pas se planter. Au début, j’avais pensé à deux passeports pour Disney, histoire qu’il se détende un peu mais il y a peu, il voulait tout plaquer pour aller vivre dans une ferme, donc non. Des vêtements, trop classique. Des livres ou des CD, mais lesquels ? Des lampes, on lui en a déjà offerte une pour son anniversaire, un beau stylo, il écrit pas… Bon, finalement, ce sera un immense bougeoir (plus grand que moi), le livre de Yann Arthus Bertrand et une petite sacoche pour sortir (on y met un paquet de clopes et un portable, c’est tout).
 
Pour ma sœur, là, c’est facile. J’aime bien faire des cadeaux à ma sœur : c’est l’occasion de lui montrer que je l’aime bien quand même, même si on est pas proche. Après un Palm trouvé à moindre prix sur ebay, j’ai eu une idée : des savons en forme de carrés de chocolat dont parle Cosmo. Vu que ma sœur est perpétuellement au régime, voilà du chocolat qu’elle peut consommer à volonté ! Je me rends donc chez Sephora mais y en a plus, pas plus que du sublime éventail rose de chez Chantal Thomas. Je fais tous les Sephora qui se dressent sur mon passage, rien, rien, rien. Donc à la place, je lui achète des « sucres effervescents » pour le bain, des berlingots pour le bain aussi et des trucs du genre et je mets ça dans une jolie boîte ! Bon, en emballant la boîte tout à l’heure, je l’ai ouvert : eurk, ça pue le magasin de parfum, là dedans ! Ben oui, toutes ces odeurs délicieuses qui se mélangent, c’est un peu trop fort…
 
Je vais commettre un meurtre!
Mais le plus chiant dans ces périodes, c’est pas de trouver les cadeaux, c’est de les acheter. Je suis profondément misanthrope et agoraphobe : je déteste l’homme quand il se déplace en troupeau. Parce que, déjà, en temps normal, y a toujours un lourdingue qui marche à deux à l’heure devant vous et qui ne marche même pas droit, ce qui fait que chaque dépassement se termine en collision : « non mais vous pouvez pas faire attention ! » Et toi, tu peux pas passer la seconde et tenir ta droite ? Mais à Noël, ils sont tous dehors ! Par exemple, j’ai eu droit à la bonne femme qui téléphone devant un rayon, pile devant ce que je voulais donc je me pose poliment à côté : « excusez-moi…excusez-moi… » Bon, ben tant pis, je bouscule, elle avait qu’à appeler ailleurs. Non mais ça m’horripile cet égoïsme ! J’ai beau exprimer le fait qu’elle me dérange de façon polie, elle feint de ne me voir ni ne m’entendre… Et ils sont tous comme ça ! Donc faire mes courses de Noël, ça me rend généralement de mauvaise humeur parce que non seulement je ne trouve pas ce que je veux mais en plus, je peux mesurer la connerie de l’individu en société. Moi, je ne demande qu’une chose : en finir au plus vite.
 
Outre ces courses horripilantes (d’autant que quoi qu’on fasse, on a toujours un cadeau de dernière minute à faire, genre un peigne…), ce que je déteste, c’est l’emballage cadeau. Je suis nulle pour faire les paquets, c’est désespérant. Chaque année, on se moque de moi : « ahahah, il est trop bizarre ce paquet, il y a du scotch partout, c’est de Nina, ça ! » Oui ben l’an prochain, je les cacherai dans la maison comme ça, y aura quand même la surprise mais pas de paquet. Faut dire aussi que les papiers cadeaux sont de plus en plus merdiques, l’an prochain, j’achète du papier kraft ! Donc, cet après-midi, atelier emballage, je perds trois fois le ciseau par minute, j’ai pas coupé assez de papier donc je rajoute une chute pour pas que ça se voit, je frise le ruban (ça, ça m’amuse), je coupe, je scotche, je soupire. Le livre de Yohann, y a le prix inscrit sur la couverture. Mais qu’ils sont chiants les éditeurs à faire ça ! Surtout ce livre là, c’est clairement pour un cadeau ! Donc un coup de marqueur pour cacher le prix. On emballe, on écrit les initiales sur le paquet, on met sur
le côté… Ai-je bien enlevé le prix ? Merde, au moment où j’écris cette phrase, j’ai un doute sur le cadeau d’Alice, je crois que j’ai laissé le prix sur la boîte. L’an dernier, ma mère, très en forme, avait laissé le prix sur tous mes cadeaux ou presque… Hum ! A un moment, j’ai une idée : et si j’utilisais les chutes de papier cadeau pour faire des faux bonbons pour mettre dans la boîte d’Alice pour accentuer le côté « gourmandises » ? Je vais chercher des boules dans le jardin, j’en fais un…deux… Non, c’est une mauvaise idée.
 
Voilà, ce soir, j’ai presque fini, sauf mon peigne, et c’est tant mieux. J’ai passé la semaine à faire ces foutus courses. En plus, en général, cette période pré-fête est particulièrement tendue chez moi, tout le monde ayant un cadeau de dernière minute à faire, etc. Heureusement, on se réconcilie tous devant le sapin quand on ouvre les cadeaux… Mais ça, j’en parlerai dimanche.