On va forcer ton outing !

Il y a des moments où les Twitterers m’epuisent. Tout commence par le twitt de je ne sais plus qui declarant que Martine Aubry était lesbienne. Aussi sec, une ultra
militante de la cause gay hurle au scandale : »il faut la forcer au outing puisqu’elle n’a pas les couilles de le faire! » Et la, je découvre l’univers magique des outing forces : gare à toi si tu caches ton homosexualité, on va tout dévoiler !

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Décollons nous du cas particulier Aubry, d’autant que son homosexualité reste à prouver, et examinons le processus d’outing forcé dans son ensemble. Partant du principe que les homos ne devraient pas avoir honte de leur sexualité, il faut forcer ceux qui le cachent à sortir du placard comme ça, on verra qu’il y a plein de gays et lesbiens ! Alors sur le papier, comme ça,  ça a l’air super mais dans les faits, ce n’est ni plus ni moins qu’une chasse aux sorcières et là, je dis non. Oui, c’est mal de mentir à son entourage en se prétendant hétéro alors qu’on est gay et ceux
qui font leur coming out font preuve de courage. Seulement la sexualité relève de la vie privée et ne regarde personne.

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Allons au-delà de cette première constatation. Nos amis pro-outing vont donc enquêter sur vous et malheur à vous si vous fricotez avec un camarade du même sexe. Notons d’ailleurs que la bisexualité ne semble pas exister dans ce cas. Si t’es bi, c’est que tu es homo, point. Donc ces personnes bien intentionnées vont faire ton coming out, t’avais qu’à pas mentir d’abord, faut assumer maintenant !

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Binaire le raisonnement ? J’ai presque envie de dire primaire. Ah, ce serait merveilleux un monde où le fait d’être homo ou hétéro ne pose aucun souci, qu’il n’y aurait pas besoin de sortir du placard vu qu’on n’aurait pas à y entrer, qu’on puisse avoir une maison Barbie avec 2 Barbies ou 2 Ken parce qu’on apprendrait aux enfants qu’une famille n’est pas forcément papa+maman et on pousse le rêve jusqu’à trouver normal que Barbie et Barbie ou Ken et Ken aient des enfants parce qu’ils pourraient adopter. Sauf que la réalité est bien plus complexe que ça. Pourquoi une personne lambda cache son homosexualité ?  Et bien, surprise, ce n’est pas forcément par lâcheté ou honte, il n’y a pas qu’une explication. Du coup, cette irruption dans une vie privée  qui n’est pas notre me choque. C’est un peu facile d’aller punaiser des rainbow flags sur des portes et se laver totalement les mains de ce qu’il va se passer ensuite car « c’est sa faute d’abord, il a menti ». Menti ? Par mentir, tu veux dire ne pas tenir au courant la terre entière de son homosexualité. Ah ok…

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Ici, ce qui m’énerve le plus, c’est la sensation que ces pro-outing jouent contre leur propre camp. Imaginez vous être gay ou lesbienne, ne pas savoir trop comment l’annoncer, vous poser des questions sur la manière de faire, si ça va choquer maman…  Bref, j’en suis à me poser des questions, sans trop savoir vers qui me tourner quand arrive un inconnu ou presque qui va crier sur la place publique que je suis lesbienne. Je n’aborderai même pas la question des « preuves », tiens. Alors c’est sûr que mes questions existentielles sont réglées mais faut pas enlever
le sparadrap sur une plaie purulente, sinon, ça s’infecte. Je ne dis pas que l’homosexualité est une plaie purulente, ma métaphore est boiteuse, je dis par contre qu’une fois qu’on m’a outée, je me retrouve aussi seule qu’avant et je n’aurai peut-être pas forcément envie de me rapprocher d’associations gay & lesbiennes pour me faire aider, au vu de ce qu’il s’est passé. Je ne suis pas naïve, je sais que le militantisme ne fait pas forcément dans la dentelle. Par exemple, le MLF s’est amusé à balancer du sang et de la bidoche crue sur un médecin anti avortement pour
illustrer qu’un fœtus, ce n’est qu’un tas de chair (ou un truc du genre, je ne sais plus bien). C’est pas délicat pour un sou mais la différence, c’est que le MLF défendait un choix, celui de garder ou non un fœtus peu développé. Là, on t’impose quelque chose, on te force à vivre ta sexualité sur la place publique et c’est ça qui m’énerve. Et si une association pro libertine allait annoncer publiquement qui va en club libertin ? Ou une association pro polyamour qui irait révéler que quand vous dites à votre femme que vous êtes en réunion, en vrai, vous sautez l’instit de votre fils ? (la secrétaire, c’est trop cliché). Ok, j’exagère, je l’admets mais l’idée reste la même : la vie privée d’une personne ne regarde personne. Si une personne choisit de ne pas dévoiler publiquement son homosexualité (mais est-ce que ça sous-entend réellement qu’elle est totalement dans le placard ? Ne garde-t-il pas cette information juste pour ceux que ça regarde ?), où est le problème ? Etre homo, c’est forcément s’habiller en tafiole un jour de gay pride ou en semi camionneuse à cheveux courts ? On peut pas sortir du cliché un peu ? Dans mon ancien taf chez TGGP, il y avait plusieurs gays, deux qui l’affichaient ostensiblement et un troisième qui n’en parlait pas particulièrement mais ne le cachait absolument pas.
Juste qu’il n’avaient pas besoin d’hurler qu’il était gay toutes les deux minutes pour se sentir bien et j’ai envie de dire tant mieux parce que je m’en fous. Ca ne me regarde tout simplement pas.

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Bref, de mémoire, la chasse aux sorcières n’a jamais rien donné de bon. Et je pense que ces pro outing sont en train de se tirer une belle balle dans le pied… 

Qu’il est bon d’être déraisonnable

Comme je l’avais annoncé, l’année 2009 continue son show et je suis tellement en zone de turbulence que je préfèrerais limite le crash une bonne fois pour toute histoire de respirer un peu. Métaphore foireuse, je le concède. Mais bon, vu qu’il reste encore 41 jours que je suis bien obligée de les subir en attendant 2010, je deviens déraisonnable.

Suite à ma période alcoolique d’il y a quelques années, j’avais une certaine aversion pour l’ivresse et ne buvait que de façon occasionnelle. Ce qui me rend d’ailleurs très sensible à l’alcool. Pour peu que je sois fatiguée, un Martini et je ne sais plus comment je m’appelle, pour dire.

Seulement, ces derniers temps, ma consommation d’alcool a pas mal augmenté. Déjà un peu cet été suite à de nombreuses rencontres à caractère sexuel qui impliquent parfois un premier verre. D’ailleurs, il est étonnant de constater que je marche beaucoup plus facilement avec mes chaussures compensées avec 3 mojitos dans le baba. Et que l’alcool me rend excessivement affectueuse ce
qui avait donné une scène hallucinante (et très drôle cet été). J’étais dans un bar avec un jeune homme (j’ai baissé mes exigences en terme d’âge de mes amants, je tape dans le jeune vingtenaire maintenant. Ma propre angoisse de la trentaine ?) quand une dame pas bien plus sobre que moi commence à me parler pendant que le jeune homme paie (6 mojitos, il a la classe). Elle me raconte deux ou trois conneries quand soudain, elle se tourne vers mon compagnon « elle vous regarde avec les yeux de l’amour, elle est très amoureuse de vous, c’est beau ! ». Comment dire ? Le connaissant depuis environ 4h, je vais avoir du mal à être transie d’amour. Par contre, la myopie (et l’alcool) rendant le regard trouble, ça explique des choses.

 

Bref, ma consommation d’alcool en ce moment devient de plus en plus régulière mais j’ai de bonnes raisons (que j’expliquerai un jour, rassurez-vous… ). Et en plus, j’ai ma cops de beuverie, ma chère et tendre Vicky. Un petit exemple de nos vies dépravées du moment.

Un jeudi soir : on se retrouve à Opéra, on découvre un bar trop bien qui a un concept d’happy hour très élastique (c’est-à-dire que s’il s’arrête officiellement à 20h, une commande prise à 20h50 est encore en happy hour). Au bout d’un mojito pour moi et de deux pour elle (elle avait pris de l’avance), on se retrouve dans la rue à rigoler sans bien savoir pourquoi.

Le lendemain soir : on se fait un apéro virtuel : chacune avec sa vodka chez elle (la mienne était à la fraise, je vous conseille), on papote en rigolant et en commençant à mélanger les lettres (voire un peu les mots). Un train demain matin, faut que je me lève à 6h30 ? Ah, oups, c’est vrai !

Mercredi de cette semaine : Après une virée H&M où on a rigolé très fort du rayon déguisement (ah non, pardon, über tendance), on a récupéré une Sweet Ange et retour à notre bar fétiche. Et on a rigolé très fort.

Jeudi (hier) : Mango, re H&M (re-rigolade, on n’avait pas tout bien vu), re notre bar. On est repérées puisqu’en partant, la serveuse a dit « A très vite », ce qui nous a un peu terrorisées. Mais est-ce réellement notre faute si leur basil mojito est juste fameux ?

Et encore, je ne vous parle pas du resto avec Simon et Ioulia avec apéro et vin. Là où je suis franchement déraisonnable, c’est que je suis actuellement sous anxiolytique donc je ne devrais pas boire mais j’avoue que le sérieux, là, je vais m’en passer. Ces soirées sont ma bouée, mon shoot de bonne humeur et c’est juste une question de survie (je pompe des paroles, là, je sais). Et ce week-end, on champ’ un petit coup. Promis, dès que les turbulences se sont calmées, je redeviens sage.

Ah oui, faut aussi que je reprenne un peu mes orgies sexuelles, ça me détendra. (ou pas, j’ai surtout envie de dormir avec toutes ses conneries).

NB : Je sais que ça partira d’un bon sentiment mais ce n’est pas trop la peine de me dire que c’est mal les mélanges anxiolytiques et alcool, je le sais puis j’espère très vite ne plus en avoir besoin (des anxio, j’entends)

NB bis : un clip nase mais vu que j’ai plagié les paroles…

Tiens, j’avais jamais réalisé que ce clip était un peu une vilaine copie de celui des spice girls qui se passait dans le désert…

Qui me parle ?

Je vous avais expliqué il y a quelques temps que j’attirais naturellement les gens, que ma bonne tête donnait souvent envie à des inconnus de me parler. Seulement, il est assez curieux de constater qui sont ces inconnus (hors tentative éventuelle de drague) qui me parlent. La prise de contact est souvent faite par ceux les moins aptes à priori pour le faire.

Laissez-moi vous conter quelques anecdotes. La première a eu lieu quelque part à la fin du printemps alors que j’étais à la piscine en train de faire quelques exercices. Tout à coup, un mec se plante devant moi et commence à me singer. Je le regarde, un peu hébétée, me demandant s’il a le culot de se foutre de moi. Mais je réalise ensuite que cet homme est sourd muet et à chaque fois
qu’il repasse devant moi, il recommence son imitation mais pas du tout pour se moquer de moi, au contraire, il m’encourage. Autre exemple, vendredi soir. Après une mission professionnelle réussie, je rentre chez moi à des 1h30 du matin (ok, cette précision sert essentiellement à faire mon Calimero). Je saisis mon pénible Ada ou l’ardeur de Nabokov et au bout de deux minutes, je lève les yeux au ciel et la fille de l’autre côté de l’allée se penche vers moi « Il est bien ton livre ? ». Elle parle avec un accent étrange que j’aurais dit hispanique mais vu comme elle était calée en littérature russe, j’ai un doute. Je lui explique que non, il est terriblement pompeux, on parle un peu Nabokov, Tolstoï, Dostoïevski, je lui conseille Moravia et je dois descendre car c’est mon arrêt. 5 mn après, je me dis que je suis con de pas lui avoir filé ma carte (oui, j’ai une carte maintenant) mais s’il le faut, elle ne vit même pas à Paris. Ouais, j’aime bien l’idée de me faire de nouveaux potes tout le temps. Comme ça, après, j’ai plus le temps de voir personne. Troisième anecdote (et après j’arrête) en attendant le bus. Toujours avec Nabokov et toujours relativement inattentive, ce qui me permet d’assister à une scène qui ne me concerne pas. A ma gauche, un jeune couple avec un bébé qui fait un caprice(ça m’effraie de reconnaître les cris de caprice de bébé). A ma droite un monsieur d’une soixantaine d’années. Le monsieur s’intéresse rapidement au bébé, lui donne un bounty et parle un peu aux parents. Il n’a pas de voix, un peu comme s’il avait subi une trachéotomie. J’ai beaucoup regardé Urgences. Bref, le monsieur parla au jeune couple et montra même les photos de ses enfants ou petits enfants (je suis pas sûre, je faisais semblant de lire).

Bref, ces trois anecdotes ont un point commun : le premier pas est fait par celui dont la communication sera plus difficile soit par un problème physique soit car sa langue n’est pas la même. Ca interpelle quand même. Pour l’étrangère, à la limite, si c’est une touriste, ça peut un peu expliquer : en vacances, on est détendus, plus open. Mais même si on peut suggérer des raisons pour chaque cas, il n’en reste pas moins cette incongruité : le pas vers l’autre est fait par le cul de jatte (métaphore). Il est vrai qu’en général, dans mes transports quotidiens, où je fais l’autiste dans mon bouquin ou l’Ipod vissé sur les oreilles (voire les deux) soit j’établis une connivence par le sourire s’il se passe un truc genre « hé toi, on se connaît pas mais on vient de voir un truc rigolo, rions ensemble ! ». Mais je ne parle pas aux gens, je ne leur demande pas si leur livre est bien, ce qui peut être en soi une grande erreur. Parce qu’il est vrai que je suis un peu indifférente, que je ne suis soit pas réveillée, soit que je rentre d’une journée de travail et que je suis un peu fatiguée. Je ne refuse pas les dialogues qui se présentent à moi mais je ne les lance jamais. Pourtant des fois, c’est amusant d’échanger un peu avec un inconnu. Je me souviens d’une fois où ayant passé une cigarette à une fille, nous avons papoté vingt bonnes minutes à nous raconter notre soirée. Il y a aussi eu l’homme au briquet qui me tint compagnie pendant 10 minutes un jour de septembre 2006 (je crois). Après coup, à chaque fois, je me dis que je suis con de ne pas avoir demandé un moyen de se recontacter mais finalement, ces petites rencontres incongrues ne sont-elles pas faites pour rester éphémères ?

Mais j’apprends. Peut-être devrais-je parfois parler aux gens. Gratuitement. Pas tout le temps non plus mais juste des fois. Sans doute me ferai-je parfois envoyer balader car les gens n’aiment jamais le métro et ont toujours hâte d’en finir, moi la première. Sauf le bout de la ligne 6 en extérieur, je l’aime toujours autant malgré les musiciens qui viennent systématiquement rajouter dans le cliché France=accordéon. A ce sujet, j’ai lu un jour que ces gens qui font la manche dans le métro jouent un Besame mucho à toute vitesse, comme si leur vie en dépendait. J’ai trouvé ça très vrai mais c’est ennuyeux, je n’ai aucune idée d’où ça sort. Si quelqu’un peut m’éclairer, je ne suis même pas sûre que ce soit dans un livre, peut-être sur un blog ? Mais pour en revenir à nos moutons, ces petites virgules de vie, ces dialogues éphémères et impromptus me mettent systématiquement de bonne humeur justement parce qu’ils sont inattendus, on ne sait pas ce que ça donnera. Un rapide conseil de littérature, un encouragement dans mes exercices…

(c)Nicoddem

Maintenant, il ne me reste qu’à trouver une porte d’entrée pour parler aux gens…

La vie est un chaud-froid permanent

Normalement, aujourd’hui, je devais vous parler de choses ou d’autres, de baiser ou de déménagement, j’avais pas encore décidé mais tout était écrit. Sauf que j’ai écrit ma prose durant mon week-end Center Parcsien et hier soir, en rentrant, je n’ai pas eu le courage de me connecter au web. Et ce matin, j’étais trop à la bourre pour les récupérer donc on va se lancer dans une belle impro. Et en plus, j’ai pas mes lunettes laissées sur le bord du lavabo donc je ne vois pas bien ce que je tape.


Forrest Gump disait que la vie était comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Ce qui est globalement faux car moi, les chocolats, je les trie et je laisse ceux que je n’aime pas. Alors que dans la vie, t’es obligée de prendre le bon comme le mauvais sans jeter discrètos ce qui est vraiment dégueu et gâche un peu la fête. Genre on est en train de siroter un délicieux champagne Ruinart qui pétille délicieusement sur ma langue et stimule les papilles et là, vlan, je croque un chocolat qui a un goût bien aigre qui fait pleurer ces mêmes papilles. Je déteste les goûts aigres. Foutu chocolat, j’irais bien taper celui qui me l’a donné. Sauf que sans métaphore, je ne tape pas les gens et je ne chie pas non plus sur leur bureau. Quoi que bientôt, une nouvelle minute de violence gratuite sur ce blog, je vais en avoir bien besoin.


Bref, tout ce que je raconte est obscur et flou, et pas uniquement pour moi qui écris sans lunettes. Tout s’expliquera rapidement, du moins pour le champagne car pour le chocolat aigre, je pense que ça va se finir dans un tribunal donc je préfère ne pas trop en parler pour le moment des fois que… Bon, ça serait bien le diable que comme de par hasard, les personnes incriminées lisent ce blog mais je fais gaffe, je veux gagner car j’en ai un peu marre d’être prise pour une pigeonne par des malhonnêtes.  Mais que de démarches et paperasses en perspective…


Bon, au final, j’en conclus quoi ? Qu’il ne peut pas y avoir de période totalement heureuse sans gros chocolat aigre (car celui là est quand même de belle taille) ? Que j’ai intérêt de profiter de toutes les bonnes nouvelles car y a de la mauvaise qui arrive derrière ? Et vice et versa, à la limite, serre les fesses en attendant la bonne nouvelle qui suit la mauvaise ?

Quoi qu’il en soit, j’aimerais bien que juste pour une fois, on arrête de me gâcher mes bonheurs surtout que vu ce que j’ai vécu récemment, j’ai besoin de bonnes
nouvelles à savourer sur du long terme. Et éventuellement de casser quelques dents.

Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne

C’est pas juste ! Déjà enfants, on percevait à quel point la vie n’était pas toujours tendre avec les gentils et que parfois, les méchants gagnaient haut la main. Longtemps,j’ai laissé ma rancune et mes désirs de vengeance de côté, me disant que la vie finirait par me venger car on ne peut pas s’en tirer quand on est un beau salaud. Ou salope, au choix.
Maintenant, je suis (hélas) adulte et j’ai bien compris que ça ne marchait pas toujours comme ça.

 

Comme tout un chacun, j’ai des principes et des règles. En un mot, je peux tout faire tant que je peux encore me regarder dans une glace. Je me bats dans la mesure de mes moyens pour faire mon petit bonhomme de chemin mais quand je vois les routes que prennent d’autres qui finissent par me passer devant, j’ai comme un sale goût dans la bouche. Peu importe le mérite, vaut mieux parfois la combine.

Est-ce que vous vous souvenez du maillon faible, le jeu de Boccolini ? Je trouve que c’est une assez bonne métaphore de la société finalement : ce n’est pas le meilleur qui gagne mais celui qui a été assez malin pour se faire discret jusqu’à ce que ce soit son heure. Si on prend l’exemple de la politique française, c’est carrément ça. Prenons nos deux candidats du second tour, Nicolas et Ségolène. Honnêtement, à l’heure actuelle, je ne sais pas lequel je méprise le plus tant je les trouve aussi minables l’un que l’autre. D’un côté Ségolène qui s’est incrustée en cours de route alors que les éléphants du parti s’étaient épuisé sur le référendum européen et qui a remporté tranquillement la mise. Plus d’un an et demi après, j’en pleure
encore. A droite, Sarko qui reste quand même un phénomène : il n’était ni le plus beau, ni le plus intelligent, il avait son lot d’ennemis, les journalistes le détestent et le descendent régulièrement, malgré le mythe de la presse complice. Je dirais même que Sarko, il est globalement un peu crétin et que s’il n’avait pas de beaux discours écrits par des mecs un peu plus évolués, il ne serait rien de rien. D’ailleurs, y a qu’à voir les résultats dès qu’il improvise, le « quand y a des grèves, personne ne s’en aperçoit », j’ai un peu envie de lui suggérer de vivre ma vie une semaine en période de grève qu’on rigole. Et encore, je dis ça, je suis vraiment pas la plus pénalisée dans l’histoire.

Je parle politique mais c’est partout pareil. Bien sûr, il y a un facteur chance : être là au bon endroit et au bon moment, ça aide énormément. Mais honnêtement, est-ce que personne ici n’a été dégoûté par une promotion, une carrière fulgurante qu’a eu quelqu’un d’objectivement moins doué que nous. Et oui mais le talent, ça ne suffit pas, faut aussi
savoir tirer les bonnes ficelles. Prenons par exemple le monde de la télé. Quand Audrey Pulvar, la présentatrice antillaise du 19-20 de France 3 qui est une belle femme même si elle s’économise pas mal sur le sourire, explique sur le plateau de Pif Paf que le directeur de LCI lui a dit clairement « tu es très douée et compétente mais elle, elle est plus jolie que toi donc c’est elle qui l’emporte », ça démange un peu. Si je prends Melissa Theriau, elle n’a pas de diplômes de journaliste, elle a un niveau inférieur au mien mais elle a sa belle gueule et la voilà propulsée présentatrice de Zone Interdite. Bon, franchement, je m’en fous vu que la télé ne m’a jamais intéressée (du moins pas la présentation d’un JT) mais je peux comprendre qu’une fille parfaitement formée, très compétente mais moins jolie l’ait un peu en travers de la gorge.

Moralité : en fait, il n’y en a pas vraiment. Ca fait partie du jeu et on n’y peut rien. Mais je pense que plutôt que de maudire dans son coin celui qui a mieux réussi en prenant des chemins détournés, il faut aussi se remettre en question et se bouger le popotin. Notre premier et seul allié dans une ascension sociale, c’est nous mêmes et il est tout à fait possible de tirer des ficelles sans pour autant se dégoûter soi même. Alors au lieu de vomir sur celui qui nous a grillé la politesse, on regarde comme il a fait et on retient la leçon : ça nous servira forcément un jour ou l’autre.

Et comme je m’en lasse pas :

Les femmes sont que des connasses à préférer les connards

En août 2005, j’avais écrit un article « les femmes préfèrent les connards » qui reste une référence puisque je reçois de temps en temps des commentaires de mecs aigris qui me traitent un peu de tous les noms à ce sujet. La palme revint à un commentateur qui disait, en somme « je sors pas, rien ne m’intéresse, j’ai un taf de merde et vous n’êtes que des connasses de ne pas vous intéresser à moi ». Bah, tiens, j’ai que ça à faire de ma vie d’aller sonner à toutes les portes pour aller draguer des no lifes…

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Le problème des hommes est, grosso merdo, le même que celui des femmes, à savoir « mais pourquoi il/elle chope tout ce qui bouge alors qu’objectivement, je suis mieux ? Faut-il vraiment être un connard/une connasse pour séduire ? Ca me désespère ! ». Alors rassure-toi, c’est pas ça du tout. Mais en matière de séduction comme en tout, faut savoir se vendre et c’est tout. Dans le travail, par exemple, s’il y a une promotion à filer, à qui la donnera-t-on ? A celui qui fait son boulot dans son coin ou à celui qui fait son boulot et sait faire remarquer qu’il le fait ? Dans un supermarché, tu achèteras plus facilement le produit en tête de gondole ou celui planqué tout en haut des étagères ? Bah moi, du haut de mon mètre 57, le dernier niveau des étagères, je le vois même pas. Oui, ma métaphore est pourrie mais tu vois l’idée.

Souvent, ceux qui ne séduisent pas se définissent comme des personnes « gentilles ». C’est fou comme un adjectif à la base laudatif est limite devenu une insulte aujourd’hui. « Machin ? Ouais, il est gentil ! ». Sous entendu j’apprécie sa compagnie mais sans plus. Voire même machin, il est un peu limité du QI… Oui, être gentil, aujourd’hui, c’est pas une qualité et c’est tout. Mais est-ce réellement ma faute ou celle de n’importe quelle fille ? Hé non, mon gars (ou ma fille, ça marche dans les deux sens). Crois-moi, quand on cumule les échecs, c’est bien que quelque part, on est en cause.

Les femmes ne préfèrent pas forcément les connards, en fait. Ce qu’aiment les femmes, ce sont les hommes affirmés. Tu vois, moi, j’ai une vie à mener, la mienne. Il est donc hors de question que je doive en plus porter mon mec à bout de bras car il se laisse tranquillement porter par le mouvement et si on lui fout pas des pieds au cul, il ne bouge pas. En général, le mec « gentil » est à peu près aussi actif et volubile qu’une plante verte. Passer la soirée avec un mec « gentil » consiste en un long monologue de ma part ponctué de quelques « ouais, je suis d’accord » de sa part. Mais ça fait rêver qui, ça ? J’aime bien avoir raison mais j’ai envie que la personne face à moi me donne aussi quelque chose. Je ne parle pas de Culture avec un grand C mais j’aime partager ma soirée avec quelqu’un qui a des passions même et surtout si ce ne sont pas les mêmes que les miennes. Honnêtement, tout est potentiellement
passionnant si la personne est motivée par ce qu’elle raconte. Par exemple, Gabriel a réussi à m’intéresser à la soudure quand il m’en a parlé alors qu’à priori, c’est un sujet qui me passe à des kilomètres au dessus de la tête. Il m’a un peu expliqué les différents types de soudure et j’ai écouté avec attention. Il n’est pas difficile d’avoir du charme, de la présence, à condition d’y mettre un peu du sien. Ca ne sert à rien d’appliquer des techniques de drague à la mord moi le nœud genre « la drague systématique et infaillible » parce que franchement, un mec qui me sort un plan drague éculé, c’est aussi rébarbatif qu’un mec sans personnalité. Etre naturel, ben ouais, c’est le secret même si c’est méga naze comme conseil vu qu’on le dit tout le temps.

Mais c’est tellement vrai, au fond. Les mecs qui m’intéressent, c’est finalement pas forcément les plus beaux ou les plus grandes gueules mais ceux avec qui je peux passer quelques heures à discuter sans voir le temps passer et qui me fait quand même comprendre que y a une ouverture. Donc la carte de « je suis ton pote », c’est vraiment pas à faire. Bref, les« mais aucune fille ne s’intéresse à moi parce que je suis gentil », je veux bien mais faudrait voir à pas me le reprocher non plus, il n’en tient qu’à nous de se sortir un peu les doigts du cul. Et ça marche aussi pour les filles. Si on ne fait rien du tout, faut pas s’étonner que l’objet de notre affection ne fasse aucun pas vers nous. Sans sauter dessus, indiquer son intérêt et se montrer sous son meilleur jour, ma foi, c’est quand même pas si compliqué.

Ah, au fait, je démissionne

Bon, voilà, je l’avais promis, le voici, l’article sur « au fait, c’est comment qu’on dit qu’on démissionne ». Dans l’épisode précédent, j’ai trouvé du taf en
cachette. Maintenant, je dois annoncer ma démission, j’ai signé le contrat avec ma nouvelle boîte, je n’ai plus le choix… Quel stress.

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En ce mardi matin gris (enfin, je crois, j’avoue que je me souviens pas mais ça fait plus ambiance), je signe mon contrat, toute contente oui mais voilà ; je dois rompre et vite de l’autre côté. Alors, les ruptures amoureuses, j’ai toujours été nulle, ça a toujours été du spontané, du « j’explose », du « j’avais pas prévu de rompre là maintenant de suite mais c’est parti, ça se passe mais on reste pote hein ? ». Surtout que là, c’est pas comme si notre relation était en déclin, je ne faillais pas à la tâche, je répondais quand on parlait de notre « nous » futur. Même si mon regard se détournait. Puis notre liaison était partie pour durer longtemps et moi, au bout de 6 mois, je pars, ça fait mal.

Bon, j’arrête la métaphore genre liaison fatale, c’est lourd. Donc mardi, j’arrive, je dois en parler à Philippe, Nina (ma boss, pas moi, hein) étant en vacances. Le
problème, c’est que Philippe partage son bureau donc pour parler, c’est pas le top donc je dois le choper à sa pause clope. J’arrive, il part quasi aussi sec fumer mais là, je suis pas prête, j’attends la suivante.
11h. 11h30. 11h45. Non mais depuis quand il fume plus toutes les demi heures ou presque? Ah tiens, mon téléphone sonne, ma maman, je sors téléphoner « Ca c’est passé comment ? – Ben, j’ai signé un papier… ». Alors que maman et moi on papote, voilà Philippe donc j’abrège la conversation. Un, deux, trois, c’est parti !

« Philippe, je peux te parler de façon très officielle ?

– Oui bien sûr
– Je démissionne »

Méthode sparadrap. Il tire un peu la gueule puis me dit de voir ça avec Claude, mon collègue à l’animation. Et c’est reparti. « Claude, je démissionne ». Re
schrackkkkkkk ! Bon, je lui explique un peu l’histoire, lui dis que je pars chez TGGP. Dans l’après-midi, je lui donne ma lettre de démission « envoie la par recommandé, au cas où ».

Bon, Philippe et Claude au courant, comment on l’annonce aux autres ? Comme ça, entre le fromage et le dessert ? Ben non, ça ne se fait pas, je vais attendre le
moment idéal. Mais en fait, j’ai pas eu à attendre longtemps. Le lendemain, Sébastien vient s’asseoir à côté de moi et me demande « dis, c’est quoi que j’ai entendu hier, tu pars ?

– Ben oui…
– Oh non, je veux pas ! »

Bon, Sébastien et Yohann sont au courant. Après le déjeuner, c’est Guillaume et Farid « alors, tu t’en vas ? ». Bon, ben voilà, tout le monde va être au courant en moins de 2… Du coup, à la question, Guillaume avait-il entendu ma conversation dans le métro, la réponse est officiellement non « parce que j’avais pas vu que c’était toi avant qu’on descende ». Donc maintenant, tout le monde sait, sauf Rémi qui apprend ça à son retour de vacances. Globalement « ah non, c’est nul que tu partes mais bon je comprends. Hein, t’es remplacé par un mec ? Putain, non ! » Ah, merci, les gars, je suis contente de voir que mon départ vous navre. Mais c’est la vie.

 

Maintenant, parlons de la lettre de démission. Quelle connerie à écrire ce truc. Alors, je pourrais faire une version destructive à la Sidji mais bon, moi, la boîte, je l’aime bien alors je vais plutôt faire lettre de rupture façon drame romantique :

« Chère boîte,
 

Cela fait maintenant 6 mois que nos destins se sont croisés en ce beau matin d’avril. Dès le premier entretien, je sentais que nous allions vivre une belle histoire et je ne me trompai pas. Une demi année de fol amour, sans crise, sans accroc. Tout aurait du être parfait si ce n’est que je t’ai trompée. Oui, j’ai côtoyé une autre entreprise à l’occasion d’une poignée d’entretiens et de coups de fils. Je ne voulais pas te quitter, tu sais, c’est elle qui est venu à moi, me tentant terriblement et je n’ai pu résister. Aujourd’hui, je te quitte.

 

Ce n’est pas toi, c’est moi. C’est elle, c’est nous. Tu sais, j’ai toujours eu une grande estime de toi mais je savais que notre histoire ne durerait pas toute notre vie, tu le savais aussi, mais je pensais que nous resterions ensemble plus longtemps. Mais c’est la vie.

 

Remets-toi, je sais que tu me trouveras vite un remplaçant. Bien sûr, ce ne sera pas tout à fait pareil mais ce sera peut-être mieux, va savoir.

 

Ne m’en veux pas car au fond, je t’aime et je te souhaite le meilleur

 
Nina »
 

Ouais, c’est con, on peut pas envoyer ça. Ceci étant, la lettre recommandée a été posée sur mon bureau y a une semaine et elle y est toujours, personne ne me l’ayant demandée… Mais bon, de mon côté, y a pas de soucis, j’ai l’accusé de réception ! La prochaine fois, je vous parlerai du match loyauté contre opportunisme.

Où trouver un homme (de préférence bien)

(version audio en fin d’article)
Extérieur nuit, dans le métro, deux filles parlent. L’une, c’est moi, l’autre, c’est une copine, Aurélie. Nous parlons relations amoureuse et chais pas quoi. Aurélie est célibataire depuis quelques longs temps.

« Tu comprends, ça fait longtemps que je suis pas sortie avec un mec…

– Ben, normal, t’en rencontres pas.

– Ouais, c’est sûr. »

Aurélie, si elle est célibataire, c’est pas qu’elle soit conne et moche (c’est même pas le cas, en plus), c’est juste qu’elle ne rencontre pas. Parce que mine de rien, c’est pas si facile que ça de trouver un homme.

 

Bon, en ce moment, je cherche pas parce que j’ai franchement d’autres préoccupations, ce qui me permet d’écrire un article léger sur le sujet, exempt de mes angoisses existentielles. C’te chance ! Bon, alors, redevons sérieuse, où trouver un homme ? Alors j’aurais tendance à dire de suite d’oublier Meetic. Non mais sans déconner, on va pas payer je sais pas combien pour un mec qui va nous amener au resto, nous sauter et partir au petit matin sur la pointe des pieds en nous promettant de nous appeler mais qui n’en fera rien. Mais non, je dis pas que tous les mecs sur meetic sont de fieffés queutards. Juste la majorité. Le net n’est pas forcément un lieu de chasse à négliger même si beaucoup trouvent ça un peu glauque. Et pourquoi donc ? Après tout, on rencontre des gens comme dans la vie, on discute plus facilement qu’in real puis si affinités y a, pourquoi se priver ? Après tout, vous trouvez plus honteux de rencontrer quelqu’un sur un forum de discussion ou un blog car vous partagez les mêmes centres d’intérêt que dans une soirée où vous et votre cible vous retrouvez à parler de choses qui vous passionnent ? Evidemment, sur le net, les rapports sont inversés : on s’intéresse à la prose avant de voir le physique alors que quand on croise quelqu’un en vrai, on le voit avant de l’entendre.

Mais éteignons notre ordi et allons voir dehors. C’est une métaphore, attends au moins la fin de l’article avant d’éteindre ton ordinateur, quand même. Bon, on va éviter les boîtes parce que moi, je trouve ça plus glauque de se débusquer un mec en boîte que sur meetic. Parce que sur meetic, quand le mec vous parle, y a quand même 9 chances sur 10 que le gars soit tout à fait sobre alors que c’est la proportion inverse en boîte. Oui, y a 1 mec sur 10 de sobre, ça s’appelle un « capitaine de soirée ». Non, allons dans la rue, plutôt. L’homme peut être partout mais il est difficile à trouver. Un homme séduisant dans la rue, y en a des caisses, surtout en ce moment. Ou alors, c’est moi qui ai les hormones au plafond, je sais pas. Seulement, un homme séduisant, on ne sait pas ce que ça cache derrière. Un homme bien, c’est pas juste un homme beau, il doit avoir d’autres qualités. Alors que cherchez-vous chez un homme,
mesdemoiselles ? Selon les qualités recherchées, resserrons la cible. Pour un sportif, allons faire du footing, du roller, du vélo, de la danse de salon ou de la salsa. Mais on évite la danse classique et la gym. Par contre, la salle de gym, ça, on peut. Seul souci (et de taille à mon sens) : moi, quand je fais du sport, je finis vite rouge, ruisselante de sueur, haletante et complètement décoiffée. Je préfère que l’homme ne me voit comme ça qu’après un folle brouette, voyez. En plus, il n’est pas très conseillé de se maquiller pour faire du sport, à moins de viser un amoureux des pandas.

Si vous aimez les hommes raffinés ou cultivés, la bibliothèque ou le musée paraissent être un bon plan. Oui, j’insiste sur le « paraissent ». Non parce que déjà, dans une bibliothèque, on ne parle pas. Enfin, si, moi, ça m’est arrivé. Quand je suis allée à la BNF en 2002, section recherche, suis allée manger à la cafétéria et j’ai passé le déjeuner à papoter avec un parfait inconnu mais on se draguait pas. Quant au musée, moi, quand je regarde des œuvres, j’ai pas envie qu’on vienne me parler et je suppose que je suis pas la seule. Si je suis avec quelqu’un, on commente à deux mais sinon, on me fout la paix. Bonne alternative : la librairie, ça vous permet de voir un peu ce que monsieur regarde comme livre. Sinon, regardez ce que lit le beau mec, là, dans le métro, c’est aussi une bonne indication. D’ailleurs, je me suis rendue compte que lire des mangas érotiques à couverture jaune fluo dans le métro, c’est pas forcément une bonne idée…

Quid des autres lieux ? Le boulot ? Le supermarché ? Le hall de l’immeuble ? La gare ? Tout ça et tout ça ? Ben, en fait, tout est bon et rien ne l’est en même temps. Perso, au supermarché, je vois personne et de toute façon, si je sors juste aller faire des courses, je suis affreuse, genre pas maquillée, à peine peignée, mal habillée… Quand j’ai commencé à parler avec Guillaume IV, nous savions que nous vivions dans la même ville, quasi dans la même rue et il me fait : « ahah, s’il le faut,on s’est croisés à la supérette ! » « J’espère pas », ai-je pensé. Mais non, en un an et demi, on s’était jamais croisé, l’honneur fut sauf ! Alors que la Finlandaise de vendredi, elle, elle m’a déjà vue et reconnue. Contrairement au recruteur de mercredi, je viens de percuter qu’on s’était déjà vus et même parlé, je suis dégoûtée de pas avoir percuté sur le coup. Mais revenons-en à nos moutons. Donc à priori, on peut draguer partout mais en fait, la personne sera-t-elle disponible ? Tout est souvent question de circonstances : si la personne est de bonne humeur, ça sera plus facile, sinon…

Alors où trouver un homme bien ? Ben réponse : partout idéalement mais dans les faits, c’est bien difficile de rentrer dans son espace et de lui faire part de notre existence. Dans un prochain billet, je parlerai de la drague au boulot (ce qui ne m’est jamais arrivé mais je ferai semblant de savoir de quoi je parle) et du pourquoi il faut toujours être jolie quand on sort MEME au supermarché.

Monstre et mythique, c’est poétique ?

Par Enzo

 

Une douce métaphore m’est apparue tout à l’heure, sans prévenir, comme un petit arrière goût amer lorsqu’on croque dans un appétissant chocolat (oui, c’est bientôt Pâques, pensez-vous que je pourrais faire du « placement produit » dans mes articles ?). Une comparaison qui pourrait s’étendre à un modèle tellement elle s’insinue insidieusement dans nos vies. J’hésite à le nommer, non pas que je n’ose pas, mais parce que je n’arrive pas à lui trouver un nom théâtral… Je pensais le nommer « syndrome de la base de données » mais cela fait trop geek. « Je clique, c’est mon choix ! » fait un peu trop recyclage.

 
Vous savez quoi ? Je vais le nommer à la fin et en venir d’abord au coeur du sujet !

Tout à l’heure, j’étais sur Monster.fr à la recherche d’un stage quand j’ai validé une option appelée « Postuler en 1 clic ». Malgré que ma connaissance de Meetic.fr soit uniquement académique (jamais inscrit même si curieux, un prix hors de portée d’un étudiant sérieux), j’avais l’impression d’un certain rapprochement… Voir des profils sélectionnés selon des critères, c’est devenu courant pourtant :

 

Si vous êtes geek, site de comparaison de produits : Je recherche un disque dur entre 60 et 120Go, SATA, de marque Seagate ! Si vous êtes au célibataire, site de rencontre : Je recherche une fille entre 20 et 30ans, intelligente, d’origine métisse ! Si vous êtes en recherche de stage, site de recherche d’emploi : Je recherche un stage entre avril et décembre, intéressant, dans la région parisienne !

 

Bref je peux continuer la liste longtemps, quelle chose n’est pas devenue une recherche paramétrable ? Je navigue parmi les profils de jobs, de stages, en un clin d’oeil je vois les éléments qui font la différence, ce profil n’a que quelques secondes pour m’accrocher… Il ne manque plus que les « flashs » à Monster (technique de Meetic permettant de dire à quelqu’un « tu me plais mais pas assez pour que je me fasse chier à t’écrire, si je te plais je ferais peut-être l’effort »)… J’imagine bien ça, les flashs sur les entreprises : « j’aime bien votre entreprise mais pas assez pour vous écrire une lettre de motivation personnalisé » ! Il y déjà sûrement le même genre de dialogue intérieur actuellement parmi les personnes / recruteurs : « Il n’a pas rempli totalement son profil / CV, il doit être moche / incompétent ». Y-a-t’il le même genre de chose en ce qui concerne les profils (je m’adresse aux meetiqueurs) ? Une annonce « recherche jeune diplômé avec 5 ans d’expérience » deviendrait quoi sur un site de rencontre ? « recherche jeune homme extraverti et timide » ?

 

Bref, je ne suis plus très sûr de mon intention initiale dans cet article… Vous faire savoir que je recherche un stage ? Euh non. Vous faire savoir que je fatigue de toutes ces catégorisations qui limitent le sens de nos vies ? Euh peut-être. Vous demandez votre avis sur le sujet ? Ah oui c’est cela ! Que pensez-vous de l’utilisation de ces systèmes à outrance ? Fans des recherches avancées paramétrables pour trouver votre futur job/conjoint/steak/sextoy/président ?

 

P.S.: ah oui j’ai dit que je nommerais ce syndrome… je sèche un peu, vous avez des idées ?

Le lâcher prise

L’amour, c’est pas tous les jours facile, facile. Ca, tu le sais lecteur. Des fois on est heureux, d’autre, on pleure, c’est comme ça. Mais je vais abandonner là ces sublimes lapalissades dignes d’un journal intime d’une gamine de 13 ans pour développer un thème qui me semble important : le lâcher prise.

 Prenons nos amis Charlotte et Etienne. C’est mon couple ami fictif. Donc, dans le dernier épisode, Etienne est parti pour une autre et Charlotte est dévastée. Trois mois plus tard, elle nous sort encore ses : « Mais je l’aiiiiiiiiiiime ! ». 6 mois après aussi… Un an plus tard, elle reste à dire qu’Etienne est le only one, le seul avec qui elle veut faire sa vie et tout ça. Là, ça commence à paraître suspect. Je pars du principe que l’amour, c’est comme l’amitié, ça s’entretient. Après tout, ne dit-on pas « loin des yeux loin du cœur ? ». Alors pourquoi Charlotte rêve-t-elle toujours de son Etienne ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à tourner la page alors qu’Etienne n’a plus entretenu la flamme depuis

longtemps ? D’ailleurs, si on étudie les faits, on constate qu’il fait pipi dessus depuis la rupture pour tenter désespérément de l’éteindre. Oui, je fais dans la métaphore fine, aujourd’hui. Alors pourquoi ? Parce que Charlotte, à défaut d’entretenir la flamme de l’amour, elle entretient celle de l’espoir.

 

En fait, on en parlait l’autre soir avec Emma et Gauthier sur MSN. D’un côté Emma : « mais je l’aime toujours », Nina et Gauthier : « Non, tu aimes les
souvenirs que tu as avec lui ». Comme dirait Etyl « Souvent, ce que tu aurais dû être me manque ». Parce que souvent, on confond amour et nostalgie du souvenir amoureux. Ainsi, on croit encore aimer une personne mais finalement, c’est juste parce qu’on regrette que ça se soit arrêté parce que c’était trop bien. Donc on se souvient avec grande émotion de cette période magique où nous étions deux, amoureux, que tout allait bien et que les oiseaux chantaient dès qu’ils nous voyaient apparaître, tant nous étions beaux, ensemble. Bon, les souvenirs ont tendance à tout magnifier, on oublie que monsieur ronfle, que quand il réfléchit, il a tendance à opérer une exploration nasale à l’aide de son index et que dès qu’on lui propose de sortir à l’heure de jour de foot, il nous agonise d’insultes. Non, dans notre souvenir, on ne se souvient que de l’éclat de ses yeux quand il nous faisait (forcément divinement) l’amour, de sa voix forcément délicieuse, du resto qu’il nous a payé… Bref, à force d’oublier le mauvais, on fait de cet homme notre homme idéal. Et forcément, on ne peut pas renoncer à cette pépite. On l’aime, il nous aime mais il s’en rend juste pas compte. Mais c’est notre only one, il reviendra.

Et c’est là que se noue le drame. Comme on se persuade qu’on ne veut que lui, qu’il n’y a que lui qui nous comble, les autres nous paraissent bien fades. Notre curseur est bloqué sur monsieur et s’il peut s’égarer sur d’autres, dès qu’on retrouve notre célibat, on repart sur « mais c’est lui que j’aime et que je veux ! ». On s’en sort pas, quoi. Seule solution ? Le lâcher prise. Facile à dire, difficile à faire, c’est le moins que l’on puisse dire. Parce que renoncer à celui que l’on a aimé, c’est toujours très dur quoi qu’on en dise. Quand on est au plus fort de la douleur, que l’on pleure tellement qu’on croit qu’on ne s’arrêtera jamais, on a l’impression qu’on ne s’en sortira pas. Et pourtant si. Mais encore faut-il le
vouloir. Encore faut-il admette, consciemment ET inconsciemment, que ce nous deux qui nous a rendu si heureuses ne sera plus. On ne peut pas être l’éternelle Pénélope attendant son Ulysse. Mais essaye de raisonner ton cœur, toi, lecteur. C’est un travail de longue haleine que l’on doit faire seule. Admettre que c’était beau, magique… Mais que c’était et ça ne sera plus.

Moi, encore, j’ai de la chance, j’ai un outil fantastique pour m’aider : Gauthier et son « tous des connards ». En fait, Gauthier, c’est un ami, un vrai, un qui
préfère arracher le pansement plutôt que de nous voir traîner avec ce bout de tissu dégueulasse et à moitié décollé mais qu’on n’ose pas enlever. J’avoue que Gauthier, mais aussi Anne et Lucie m’ont toujours remué les puces quand il le fallait et mine de rien, même si ces électrochocs ne sont pas agréables sur le coup, ils aident à ouvrir les yeux. Il ne s’agit pas de nier ce que nous avons vécu, non, non. Ce garçon, on l’a aimé et c’est pas pour rien. Mais ça aide à comprendre que c’est fini, de façon ferme et définitive. L’amour n’est pas toujours éternel. Ce n’est pas parce qu’on n’aime plus qu’on n’a jamais aimé, rien à voir.

J’ai tendance à être parfois « violente » dans mes propos quand mes ami(e)s idolâtrent un ex alors qu’il est tant de passer à autre chose. Ce n’est pas de la méchanceté, c’est de l’amitié. Non, Etienne n’était pas parfait, Charlotte, loin de là. Arrête de pleurer sur lui ! Oui, Etienne est unique…Comme tous les hommes. Il était la chaussure parfaite pour le pied de Charlotte mais quand une chaussure est trop usée, on en change. Arrêtons un peu d’idéaliser le passé et ouvrons les yeux sur le présent. Des mecs biens, il y en a à la pelle (comme je flatte votre égo, messieurs, tout à coup !). Alors lâchons prise sur le passé et allons de l’avant. Demain, un Jacques finira bien par rentrer dans la vie de Charlotte. Et là, elle se rendra compte qu’elle n’aimait plus Etienne et qu’elle a perdu du temps à entretenir un espoir qui n’avait lieu d’être. A condition qu’elle réalise que Jacques est un homme parfait pour elle. Et ça, c’est aussi à ses amis de lui ouvrir les yeux, si elle ne le fait pas tout seule.