Le Français à l’étranger est-il un gros con?

Par Jane

Quand je manque d’inspiration (c’est à dire « quand je n’ai pas écrit depuis 6 mois et que ça commence à faire tâche un peu quand même ») je vais me promener sur d’autres blogs, et je tente de pomper honteusement un sujet. Comme je viens de l’avouer, mon IP va être bannie de la moitié de la blogosphère, mais on s’en fout, je tiens mon sujet, le ciel peut me tomber sur l’écran, ce n’est pas grave.

J’ai d’abord penser au tuning, vous faire un bel article illustré sur la manière de coller des néons sous une Twingo. Et je me suis dit que finalement, non. Trop masculin.

Puis je me suis dit que j’allais vous expliquer comment faire un masque pour le visage à l’aide de ce qui traîne dans votre frigo, mais finalement non. Trop féminin.

Alors je me suis dit que j’allais aborder un sujet mixte, les vacances. Avec ça, tout le monde va se sentir concerné. Sauf ceux qui n’en ont pas, je sais…

PinkLady a parlé del’ado étranger en vacances, ce charmant troll urbain qui se croit tout permis, et surtout te traiter de tous les noms en pensant que tu ne comprends pas. J’aime quand c’est en anglais et que je me fais traiter de femme enceinte (par exemple et totalement au hasard hein, pas du tout parce que je suis rancunière) Sans déconner, le Français n’est pas connu pour briller dans les langues étrangère, mais quand même, les Anglais pensent vraiment qu’on ne les comprend pas??

Je vais de mon côté vous parler du Français en vacances, parce que finalement, on n’est pas mieux que les autres. C’est navrant mais c’est ainsi.

Le Français en vacances se dit qu’il est plus intelligent que les autres (ces étrangers) et qu’il se doit de le faire remarquer à son entourage, dans sa langue maternelle. Comme les étrangers sont forcément de gros nazes, il s’en fout, ils ne comprennent pas. Sauf quand… dans la masse étrangère ambiante, se trouve, au hasard, une Française égarée. Qui habite en zone étrangère, vit avec des
étrangers, et parle étranger tous les jours. Ca, c’est pas d’bol pour nos Français. Mais ça donne des observations très intéressantes.

– Le Français est discret

Dans le bus, le métro où dans la rue, tu le repères très vite, c’est celui qui parle le plus fort. Il s’en fout, personne ne le comprend. Et ça permet de le localiser plus rapidement. Surtout après une longue période en zone étrangère, le radar à France est bien enclenché.

– Le Français est classe

« Ptain, t’as vu la jupe? Non mais comment on peut sortir habillée comme ça? Et mate moi les chaussures, je rêve! » La France, c’est la mode, donc ailleurs, on peut tout critiquer, c’est normal, être français donne immédiatement un statut de fashion analyzer et puis c’est tout.

– Le Français n’a peur de rien

Vu que personne ne comprend, de toute façon, il peut se lâcher. Jusqu’au jour où il tombera sur quelqu’un qui le comprendra. Il reviendra alors de vacances en expliquant que quand même, ces étrangers, ils sont parfois d’un vulgaire…

J’ai ainsi le souvenir impérissable d’une virée shopping de Noël qui a tourné au cauchemar. Parce que deux greluches françaises semblaient faire le même parcours que moi, à 2 minutes d’intervalle. Et que dans chaque magasin, alors que je m’énervais de plus en plus en ne trouvant rien (la marmelade, c’est un peu trop cliché comme cadeau pour toute la famille) je me farcissais leurs commentaires sur… absolument tout. Sauf moi. Parce que le Français à l’étranger semble néanmoins parfois reconnaître les siens, on appelle ça l’instinct de survie. Et cette autre fois, à l’autre bout de la planète, où je découvrais atterrée qu’un vol de dindes francophones avait élu domicile à la table voisine en terrasse. Et parlait tellement fort qu’elles n’ont à aucun moment percuté que
la table à côté était également francophone, notre conversation ne couvrant pas la leur.

Finalement, vous savez quoi? A l’étranger, nous sommes tous des plaies

Les femmes sont que des connasses à préférer les connards

En août 2005, j’avais écrit un article « les femmes préfèrent les connards » qui reste une référence puisque je reçois de temps en temps des commentaires de mecs aigris qui me traitent un peu de tous les noms à ce sujet. La palme revint à un commentateur qui disait, en somme « je sors pas, rien ne m’intéresse, j’ai un taf de merde et vous n’êtes que des connasses de ne pas vous intéresser à moi ». Bah, tiens, j’ai que ça à faire de ma vie d’aller sonner à toutes les portes pour aller draguer des no lifes…

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Le problème des hommes est, grosso merdo, le même que celui des femmes, à savoir « mais pourquoi il/elle chope tout ce qui bouge alors qu’objectivement, je suis mieux ? Faut-il vraiment être un connard/une connasse pour séduire ? Ca me désespère ! ». Alors rassure-toi, c’est pas ça du tout. Mais en matière de séduction comme en tout, faut savoir se vendre et c’est tout. Dans le travail, par exemple, s’il y a une promotion à filer, à qui la donnera-t-on ? A celui qui fait son boulot dans son coin ou à celui qui fait son boulot et sait faire remarquer qu’il le fait ? Dans un supermarché, tu achèteras plus facilement le produit en tête de gondole ou celui planqué tout en haut des étagères ? Bah moi, du haut de mon mètre 57, le dernier niveau des étagères, je le vois même pas. Oui, ma métaphore est pourrie mais tu vois l’idée.

Souvent, ceux qui ne séduisent pas se définissent comme des personnes « gentilles ». C’est fou comme un adjectif à la base laudatif est limite devenu une insulte aujourd’hui. « Machin ? Ouais, il est gentil ! ». Sous entendu j’apprécie sa compagnie mais sans plus. Voire même machin, il est un peu limité du QI… Oui, être gentil, aujourd’hui, c’est pas une qualité et c’est tout. Mais est-ce réellement ma faute ou celle de n’importe quelle fille ? Hé non, mon gars (ou ma fille, ça marche dans les deux sens). Crois-moi, quand on cumule les échecs, c’est bien que quelque part, on est en cause.

Les femmes ne préfèrent pas forcément les connards, en fait. Ce qu’aiment les femmes, ce sont les hommes affirmés. Tu vois, moi, j’ai une vie à mener, la mienne. Il est donc hors de question que je doive en plus porter mon mec à bout de bras car il se laisse tranquillement porter par le mouvement et si on lui fout pas des pieds au cul, il ne bouge pas. En général, le mec « gentil » est à peu près aussi actif et volubile qu’une plante verte. Passer la soirée avec un mec « gentil » consiste en un long monologue de ma part ponctué de quelques « ouais, je suis d’accord » de sa part. Mais ça fait rêver qui, ça ? J’aime bien avoir raison mais j’ai envie que la personne face à moi me donne aussi quelque chose. Je ne parle pas de Culture avec un grand C mais j’aime partager ma soirée avec quelqu’un qui a des passions même et surtout si ce ne sont pas les mêmes que les miennes. Honnêtement, tout est potentiellement
passionnant si la personne est motivée par ce qu’elle raconte. Par exemple, Gabriel a réussi à m’intéresser à la soudure quand il m’en a parlé alors qu’à priori, c’est un sujet qui me passe à des kilomètres au dessus de la tête. Il m’a un peu expliqué les différents types de soudure et j’ai écouté avec attention. Il n’est pas difficile d’avoir du charme, de la présence, à condition d’y mettre un peu du sien. Ca ne sert à rien d’appliquer des techniques de drague à la mord moi le nœud genre « la drague systématique et infaillible » parce que franchement, un mec qui me sort un plan drague éculé, c’est aussi rébarbatif qu’un mec sans personnalité. Etre naturel, ben ouais, c’est le secret même si c’est méga naze comme conseil vu qu’on le dit tout le temps.

Mais c’est tellement vrai, au fond. Les mecs qui m’intéressent, c’est finalement pas forcément les plus beaux ou les plus grandes gueules mais ceux avec qui je peux passer quelques heures à discuter sans voir le temps passer et qui me fait quand même comprendre que y a une ouverture. Donc la carte de « je suis ton pote », c’est vraiment pas à faire. Bref, les« mais aucune fille ne s’intéresse à moi parce que je suis gentil », je veux bien mais faudrait voir à pas me le reprocher non plus, il n’en tient qu’à nous de se sortir un peu les doigts du cul. Et ça marche aussi pour les filles. Si on ne fait rien du tout, faut pas s’étonner que l’objet de notre affection ne fasse aucun pas vers nous. Sans sauter dessus, indiquer son intérêt et se montrer sous son meilleur jour, ma foi, c’est quand même pas si compliqué.

Avec Max Boublil, ce soir, tu vas prendre

Le dimanche, c’est culture donc aujourd’hui, redonnons ses lettres de noblesse à ce traditionnel article qui tombe parfois dans la facilité et le stupre. Vendredi, j’ai pris ma fidèle  Vicky sous le bras et nous voici au théâtre du Petit Gymnase, billets en main, pour voir le nouvel artiste à la mode, Max Boublil.

Il faut avouer qu’il y a encore 15 jours, je savais pas qui c’était puis on a eu un chat avec lui sur la plate-forme ado et là, je me suis bien marrée même si certaines réponses étaient borderline pour les gosses. Oui, nos petits, faut pas leur parler sexe, ils sont purs, ils sont innocents, ils pensent que leur zizi, il ne sert qu’à faire pipi. Donc je me dis « tiens, si j’allais voir son spectacle ? ». Donc, c’est parti avec Vicky on prend nos places pour vendredi, avant dernier soir du show. 20h, on se met donc en bout de la longue queue mais finalement, nous très fortes, nous voici au second rang. Un gars arrive, plutôt brun et mignon, avec de faux airs de Titoff, je trouve. Le comique, pas l’acteur porno ! Jean, t-shirt noir et converses, portable… Un vrai djeunz, quoi. D’ailleurs, selon son skyblog, il a 21 ans. Précoce, le petit !

Bon, je ne vais pas vous raconter le spectacle parce que c’est drôle et qu’il vaut mieux aller le voir que le lire sur mon blog. Max a une sacrée pêche, il saute dans tous les sens, il joue avec son public (sur qui il postillonne joyeusement). Nous, on est au 2ème rang donc potentiellement exposées. D’ailleurs, je me prends une affiche quand je rigole à un moment et que je suis la seule… Pas ma faute si je suis super bon public. Mais en fait, le sketch c’était à la fin du spectacle. Attention, c’est parti pour le côté langue de pute. Au premier rang, juste devant nous, 3 demoiselles très très excitées par Max genre on en fait des caisses pour se faire remarquer. Oui parce qu’il faut savoir qu’à la fin, le jeune homme fait monter une fille sur scène et on sent qu’elles veulent à tout prix être l’élue. Pas de chance, c’est pas l’une d’elles et j’ai un peu envie de me marrer. Les nanas passent à la vitesse supérieure genre elles montrent qu’elles ont les paroles de la chanson qui tourne sur le net, « Tu vas prendre », elles allument leur briquet pendant le refrain, standing ovation en fin de spectacle… Heureusement, on était à l’étroit, elles ont pas
pu enlever leur string pour le jeter sur scène. Une fois le rideau retombé, c’est parti pour une partie de « je dreame ma vie en blue », les nanas ont décidé de l’attendre à la sortie pour l’interviewer. Rien que ça… Mais j’ai pas vu si elles ont réussi ou pas, je suis un peu dégoûtée, ça m’amusait, moi.

Mais revenons en à Max Boublil. Comment devient-on comique à la mode à 21 ans quand on est hétérosexuel (donc on couche pas avec Laurent Ruquier) et qu’on vient pas de la té-ci (donc pas bon pour le Jamel Comedy’s Club) ? Ben, on utilise la même voie que Kamini et Lily Allen, on envoie sa chanson sur le net et avec de la chance, on se fait repérer. Donc voici Max à l’affiche sur Daily Motion et sur tous les plateaux télés et radio. Ça marche tellement bien que les maisons de disques créent de faux artistes « trouvés sur le net » genre Mange du Kebab, lancé sur le net genre « c’est des mecs qui bossent dans un Kebab du XVIIIe, ils ont fait une chanson pour de rire ». Sauf que sur le site Internet,  y a pas l’adresse dudit Kebab et quand on voit qui est le propriétaire de l’URL, surprise, c’est EMI records. D’ailleurs, on a reçu le CD 2 titres au boulot. Donc, voilà, ça marche
sur le net et le voici tout partout, son spectacle est pris d’assaut. Bon, c’est cool pour lui surtout qu’il me fait pas mal rire donc je peux pas dire que c’est pas mérité mais ce côté mouton de panurge médiatique m’épate toujours un peu. Surtout que ça va tellement vite sur le net que la star du jour peut être oubliée le lendemain.

Mais Max, il est sympa, il est taquin, c’est le genre de one man show que j’aime bien. Pas de temps morts, du  jeu avec le public, des sketches peut-être un peu « faciles » sur les sujets abordés (flics, meetic, Plus belle la vie…) mais bon, on peut faire des sketches bien pourris sur des sujets qui font marrer tout le monde. N’empêche que ça me motive pour écrire d’autres sketches. Pit-être qu’un jour, moi aussi, je serai en haut de l’affiche de daily motion. En tout cas, Max repart en tournée en octobre et je vous le conseille. Vous pouvez me croire, je suis pas payée par
Max ou par quelqu’un d’autre, j’ai juste bien rigolé et ça fait toujours du bien !

En bonus, le clip de la chanson « tu vas prendre »

Le jeu de séduction au féminin

Qui a dit que les filles ne draguaient pas ? Ben, après la scène à laquelle j’ai assisté jeudi soir dans le métro, je vous le dis : si, les filles draguent. Et elles sont aussi subtiles que l’humour de Cauet. Et comme je suis garce et moqueuse, je vous en parle forcément.

 

dragueuse

En ce moment, je mets mes lunettes de vue. Parce que comme ça, quand je fais mes podcasts vidéos, je fais plus sérieuse. Du coup, ça me permet de voir ce qu’il se passe autour de moi et ça vaut le coup d’œil. Jeudi, je repars après avoir tourné sur le Trocadéro et au fur et à mesure des arrêts, je me retrouve juste à côté d’un mec plutôt pas mal qui est accompagné d’une fille plutôt pas jolie, à mon goût. Déjà, elle doit avoir 10 ans de plus que lui, les cheveux noirs coiffés en casque sans volume, du rouge à lèvres tellement rouge que t’éteins la lumière, tu le vois encore… Bref, de façon totalement subjective, je la trouve pas top. Mais son jeu de séduction est pour le moins remarquable.

 

Etape 1 : « han, t’as vu mes cheveux ? ». Elle part sur un : « tu trouves pas mes cheveux trop longs ? Trop courts ? » « Mouirf ». « Ah mais vas-y, dis-le si ça te plaît pas ». Jeune demoiselle, en hiver, moi, j’attire pas l’attention sur mes cheveux rendus incoiffables par cette putain d’électricité statique de mes fesses. Même s’ils sentent bon grâce au shampoing mandarine-cacao gracieusement offert par Drucilla.

 

Etape 2 : « je remets du rouge à lèvres ». Rouge, donc. Rouge, rouge, rouge ! Un copain m’expliquait un jour en cours de sociologie de l’administration (c’est aussi chiant que ça en a l’air) que les femmes se mettaient du rouge à lèvres pour rappeler la rougeur de leurs autres lèvres. Moi, j’avoue qu’après 4 ans et demis passés avec un « han, t’as
du rouge à lèvres, je t’embrasse pas », j’ai arrêté d’en mettre, sauf grandes occasions genre soirées, entretien d’embauches ou photo pour mon CV (mais le photomaton rend irrémédiablement moche, avec ou sans gloss). Donc mademoiselle sort son petit miroir et se remaquille les lèvres consciencieusement. Là, par contre, j’avoue mon admiration car moi, à sa place, j’en aurais joyeusement foutu partout (sauf sur mes lèvres, ça serait pas drôle, sinon).

 

Etape 3 : « je me fais remarquer ». Donc la demoiselle a tenté d’attirer l’attention sur ses cheveux et ses lèvres sans succès donc elle décide de changer de chaussures. Si, si, si. Elle prend une paire dans son sac tenu par jeune homme et opère le changement tout en tenant des commentaires du genre « MAIS NON PERSONNE NE VOIT QUE JE SUIS EN TRAIN DE CHANGER DE CHAUSSURES ! ». Et son camarade de rétorquer : « si, le mec derrière toi est mort de rire ». Hélas, je dus arrêter là mon observation parce que j’étais arrivée à destination.

 

Mais cette demoiselle s’escrimant à attirer l’attention de l’Homme, même si elle en faisait des caisses, je la comprends. Quelle fille ne s’est jamais retrouvée à sa place, c’est-à-dire en présence d’un homme qui nous fait fondre et qu’il ne comprend pas qu’on le veuuuuuuuuut ? A moins qu’il ait compris mais fasse mine de pas comprendre pour pas nous blesser. Faut dire que la séduction est un art bien compliqué. Hier soir, j’ai aidé un jeune homme à éconduire une demoiselle qui trouvait méga fun de lui parler en le vouvoyant. Moi, je trouve ça juste lourd mais chacun sa technique. Enfin, d’un autre côté, quand monsieur est sous le charme, quelle que soit notre technique, elle marchera. Là, de voir la demoiselle se débattre avec son rouge à lèvres et tout ça, ça me faisait de la peine. Car il était manifeste que le monsieur s’en foutait un poil. Pourtant, peut-on lui reprocher d’essayer ? Que celle qui n’en a jamais fait des caisses pour un homme lui jette la première pierre. Parce que y a rien de pire que de draguer une personne qui ne répond pas, si, si, si ! Moi aussi, j’ai été lourde comme de la fonte avec certains mecs. Je me suis entêtée parce que je ne voulais que celui-là. Et c’est fou comme l’amouuuuuuuuuuuur (enfin, l’attirance), ça nous rend de suite maladroit.

 

Sauf que si monsieur est intéressé, il nous trouvera touchante. Sinon, il nous trouvera juste lourde.

Petits conseils pour mâles en chasse sur meetic (et autres)

Messieurs, des fois, je vous maltraite, je vous taquine et je m’en excuse. Alors pour me faire pardonner (parce que je vous aime bien), je vous donne quelques tuyaux pour vous faire remarquer dans la jungle meeticienne (ou tout autre site du style). Parce que voilà, quand on est une fille sur ce genre de site, on est hyper sollicitées donc, forcément, on se montre sélectives.

Toi, homme, tu as décidé de prendre ta vie amoureuse en main et de te trouver une moitié sur le net. Déjà étape 1 : le pseudo. Alors si tu veux faire de l’humour, assure-toi que ce soit vraiment drôle sinon, ça va faire fuir. Lucie me fait la liste détaillée des pseudos qu’elle trouve ridicule et figure-toi que je partage son avis. Tu évites les trucs du genre « tuningforever », « Zidaneestleroi » ou je sais pas quoi d’autres… Déjà, tu as une rubrique exprès pour étaler tes passions, ne le fais pas en pseudo non plus. Ah et tant qu’à faire, évite les « trobogoss » « jesuisuperbeau » et compagnie. Déjà, j’aime pas les prétentieux et tu me permettras d’en juger par moi-même. Surtout qu’en général, je

veux pas dire mais ceux qui s’appellent comme ça ont vraiment des tronches de cake. Enfin, j’aurais tendance à te dire d’éviter les Pierre238, Luc3527 ou Petitcoeur56. Comment tu veux sortir du lot si tu affiches dès le départ que des tas de gens ont le même pseudo que toi ?

 

Ensuite, tu remplis ton profil. Alors, j’aurais tendance à te conseiller de dire la vérité. Bon, tu peux te rajouter un centimètre ou deux, prendre ou perdre un kilo ou deux mais pas trop quand même. Parce que je vais te dire, si tu rencontres une nana, que tu lui as dit que tu avais 27 ans, aux cheveux longs et que tu faisais 1m85 et que la nana se retrouve face à un quinqua à moitié chauve d’1m65, elle va se casser. Faudrait voir à pas trop nous prendre pour des connes. Pareil pour tes loisirs, dis pas que tu es un fana de littérature si tu crois que Proust est un pilote de Formule 1 au nom mal orthographié. Parce que moi, personnellement, si je vois qu’un mec partage le même loisir que moi, forcément, je vais lui en parler…  

 

Puis arrive la question de l’annonce. Que mettre, que mettre ? Alors bannis de suite les « je cherche la femme de ma vie, j’espère que c’est toi » parce que ça fait un peu 150 fois qu’on voit ça. Evitez aussi de citer des paroles de chansons parce que moi, une annonce de type : « Je ne dirai qu’une chose : je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai (Cabrel) ». Parce que même si vous avez l’honnêteté de citer votre source, moi, le mec qui ne met que ça en annonce, ça pue le type qui n’a aucune personnalité et n’est même pas foutu de définir ce qu’il veut ou non. Bon, ok, l’exercice de l’annonce est difficile et peu de nanas la lisent mais quand même, un peu d’efforts, merde. Il faut privilégier l’humour. N’hésite pas à te montrer exigeant dès le départ : si tu cherches un type particulier de fille, fais le savoir, ça fera gagner du temps à tout le monde. Et évite les fautes d’orthographe ou, pire, le SMS. C’est une langue que tout le monde ne parle pas…

 

Bon, après, le choix de la photo. Alors tu étais peut-être très beau cet été sur la plage, torse poil et bronzage impecc mais peu de filles cherchent un Aldo Maccione. Ça marchera si tu veux juste baiser mais si tu cherches la femme de ta vie, mets des photos qui ressemblent plus à ton toi de tous les jours. Oui, DES photos, j’insiste sur le pluriel parce qu’une photo où le mec est super beau, me demande si y a pas un peu tromperie sur la marchandise, tu vois ? Genre « c’est la seule photo où je suis potable, depuis, j’ai pris 10 ans et 30 kg ». Evite les photos de type identité, aussi, les femmes recherchent rarement des employés sur meetic. De la même façon, tu trouves peut-être que tu étais sublime, déguisé en John Travolta dans la fièvre du samedi soir à l’anniversaire de ta cousine mais en fait, non. Sois toi, bordel, montre toi tel que tu es tous les jours !

 

Bon, voilà, ton profil est tout beau, maintenant, à la chasse. Alors, tu as à ta dispo un outil génial : le mail. Mais alors ça aussi, ça se maîtrise. Le copier/coller, j’aime
pas. Bon, on va me dire : « ouais mais pour 50 mails envoyés, y a une réponse alors à la guerre comme à la guerre ». Sauf que ça sert à quoi que je me fasse chier à faire une annonce pour sortir du lot si le mec envoie tellement de mails que je suis même pas sûre qu’il ait lu mon profil ? J’en ai reçu un, comme ça, une fois, le mec disait clairement « oui, je fais du copier /coller mais après, si tu me réponds, je ferai l’effort de ne parler qu’à toi », un truc du genre. Bon point. Sauf que quand je vais sur son profil, je vois qu’il a reçu 250 visites en 24h donc l’envoi est tellement massif que j’ai pas envie de lui répondre. Après, il faut comprendre qu’un mail, c’est pas un chat. Sur le site de l’Obs, y en a un qui m’a envoyé en tout une demi-douzaine de mails qui disaient « bsr » ou « bjr ». Non mais il pense sérieusement que je vais répondre ? Alors à force de recevoir des trucs comme ça ou des « coucou, ça va ? », j’ai mis comme annonce : « moi, ce que j’aime dans la vie, c’est recevoir des mails de plus de trois mots ». Joueuse, je suis. Donc pas la peine d’en faire des caisses mais montre que c’est la fille qui t’intéresse, pas n’importe laquelle dans le lot.

 

Ensuite, le chat. Pareil, soigne ton approche. Une fille sur meetic peut avoir une dizaine de chats simultanés donc si tu attaques par un banal « bonsoir », t’as intérêt à être le sosie de Brad Pitt pour qu’elle réponde. Une petite blagounette, un petit « j’ai vu sur ton profil que… », un truc pour montrer qu’elle t’intéresse et que tu as envie de la découvrir. Et surtout, évite les « je cherche une fille à qui faire l’amour, intéressée ». Moi, j’aime bien que les gens se présentent avant de m’annoncer qu’ils veulent me brouetter. La politesse n’a jamais tué personne !

 

Enfin, voilà, je crois qu’en tant que fille, ce qui me plaît chez un meetic boy, c’est la personnalité. En gros, je veux pas d’un mec qui n’a rien à dire d’original parce qu’au fond, il veut juste tirer son coup, peu importe la nana derrière.

Pas plus pute que soumise

Je ne me considère pas comme une féministe forcenée, les chiennes de garde me font plus grincer les dents qu’autre chose. Certes, en son temps, le MLF a tapé fort et n’a pas toujours fait dans la finesse mais si le combat des femmes doit désormais passer par le plateau de Laurent Ruquier, ça me fait peur.

Pour moi, le combat féministe du XXIe est clair : pouvoir vivre comme les hommes, exactement comme eux, sans être victime de leur comportement machiste et totalement banalisé. Oui, je revendique le
droit de marcher dans la rue sans me faire draguer tous les deux pas, oui, je revendique le droit d’aller en boîte sans me faire emmerder par le relou du coin. Mais surtout, je revendique le droit de m’habiller comme je veux sans que l’on ne me classe dans aucune catégorie. Evidemment, si je pouvais avoir le même salaire que mes compagnons masculins et pouvoir récupérer un poste de dirigeante plus tard, ce serait bien aussi mais chaque chose en son temps. Ou plutôt essayons de militer à notre niveau.

Régulièrement, sur ce blog, des commentaires me font comprendre que tout ce que je rabâche depuis presque un an n’est absolument pas écouté par la gent masculine. Il y a ceux qui nous considèrent comme des filles faciles, des filles qui sont bien dans le baskets et qui assument leur sexualité qui, au passage, n ‘a vraiment rien de scandaleux. Mais le pire, ce sont les analyses comportementales que les hommes nous assènent, pensant nous comprendre mieux que nous nous comprenons nous-mêmes. Oui, nous sommes des femmes, nous sommes un peu connes… En substance : si les filles se mettent en mini-jupes, c’est qu’elles sont célibataires et veulent donc se faire remarquer. Si on va par là : une fille qui fait des efforts pour s’habiller est FORCEMENT célibataire. Et
forcément, moi, je sors de mes gonds : qu’est-ce que c’est que ces théories machistes à deux balles ? Ayant été célibataire et en couple, je peux vous garantir que ma façon de m’habiller n’a jamais
varié d’un iota… Enfin, si, en suivant plus ou moins les modes si elles me plaisent et mes envies mais je me suis pas habillée différemment selon mon statut « privé ».

Mise en situation. Je me lève et c’est déjà l’heure de s’habiller, mon armoire regorge de fringues jolies (à mon goût), c’est justement pour ça que je les ai achetées. Donc forcément, je vais bien m’habiller, pas parce que j’ai envie de pécho le premier blaireau croisé dans la rue mais parce que quitte à acheter de belles fringues, autant les mettre. Par ailleurs, j’ai tout à fait le droit
de me faire belle pour une seule personne : moi. Ben oui, que voulez-vous, je me trouve beaucoup plus jolie avec un beau top et un pantalon-tailleur, le tout rehaussé par un maquillage discret
qu’en jogging, Tshirt XL et le teint vert. Oui, c’est mon droit de me faire belle juste pour moi ou à la limite pour mon chéri mais ce n’est pas pour les autres. Dois-je me déguiser en pouilleuse à
partir du moment où je suis en couple car je n’ai plus le droit de plaire, y compris à moi ? Si un mec m’impose ça, autant que j’aille direct au couvent : là-bas, au moins, on le sait dès le départ
qu’on portera la robe de bure.

Le problème, et c’est ce qui m’énerve profondément, c’est que ce genre de discours peut aller très loin. Si je me fais belle, c’est donc que je suis célibataire, disponible et en chasse qui plus est. Imaginons un gars que nous appellerons l’Affreux. L’Affreux me voit ainsi parée et me fonce dessus, comme une charogne sur sa proie. Moi, il ne m’intéresse pas, je m’en fous de lui. Sauf qu’avec son système de pensée, me voici une allumeuse : je provoque mais j’assume pas. Donc là, soit l’Affreux n’est pas si Affreux que ça et il lâche l’affaire mais souvent, on se prend un « pute », « salope » ou « allumeuse » dans la tronche. Et pour peu que l’Affreux soit agressif (genre en boîte avec quelques verres dans le nez), ça peut mal, très mal se finir.

A partir de là, on excuse souvent les comportements masculins, genre : « oui, il t’a mis la main au cul mais t’as vu comment t’es habillée, aussi ? ». Le problème c’est que nous, les femmes, on subit régulièrement ce genre de comportement. Je sais pas combien de mains se sont baladées sur mes fesses sans autorisation, combien de mecs se sont frottés à moi dans les transports en commun de façon plus que suspecte. Oh, évidemment, je me suis pas faite violée, de quoi je me plains ? Mais voilà, là est tout le problème : ces comportements ne sont absolument pas considérés comme délictueux. Si je vais porter plainte à la police parce qu’un mec m’a touché les fesses dans le métro, on me rira au nez. Mais comment une société qui se dit avancée peut accepter ça ? Le corps de
la femme n’est pas un objet livré à la concupiscence des hommes absolument pas ! Et je ne supporte plus ce genre de discours.

J’avais dit il y a quelques temps que je ne voudrais pas que ma fille se promène string apparent avant un certain âge (j’ai pas de filles, je raisonne dans l’absolu). Le problème n’est pas tant ma fille. Je pense que je ferai suffisamment confiance à la chair de ma chair pour la laisser se balader avec un bout de tissu qui dépasse de son string sans que ça veuille dire qu’elle se tape tout le lycée. Là où j’ai peur, c’est de tous ces mâles irrespectueux qu’elle risquerait de trouver face à elle. Imaginons que si dans le fameux taxi de Gauthier, il y avait eu non pas notre Gaugau
préféré mais une gamine de 15 ans en jupe, mettons. Si le taximan s’était livré aux mêmes attouchements, probable que la fille n’aurait pas réagi de la même façon. Sans aller jusqu’à dire qu’elle se serait laissée violer, ce simple attouchement l’aurait traumatisée longtemps, elle se serait crue fautive, à cause de sa tenue trop provocante. Le problème c’est que parfois, à cet âge-là, on ne parle pas de ce genre de traumatisme, elle aurait dû porter ça toute seule. Tout ça parce que si elle s’est mise en jupe, c’est qu’elle voulait plaire et que monsieur s’est autorisé à la
toucher.

Il y a quelques années, une amie de Gaugau a manqué de se faire violer dans le métro toulousain, elle a réussi à s’échapper et quand elle est arrivé à la police, elle s’est pris un : « et alors qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Vous avez vu comme vous êtes fringuée, aussi », un truc du genre. Donc, voilà, la France du XXIe siècle est un pays où on ne peut s’en vouloir qu’à soi-même si on a été violée ? Si une fille veut se promener en cuissardes et jupe de cuir, pourquoi n’aurait-elle pas le droit, si ça lui plaît ? Pourquoi on doit toujours subir la concupiscence mal placée des hommes qui n’ont toujours pas compris que nous ne sommes pas des objets, qu’on nous doit le respect. Ça me dépasse de devoir encore le dire mais visiblement, je me bats contre des moulins à vent.

A une époque, les gamines de banlieue se mettaient toutes à porter le voile pour ne pas être embêtées par les garçons, j’avoue que je ne sais pas si ça existe toujours ou pas. Comme ceci est symptomatique ! Comme ceci montre que les hommes n’ont toujours pas compris que l’on n’aime pas se faire traiter de pute ou être considérée comme telle. Qu’une fille, sous prétexte qu’elle est seule, n’aime pas qu’un mec vienne taper la conversation dans le seul but de se la faire. Qu’une fille en a ras la casquette de pas pouvoir mettre les jupes qu’elle a achetées car avec, elle va se faire allumer par tout ce qui porte un boxer. Qu’une fille ne peut pas se faire jolie juste pour elle sans qu’on croit qu’elle se cherche une moitié. D’abord, si je cherche une moitié, je ne la chercherai certainement pas dans la rue donc foutez-moi la paix.

Un jour, nous, les femmes, auront le droit de nous habiller comme nous voulons sans être victime du moindre jugement. Car se faire belle n’est pas un indicateur de notre célibat ou pas, juste de notre envie de nous plaire et d’être bien dans les baskets. Mais apparemment, la testostérone rend cette information totalement incompréhensible.