Le majordome de Lee Daniels

Continuons sur la vague biopic : après Yves Saint Laurent, penchons nous sur le Majordome de Lee Daniels avec Forrest Whitaker. Rappelons donc que j’aime pas vraiment les biopics, surtout quand ils prennent de faux airs de Forrest Gump mais quand on a plein d’heures d’avion à tuer, ça passe. Donc voici mon avis sur le Majordome, film encensé par la critique.

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L’histoire : Cecil Gaines démarre un peu mal dans la vie : fils de deux travailleurs dans les champs de coton (esclaves ?), son père est tué par le patron après que celui-ci se soit tapé sa mère. Cecil est pris en charge par la mère du patron qui en fait son petit majordome. Fort de cet apprentissage, Cecil grimpe les échelons jusqu’à travailler dans un luxueux hôtel. Jusqu’au jour où il est convoqué à la Maison Blanche pour devenir majordome là bas. Il côtoiera ainsi pas moins de 7 Président américains. Parallèlement à sa carrière, on suit également l’histoire de sa famille : femme dépressive et alcoolique, fils en pleine rébellion qui trouve que les Noirs souffrent de la ségrégation aux Etats-Unis. Le parallèle est intéressant : on va suivre d’un côté Cecil, le Noir intégré dans un monde de Blanc et qui en accepte la domination, et son fils, le Noir rebelle qui va tenter de se rebeller contre cette même domination, passant de Martin Luther King aux Black Panters. Ok, bien.
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Alors là, sortez votre bingo « événements historiques américains qui doivent figurer dans tout film ricain racontant une vie » genre Forrest Gump ou Benjamin Button, par exemple. Prêts ? Go, on coche : Vietnam, Kennedy, Watergate, on est bons. Rajoutons la mort de Luther King et les Black Panters, le Klux Klux Klan du fait qu’on parle de la destinée de Noirs et on a le paquet. Curieusement, aucune mention de Rosa Parks alorq qu’en tant que Française blanche ayant une connaissance somme toute relative de l’histoire américaine, ça me paraissait un acte très fort. Comme quoi, peut-être pas. Alors évidemment, ça agace légèrement cette sensation de passages obligés, cette sensation que le fils est forcément au coeur de toutes les manifestations noires, de tous les happenings de provocation pour dénoncer la domination blanche, c’est un peu trop systématique pour être vrai. De la même façon, le fait que Cecil soit toujours le chouchou des Présidents est légèrement fatigant. Je regarde et je me demande : où s’arrête la réalité, où commence la fiction ? Le réalisateur serait blanc, ça puerait le mea culpa à trois kilomètres à la ronde.

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Cependant, n’être que négative serait de mauvaise foi. D’abord, je dois confesser que la VF diffusée dans l’avion était vraiment très bizarre (oui, j’arrive pas à regarder en VO non sous-titrée, j’ai un complexe rapport à ça alors même que je rends des PPT en anglais mais bon…), j’ai légèrement du mal à être objective vu que c’était assez agaçant. J’ai un peu été interpellée en retrouvant tout le casting de Precious dans ce film mais après tout, pourquoi pas. L’angélisme des personnages est crispant, l’impression que l’on doit suivre un cahier des charges de l’événement historique lassant. Mais. MAAAAAAAIIIIIIIIS. En un, ça m’a permis de réaliser que j’y connais que pouic en histoire des minorités noires américaines et que c’est un sujet très intéressant. En deux, ça ne fait jamais du mal de rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, les Noirs étaient des sous citoyens de l’un des plus grands pays de l’Occident. Malgré une certaine naïveté et un grand manichéisme, les faits sont là. Et on n’est jamais loin de retomber dans la suprématie du Blanc (ou de l’hétéro ou de l’homme, finalement).

Nina face à sa peur

Je disais donc, j’ai pris l’avion, 16h en une semaine et l’avion, c’est pas mon copain. Pourtant, cette fois-ci, je n’ai pas fait de cauchemar de crash d’avions alors que quand j’étais partie en Suède (via Paris et Amsterdam, 3 décollages et 3 atterrissages), toutes les nuits, je rêvais que j’étais dans un avion qui se crashait. Fatigant.




Là, rien. Bon, intéressant. Jour J, me voici à l’aéroport, je suis un peu nerveuse, 9h, c’est trop le bout du monde. Mais bon, je ne peux plus reculer. J’embarque avec Alice et Anthony (mes parents sont quelques rangs devant et n’ont pas été appelés en même temps), je m’assois. Cool, un écran individuel. Et là, on attend. On attend. Bon, il part ce con d’avion, qu’on en finisse ? Et voilà qu’on démarre, on accélère, on décolle, ma sœur n’est pas très bien, la dame de l’autre côté de l’allée non plus… Et moi, je m’en fous. Je suis dans un
avion qui décolle et ça ne me fait strictement rien, hormis un léger tassement des vertèbres.




Alors voilà, j’ai passé 8h30 à l’aller et 7h30 au retour dans un avion, ce gros truc qui me faisait peur et je m’en foutais. Mon seul souci fut finalement que je n’ai pas réussi à dormir sur ces sièges inconfortables qui me faisaient mal aux fesses. Pourtant, on nous a servi du rhum et du vin à chaque repas. J’ai même regardé Benjamin Button et j’ai juste somnolé quelques minutes. Pourtant, ce film est d’un ennui pas possible, j’ai été super déçue. J’avais aimé Forrest Gump parce que j’avais une dizaine d’années, là, non, ce genre de fresque de vie avec l’amour rencontré dans les jeunes années… Et encore, on nous évite le Vietnam. Bref, la seule chose que je retiendrai de ce film c’est le fait que certaines femmes que je trouve laides d’ordinaire peuvent parfois être sublimes. Cate Blanchett, reste rousse, je te jure que ça te va divinement bien. Je suis passée ensuite à deux épisodes de Desperate Housewives (déjà vus) et deux épisodes de
Friends (je me demande s’il existe des épisodes de Friends que je n’aurais pas vus). De temps en temps, je regardais le trajet et la caméra sous l’avion. Ca, c’est trop bien surtout quand on vole de jour et sans nuage, sinon, ça n’a pas le moindre intérêt. Par contre, ils nous l’ont coupé au décollage et à l’atterrissage et vu qu’Anthony m’avait volé ma place à côté du hublot, je n’ai pas pu voir la Martinique vue du ciel (ceci étant dit, on la survole quasi pas avant d’atterrir).



Alors voilà, maintenant, je sais que j’ai le pouvoir : je peux voyager dans le monde. J’ai pu traverser l’Atlantique, chose que je pensais impossible y a quelques années donc l’univers des possibles s’ouvre à moi. Ce côté-là est super exaltant même si j’ai conscience que je m’emballe un peu pour rien.

Mais pour être tout à fait honnête, j’ai été  légèrement déçue, un peu comme un tour de montagne russe qui ne fait pas peur du tout. Je voulais affronter une peur mais finalement, je n’avais plus cette phobie, j’étais plus dans une peur d’avoir peur. Finalement, une fois en l’air, on oublie, on s’occupe. On regarde la télé, on sudokute (un peu), on lit des magazines (en fait pas du tout), on dort (non, j’y arrive pas, j’ai mal au cul. A cause des sièges !). Je me suis même levée pour amener Voici à ma mère et pour aller faire pipi.





Et voilà, tout ça pour ça. La semaine prochaine, je vais dans un vivarium caresser un serpent. Non, je déconne, ça, j’en ai vraiment peur. La preuve, quand je suis allée en Suède, à L’Universerum (un truc du genre), y avait un vivarium. A un moment, un serpent a bougé, j’ai fait un bond en arrière.

Ouais, je vais la garder cette phobie.

La vie est un chaud-froid permanent

Normalement, aujourd’hui, je devais vous parler de choses ou d’autres, de baiser ou de déménagement, j’avais pas encore décidé mais tout était écrit. Sauf que j’ai écrit ma prose durant mon week-end Center Parcsien et hier soir, en rentrant, je n’ai pas eu le courage de me connecter au web. Et ce matin, j’étais trop à la bourre pour les récupérer donc on va se lancer dans une belle impro. Et en plus, j’ai pas mes lunettes laissées sur le bord du lavabo donc je ne vois pas bien ce que je tape.


Forrest Gump disait que la vie était comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Ce qui est globalement faux car moi, les chocolats, je les trie et je laisse ceux que je n’aime pas. Alors que dans la vie, t’es obligée de prendre le bon comme le mauvais sans jeter discrètos ce qui est vraiment dégueu et gâche un peu la fête. Genre on est en train de siroter un délicieux champagne Ruinart qui pétille délicieusement sur ma langue et stimule les papilles et là, vlan, je croque un chocolat qui a un goût bien aigre qui fait pleurer ces mêmes papilles. Je déteste les goûts aigres. Foutu chocolat, j’irais bien taper celui qui me l’a donné. Sauf que sans métaphore, je ne tape pas les gens et je ne chie pas non plus sur leur bureau. Quoi que bientôt, une nouvelle minute de violence gratuite sur ce blog, je vais en avoir bien besoin.


Bref, tout ce que je raconte est obscur et flou, et pas uniquement pour moi qui écris sans lunettes. Tout s’expliquera rapidement, du moins pour le champagne car pour le chocolat aigre, je pense que ça va se finir dans un tribunal donc je préfère ne pas trop en parler pour le moment des fois que… Bon, ça serait bien le diable que comme de par hasard, les personnes incriminées lisent ce blog mais je fais gaffe, je veux gagner car j’en ai un peu marre d’être prise pour une pigeonne par des malhonnêtes.  Mais que de démarches et paperasses en perspective…


Bon, au final, j’en conclus quoi ? Qu’il ne peut pas y avoir de période totalement heureuse sans gros chocolat aigre (car celui là est quand même de belle taille) ? Que j’ai intérêt de profiter de toutes les bonnes nouvelles car y a de la mauvaise qui arrive derrière ? Et vice et versa, à la limite, serre les fesses en attendant la bonne nouvelle qui suit la mauvaise ?

Quoi qu’il en soit, j’aimerais bien que juste pour une fois, on arrête de me gâcher mes bonheurs surtout que vu ce que j’ai vécu récemment, j’ai besoin de bonnes
nouvelles à savourer sur du long terme. Et éventuellement de casser quelques dents.