Laverie story

Hier, j’ai découvert malgré moi qu’être une blogueuse influenceuse ne sert à rien. Parce que j’ai beau faire des soirées avec Nikos ou Bernard Montiel, quand je demande sur twitter qui peut aller faire un tour à la laverie à ma place, personne ne me répond. L’influence, c’est donc pourri.


Surtout que la laverie est un univers étrange. En y allant hier, j’avais décidé de vous saouler avec en représailles du genre « oh, l’été, le tambour qui tourne, ça fait des mélanges de couleurs, du rose, du rouge, du vert, du orange, c’est trop beau » et de l’odeur de la lessive qui me rappelle mon enfance et que j’aime bien. Et ce doux plaisir qu’est celui de renifler son linge sortant du sèche linge, chaud, sec et sentant bon la lessive, mmmmmmmm !



Sauf que la laverie est un lieu de péripéties. Et ben si. Et comme on parle de moi, évidemment, il s’agit de péripéties à la con. Il y avait eu la fois où un mec s’obstinait à me parler alors que je n’en avais pas envie et que je répondais par monosyllabe avant de replonger le nez dans mon bouquin. Mais ça, ça ne m’arrive pas qu’à la laverie donc rien d’exceptionnel en soi. D’ailleurs, faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais hier, ce fut le pompon de la pomponnade, comme on dit, le « putain mais fais chier la laverie ! ». D’ailleurs, j’ai demandé des devis à des plombiers pour installer ma machine parce qu’au vu des emplois du temps d’Anthony et de ma petite personne, on va avoir du mal à se trouver un créneau avant octobre. Au moins.



Donc hier, j’arrive, y a une famille de Pakis en train de ranger leurs affaires et un mec au fond, je dis bonjour, la famille me répond. Oui, bon, quand je dis Paki, je sais pas s’ils l’étaient vraiment mais quand j’étais petite, il y avait une famille de Pakis dans mon école et du coup, tous les hindous sont Pakis pour moi. Ouais, je sais, je tends le bâton pour me faire battre, je frétille d’impatience de lire un comm me traitant de raciste.  Bref, passons.  Le temps que je remplisse le tambour de mes fringues roses, rouges, vertes, oranges, bleues et pailletées (c’est l’été), la famille s’en va et là, je remarque le mec qui reste. Il n’a pas l’air très net net surtout qu’en regardant bien, aucune machine ne fonctionne. Qu’est-ce qu’il fout là ? Le temps de lancer ma machine, je comprends : c’est un poivrot dans le sens classique du terme, totalement aviné et qui ne s’est pas lavé depuis un petit moment. La laverie devant faire 20 m², je sens qu’on va rigoler pendant l’heure qui suit.


Pour commencer,  je sors pour appeler mes parents et fumer une clope, histoire de gagner un peu de temps. Je tombe sur mon papa, j’arrive à faire tenir la conversation 10 mn, un exploit vu que mon père n’est pas locace mais ma mère dort. Je lui dis que le  monsieur aviné me fait un peu peur. Sur ces entrefaites, Vicky appelle, je lui redis que le monsieur me fait un peu peur. Une fois ma clope terminée, je finis par retourner à l’intérieur. Dilemme : où m’asseoir. Soit je prends les fauteuils qui tournent le dos au poivrot mais qui me laissent proche de lui (à moins d’un bras de distance), soit je me mets ceux en face mais qui risquent d’enclencher un contact visuel. Bon, on va prendre le contact visuel. A peine assise, il me parle « ça vaaaaaaa ?

– Oui.

– Rrrrrrroooooooglougrooooooooagrrrrrrmuuuuuuuuuu

– …

– Roooooooooooooarrrgggggggrouuuuuuuoaloperoarooooooooo « 

Oui, il me semble avoir entendu un salope mais je ne peux pas être affirmative et je sens que ça va être long surtout que dès qu’une voiture klaxonne, il crie des « roooarrrrrr ta gueule ! ». Okayyyyyy, on va tous prier pour que je ne me prenne pas une baffe avant la fin de ma lessive.



Finalement, non, le monsieur a passé son temps à faire des « rooooooooo », à cracher et à regarder une machine vide, me demandant juste si on était bien dimanche. Moi, j’étais tendue comme un string ne sachant ce qu’il allait faire et je n’ai fait que trois sessions de séchage au lieu de 4. Mais que pouvais-je faire, au fond ? Je n’allais pas appeler la police vu qu’il ne m’a pas agressée (sauf le salope, à la limite, mais je suis pas sûre), même si je le sentais potentiellement agressif . L’état d’ébriété est certes condamnable sur la voie publique mais je ne sais pas si la laverie ça compte. Et en fait, au vu de ses étranges « roooooooo », je me suis demandée un moment si je ferais pas mieux d’appeler le SAMU, finalement.


Voilà, sur le coup, ça m’a un peu gonflée parce que je ne trouve pas vraiment normal de subir ce genre de personnes qui risquent de péter les plombs à tout moment, comme je l’ai vécu par le passé (il m’en arrive de ces choses) D’un autre côté, le mec ne m’a pas fait de mal et ne faisait rien de répréhensible, je ne crois pas qu’une laverie libre service soit interdite aux gens qui ne lavent pas leur linge.


Alors la prochaine fois que je demande à mes amis twitter d’aller à la laverie pour moi, acceptez, ça vous évitera des articles du genre. Non mais !

The D(éménagement) day

[Pour mémoire, je m’en étais arrêtée là]


Ce qui est bien dans ma vie, c’est que dès que je planifie un truc, ça ne se passe jamais comme prévu et y a des jours où ça fatigue un peu, quand même. Donc comme convenu, Madinlove devait arriver chez moi vers 11h pour aller chercher le camion avec Vicky, Tatiana et Lucas devaient arriver à 12h et c’était parti !




10h45, mon portable vibre : « Je serai en retard, mon train n’avance pas – Madinlove ». Putaiiiiiiiiiiiin ! Même quand je m’en sers pas, la SNCF me cherche ! Bon, bilan de la situation : on doit avoir récupéré le camion avant midi sinon Kiloutou ferme jusqu’à 14h30 (super) donc on doit agir vite. Opération « changeons de plan ». J’attrape Kenya et la mets dans son panier, on la largue en trente secondes chrono chez ma soeur (chez qui j’ai réussi à ouvrir la porte du premier coup, je n’y arrive jamais normalement, je suis restée 15 mn dehors, une fois). Ensuite, on trouve le Kiloutou, Vicky va conduire vu que je n’ai jamais conduit en région parisienne et que je ne comprends strictement rien au périph’. On fait les papiers, Vicky est mise en conductrice, on file. On se prend des bouchons de folie car il y a des travaux dans le coin, Madinlove est arrivé entre temps et nous attend devant mon nouveau chez moi où on doit repasser prendre le frigo et le vieux lave vaisselle que j’avais dans mon premier appart quand j’ai emménagé et que j’ai remplacé par une machine à laver. Le proprio m’avait « gentiment » suggéré de laisser ma machine à laver à la place quand je lui avais demandé à l’emménagement si je pouvais enlever son lave vaisselle. Dès le départ, il a essayé de m’arnaquer, j’aurais dû sentir qu’avec lui, ce serait souvent à sec avec du verre pilé. Donc le lave-vaisselle avait moisi dans le garage de mes parents pendant 4 ans et avait été monté par mon oncle et ma tante quand ils sont venus installer mon cousin sur Paris



Et le frigo ? Ben celui de mon ancien appart étant carrément mieux (avec un réfrigérateur), j’ai décidé de faire un échange. Je rappelle que mon ancien proprio avait refusé de me régler 800 euros de facture de plombier qui devait lui échoir utilisant le prétexte que je m’étais faite arnaquer, je pense que ce petit échange standard est une très légère compensation. Bref, on arrive à l’appart, on charge la machine et le frigo et on doit repartir vers le Kiloutou récupérer la voiture de Vicky car nous en aurons besoin rapidement. Vicky veut à tout prix conduire le camion, on monte dedans et là, en sortant de chez moi, « krrrrrrrrrr ».

Vicky : Qu’est-ce que c’est ?

Moi : C’est pas les diables qui roulent derrière ?

Madinlove : Heu non, tu viens de décaniller le vélo garé juste là.




Bon, comme on est pressés et qu’on revient dans une poignée d’heures, on vote et on décide qu’on mettra un mot à notre retour. Au kiloutou, les embouteillages deviennent denses, Lucas et Tatiana sont envoyés au café à côté de la maison pour patienter et à 13h30, on peut enfin se garer au fond d’une espèce d’impasse qu’il y a à 50 mètres de mon appart, je laisse un petit mot avec mon numéro de téléphone au cas où. En sortant du camion, je regarde les dégâts. Le camion est enfoncé sur une bonne partie du côté. Bon, on va pas s’énerver, ça ne sert à rien.



On récupère Lucas et Tatiana, on va se restaurer au McDo vu l’heure. 14h30, il est temps d’agir, on retourne chez moi avec le capharnaüm toujours pas rangé vu que j’ai pas fini mais comme on pourra finir avec la voiture, opération : on vide tout sur le trottoir et on charge le camion. Evidemment, dans l’impasse où on avait garé le camion, y a aussi un gars qui déménage donc on est prié de pousser le nôtre. Sachant que ma rue est à sens unique avec de grosses barrières en fer soudées au trottoir tout le long, on va pas pleurer.



Mais tout le monde joue le jeu, les deux diables que j’ai loués nous aide bien et à 16h30, le camion est plein, direction nouvel appart. Là, les consignes sont simples : on monte tout (avec l’ascenseur, je passe au 3e étage, je suis une parvenue), on laisse tout sur place et fin des opérations. On transite les cartons du parking à l’ascenseur, de l’ascenseur à l’appart, ça monte, ça descend, ça avance bien. Une voisine peste après Lucas parce qu’on bloque l’ascenseur, il lui répond gentiment qu’on est en plein déménagement donc on fait ce qu’on peut mais « oui mais moi, j’en ai besoin! ». Je sens que mes nouveaux voisins sont charmants.




17h30 : tout est débarqué. Prochaine étape : ramener le camion à temps (18h) à Kiloutou et pleurer sur la facture.

Où trouver l’homme ? Episode 30 : à la laverie

(Lecteurs, bonjour, je rappelle que ces articles sont des fictions et ce que je raconte dedans n’est pas vrai. Dans cette histoire, je
vais à la laverie parce que ma machine est en panne alors qu’en vérité, j’y suis allée parce que j’ai pas de machine à laver pour le moment)

Dimanche, c’est le jour rêvé pour aller laver mes affaires à la laverie vu que je n’ai rien de plus intéressant à faire et que je n’ai plus rien de décent à me mettre. Après avoir blindé ma valise à roulettes, c’est parti.



En arrivant à la laverie, surprise, y a plein de gens et que des hommes en plus. Je trouve ça mignon des hommes qui font leur linge surtout que ceux là, ce sont des racailloux made in chez moi donc en gros, ils parlent en wesh et zyva mais ils disent poliment bonsoir quand je les salue et ils sont bien fringués; Alors que moi, j’ai mon jean avec la braguette cassée qui tient avec un élastique et un pull informe avec capuche intégrée [ce détail est vrai, par contre]. Après avoir cherché comment marchait la machine et finalement demandé à mes compagnons de machine à laver, c’est parti. 50 minutes, je vais mourir.

Après avoir fumé une clope, je me pose et me plonge dans un bouquin, les gens entrent et sortent. Tiens, il semblerait que je sois la seule à dire bonsoir, réflexe de provinciale ? Bon, alors, retournons à mon roman, que se passe-t-il déjà ? Pffff, c’est long, je m’emmerde. Soudain entre un jeune homme, beau gosse. Ici, c’est encore mieux que le supermarché, il est certain que les gens habitent le quartier, il est impossible qu’ils fassent des kilomètres pour une laverie, y en a partout. Et les hommes présents savent faire des machines, ce sont des hommes indépendants des années 2000. Sous entendu, si un jour cet homme est mien, il sera obligé de participer à l’opération machine à laver. De plus, nous voilà condamnés à rester de longues minutes dans la même pièce, en voilà une occasion rêvée pour discuter !

Mais la drague à la laverie comporte des pièges. En un, je ne suis pas du tout au top de ma séduction au vu de ma tenue vestimentaire et en plus, je n’ai pas pris la peine de me maquiller et si je me suis coiffée, ça a plus tenu du coup de peigne pour démêler et discipliner un minimum. Bon, essayons de relativiser : si un jour, cet homme est mien, il saura de suite à quoi je ressemble sans artifices et ne sera pas déçu de la version naturelle. Même s’il paraît que je suis aussi bien sans maquillage, me dit un jour un ex.


Deuxième piège et là, ça peut être dramatique : le contenu du tambour. Comme je lave mes dessous à la main parce que c’est fou comme ça se salit vite ces petites choses et que je refuse toujours de désaccorder le soutien gorge et la culotte. Donc dans mon méli mélo de vêtements, je sais qu’il n’y a aucune culotte dossier genre ma culotte rouge petit bateau spécial week-end, quand je ne sors pas et que je ne mets pas de soutien gorge. Mais en révisant mentalement la liste de mes affaires en train de laver, je frémis. Au milieu de mes pantalons tailleur et tops fantaisie jolis, il y a THE chemise de nuit. Vous voyez, la chemise de nuit de célibataire d’hiver quand il fait trop froid pour dormir toute seule ? La mienne est déformée de partout, elle a des nounours dessus et elle se marie à merveille avec mes jambes non épilées de célibataire qui ne met pas des jupes en hiver car il faut être malade ou insensible au froid pour oser une telle tenue. Je vais la brûler en rentrant chez moi.


Bon, il se plonge lui aussi dans un bouquin, c’est mal barré. Ah, ma machine se termine, avant la sienne vu qu’il est arrivé après. Ma mission si je l’accepte : attraper mes fringues de telle façon que ma chemise de nuit soit cachée par tout le reste. Et évidemment, en me compliquant la vie, je fais tomber mon linge propre sur le sol douteux. Mission échouée.

Je balance tout dans le sèche linge et replonge le nez dans mon bouquin, penaude. De toute façon, la laverie, c’est trop moche pour y draguer, na !

Je suis pas bonne à marier

(petite pause dans la chômagie parce que pas envie cette semaine, envie de légèreté, c’est le printemps, youpi)

En début d’année, une bonne part de la vingtenaire corps  s’est réunie dans un café (pour info, il y avait Jane, Marine, Summer, Bobby, Lucas et moi). A un
moment, on parlait du blog, et Bobby fait « et qui veut tenir la rubrique cuisine ? ». Face à moi Marine. On se dévisage toutes les deux, l’air horrifiée, puis elle déclare :
« moi, je cuisine pas. Je suis vraiment pas bonne à marier ! ».


De fait, je cuisine peu. C’est pas que j’aime pas ça mais pour moi toute seule, ça m’ennuie. De toute façon, je rentre chez moi entre 20h et 20h30, je fais une
sieste post job donc autant te dire qu’en me relevant, j’ai plus faim. Mais au-delà de la simple question de la cuisine (Picard est mon ami), cette réflexion sur le bonne à marier m’a fait réfléchir. Quand ma mère s’est mariée, elle ne savait pas cuisiner et sa première grande fierté de jeune épouse a été de confectionner une blanquette de veau. En fait, c’est pas super compliqué la blanquette, j’en ai déjà faite une (alors que je suis pas mariée, lalalère). Quand j’étais une petite fille, j’avais sur le dos les tricots faits par maman, les habits cousus par elle. D’ailleurs, à l’époque, ma mère achetait du tissu et faisait tout en double, ce qui fait que ma sœur et moi étions souvent habillées pareil, sans pour autant être jumelles. Pour ma part, j’ai pas
touché une machine à coudre depuis mes 13 ans, et encore parce que j’avais des cours de couture à la place de techno car on n’avait pas le matériel, je sais juste faire le point de mousse en tricot ce qui n’aide pas beaucoup…Autant vous dire que mes petiotes, si j’en fais un jour, elles ont très peu de chances d’être habillées par des fringues made in maman. Et vu mes compétences en la matière, on peut dire qu’avant d’être nées, elles sont déjà sacrément chanceuses.

Aujourd’hui, alors que le féminisme agressif envahit les plateaux télés avec Isabelle Alonso, je trouve quand même qu’il est aussi important de voir les évolutions.
Aujourd’hui, la femme peut prétendre se marier sans pour autant maîtriser la base des tâches domestiques qui lui étaient autrefois imposées. Aujourd’hui, si la femme coud ou tricote, c’est plus par goût que par obligation, idem pour la cuisine. Perso, le tricot, j’aime bien, par exemple. Je ne fais rien de précis, que des points et ça me détend. J’avoue que dans mes rêves les plus fous, j’aimerais savoir coudre pour me faire des fringues de folie mais le fait est que je ne sais pas faire. Surtout que les fringues que j’ai en tête, c’est un peu du très compliqué. Si un mec me
quittait sous prétexte que je pourrais pas confectionner des fringues pour notre future progéniture, je dirais bon débarras. Parce que la cuisine pour plusieurs personnes, j’aime bien (quand j’ai le temps) mais pour le reste, faudrait voir à pas trop me forcer. Quant au ménage, repassage et tout… L’avantage de l’homme des années 2000, c’est qu’en général, il vit seul quelques années et apprend à se servir d’un aspirateur, d’une machine à laver et d’un fer à repasser. Si, c’est vrai ! Du coup, il ne passe pas direct du giron de sa môman au mien, je n’aurai pas besoin de lui
expliquer comment marche la machine, l’aspirateur ou le produit vaisselle, il pourra le faire tout seul. Je ne désespère pas de tomber sur un suffisamment docile pour participer au lavage de la litière de Kenya mais j’abuse peut-être un peu là…

Du coup, le partage des tâches domestiques et même la liste de celles-ci me semblent moins évident qu’avant. Déjà, dans ma prime jeunesse, quand ma mère travaillait en soirée (infirmière oblige), mon papa nous faisait à manger. Bon rien de bien compliqué, des raviolis en boîte, de la purée mousseline, des œufs au plat… Mais bon, déjà à l’époque, j’étais un peu étonnée quand on m’apprenait que la maman faisait à manger et le papa ramenait les sous. Parce que mon papa à moi, il ramenait des sous et faisait à manger aussi. Des fois, il faisait le ménage mais très rarement mais il bricolait pas du tout par contre. Mais du coup, aujourd’hui, vu que nos hommes ont vécu seuls, on n’est pas obligées de tout se taper non plus, sans rentrer tout autant dans un « je le fais pas parce que je suis féministe ». Parce que mine de rien, j’aime bien faire un bon plat à mon chéri, quand même.

Tous victimes !

La semaine dernière, je lisais Le mur des lamentations d’Abiker qui caricature le besoin que l’on a de se faire plaindre. Bon, je vous raconte pas le livre, lis-le, lecteur. Oui, il faut lire, ça détend, ça fait du bien et ça occupe dans le métro. Et dans le train, aussi. Et dans l’avion mais moi, je le prends pas, j’ai trop peur. Mais c’est pas du tout de ça dont je voulais parler ! Mais qu’est-ce que j’adore les digressions, quasiment autant que les métaphores pourries !

Donc je voulais vous parler de cette manie complètement humaine qu’on a de se plaindre. C’est totalement universel. Par exemple, je prends ma famille : mes grands-mères râlent, mes parents râlent, ma sœur râle et moi aussi. Et ce n’est pas spécifique à ma famille. Va dans la rue et tend l’oreille, lecteur, tu n’entendras que des doléances, encore et toujours. « Je paie trop d’impôts pour financer ces feignasses de chômeurs », « y a plus de saisons ma pauv’ dame ! », « dans la rue, y a plus que des voyous », « j’ai un cancer », « je viens de redoubler mon année », « mon prof m’a saqué », « tous des connards »… Bon, vous voyez le topo. Selon les âges et les personnes, les plaintes ne sont pas les mêmes. Par exemple, moi, je peux me plaindre de pas avoir été payée pour mon stage ou que le journalisme est un boulot galère mal considéré, mal payé mais je peux pas me plaindre de me lever trop tôt le matin (pour le moment, je bosse de chez moi donc bon), de perdre une heure dans les transports (pour la même raison) et je peux même pas sortir « tous des connards » puisqu’aucun mec ne me fait chier en ce moment. Et je ne m’en plains pas, c’est reposant de sortir de la guerre des sexes et de regarder ça d’un œil neutre. Surtout que, du coup, je finis par croire que je pourrai me trouver une moitié qui ne m’énervera même pas. Même s’il paraît que les Français sont particulièrement râleurs, c’est une manie mondiale ! Tout le monde a un truc qui cloche toujours, c’est comme ça.

Pourquoi on se plaint ? Pour se faire plaindre, ça paraît logique, mais pas que. Il est vrai qu’il y a des moments où on tombe tous dans le syndrome de la « victime égocentrique » à base de « mon problème est super grave et tu dois compatir ! ». Bon, ça ne me gêne pas de compatir, surtout quand moi, ça va. Alors, j’écoute, je compatis, j’hoche la tête, j’essaie de distraire mais la distraction est à manier avec précaution. Si vous sortez une blagounette pendant que Charlotte se plaint que son Etienne l’a quitté pour Jennifer qui a un prénom de pouffe et des cuisses tellement
énormes que l’une d’entre elles suffirait à éradiquer la famine en Afrique, ça peut vous retomber dessus. Oui, on peut être particulièrement garce avec la rivale, la sale biiiiiiiiiiiip qui a osé nous piquer notre mec. Donc imaginons, Charlotte se plaint qu’Etienne est parti avec cette pétasse et vous, inspirée, vous sortez : « avec de la chance, il se retrouvera étouffé entre ses deux grosses cuisses, ça lui servira de leçon, mouahahahah ! ». Oui, des fois, j’ai un humour vraiment pourri. Mais bon, voilà, j’ai commis l’impair : au lieu de pleurer avec Charlotte, j’ai OSE essayer de dédramatiser la situation, de nier la gravité de la situation ! Parce qu’à force de comprendre la victime et lui prêter une oreille attentive, c’est nous qui devenons sa victime. Charlotte vient de se faire plaquer, elle m’appelle, logique. « Bouhouhou, je suis malheureuse ! ». Ok, j’arrive. Bon, évidemment, en deux heures, c’est pas réglé, il faut le temps. Seulement au bout d’un moment, c’est un peu fatigant de repasser en boucle le CD « Etienne est un gros con » sans avoir le droit d’aborder un nouveau sujet. Mais au bout d’un moment, on en a un peu fait le tour (même en abordant « Jennifer est une pouffe obèse même pas belle ») et ça sert plus à rien de ruminer. Donc on essaie de changer de sujet mais ça passe pas. On passe pour une traître, une indifférente. Mais non,
justement, j’essaie de te faire comprendre que c’est pas en ressassant toujours la même chose que l’on s’en sort ! Je me souviens d’une époque où la pauvre Anne s’était retrouvée à consoler une nana qui avait littéralement pété un plomb après que son mec ait rompu, allant jusqu’à téléphoner à la mère du jeune homme… Après 6 mois de relation ! « Je l’aime, je le déteste, je l’aime, je le déteste… ». Au bout d’un moment, la pauvre Anne n’en pouvait plus. Un soir, on se fait une soirée sex and the city à trois… Bon, ben la fille a comparé tous les personnages masculins à son ex, c’était assez lourd. Et puis, surtout, n’osez pas vous plaindre sinon s’engage une compétition débile.

« Etienne est un enfoiré, il m’a plaqué pour Jennifer !

– Oui bah tu sais, il m’est arrivé la même chose mais moi, ça faisait deux ans que j’étais avec lui…

– Oui mais moi, il m’a piqué des CD !

– Moi, j’ai dû partir de notre appart commun et dormir pendant deux mois chez une copine.

– Oui… Ben, moi, il a violé mon chat !
– … »
Autre cas courant : celui qui se plaint pour quémander des compliments. Quand j’étais au collège, une fille m’avait dit une fois : « Non mais tu vois, Anaïs, elle se plaint pour qu’on lui fasse des compliments. Elle dit qu’elle est grosse pour qu’on lui dise qu’elle est mince et tout ça. ». En observant les faits, j’ai constaté que c’était vrai. Mais c’est risqué parce que si elle continue, elle va finir par se prendre un : « ouais, c’est vrai, t’es grosse, tu fais au moins du 48, non ? ». De façon toute personnelle, quand je me plains, c’est avant tout pour vider mon sac. Et là, quand ça explose, c’est parti : « Putain, fais chier, j’en ai marre ! Je trouve pas de boulot, j’ai plus de tunes, j’ai des factures qui pleuvent, cette putain de CAF qui me verse plus rien alors qu’ils doivent me donner plein de sous, mon asso qui a oublié de me payer, j’ai pas de mecs, mon chat n’arrête pas de vomir sur la moquette, ma mère a un lupus, ma sœur est dépressive, j’ai même
pas demandé à naître ! ». Enfin, voilà, je dis tout en même temps, ce qui me vaut en général la réponse : « heu… Je sais pas quoi te dire ! ». Ben, y a rien à répondre, juste que ça me fait du bien de balancer tout ça, ça soulage, c’est un peu comme mettre la poubelle au vide ordures. Mais bon, en général, quand j’ai des petits soucis, rien ne vaut l’autodérision. Oui, j’ai la lose, alors rions-en ! Faisons des BD mal dessinées sur ma machine à laver qui déconne et mon chat qui vomit (je crois qu’elle me fait de la boulimie, en fait). Au lieu de passer pour la chieuse jamais
contente de service, je passe pour la rigolote ! Parce que se plaindre sans saouler son auditoire, c’est tout un art. Si on tombe dans le larmoyant et le pathétique, les gens vont vite se lasser. Parce que quelqu’un qui ne va que mal, à la fin, on lui demande même plus si ça va car on sait que l’on va lancer la valse des litanies.
Alors faisons comme David : plaignons-nous mais avec panache et humour !

Argent, trop cher

Voilà un sujet qui n’a jamais été abordé réellement ici et pour cause : l’argent, c’est tabou. Et pourtant, ça fait tourner le monde. C’est un mal très français ce rapport curieux à l’argent et à la réussite qui va avec. Il fascine autant qu’il répugne. Déjà, Tocqueville avait remarqué qu’aux Etats-Unis, on parle librement de sa réussite et de sa fortune alors qu’en France, on reste toujours pudique sur le sujet. Bon, alors enfonçons des portes ouvertes, puisque je suis très douée pour ça.

 argent
Comment parler d’argent ?

– soit je dis que j’en manque pas grâce à mes parents et on me traite de petite fille pourrie gâtée, issue d’une jeunesse dorée

– soit je dis que j’en ai pas assez et on me traite de petite fille pourrie gâtée, issue d’une jeunesse dorée et ingrate, en plus.

Quand j’étais ado, l’argent était quelque chose d’assez abstrait pour moi. J’avais deux cents francs d’argent de poche par mois qui me servait à économiser pour les cadeaux de Noël. Puis à 18 ans vint l’autonomie, l’appart dans la grand ville et la carte bleue. Et là, ô révélation : la vie c’est cher et l’argent, ça pousse pas sur les arbres. Bon, je n’étais pas naïve, je n’ai manqué de rien pendant ma jeunesse mais je n’avais rien sans rien non plus. Mes parents m’ont pas payé de voiture quand j’ai eu le permis et je n’avais pas droit à un truc juste parce que je le réclamais. Au moins, ça apprend la valeur des choses. Mais cette nouvelle vie m’a appris un truc : l’argent quand y en a plus, y en a plus. Apprends à gérer ton budget, ma fille. Donc j’ai ouvert des comptes épargnes : un auquel je ne peux pas toucher et un qui me sert à mettre de côté en prévision de gros achats genre un ordi portable ou un appareil photo numérique de mes rêves. Parce que, mine de rien, quand on se paie des trucs gagnés à la sueur de son front, ben c’est quand même vachement valorisant. Bref, je capitalise à mon petit niveau… D’ici 48 ans, je vais pouvoir me payer une chambre de bonne à Belleville, yeah !

 

Revenons à l’argent. Dire qu’il fait tourner le monde est un doux euphémisme. On court tous après l’argent, quoi qu’on en dise. Si on demande à quelqu’un quel est le métier idéal, réponse : bien payé et pas trop contraignant pour laisser du temps aux loisirs. Des fois, c’est juste « bien payé ». Tout travail mérite salaire, ça, c’est indiscutable. Mais bon, faire 40 h pour un SMIC, ça fait chier. Le but n’est pas forcément d’être riche mais juste de vivre confortablement, soit bien mieux que décemment. Avec quelques euros de plus par mois, ce serait bien qu’on ait une télé écran plat, un appareil photo numérique hyper méga perfectionné, un ordi supra puissant, un immense lit avec un matelas « face cachemire » (si, ça existe !) pour l’hiver… Bref, rien d’indispensable mais on vit mieux avec. Bon, là, je perçois déjà les critiques des plus bolcheviques d’entre vous : non mais c’est la société de consommation qui nous pousse à nous suréquiper, tu n’es qu’une sale capitaliste, Nina… Ben, franchement, je le dis : je peux pas vivre sans ordi (et Internet), ma machine à laver me rend bien service, je rêve d’un sèche-linge et d’un lit avec un vrai matelas. J’économise mes deniers pour mon appareil photo numérique reflex. Bon, je pourrais me passer de télé (surtout qu’au pire, je télécharge des trucs sur le net), qu’elle soit petite ou grande et de toute l’équipement dolby surround. Mais bon, quelles que soient nos opinions politiques, on est toujours à courir après quelques euros de plus pour améliorer son quotidien. Après chacun l’investit où il veut, en équipement hifi ou en alimentation bio ou je ne sais pas quoi.

Là, j’entends encore les réactions : non, moi, je ne cours pas après l’argent, moi, je m’en fiche, je choisis pas mon métier en fonction du salaire… Effectivement. Pour ma part, j’ai choisi le journalisme, un métier où on devient très (mais alors très) rarement millionnaire. Je ne veux pas forcément être pétée de tune, je veux juste pouvoir ne pas me priver. Je ne connais personne qui refusera une augmentation ou qui travaillera bénévolement, juste pour le plaisir de travailler. Le bénévolat, ça existe, c’est pas ce que je dis mais personne ne travaillera à plein temps bénévolement (sauf les stagiaires).

 

Après, évidemment, il y a des gens qui ne pensent pas à l’argent… Ceux qui en ont. Non, mais c’est vrai : en général, plus on a de l’argent, plus on peut se permettre de ne pas travailler pour en gagner plus (surtout quand cet argent vient d’un héritage). Bill Gates et Richard Branson peuvent se lancer dans l’humanitaire, ils ont gagné tellement d’argent qu’ils n’arriveront jamais à tout dépenser. Car l’argent, c’est l’équivalent moderne du sang bleu : il y a ceux qui en ont (donc l’élite) et ceux qui n’en ont pas (la France d’en bas). Ceux qui ont une grosse baraque et ceux qui vivent dans les HLM. En matière de réussite financière, pas besoin d’être le plus riche ou le plus brillant. Quand on voit Paris Hilton, on comprend que l’argent n’est pas synonyme d’une quelconque intelligence. Oui, son argent, elle ne l’a pas gagné à la sueur de son front (quoi que si, je crois qu’elle a fait un procès suite à la diffusion de ses prouesses pornos) mais quand je vous dis que l’argent fait la nouvelle noblesse, en voici la preuve. La reproduction sociale est peut-être discutable mais il n’en reste pas moins qu’un gamin de famille riche ira peut-être plus facilement en privé, aura son ordi perso, pourra suivre des cours particuliers… Bref, aura plus d’outils pour réussir (après, s’il est con comme un balai, l’argent ne peut pas tout faire non plus).

 

Bon, rassurons-nous, y a l’ascenseur social. Mais si on regarde les chiffres, il descend plus facilement qu’il ne monte. Si je me compare à mes parents, avec mon métier de journalisme à 2000 euros par mois d’ici quelques années, je serai bien en dessous du CSP de mon père (mais au-dessus de ma mère, quoi que…). Donc, en plus, on dégénère ! Sauf pour les nouveaux riches, cette noblesse de robe qui a acheté ses titres à la loterie ou à la Star Academy.

 

Bref, que ça fasse chier ou pas, c’est l’argent qui fait tourner le monde, point. Alors pourquoi ne pas en parler franchement et arrêter de se cacher derrière une fausse pudeur. On gagne bien sa vie ? Ben quelle honte il y a ? A moins que ce ne soit pour ne pas attirer l’attention des impôts…

L’’origine de mon talent indéniable en matière de BD

Aujourd’hui, c’est férié mais je ne vous ferai pas subir de nouvelles BD. Non pas que j’ai pitié de vous mais surtout que je ne sais plus quoi dessiner. Kenya ne m’a pas fait de connerie mémorable depuis (enfin, elle m’en fait tous les jours mais de là à faire une BD sur le fait qu’elle fait des têtes trop rigolotes, non), ma machine à laver est restée sage et l’ensemble de mes appareils électroménagers ont compris qui était le maître (moi). Donc j’ai pris le parti de vous raconter comment j’ai développé mon sacré coup de crayon.

 random-crayons

Classe de seconde. Bon, comme toute lycéenne qui se respecte, je dessine sur les marges de mes cours ou sur la table. D’ailleurs, je profitais de ce média pour laisser mes petits messages d’amour : « Sagamore S. de terminale ES, je t’aime ». Oui, j’étais vraiment TRES conne au lycée. Bref, cette année là se trouve dans ma classe une jeune fille, Charlotte, avec qui je vais devenir amie. Mais drame : à la fin de l’année scolaire, Charlotte quitte la ville pour Montpellier. No soucy, pour ne pas perdre contact, Cécile et moi prenons l’habitude de lui écrire des lettres puis je perpétue la tradition seule.

Ces lettres sont de purs joyaux que je regrette de ne pas avoir photocopié. Faut dire qu’au lycée, déjà, je souffrais d’écritorite aiguë. A la fin des devoirs surveillés, comme je finissais toujours très en avance, j’utilisais mes feuilles de brouillon pour écrire des lettres qui n’étaient destinées à personne, sortes de journaux intimes. En gros, qu’est-ce que je racontais ? « Là, je viens d’avoir un DS d’allemand, je vais me planter, c’est sûr, j’ai rien compris au texte ! Si j’ai 3, ce sera le bout du monde… » Puis on enchaînait sur « Je suis amoureuse de Jean-Luc, tu verrais comme il est trop beau ! Cette nuit, je rêvais qu’il me parlait, waaaaaaah ! ». C’est fascinant l’adolescence quand même… Il y a quelques temps, je suis tombée sur quelques archives de ces lettres, j’avoue que j’ai bien ri, j’étais vraiment débile au lycée, un délice.
 

Donc je reprenais un peu le même principe pour mes lettes à Charlotte, je lui racontais TOUTE ma vie, je lui retranscrivais même certains dialogues parce que, des fois, il m’arrivait de discuter avec mes cibles. Mais bon, c’était du genre :

Nina : Oh, il pleut.
Cible : Ouais. T’as un effaceur ?
Nina : Oui tiens
Cible : Merci !

Ce dialogue était retranscris en couleur avec plein de petits cœurs autour. Je vous ai dit que j’étais TRES conne au lycée ?

 

Arrivée à la fac, j’ai pas perdu l’habitude. J’allais à certains cours rien que pour écrire ces fameuses lettres. Exemple en licence, j’avais cours d’histoire moderne de la Méditerranée le vendredi matin à 8h avec une prof qui était une véritable connasse. Outre le fait qu’elle ne savait pas de quoi elle parlait, elle était odieuse et raciste. Dès qu’il fallait s’en prendre à quelqu’un, elle s’en prenait à la pauvre beurette de service qui était super adorable, en plus. Donc comme j’étais passée en contrôle final dans cette matière, je faisais acte de présence histoire que connasse 1ère enregistre ma gueule si je passais à l’oral avec elle. Pour me motiver à aller à ce cours où je n’écoutais rien, j’avais deux trucs : apercevoir les Pyrénées quand le métro passait au dessus de la rocade et écrire mes lettres à Charlotte. D’ailleurs, les lettres étaient parsemées de : « Bah mais tu verrais comme elle est fringuée la prof, c’est trop moche ! » ou des « ah berk, elle vient de mettre ses doigts dans son nez, c’est dégueulasse ! » (véridique). Bon en général, mes lettres faisaient 8 pages, 8 pages de ce genre de considérations. Pour illustrer mes propos déjà très percutants, je faisais des petits dessins dans la marge. Bon, c’était encore moins évolué que les BD présentées sur ce blog, à savoir que pour faire les yeux des gens, je faisais des points de couleur. Mais le mieux, c’était la « goutte ». Oui, je suis très influencée par les mangas donc dès qu’une personne avait une révélation, je lui mettais une goutte sur la tête. Genre : « Hé Gauthier, tu savais que Rachel voulait sortir avec toi ? » Hop, on voit le Gaugau dessiné avec une goutte sur la tête. D’ailleurs, comme m’a fait remarquer Gauthier un jour : « Moi, j’ai toujours une goutte sur la tête ! ». C’est pas ma faute s’il lui arrive que des merdes à Gaugau !

Le pire, c’est que mes lettres étaient devenues célèbres auprès de mes amis proches. Pas des autres car je leur taillais de foutus costards aux pintades qui nous ont fait vivre un enfer. D’ailleurs, à un moment, je racontais ma vie sous la forme « Sunseat Beach de l’amour et de la beauté au Mirail », un truc du genre. Et malgré tout, j’ai réussi à avoir mes diplômes, quel talent.
 

Depuis trois ou quatre ans, je n’écris plus ces lettres mais j’ai toujours des nouvelles de Charlotte. Récemment, elle s’est fiancée, faut que je vous raconte la demande de M. Charlotte, c’était fantastique. En fait, ils se sont fait un réveillon à 4 dans un chalet en montagne. A minuit, ils se fêtent la bonne année et s’amusent à gratter des jeux de la Française des jeux, ceux qu’on achète dans les enveloppes. Charlotte gratte et râle : rien de rien. « Putain, j’ai jamais de chance, moi ! ». Et là, son mec lui fait : « Mais, attends, tu m’as moi ! ». Et là, il se met à genoux et sort sa bague. Ben, franchement, M. Charlotte, il assure parce qu’elle ne l’a pas vu venir le bougre.

 

Enfin, voilà. Si vous voulez vous plaindre de mes dessins, je vous filerai le mail de Charlotte.

Sur les rotules

Depuis quelques temps, me voici devenue une working girl. C’est plutôt une bonne nouvelle, vu ce que j’ai galéré pendant les 6 derniers mois. Cette semaine, j’ai donc entamé un nouveau stage. Problème : la masse de travail est énorme et je suis pour l’instant seule à l’accomplir. Jeudi et vendredi, ce fut donc après-midi boulot chez Michel pour déblayer un peu le terrain. Résultat : mon week-end à Toulouse va être des plus réduits car je dois être de retour lundi à 8h. C’est parti pour un week-end marathon.

 


Jeudi, je sors de ma première réunion et j’ai compris : inutile d’espérer pouvoir partir le lendemain en province, j’ai encore une réunion et elle va finir tard. Effectivement, elle a terminé à 21h. Bon, c’est le début, ça va se calmer après. Donc je prends le train samedi à 7h30. Oui, vous avez bien lu, moi, dans un train à 7h30. Samedi, 6h, mon réveil me tire de mon sommeil. Fais chier, je serais bien restée au lit. Et c’est parti pour une des journées les plus longues de l’année. Je me lève, je m’habille, je finis mon sac et 6h30, je sors de chez moi (je me suis pas maquillée, ça fait gagner du temps). 7h, me voilà arrivée à la gare donc avec une demi heure d’avance qui m’ont servi à boire un café. Dans le train, ô misère, je tombe dans un compartiment, c’est impossible de dormir là-dedans, je fais comment pour finir ma nuit, moi ? Autant ne plus y compter. Heureusement, à Limoges, je change de train et dans le nouveau, y a de la place donc je dois dormir/somnoler deux bonnes heures. Sauf que dormir dans le train, ça fait mal au dos et aux cervicales. Donc décision : cet après-midi, je fais la sieste sinon, je ne tiendrai pas.

Arrivée à la gare, je retrouve mes parents et là, on croise la mère d’Anne qui vient justement chercher sa fille. On reste un peu à papoter et voilà justement Anne qui me propose de passer chez elle. Donc, je rentre chez mes parents, je jette mon sac dans un coin, mon linge dans la machine (oui, pour les draps, un sèche-linge, c’est top et je n’en ai pas), mon café dans le gosier, Technopolis sur le blog et je repars. Après-midi chez Anne à me gaver de thé et de café car je sais que je pourrai plus dormir. On papote de nos vies, de nos hommes (surtout d’eux, des oreilles ont dû siffler samedi après-midi), on dit un peu de mal des gens mais pas trop. Bref, un après-midi normal entre filles.

18h15, retour chez moi, opération « douche ». Mmmm, que ça fait du bien. Sauf que le drame se noue. En sortant de la douche, je tends la main pour attraper mes vêtements posés sur le rebord de la baignoire (oui, dans la salle de bain de mes parents, y a une cabine de douche ET une baignoire) et je fais tout tomber dedans. Ce qui est ennuyeux car il y a un phénomène de reflux donc toute l’eau que j’ai utilisée pour me laver stagne au fond de la baignoire et mes fringues trempent désormais dedans. Et merde ! Donc je fais une expédition punitive dans le placard de ma mère qui, heureusement, se fringue bien et fait la même taille que moi. Du coup, je suis à la bourre, je me maquille en parlant à ma maman qui venait de finir ses courses (dont la carte de vœu pour Gaugau, une carte miniature…).

Je pars enfin pour Toulouse, je perds une plombe à la station essence puis je prends l’autoroute. Arrivée sur place, je récupère Lucie et on va manger chez un couple d’amis. Première partie de la soirée calme, on mange des pizzas tout en jouant à la belote. Ben, mine de rien, j’adore la belote et ça devait faire plus d’un an que j’avais pas joué et ça m’a fait bien plaisir, surtout que mon partenaire et moi avons rétamé Lucie et son collègue lors de la deuxième partie. Bon, nous, on avait du jeu et pas eux. D’ordinaire, j’ai pas de chance aux jeux, moi, j’espère que je ne dois en tirer aucune conclusion… (je plaisante).

Nous sommes arrivées à 20h30. 22h, Gauthier commence à nous harceler pour qu’on se dépêche mais on finit notre repas-belote quand même surtout que j’apprends par Lucie que je dois récupérer trois personnes au passage. Sympa de me prévenir, c’est quand même moi qui conduit. Bon, on finit par partir vers 22h45 puis on tourne dans Toulouse pour récupérer les 3 personnes et on part enfin chez Mister Big. Ô miracle, on trouve une place en bas de chez lui, même pas besoin de faire un créneau. J’étais partie sur un : « à 1h, je me casse ». Finalement, le temps qu’on parle, qu’on fasse les cadeaux et tout ça, on décolle un peu avant 3h, je redépose mes passagers de l’aller moins une et je finis finalement par me coucher à 4h, totalement épuisée. Je ne m’endors qu’une demi heure plus tard.

Le lendemain mati, j’émerge à 12h30 et c’est reparti. Un bisou à ma mamie qui est venue manger, une douche vite fait avec lavage de cheveux obligatoire et hop, on déjeune. On mange sans se presser en avalant les infos, arrêt sur images (ouais, j’ai enfin réussi à faire regarder cette émission à mes parents !), les Guignols et le zapping. On débarrasse, je fais un tour rapide sur le net pour lire mes mails et les comms sur le blog. Je redescends, ma grand-mère part, je lui fais un bisou. Puis comme il est hors de question que je m’allonge et qu’il n’est que 14h30 (mon train étant à 16h39), on décide d’aller faire un tour dans la nouvelle voiture de ma mère, qui a la particularité d’être décapotable. Yeah. Je fais donc mon sac et vers 15h, nous voilà parties sur les routes de la campagne. Bon, c’est super agréable de se balader en décapotable, faut le dire, même si la luminosité me dérange un peu au départ. Bon, au bout d’un moment, la gorge me gratte et mes yeux se mettent à pleurer mais ce n’est pas très grave. Ca fait longtemps que mon allergie au pollen ne s’était pas à ce point manifestée.

Le problème, c’est qu’on se promène, on se promène et qu’à un moment, je fais : « maman, mon train part dans 20 minutes ». « Maman, mon train part dans 10 minutes… ». « Maman, a priori, je n’aurai pas mon train et le prochain me fait arriver à 23h50. » Bon, on va quand même à la gare, j’arrive et je vois que le train est là, voie 2, donc je prends les escaliers en courant avec ma valise qui pèse un peu quand même, j’arrive sur le quai d’en face, le coup de sifflet vient de retentir mais une porte est encore ouverte, deux contrôleurs discutant donc j’essaie de me jeter à l’intérieur mais ils me bloquent : « non, mademoiselle, aucun passager de cette gare ne peut monter dans ce wagon. » Bon, sur le coup, je me dis que je suis tombée sur un farceur mais apparemment, non, ce n’est pas le cas. Il m’a expliqué mais je n’ai rien compris et je m’en fous : le train est encore ouvert, je suis sur le quai, je veux monter. Il me dit qu’il y a une majoration de 35 euros, je réponds que je les paierai mais je veux partir ! Heureusement, le contrôleur du train est plus sympa, il me fait monter avec la promesse que je change de wagon à l’arrêt suivant (c’est un grand convoi avec deux TGV collés). Je m’installe donc tout au bout du premier TGV et docile, à l’arrêt suivant, je descends et je change de place. Sauf que la SNCF est très joueuse, elle ne m’a attribuée aucune place précise…Je trouve cependant une banquette libre, je m’y installe. A l’arrêt suivant, personne ne vient me chasser de là, un gars vient s’asseoir à côté de moi et m’explique que, comme moi, il n’a aucune place attribuée… Décidément ! Surtout que le train est loin d’être plein… Enfin, je suis assise. Au menu : écriture puis quand l’ordinateur bippera la fin de sa batterie, je lirai avant de m’assoupir. En rentrant chez moi, j’ai beaucoup de boulot mais ça attendra. Ce soir, je ne fais rien, ça me changera de ce week-end. En tout cas, j’aurai réussi en 26 heures à voir mes parents, ma mamie, Gauthier, Mister Big, Lucie, Emma et Anne, à fêter un anniversaire, faire deux parties de belote, boire un peu (Mister Big, ton margarita fraise, mmmm), me faire un nouvel ami qui est une machine à compliments, mettre mon blog à jour, faire une balade avec ma maman et apprendre les derniers potins de la famille (Gaugau, parenthèse pour toi : mon cousin pas beau de 20 ans va être papa… au secours), faire une lessive, prendre deux douches (dont une où je me lave les cheveux), noyer mes vêtements… Finalement, y a que dormir qui manque à la liste. Et le week-end prochain, le frère de Gauthier monte… Seigneur !

 

Changement de cycle

 Reste donc lecteur, je ne compte pas de parler de machine à laver, même si je pourrais faire un article sur la mienne tellement chaque lavage se transforme en épopée fantastique. Par exemple, la dernière fois, ma machine a voulu me livrer sa propre version du déluge. Principales victimes : mes pauvres pantoufles déjà pas très en forme. Mais passons mes histoires de machine, tout le monde s’en fout, même Gauthier qui a vécu l’aventure en direct.


 Je le sentais, ce foutu vent qui se décidait enfin à tourner ! Le déclic a eu lieu lors de mon dernier voyage chez mes parents, fin mars. D’abord l’espoir. Après un trajet un peu pénible avec des histoires de vomi et de place réduite dans le train (pourquoi je paye 5 euros pour avoir le droit de faire voyager mon chat alors que je n’ai pas le droit à plus de place ?), je retrouve enfin ma maison, je papote avec ma maman (aussi bavardes l’une que l’autre, imaginez) et je vais faire un tour sur le net pour voir un peu ce qu’il s’est passé sur le blog pendant mon absence et vérifier qu’aucun amoureux transi ne m’a envoyé de mails. A défaut d’une demande en mariage de Brad, je trouve un mail curieux me proposant un stage. Bon, je sais que ça va capoter, je peux pas avoir de conventions mais je vais quand même donner suite, on ne sait jamais. Et là, tout s’enchaîne.
 
Vie pro

J’ai déjà raconté l’histoire de cet entretien surprise. Au départ, je dois réaliser un stage non conventionné de 2 mois, payé 25% du SMIC. Bon, la rémunération est minable mais je ne peux prétendre à mieux sans convention et, de toute façon, pour une fois qu’on me rémunère pour un stage… Je repars de l’entretien surexcitée, emballée par le projet et par Pierre Cécil, le DRH choupinou qui ressemble à David Duchovny. Ils me prennent, c’est sûr. Le lendemain, coup de fil, choupinou et sa voix sexy : « Oui, alors comme on peut pas faire un stage non conventionné de 2 mois, je te propose un CDD de 3 semaines, parce qu’on peut pas plus, niveau salaire. » Forcément, je m’empresse d’accepter. Forcément, je préviens ma sœur et Zoé sur MSN, forcément, j’appelle ma mère (qui, comme d’hab, n’a pas compris qu’un portable, ça marche mieux quand c’est allumé). Je suis carrément euphorique. Non parce qu’un stage, on ne sait jamais trop ce qu’il y a derrière, je peux avoir été stagiaire « je fais le même boulot qu’un journaliste » ou une stagiaire « je suis la pro de la photocopie ». Alors que là, c’est un CDD. Pour la première fois de ma vie, me voici pleinement journaliste, avec les responsabilités qui vont avec. Et ça, c’est la classe !

Après une première semaine, je suis comme un poisson dans l’eau. Pierre-Cécil me présente des tas de gens tous les jours que je ne retiens pas mais je leur adresse un grand sourire : « Salut ! Tu vas bien ?

– Oui, oui. »

Bon, ça va, le fait que je n’utilise pas son prénom ne l’a pas traumatisée. En plus, en RH, y a que des bonnes femmes, sauf choupinou donc c’est pas facile de les différencier. Puis je m’en fous, c’est pas avec elles que je bosse. Quoi qu’il en soit, après une première semaine, ce que j’ai rendu les satisfait donc je continue sur ma lancée. Cette semaine, je dois finir le rédactionnel pour la dernière semaine ne faire que de la mise en place et seconder Pierre-Cecil s’il a besoin de moi. Enfin, tout ça s’annonce bien.

La vie perso

Là aussi, piou piou les petits oiseaux. Déjà, côté familial, les bonnes nouvelles pleuvent. En ce moment, je m’entends à la perfection avec tout le monde, tant mes parents que ma sœur. De plus, le copain de ma sœur a été admis aux Pompiers de Paris ce qui semble être plutôt une exploit car le concours est difficile mais je me faisais pas vraiment de soucis pour lui pour être honnête. D’abord, les cartes m’avaient dit qu’il allait réussir. Ensuite, ça fait 5 ou 6 ans qu’il est pompier volontaire donc il sait quand même de quoi il s’agit. Donc voilà, il va bientôt entamer sa formation.

Côté « ma maman est une farceuse », il y a un mois, elle m’appelle et mauvaise nouvelle :

« mes analyses sanguines sont mauvaises, j’ai peut-être un lupus.

– Heu… Je sais pas ce que c’est.

– C’est une maladie dégénérative. Bon, c’est pas rapide, ça se dégrade sur 50 ans mais bon… »

Oups, en effet, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle. Bon, on fait le tour des médecins car les analyses sont curieuses : disons que tous les tests sont négatifs sauf son taux d’agents antinucléaires. Donc son médecin lui fait arrêter les bétabloquants qu’elle prenait pour son hypertension « pour voir ». Samedi, elle m’appelle : « Bon, j’ai tous mes résultats, tout va bien et en plus, ton père va me payer une nouvelle voiture ! ». Les deux parties de cette même phrase n’ont aucun rapport l’une avec l’autre mais elle était euphorique comme une gamine à qui on offre la maison Playmobil. Du coup, sa voiture actuelle échoit à Anthony et Alice mais elle me rassure : « tu sais, si tu as besoin d’une voiture, un jour, on t’en achètera une, hein, te sens pas lésée ! ». Je ne me sens pas du tout lésée et je vois pas ce que je ferais d’une voiture ! Actuellement, j’ai 15 mn de bus pour aller bosser, je peux lire Courrier International durant le voyage, j’ai pas à m’emmerder à garer mon véhicule où que ce soit… Qu’est-ce que je ferais d’une voiture ? De toute façon, j’ambitionne de devenir une vraie citadine à la Carrie Bradshaw, moi, c’est-à-dire, prendre le taxi en toute circonstance. D’ailleurs Carrie Bradshaw a-t-elle le permis ? Rien n’est moins sûr.

Vous me direz, ne reste que l’amour pour que le tableau soit complet. Et bien, il l’est complet, le tableau, une histoire qui se dessine à une vitesse peu croyable mais ce n’est pas encore le moment d’en parler, je le garde pour moi. Disons que l’histoire est merveilleusement résumée par cette chanson d’Etyl, « Moi, je » (oui, c’est ma came musicale, en ce moment) :

 
Moi qui suis pourtant restée seule,
Pour n’en vouloir qu’à moi-même
Quand ça va pas
Fatiguée de reprocher
Les mêmes manques, les mêmes
Erreurs, les même faux pas
 
Refrain : Moi qui me protège, qui court qui vole
Je me vois aujourd’hui
Sûre de vouloir être là
Oh j’ai tant cru en de belles paroles
Que tes silences timides
Me rassurent tout bas
 
Moi qui suis pourtant malhabile,
Encombrante, jamais docile
Me voilà
Avec toi, devenue plume
Une fois la nuit tombée devenue lune
Devenue chat
 
(refrain)
 

J’ai retrouvé le sourire, il ne me quitte plus. Et c’est le pied ! Vu toutes les loses qui se sont accumulées les 6 derniers mois, pour compenser, je ne peux avoir que le bonheur.