La responsabilité Doctissimo

Des fois, j’ai un petit pet de travers. Plutôt que de pousser la porte du premier généraliste, je tape mes symptômes sur google qui me renvoie toujours vers de fantastiques conversations doctissimo qui transforment ton petit rhume en cancer phase terminale.

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Fin février 2012, à quelques heures de m’envoler pour la Thaïlande, c’est la panique totale : je crache mes poumons et surtout, à chaque mouchage, j’ai du flux qui me fait très très mal au cou. Qu’est-ce que donc. Ni un ni deux, je saisis mon clavier (à 23h, je vais pas appeler SOS médecins pour ça) et je découvre une conversation sur Doctissimo qui semble m’expliquer que j’ai les symptômes…du SIDA. Ok pince toi le haut du nez, souffle un bon coup… Et évite de pondre une réponse assassine à tous ces crétins.

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Point médical avant de poursuivre : on ne meurt pas du sida mais de la maladie attrapée à cause de l’immuno-déficience provoquée par le sida. Donc parler de symptômes du sida est une hérésie totale mais la conversation reste en ligne, comme par exemple le mec qui se demande s’il a le sida car il a un petit rhume et qu’il reçoit en réponse des “faut attendre 6 semaines pour avoir les symptômes”. Et personne n’efface ça ?

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Je vois de graves problèmes là dedans. Imaginons que le débile à l’origine de la conversation se sente bien au bout de 6 semaines, il va aller retremper son biscuit Dieu seul sait où en se croyant séronégatif. Il l’est peut-être, la seule façon de le savoir est de faire un test et non de guetter des symptômes imaginaires. Peut-on laisser de telles hérésies en ligne ? J’aurais pu répondre pour remettre un peu de vérité dans toutes ces conneries mais je ne suis qu’une internaute lambda, je n’ai aucune légitimité médicale même si je pourrais m’en inventer une, tiens, qui irait vérifier ?

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Evidemment, c’est le jeu des forums, l’info est biaisée, on peut se prétendre être qui on veut, peu importe qui l’on soit. Mais si les psychopathes qui s’inventent une vie ou des pathologies pullulent, ils ne sont que pathétiques et (relativement) sans danger. Par contre, se poser en fin connaisseur des symptômes du SIDA me pose un gros, un très gros problème : on en touche à la santé publique. Que foutent les modérateurs ? Non parce que moi, je sais que c’est du flan mais qui me dit que toute personne tombant sur cette conversation sera capable de faire la part des choses. Ne pensez pas que je me pose en fille über intelligente face à la masse stupide et ignorante mais quand je vois une demi douzaine de personnes participent à cette discussion sans qu’une personne signale que les symptômes du SIDA n’existent pas, je peux légitimement me poser des questions. Et je parle de cette conversation car il s’agit d’un exemple précis croisé mais j’ai lu d’autres choses curieuses. Par exemple, je souffre pas mal d’acouphènes (notamment pulsatiles, c’est un peu flippant), j’ai un peu fouillé sur Internet pour tenter de comprendre et j’ai lu des dizaines et des dizaines de causes, réelles ou supposées, j’ai découvert la prose délirante d’hypocondriaques faisant d’une montagne d’un petit symptôme (ça semble lié à la spasmophilie, c’est un des symptômes. Mais vu que je fais de la plongée, je pense que c’est une explication bien plus plausible). Si je cherche à Google de m’expliquer des causes plausibles d’un symptôme, c’est que je ne sais pas de quoi il peut bien s’agir (et surtout pour lire que tout ça n’est rien, pas la peine de consulter donc. De toute façon, mes acouphènes n’ont lieu que le soir quand je me couche, comment je montre le truc au docteur, hein ?). Donc si je ne recroise pas les infos, je risque de me fourvoyer, penser que je vais bien car je n’ai pas certains symptômes ou mal parce que je viens d’éternuer et d’après Doctissimo, je dois avoir chopé Ebola. Quand mon cousin a appris que ma mère avait un lupus, il a cherché sur Doctissimo et appelé ma mère en pleurant sur le thème “tu vas bientôt mourir, c’est horriiiiiible”.

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Bref, si doctissimo remplissait sa promesse jusqu’au bout, il faudrait une modération drastique pour virer ce genre de propos dangereux et faire intervenir des médecins “officiels” afin de rétablir la vérité. Ou alors arrêter de croire ce qu’on lit sur Doctissimo…

Le souci de la bonne performance

Cette semaine, Pink m’a montré une page web parlant du sextoy le plus inutile du monde, le sex counter. Je vous explique le principe : c’est un cockring qui calcule le nombre d’allers-retours que fait monsieur pendant l’acte. Alors là, je reste sans voix. Ce qui est extrêmement rare en matière de sexe, mes voisins peuvent en témoigner.


Bon, alors, je ne comprends pas bien l’utilité de la chose. Déjà, je n’ai objectivement pas la moindre idée du nombre d’allers-retours que compte un coït moyen, à supposer que le monsieur se contente de limer en rythme ce qui est profondément ennuyeux pour tout le monde. Déjà, il faut bien comprendre que la durée n’est pas du tout un critère de qualité. En gros, sur une même durée, je peux soit grimper trois fois au plafond, soit planifier toute ma semaine, faire mentalement la liste des courses et prier très fort pour que le monsieur, là, finisse son œuvre parce que je m’ennuie. Et puis tiens, imaginons que le monsieur arrête de me fouiller avec son sexe pour me tripoter avec ses doigts. Faut-il qu’il change le cockring de place ? Celui-ci se remet-il à zéro après une période d’inactivité ?


Bref, j’ironise parce que je trouve le principe au mieux débile, au pire nuisible pour la sexualité des personnes concernées. Non mais franchement, si le mec se concentre à mort sur le chiffre qui va apparaître sur cet anneau, je ne vois plus bien à quoi je sers, moi. A part me dire que c’est mieux quand il ne fait pas attention à ce genre de détail. Parce que je me fous des quantités. Je ne chronomètre pas la prestation, je ne compte pas le nombre d’allers-retour, les positions et le temps d’enchaînement et je ne parle pas d’autres données statistiques plus… enfin moins glamour, on dira. Parce qu’on s’en fout. Le sexe n’est pas une compétition sportive. Oui, il y a du sport mais ça va être vachement moins drôle si on sort les chronomètres, bitomètres et qu’on se prend le pouls à la fin.


Alors évidemment, certaines me diront que pour une fois que la pression est du côté des mecs, c’est pas si mal. Moi, je ne trouve pas. S’il se concentre trop sur son score, il va m’oublier, moi, à l’autre bout de son engin. Mais surtout, l’idée même du sex toy est de rajouter du fun aux jeux sexuels, à priori. Là, paie ton fun, c’est pire qu’à l’école quand on devait courir le 100 mètres pour la note du trimestre. Enfin, non, pas le 100 mètres, l’épreuve d’endurance est plus adaptée à la métaphore. Et je détestais l’épreuve d’endurance surtout que là, le sex counter ne vous pardonnera rien, impossible de faire le crocodile sans se faire pincer. Bonjour l’angoisse. Si ça ne provoque pas de pannes, ce genre de jouet, on aura de la chance.


Finalement, quitte à nous mettre des anneaux rigolos, rien ne vaut un bon anneau vibrant, testé et validé (enfin, par moi, ça ne semble pas trop faire triper les hommes).


La liste de la fille qui va bientôt poser un RTT pour un week-end de 3 jours

Semaine de débile, c’est quand que ça s’arrête ? D’ailleurs, entre le taf et ma vie sociale, j’ai pas posté hier.

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– Samedi, j’ai rendez vous avec Alice, Anthony, Yohann et Sandra pou dîner. Ma sœur me demande de réserver un resto donc je lui propose notre cantine à chérichounette et à moi, le Starcooker dans le Marais. J’appelle vers 18h30-19h, je tombe sur un répondeur qui m’invite à laisser un message pour ma réservation. « Bonjour, 20h30, on sera 5 » (en vrai, j’ai mis plus de mots). Je me prépare, je pars. 20h20, mon portable sonne, un numéro que je ne connais pas. « Bonjour, le Starcooker, on n’a pas de place pour votre réservation. » Ok…
« Vous vous moquez de moi ? Et vous m’appelez 10 minutes avant alors que j’ai appelé il y a près de deux heures ? – Oui mais je viens d’avoir le message. – Et je fais comment moi maintenant ? On et quasi là ! – Vous pouvez essayer d’aller à notre restaurant à Opéra ». Non mais tu rêves cocotte ! D’ailleurs, tu peux attendre avant que je refoute les pieds dans ton resto. Déjà que le service était déplorable. Du coup, après s’être pris une dizaine de « c’est complet » dans la tête, on a fini à St Michel, à se faire sauter dessus par tous les restaurateurs dans la rue (qu’est-ce que je déteste ça).

– Deux personnes sont nues dans un lit et je suis une des deux et je fais mon caprice : « bon, tu me le diiiiiiiis ? – Non. – Allez, steuplééééééééé ! – Non.  – Si tu me le dis pas, je te tire les poils du torse ! – Si tu me tires un poil, je te vire du lit et deux, je te vire de l’appart. – Ah… Bon d’accord, je te tire pas les poils. Mais diiiiiiiiis le moi ! ». Bon, j’ai fini par savoir ce que je voulais. Chamaillerie suivante. « Hé, je boude, j’te signale ! Tu dois me faire un câlin pour te faire
pardonner ! ». Et là, j’ai droit à trois caresses sur l’épaule genre les mêmes que je fais à Kenya pour lui dire bonjour. Et là, je vous demande : comment je peux être crédible dans ma bouderie si je suis morte de rire ?

– Je suis d’une étourderie assez monumentale en ce moment. Exemple : la semaine dernière, je reçois un avis de recommandé. Là, je commence à vaguement paniquer : mais j’attends rien ! Donc c’est forcément un truc désagréable. Comme j’ai pas le temps d’aller à la Poste, je traîne mon angoisse (enfin, quand j’y pense) toute la semaine avant de me souvenir : j’ai acheté deux billets pour un match de rugby en mars. Je suis un boulet !

– Boulet 2, le retour de la championne. Jeudi, je passe une bonne partie de la journée à bavasser avec Babillages par mail. A un moment, elle me demande mon avis sur un article qu’elle vient d’écrire sur les défilés haute couture et je réponds : « J’aurais rajouté que c’est quoi l’intérêt du front row si on doit faire semblant d’en avoir rien à foutre ??? Mais très drôle sinon ! 😉 ». Et là, angoisse : je me rends compte que cette phrase, je l’ai pas écrite dans le bon mail et que je viens de l’envoyer à une éditrice de la boîte. Heureusement qu’on se racontait pas des cochonneries ! D’ailleurs, tout est bien qui finit bien, l’éditrice ne m’en a pas tenu rigueur.

– Lundi, c’est la panique : les commentaires marchent très mal sur les blogs et notre star de TMF écrit un mail pour nous informer. Nous, c’est la chargée de comm (Sylvie, ma coupine) l’éditrice, moi et… la directrice de publication du magazine. Donc forcément, c’est la panique, Sylvie qui bosse le lundi chez nous et moi décidons d’agir. « Bon, Alice qui est chef de projet blog est en vacances, on va demander à lui. » Simon m’explique que le monsieur n’est pas là. Ni son collègue. Ni un autre. « Heu… mais y a personne ? – Non, y a un séminaire, aujourd’hui ! ». Bon, avec Sylvie, on va quand même faire un tour dans le désert qu’est le bureau des développeurs et on finit par en trouver un (pile en face d’un de mes choupinoux de 23 ans). Au bout d’une heure, le gars me rappelle : « bon, j’ai trouvé le bug mais je peux rien faire, j’ai pas les codes ». Mardi, je crée un incident diplomatique toujours chez les développeurs mais pas les mêmes. Des grandes plumes de TMF ont lancé leur blog et l’une d’entre elles m’engueule parce qu’il n’y a aucun lien vers leur blog sur le site (même si elle me dit qu’elle sait que c’est pas ma faute) donc je demande directement à un gars de régler le problème. Deux minutes après, je reçois un premier mail : « Nina, remplis une demande officielle sur le serveur, s’il te plaît », suivi quasiment immédiatement par un « désolé, je viens de me faire attraper par mon chef et je me suis fait engueuler, je suis censé faire autre chose ». Oups…

– Quand tu appelles un mec choubidou, ça a des effets dramatiques sur l’érection. Alors que c’était gentil, je le plaignais (« oh, mon pauvre choubidou »). Je crois que je vais en rester à « oh, petit bouchon ! ». J’adore cette expression.

– Jeudi soir, rendez-vous avec une copine du collège/lycée de passage sur Paris. Pour situer rapidement la demoiselle, elle est pilote dans l’armée. Là, elle revient du Tchad où elle gérait les transports de nourriture (et de blessés parfois). Avec elle, un couple, un homme marié sans sa femme et une autre fille. Dans l’armée, on se marie vite. Face à moi au restaurant, l’élément mâle du couple qui sort de bien belles perles : « Aux Etats-Unis, il pratiquent énormément le sexe oral… L’oral sex, qu’ils appellent ça et il ne s’agit pas d’un speed dating d’une heure trente » mais surtout ma préférée que je vais ressortir : « l’amour rend aveugle, certes. Mais y a pas mal de clairvoyants qui se sont plantés ».

– Dernier tiret glam pour la route. Suite aux conseils de Vicky (sentez déjà comme j’assume le truc), j’ai regardé Cops hier soir. Je n’avais jamais regardé, pensant qu’il s’agissait des poursuites en voitures avec 10 accidents par minutes et tout ça mais pas vraiment. A un moment, une fliquette arrête une camée qui lui explique qu’elle a une pipe à crack dans le vagin… Et qui va la repêcher. Est-ce plus ignoble que le mec qui avait une seringue dans le rectum ? Je sais pas.

 

– Pour me faire pardonner du tiret précédent, un peu de musique !

L’’origine de mon talent indéniable en matière de BD

Aujourd’hui, c’est férié mais je ne vous ferai pas subir de nouvelles BD. Non pas que j’ai pitié de vous mais surtout que je ne sais plus quoi dessiner. Kenya ne m’a pas fait de connerie mémorable depuis (enfin, elle m’en fait tous les jours mais de là à faire une BD sur le fait qu’elle fait des têtes trop rigolotes, non), ma machine à laver est restée sage et l’ensemble de mes appareils électroménagers ont compris qui était le maître (moi). Donc j’ai pris le parti de vous raconter comment j’ai développé mon sacré coup de crayon.

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Classe de seconde. Bon, comme toute lycéenne qui se respecte, je dessine sur les marges de mes cours ou sur la table. D’ailleurs, je profitais de ce média pour laisser mes petits messages d’amour : « Sagamore S. de terminale ES, je t’aime ». Oui, j’étais vraiment TRES conne au lycée. Bref, cette année là se trouve dans ma classe une jeune fille, Charlotte, avec qui je vais devenir amie. Mais drame : à la fin de l’année scolaire, Charlotte quitte la ville pour Montpellier. No soucy, pour ne pas perdre contact, Cécile et moi prenons l’habitude de lui écrire des lettres puis je perpétue la tradition seule.

Ces lettres sont de purs joyaux que je regrette de ne pas avoir photocopié. Faut dire qu’au lycée, déjà, je souffrais d’écritorite aiguë. A la fin des devoirs surveillés, comme je finissais toujours très en avance, j’utilisais mes feuilles de brouillon pour écrire des lettres qui n’étaient destinées à personne, sortes de journaux intimes. En gros, qu’est-ce que je racontais ? « Là, je viens d’avoir un DS d’allemand, je vais me planter, c’est sûr, j’ai rien compris au texte ! Si j’ai 3, ce sera le bout du monde… » Puis on enchaînait sur « Je suis amoureuse de Jean-Luc, tu verrais comme il est trop beau ! Cette nuit, je rêvais qu’il me parlait, waaaaaaah ! ». C’est fascinant l’adolescence quand même… Il y a quelques temps, je suis tombée sur quelques archives de ces lettres, j’avoue que j’ai bien ri, j’étais vraiment débile au lycée, un délice.
 

Donc je reprenais un peu le même principe pour mes lettes à Charlotte, je lui racontais TOUTE ma vie, je lui retranscrivais même certains dialogues parce que, des fois, il m’arrivait de discuter avec mes cibles. Mais bon, c’était du genre :

Nina : Oh, il pleut.
Cible : Ouais. T’as un effaceur ?
Nina : Oui tiens
Cible : Merci !

Ce dialogue était retranscris en couleur avec plein de petits cœurs autour. Je vous ai dit que j’étais TRES conne au lycée ?

 

Arrivée à la fac, j’ai pas perdu l’habitude. J’allais à certains cours rien que pour écrire ces fameuses lettres. Exemple en licence, j’avais cours d’histoire moderne de la Méditerranée le vendredi matin à 8h avec une prof qui était une véritable connasse. Outre le fait qu’elle ne savait pas de quoi elle parlait, elle était odieuse et raciste. Dès qu’il fallait s’en prendre à quelqu’un, elle s’en prenait à la pauvre beurette de service qui était super adorable, en plus. Donc comme j’étais passée en contrôle final dans cette matière, je faisais acte de présence histoire que connasse 1ère enregistre ma gueule si je passais à l’oral avec elle. Pour me motiver à aller à ce cours où je n’écoutais rien, j’avais deux trucs : apercevoir les Pyrénées quand le métro passait au dessus de la rocade et écrire mes lettres à Charlotte. D’ailleurs, les lettres étaient parsemées de : « Bah mais tu verrais comme elle est fringuée la prof, c’est trop moche ! » ou des « ah berk, elle vient de mettre ses doigts dans son nez, c’est dégueulasse ! » (véridique). Bon en général, mes lettres faisaient 8 pages, 8 pages de ce genre de considérations. Pour illustrer mes propos déjà très percutants, je faisais des petits dessins dans la marge. Bon, c’était encore moins évolué que les BD présentées sur ce blog, à savoir que pour faire les yeux des gens, je faisais des points de couleur. Mais le mieux, c’était la « goutte ». Oui, je suis très influencée par les mangas donc dès qu’une personne avait une révélation, je lui mettais une goutte sur la tête. Genre : « Hé Gauthier, tu savais que Rachel voulait sortir avec toi ? » Hop, on voit le Gaugau dessiné avec une goutte sur la tête. D’ailleurs, comme m’a fait remarquer Gauthier un jour : « Moi, j’ai toujours une goutte sur la tête ! ». C’est pas ma faute s’il lui arrive que des merdes à Gaugau !

Le pire, c’est que mes lettres étaient devenues célèbres auprès de mes amis proches. Pas des autres car je leur taillais de foutus costards aux pintades qui nous ont fait vivre un enfer. D’ailleurs, à un moment, je racontais ma vie sous la forme « Sunseat Beach de l’amour et de la beauté au Mirail », un truc du genre. Et malgré tout, j’ai réussi à avoir mes diplômes, quel talent.
 

Depuis trois ou quatre ans, je n’écris plus ces lettres mais j’ai toujours des nouvelles de Charlotte. Récemment, elle s’est fiancée, faut que je vous raconte la demande de M. Charlotte, c’était fantastique. En fait, ils se sont fait un réveillon à 4 dans un chalet en montagne. A minuit, ils se fêtent la bonne année et s’amusent à gratter des jeux de la Française des jeux, ceux qu’on achète dans les enveloppes. Charlotte gratte et râle : rien de rien. « Putain, j’ai jamais de chance, moi ! ». Et là, son mec lui fait : « Mais, attends, tu m’as moi ! ». Et là, il se met à genoux et sort sa bague. Ben, franchement, M. Charlotte, il assure parce qu’elle ne l’a pas vu venir le bougre.

 

Enfin, voilà. Si vous voulez vous plaindre de mes dessins, je vous filerai le mail de Charlotte.