La fable de la journaliste

Il était une fois, dans une ville de la banlieue parisienne, une jeune fille en passe de réaliser son rêve. Cette fille avait travaillé dur pour devenir journaliste et, enfin, elle allait entamer son premier CDD, le rêve. La veille, elle se couche tard (oui, bon, ça va…), elle a du mal à dormir. « Demain, je serai journaliste. ». Prudente, la jeune fille met tous les réveils de son domicile à sonner. Après avoir passé 6 mois à ne pas voir les premières heures de la journée, la jeune fille devait se lever à 8h45. Y arrivera-t-elle ?

 journaliste

8h45, le réveil sonne mais elle est déjà réveillée, Kenya la terrible ayant eu envie d’un gros câlins quelques instants plus tôt. Il faut savoir que Kenya la terrible est un chat joueur qui, pour arriver à ses fins, utilise plusieurs techniques : le « je m’étale sur ta figure », le « j’essaie de rentrer ma patte dans ta narine », le « j’imite le cri de la peluche » ou encore le « je te ronronne dans l’oreille ». Notre jeune fille se lève et se rend tel un automate dans la salle de bain pour la séance « ressemblons à quelque chose ». Sauf qu’elle a tellement peur d’arriver en retard qu’elle est prête une demi-heure en avance. Qu’à cela ne tienne, notre journaliste est facétieuse, elle va faire une expérience punitive chez Paul le pâtissier, achetant un délicieux beignet à la framboise (ce soir, c’est rameur). Le beignet, c’est bon mais le sucre glace qui tombe partout ou la confiture rouge qui gicle au coin de la bouche, beaucoup moins. Professionnelle, elle s’assoit à l’abribus et entame la lecture de Courrier International de la semaine. Journaliste jusqu’au bout des ongles, on vous dit. Le bus est à l’heure et notre amie journaliste arrive à l’entreprise vingt bonnes minutes en avance donc elle s’autorise une petite cigarette et c’est parti.

Arrivée à l’accueil, première épreuve : le badge manquant. Oui, l’assistante de son patron est joueuse, elle n’a rien prévu pour son arrivée et voilà notre journaliste un poil déconfite. Mais voilà le prince Pierre-Cécil qui s’amène, il va la sauver de ce mauvais pas. Oui car dès le premier jour, notre amie journaliste et Pierre-Cécil sont déjà super synchro. La portière du Palais donne à notre héroïne un badge journalier, je sens que cette histoire de badge va être un des éléments croustillants de cette aventure. Le prince dit « le DRH choupinou » embarque notre amie et commence à lui taper la conversation, passant directement du vous au tu, il l’amène dans l’ascenseur et là, ils ne font pas l’amour comme des fous, on n’est pas des sauvages ! L’entreprise est morte : entre les vacances et les ponts, il n’y a personne, surtout pas l’assistante qui devait s’occuper de mon ordinateur (heureusement, j’ai amené mon portable), de ma connexion Internet (je dois surfer avec le pc de DRH choupinou donc pas de balade sur les blogs), de mon mail perso (héhéhé, quand je l’aurai, je m’écrirai juste pour pouvoir me la péter), de mon numéro de poste perso, de mon badge… Heureusement, aujourd’hui, choupinou ne mange pas à la cantine donc la journaliste va hériter de son badge. 10h30, choupinou n’a pas l’air motivé pour bosser donc il entraîne notre magnifique héroïne à travers les couloirs de la boîte, café en main, il lui présente des gens, la demoiselle dit bonjour en se demandant à qui elle est censée parler et comment elle va réussir à retrouver son chemin toute seule quand choupinou la laissera seule. Peut-être va-t-elle recycler l’histoire du petit poucet, ce serait une bonne idée.

 

A la machine à café, choupinou lui raconte ses vacances : il est parti à New York car sa femme est américaine. Notre héroïne n’aime pas trop savoir que choupinou est marié mais en même temps, il porte pas son alliance, gniark ! gniark ! La journaliste, en pro qu’elle est, note l’information, on ne sait jamais. ( A noter qu’il est en communication avec une collègue, là, et il vient de m’appeler « petite jeune fille »… Non mais oh, on fait l’histoire de la journaliste, là, pas le petit chaperon rouge !). Bon, voilà, ils montent et descendent les étages, la journaliste est perdue mais elle fait semblant de pas être déstabilisée par les 9 étages de cette bâtisse. Elle finira par se retrouver, promis. Ceci étant, si vous n’avez pas de nouvelles de la journaliste d’ici 24 heures, merci de prévenir la police.

 

Bon, après cette fascinante balade, voilà la première réunion en tête-à-tête entre choupinou et la demoiselle, une demi-heure de franche discussion. Choupinou porte vraiment bien son surnom mais la journaliste est pro, on vous a dit ! Les idées fusent. Idées de reportage : les balades à faire dans la ville où va emménager l’entreprise, un déjeuner shopping dans le centre commercial voisin… Mmmm, la journaliste est ravie à l’idée de faire ces reportages, c’est plutôt sympa. Par contre, elle se rend compte à un moment qu’un peu de sucre glace est resté collé sur le rebord de ses lèvres et là, c’est la honte.

 

Bon, après cette réunion yeux dans les yeux avec choupinou (qui a eu la bonne idée de pas mettre sa cravate aujourd’hui, c’est beaucoup mieux), la journaliste n’a rien de particulier à faire donc elle commence la rédaction de cet article et lit Courrier International (c’est pour son prestige mais n’empêche que c’est toujours intéressant), elle rédige un petit mail pour Zoé qu’elle postera plus tard. Puis la journaliste en bonne toxico qu’elle est descend à l’étage fumeur pour exercer son vice (le tabac, hein, bande de petits pervers) et se retrouve face à deux pintades qui se racontent leur vie en ignorant délibérément la demoiselle. Mais la journaliste s’en fout, elle au moins, elle n’a pas des cernes de 3 km de long sous les yeux, na !

 

Midi, l’heure de la cantine. Frédérique, la chargée de comm, vient la chercher pour déjeuner, elle me retrouve donc à table avec 4 nanas donc deux qui revenaient de vacances, le thème fut donc : « Seigneur, les vacances en club, c’est fatigant, ils sont cons les gens ». Et là, nos deux amies dépeignent le beauf de base en vacances dans ce genre de club, ça se résume à : « Y a que des vieux et des Loana ! ». Bon, la journaliste étant insupportablement snob, elle se marre comme une bossue. Car la journaliste a expérimenté dans le temps ce genre de vacances avec ses parents délicieusement snobs aussi et franchement, c’est un peu pénible d’être toujours sollicités pour les jeux apéros et compagnie. Là, arrive choupinou qui s’installe en face de moi et qui raconte ses vacances à New York, notamment une comédie musicale sur Brodway qui devait être écrite par les auteurs de South Park. L’histoire, en très gros, c’est sur les concours d’orthographe qui sont légions aux Etats-Unis, vous savez, ce truc qu’on voit toujours dans les séries américaines : « débilitant, D. E. B. I. L. I. T. A. N. T ». A un moment, choupinou explique qu’un personnage est troublé par une demoiselle de l’assistance et du coup, il perd et il doit entamer une chanson qui commence par : « I had an erection ! ». Ben, là, il paraît que les Américains, ils ont été un peu choqués… Puis y a Jésus qui débarque à un moment… Du grand n’importe quoi, donc. Donc choupinou raconte ça en faisant son numéro et la journaliste bave. Plus elle le regarde et plus il est craquant, aaaaaaaaaaaaaah !! Ça va être trois semaines fort plaisantes. Sinon, la journaliste a trouvé son alter ego féminin, une frappadingue qui explique : « Ah non mais moi, petite, je détestais le cirque : j’avais peur des clowns et les animaux en cage, ça me rend malade. En plus, se mettre en rond autour d’une piste, je trouve ça d’un débile. » Notre héroïne exulte : elle aurait pu tout à fait énoncer ce genre d’opinions.

Ensuite, café avec miss Frédérique, choupinou ayant un rendez-vous (annulé depuis, le pauvre, j’ai prêté une oreille attentive à ses malheurs) donc normalement, au menu : « quelle est la mission de la journaliste ? » mais ce fut « la journaliste raconte sa vie parce qu’elle adore ça. ». Retour au bureau, notre demoiselle ne peut rien faire car elle n’est pas connectée à Internet donc elle écrit ce présent article et Technopolis 2 quand choupinou l’appelle auprès de lui pour lui montrer un truc sur son pc, elle se penche pour regarder l’écran, regardant au passage qu’en plus d’être craquant, choupinou a un parfum très agréable (mais des ongles crades par contre, gros point négatif). Il lui montre le logiciel de gestion du personnel sur lequel il travaille. Car choupinou peut savoir tout sur ses employés, leur situation familiale, leur salaire, leur contrat, les prêts contractés à la banque, la taille de leur pénis (non, je déconne)… Parenthèse : au moment où j’écris cette phrase, choupinou décroche le téléphone en disant : « je sais tout ! ». Comme on est merveilleusement en phase.

Bon choupinou s’en va et le monsieur qui gère l’informatique m’apporte mon poste de travail, un pc tout pourri qui est en train de virer au noir et blanc mais ça évitera que je trimballe le mien, c’est pas plus mal. Et là, il me fait : « bon alors votre code secret, c’est bretagne. » Oh putain, il lit mon blog et il m’a reconnue, c’est pas possible autrement ! Ah, je flippe, au secours !

Enfin, 18h15, je décide de partir, j’ai encore des choses à faire (genre m’acheter à manger). A partir d’aujourd’hui, je commence à 9h…

Alors petit bilan après le premier jour. Bon, choupinou porte délicieusement son nom, voilà un sacré plan M ! Les gens ont l’air sympa, le peu que j’ai croisé, et je suis grandement motivée. On verra dans trois semaines pour le boulot ! 

L’art de dire non (opposé à celui de ne pas le comprendre)

Comme tu le sais lecteur, il y a un mois, j’ai décidé en mon âme et conscience de m’offrir une nouvelle virginité. Et bien, je m’y tiens, je ne veux point offrir mon corps à n’importe qui, je veux que ma prochaine brouette soit anthologique parce que j’aurai envie de mon partenaire mais pas que de son corps, de lui tout entier. Dans mes contacts MSN, il me reste un plan brouette qui ne possède pas le mot « non », dans son vocabulaire. Plus je refuse, plus il me veut.
 
Souvenons-nous de Laurent : mignon, passionné de plongée, plutôt bon amant (et sacrément équipé pour). A peine rentrée de Bretagne et à peine ai-je décidé de ma nouvelle virginité que le revoilà sur MSN. Il me veut, il a envie de moi mais la réciproque n’est pas vraie. J’ai de bons souvenirs de lui mais plus envie d’une brouette gratuite, si j’ose dire. Donc quand il me propose de folles galipettes, je lui explique que ma libido est au point mort, ce qui était vrai à l’époque. Et là, j’ai découvert à quoi pouvait être près un mec pour juste une brouette et, lui, c’est un champion du monde. Suite à mon refus, il commence à dire qu’il ne me reconnaît plus, ce qui me fait un peu grincer des dents : comment peut-il me reconnaître alors qu’il ne me connaît pas ? Il essaie tout : et si je me contentais de juste le branler ? Oh que c’est romantique ! Juste un petit touche pipi et on arrête là, allez ! Non. Et là, on tombe dans le grandiose : si je veux, on peut faire ça à 3 voire carrément une partouze. Curieusement, là, le refus fut très facile. Alors que je lui raconte ma vie (ô combien passionnante), il me balance : « je pense à tes seins ! ». Pourquoi je ne lui demande pas de m’épouser à celui-là ? Le pire c’est qu’il serait capable d’accepter juste pour me sauter.
 
Il me supplie de penser à lui en se masturbant, ce qu’il fera. Sauf que moi, on m’impose pas mes fantasmes, d’autant que durant ces derniers, je ne vois pas de visages précis. Le lendemain, le revoilà qui réinsiste (genre ma libido est revenue dans la nuit) et il m’explique ce qu’il imaginait me faire pendant sa branlette (c’était ma fête !), il m’explique comment il veut que je lui fasse sa prochaine fellation, je m’ennuie. A un moment, voilà que je lui explique que la seule chose dont j’ai envie à l’heure actuelle, ce sont de longs baisers langoureux : « Je peu te faire ça puis je me branle après ». Alors, là, j’imagine le tableau et je préfère en rire, plutôt qu’en pleurer ! J’arrive à détourner la conversation sur nos noms de famille (je suis un génie quand je m’y mets) et à un moment, silence radio. Bon, je me dis qu’il a compris et là, j’ai droit à « l’au revoir » le plus glamour de ma vie, j’en pleure d’émotion rien qu’en y repensant : « Bon, j’ai joui, bonne nuit ». Voilà que l’autre, il se masturbe pendant que je lui parle de son nom de famille alors que j’ai mis la photo de ma Kenya en avatar.
 
Pendant une semaine, il ne me parle plus : aurait-il compris la leçon ? En fait, non, il était parti en vacances… Et je ne m’en étais même pas rendue compte. Au début, conversation très soft, il essaie de me faire deviner où il était parti en vacances et je trouve très vite… C’est énervant de voir que je m’entends très bien avec ce garçon quand nous avons des conversations normales mais, inévitablement, il en revient au sexe, encore et toujours. Ah ben quand il m’a dit que c’était un obsédé, il ne m’avait pas menti. Cependant, je crois voir dans cette conversation anodine une nouvelle approche, plus subtile. Après tout, en y allant cash, il se prend veste sur veste alors en endormant ma méfiance…
 
Et bien, je surestimais le jeune homme, il me demande à nouveau quand on se voit, quand je suis libre, si ma libido est revenue. Pour le calmer, je lui explique que j’ai trouvé un jeune homme qui me plaît bien, le résultat est totalement inattendu : « super, ça veut dire que ta libido revient ! ». Biiiip, mauvaise réponse ! Enfin, techniquement, elle revient un peu, effectivement, mais pas avec lui.
 
Je gagne quelques jours avec ma gastro mais uniquement parce que je peux facilement le convaincre que je ne suis pas en forme (ce qui est totalement vrai). Mais lui, coucher avec une fille malade et même pas épilée, ça ne le rebute pas. Pourtant, à une époque, ma goutte au nez l’avait profondément dégoûté… Une fois guérie, il attaque : « on se voit demain soir ? » Toujours pas, mon gars ! Comme je lui explique que je pars chez mes parents pour le week-end, il me fout la paix trois jours mais hier, attaque à nouveau : « tu rentres quand ? ». Et là s’ajoute un nouvel élément : l’ordinateur de mes parents est relié à une webcam, le voilà tout émoustillé. Sauf qu’il est au boulot ! Il veut que je me foute à poil devant la webcam alors qu’il bosse, mais je rêve ! Je réponds un poli : « non, je suis en jogging, pas maquillée avec mes lunettes puis suis même pas épilée, d’abord » mais je crois que même avec la varicelle, il n’aurait pas dit non. Donc suivant les conseils de Guillaume, au courant de toute l’histoire, j’ai fini par le bloquer.
 
Suite à cette petite histoire, j’en viens à me demander comment un mec peut être à ce point en manque pour accepter de se prendre trois à quatre non par conversation, tous les jours ou à peu près… C’est peut-être parce que je suis une fille mais un seul non suffit, mon ego ne peut en supporter plus (sauf si c’est un « non, ce soir, je peux pas mais demain ok »). Comment peut-on se vendre à ce point pour une seule brouette ? Comment peut-on avoir envie d’une fille malade et même pas épilée ? Tout ceci me dépasse, quelque part, et me désole. J’aurais aimé partir sur une relation amicale, il est clair que ça ne sera jamais le cas. Ce gars se fout de moi, il ne s’intéresse qu’à mon corps et se passe de toute la politesse (si j’ose dire) que l’on est en droit d’attendre d’un homme. Je ne suis pas un jouet sexuel et même si apparemment, je suis une partenaire très agréable, je pense que quand je dis non, c’est suffisamment clair pour ne pas insister. Après tout, si j’ai envie de le retrouver, je sais très bien où aller, j’ai son nom, son adresse, son numéro de téléphone, son MSN… Non, vraiment, cette insistance me dépasse. Au fond, je suppose que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : il m’a eue (trop) facilement au départ, il ne doit pas comprendre pourquoi il n’en est plus de même aujourd’hui.
 
Ceci étant, cette petite (més)aventure ne m’est pas inutile, je me rends compte à quel point je suis résolue dans mes choix de privilégier la complicité et la tendresse à du sexe pur et dur. Comme Benoît, il finira bien par comprendre que je ne serai plus sa partenaire de brouette, même pas une camarade puisque ça ne l’intéresse pas. Au fond, je ne le regrette pas, cette insistance m’a profondément gonflée et je ne vois pas ce que je pourrais dire à ce garçon, finalement. Puisqu’il ne comprend pas le non, il comprendra peut-être mon silence et mon absence.

Au pays des cybercafés

Sous-titre : bienvenu à Puceau Land.
 
Samedi 7 janvier, 23h et des poussières. Je rentre chez moi après une journée en famille, je pose mon délicat fessier sur ma chaise de bureau, j’allume mon pc puis je remarque que l’affichage de ma freebox n’est plus le même : à la place de l’heure, le cadran me fait un joli serpentin. Ah, il y a dû y avoir une réinitialisation, ça arrive. Je l’éteins puis la rallume : toujours le serpentin. Ok, j’ai compris, à force de pas vouloir payer France Telecom, ils m’ont enlevé l’ADSL. Je compose fissa le 3000 et paie ma facture avec ma carte bleue : avec de la chance, en début de semaine, ce sera réglé.
 
Lundi, j’essaie de m’appeler pour voir si la ligne est rétablie : « le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué… ». Oh ils
m’ont carrément supprimé la ligne ! Bon, résumons nous : j’ai plus de ligne donc impossible de se connecter d’une quelconque façon que ce soit… Pas de panique, j’ai plus d’un tour dans mon sac, comme par exemple, un modem wifi. Donc, je le branche. Youpi, le wifi que je piratais autrefois est revenu ! Mais impossible de se connecter dessus, le signal est trop faible. Bon, il ne me reste qu’une solution : le cybercafé.
 
La veille, j’avais fait preuve de lucidité (pour une fois), j’avais emprunté le net de ma sœur chez qui j’avais déjeuné. J’avais alors découvert qu’il y avait un cybercafé à deux minutes à pied de chez moi, tout va bien. Je m’y rends donc et, ô surprise, il est ouvert (oui parce qu’avec ma lose, j’en doutais). J’avais eu une mauvaise expérience de cybercafé en juin ou juillet : après que le wifi que j’empruntais m’ait lâché et avant que FT se décide à m’installer une ligne (oui parce que dès le départ, ça a été folklorique), je m’étais rendu dans un cyber du côté d’Opéra car je devais envoyer des documents à tout prix. J’arrive donc : un écran pourri qui m’a tué les yeux, un ordi à peu près aussi vieux que moi et c’était tenu par une Asiatique qui devait faire un jeu en ligne car il y avait une musique étrange, un peu style Castlevania époque NES. Au bout d’une demi heure, me rendant compte que je n’arrivais pas à envoyer les documents que j’avais mis sur disquette ET sur clé USB, je décide de partir : je ne supporte plus ni l’écran, ni la musique. Et la bonne femme m’annonce : 6 euros. Quoi, 6 euros la demi-heure ? Bon, alors, je vous le dis, n’allez surtout pas au cybercafé qu’il y a dans un passage près de l’Opéra, c’est l’arnaque totale.
 
Là, bonne surprise : 10 euros les 6h, ça me paraît raisonnable. Donc je m’installe dans un confortable siège en cuir, tout fonctionne (sauf qu’ils n’ont pas word mais l’éditeur de texte open office… Tiens, ça me rappelle mon dernier stage, comme c’est amusant…). J’arrive à 16h, je commence à trafiquer. 17h, arrivent des gamins genre 10-15 ans (enfin, 15 ans, c’est le max) avec leur sac à dos de cours, ils s’installent par ci par là dans la salle et ils commencent une partie de jeu en ligne où il faut se tirer dessus, le fameux Counter Strike, je suppose. Et là, c’est parti : « T’es où ? Oh, zyva, tu m’as tué bouffon ! » le tout prononcé avec la voix caractéristique des jeunes hommes de leur âge, c’est à dire en pleine mue… Un coup dans les grave, un coup dans les suraigus… Donc, j’espère que sur mes trois enfants supposés, j’aurai… hum… trois filles ! Et vas-y que ça court partout, que ça va regarder sur les écrans des copains. J’envoie un cri de détresse à mes correspondants MSN : « au secours, je suis à puceau land ! ».
 
Je finis par me déconnecter et par rentrer chez moi. Le lendemain, j’arrive à 16h30 et il y a déjà une bande d’ados (je sais pas si ce sont les mêmes). Non mais ils ont jamais cours ? Et quand bien même, ils n’ont jamais de devoirs ? A mon époque, après l’école, je rentrais directement chez moi… Certes, les cybercafés n’existaient pas à cette époque mais tout de même ! En plus, là, un des gamins (qui doit avoir dix ans à tout casser) n’arrête pas de changer de poste et squatte de temps en temps celui à côté du mien. Ce que je n’apprécie pas des masses car j’ai l’impression qu’il reluque ce que je fais et, ça, ça m’emmerde (surtout que je suis en train de réserver mon billet de train pour la Bretagne). De temps en temps, ses copains viennent le voir, s’appuyant sans vergogne sur mon siège… J’ai beau soupirer bruyamment et lancer des regards noirs, on dirait que je n’existe pas. Après, le petit gamin va jouer sur un nouvel écran et il parle à ses potes, c’est marrant. D’abord, un de ces copains lâche une belle salve d’insultes et il lui fait :
« Non mais Luc, fais attention, nous ne sommes pas dans un lieu privé mais dans un lieu public » (texto).
Mais j’avoue que là où j’ai manqué d’éclater de rire, c’est quand il fait : « Non, mais m’appelle pas comme ça, tu m’appelles Stéphane ou
alors « la salamandre ». ». Il s’y croit trop, le gamin, il exhorte ses copains à parler dans leur casque alors qu’ils sont côte à côte…
 
A un moment, il y a eu une dispute : « Non mais comment t’as fait pour avoir un revolver, toi ? 
– J’en ai pas.
– Mais si, bouffon !
– Non, j’ai un couteau et une mitraillette et un pistolet…enfin non ! ».
Faut apprendre à mentir, mon petit. A un moment, j’ai entendu qu’il était question d’avoir tué Sarkozy : l’univers des Geeks est vraiment bien étrange !
 
En tout cas, je vais faire le maximum pour régler rapidement ce problème d’Internet (c’est pas gagné, ça, non plus…)parce que passer deux heures à essayer de travailler alors que des gamins virevoltent autour de vous en hurlant : « bouffon, ta mère, t’es où ? Ah, connard, tu me tires dessus ! ». Même les filles s’y mettent : aujourd’hui, j’étais à côté d’une Geekette qui était tellement dans le jeu qu’elle n’entendait pas son portable sonner. Et c’était du genre sonnerie gonflante, c’était un mec qui parlait, il devait imiter le diable de Tazmanie parce que j’ai rien compris à ce qu’il a dit ! Mais comme je suis garce, je lui ai pas dit, à la fille, que ça sonnait…
 
Sinon, dans le côté, « faune du cybercafé », j’ai aussi croisé un étrange personnage : une vieille dame qui erre d’écran à écran et
qui est venue parler au petit cité plus haut (la salamandre, souvenez-vous !). « Et tu fais comment pour faire ça ? Et tu fais comment pour faire ça ? ». Moi, je fais semblant de ne rien entendre, le casque vissé sur la tête (alors qu’il ne me sert qu’à entendre le « toudoudou » de MSN).
 
Enfin, parlons du geek breton, enfin, le seul spécimen que j’ai vu. Je vais au cybercafé, donc, je travaille quand soudain, j’entends cette voix typique des garçons entre 13 et 16 ans débiter des conneries à vitesse hallucinante en parlant trèèèèès fort. Mais ce qui est impressionnant, c’est qu’il n’arrête pas ! Y a pas de bouton stop ? A un moment, je me lève pour partir et là, j vois le gars : la trentaine… Mais comment on peut avoir la voix qui mue à trente ans ? Ça me dépasse ça. Au passage, il me décoche un regard plein de sous-entendus, aaaaaaaah ! Mais il se prend pour qui, le trentenaire prépubère ? C’est pas avec la sublime manifestation de sa connerie à laquelle j’ai eu droit que je vais avoir envie de lui parler…
 
Il y a des jours où je me dis que je suis salement mysanthrope… Et d’autres où je me dis que j’ai hâte de retrouver mon net à la maison ! Dieu merci, l’école d’à côté a un wifi non sécurisé, net à volonté ! 

Belle-famille, je t’’aime……ou pas.

Dimanche, je suis allée avec M. Gauthier voir un film « Un esprit de famille »… Je vous épargnerai mon avis, on va encore dire que je sais que critiquer. En gros, vous prenez tous les films américains qui mélangent Noël et famille, vous y prenez les clichés habituels (les vieux films, le beau sapin, des histoires d’amour à la mord moi le nœud…) et vous avez ce film. Mais pour rentabiliser cette soirée (enfin, on a papoté avec Gauthier, c’était quand même sympa), j’ai décidé d’écrire un article sur la « belle famille ».
esprit-de-famille
Comme tu le sais sans doute, lecteur, je n’ai jamais été mariée. Cependant, j’ai été quatre ans et demi avec un garçon, Guillaume (pour les nouveaux arrivants) et j’ai donc eu droit à divers repas de famille chez lui. Et lui chez moi. Comme je le sentais bien, ce petit copain-là, je l’ai ramené au bout de trois semaines chez mes parents. Je pense que mes parents sont plutôt sympathiques, on raconte des histoires de famille marrantes. Parfois, on fait de grandes tablées : les trois enfants (avec mon presque frère) et nos compagnons respectifs… Ah famille nombreuse, ah famille heureuse ! Je ne crois pas que mes parents soient des gens intimidants mais bon, moi, ça fait 25 ans que je les connais, je suis pas très objective. Bref, au bout de trois semaines, je ramenais Guillaume chez moi et nous partagions la même couche. A y repenser, ils sont ouverts d’esprit mes parents, quand même ! Guillaume est le seul petit ami que j’ai ramené à la maison.
 
De la même façon, les parents de Guillaume sont les seuls que j’ai côtoyés. Je me souviens parfaitement du jour où je les ai rencontrés. Ça faisait six mois qu’on sortait ensemble et je leur avais parlé quelques fois au téléphone, de grandes conversations.« Allo, madame Bidule ? J’aurais souhaité parlé à Guillaume, de la part de Nina, s’il vous plaît, merci ! ». Passionnant, n’est-il pas ? Donc, un jour, je ramène Guillaume de chez mes parents où nous avions passé le week-end et là, il me fait : « viens, je te présente à mes parents ! ». J’étais alors vécu d’un mini short qui tenait plus de la culotte qu’autre chose et je me suis sentie de suite follement à l’aise ! En plus, j’étais morte de trouille parce que son père était très strict et je ne savais trop comment ça allait se passer. Rassurez-vous, ses parents ont été charmants avec moi, ils m’ont proposé des verres mais je n’ai pas accepté, j’avais trois quarts d’heure de route pour rentrer chez moi.
 
Une fois la première rencontre faite, je faisais partie de la famille. Comme Guillaume était fils unique, sa mère me donnait plein de bricoles genre trousse à maquillage ou bracelet de la Redoute, ce qui était très gentil de sa part. Contrairement à tout ce qu’on m’avait dit, sa mère ne me considérait pas comme la « rivale », celle qui allait lui voler son fils pour toujours… Son père me stressait plus, donc, car il était très strict avec son fils et je me suis parfois retrouvée entre les deux quand le ton montait. Bon, Guillaume s’est aussi retrouvé entre ma mère et moi lors de disputes donc finalement…Son père était très gentil avec moi même s’il avait tendance à toujours me remplir mon verre, ce qui faisait qu’à la fin des repas, je me retrouvais un peu ivre.
 
Ensuite, en tant que compagne de Guillaume, j’ai assisté à de nombreux repas de famille, j’ai donc rencontré tous ses grands parents. Son grand-père paternel était sourd donc je devais parler fort et distinctement pour m’adresser à lui… J’avoue que je suis pas du tout habituée et j’en faisais des caisses pour être sûre d’être comprise. Côté maternel, nous allions voir ses grands parents à chaque fois que nous partions en vacances dans l’appartement de ma grand-mère au bord de la mer, ils habitaient à côté (nous avions tous deux des origines catalanes). Quelquefois, il y avait d’autres membres de la famille ce qui fait qu’en quatre ans, j’ai rencontré quasiment toute la smala. Je me souviens, une fois, on avait passé un après-midi chez eux, devant le Tour de France, Guillaume et son grand-père sur un canapé en train de parler de la course, sa grand-mère et moi en train de faire semblant d’être éveillées sur l’autre. La dernière fois que je les ai vus, je venais de pleurer toutes les larmes de mon corps car on avait eu une discussion assez difficile avec Guillaume. En gros, j’avais compris que c’était terminé, lui aussi, mais nous n’avons pas rompu à ce moment-là. Je devais vraiment avoir une drôle de tête avec mes yeux rouges et gonflés…
 
Quoi qu’il en soit, j’ai eu de la chance avec cette belle famille (je crois), je m’entendais bien avec tout le monde et je pense avoir été bien acceptée, notamment par ses cousines que j’aimais bien voir. La seule que j’ai pas rencontrée, c’est une dénommée Nina qui était journaliste… Amusant ! D’autres ont moins de chance comme, au hasard, ma mère. Quand elle a rencontré mon père, il avait encore ses deux parents mais ma mère ne les a rencontré que tard, vu qu’ils vivaient loin. Le jour J, ma mère se trouve face à sa future belle-mère et celle-là lui assène un : « Et bien, je n’ai pas de complexes à avoir ! ». 30 ans plus tard, ma mère lui en veut encore. Mais il n’y a pas eu que ça. Mon père et ma mère ne sont pas du même milieu social donc pour le mariage, ma grand-mère paternelle a refusé de cohabiter avec la famille de ma mère, des « ploucs » et a déjeuné dans une pièce voisine. J’ai des valises d’histoires comme ça. Il y eut la fois, aussi, où mes parents et moi-même étions chez mes grands-parents pour le week-end, ma mère et ma tante (la femme du frère de mon père) étaient enceinte, ma mère avait un trimestre d’avance sur ma tante mais ma grand-mère lui faisait faire tout le ménage alors que son autre belle-fille (pharmacienne et donc d’un niveau social plus élevé que ma mère) se prélassait, fatiguée par sa grossesse. Ce jour-là, ma mère fit ses valises et partit, rattrapée de justesse par mon père à la gare… Enfin, je vais pas tout raconter, je pense qu’on a saisi l’essentiel.
 
Je n’ai jamais rencontré d’autres beaux-parents, même si je les ai souvent vus en photo ou entendus au téléphone. Je me souviens, quand j’étais avec Arnaud, mes parents étaient venus sur Paris. Sur le coup, je l’avais un peu taquiné : « Tu veux pas que je te présente à mes parents ? Ils sont sympas ! ». Bien entendu, c’était une blague mais quand je lui ai demandé s’il avait déjà rencontré les parents de ses anciennes copines, sa réponse négative m’avait étonnée. « J’ai jamais eu l’occasion ! ». Ça, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
 
A la réflexion, je ne comprends pas vraiment pourquoi on craint à ce point la belle-famille… Evidemment, on peut tomber sur des cas comme ma grand-mère mais malgré toutes ses tentatives (dont certaines lettres), mon père a tout de même épousé ma mère et ils ont eu deux super enfants ! Certes, ma première expérience en la matière fut plutôt rassurante puisque le principal défaut des parents de Guillaume était leur caniche que je détestais et qui passait son temps à me sauter dessus (je n’aime pas trop les chiens). De plus, sans me vanter, je pense être une belle-fille plutôt bien : polie, serviable, souriante, jolie (ahah !), diplômée, une bonne situation (oui, d’ici que je me trouve un fiancé qui me présentera à ses parents, j’aurai un boulot)… Je peux même être non tabagique sur demande. Bon, je ne sais pas encore si je suis fertile mais selon le dernier voyant que j’ai vu, oui.
 
Du côté de mes parents, ils doivent se demander pourquoi en un an et demi de célibat, je ne leur ai présenté personne alors que Yohann ramène régulièrement de nouvelles conquêtes. Ils ont su que j’étais sortie avec Arnaud dont il ont vu une photo et je suppose qu’ils sont au courant pour Guillaume. Pendant les vacances, mon père a répondu à mon téléphone portable quand Guillaume appelait… Or quand il appelle, une photo de lui en peignoir apparaît… Hum ! Et encore, heureusement que ce n’est pas ma mère qui a répondu, sinon, elle aurait eu droit à un « chérie ! »… Je me demande aussi si ma sœur n’a pas craché le morceau (oui, elle est au courant, comme ça, elle me garde Kenya quand je pars en Bretagne) puisque vendredi, elle m’a sortie une petite pique.
« Ce que j’envisage, expliquai-je, c’est de commencer ma carrière à Paris puis partir ensuite en province.
– En Bretagne, par exemple… »
Ma mère m’a fait aussi une référence au pays des crêpes mais je me souviens plus laquelle… Mais bon, outre le fait que Guillaume et moi ne nous engageons pas, je vois pas en quelle occasion je pourrais lui présenter mes parents.
 
En fait, là où la présentation des beaux-parents peut être angoissante, ce n’est pas tant de rencontrer deux individus qui n’ont rien de plus ou de moins par rapport à nous. Mais être présentée aux beaux-parents est un pas de plus dans la relation… La prochaine étape, c’est quoi ? L’appart commun, les fiançailles ? Ah, quel stress ! C’est vrai que, dans ma famille, on a une certaine pudeur par rapport à ça. Une fois ma mère m’a expliqué que ça la gênait que Yohann ramène toutes ses copines : « Tu comprends, on s’attache aux gens et après, ils s’en vont… ». Du coup, le prochain que je ramènerai, j’attendrai un peu plus de trois semaines avant de le ramener !

2006 sera mon année

Comment réussir sa vie ? Bon, techniquement, je ne sais pas mais je pense qu’il faut mettre le maximum de chances de mon côté, d’où mes bonnes résolutions, crue 2006.

 

J’ai lu l’autre jour dans je ne sais plus quel magazine que pour remplir ses résolutions, il en fallait de petites. Certes, j’ai donc rayé de ma liste gravir le Mont Blanc, je ne suis pas alpiniste… Cependant, c’est pas une raison pour viser petit. Je suis une fille qui a des ambitions, hors de question d’y renoncer. Je sais ce que je vaux, quand même…

 

Alors, j’ai un plan. Déjà, je ne cherche plus que dans la rubrique emploi des sites mais aussi dans la rubrique stage. En effet, j’ai réfléchi. L’inactivité, c’est clairement pas mon truc : moins j’en ai faire, moins j’en fais, ce n’est pas très positif comme attitude. J’ai l’impression que je m’abêtis à force de ne rien faire donc je dois me bouger. Dans la mesure où mes parents peuvent « m’entretenir », si j’ose dire, je pense qu’il est préférable de faire un stage (rémunéré quand même) dans le journalisme que n’importe quel boulot payé au SMIC qui m’éloignera de ma voie. Honnêtement, je n’ai rien contre les téléopérateurs, j’ai bossé tantôt à la Poste, mais suivre cette voie me paraît dangereux. J’en ai parlé à Anne qui a un peu galéré à la sortie de ses études, aussi, et nous sommes d’accord : ce genre de travail alimentaire peut nous entraîner dans une routine dont on finit par ne plus sortir. Elle-même a fait du téléacting (comme ils disent) et à la fin de son contrat, elle a hésité à renouveler, je l’ai poussée à ne pas le faire : ça ne lui plaisait pas du tout et elle était trop qualifiée pour ça. Car après le CDD arrivait le CDI et pour partir de là… Finalement, elle n’a pas rempilé et elle a bien fait puisque quelques temps après, elle a trouvé un boulot correspondant à ses compétences et la femme qu’elle remplaçait a eu la bonne idée d’avoir des exigences telles pour son retour que l’entreprise a décidé de se passer d’elle.

 

Pour être journaliste, faut pas que je m’éloigne de ce métier, au contraire : un stage, j’en ai fait un nombre certain mais en même temps, ça permet de se faire des contacts et on ne sait jamais, il y a parfois des perspectives d’embauche… Mon cousin travaille depuis 3 ou 4 ans chez Milan Presse suite à un stage, par exemple… Mais ça ne m’empêche pas d’envoyer des CV pour un emploi, j’envoie des CV et j’ai un plan : construire un CV en ligne avec press book téléchargeable. Je n’espère pas qu’un employeur tombera dessus par magie et m’embauchera, c’est pour permettre aux gens qui reçoivent mon CV de

– consulter immédiatement mon press book

– voir que quand je dis que je maîtrise l’html sur mon CV, c’est pas du vent.

Par ailleurs, je vais écrire au maximum pour mes webzines et multiplier les sujets sur les médias. L’idée est la suivante : j’interviewe un ou plusieurs journalistes sur un sujet donné, ça permet déjà de me constituer un petit carnet d’adresses et comme je suis maligne, je leur envoie l’article une fois écrit, pour qu’ils puissent lire ma prose…

 

Pour réussir tout ça, il faut avoir un emploi du temps et s’y tenir. Je pense agir comme ceci :

 

8h30-10h30 : réveil tranquille. Petit déjeuner, lecture des blogs, coup d’œil sur les dépêches en ligne, sites d’emploi et mails

 

10h30-12h : piscine (oui, faut bien compter le temps d’y aller, de revenir, de se changer, de se doucher donc voilà).

 

12h-14h : déjeuner, écriture loisir…

14h-19h : écriture d’articles journalistiques, travail sur mon site, visite sur les sites emploi.

 

19h-23h : loisirs en tout genre.

 

Le tout, c’est de s’y tenir ! Mon père m’a filé un gros agenda de sa banque, je vais pouvoir inscrire en détail à l’intérieur les articles en préparation et tout ça…Bon, ça, c’est si je trouve pas un stage ou un boulot, évidemment… Déjà, je ne pourrai pas le faire avant la deuxième semaine de janvier et encore, je pars en Bretagne voir Guillaume à ce moment-là mais si je n’ai pas de stage ou de boulot à mon retour de Bretagne…

 

Bon, cette année sera essentiellement placée sous le signe du boulot, donc, vous l’aurez compris. Ce n’est pas pour autant que je n’ai pas pris de résolutions pour ma vie privée. Déjà, j’ai décidé d’avoir une vie plus sage : moins de sorties, moins de cuite. Je ne crois pas qu’une vie dissolue soit la meilleure voie pour réaliser mes projets précédents. En 2005, j’ai bien (trop ?) profité de la vie, il est temps de se recentrer un peu. De toute façon, ça me fatigue un peu cette vie futile et je n’ai pas vraiment les moyens de faire la bringue tous les soirs. Mieux vaut faire la fête pour de vraies occasions et en profiter que tout le temps et ne plus apprécier.

 

De la même façon, terminées les brouettes avec des gars pour qui je ne ressens absolument rien, j’ai pu constater que ce n’était pas toujours sans conséquences. Mon ego apprécie peu de se faire cracher dans la gueule par des mecs qui étaient ravis de me trouver à une époque, je n’ai aucune envie de devenir un égout séminal. A partir de maintenant (et même déjà avant), je ne veux plus que des belles histoires, pas de bises après une fellation ou autre. Je ne brouetterai plus avec quelqu’un qui ne me plaît pas plus que ça… Evidemment, rien ne peut me garantir que je me planterai pas mais au moins, je n’aurai rien à me reprocher. De toute façon, le sexe pour le sexe ne me tente plus. Cela ne veut pas dire que je dirai non à toutes les relations ne menant pas directement à l’autel mais juste que je suis lassée des connards qui prennent et partent sans donner.

 

Enfin, en vrac, j’ai des petites résolutions faciles à tenir. D’abord, j’ai décidé de passer moins de temps sur les blogs. Je les lis, je commente et basta. Concernant celui-ci, je continue à écrire et à répondre aux comms mais pas en permanence. J’ai envie de profiter de mon temps libre pour écrire, faire de la photo, des trucs du genre… Et surtout, je vais devenir (un peu) plus égoïste… Parfois, je fais les choses pour faire plaisir alors que ça m’emmerde profondément, il est temps de penser un peu à moi…Ça peut paraître curieux comme résolution mais elle est nécessaire pour moi.

 

Voilà… Pas de Mont Blanc, à voir si je tiens ou pas !

La Bretagne, l’’autre pays de la brouette

Vendredi, 8h30, je bondis de mon lit. Les gens qui me connaissent applaudiront l’effort surhumain : moi, me lever si tôt en période de chômage, ouah ! Hop ! hop ! Valise faite ! Hop ! hop ! revue de presse imprimée pour bosser dans le train. Hop ! hop ! Croquettes et pâtés achetés pour Kenya. Je m’en vais !
brouette bretonne
 
Valise à la main, sandwich dans l’autre, je cours, je bondis dans mon TGV direction : la Bretagne ! Bon, il semblerait que j’ai couché sans le savoir avec le responsable du placement dans les trains : je n’ai personne à mes côtés durant les 3h et quelques que dure le trajet. Première heure, je me plonge avec délice dans la lecture de mon roman : « Le diable s’habille en Prada » (ça mérite un article du dimanche tellement ce roman est jouissif). Deuxième heure, je dors (je vous rappelle qu’il n’y a personne à côté de moi donc je m’étale). Troisième heure : re-lecture, entrecoupée de regards fréquents par la fenêtre : elle est où la mer ? Et bien le train passe trop à l’intérieur des terres pour la voir, bouh ! Evidemment à peine partie, le téléphone sonne : Alice, ma sœur. Comme je suis un peu tordue, j’ai omis de dire à ma famille que je partais en Bretagne ce week-end… Et, évidemment, elle veut à tout prix me voir ce week-end ! Donc je lui sors une histoire débile de week-end chez une copine dans les Yvelines…
 
Loin de la métropole
Arrivée dans une première gare, je saute dans une vieille micheline bien plus âgée que moi pour rejoindre Guillaume. Vingt minutes plus tard, on arrive au terminus et je le vois sur le quai de la gare. Après les embrassades de rigueur, nous fonçons à sa voiture pour… une petite balade (ceux qui ont pensé de suite à la brouette, vous n’êtes qu’une bande de pervers !). Il me montre un peu le coin et je vois enfin la mer (à marée basse, certes, mais quand même). Il faut savoir que j’ai une sainte adoration pour la Bretagne, là où mon grand-père maternel que je n’ai jamais connu est né. Bon, c’était pas dans ce coin-là mais faisons fi des détails. J’y avais passé des vacances magiques, adolescente, j’étais tombée folle amoureuse de ce pays aux falaises majestueuses. Plus tard, j’ai postulé pour un IUT tout proche de chez Guillaume (je ne le connaissais pas du tout, à l’époque) mais j’étais trop âgée, refusée. J’ai eu l’occasion de passer devant les bâtiments de l’IUT en question et…euh… j’ai très peu de regrets, finalement.
 
Il y a le ciel, le soleil et la mer, tout pour un week-end réussi. On se tient gentiment la main avec Guillaume, il me montre pas mal de choses, je suis aux anges. C’est beau la Bretagne, l’herbe est super verte, les maisons sont toutes jolies, avec leur toit en ardoise. Comme je me sens bien dans ce pays qui n’est pas le mien ! Bon, on arrive finalement chez lui, c’est une jolie ferme rénovée qui comporte trois appartements : le sien, un où vit une infirmière et le troisième, vide. Le problème, c’est qu’on entend tout ce qu’il se passe d’un appart à l’autre alors les brouettes risquent d’être compromises si l’infirmière reste là… Bref, je m’installe, bisous, bisous, le voilà qui repart travailler (oui, il avait pris une pause rien que pour venir me chercher). Du coup, je vais fumer dehors et là arrive un chien qui fonce vers moi en aboyant et qui grimpe les escaliers quatre à quatre. Il faut savoir que les chiens, c’est comme les enfants : je ne suis pas habituée. Sauf que les enfants, personne ne les a dressé pour être méchants alors que les chiens, on ne sait jamais… Mais non, celui-là est sympa, il me fait la fête. Bon, j’avoue, il n’était pas très effrayant : il était assez petit et pas bien plus jeune que moi. Puis quand je fais mine de rentrer dans l’appartement, il repart sans demander son reste.
 
Guillaume rentre enfin du boulot et nous fêtons dignement nos retrouvailles. Pour fêter ma présence, il m’emmène dans LE resto classe du coin, un manoir trois étoiles. Ambiance feutrée, le maître d’hôtel est tout sourire (et se brosse les dents avec Colgate, ça brille). A côté de nous, un couple d’un certain âge avec…un chien ! Youpi. Bon, on s’installe, petit apéritif et je sens une douce caresse contre mon pied. Oh, c’est trop mignon, Guillaume me fait du pied ! Ah, non, raté, c’est le chien de la table voisine ! Celui-ci, qui répond au doux nom de Kenny (si, chéri, je te jure que c’était ça !), est rapatrié sous la table de sa propriétaire mais non, il revient ! Du coup, sa maîtresse nous dit en souriant : « Il se met là  parce qu’il y a tellement d’amour entre vous ! ». Heu…
 
Bon, le couple s’en va, tout le monde s’en va, en fait, je me retourne de temps en temps regarder la lune se refléter dans la mer et découvrir petit à petit des rochers qui forment une petite crique au pied de l’hôtel. C’est magnifique, je suis aux anges. Les plats défilent à une vitesse hallucinante : nous sommes les derniers, je suppose que les cuistots n’avaient pas envie de passer la nuit à attendre que nous ayons fini. Au moment du dessert, le maître d’hôtel nous demande si nous sommes de la région, Guillaume lui répond qu’il vient de s’installer, j’indique que je suis une Toulousaine exilée à Paris. Du coup, le monsieur s’extasie (il faut avouer que, très aimable, ce monsieur fut extatique toute la soirée) : « Oh ! Et vous attendez qu’il soit installé pour le rejoindre ? » Heu… C’est pas trop ce qui est prévu mais c’est gentil de poser la question ! Retour à l’appartement, la voisine n’est pas là : hmmmmm ! Comme il fait froid, on se réchauffe.
 
Week-end chargé…
Le lendemain, programme chargé : courses, journée au forum « je-sais-plus-quoi » où y a une piscine, hammam, sauna… puis à 18 heures, rendez-vous dans un bar avec certains de ses amis. Bon, comme d’habitude, on traîne au lit : on ne se lève pas très tôt, on câline, on déjeune, on câline, on câline… Bon, il est trop tard pour aller au forum, il faut aller se doucher là, on va être en retard au rendez-vous… Du coup, comme on aime être en avance, on se re-câline un petit coup et hop, sous la douche ! Forcément, nous arrivons au café où nous avions rendez-vous avec une petite heure de retard… Hum ! Il y a une jolie blonde et deux garçons aux cheveux plus ou moins longs qui jouent dans un groupe où joue Guillaume. Ouais parce que Guillaume est musicien (et hop, un fantasme de plus réalisé !). Il m’a joué de la guitare et m’a interprété sa chanson que j’aime beaucoup c’est un futur tube (comme ça, s’il devient célèbre, ça fera un fantasme réalisé de plus : avoir partagé la couche d’une rock star). On discute, la demoiselle blonde est très sympathique, elle me demande un peu qui je suis, s’intéresse à ma vie et m’explique où nous allons nous rendre. Après avoir avalé un « Breizh cola » (c’est pas mauvais !), nous voici de retour dans la voiture, direction un bled dont j’ai oublié le nom mais c’est pas grave. Une heure de voiture plus tard pendant laquelle on se tripote indécemment les mains (oui, il conduisait). On arrive chez une gentille femme qui nous accueille dans sa demeure, on mange, on boit, on parle, charmante soirée. Mais on ne tarde pas trop, Guillaume est fatigué. Une heure de route plus tard, nous voici couchés l’un contre l’autre… Puis je sens quelque chose de dur poindre dans mon dos. Bien qu’il soit fatigué, le jeune homme a encore de la ressource.
 
Du coup, le lendemain, on voulait se lever tôt pour profiter de la journée et aller se promener sur une île voisine. Mais comme d’habitude, on traîne au lit. Finalement, on finit par se lever et après un bon petit déjeuner, on file à la plage. En chemin, je vois des brouettes partout : les Bretons, ils aiment ça ! Arrivée sur la côte : là, je suis comme une gamine, je marche sur le sable, j’ai envie d’enlever mes chaussures mais il fait trop froid, tant pis. On marche, je regarde discrètement les coquillages incrustés dans le sable en respirant à fond l’air empli d’iode. Je fantasme sur les maisons accrochées sur la falaise, expliquant à Guillaume que si j’avais des sous, j’aurais une maison, là, où j’écrirais mes romans, je marcherais tous les jours une demi-heure en bord de mer après le repas pour digérer et faire fonctionner à fond mon imagination. Il y a un psychanalyste qui a dit qu’on avait chacun notre élément de prédilection. Pour Descartes, c’était le feu, pour moi, c’est l’eau, définitivement. On s’embrasse devant l’immensité aquatique puis on se promène un peu main dans la main avant de retourner à la voiture. Une nouvelle mission nous attend : rejoindre une autre plage pour se poser à un café et voir le soleil se coucher. Boire un chocolat chaud devant un ciel rougeoyant se reflétant sur la mer, c’est quand même un moment franchement agréable. Une fois le soleil couché, on lève le camp : ce n’est pas qu’il fait froid mais si. Soirée calme, dimanche : la voisine est rentrée, on mange tranquillement puis on regarde le DVD d’Axelle Laffont qu’il m’a offert. Je rigole comme une bossue, la voisine doit m’adorer !
 
Une chômeuse en Bretagne
Le lundi, le jeune homme travaille donc je paresse au lit, écoutant malgré moi les bruits de la voisine (la voisine aux toilettes, la voisine téléphone, la voisine fait fonctionner le micro-ondes, hum !). Je profite du calme pour lire ma revue de presse en vue d’articles pour un webzine puis Guillaume rentre, on déjeune tranquillement puis après un chaste câlin de digestion, il repart au boulot. Je finis mon boulot, petite douche, délires sur les blogs puis Guillaume revient. Comme sa voisine n’est pas là… Puis il me joue de la guitare, quelques notes d’un morceau qu’il a composé pour moi. Alors, là, je dois avouer que je suis super flattée : on ne m’avait jamais encore écrit de chanson puis elle sonne bien. Moi qui rêvais d’être muse, me voilà exaucée ! Du coup, j’ai bien envie de le remercier mais souci : la voisine est-elle rentrée ou pas ? Alors, là, nouveau challenge : essayons de faire l’amour en silence. Ce n’est pas, mais alors pas du tout, ma spécialité, ça, mais testons. On commence, je tiens bien le coup et là, on entend la voisine qui rentre. Il faut savoir que quand elle ouvre et ferme sa porte, ça fait vibrer la nôtre, genre : « elle s’est trompée d’appart, elle rentre chez nous ». Et bien, de la savoir à deux mètres de là, pouvant entendre nos ébats, mine de rien, c’est excitant. Il n’empêche que je tiens à dire que j’ai été silencieuse jusqu’au bout (et ce n’étais pas facile) mais ça m’a épuisée comme si j’avais brouetté trois heures non stop. Il n’empêche que, du coup, ça réveille toutes les questions que j’avais sur les cris de jouissance.
 
Hélas, les bonnes choses ont une fin, je dois rentrer. Curieusement, j’ai pris mon billet pour un train maintenu par la SNCF, ma lose serait-elle passée ? Je rentre pleine d’entrain dans mon appartement et je découvre que : France Telecom a re-suspendu ma ligne mais n’a pas oublié de m’envoyer sa facture. Ma chaudière menace d’exploser dès qu’elle se met en route, j’ai l’impression qu’un caillou est coincé dans le tuyau et ça racle, hmmmm ! A peine arrivée sur la capitale, ma sœur m’appelle pour les cadeaux de Noël. Ce soir, j’appelle ma mère (elle m’avait appelée hier soir pour râler car je ne l’avais pas fait…) et lui raconte mes malheurs et elle me dit : « Oui, j’ai essayé de t’appeler sur ton fixe, hier, t’as pas répondu ». Bon, très bien, ma mère sait que je n’étais pas chez moi ce week-end, elle ne m’appelle JAMAIS sur mon fixe. Ah ben elle qui me trouvait « étrangère » ces derniers temps, voilà que j’ai bien arrangé mon dossier.
 

O mon pays, O Toulouse

Mercredi, 13h45. Dans un monde normal, je serais à cinq minutes de Montparnasse mais en fait, on est loin, le train a du retard. Je reviens de mon pays natal où j’ai passé un long week-end, je suis entassée dans un coin de train avec ma valise, mon ordi et la pauvre Kenya qui dort tranquillement dans sa cage, se préparant pour la sérénade qu’elle me jouera tout à l’heure dans le métro. A côté, y a une fille aux dreads roses dans lesquelles sont accrochées des capsules de bière et elle a un rat teint en vert sur l’épaule… Pauvre rat, c’est pas sympa de le teindre, quand même.
 
Il ne fait pas très beau et je suis d’humeur un peu nostalgique depuis hier. Il faut dire que mon retour sur Toulouse fut chargé en émotion. Week-end normal à fêter l’anniversaire de mon père et de ma sœur avec mes parents, la dite-sœur, mon « frère » (il ne l’est pas d’un point de vue biologique mais fait partie de notre famille depuis trois ans, pas la peine de demander comment se fait-ce, je n’en dirai pas plus), ma grand-mère gentille et ma tante. Vendredi, samedi, dimanche, lundi pépères. Mardi, journée marathon.
 
Plan à 4 au resto
Mardi, donc, 11h45, je pose mes délicates fesses dans l’habitacle de la 206 maternelle pour foncer su Toulouse. Ah, le plaisir de la conduite ! J’adore conduire mais je n’ai plus trop l’occasion de le faire puisque je n’ai pas de véhicule sur Paris. Embrayage, première, embrayage, seconde, embrayage, troisième vrouuuuuuuuuuuuum ! Et vas-y que je déboîte à gauche pour doubler tout en hurlant : « what a-are you waindingue for ? » (pour ceux, nombreux, qui n’auraient pas reconnus, c’est du Gwen Stefani). Car, ce que j’aime dans la conduite, c’est visser les écouteurs de mon ipod dans les oreilles et chanter à tue-tête, m’imaginant devant une salle comble en train de m’applaudir. Oui, je sais j’ai pas le droit de conduire avec un baladeur sur les oreilles mais moi, au moins, je n’appelle personne pendant ce temps. Donc tout va bien.
 
Arrivée 12h30 au centre ville de Toulouse, je me gare sans soucis dans un parking souterrain, j’ai même pas eu à m’énerver après un automobiliste ce qui, à Toulouse, est plutôt rare. Je vais m’acheter un ticket de métro pour me rendre à St Cyprien. Oui, j’ai rendez-vous avec un jeune homme que je ne connais pas, je vous raconte l’histoire. Il y a une semaine ou quinze jours, je trafique sur mon blog quand je suis soudain déconnectée. Je me reconnecte et là, je vois écris en haut de l’écran que mon blog est en « privilège ». Ah ben, merde, alors, je rêve ? Tous les blogs débutent en confiance, on passe en privilège quand notre blog est de qualité mais ce passage était bloqué depuis quelques temps en attendant la sortie de la nouvelle version (sortie mardi). Du coup, maintenant, je sais quels mots clés vous tapez pour arriver sur mon blog, bande de pervers ! Etonnée, je vais hurler ma joie sur le forum d’over-blog (OB) puis je vais faire un tour sur ma boîte mail et voit que j’ai reçu un courrier d’un dénommé Fabien au sujet de mon passage en privilège. Ce monsieur est l’un directeur d’OB (ils sont trois) et comme il aime beaucoup mon blog, il l’a fait passer en privilège. Ah ben merci ! On s’échange nos adresses MSN (non, ce n’est pas nina.bartoldi, mon adresse MSN, arrêtez de m’ajouter). Un soir, on discute, tranquillement, je lui raconte que je suis en vacances chez mes parents, dans une ville assez proche de Toulouse et là, il m’annonce que les bureaux d’OB sont précisément dans la ville rose. En voilà une information, je ne le savais pas du tout ! « Si tu veux passer nous voir, un jour… ». Tu parles que je veux, découvrir les bureaux grâce auxquels je suis une star, je vais pas dire non ! En plus, il a l’air marrant, Fabien : déjà, il n’a « que » 26 ans, donc plus jeune que ce que je croyais. Hé oui, y en a qui ont 25 ans et qui sont chômeuses, d’autres qui en ont 26 et qui sont directeurs, chacun son truc. Donc on discute et on part dans un délire sur le train.
 
Le principe est simple : si la SNCF veut nous faire préférer le train, qu’elle y mette du sien, c’est à dire qu’elle place les gens en fonction de leur âge. Et si nous faisions un wagon spécial 12-25 ! Non parce que systématiquement, on se retrouve à côté d’une personne bien plus âgée que nous. D’ailleurs, ce week-end, ça n’a pas raté : à l’aller un vieux (qui est rapidement descendu, une banquette entière que pour moi), au retour, un vieux (mais y avait toute une banquette de libre à côté donc je m’y suis installée). A une époque, je lisais les nouvelles érotiques publiées sur aufeminin et il y avait toujours des histoires dans le train… Moi, je veux bien faire des galipettes dans le train mais avec qui ?
 
Bref, on a un bon contact et il me propose de passer dans leurs bureaux pour un déjeuner. Jeune homme, 26 ans, célibataire, chef d’entreprise… Bon, et bien, vous commencez à me connaître, je m’empresse d’accepter ! Surtout que ce n’est pas un simple déjeuner : y a peut-être un petit job pour moi à l’arrivée. Me voici donc dans le quartier de St Cyprien, quartier où j’ai vécu mes quatre premières années toulousaines, dans une résidence étudiante où j’ai pu faire partager mes ébats malgré moi. Je trouve très facilement leurs bureaux (ben, oui, ils sont voisins de mon ancienne résidence étudiante que j’ai tant honnie les derniers mois). Je finis ma clope, je sonne et on m’ouvre. Bon, l’immeuble est petit, premier étage, je trouve un charmant blondinet qui me claque la bise : Fabien. C’est marrant, il ressemble un peu à un copain que je fréquentais en maîtrise science politique et qui avait un nom de famille à consonance italienne. Il me montre le loft qui abrite les locaux d’OB et accessoirement sa chambre (un tout petit lit, le pauvre !), il me présente à tout le monde puis on va fumer sur la terrasse. Je dois avouer que dans le Loft, ce qu’il m’a le plus plu, c’est la terrasse. Assez grande, qui donne sur les toits, c’est peinard. On discute un peu, ça fait plaisir de voir qu’il suit bien mon blog, je lui raconte quelques anecdotes sur les « coulisses » du blog.
 
On part manger avec Gabriel, un des autres fondateurs d’OB puis Jérôme nous rejoint ensuite au resto (notez, les garçons, que j’ai choisi les prénoms en fonction des initiales). Le repas est franchement sympathique, j’ai plus l’impression d’un repas entre potes que celle d’être avec trois inconnus (trois mecs pour moi seule, j’assure, quand même). J’apprends pas mal de choses sur OB, c’est hautement instructif. Et à la fin du repas, me voilà promue intervieweuse officielle du site. En fait, ils projettent de changer la home et les interviews que je ferai seront mis en une. Voilà de quoi enrichir mon press book…
 
Goûter avec l’ex
Suite à ce déjeuner, je quitte mes nouveaux amis après les avoir raccompagné devant leur immeuble. Fabien me propose de monter mais ils vont travailler, je vais pas les regarder béatement. Donc je file en ville pour mon prochain rendez-vous : Guillaume, mon ex. Après quelques courses que je dépose à ma voiture, je rejoins donc le lieu de rendez-vous. Comme d’habitude, il est en retard donc après avoir esquivé un mec qui essayait d’entrer désespérément mon champ de vision, je m’appuie contre un mur et coince une clope entre mes lèvres. Je n’ai même pas eu le temps de chercher mon briquet qu’un mec s’approche de moi : « vous voulez du feu ? » Ah ben ça alors ! Il allume ma cigarette et s’en va sans demander son reste. Que je t’aime province, lieu où j’existe en tant qu’individu et pas en tant que point dans une foule compacte ! Non parce qu’aujourd’hui, j’ai retrouvé ma joyeuse jungle parisienne et là, je n’existe plus. Enfin, si, un peu : je trimballais Kenya mais je ne suis finalement que le prolongement naturel de sa panière. C’est pas moi qui les intéresse, c’est elle, avec sa bouille rigolote et ses longues moustaches et ses cris déchirants.
 
Guillaume arrive enfin, il ne va pas très bien, je le sais. On va faire quelques courses à la librairie, là où j’achetais mes mangas, dans le temps. Il y a toujours Fabien, le beau vendeur brun aux yeux verts que j’ai toujours rêvé de violer dans l’arrière-boutique (oui, je sais, ça fait le deuxième Fabien de l’article mais quand je vous dis que je fréquente des personnes qui ont toutes le même prénom, je ne mens pas). Ça me fait bizarre d’être là. On se rend ensuite dans le café qui a abrité nos amours durant deux ans (oui, on l’a pas découvert de suite), la décoration a changé et je suis déçue : le lieu a perdu son charme, défiguré par un énorme présentoir Haribo. Foutu capitalisme.
 
On discute beaucoup, enfin, surtout lui. Oui, il faut savoir que je suis quelqu’un d’assez bavard mais je suis une petite joueuse à côté de lui. Il me parle de ses amours, il est malheureux : depuis deux ans, il côtoie une fille qui vit très loin sur le net et elle doit venir en janvier mais elle s’éloigne de lui. Elle a peur, elle ne veut plus parler d’amour et je la comprends quelque part : l’amour à distance, surtout quand un océan vous sépare. Il en parle, ses yeux rougissent et sa voix tremble un peu donc je le remonte comme je peux : « Ecoute, je suis une fille et pas trop mal placée pour comprendre ce qu’elle vit. Jamais je ne traverserais un océan juste pour voir un « ami ». Tu le sais et elle le sait aussi, vivez ce que vous avez à vivre, vous aviserez après. » Apparemment, ça va mieux.
 
Et là, c’est l’heure des révélations. Il m’apprend que pendant quatre ans et demi, il était toujours en contact avec son amour de jeunesse, LA fille que je détestais sans la connaître parce qu’il l’aimait toujours beaucoup. Mais ce qu’il prenait de l’amitié n’en était pas, elle a toujours eu des vues sur lui et, apparemment, elle a tenté de le soustraire à mon influence pendant quatre ans. Raté, connasse ! Et elle refait pareil avec son amoureuse actuelle. Sauf que là, il a compris et s’est senti trahi. Il m’a aussi expliqué qu’il connaissait sa correspondante virtuelle bien avant notre rupture et qu’à la fin de notre histoire, il pensait à elle plus qu’à moi. Du coup, je lui ai avoué avoir été très attirée par Bertrand à ce moment-là, je lui ai même raconté ce jour de pluie où le jeune homme était venu me parler avec ses yeux verts-bleux-gris qui avaient fait explosés mon petit cœur. Mai je n’ai pas parlé de Fabien, celui pour qui je crevais de désir à une époque (trois Fabien dans un article, j’atteins des records). Pas la peine d’en rajouter.
 
Curieusement, de le savoir, ça ne m’a pas blessé, il n’a pas eu l’air d’être fâché que je lui parle de Bertrand… On a dépassé le stade des passions mais il reste que je l’aime énormément et je ne supporte pas de le voir dans cet état, ça me crève le cœur. Je lui ai rappelé que j’étais là pour lui quand ça allait mais aussi quand ça n’allait pas. Je suis sortie avec lui suffisamment longtemps pour le connaître par cœur même si, mardi, je l’ai découvert jaloux, jaloux d’un gars qui tourne autour de sa donzelle. Il n’a jamais été jaloux de mes amis, il n’a pas vu mes attirances pour Fabien puis Bertrand, sans doute l’ai-je bien caché, aussi.
 
Ma pauvre stagiaire adorée !
On part ensuite chez Lucie où Anne nous rejoint, on discute tous joyeusement puis il part, rapidement suivi par Anne qui avait un cours de rock (quelle dragueuse, celle-là ! J’espère qu’elle va se trouver un beau danseur, ça fera des choses à raconter pour le blog). Je reste donc à discuter avec Lucie, elle me raconte sa vie de stagiaire à l’IUFM et je ne sais si je dois rire ou pleurer. A un moment, elle me parle d’une nana qui vient de l’académie de Versailles et qui lui sort un jour, de but en blanc : « ben, tu vois, moi, l’an dernier, je suis allée au salon de l’agriculture et j’ai découvert que les poulets, ça avait des ailes ». Et je rappelle que cette demoiselle a son CAPES et sévit dans un collège où elle enseigne l’histoire et géographie. Mais elle croyait que c’était quoi comme bête, un poulet ? Et l’adjectif « aviaire » accolé à la grippe, ça l’a pas fait réfléchir un peu ? Bien, je demanderai à Lucie de me filer le nom de cette demoiselle pour ne JAMAIS inscrire ma progéniture dans l’établissement où elle travaille. Sinon, il y a une demoiselle que Lucie et ses amis adorent, celle qui intervient toutes les deux minutes en cours en débutant toutes ses phrase : « Alors moi personnellement, je pense que… ». Du coup, un collègue de Lucie est un jour intervenu en cours en multipliant les « alors moi personnellement, je pense que… alors nous personnellement, nous pensons qu’il faut appeler l’infirmière, personnellement, c’est ce que nous pensons. » Et forcément, Lucie se cache pour rire. Maintenant, je sais pourquoi je n’ai jamais voulu être prof.
 
Fatiguée, je repars de chez elle à 22h30, une migraine commence à se former sur mon œil gauche, j’ai trop fumé. Je rentre chez moi, mes parents ne dorment pas donc je vais discuter avec eux, je leur parle de mon partenariat avec over-blog rapidement (en omettant de dire que j’avais mon propre blog) et ma mère est plus que circonspecte : « les blogs, je sais ce que c’est, c’est là où des jeunes appellent à la haine ! ». Non, maman, ce n’est pas que ça. Mais j’ai beau lui expliquer, elle fait la gueule. Heureusement que mon père me défend. « Tu sais, m’explique-t-elle, je sais pas comment tu vis à Paris, j’ai l’impression que tu deviens une étrangère. » Oups, touchée. Mais je peux pas lui dire que je vole de bras en bras, de brouettes en brouettes, que je pars ce week-end en Bretagne retrouver Guillaume pour un week-end hautement indécent. Elle avait entendu parler d’Arnaud mais c’est tout. Ça me fout un peu le cafard.
 
Je monte sur l’ordi pour mettre mon blog à jour, j’y retrouve Bouc et Moustache (Guillaume est déjà parti se coucher) qui me fait lire son article en avant-première, celui où il raconte qu’il a enfin effacé le numéro de Catherine de son téléphone portable (lire ici). Je lui réponds que je n’en ai pas fait autant concernant Arnaud.
« Tu veux le rappeler ?
– Non, mais j’espère qu’il le fasse. Tu sais, j’arrive toujours pas à croire que c’est le garçon avec qui je sortais est celui qui m’a plantée comme ça.
– Si c’est lui.
– Je sais… Mais je n’arrive pas à lui en vouloir, je suis con hein ?
– Oui.
– Je me rends compte que j’ai pas tout réglé de ce côté-là… »
Il faut dire qu’une photo du jeune homme traîne à côté du PC familial et de l’avoir sous le nez, ça n’aide pas. Des fois, ça me manque de ne pas être dans ses bras, je m’y sentais si bien… Je crois aussi que mes retrouvailles avec Guillaume ont fait remonter pas mal de choses, le bonheur d’être à deux, mais pour l’heure, je crois qu’il n’est pas encore temps de me caser, j’ai encore des histoires à vivre. Je me couche avec un sacré mal de tête et en me glissant dans mon sac de couchage (oui, je dors dans un sac de couchage chez mes parents, ma chambre est en jachère), je me rends compte que Kenya a fait pipi dessus… Délicieuse fin de soirée.
 
Aujourd’hui, en rentrant chez moi, je me suis allongée, j’ai commencé à m’endormir puis, tout à coup, j’ai saisi mon portable. Au revoir le numéro de Benoît, au revoir le numéro d’un copain de Raphaël que j’avais rencontré au mois d’août… Au revoir le numéro d’Arnaud. Comme une conne, je me trompe de touche et j’appelle mais je raccroche aussi tôt, je ne pense pas que son portable ait sonné. Quand je l’efface, j’ai un petit pincement au cœur mais c’est mieux comme ça : il ne me rappellera jamais, de toute façon. Je me suis assez tournée vers le passé ce week-end, regardons désormais en avant.
 
 

Le jeu de l’’amour et du hasard

Comme je m’en suis rendue compte à plusieurs reprises, la vie est pleine de surprises, parfois elles sont très agréables. Dans ma vie amoureuse, le hasard fait curieusement les choses, j’en suis la première étonnée.
 
J’ai parlé à plusieurs reprises de mon « correspondant virtuel » qui, en deux mois, a pris beaucoup de place dans ma vie. Bien plus que je n’aurais cru au départ. Tout est parti d’un mail anodin atterri sur ma boîte, je reconnais ce jeune homme, je l’ai déjà croisé au détour des blogs. Il s’appelle Guillaume et il vit en Bretagne. Dès le départ, il cumule les qualités : le prénom de mon ex et il vit dans la région de mes ancêtres. On discute innocemment et il me propose en plaisantant d’aller passer un week-end chez lui. Innocemment, il me donne son identifiant meetic. Comme j’ai gardé un pseudo bidon, je vais jeter un œil. Je rêve : il a des faux airs de Bertrand, mon fantasme de l’été 2004.
 
Il est mignon, il vit en Bretagne mais tout de même : je vais pas débarquer chez un inconnu comme ça, ma maman m’a toujours dit de pas parler aux inconnus… (si elle savait, la pauvre !) Du coup, Guillaume me propose un jeu : il va se dévoiler par mail pour me donner une irrésistible envie d’aller passer un week-end chez lui. Ce petit jeu tombe pile au bon moment : je suis en vacances chez mes parents, Arnaud est loin et omet de me donner de ses nouvelles.
 
Le jeu s’emballe à une vitesse hallucinante, on commence à se livrer des choses très personnelles, les baisers virtuels deviennent de plus en plus osés. Joueuse, je préfère ne pas lui donner mon adresse MSN au départ afin de poursuivre ses longs échanges épistolaires. Je suis assez troublée par cette histoire car j’ai vécu à peu près la même chose il y a 6 ans avec Pierre, l’amant pervers. Tout avait commencé par des mails anodins, de plus en plus intimes, de plus en plus chauds, jusqu’à la rencontre… Et là, la magie avait volé en éclat : ce n’était pas mon cœur qui l’intéressait mais une autre partie de mon anatomie, les « je t’aime » susurrés dans le combiné téléphonique se sont transformés en déclarations beaucoup moins tendres… Du coup, je ne sais pas quoi penser : d’un côté, il me plaît, de l’autre, Arnaud n’est pas loin et, enfin, il y a mon passé. Chat échaudé craint l’eau froide.
 
J’essaie donc de me préserver mais, en même temps, j’aime me confier à lui. Dès que j’avais la moindre contrariété, je lui envoyais un mail pour lui raconter, cherchant son soutien que j’ai toujours obtenu, que ce soit dans mes histoires de sexe foireuses ou lorsque j’ai eu la peur de ma vie à cause de mon diplôme que je pensais avoir raté (petite digression au passage : Clara m’a appris mardi que nous n’étions que 5 sur les 12 à avoir eu notre diplôme…). Un soir, il me laisse un message sur un blog : et si nous nous aventurions tous les deux sur MSN. En vérité, il avait trouvé mon identifiant MSN par hasard quelques temps auparavant (il me l’avait avoué)mais avait attendu mon accord pour me rajouter. Nous voici donc à discuter sur MSN, la magie est toujours là. Je lui confie que ça me fait plaisir que ma relation avec Arnaud n’ait pas distendu les liens entre nous. Mais je n’ose pas trop lui en parler. Durant l’été, il avait lui-même échangé quelques baisers avec de jolies demoiselles et même plus. J’en avais éprouvé une pointe de jalousie et je m’étais trouvée stupide sur le coup : il ne me doit rien, il est normal qu’il vive sa vie de son côté.
 
Cependant, ce passage sur MSN a eu un effet pervers, de mon côté : je me rendais compte à quel point ce garçon, en plus d’être mignon, était touchant et intelligent, ce qui ne gâche rien. Mais je dois garder en tête que je suis une patate mariée. Pendant mon séjour chez mes parents, je reçois une lettre manuscrite de lui dans laquelle il me confie des choses très personnelles (dont je ne parlerai pas ici, ce n’est pas la peine de demander des précisions). Au fur et à mesure que je lis ses mots, je suis de plus en plus bouleversée, son histoire me rappelle tant une personne qui m’est très proche et qui a beaucoup souffert. Je lisais la lettre en même temps que nous discutions sur MSN puis, après avoir « digéré » ses révélations, je le lui avoue. Nous en parlons, je suis plus troublée que jamais… A ce moment-là, j’avoue qu’Arnaud n’occupe plus la première place dans mes pensées. Au moment de se dire au revoir, Guillaume me dit : « je t’embrasse sur la joue. » J’hésite quelques instants puis lui réponds une phrase qui peut paraître provocante : « Sur le net, tu peux m’embrasser où tu veux. »
 
Je vais me coucher mais ne dors pas, mes pensées sont confuses, ça tourbillonne dans ma tête. Guillaume m’avait annoncé quelques temps plus tôt qu’il venait sur Paris à la fin du mois d’octobre. Je vais donc le voir… J’en ai incontestablement envie mais Arnaud ? Que suis-je censée faire ? Après je ne sais combien d’heures d’intense cogitation, je prends une décision : quoi qu’il arrive, j’embrasserai Guillaume, il ne peut en être autrement. Je ne pourrai pas lui donner plus mais je ne peux lui donner moins. Ce baiser, je nous le dois, en quelques sortes.
 
Retour sur Paris et l’incroyable se produit : Arnaud s’efface de ma vie. Je rentre le lundi et découvre que mon petit ami n’est pas venu me chercher à la gare, qu’il ne m’appelle pas pour savoir si je suis bien rentrée et me voilà très énervée. Je raconte mes « malheurs » à Guillaume qui finit par me demander s’il peut m’appeler. Après un jeu de charade débile (« mon premier est le premier » « 01 ! »), nous voilà en possession de nos numéros respectifs. Il m’appelle donc et on reste une bonne heure à discuter. Mon moral remonte en flèche même si je ressens une certaine culpabilité vis-à-vis d’Arnaud (si j’avais su…). Le mercredi, il se connecte entre midi et deux et me dit : « ce soir, je dors à Roissy ». Roissy… la ville où y a un aéroport ? C’est à dire à quelques dizaines de kilomètres de chez moi ? Que suis-je censée faire ? Après tout, je suis toujours officiellement avec Arnaud… Enfin, je crois. J’avais prévu ce soir-là de rencontrer Banana donc je lui propose de se joindre à nous. Je suis quand même extrêmement troublée : comment se fait-ce que les choses coïncident à ce point ? Par quel merveilleux hasard le premier s’en va alors que le second arrive ?
 
Finalement, Guillaume a eu des soucis de navette entre les aéroports et ne peut nous rejoindre, ce n’est peut-être pas plus mal : je ne sais pas ce qu’il va se passer avec Arnaud et je n’ai pas envie de me mettre dans une situation compliquée (déjà que…).
 
Quelques jours plus tard, me voilà officiellement célibataire et les choses s’accélèrent : nos conversations jusque là mesurées deviennent franchement enflammées. Puisque je suis célibataire, il pourra venir dormir chez moi, dans mon lit… Certaines de nos conversations font naître une douce chaleur dans le creux de mes reins mais je n’en dirai pas plus.
 
Comme je ne veux pas lui mentir, je lui « parle » des mes brouettes actuelles sans trop entrer dans les détails. Je lui parle de l’atroce comportement de Benoît et il m’avoue être déçu que je l’aie revu. Là, je ne peux absolument rien dire pour me défendre, il a entièrement raison. Cependant, cette histoire de brouette l’a remué car elle a fait remonter en lui des souvenirs douloureux et là, je m’en veux. Je m’en fiche de m’être fait avoir par un connard mais blesser Guillaume, ça me déchire le cœur.
 
Voilà, il arrive aujourd’hui par le train de 16h15, j’espère que le train sera à l’heure sinon, mes poumons vont en prendre un sacré coup. Je ne sais pas à quoi m’attendre et je n’ai pas envie d’y penser, je veux prendre cette histoire telle qu’elle vient. Il est vrai que Guillaume est une synthèse incroyable d’hommes que j’ai pu côtoyer avant : même prénom que mon ex, ressemblance physique avec Bertrand, même relation épistolaire qu’avec Pierre, il vit en Bretagne (Laurent et Arnaud sont Bretons), il est brun aux yeux verts comme la majorité des hommes qui m’ont plu… Je ne sais qu’en penser, peut-être est-ce juste un formidable hasard. Peut-être est-ce autre chose.
 
 
NB : Comme Guillaume est sur Paris jusqu’à lundi, je ne sais pas si je passerai beaucoup de temps ici, il y  aura un article quotidien mais je ne répondrai peut-être pas immédiatement aux comms… Mais j’y répondrai tôt ou tard, ne vous inquiétez pas.

Laurent

Ce matin, je me suis levée avec des fourmis au creux des reins, une envie soudaine de faire de jolies brouettes en attendant le retour d’Arnaud, la semaine prochaine. Je saisis donc mon téléphone et envoie un texto plein d’amour et de romantisme à mon plan brouette régulier, Laurent. Message : « Tu es dispo demain soir ? » Réponse : « non, j’ai une copine maintenant ». Ah ben merde ! A une semaine près, c’est moi qui répondais ça… Quelle lose, quel froissement de mon ego surdimensionné… Du coup, je replonge dans les souvenirs et voici mes histoires de brouettes avec Laurent.

Un jeune homme chaud bouillant

Tout a commencé sur le blog de Nicolin, je faisais l’andouille, pour changer, quand Agnès me demande si je suis une vraie blonde. Non, lui répondis-je, je suis châtain clair. Elle me file alors l’adresse MSN d’un mec qui cherche une blonde. Amusée, je rentre l’adresse dans mon MSN et me voilà en contact avec un garçon à la photo plutôt plaisante. On parle un peu, il me veut, là, de suite, mais je calme un peu ses ardeurs. Non, on ne baisera pas ce soir, j’ai autre chose de prévu (je me souviens plus quoi), je ne suis pas disponible avant le vendredi : rendez-vous avec Nicolin et Reno le mercredi, soirée brouette le jeudi (ça a foiré, heureusement, vu celle du mercredi qui m’avait épuisée). Je lui réserve donc mon vendredi soir en lui précisant que, non, on n’allait pas directement chez lui mais on passait d’abord boire un verre, au cas où. Mais que ce jeune homme est pressé ! Il n’empêche qu’il me plaît et que, en plus, j’adore son prénom. Coucher avec un Laurent, un de mes fantasmes va se réaliser (oui, je sais, j’ai des fantasmes à la con).

Vendredi soir, 21h. Ce rendez-vous tombait à pic car il me permettait de ne pas faire tout le trajet avec mon chef de rubrique d’un webzine où je bosse qui me met mal à l’aise parce que je ne comprends pas bien ce qu’il me veut, s’il regarde tout le monde avec ce regard libidineux ou pas. Bref, je quitte donc la rame plus tôt pour rejoindre le mystérieux Laurent. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, notre discussion MSN m’avait un peu interpellée : d’un côté très chaud et un peu lourd, de l’autre un gars qui me paraît pas mal intéressant. A sa demande, j’avais mis un décolleté qu’on devrait appeler « dépoitriné », à ce niveau là. Je sors du métro, il est là, il m’attend. En photo, il était mignon. En vrai, il l’est tellement plus ! Blonds, yeux bleus, bien fait, bien habillé… J’ai une pensée pleine de gratitude pour miss Agnès !

Comme convenu, on se pose au premier café venu, je commande un coca, lui un demi. Je précise que je venais déjà d’en boire un lors de ma réunion média qui avait précédé. On commence à discuter de tout et de rien, il me parle de ma passion pour la photo, nous voici avec un point en commun. Il est étonné par mon accent, j’avais omis de lui préciser que j’étais une petite provinciale. Lui-même vient de Bretagne. C’est fou la côte que j’ai avec les Bretons ou personnes assimilées (je parle de toi, là, charmant lecteur) : Arnaud est aussi Breton. Arnaud est aussi blond avec des beaux yeux, il aime la plongée et est allergique aux chats, tout comme Laurent ! Tout ceci s’annonce compliqué, je dois être attentive à ne pas confondre les deux ! Bon, on discute, le serveur nous fait un numéro pas possible en manquant de renverser le demi sur les genoux de mon charmant compagnon, il fait semblant de trébucher, à un moment…Bref, il en fait des caisses.

Doigts de fée

A un moment, je sens sa main commencer à effleurer très imperceptiblement ma cuisse mais ses caresses s’intensifient un peu, je suis troublée mais je feins le contraire. C’est à ce moment-là que Clara, qui devait venir vivre chez moi la semaine suivante appelle. Je lui fais aimablement comprendre que je ne suis pas seule. « Ah, tu es avec le Marseillais ? » Bon, je vais encore la sidérer mais je lui réponds la vérité. Et l’autre qui continue à me caresser la cuisse, je n’en peux plus. Finalement, j’abandonne mon coca que je ne parvenais pas à finir et nous voilà partis chez lui. Cinq étages sans ascenseur, aïe ! On récupère un peu notre souffle et là, il me fait : « Je peux t’embrasser ? » Non, banane, je suis venue chez toi juste pour qu’on joue au scrabble. Comme je lui donne mon autorisation, il s’exécute, il embrasse bien, j’aime bien ses lèvres, un peu épaisses, c’est super agréable. Il me pousse délicatement vers sa chambre (son appartement est tout en long) et nous atterrissons sur son lit, c’est parti pour un long effeuillage très agréable. Il est très adroit avec ses mains, il sait y faire, ce garçon, c’est prometteur.

Effectivement, je vibre sous ses doigts, quel délice ! Je lui ôte son caleçon et là, SEIGNEUR DIEU ! Généralement, je reste discrète sur les proportions anatomiques de mes conquêtes mais là, ça vaut vraiment la peine d’en parler. Sans exagérer, elle avait des proportions impressionnantes, tant en longueur qu’en largeur. Bref, comme je suis bien élevée, je m’en occupe dignement, sans laisser paraître mon étonnement. Après d’exquis préliminaires, voilà le moment X, il enfile une capote et là, je comprends plus trop ce qu’il fait, si ce n’est qu’il est en train d’imprimer sa montre dans ma cuisse et ce n’est pas super agréable. Messieurs, si vous pouviez penser à enlever votre montre à ce moment-là, ce serait super appréciable. Et là, c’est le drame : panne. Je le rassure gentiment et il me fait : « non mais ça me le fait tout le temps la première fois avec une fille, c’est pas grave ! ». Bon, d’accord. On fume, on discute, j’adore ce mec, la soirée est vraiment magique, malgré le faux départ. Deuxième tentative, il commence à me caresser gentiment puis ses doigts se glissent mine de rien vers mon intimité dont il s’occupe à la perfection. A ce moment-là, j’avoue avoir pensé : « lui, il a été lesbienne dans une vie antérieure, c’est pas possible ! ». Je trouve que la plupart des mecs n’ont pas compris que notre intimité, c’est fragile, faut pas y aller comme des bourrins. On me rétorquera que les filles ne sont pas toujours très précautionneuses avec le pénis du monsieur,  c’est vrai aussi. Bref, tentative deux : au bout de trente secondes de pénétration, re-panne. Troisième tentative, je prends les choses en main (si j’ose dire), il me fera pas le coup de la panne, cette fois-ci ! Sauf que je suis tellement douée en préliminaires qu’après deux minutes de chevauchage, il m’informe poliment : « j’ai joui ». Là , je commence à penser : « gros zizi, mauvais coup ». Heureusement, la quatrième tentative a été la bonne. Le lendemain matin, on se réveille doucement, il commence à me caresser innocemment et glisse vers le centre de mon plaisir. Et c’est reparti pour une brouette, quel gourmand !

Plongée et vie sous-marine

En dehors des brouettes, j’ai beaucoup aimé la soirée, on parle tout à fait sans tabou. Bon, évidemment, à partir du moment où un mec visite mon intimité, on peut parler sexe. On discute donc de la nécessite ou non de ne pas coucher le premier soir et de ce qui est le plus agréable pour un mec en matière de fellation et de pénétration. J’avoue que je me pose toujours beaucoup de questions sur le plaisir masculin et j’aime pas avoir des opinions sur le sujet. D’ailleurs, à un moment, il râle car il ne reste que quatre préservatifs (c’était quand même deux heures du matin) et je lui réponds que j’aurais dû amener les miens. « Non, je ne rentre pas dans les normaux, ils me serrent trop ». Oui, tu m’étonnes !

Il m’a aussi montré des photos de son voyage en Thaïlande, dans le Sahara, puis on a regardé des reportages sur la vie sous-marine. Le lendemain, je pars un peu vite car je devais repasser chez moi me doucher et faire le ménage avant l’arrivée de Clara, j’ai des courbatures partout… Ça m’apprendra à avoir une vie sexuelle de débauchée. Alors que je pars, il me demande quand on se reverra, ce qui me fait plutôt plaisir : je lui ai fait grande impression à celui-là.

La semaine suivante, je vis donc en colocation avec Clara et je rencontre Arnaud mais ce n’est pas pour autant que je vais abandonner Laurent. Le week-end, puisque Clara s’en va vivre ailleurs (chez son meilleur ami), me revoilà à nouveau chez lui. Il vient me chercher au métro car j’étais plus sûre de me souvenir du trajet exact (pourtant simple comme bonjour), il arrive et m’embrasse. C’est étrange, je ne suis plus habituée à ce qu’on m’embrasse dans la rue, ça me fait bizarre… Nous revoici chez lui, on passe de suite à l’essentiel puis on discute tranquillement en fumant. La nuit est très agréable, pas de panne cette fois-ci. Au moment de se coucher, il m’explique qu’il aime bien s’endormir devant un film. Personnellement, j’avais passé la nuit précédente en boîte à faire l’amour à un poteau donc je sombre très vite dans le sommeil. J’ai du mal à dormir, pourtant, je me réveille de temps en temps, il regarde toujours ses films. A un moment, j’émerge et j’entends de l’anglais, je regarde l’écran : un dessin animé en VO, je regarde l’heure : 6h30 !! Et bien, j’en connais un qui va avoir du mal à aller bosser. Effectivement, réveil difficile, on se loupe en beauté et même pas de brouette. A peine éveillé, il allume une clope puis va se doucher tandis que je m’habille tranquillement et on repart en même temps.

Les histoires de brouettes ne se terminent pas toujours en apothéose

Troisième rencard. Durant la semaine, je vois deux fois Arnaud mais il ne se passe rien donc je file à nouveau rendez-vous à Laurent, sachant que je ne serai plus disponible après. Le problème, c’est qu’Arnaud est motard donc quand on sort, c’est en moto, et je suis fragile donc dans la journée, je commence à être un peu enrhumée, je me sens super vaseuse dans le métro mais je poursuis ma route : je peux plus annuler, à présent. J’arrive et je suis accueillie par un bisou et un : « J’ai arrêté de fumer, je suis énervé ! » Rappelons que la première chose que fait ce jeune homme au réveil, c’est de fumer. Bon, je la sens mal, la soirée. Hop, on débute par l’essentiel, brouette grande classe avec des préliminaires qui me font grimper aux rideaux. Bon, ça va. Après, il allume la télé et nous voilà à regarder Koh Lanta, émission que je ne connaissais pas. Bon, maintenant, je comprends pourquoi je ne regardais pas. On mange des graines de tournesol, en attendant, ça l’aide à ne pas fumer mais ça ne l’empêche pas de m’en taxer une à un moment (alors que j’avais décidé de ne pas fumer pour ne pas le tenter). A un moment, mon nez commence à couler donc j’attrape un mouchoir et là, il me fait : « tu es enrhumée ? » Je sens que ça ne lui plaît pas, mais alors pas du tout. Effectivement, ça jette un froid (c’est le cas de le dire). Je le taquine un peu en lui disant : « Quoi, t’as peur que je te le refile ? Non mais j’aime pas ça, ça me dégoûte ». Après ça, on regarde le début de « mon incroyable fiancé », une émission totalement bidonnée donc il lance un film sur son PC, « Good Bye Lenin » que je connaissais déjà mais ça me dérangeait pas de le revoir. Au départ, je me colle contre lui pour câliner un peu mais il m’adresse un charmant : « mouche-toi ! » Bon, ok, je vais rester de mon côté. Fin du film, il repart en boucle, je sens que je vais encore bien dormir : Laurent dort et ne s’en est pas rendu compte, je ne connais pas son pc et n’ose pas l’éteindre moi-même. Dieu merci, à un moment, il se réveille et me gratifie d’un mini câlin et il finit par éteindre l’ordinateur, merci bien. Au réveil, le lendemain, j’ai droit à une autre brouette puis il me taxe des cigarettes, on se rendort jusqu’à tard, devant la télé. A nouveau réveillés, je commence à me sentir fiévreuse, on regarde quelques documentaires sur la 5 puis je finis par m’habiller et partir, après un petit bisou. J’ai la sensation que c’est la dernière mais pas tant parce qu’il va se trouver une copine mais plus parce que je vais sortir avec Arnaud.

Voilà, maintenant, c’est sûr, c’était la dernière. J’avoue que ça m’ennuie un peu que notre dernière nuit ait été aussi médiocre… Tant pis, je garde tout de même un bon souvenir de lui, dommage qu’on ne se revoit pas en toute amitié.