Les couches du moi

(mon Dieu, ce titre…)

Par moment, j’aime me retrouver seule avec moi-même pour réfléchir à la vie, l’amour, la mort… Et comme je marche 30 mn pour aller bosser, j’ai le temps de penser, voyez. Et justement, l’autre jour, j’étais d’humeur un peu cafardeuse, nostalgique d’un temps qui n’est plus, pensant à ceux que j’aimai et qui ne sont plus. Non pas qu’ils soient morts mais je ne les reconnais plus. Je ne les connais plus.

Avez-vous déjà eu cette sensation, quand une personne a été proche de vous, qu’au fur et à mesure que vous vous éloignez, vous la percevez différemment, souvent plutôt en mal et que petit à petit, vous avez cette impression inconfortable que, de fait, cette personne, vous ne la connaissez pas. Qui est cet(te) inconnu(e) avec qui j’ai tant partagé dans le temps ? En terme d’amour, j’ai toujours considéré que cette sensation venait de la chute d’ocytocine, la fameuse hormone de l’amour qui rend l’objet de notre amour si merveilleux. Mais en y réfléchissant, je me dis que l’explication n’est pas dans l’ocytocine mais dans la perte d’intimité. C’est à dire dans le nombre de couches du Moi auquel on n’a plus accès.

Bienvenue dans le cabinet de Nina B., psychanalyste de bazar. Prenons un individu lambda et posons le comme un sédiment (enfin une roche sédimentaire mais sédiment, c’est plus court et on n’est pas sur un blog scientifique), une somme de différentes couches qui s’accumulent au fil de la vie. J’avais autrefois utilisé la métaphore du tronc d’arbre mais pour la démonstration qui suit, c’est mieux le sédiment. Et puis laissez-moi m’enivrer de métaphore, c’est ma passion, voire ma drogue. Bref, le sédiment disais-je. Quand vous rencontrez individu lambda, vous ne voyez que sa surface. Plus vous apprenez à le connaitre, plus vous découvrez ses strates. Sauf que c’est un sédiment intelligent qui décide jusqu’où vous pouvez creuser et vous bloque à un certain niveau s’il ne veut pas se dévoiler dans son intégralité. Bien sûr, on peut parfois creuser un peu plus profondément sans son autorisation en déduisant des strates explorées ce qui peut se cacher en dessous (une de mes activités fétiches avec la métaphore et je me trompe, parfois hélas, assez rarement). Ou vous pouvez lire ses mails et SMS en cachette mais ça, c’est mal.

Du coup, en fonction du degré d’intimité que l’on a avec la personne, on verra le sédiment différemment. Prenons par exemple moi, personne ne souffrant pas du syndrome de multiples personnalités. Selon les personnes, je suis perçue différemment : mes n+1 et +2 ne savent que peu de choses sur ma vie privée, à part que je fais de la plongée et que je danse sur les bars (et peut-être que je chante mais même pas sûr). Ma principale définition pour eux : chef de projet bien intégrée qui fait son taf sans faire de vague. Pour d’autres dans la boîte, je suis la petite aux yeux bleus du social et c’est tout. Pour mes collègues copains, y a plus d’infos. Pour mes amis encore plus. Et pour mes meilleurs amis et mon hypothétique amoureux, y a quasi tout. Or parfois dans la vie, 2 sédiments qui se sont montrés toutes leurs strates (mon Dieu, cette phrase…) s’éloignent. Au fur et à mesure de l’éloignement, les strates se recouvrent petit à petit et on a la sensation de faire face à un(e) etranger(e). On les avait pourtant connues ces strates superficielles mais nous les avions oubliées et elles restent bien moins intéressantes que la base profonde du sédiment. Libre à nous de rester en surface ou de recreuser mais une nouvelle exploration profonde ne nous permettra pas de retrouver la même base car même la strate la plus profonde se meut en fonction de notre vécu.

Bref, la géologie, c’est pas mon truc du tout (je pense que ça se sent bien). Mais je me suis rendue compte que si j’avais cette sensation d’avoir affaire à un inconnu alors que j’ai partagé une intimité avec une personne, la réciproque est vraie. D’abord parce que la Nina 2.011 n’est pas identique à la Nina 2.012 (Dieu merci pour moi, la 2.011 n’était quand même pas très jouasse) mais surtout que nous ne nous présentons plus que nos strates les plus superficielles, nous tirons un rideau sur nos sentiments les plus profonds, ce qui constitue en fin de compte le Moi absolu, un peu nettoyé du surmoi polissant nos prises de parole dans un milieu où notre intimité n’a rien à faire.

Maintenant, si tu veux me tâcler sur ma non maîtrise de la géologie, fais-toi plaiz (mais explique-moi quand même parce que me dire que je suis nulle en la matière, je le sais déjà, je voudrais en savoir plus du coup).

Va…..tout s’en va

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes, jeunes, vieux, lecteurs chéris mon amour

Je vous écris car hier soir, j’ai eu le coeur qui a grincé. Voyez-vous, ce gros week end de Pâques, contrairement à mes habitudes, je l’ai passé en tête à tête avec moi-même, et en grande partie chez moi. Et Il m’est arrivé quelque chose d’inattendu. D’étrangement inattendu d’ailleurs pour une chose si banale.

Le silence.

Non pas le silence de quelques minutes qu’on expérimente tous au quotidien en rentrant chez soi. Ce silence là, il est factice, puisque très vite rempli par du son (télévision, musique, téléphone, lave vaisselle) ou de l’activité (copies à corriger, série télé à regarder, livre à lire…). C’est un petit silence, un silence occupé par l’esprit du quotidien, du présent, du tout de suite.
Le silence dont je parle est autre. C’est un silence oppressant, presque assourdissant. Qui appuie sur les oreilles et les épaules et vous force à vous écouter penser.
Il me rappelle cet été de mon adolescence où j’avais fait de la spéléologie. Le moniteur, une fois au fond de la grotte, nous avait invités à éteindre nos lumières et à nous taire, afin de pouvoir expérimenter ce qu’il appelait « le silence et le noir absolus ». Eh bien ce silence là ressemble à celui d’une grotte. Il enveloppe.

Et il m’éloigne du présent dans lequel je passe mes journées, ce présent sûrement trop rapide où, finalement, je ne prends pas le temps. Où je remplis les silences.

Au risque de paraître un peu mamie réac’, peut-être notre société moderne où règne le divertissement en tous genres n’est-elle au final pas aussi propice à la culture de l’esprit qu’on pourrait le penser. Cette surabondance de livres, de chaines de télé, de magazines, cette vertigineuse montagne de savoir qu’est internet…peut-être ne font -elles qu’occuper l’esprit. Qu’empiler des choses sur le bureau pour ne pas avoir à aller fureter au fond des tiroirs.

J’ai la désagréable sensation que tout ce remugle encyclopédique est là à la fois pour m’apprendre à penser et m’empêcher de le faire.

Quoi qu’il en soit je suis là, soumise à cet étourdissant silence, et je sens ce petit nuage gris trotter insidieusement jusqu’à mes circonvolutions neuronales. Oh je le connais celui-là. Il réapparait régulièrement dans les moments de silence, et dans les moments de parole aussi parfois. De vrai parole je veux dire, de celle qui a du sens, où l’on réfléchit à ce que l’on va dire avant d’ouvrir la bouche.
Je ne saurais dire si ce petit nuage est amical -c’est sans doute pour cela que je lui ai donné la couleur grise: car il n’est ni blanc ni noir.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été nostalgique. J’ai toujours aimé regarder les photos, les vidéos, écouter et évoquer les anecdotes de mon passé. Et je n’ai jamais su faire cela sans un petit grincement de cœur. Le grincement de la porte qui s’est refermée sur les choses perdues. Aujourd’hui même où je me sens bien dans tous les aspects de ma vie, je ne parviens pas à penser au passé sans sentir s’immiscer dans ces souvenirs une pesante mélancolie. Je n’ai jamais vraiment dissocié la nostalgie de la mélancolie d’ailleurs, il me semblent quasi-synonymes.

A quoi cela peut-il bien être dû? Est-ce inévitable? Y aurait-il un gène de la nostalgie auquel je serais irrémédiablement soumise? Est-ce de l’inné? De l’acquis? Puis-je y changer quelque chose?

Je me suis demandée si cela pouvait être un syndrome de la « petite dernière » trop couvée qui voit dans le passé l’insouciance qu’elle a dû petit à petit abandonner au profit des écrasantes responsabilités du monde adulte…. Un banal et pathétique syndrome « Peter Pan », en somme?

Peut-être. Et peut-être tout le monde pense t-il de même et n’ose pas le dire. ……non?

« Avec le temps va tout s’en va »: Comment peut-on ne pas voir qu’une année passée est une année de moins qu’il nous reste à vivre? Tous ces gens qui ont « Carpe diem » tatoué derrière la nuque ou dans le bas du dos parviennent-ils vraiment à faire fi de l’irrémédiable et à penser réellement « bon bah le passé c’est le passé on ne peut revenir en arrière donc on s’en fiche vivons l’instant présent sans songer à ce que nous avons perdu »?; ou alors ne seraient-ils qu’une bande de fieffés imposteurs?

Je crains de ne jamais être en paix avec le temps qui passe.

http://www.deezer.com/music/track/275069

« Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va

On oublie les passions et l’on oublie les voix

Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens

Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps…

Avec le temps, va, tout s’en va

Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu

Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard

Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard

Et l’on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment

Avec le temps on n’aime plus. »

Léo Ferré

Tous des cons

L’autre jour, je me baladais dans la FNAC, avide et angoissée. Non parce que me lâcher dans la FNAC, c’est comme lâcher un boulimique dans une pâtisserie. Je veux tout, je consomme avec excès et après, je sais plus quoi faire de mes vieux livres. Et je me demande si je peux déontologiquement les ruiner pour construire soit un meuble, soit des trucs déco ou si c’est tuer l’âme du livre. Enfin, les bouquins type Chick litt, je peux les pulvériser, non ?

Bref c’est pas du tout mon sujet. En furetant, je découvre sur une table différents ouvrages dont le titre comportait le mot « con ». En somme plusieurs manuels pour nous apprendre à survivre au milieu de tous ces cons que sont nos collègues, nos voisins, notre famille (parents et enfants compris). En un mot : l’autre. Théorème : l’autre est un con. Or si je est un autre, je est con. Car oui mes petits, ne nous le voilons pas la face : on est toujours le con d’un autre.

De fait, le mot con recouvre pas mal de réalités :
– est con l’idiot qui ne comprend pas ce que tu lui expliques et qui a des capacités intellectuelles moindres (selon ta propre perception, notons que parfois, la vérité est une notion subjective donc nul n’a obligatoirement tort ou raison).
– est con l’inculte qui n’a pas connaissance de ce qui te paraît la base de la culture (là, encore, c’est subjectif)
– est con celui qui se comporte en dépit des règles élémentaires de courtoisie et de politesse. Du genre les gens que j’ai décrit dans mon article sur les passagers indélicats du métro.
– est con le goujat voire l’ordure finie qui descend les autres à tour de bras et se sert de leur cadavres pour grimper haut.

Bref, le mot “con” est utilisé de façon très large, d’où ce marketing qui se développe autour du con, cet autre nuisible qui nous empêche de vivre au monde des Bisounours. Le con nuit à notre sérénité et notre petit plan bien établi. Le con, c’est celui qui t’appelle quand tu es débordé pour une demande urgente, celui qui n’a pas fait correctement la tâche que tu lui avais confié, soit par manque de compréhension soit par feignantise. Le con nous énerve, nous rend de mauvaise humeur mais le con étant partout, il faut composer avec lui. D’où la multiplication des ouvrages nous expliquant comme les niquer avec classe. Ou en gros “si tu veux composer avec des cons, sois plus con qu’eux !”. Parce qu’à côté de mes livres sur “composer avec les cons”, nous avons tous les bouquins de pseudo développement personnel à base de “manipule les codes pour être le plus fort”. Ainsi grâce au Mentalist, nous découvrons tous avec enthousiasme le PNL, cette méthode magique qui te permet de faire avaler des couleuvres à l’autre qui s’exécutera avec grand enthousiasme.

Car n’oublions pas : les autres sont toujours plus cons que toi, tu les baiseras tous grâce à ta connaissance de la connerie humaine et comment la modeler pour avoir ce que tu veux. Car l’autre est un mouton, il n’a ni capacité de réflexion ni libre arbitre. Alors, je vais te faire un révélation (houuuu) : le plus con, c’est bien celui qui achète ces bouquins en pensant que demain, il sera le roi de la manipulation donc du pétrole. Parce que ce n’est qu’un catalogue de ficelles plus grosses les unes que les autres et qui ne marcheront qu’une fois sur un public crédule. Les autres te verront arriver avec tes sabots 3 tonnes et sauront de suite ce que tu cherches à cacher. Un peu comme un powerpoint : plus tu mets d’effets, moins t’as de choses pertinentes et intelligentes à dire.

Mmmm, tu peux mettre une capote avant d’entrer ?

Je vous l’avais promis, voici un article sur les capotes et sur un comportement que je croise le plus souvent dans mes rencontres charnelles : la tentative d’oubli de la capote. Pas de ma part, non. Mais de celle du monsieur.

Pour justifier cette intrusion sans gants, si j’ose dire, j’entends “mais j’ai fait un test et tout va bien”. Mmmm, ok, petit padawan, TOI, tu es clean, à ce que tu m’annonces, partons du postulat que c’est vrai. Que sais-tu de ma propre sérologie ? J’ai pas fait de test donc je n’en sais moi-même rien mais tu me fais confiance. Ah ok donc je résume : à ton dernier test, tu étais séronégatif. A quand remonte-t-il ? As-tu refait du sexe depuis ? Avec ou sans capote ? Parce que je te trouve un peu prompt à la confiance quand même. Et si tu l’es avec moi, je suppose que tu l’es avec d’autres. Et quand on parle de dépistage, tu t’es fait dépister de quoi exactement ? Non parce que tu es peut-être séronégatif mais niveau hépatite, syphillis, blennoragie, chlamydiae… t’es au point ? Ah tu ne sais pas… Bieeeeeen…

Et je parle des MST mais quid de la contraception ? Non parce qu’avant la tentative de put in tout nu, on n’a pas forcément parlé de ma fertilité. Ben oui, depuis que Gudrun m’embête moins, je ne suis plus trop utéro-centrée. Tu pars sans doute du principe qu’en tant que femme libérée du XXIe siècle, je prends forcément la pilule. Tu es audacieux. Dans les faits, tu as raison, j’ai un moyen de contraception hors capote mais imaginons un peu que j’ai un fou désir d’être môman. La reproduction est une loterie mais si t’es pas chanceux, voilà que c’est ton nageur qui remporte la médaille d’or… Enfin, j’ai des doutes sur la pertinence de ma métaphore, je suis pas sûre que tu sois ravi de gagner cette course. Peut-être que tu es prêt à devenir papa avec une fille avec qui tu as passé une nuit, pourquoi pas, hein… Mais ça m’étonnerait un peu. Aaaaah, tu penses que tremper ton biscuit sans protection te décharge (si j’ose dire) de toute responsabilité. Ohla mais non, tu sais, un homme dont on prouve la paternité est obligé d’assumer, c’est triste. Oui, bon, c’est sûr que si le mec ne répond pas à mes messages, ça va tourner court cette histoire mais peu importe.

En fait, j’avoue que ça me saoule d’avoir à débattre de ça. Début de relation, c’est capote et point. D’où on remet ça en question maintenant ? Le pire c’est qu’en général, le mec qui est lourd sur la question de la capote, j’ai tendance à ne pas remettre le couvert avec parce que j’ai pas envie de devoir insister pour ça. Parce que oui, ok, la capote, c’est un peu moins que sans rien mais choper une cochonnerie (foetus inclus) parce que “c’est moins agréable”, je ne vois pas bien l’intérêt. Tu as envie de jouer à la roulette russe sexuelle, c’est ton droit mais moi, pas trop. Même pas du tout. Le jeu n’en vaut guère la chandelle, vois-tu. Oui, c’est plus agréable sans, je suis d’accord. Mais je suis pas sûre que la trithérapie soit d’un grand confort… Ou tout traitement anti MST. Parce que je sais pas toi mais moi, les antibiotiques, ça ne me réussit pas du tout.

Au delà de ça, je me demande où est passée la fameuse génération sida, celle à laquelle on est censés appartenir, nous, les enfants des années 80. C’est pas comme si on avait seriné toute notre adolescence de sortir couvert, alors même que nous n’avions pas encore de sexualité. Je savais comment mettre une capote avant même d’avoir vu un monsieur tout nu et d’imaginer tout ce que je pouvais faire avec… Doc et Difool nous expliquaient tous les soirs que ce n’était pas sale mais qu’il fallait mettre une capote. Pour moi, mettre un préservatif était l’alpha de toute relation sexuelle. Mais on dirait que 15 ans (!!) plus tard, le préservatif, c’est limite has been. Et bien je te le dis : je suis fière d’être ringarde sur ce point. Tu mets ton capuchon et tu arrêtes de discuter sinon tu sors.

Young Adult de Jason Reitman

Hier, je suis allée au cinéma, ô miracle. Et j’ai vu un film vraiment mauvais. Donc pour rentabiliser les 6 euros que j’ai déboursés, je vais vous le brocarder avec joie.

Young Adult, c’est l’histoire de Mavis Gary, auteure de 37 ans incarnée par Charlize Theron, qui a osé se mettre à nue pour ce rôle. Comprenez : elle a osé ne pas trop se maquiller, une performance incroyable. Oui, une actrice belle qui accepte de jouer sans trop de maquillage est époustouflante à chaque fois. Surtout que je rappelle pour info que notre amie Charlize a quand même joué dans Monster et là, elle reste quand même très belle donc déjà, l’argument sentait mauvais mais passons.

Mavis traverse une passe difficile : elle écrit des livres sur une série qui s’arrête et a un peu une vie de merde : elle dort, elle joue à la wii et s’occupe mal de son chien. Et là pouf, elle reçoit un mail lui annonçant la naissance d’un bébé fille dont le papa n’est autre que son ex Buddy. Après avoir couché avec un mec, elle se réveille le matin et part en pyjama dans sa ville natale du Minnesota car, elle en est sûre, Buddy est l’homme de sa vie. Oui, Charlize « se met à nu » dans ce film mais se réveille toujours en pyjama après ses coïts. Passons.

Donc la voilà à Mercury, Minnesota et là, c’est parti pour une heure de « Charlize chez les bouseux ». Charlize boit, Charlize se réveille comme une merde le lendemain matin encore habillée comme la veille, le mascara au milieu des joues et Charlize court après son ex en répétant qu’il a raté sa vie car il est resté dans son bledou. Charlize évolue au milieu de gens mal fringués, un peu gras, un peu con. Elle retrouve un vieux camarade, victime de « crime de haine » dans leur adolescence car on l’avait pris pour un gay, on lui a broyé la jambe « et la queue » et depuis il boîte. Il essaie de raisonner Mavis en lui disant « non mais Buddy est heureux, tu vas pas t’en sortir » mais elle n’écoute pas.

Alors là, nous avons droit à une puissante mise en abîme : Mavis utilise son histoire pour écrire celle de son dernier roman, son héroïne (qui change de prénom en cours de route, passant de Kendra à Kendal mais apparemment, ça ne choque personne) raconte son grand amour de lycée qu’elle quitte à la fin des années lycées. Bref. Sauf qu’en fait, cette mise en abîme ne sert pas à grand chose si ce n’est à souligner de façon très lourde l’immaturité de Mavis (des fois qu’on aurait pas noté tout seul)

S’ensuivent des scènes où Mavis boit en s’arrachant les cheveux, littéralement, elle croise un de ses cousins en fauteuil roulant (personnage qui ne sert strictement à rien) et sa mère qui la ramène à la maison et on découvre un ersatz de la famille Camden, cette bonne famille américaine où tout le monde s’aime. Ah oui, je comprends mieux son alcoolisme.

Et y a donc la quête du Buddy. Quête où il ne se passe quasi rien à part un baiser suite à une beuverie interrompue par un babysitter gay (caution cool du film ?), la femme de Buddy est toute gentille. Mavis est invitée au baptême de la petite, se bourre méchamment la gueule et pète un câble, hurlant devant tous les invités que elle aussi, elle a été enceinte de Buddy mais qu’elle a fait une fausse couche. Ou comment tenter de donner une substance à un film en inventant à 20 mn de la fin une explication logique au comportement débile de son héroïne. Buddy lui dit qu’il ne voulait pas l’inviter, que c’était sa tendre épouse qui avait insisté car Mavis avait l’air seule et dépressive (pas que l’air…).

Du coup, de dépit, elle va se taper le boîteux à la queue broyée. Le lendemain, elle retourne à l’hôtel faire un câlin à son chien qu’elle délaisse depuis le début du film et elle rentre chez elle. Fin, oui.

Il n’y a donc pas vraiment d’histoire, pas de sens au final, pas de conclusion. C’est juste une pauvre fille de 37 ans alcoolique qui a une vie de merde et qui ne s’en est pas sorti. Rien, rien, rien, que du creux. Heureusement que j’ai roupillé un petit quart d’heure, j’ai au moins pu me reposer (et non, je n’ai rien manqué pendant ce quart d’heure, Anna qui m’a réveillée me l’a confirmé).

Bref, gros blanc en sortant de la salle. Quelle était l’histoire ? Que retiendra-t-on de ce film si ce n’est cet incroyable manque de fond et de forme ? C’est toujours un peu le problème de ce genre de film qui ne repose que sur un seul acteur : on oublie vite que faire un film avec ne permet pas de faire naître un scénario digne de ce nom. Theron est très bonne (dans son jeu d’actrice j’entends) et c’est dommage qu’elle vienne de compromettre là-dedans, sans doute quelques impôts à payer. Je ne vous dirai pas que j’ai détesté car c’est même pas ça. J’ai juste ressenti une indifférence totale et si j’écris cet article à chaud, c’est que je crains d »avoir oublié le film dans une semaine.

PS sans rapport : ma touche R déconne un peu, je m’excuse s’il en manque, je me suis relue un peu rapidement.

De la dignité (bordel)

La semaine dernière, j’ai eu la nausée. Aucun rapport avec un éventuel squattage de mon utérus, Gudrun veille. Non, cette violente envie de vomir a été provoquée par nos « amis » politiques et leur gué-guerre du « moi, je suis digne, toi, tu recupères ».

Grande émotion suite aux tueries de Toulouse et Montauban, la foule sentimentale a plaint, pleuré, condamné, lynché. Ce genre de drame est toujours une boîte de Pandore ouverte d’où dégueule des propos antisémites, racistes et/ou xénophobes, choisissez votre camp. Propos legitimé par cette émotion de masse paraît-il. On parle d’un drame survenu dans une région que je connais très bien, j’y ai vécu 25 ans, et j’ai préféré garder le silence. Parce que je ne savais pas d’abord qui était coupable, si la judaïcité des victimes avait une quelconque signification. Puis on a su mettre un nom sur le meurtrier, un mec « d’origine musulmane » (oui, il parait qu’on peut être d’origine d’une religion, c’est le Figaro qui le dit. Comme il paraît, selon Morano, que juif et israélite, c’est pareil). Donc là, on avait le droit du dire du mal des Arabes (même non musulman, le panier est grand). Perso, j’ai tendance à séparer le grain de l’ivraie mais apparemment, c’est une compétence rare.

Déjà, j’avais la bile au bord de la gorge dans ce festival de clichés, d’approximation et de racisme. Et voilà-t-il pas que nos politiques s’y mettent, s’accusant les uns les autres de récupérer le drame pour leur campagne. Palme à celui qui a accusé Hollande de copier Sarko. Tu voulais qu’il dise quoi, du con ? « Bravo au tueur, 4 juifs et 3 arabes en moins, champagne ! » ? Sérieusement ? À peine le drame fini, une vidéo à circulé en provenance apparemment de l’UMP pour dénoncer l’indécence du PS qui a récupéré l’affaire.

Quelque chose s’est rompu en moi, cette puissante envie de vomir comme un tsunami de colère qui voudrait sortir par ma bouche. Vos gueules. VOS PUTAIN DE GUEULE. 7 personnes sont mortes, peu importe leur âge, leur fonction ou leur profession. Il en meurt tous les jours des gens, c’est vrai mais tel n’est pas le débat. Les familles de 7 personnes sont en deuil et personne ne semble vouloir les laisser tranquille, on veut leur avis, on publie les photos de leurs enfants sans autorisation (à vérifier ce point), on agite leurs dépouilles pour attiser la haine, cette haine de l’autre, cet étranger qui nous veut du mal. Vous n’avez pas le droit de faire ça, ça suffit. Assez de vos guerres politiciennes, de vos minables tentatives de manipulation. C’est la faute de la gauche, c’est celle de la droite. Bien alors on y va gaiement : Toulouse, ville de gauche, Montauban, ville de droite. 1 partout, balle au centre, fin de ce débat sans le moindre intérêt.

Parce que s’accuser l’un l’autre, c’est nier que toute société quelle qu’elle soit est victime de violence. Que c’est nier que quoi que tu fasses, tu auras toujours une personne qui sera à un moment en rupture totale, qui passera à l’acte. Un acte fou. Aucune société quelle qu’elle soit ne peut protéger à 100% ses citoyens. Montauban est truffée de caméras de vidéosurveillance sauf qu’elles ne peuvent pas descendre de leur poteau pour aller défendre le quidam. Sans parler de la rapidité de l’acte, aucun système, aucun parti n’aurait pu agir assez vite pour éviter ce genre de tuerie. On parle tout de même d’un geste exceptionnel, imprévisible. C’est un peu comme les accidents d’avion, tu mets le maximum de garde-fou mais vient toujours un moment où y en a un qui crashe car un scénario n’avait pas été envisagé. Enfin, peu importe, je m’égare.

La semaine dernière, j’ai eu honte. Honte de voir les politiciens se rejeter la haine à la figure, tenter de jouer avec nos sentiments pour gagner quelques voix de plus. C’était indigne. Tout simplement.

Le sexe n’est pas une arme

Fiers d’eux, ils s’affichent dans les médias, inventent des termes pour se singulariser. Eux sont différents et le clament sans honte : ils ont une sexualité hors norme. Vomissant le concept de partenaire unique, ils avancent fleur au fusil pour défendre leur cause. Laquelle ? À part l’énormité de leur ego, nul ne le sait.

Ils revendiquent le droit d’exister. Ok, super, personne ne les en empêche. En France, les lois régissant la sexualité sont plutôt lâches : du moment que tout se passe entre adultes consentants, pénétrez qui vous voulez où vous voulez. Enfin quand je dis où, je parlais d’orifices, vous etes priés de pas baiser dans des lieux où les gens n’ont aucune envie d’assister à vos ébats. Et je vous jure que globalement, vos parties de jambe en l’air n’intéressent que peu de monde…

Pourtant, tous les jours, des inconnus clament avec fierté qu’ils baisent. Des hommes, des femmes, des transsexuels et que s’ils tombaient sur des hermaphrodites, ça les gêneraient pas. Puissante déclaration s’il en est, c’est comme si je disais que si j’avais l’occasion de sauter en parachute, ça ne me dérangerait pas. Alors que rien que de voir la vidéo du saut de mon beau-frère, j’ai crié et me suis cachée dans mon pull. Ok, c’est bien mon petit, tu couches donc avec tout le monde sans t’arrêter au genre de tes conquêtes. Et ? Tu as une revendication ? Ah non, aucune ? Alors pourquoi tu nous racontes ça ?

Passons sur le fait qu’on se demande si la multiplicité des genres des conquêtes n’est pas lié à cette volonté d’être « différent ». Le problème de la prise de parole sur la sexualité, c’est que d’un sujet intéressant à la base, on se vautre rapidement dans le racolage. La sexualité de Jean ou Jeanne n’a en soi aucun intérêt, ce n’est que de l’anecdote graveleuse. Je suis bien placée pour dire ça au vu des origines de ce blog. En relisant mes articles purement cul des premières années, je me suis demandée pourquoi les gens s’intéressaient au récit de ma nuit avec Paul ou Jacques. Réclamer une certaine liberté sexuelle ? Mais personne ne me l’a niée. Prouver qu’on peut aimer le sexe sans être salope. Moui, léger. En fait mon processus était simple : après 4 ans et demi en couple, je me trouvais à nouveau sur les chemins de la conquête et oh wouaaaaah ! Ça marchait pas mal pour moi, dis donc. J’ai vécu ces expériences les yeux grands ouverts, persuadée que je réinventais la poudre. Comme on dit sur l’Internet : lol.

Car le sexe n’est pas une arme. Je peux écarter les cuisses et m’en vanter tant que je veux, le monde sera le même le lendemain, je ne fais avancer aucune cause. Serais-je un exemple pour de jeunes filles timorées qui n’osent céder aux tentations de la chair ? Ahah non. Nombreuses sont les séries qui ont dédramatisé le sexe pour le plaisir, crier que oh oui, on fornique quand on en a envie n’est qu’une goutte dans l’océan.

Il y a pourtant des causes à défendre vis à vis de la sexualité comme tout ce qui touche à la prévention, le droit des femmes à disposer de leur corps et de leur fertilité, le droit de dire non… Et plus loin toute la question du droit des homosexuels en terme de mariage et d’adoption. Des combats, il y en a. Dire qu’on baise hors des conventions petites bourgeoises n’en est pas un, c’est juste une posture. Et si on considère que dans les Mystères de l’amour, y a un club libertin et un couple à 3, c’est limite ringard comme posture.

Je terminerai par cette éternelle phrase tellement originale et inconnue de notre ami Epicure : pour vivre heureux, vivons cachés. Car n’oublions pas une chose : notre vie amoureuse et/ou sexuelle n’a d’intérêt que si on ne la vit que pour nous, pas pour se la raconter dans les médias.

Et je finis par un article hilarant qui m’avait inspiré cet article : L’arène 69, parlons cru puisqu’elle est nue.

Je vote pas pour lui, il n’a pas de charisme

Sous titre : j’ai la flemme de lire les programmes donc je vais voter en fonction du « charisme » des candidats.

Autre sous titre : au secours les gens sont cons.

Je m’intéresse à la scène politique depuis plusieurs années maintenant. Modestement, je veux dire, je ne suis toujours pas militante, je me contente d’écouter les débats et d’exprimer un avis si je l’estime suffisamment étayé. Il y a des sujets que je ne maîtrise pas, j’évite de dire des conneries dessus. Je vote donc en mon âme et conscience, pour un programme, pour une vision de la société qui se rapproche de la mienne. Et je me sens tellement brillante d’agir ainsi quand je lis les tonnes de conneries qui font office d’avis politique…

« Non mais tu vas pas voter pour le Flamby quand même ? » Respire par le nez et évite de frapper cet(te) abruti(e). Donc pour toi, la mollesse supposée d’un homme est une excellente raison de ne pas voter pour lui ? Tu préfères un colérique limite hystérique notoire ou une poissonnière tabagique et xénophobe ? Non, je demande hein… Et dis moi, t’aurais pas un peu voté Bayrou en 2007 ? C’est vrai qu’il est incroyable de dynamisme et d’énergie, je comprends bien qu’Hollande ne te séduise pas du tout en comparaison. Je m’étais déjà énervée en 2007 de ces ridicules débats empreints de sobriquets peu flatteurs, passons. Mais sachez que le « tu vas voter pour le nain ? » me met aussi en colère que le Flamby.

Vous êtes dépités : en 2012, aucun candidat ne vous file la chair de poule (dans le bon sens du terme), vous avez la sensation de choisir entre la peste et le choléra. Comme en 2007. Comme en 2002. Comme en 1995 (je m’arrête là, j’etais trop petite en 88). Je vais vous faire une révélation : l’homme ou la femme providentiel n’existe pas. C’est une belle légende politique mais en vrai, nul membre de la scène politique n’a les épaules de supporter vos attentes délirantes. Les personnes montées en épingle de la sorte finissent généralement en pétard mouillé. Je vous avais prévenu en 2008 quand vous voyiez en Obama une sorte de nouveau messie. 4 ans plus tard, Guantanamo est toujours ouvert et il y a toujours des soldats américains en Irak et en Afghanistan. Bouleversifiant le changement…

Le charisme est une saloperie. Prenez le cas de votre entreprise et cherchez le mec qui a monté les échelons par la force de son charisme et qui est payé salement cher… Pour ne rien foutre. Oh, il sait masquer les apparences et c’est là sa principale force, seuls ses collaborateurs directs savent qu’à part remuer les bras et distribuer les sourires, il ne fait rien du tout. Vous voyez ?

L’argument du charisme, c’est ce qui permet à un mec bourré de tics et accro au bling bling de nous représenter sur la scène internationale. C’est ça l’image de la France ? Un gars à Rolex qui balade partout une ancienne mannequin botoxee ? Tu préfères ça à un gars qui garde ses nerfs et maîtrise ses dossiers ? Ce sont les lunettes qui te gênent ? Le fait qu’il ait perdu du poids ? Le fait qu’il fasse son boulot sans se sentir obligé de faire un communiqué de presse dès qu’il termine un dossier ? Tu préfères le fou furieux et sa clique d’idiots incapables d’une once de réflexion. Tu veux une bonne raison de pas voter Sarkozy : va lire la timeline de la Morano et regarde la connerie en face. Inculte, grossière et au gouvernement…

Aucun candidat n’est parfait mais je vais vous faire une révélation : ce ne sont que des hommes et des femmes comme nous. T’es parfait, toi ? Ben eux non plus ! Alors pitié, plutôt que de nous expliquer que le charisme est l’unique raison qui vous fait mettre un bulletin dans une urne, ayez l’honnêteté d’admettre que vous ne connaissez juste rien en politique et que vous avez la flemme de vous pencher sur la question. Vous aurez l’air moins con que de juger les gens sur leur physique.

Paranormal Activity 1 & 2 de Oren Peli

Lecteur, je ne sais pas si tu en as bien conscience mais des fois, je souffre exprès pour toi. Comme par exemple quand, dans l’avion, je regarde Paranormal Activity 1 et 2. Et si j’ai pas regardé le 3, c’est parce qu’il y était pas. Tout ça pour t’écrire un nouvel opus de l’art du nanard… Remercie moi.

En fait, tout a commencé par accident, je me demandais quelle était cette étrange émission de téléréalité bidon que regardait la fille devant moi dans l’avion (au passage, pourquoi je me retrouve toujours derrière le connard ou la connasse qui allonge son siège dès le décollage ?). En guise de téléréalité, c’était en fait un film réalisé avec trois bouts de ficelles façon vidéo amateur pour faire plus vrai : Paranormal activity 1.

Katie et Micah sont de jeunes étudiants qui s’installent ensemble dans une belle maison mais suite à quelques événements étranges, Micah achète une caméra pour filmer tout ça. Et c’est vrai que ça fait peur : pendant la première nuit, les clés que Katie avaient posées sur le comptoir de la cuisine sont tombées au sol. OH PUTAIN C’EST LE DEMON ! A dire vrai, les premières nuits, ils ne se passent quasi rien : un lustre qui se balance, des lumières qui s’allument et s’éteignent. C’est du démon de compète… Y a la porte qui bouge un peu. Bref, je meurs de peur. Katie appelle un prêtre ou un exorciste et lui raconte qu’elle est poursuivie par un démon depuis qu’elle est toute petite, même qu’il a mis le feu à leur ancienne maison.

Bref, la caméra énerve un peu notre démonounet qui commence à se fâcher un peu. Katie passe une nuit debout, endormie, avant de partir dans le jardin, il prend possession d’un oui-ja, ça monte en pression. Un soir, Micah trouve dans le grenier et trouve une photo à moitié brûlée de Katie petite. Tout le monde flippe mais moi, pas trop, trop. En fait le suspense se base sur une technique de base : images sombres, silence, tu sais qu’il va se passer un truc (un truc = porte qui claque, un objet qui tombe…) et forcément, quand ça se passe, tu sursautes. Finalement, seule la fin est bien foutue, les deux dernières attaques sont sérieuses (c’est pas juste une lumière qui clignote mais j’en dis pas plus). Le premier opus se termine sur une scène “d’horreur” (on voit rien, t’as qu’à imaginer), sans explication.

On passe à l’opus 2 avec une petite famille américaine : le papa, la toute nouvelle maman avec un petit garçon et la fille du père (belle-fille de la mère). On a droit à des images absolument sans intérêt d’un bonheur familial jusqu’à ce que l’on frappe à la porte : oh mais c’est Katie de l’épisode 1. Katie est la soeur de la jeune maman ! Effectivement, elle avait parlé d’une jeune soeur… Bon, il me semble que dans l’épisode 1, la dite soeur devait s’appeler Cherry et là, elle devient Kristi mais comme j’ai eu la flemme de vérifier, on va dire que je me plante. Petite ellipse temporelle, on se retrouve un an plus tard et la maison de Kristie a été dévastée par des cambrioleurs qui n’ont rien emporté… Ohoh, dit Kirstie à Katie, ça me rappelle quand on était petites, tu sais ? “non, non, parle pas de ces choses là!”. Du coup, le mari de Kristie installe des caméras partout dans la maison et c’est reparti pour un tour : il se passe des trucs trop flippants genre le robot de la piscine qui sort tout seul de l’eau pendant la nuit. TERREUR ! Le démon semble en vouloir à Hunter, le bébé, il se passe des choses étranges la nuit dans sa chambre. Un soir, la bonne espagnole entend de drôles de bruits, elle flippe et veut exorciser la maison mais les parents rentrent à ce moment là et la virent.

Là encore, les événements deviennent de plus en plus violents, on passe de pas grand chose à un bébé qui vole jusqu’à l’attaque violente de la mère par le démon. On sait que l’histoire se passe juste avant le 1. Kristi révèle qu’elle est attaquée depuis toute petite et…. Non mais attendez, quoi ? Dans l’opus 1, c’est Katie la victime du monstre, pas Kristi… Et pourtant si. Le démon prenant possession du corps de Kristi,  la seule façon de s’en débarrasser est de le refiler à Kathy pendant un exorcisme (où la bonne espagnole revenue entre temps disparaît entre deux scènes, normal). Super les mecs, vous êtes en train de totalement vous contredire.

Bref, je vous raconte pas l’histoire plus avant. Dans le 3, de ce que j’ai vu de la bande annonce, ils relieraient le démon à la légende “Bloody Mary” (le truc où tu dis trois fois son nom dans le miroir pour l’invoquer). Là encore, le démon en a après Kristi. Sauf que dans le 2, la belle-fille de cette dernière semble trouver une raison liée à un ancêtre de la famille qui aurait vendu son âme au diable. Et dans le 1er, c’était Katie la victime du démon et non Kristi.

En fait, la “force” du 1 était qu’il n’y avait pas vraiment d’explication bien que Micah parle d’un cas similaire, une certaine Diane (prénom gravé par le démon sur le oui-ja), histoire qui disparaît complètement dans l’opus suivant. En donnant une explication dans le 2 (qui semble modifiée dans le 3), ça casse complètement finalement le peu de peur psychologique du film : Katie est victime sans raison, limite, ça peut nous arriver à tous. Le 2 est plus poussé en terme d’effets spéciaux , les attaques sont de fait plus violentes et le switch final peut être un bon lien entre les deux opus en fin de compte.

Le problème en fait, c’est le rythme. C’est long, très long, tu as des scènes où il ne se passe quasi rien, voire carrément rien et tu attends limite les attaques avec impatience histoire de voir un truc. Le suspense est gonflé de façon artificielle : tu vois les heures défiler au fur et à mesure et dès que le compteur repasse à vitesse normale, tu sais qu’il va se passer un truc. Pas forcément un truc de ouf mais un truc. Du coup, t’as la pression qui monte, tu flippes et quand un objet tombe, tu sursautes. Sauf qu’une fois le film fini, ben tu peux dormir seule chez toi dans le noir sans aucun stress. Parce que ça ne fait juste pas peur, du début à la fin, tu te dis “bon allez, c’est quand la prochaine attaque parce qu’on s’ennuie ferme, là…” Et tu espères qu’à la fin, tu n’auras pas perdu 1h30 pour rien. Et ben si.

Et dire qu’ils vont en faire un 4e…

Laisse tomber, il est pris

Hier, je vous ai un peu parlé de la réaction typique que l’on a quand un homme nous annonce l’air de rien qu’il est déjà pris et que pour nous, c’est mort. J’ai conclu l’article en disant qu’il ne servait à rien d’insister mais sans dire pourquoi. Et bien voici pourquoi je dis ça, héhé.

Il est monogame fidèle

Donc notre beau Stéphane est en couple avec Grelucha que l’on déteste déjà et on sait que le jeune homme a des valeurs de fidélité et de monogamie. En gros, tant que Grelucha il y a, il n’y a rien à espérer. Mais telle une Pénélope du XXIe siècle, vous vous sentez obligée d’attendre car vous le sentez, Stéphane et Grelucha, ça ne durera pas. Vous avez même des preuves. D’abord, il n’en parle jamais puis tiens, il y a des soirs où il est dispo. D’ailleurs, à bien y réfléchir, ils ont pas l’air de beaucoup se voir. Vous traquez la moindre bribe d’information sur le couple qui occupe vos pensées et les transposez dans un tableau noir qui ne peut signifier qu’une chose : la rupture est proche.

Sauf que l’on a tendance à tordre les faits à l’infini pour leur donner la forme que l’on veut. Ce n’est pas parce que Stéphane ne s’enferme pas dans son couple et continue d’avoir une vie sociale que son couple est en péril. Et s’il ne vous parle pas de sa fiancée, c’est peut-être aussi car il a remarqué que vous en pinciez pour lui et qu’il ne veut pas vous faire de mal. Ou tout simplement qu’il est un garçon discret.

Il est en couple “libre”

Ls guillemets c’est parce que parfois (souvent ?), les hommes qui se disent en couple libre oublient de préciser que leur légitime moitié n’est pas du tout au courant de cet état de fait. Donc il est juste infidèle mais il ne veut pas le dire. Peu importe que Grelucha soit au courant ou pas de toute façon, la conclusion sera certainement la même : vous avez très peu de chance de l’emporter au Paradis. Eliminons d’emblée l’hypothèse d’un vrai couple libre : il ne quittera pas Grelucha pour vous puisqu’il peut vous avoir toutes les deux en toute quiétude.

Parlons plutôt d’un Stéphane infidèle, celui qui vous attendrira en vous parlant de toutes les difficultés qu’il rencontre avec Grelucha, qu’elle est psychorigide, frigide, méchante, impatiente, imbuvable… Bref, c’est une Tatie Danielle de 25 ans et il est tout malheureux. Il peut y avoir la variante Grelucha est cool mais au lit, quel ennui, la pauvre fille…Toute obnubilée par votre crush, vous vous jetez dans son lit avec enthousiasme,pensant que vos prouesses gymnastiques vont totalement conquérir Stéphane qui va larguer Grelucha en deux temps trois mouvements. D’ailleurs, il commence à vous roucouler de doux mots, vous dire que vous êtes merveilleuse et que vous le troublez. Mais. MAIS. Même si Stéphane vit un enfer avec sa légitime, il ne peut pas la quitter parce que tu comprends, c’est la St Valentin, son anniversaire, les vacances qu’ils ont déjà réservés, l’anniversaire de sa mère, Noël, là elle va pas bien pour trois mille raisons…Bref, ça n’en tiendrait qu’à lui, il serait déjà vôtre mais dans la vie, on fait pas toujours ce qu’on veut, tu sais.

Résultat : ça fait mal. Ce qui, dans l’article précédent, n’était qu’une blessure d’ego devient une blessure de coeur et là, c’est bien plus chiant à réparer. Sans parler de cette douce image que vous aurez de vous à base de “j’ai été trop conne, comment ai-je pu croire ce connard ?” Oui, hein, comment ? Mais tu sais, on peut parfois devenir des expertes es abnégation, quand on veut croire en cet amour qu’on désirait depuis longtemps. Enfin, quand je dis “amour”…

Alors je me répète : le Stéphane, s’il est en couple, évite d’y toucher ou sois consciente qu’il y a peu de chance qu’il devienne tien. Si t’es croc de lui, tu vas te faire du mal. Selon des statistiques occultes, seuls 5% des hommes en couple quittent Grelucha pour leur maîtresse. Et si tu es un homme, tu remplaces Stéphane par Stéphanie et ça marche aussi.