Le métro rend (vraiment très) con

Depuis un an, je me rends au travail à pieds. Ne serait la plongée, la chorale et ma vie sociale débordante, je pourrais ne pas prendre le métro… Pas de bol pour moi, hélas, je m’entasse régulièrement dans des wagons surpeuplés et bruyants. Or comme je le prends quand même moins qu’avant, l’incivilité et la crétinerie de la plupart des passagers me donnent envie de frapper et fort.

Le ballet des montées et descentes

C’est la situation type où le passager crétin surgit. Tu ne sais pas s’il va monter, descendre ou s’accrocher comme une moule à son rocher à la barre centrale pour pas céder sa place dans la rame. Place debout, hein. D’un côté, nous avons donc ceux qui descendent, le passager crétin est rarement parmi eux vu que leur seule activité consiste à quitter la rame au plus vite. Mais parfois, en pleine heure de pointe, l’un d’eux se laisse aller à une douce rêverie et réalise soudain qu’il est à sa station. Il bondit de son siège (le rêveur étourdi est généralement assis) et bouscule ceux qui tentent de de faire une petite place parmi la foule.

Mais le passager crétin est généralement sur le quai et je suis excessivement généreuse quand j’utilise le singulier. Sur les quais symbolisant les portes du métro, il est facile à reconnaitre : c’est celui qui se pose bien en plein milieu. Le passager crétin ne connait absolument pas le principe des vases communicants : il est plus facile de monter dans un métro bondé quand on en a laissé descendre quelques passagers. Non lui, il veut monter quoi qu’il arrive. Il lance aux autres un regard de défi, son attitude transpire l’agressivité : il sera le premier dans la rame, point. Quand le métro arrive à quai, il s’agite, n’hésitera pas à se poser pile devant vous et à bousculer ceux qui descendent. Pourquoi ? Par peur de rater le métro, de ne pas pouvoir rentrer dedans ou il a vu quelqu’un quitter une place assise et il la veut. Comme la fille observée la semaine dernière : cheveux long, sanglée dans un trench, téléphone à l’oreille, elle a bousculé tout le monde pour poser son cul sur la dernière place assise dispo. Et est descendue 2 stations plus loin.

Les places assises parlons en, elles sont un révélateur parfait de passager crétin.

Je poserai mon cul, point

Prenez le métro au départ d’une ligne vous permet d’observer un spectacle amusant : quand la rame arrive à quai, les passagers sont sur le qui-vive. Ils ont beau avoir un métro entier pour eux, dès qu’ils pénètrent dans le wagon, ils se dispersent dans tous les sens telles des abeilles dans une ruche dans le but de trouver une place a/assise, b/dans le sens de la marche et c/ sans personne à côté. Cette place libre à côté est particulièrement prisée par les femmes qui y disposeront leur sac et soupireront très fort quand un importun osera lui demander de le pousser. Etre assis est une lutte permanente dans le métro, c’est un ballet fascinant à observer. Dès qu’une personne assise quitte sa place, vous pouvez admirer divers protagonistes tenter de récupérer le siège, jouant au choix la carte du eye fight ou justement faire genre « je ne regarde personne afin que mon droit à m’asseoir ne soit pas contesté ». Si aucune place en dur n’est libre, il reste les strapontins, place chouchoute du passager crétin. Le strapontin, quand y a personne, c’est pratique sauf que malgré les dessins on ne peut plus clairs, passager crétin refuse d’admettre que non, déplier un strapontin aux heures de pointe n’est pas une option acceptable. Mais j’admire toujours un peu le culot de ce qui le font et persistent alors même qu’ils sont les seuls assis dessus, entourée d’une foule hostile qui leur jette des regards assassins et distribuent des coups de sacs au moindre mouvement de la rame (ça, c’est moi).

Mais le passager crétin assis ne s’illustre pas simplement dans sa volonté d’utiliser les strapontins quand il ne faut pas. Il est aussi remarquable dans son abnégation de l’autre. Et quand je dis l’autre, je parle des vieux, des estropiés et des femmes enceintes. C’est marqué qu’ils sont prioritaires mais peu importe : tout cul posé sur une place assise le restera jusqu’à destination. Je concède que parfois, parmi la foule, on peut ne pas voir celui qui mérite siège. Parfois, on tape un article de blog sur son iPhone et on ne regarde pas du tout autour de soi (genre moi en ce moment-même mais la rame est vide donc c’est pas grave, il reste plein de places assises). Mais le passager crétin, tu le voies bien qu’il fait mine de ne rien voir alors qu’il n’y a qu’une paire de gens debout dont un avec béquilles ou une sur le point de perdre les eaux. Ah et pour l’argument « mais pourquoi ils prennent le métro ceux là aussi ? », je répondrais qu’on n’a pas tous les moyens de prendre un taxi à chaque déplacement, qu’une patte cassée ou une grossesse vous permet quand même de sortir de chez vous et que, bordel, si on autorise les mauvais joueurs d’accordéon ou, pire, de violon, on va pas s’indigner pour un bidon rond ou un tibia en kit.

Mon métro, ma poubelle

Le passager crétin est aussi sale. Pas forcément d’un point de vue corporel (mais des fois si) mais niveau savoir vivre, c’est le néant absolu. Par exemple l’autre soir, je prends le métro (la 14 je crois) et que vois-je au sol ? Un trognon de maïs. Rah mais c’est dégueulasse ! Déjà que d’ordinaire, on se tape les canettes et autres bouteilles plastiques, là on part carrément dans l’organique. C’est juste crade et ça dépasse ma compréhension. Y a des poubelles sur tous les quais de métro, les rames ne sont pas faite pour qu’on se laisse aller à nos élans porcins bordel !

Et je renonce même à l’idée de m’indigner sur les usagers qui n’ont pas compris que l’escalator, c’est comme la route, tu restes à droite si tu ne comptes pas tracer.

Mais je ne peux m’empêcher de me poser la question : qui sont ces gens là ? Que nous veulent-ils ? Pourquoi font-ils ça ? Par étourderie ? Par anticonformisme ? Par QI proche de celui d’un mollusque neurasthénique ? Non, je comprends pas bien. Voire pas du tout. La vie serait tellement plus belle si tout le monde jouait le jeu de la civilité, dans le métro ou ailleurs.

Je songe à aller voir un psy pour guérir de mon bisounoursisme.

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25 réflexions au sujet de « Le métro rend (vraiment très) con »

  1. Personnellement je suis souvent le passager « connasse » = je file des coups de sac et de talon à celui qui reste assis, et je regarde avec l’oeil mauvais tout en disant bien fort « c’est possible de descendre ??!! » tout ceux qui tentent de rentrer dans le métro bondé sans laisser sortir avant…
    Mais je me fais pas vraiment des amis dans les rames du coup

    • Nina dit :

      Moi j’appelle pas ça la passagère connasse mais la passagère « je t’apprends la vie du coup », je me comporte comme ça aussi. Je râle bruyamment quand on peut pas descendre car on ne nous laisse pas faire, je sors des « non mais laissez-nous sortir, S’IL-VOUS-PLAIT » et je distribue les coups d’épaule. Le mieux, c’est quand je vais à la piscine le mardi, j’ai mon gros sac de plongée, idéal comme bouclier pour se frayer un chemin

      • Pas de sac de plongée pour moi mais ça marche bien aussi avec le sac d’équitation, assorti de la panoplie « je rentre du cheval j’ai eu la flemme de me changer » = grosse boots, pantalon dégueu et odeur de cheval mouillé pour les jours pluvieux !

  2. Je suis ravie de voir que ma mauvaise humeur est de saison, finalement, ya pas que moi. Mon dernier statut FB :
    Ya des cons partout. Surtout chez les fleuristes à une St Valentin, un vieux con qui me passe devant, qui m’ignore superbement quand je lui dis que c’était mon tour, la vendeuse et lui qui continuent à m’ignorer alors que toute la boutique est au courant tellement je l’ai dit fort et de plus en plus énervée. C’est pas comme si c’était pas la fête des femmes et que j’avais pas deux enfants dont un …dans les bras. Et dans tous les cas, j’étais là AVANT, BORDEL !
    C’était la première fois que je faisais valoir mes droits dans une file. Bravo.

    J’avais dans l’idée de mettre une note de blog incluant aussi ceux qui viennent chercher leurs gosses à la crèche en voiture en se mettant au plus près de la grille alors que le parking (à 5 METRES) est vide, empêchant donc (et comme de bien entendu) ceux qui sont bien garés de sortir (aka : moi), et les connards utilisateurs du métro/bus/tram. Tu as traité ce dernier sujet bien mieux que je n’aurais su le faire…

    Ca doit être le temps, on est irrascibles, c’est comme ça, la connerie des autres ressort plus.

    • Nina dit :

      Ca me rappelle mon école quand j’étais petite, ils ont fini par faire une file qui passe devant l’école, une sorte de dépose-minute tant c’était la merde avant.

      Sinon, pour le fleuriste, je suppose que tu n’en avais pas un autre sous la main parce qu’un truc comme ça, moi, je pars et je n’y reviens jamais.

      Tiens, j’ai envie de fleurs maintenant

      • Je suis partie en claquant la porte. Et je n’y remettrai jamais les pieds, je leur fais une pub du tonnerre, et j’espère que ça va porter ! Pas de bol, il est à 20m de chez moi. Tant pis, mon Belge n’aura plus de fleurs !

  3. Ahahah ! Ca me rappelle un long week-end passé à Paris alors que j’étais enceinte d’environ 7 mois et demi… Samedi et dimanche, j’ai toujours eu une place assise soit parce que les rames étaient presque vides, soit parce que quelqu’un me cédait gentiment sa place… Dès le lundi, c’était comme tu le décris, les gens font semblant de pas te voir, ou pire, ils profitent de ta faiblesse et de ta difficultés à te mouvoir pour s’approprier sous ton nez le dernier strapontin…

    • Nina dit :

      Non, on t’a fait ça ??? Mais c’est atroce ! Malheureusement, j’ai aussi pu observer des incivilités hors heures de pointe. Je me souviens d’une fois, j’étais dans une rame, nous n’étions que deux debouts : moi et un monsieur en béquille. Personne ne s’est bougé pour lui laisser la place et les gens assis étaient loin d’être vieux… Ca m’avait vraiment mis en colère ce jour là

      • J’ai encore mieux ><'
        Quant on habitaient encore à Montreuil, dans le bus qu'on prenait au retour et qui était toujours bondé, une fois une femme enceinte (8 mois je dirai) monte et demande gentiment à une femme si elle peux lui laisser sa place car elle a mal au dos. La femme en parlant très fort, réponds : "Comment vous osez ? Jusqu'à la fin de ma grossesse je suis resté debout alors non je ne vous laisserai pas mal place !"
        Résultat c'est un vieux monsieur qui à laissé sa place, les gens n'en revenaient pas.

  4. Matt dit :

    Effectivement le phénomène de masse doit amplifier, ça doit éveiller de vieilles angoisses de l’autre, de l’inconnu. Je suis persuadé que tes cons du métro n’ont pas du tout le même comportement en période creuse, indépendamment des problématiques liées à la foule.
    Moi j’ai mes cons du transilien, et le coup du sac sur le siège voisin alors que le train sera bondé dans les 2 minutes me dépasse. Est-ce que j’urine sur le siège, moi, tant qu’à marquer mon territoire? En parlant de ça justement, ne JAMAIS trouver que vous avez du pot quand dans un train rempli, vous voyez un mec tout seul avec 3 sièges libres autour. Il y a certainement une très bonne raison à cela!
    Et le classique: entassons nous devant les même voitures, en bouchant le quai avant la montée, plutôt que d’aller vers la queue du train ou il y a plein de place (valable aussi pour le métro Montparnasse ou il est impossible de circuler à certaines heures alors que le quai est large).

    • Nina dit :

      Alors pour le sac, ça peut m’arriver quand y a de la place, sur le coup, parce que je fais juste pas attention mais je le ramasse sans assassiner la personne qui souhaite s’asseoir du regard, elle est dans son droit, moi en tort. Idem pour les mecs qui sont étalés, je prends un malin plaisir à m’asseoir en face d’eux.

      En fait, je déteste la foule. Pris individuellement, je pense que tous ces gens peuvent tout à fait être charmants mais en masse, je crois que c’est un peu la guerre, un comportement légèrement agressif en entraînant un autre… Par exemple, je sais que si quelqu’un se pose juste devant la porte pour monter en premier dans la rame, mon but va être de rentrer avant lui juste pour faire chier et our démontrer que se mettre sur le côté est une option plus valable. Je pense que chacun estime avoir une excellente raison pour monter dans cette rame et pas la suivante, qu’on est tous plus pressé que son voisin… Limite, ça m’étonne que les gens se tapent pas plus :p

  5. Comme je suis d’accord avec toi! Je te rejoins dans tout que tu dis. Plus ceux qui restent devat la porte une fois montés alors qu’il y a plein de place au milieu: du coup, ils te compriment devant la porte. Et ceux qui mettent trois plombes pour descendre! et du coup tu dois monter pendant les portes se ferment… Grrrrrr! Bisous!

  6. je me tape le rer et le métro de paris matin et soir, et je salue ton article. Je fais preuve de grande courtoisie, j’essaie tant bien que mal d’être respectueuse avec mes voisins de rames même si parfois on a des jours avec ou sans, et que l’étourderie mène à des oublies par moment comme voir une vieille femme dans la foule sans lui filer ta place, y’a pas que l’étourderie y’a aussi l’exaspération de supporter les soucis techniques du métro ou rer.

    Mais vraiment on tombe bien trop souvent sur des cas sociaux, et les pires sont pour moi ceux qui s’assoient sur les strapontins alors que c’est bondé de chez bondé. Je ne comprends pas.
    On devrait écrire un code de la route spécial piéton sous terre.

  7. myrtille dit :

    eh bien …c’est bizarre car je prends le métro tous les jours et je ne vois pas les personnes d’un air aussi space que le tien ..
    peut-être que si tu avais plus de respect pour les autres au lieu de les traiter aussi mal ..-qui est le passager crétin ??…- tu rencontrerais plus de respect aussi en ta direction ..
    Je ne sais pas sur quel ligne tu vas ..mais là je m’interroge ..parce que pourtant je suis sur des lignes chargées mais je ne tombe pas sur ‘des cas sociaux’ comme je lis plus haut ..
    Je trouve qu’il y a beaucoup d’intolérance dans ton article ..et que tu es bien méprisant-e …envers les autres ..

    • Nina dit :

      Manifestement pas toi sinon tu comprendrais le coup du subtil coup de sac pour signaler à la personne qu’elle gêne. Mais bon, soit tu ne prends jamais le métro, soit tu viens juste pour troller parce que bon, je prends régulièrement plusieurs lignes de métro et rer à toutes heures et c’est pas un comportement typique à une ligne en particulier.

      Quant à mon comportement qui engendrerait un irrespect des autres, tu m’expliques comment je peux pousser des gens à l’incivilité quand j’attends sur le quai pour monter et qu’ils bousculent tout le monde devant moi ? NOn,non, ne réponds pas, ta mauvaise foi te porterait à raconter strictement n’importe quoi. Quoique j’ai envie que tu nous racontes que dans ton métro magique, les gens sont souriants, t’offrent des fleurs et font des bisous.

  8. Kyra dit :

    Je suis d’accord avec ton article et je me permets moi aussi de parler d’un autre type de passager: celui qui passe tout le trajet en parlant fort au téléphone et en racontant sa vie sans absolument aucune pudeur, et aussi celui qui ne connaît pas les écouteurs et s’amuse à faire écouter sa musique (pourrie en plus) à tout le wagon…
    Anecdote concernant le transilien; je l’ai pris une fois avec ma grand-mère. Il y avait une place sur laquelle un homme avait posé sa valise. Il a tout simplement refusé de l’enlever!! Dans le métro, personne ne propose une place à ma grand-mère non plus, si bien que quand deux ptites ados sortaient (bien des stations après) en laissant les strapontins libres, elle leur a dit bien fort: « Ah merci, c’est gentil de me donner votre place! Vraiment! » Je vois des situations comme ça tous les jours, le métro parisien c’est vraiment affligeant…

  9. Raphael Wironen dit :

    C’est quoi le marketing personnel ? Grosso modo, c’est essayer de laisser des traces (via des blogs, des profils dans les réseaux sociaux…) de son activité afin qu’on puisse vous trouver plus facilement si on vous cherche ou si on cherche quelqu’un qui a les compétences que vous proposez.

    • Nina dit :

      Comme y a pas de lien vers un site, je suppose qu’il s’agit d’un vrai comm mais je ne vois pas le rapport avec le sujet… Et si c’est pour son marketing personnel, poster un comm aussi décalé ne vous servira pas…

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