La télé est-elle malsaine ?

Quatre ans. Ca fait quatre ans que je ne regarde plus la télé. Pas une démarche volontaire au départ, une simple histoire de télécommande cassée jamais remplacée. Et je vis très bien sans, notamment grâce à Netflix, Youtube… et Spotify, la musique, c’est bien aussi. Mais quand je vois passer des scandales télévisuels, je finis par me demander : est-ce que ce n’est pas un média franchement malsain ?

La télé est-elle malsaine ?

A dire vrai, je considère que non parce que la télé n’est à mon sens qu’un outil. Comme Internet : vous pouvez l’utiliser à bon ou à mauvais escient. Regarder de bons reportages (je précise “bons” parce que y a aussi ses kilotonnes de merdes dans l’univers des documentaires), vous ouvrir, vous cultiver ou juste vous divertir dans la joie et la bonne humeur. Ou vous pouvez regarder des reportages qui vous expliquent que les extraterrestres sont là depuis toujours et qu’on vous ment, vous abrutir en vous moquant de pauvres gosses enfermés dans une maison qui s’engueulent en espérant avoir un avenir doré ou encore des “divertissements” ne reposant que sur l’humour oppressif. Du coup, je suis toujours un peu mal à l’aise quand il s’agit de tirer sur le medium et non sur le message, vous voyez ? La télé n’est donc pas malsaine en soit… mais y a paquets de producteurs qui aiment remuer la merde pour en tirer de l’oseille à profusion.

Thierry Ardisson, producteur dégueulasse

Et je commence à être agacée de voir que ce cirque n’en finit jamais. Honnêtement, à chaque scandale à la con, à chaque fois que Ruquier ou Ardisson obtient son petit buzz et que je les imagine, ricanant et tellement fiers d’eux, je vous en veux, à vous, qui regardez ces émissions. Déjà, j’aimerais savoir qui vous êtes. L’an dernier, quand Ardisson avait sorti la composition de son plateau de Salut les terriens, j’étais tombée dans des abysses d’incompréhension. Du gauchiste, du bobos, du réac, du hyper réac, du… blogueur people, je suppose… Alors je ne suis pas opposée à la pluralité d’opinion à la base mais expliquez-moi quel est l’intérêt de tous les mettre sur un même plateau ? Ca donne quoi ? Tout le monde se crie dessus et chacun a droit à 2 à 5 mn de paroles à peu près distinctes ? Qui ça intéresse ? Quelles idées intelligentes ou même juste intelligibles peuvent être sorties de là ? Le pire, c’est chez Ruquier où des gens viennent se faire écharper sur leur métier. Non mais imaginez la violence… Je ne vais pas prendre la défense des 150 000 artistes de tout genre et de tout bord passés là-dedans mais j’ai quand même du mal à comprendre le point. On peut critiquer un artiste qui fait les choses pour de mauvaises raisons (aka le pognon) mais à partir du moment où quelqu’un fait quelque chose avec sincérité mérite-t-il de se faire clouer violemment au pilori parce que… parce que vous aimez le sang ?

Scream, lécher le sang

Parce que désolée mais c’est ça. Regarder ces émissions me fait le même effet que m’asseoir sur le bord de l’autoroute et attendre un bon gros carambolage avec, les bons jours, un ou deux membres détachés de son corps d’origine voire une bonne décapitation, ahah. Dégueulasse ? Bah la violence symbolique que nous sert ces émissions ne me paraît pas beaucoup mieux. Tout est réuni pour que ça gueule, ça pète, que quelqu’un quitte le plateau bouleversé ou… au pire, rit jaune en serrant tellement les dents qu’il est quitte pour cinq séances chez le dentiste direct. Il y aura toujours des insultes, des obligations de faire bonne figure face à quelque chose qu’aucun de nous ne supporterait. Toute cette agressivité en permanence, ces cris, ces mensonges, ces jeux de dupe…

Laurent Ruquier aime le sang

Et un manque total d’humanité. La semaine dernière, la chroniqueuse Hapsatou Sy qui officie (officiait ?) dans l’émission de l’odieux Ardisson (je hais ce mec) s’est fait insulter par l’épouvantable Eric Zemmour. Dans le genre “mec très fier de lui de foutre la merde”, regardez comme il suinte l’auto satisfaction dès que ça dérape, il me dégoûte. Donc dans un échange peu amène, Gargamel a expliqué à Hapsatou que son prénom était une honte car “même pas français”. Il est vrai qu’Eric, c’est très gaulois (non). Moi même qui suis tellement de souche que j’ai limite des racines fossilisées, mon vrai prénom a des origines latines… ou grecques ou germaniques, ça dépend du dictionnaire des prénoms utilisé, je suppose. J’avoue ne pas avoir vu la séquence parce que je n’ai aucune envie de voir ça mais quand Hapsatou Sy a décidé de ne pas laisser passer en diffusant une séquence coupée au montage, elle a eu droit à de nombreuses réactions dédaigneuses à base de “oh ben si tu te choques de ça, tu connais rien à la vie, pauvre fille”, sans parler des “soupçons” comme quoi elle aurait tout orchestré… et devinez quoi les mecs, c’est pas elle qui invite les gens dans l’émission. Il n’y a aucune compassion et on en redemande. Alors que rappelez-vous que Hapsatou Sy est dans un cadre professionnel. Remettez ça dans un contexte de bureau et dites-moi encore qu’elle fait du bruit pour rien.

Hapsatou Sy

Alors, est-ce que la télé est malsaine ? Non. Par contre, vous qui regardez toutes ces émissions en vous régalant de tous ces cris et de cette fureur… Oui.

 

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Les Québécois, les gens les plus merveilleux du monde

Tant que je suis dans mon bain d’amour pour l’humanité suite à ma retraite yoga, je dois vous parler des Québécois, terminant ainsi mes articles sur mon voyage au Canada. Comme vous avez pu le ressentir à travers mes articles, j’ai beaucoup aimé mon bref passage au pays des Caribous et je me dis que j’y vivrais bien, tiens. Parce que oui, les hivers sont peut-être rigoureux mais les Canadiens sont les gens les plus adorables et polis de la terre.

Man stretching jacket to reveal shirt with Canada flag

Arrivée à Montréal, je me frotte direct aux transports en commun pour rejoindre l’appart de Joy et Isa. Mes écouteurs vissés dans les oreilles pour ma musique de voyage, je me tiens droite sur le quai du métro, guettant l’air de rien par dessus mon épaule celui ou celle qui va me faire le plan classique de venir se poser juste à côté de moi pour rentrer en premier dans la rame. Ah non, personne ne fait ça… Je rentre dans la rame, m’assois. Dès qu’une personne âgée arrive, quelqu’un lui cède la place… Oh mon Dieu, quel est donc ce pays merveilleux ?

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Un exemple m’a particulièrement frappée : à un moment, on doit prendre le bus, je vois des gens en rang d’oignon sur le trottoir. Intriguée, je demande  mes copines ce qu’ils font “Ben, ils attendent le bus”. Oh mais tu veux dire que le premier arrivé sera le premier entré dans le bus ? Non mais laissez moi vous raconter comment ça se passe à Paris pour que vous compreniez mon choc (pour ceux qui ne connaîtraient pas les us et coutumes de notre capitale) : les gens se posent de façon anarchique à l’arrêt de bus et dès que le véhicule arrive, ça se bouscule sur le trottoir. Et en général, vous avez toujours un connard ou une connasse qui arrive en même temps que le bus mais se place sans trembler devant tout le monde.

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Tout est à l’avenant ! Les serveurs et serveuses vous parlent, font des blagues, vous demandent si ça va bien et avec le sourire en plus. Une anecdote : lors du dernier jour, nous sommes allées à Juliette et Chocolat, un salon de thé dédié au chocolat (comme on s’en doutait pas). Avis lus sur Internet : “service prétentieux avec que des serveurs français”. Et oui, ça m’a fait rire.

juliette-chocolat salon de thé Québécois

Alors forcément, au bout de 4 jours, j’ai envie de vivre là-bas : la rue n’est plus une épreuve, les gens sont gentils, polis, les mecs ne vous ennuient pas, tout ça, c’est le bonheur, j’avais envie de faire des bisous à tout le monde. Mais vous savez le pire ? C’est que je sais que si, demain, je partais vivre au Québec, il me faudrait quelques jours pour abandonner mes réflexes de parisienne connasse parce que… ben 11 ans dans la ville de la petite incivilité, du “je rentrerai avant toi dans le métro pour choper la place assise et tant pis pour les vieux, invalides ou femmes enceintes, je poserai mon cul ! Et j’utiliserai le strapontin même si y a du monde parce que mon confort passe avant le vôtre, bande de boloss !”, ben, je suis toujours sur mes gardes, prête à faire chier les connards qui voudraient me passer devant, la langue qui claque au premier “lent en plein milieu” qui se dresse su mon chemin (j’ai développé une vraie aversion pour les gens lents qui errent dans les couloirs du métro. Je veux bien être tolérante envers les personnes âgées mais les gens qui marchent de travers en plein milieu aux heures de pointe dans les couloirs parce qu’ils lisent leur smartphone, j’ai envie de les encastrer dans le mur… Voyez ce que je veux dire sur le “abandonner mes réflexes de connasse parisienne » ?)… Ca, au Québec, ça va pas être possible…

Station Cité, la station où les gens t'énervent pas car y  a jamais personne

Station Cité, la station où les gens t’énervent pas car y a jamais personne

Et ça m’interroge. Je veux dire : pourquoi on se fait subir cette agressivité en permanence ? Si les Canadiens peuvent se mettre en rang sur le trottoir pour rentrer dans le bus dans l’ordre d’arrivée, sans bousculade, si les Canadiens peuvent saluer le chauffeur de bus, les serveurs, si les Canadiens peuvent avoir des rapports cordiaux entre eux… Pourquoi nous, on n’y arrive pas ? Anaïs a avancé une théorie : ils sont moins nombreux. L’incivilité est-elle une conséquence de la densité de population ? Ce n’est pas si délirant : on se bouscule souvent dans le métro pour pouvoir se faire une petite place et parvenir au travail à l’heure. Je veux bien y croire mais quand même… imaginez la vie si nous étions tous plus respectueux les uns des autres, si nous arrêtions de nous chamailler et nous agresser pour des broutilles, qu’on intégrait la civilité et la politesse à notre quotidien… mais comme on serait de suite beaucoup plus heureux. Non mais c’est vrai, regardez combien de fois vous êtes arrivés énervé au boulot à cause de quelqu’un dans le train, bus,métro ou sur la route ?

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Les Québécois ont tout compris… Et encore, il paraît que ce sont les Canadiens les moins disciplinés…

Je vais demander ma mutation.

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Plus c’est con, plus ça détend

La culture de la médiocrité à son paroxysme

Avant de vous raconter mes quelques jours au Canada (spoil : j’ai adoré), j’ai envie de m’énerver un peu sur une excuse que j’entends trop souvent de la part de ceux qui adorent regarder de la merde à la télé : “mais ça prend pas la tête, ça détend”. Et voilà Cyril Hanouna qui explose, la télé-réalité, les Hollywood girls et je ne sais plus quoi. La culture de l’humiliation, du clash et du bashing pour votre plus grand amusement.

Touche pas à mon Poste, émission typique surfant sur la culture de la médiocrité

Alors premier point : si tu veux te détendre, il y a d’autres options : va prendre un bain, va faire du sport, lis un roman, une BD, un blog… Ou mate un film ou une série voire un documentaire, joue à un jeu vidéo il existe des tas d’options pour se détendre… Donc viens pas me dire que tu choisis la médiocrité pour te reposer. Si tu regardes les Anges de la télé-réalité, Hanouna et autres grosses merdes, c’est avant tout… Par méchanceté gratuite.

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Lundi, un chroniqueur de France Inter a signé une chronique sur le fameux Touche pas à mon poste, une émission que je connais peu… Parce que les 3 fois où j’ai regardé, j’ai détesté. Entre un Hanouna prétentieux, agressif et qui écrase son équipe pour se faire valoir et une équipe complice qui joue les clichés (la blonde insupportable qui parle djeunz, le vieux beau, le vieux con) et accepte l’inacceptable pour son chèque de fin de mois… Non mais merde quoi. Qui peut réellement se réjouir de devoir subir des gages humiliants et se faire insulter par son manager dès qu’il ouvre la bouche ? Dans le monde du travail, on appelle ça du harcèlement… Mais bon, qui osera gueuler ? On est à la télé, on a la pression des camarades, on veut pas passer pour le pas drôle, celui qui n’a pas d’humour. Alors on se laisse garnir le slip de nouilles… Ah, l’injonction sociale de l’humour : ris ou sois ostracisé.

L'argument que je déteste le plus au monde

L’argument que je déteste le plus au monde

Et puis c’est de la télé, la célébrité. Tous ces candidats de real TV prêts à vendre leur cul, littéralement, pour gagner leur quelques minutes de gloire et, graal ultime, un passage au zapping. La pseudo vie de rêve où vous passez vos journées à vous clasher pour gagner vos quelques euros. Mais bon, avec de ma chance, vous pourrez finir fiancée au fils d’un ex Président de la République…

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Et vous regardez. Peu importe les Chloé, Sarah, Shirine, Nicolas, David ou Nasser : pas les mêmes gueules mais les mêmes histoires minables qu’on vous sert comme véridiques alors que tout est déjà écrit, qu’on a choisi pour qui vous allez voter. Vous n’êtes pas dupe, vous le savez mais c’est tellement bon de se foutre de la gueule de ces cassos qui valent tellement moins que vous. Peu importent les invités des talk shows : chanteuse pour ado, Miss France, people obscur ou candidat de télé-réalité… Vous avalez cette merde avec délectation parce que « ça prend pas la tête, j’ai le droit ».

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Oui, vous avez le droit. Après tout, on peut choisir de se taper un McDo tous les soirs parce que cuisiner prend la tête, lire un roman nul et mal écrit parce que ça se lit tout seul, subir les injonctions des magazines féminins parce que c’est moins fatigant que se taper le dernier numéro de Courrier International. Mais arrêtons les mauvaises excuses. J’ai été merdophage aussi, j’en ai eu bien conscience mais la méchanceté, je peux plus. Un exemple : lors de mon séjour au Canada, j’ai maté un épisode de l’amour est dans le pré : candidats beaux et qui s’expriment bien, candidates pas connes avec une carrière. En France, on te collera toujours deux ou trois cassos bien mis en scène pour faire de l’audience et déclencher les commentaires dégueulasses sur les réseaux sociaux. Des émissions entières fonctionnent ainsi et vous vous en régalez.

Oui, j'ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Oui, j’ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Alors que je ne vous entende pas pleurer sur la qualité des émissions télé, que je ne vous entende pas déplorer le niveau de méchanceté et d’agressivité de vos concitoyens, qu’on nivelle par le bas. Parce que vous avez le choix de ne plus regarder, de ne plus encourager cette médiocrité, cette méchanceté qui permet d’ accéder à une certaine célébrité. Parce que désolée mais vous nourrissez la bête. Et ça vous fait jouir.

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Citoyens vs citoyens : votants vs absentionnistes

Depuis deux ou trois jours, je suis gênée aux entournures. Sur mon fil Twitter est en train de se mettre en place un affrontement, une guerre ou le mépris et la condescendance sont les armes des uns et des autres, ou l’on se traite de cons parce qu’on est pas d’accord… Heu… Y  a que moi que ça gêne ce grand affrontement de citoyens, votants contre abstentionnistes, parce que l’heure est grave ?

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Dimanche, je suis allée voter, j’ai souri devant la petite fille qui montrait crânement son école à son papa, me disant que les élections, c’est quand même trop la fête pour les petits élèves de l’école qui nous accueille pour notre devoir citoyen. C’est vrai, on va à l’école mais c’est pas pareil, y a pas la maîtresse, on est un peu le maître des lieux. Je n’ai rien posté sur Twitter quant au fait que j’étais allée appuyer sur un bouton pour filer ma voix, je trouve ça tellement incongru. Le soir, les résultats puis hier, des tribunes de ceux qui ont choisi de s’abstenir, vivement vilipendés par ceux qui sont allés faire leur devoir. Inconscient, tu votes pas et à cause de toi, on a le FN, bravo le veau ! T’as pas voté ? Alors ferme ta gueule, tu as perdu le droit de l’ouvrir. Et là, je ne vous cache pas que je suis très mal à l’aise.

Séduire les abstentionnistes, version anti communiste

Balayons rapidement le premier argument : non, l’abstention ne fait pas élire le FN. On a beau essayer de se rassurer : le nombre de voix attribuées au FN augmente bel et bien donc ce n’est pas à cause de ceux qui ne sont pas allés voter qu’ils ont gagné plus de voix. Si le FN progresse, c’est sans doute parce que la politique française se limite beaucoup trop à un “votez pour nous parce que sinon, FN !”. Mais j’en ai ras le cul de “voter contre”, moi. Je veux voter pour un projet de société auquel je crois, des valeurs, un programme concret. “Beurk le FN” n’est pas un programme, c’est pas ça qui va nous aider dans nos régions (nos départements ou au niveau de l’Europe, faut sortir de cette rhétorique de merde). On peut s’amuser à distribuer les points : les campagnes qui tournent trop autour de la sécurité alors que ce n’est pas lié à la région, le nom de Marine Le Pen sur toutes les lèvres, dans tous les journaux. Forcément que des gens y voient la seule alternative, c’est la seule de réellement visible. Après, faudra se pencher plus sur le pourquoi du comment du vote FN comme je disais hier mais je suis désolée, ce n’est pas la faute des abstentionnistes.

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Arrivons maintenant à l’argument de fermer sa gueule. Il est vrai qu’il est possible d’aller voter sans donner sa voix à un candidat, le vote blanc bénéficie désormais d’une légère reconnaissance, il est séparé des bulletins nuls. D’ailleurs, dimanche, je voterai blanc parce que j’en ai marre de laisser faire parce que “sinon, c’est Le Pen”. Non, Le Pen est la fille de la crise et faudrait peut-être voir à réellement se pencher la question plutôt que de continuer une politique d’austérité qui n’a jamais apporté de résultats. Personne n’aura ma voix parce que je ne veux plus cautionner une politique qui me révulse. Ah oui, les régionales, c’est pas un vote national… Pourtant, si j’en crois les politiques et les analystes politiques, cette élection est une “sanction” contre le gouvernement, un plébiscite pour le FN, blablabla… Tout à fait local, donc, bien sûr. Mais revenons en aux abstentionnistes que je classerai en trois catégories : ceux qui ne pouvaient pas venir pour cause de santé ou d’absence (je connais personne dans ma ville, faire une procuration devient donc soudain plus compliqué), ceux qui s’en battent les steaks et les 3e, ceux qui se sont abstenus volontairement car ils estiment n’être plus dupes du cirque politique. Je vais abandonner les 2 premiers pour me concentrer sur ceux là.

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Dès lundi, ces gens se sont exprimés et en ont pris plein la gueule. Je ne suis pas forcément une grande supportrice de l’abstention, je m’étais déjà exprimée dessus il y a quelques années et quitte à faire un gros doigt à nos politiques adorés, je préfère le faire sans ambiguïté en votant blanc. Mais… En fait, je suis mal à l’aise parce que je comprends leurs arguments et ce sont les mêmes que les miens pour voter blanc. La différence entre nous ? Pas grand chose. Déjà, essayez de trouver le pourcentage de votes blancs au premier tour, c’est un exercice très parlant (2,4% selon Wikipedia). Même si je viens dire merde en personne, on ne compte les résultats que sur les suffrages exprimés donc pas le mien. Alors je voudrais pas relancer le débat pour une meilleure reconnaissance du vote blanc (enfin, si, mais c’est pas le sujet) mais au fond, j’ai la sensation aiguë que mon vote blanc et l’abstention “militante” sont les deux avatars d’un même message “arrêtez de nous prendre pour des lapereaux, bordel !” Mais du coup, pourquoi adjoindre à ces personnes de ne pas ouvrir leur mouille s’ils ont des choses à dire. J’ai lu quelques articles écrits par des abstentionnistes expliquant le pourquoi du comment. Certains étaient très maladroits, d’autres mieux ficelés. Tous accueillis dans une grande agressivité. Je ne me joindrai pas aux voix qui gueulent contre ceux qui seraient censés paver le chemin du FN : de un, c’est faux et de deux, qui suis-je pour ordonner aux adultes de faire ci ou ça. Chacun sa conscience.

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Mais surtout, je suis inquiète de voir qu’on se fout sur la gueule entre citoyens, agacés, lassés, dépités, voire même un peu désespérés, tandis qu’au-dessus, ceux qui nous gouvernent continuent à distribuer de la petite phrase qui fait mouche (ou pas), se bagarrer pour des broutilles, en oubliant justement ceux qui leur ont permis de faire leurs importants sur les plateaux télé. Aujourd’hui plus que jamais, je ressens une fracture, une séparation de plus en plus nette de la société civile vs nos chers politiques. Et, ça, ça me rend folle, bien plus que ceux qui ont décidé, dimanche, de ne pas aller voter.

PS : Oui, j’ai bien fait exprès de choisir des images de propagande anti communistes parce que, voyez vous, rien ne change…

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La drague,c’est nul

Entre deux dossiers, j’aime à glander sur YouTube histoire de me détendre un peu. Tiens, que me propose-t-on ? Petit ours brun… Ah oui, j’ai gardé Saturnin récemment et j’ai dû lui céder mon mobile. What else ? Ah tiens une vidéo de Norman feat Natoo et Andy sur la drague. Ahah oui, c’est drôle mais cette conclusion m’interpelle « j’aime pas draguer, la drague c’est nul ». Tiens…
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Alors oui, je suis d’accord. Pour moi, la drague n’est un truc cool que dans 2 cas : celui où tu sais avec certitude que ton petit jeu aboutira à quelque chose (ce qui n’arrive à peu près jamais même quand la metacommunication est sibylline) et celui où tu te remémores le petit jeu de séduction qui t’a permis de choper. Sinon la drague, c’est nul et ce pour plusieurs raisons.

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D’abord, la drague est une question de confiance en soi ou plutôt une remise en question de confiance en soi. Je ne vais pas parler ici des dragueurs de rue miteux qui n’ont pas pour but de conquérir une belle mais de prouver leur virilité en rappelant aux femmes que l’espace public ne leur appartient pas. Je parle de la drague de type « je trouve cette personne bien intéressante et jolie, j’aimerais bien partager une intimité avec elle », la drague à enjeu quoi. Souvent, le premier réflexe, c’est de se dire « il/elle est trop bien pour moi, laisse tomber« . Ce qui est d’une subjectivité totale, la personne en face se dit peut-être la même chose.  Mais voilà, draguer, c’est mettre son ego en jeu. Rien de grave dans l’absolu mais il y a des blessures d’ego qui peuvent finir par faire mal et nous pousser à arrêter le game. On passera donc en mode « tous et toutes des connards/connasses« . Alors qu’une personne peut refuser vos avances sans pour autant être associée automatiquement à la lie de l’humanité.

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Minute culturelle : la jonquille veut dire « je te désire ». Cette photo a un symbolisme surpuissant !

Et puis quand on drague, on manque parfois de subtilité. On cherche tellement à plaire qu’on se trouve très vite ridicule. Non mais qui n’a jamais vécu cette scène où on entre en interaction avec l’objet de son affection et à la fin de la conversation, on a envie de se donner des baffes tellement on s’est trouvé lourd-e, tarte… Cette sensation agaçante d’avoir ruiné toutes ses chances avec un rire forcé qui ferait passer le pire des psychopathes pour une personne tout à fait charmante, un humour aussi fin qu’un parpaing et d’ailleurs, la vanne, là, elle faisait pas un peu raciste ? La drague, c’est aussi ce moment terrible où tu as l’impression que l’autre ne te rend pas l’attirance mais que, par contre, il est allé parler à cette sale pétasse d’Anne-Laure… Forcément, quand on déballe la marchandise, hein… Oui, accessoirement la drague peut vite rendre agressif-ve

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Mais surtout, la drague, c’est nul parce que ce n’est pas l’histoire que l’on nous vend. Norman le dit « Je trouve ça nul de devoir forcer les choses ». Dans la plupart des contes de fées et comédies romantiques, l’amour cueille nos protagonistes, le sentiment est évident de  base. L’histoire ne sera jamais celle d’un mec ou d’une nana qui galère pour conquérir l’objet de son affection. La conquête consiste plus à surmonter quelques épreuves de type différences sociales, sorcière, dragon ou proie un peu lente à la détente mais jamais notre héros/héroïne ne dit non à la déclaration. Du coup, ne pas voir l’autre vous rendre immédiatement votre crush paraît difficilement concevable, une anomalie. Et ça rend l’histoire à raconter un peu moins intéressante…

“Dis Papa, comment tu l’as rencontrée maman ?

– Oh bah, c’était à une soirée où nous étions invités tous les deux. Dès qu’on s’est vus, on a su”.

Non, dès qu’on s’est vus, j’ai su mais elle non car elle était un peu bourrée et, accessoirement, elle était venue avec un mec qu’elle avait envie de butiner mais elle comprit un peu plus tard que ledit garçon s’intéressait plus au joli Aurélien qu’il ne lâcha plus de la soirée. Dépitée, elle se servit un autre mojito et fuma quelques cigarettes, beaucoup, parce qu’elle s’ennuyait. A un moment, elle a commencé à se sentir nauséeuse et après avoir fait des politesses à un garçon qui lui proposait de lui donner un cours photo, elle lui lâcha son mail pour pouvoir sortir de cet appartement avant de vomir. Ce n’est qu’au bout de quelques “cours photo” qu’elle se rendit compte que ce garçon était intéressant et qu’elle appréciait son amitié… Et qu’il fallait peut-être lui donner une chance. Lui ramait comme un fou, passait des nuits sur le web à trouver une idée géniale de lieu pour son prochain “cours photo”, il s’est cru friendzoné plusieurs fois mais il s’accrocha, on ne savait jamais. Un peu loser mais finalement, à la fin, il obtint enfin sa belle. Un peu plus long comme histoire et pas forcément valorisant, surtout avec tous les doutes qui assaillent en permanence. Et si, au fond, elle ne voulait pas de moi ?

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Bref, la drague c’est nul car on nous raconte que l’amour, c’est un truc magique qui vous tombe dessus. Alors que,  non, c’est faux…

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La droite ou l’apprentissage de la rébellion

Je suis fascinée. En bien ou en mal, je ne suis pas sûre. Mais avez-vous seulement conscience de l’incroyable révolution que nous sommes en train de vivre. De mémoire de Nina, on n’avait jamais vu ça (mais ok, j’ai que 33 ans et je me souviens que peu de l’opposition au PACS, c’était peut-être aussi violent mais je crois pas). La droite découvre la révolution. Et ils y vont pas avec le dos de la cuillère.

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Je n’ai pas aimé le débat sur le mariage gay, pas du tout. Ca m’a rendu allergique à l’expression des idées quelles qu’elles soient, voyez vous car quand je lis des vomis de haine sur des pauvres individus qui n’ont pour seul “tort” (j’insiste sur les guillemets) que d’aimer une personne du même sexe qu’eux, ça me donne plutôt envie de pleurer. En tant que Bisounours en chef, je croyais qu’on avait dépassé le stade de l’homophobie en général (je ne pouvais nier la survivance de quelques abrutis arriérés), que l’on ne considérait plus les gays et lesbiennes en fonction de leur orientation sexuelle mais qu’on les considérait comme des individus. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse hiérarchiser les amours, qu’on trouve une union légitime et une autre non simplement en fonction du sexe des personnes concernées. Qu’on affirme qu’à priori, une personne sera forcément meilleur(e) père/mère de par ses préférences sexuelles. J’ai dû rater la découverte scientifique liant hétérosexualité et instinct paternel/maternel, sans doute. Bref, comprenez bien que les propos de cette droite estampillée “Manif pour tous”, “printemps français”(assez drôle quand on pense qu’il y a deux ans, ce terme était revendiqué par des indignés plutôt de gauche) et qui scande “on ne lâche rien”, me donnent la nausée. Mais à côté de ça, je ne peux m’empêcher de regarder les yeux grands ouverts leur apprentissage de la révolte et de la manifestation. Et comme tous les “convertis”, ils en font toujours trop.

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Traditionnellement, on associe la droite à l’ordre. Enfin, moi, en tout cas : les gens de droite que je connais ne manifestent pas. Les gens de gauche pas vraiment non plus remarque, je ne connais que peu de batteurs de pavés, maintenant que j’y pense… Ma tante m’avoua même un jour qu’elle avait manifesté comme une petite fille entraînée par les autres. Même si elle est de droite, elle est allée manifester pour protester contre les paroles indignes d’une élue UMP assimilant le mariage homo au mariage entre animaux. Oui, quand je vous dis que ce débat a généré beaucoup de propos classes et subtils… Bref, les gens de droite, c’est pas super leur truc de manifester. Lors du dernier gouvernement Jospin, les manifs étaient plus remplies de syndicalistes et de “gauchistes” que de fiers membres du RPR. Mais là, nos petits Charles-Henri et Marie-Bertille découvrent, héberlués, la révolte et ils y vont franco : provocation des forces de l’ordre, interpellations, dégradations des biens publics, appel à la violence. De vrais sauvageons, finalement.

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Evidemment, tout cela est très triste quant aux propos tenus, au déni de démocratie, aux parallèles historiques et géopolitiques plus que douteux (entre ceux qui hurlent à la dictature socialiste et qualifient un gosse de prisonnier politique et ceux qui se réjouissent que les militants d’Act up aient déjà le triangle rose pour les reconnaître plus vite), aux attaques physiques des plus minables fleurant bon le racisme et l’homophobie. Oui, faire défendre une loi élargissant le droit du mariage par une femme Noire, y en a qui ont eu beaucoup de mal. Les gens de droite qui se revendiquent de la manif pour tous, du printemps français, des veilleurs… apprennent dans la violence et la douleur ce que signifie être dans l’opposition, être la minorité parlementaire. Mais finalement, est-ce que ça ne démontre pas que l’opposition finit toujours par se réfugier dans l’agressivité et la bêtise la plus totale ? Pendant 15 ans, j’ai soufflé par le nez en lisant certains propos de mes amis de gauche sur la droite. Non que je ne tolère pas la critique, bien au contraire, mais la taille de Sarkozy ou l’identité de l’époux de Boutin ne sont et ne seront jamais un argument. Critiquer des projets de loi, des chiffres erronés, des distorsions des faits, oui. Balancer des Sarko facho (même si ça nous fait une jolie allitération) ou taguer des murs pour dire qu’on l’aime pas, non.  Quelque part, ça me rassure de voir que dans l’opposition quelle qu’elle soit, les réflexes sont souvent mauvais, qu’on se roule avec délectation dans la mauvaise foi, les non arguments, les propos délirants. La société change, la droite se rebelle. Bientôt, le gilet noué autour des épaules aura plus de sens que le béret étoilé de Che Guevarra. Ou pas !

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Peut-être qu’il ne peut y avoir d’intelligence dans un débat de société, au fond. Pas la plupart du temps, du moins.  Par contre, je rêve encore et toujours de balancer tous les petits cons qui gueulent au fascisme et à la dictature dans les pays reconnus pour leur manque total de liberté d’expression, histoire qu’ils prennent conscience des conneries qu’ils profèrent.

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Attend-on trop de l’associatif ?

Comment rencontrer des gens quand on débarque en ville sans amis ? Ben tiens, allons nous inscrire dans une association pour échanger avec des gens et faire des connaissances ! Oui mais voilà, des fois, l’associatif, ça marche pas.

associatif

Vendredi, je me me lève avec une étrange sensation, une sorte de tristesse. La veille, j’étais à la soirée de fin d’année de mon désormais ex club de plongée. Sans que je comprenne pourquoi, la mayonnaise n’a pas pris. J’ai beau être partie deux fois en week-end avec eux (à Némo et le week-end dernier à Marseille) et une semaine en Egypte, chaque relation cordiale créée se casse quasi instantanément. Jeudi soir, des tas de gens qui étaient avec moi en Egypte ou à Marseille ne m’ont juste pas captée. Idem pour Anaïs. On ne comprend pas. Pourtant, il y a des gens vraiment gentils dans ce club et certains y sont très impliqués mais ça fonctionne beaucoup en toutes petites cellules de 5, 6 individus.

marseille

De la même façon, fin mars, j’ai claqué la porte de ma chorale, excédée par l’ambiance épouvantable des cours. Pour vous situer le contexte : l’an dernier, nous avons eu une super chef de choeur qui a dû arrêter suite à un problème physique. Depuis, on a eu pas loin d’une demi douzaine de remplaçantes et ça n’allait jamais pour la présidente de l’association (perso, y en a qu’une que j’ai trouvé vraiment pas bien). En décembre ou janvier, elle me prend à part avant un cours pour me dire “Hiii, Marine revient la semaine prochaine, faut juste que je vire l’actuelle chef de choeur à la fin du cours mais chut, hein…” Sauf qu’on a été une bonne vingtaine à avoir été mis au courant avant le cours donc je vous dis pas la joie et la bonne humeur durant les 2h suivantes… Et tout ça pour rien vu qu’elle l’a finalement gardée. Sans être satisfaite de son travail, tout était tout le temps critiqué et les cours se déroulaient dans une tension palpable. Ces derniers temps, je fais des journées de tarée (j’ai réussi l’exploit de bosser 43h une semaine… de 4 jours en mai!), je refuse de subir ça dans mes loisirs. Je veux chanter pour me détendre, pas pour me reprendre une louchette de stress et d’agressivité à peine contenue. Je suis donc partie et je sais que je ne reverrai personne. Un peu de ma faute, je n’ai pas tout à fait fait l’effort d’aller vers les autres, je l’avoue. Mais jamais un pot n’a été organisé après les cours, tout le monde partait dans son coin. Peut-être ai-je été mal habituée par mon premier club de plongée où on allait tous boire un verre après l’entraînement, pas juste entre quelques uns en loucedé comme le club que je viens de quitter. Et un mec m’a raconté que si tu cherches à t’incruster, on te fait bien sentir que t’es pas trop le bienvenu…

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Bref, au delà de ces anecdotes, on se questionnait sur l’associatif avec Anaïs. Elle a gardé de très bonnes relations avec ses anciens camarades de théâtre mais le théâtre est peut-être plus impliquant. Je comprends, chacun sa vie, je ne le nie pas. Je comprends que certains courent rentrer chez eux retrouver leur famille, leur partenaire, leur chat, un lit douillet… Mais alors comment se faire des amis ? Hors du boulot, j’entends. Car l’amitié au boulot est toujours potentiellement compliquée, d’autres paramètres entrent en ligne de compte. Peut-être est-ce juste une question de chance ? J’ai gardé des amies et de bonnes relations dans mon premier club de plongée mais je ne sais pas ce qu’il se serait passé si j’étais arrivée là-bas à la rentrée 2013 vu que mes copines n’y seront plus pour la plupart.

sansamis

Je me lance dans de nouvelles activités l’an prochain. Si je pense ne pas me faire de copines au cours d’aquagym à la piscine d’une ville bourgeoise, peut-être que dans d’autres activités…
A suivre. Peut-être devrai-je aller plus vers les autres. Ou ne plus rien en attendre pour ne pas être déçue…

aquagym

PS : A propos d’activités, un gars m’a conseillé de faire de la batterie plutôt que des percussions car en terme de sonorités, c’est plus riche. Quelqu’un a un avis là dessus ?

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Reprogramme-toi

Il y a deux versions de moi : celle que je suis réellement et celle que j’aimerais être. Le problème étant que j’aimerais certaines qualités, ou plutôt certaines habitudes, que je n’ai pas. Chassez le naturel, il revient au galop, paraît-il. Et pourtant, tout n’est-il pas question de construction mentale ?

Jeu de contruction Briques

Pendant 27 ans, j’étais la pas sportive de service. Mais alors vraiment pas hors la marche à pieds (et encore…). A 33 ans, si je n’ai pas ma dose de sport, je me sens pas bien, je suis fatiguée, agressive voire même un peu déprimée. On ne peut pas dire qu’à la base, j’ai un naturel sportif, rien n’est moins vrai. C’est juste devenu une habitude, une heure ou deux où j’élimine mes toxines en laissant mon esprit vagabonder. La sueur a un effet bénéfique sur la plupart des problèmes. A défaut de les résoudre, il donne l’énergie de s’y attaquer.

wonder woman

La question est donc : ai-je toujours été sportive sans le savoir et je n’ai découvert que tard mon naturel ou ai-je reprogrammé ma personne pour devenir sportive ? Le terme programmation peut paraître barbare mais nous marchons pas mal comme une machine. Ainsi, si je change certaines données, je pourrais peut-être atteindre cet idéal de moi que j’ai…

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Par exemple : la bouffe. J’ai de mauvais réflexes, je noie mon ennui ou ma baisse de moral dans la bouffe, c’est la nourriture doudou. En gros, j’ai donné la valeur “réconfort” à la nourriture (plutôt la version grasse et/ou sucrée, les épinards n’ont pas du tout la vertu bienfaitrice d’une Haagen Dasz sur mon moral) et donc je fais un peu chier mon monde en pincant le bourrelet parce que mon régime n’est guère efficace. Enfin, non, en vrai, j’embête pas les gens avec ça, je me tripote le gras seule devant ma glace mais je n’en parle pas à mes amis, j’ai des sujets plus intéressants. Donc l’idée serait de remplacer la nourriture par autre chose. Je m’ennuie ? Ben j’ai qu’à lire et dormir plutôt que manger. Pas le moral ? Allez zou, un bain qui sent bon…

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En fait, la clé de la reprogrammation me paraît être un changement d’habitude. Revenons sur mon arrêt de la clope (avec ce que je me la raconte ici, j’ai intérêt à pas reprendre). Ce qui me semblait insurmontable au départ, c’était de me départir de mes habitudes. Or ma vie ayant connu un léger changement (à savoir aller chez l’infirmière tout les matins au lieu d’aller directement au travail), j’en ai profité pour jeter à la poubelle cette méchante habitude. De la même, si je veux donc allier deux de mes objectifs qui sont a) arrêter de mal manger et b) être plus productive, il suffit peut-être juste que je n’allume pas la télé, que je n’aille pas sur le net. Je rentre chez moi, dîner léger, douche et au lit avec ma tablette pour écrire. Par exemple. Ou si j’ai pas envie d’écrire, je peux aussi faire quelques activités manuelles. Car les activités manuelles m’occupent les mains et me donnent moins faim, figurez vous… Enfin, c’est juste que j’y pense pas.

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Et pour mon bordel ? Comment remplacer l’ennui total d’une séance de ménage par un truc moins… plus… Enfin, que je ferais sans faire trop la gueule, quoi… Une sorte de réflexe pavlovien qui me ferait ranger tout ce qui dépasse, briquer tout ce qui n’est pas impeccable et avec le sourire et le plaisir de sentir à la moindre occasion l’odeur du propre.

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La question est finalement : est-ce possible de se reprogrammer ainsi ? De se programmer tout court dirais-je ? Faudrait que je tente en premier sur la bouffe, ça me paraît le plus facile et le plus profitable pour moi. Viendra ensuite ma transformation en Monica Geller. Surtout que si je mincis, faudra bien que j’achète de nouvelles fringues, hein… Et à la fin, on s’attaquera au pire problème de ma vie, ma presque malédiction (j’aime exagérer) : le snoozing.

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A moins que ce soit justement par là que je dois commencer pour que tout me paraisse plus facile ? On verra ça à mon retour d’Egypte. Car oui, je vous ai peut-être pas dit, mais la semaine prochaine, je vais plonger en Egypte. J’essaie de vous préparer des articles mais ma vie actuelle me permet mal d’écrire à ma guise. Mais je vais essayer promis !

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Radio potins

Je vous l’ai dit hier, y a 10 jours, j’étais en séminaire. Soirée dansante, on s’amuse, on rigole, ça se frotte un peu. Sauf qu’il y a frotti frotta mignon et frotti frotta “heu… Prenez une chambre, là…”. Alors forcément, quand les corps s’effleurent de façon suspecte, radio potins se met en marche.

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Déjà, vendredi soir, en retournant dans ma chambre à 2h30, je retrouve Caroline aka collègue chouchoute avec qui on analyse régulièrement ce qu’il se passe dans l’agence. Je prends une douche rapide puis on décortique. “Ohlala, X et Y, c’était chaud, t’as vu ? Et Z et W, ils sont ensemble, non ? Ils se cachent pas de toute façon !”. Lundi à la cantine, radio Potins repart à fond les ballons pour les absents du séminaire. Bilan : on a deux couples officiels dans l’agence, des suspicions d’attouchements dans le secret des chambres d’hôtel, quelques suspicions assez délirantes et très certainement fausses. Peu importe le vrai du faux, je vais pas investiguer non plus (surtout que ce ne sont pas des personnes particulièrement proches de moi. Voire des “heu… bidule ? Non, je vois pas du tout qui c’est… Aaaaah lui! Ah si, si, je pensais juste qu’il s’appelait Machin”. Je suis parfois un peu nulle au jeu du qui est qui). Si je ne suis pas directement impliquée, je me fiche un peu de ce qu’il se passe dans la chambre à coucher des employés de ma boîte. Mais il n’en reste pas moins que la rumeur, le potin, reste vraiment un liant social des plus intéressants.

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J’ai fréquenté plusieurs boîtes dans ma longue carrière (ouais, j’ai passé les 6 ans, pif paf !) et Dieu seul sait que les rumeurs sont un composant essentiel des relations entre collègues. Pas seulement pour les histoires de fesses, d’ailleurs, on aime se parler de qui a dit du mal de qui, qui est sur la sellette… Je me souviens de la terrible histoire de la gifle chez TGGP. Une femme arrivée peu de temps avant a été licenciée en période d’essai. Rien de bien incroyable en soi sauf qu’il se disait que son licenciement était lié à une altercation avec l’éditrice de TMF et qu’il y aurait même eu tentative de gifle sur l’employée désormais indésirable. Evidemment, la rumeur a gonflé, la baffe était devenue réelle. J’ai eu enfin le fin mot de l’histoire par l’éditrice censément agressée qui nia l’histoire de la baffe (mais l’altercation au sujet d’une place de parking était, elle, bien réelle. Un emploi tient parfois à peu de choses). On se partage les rumeurs échangés à voix basse à la cantine, à la pause clope ou à la machine à café, penchés les uns vers les autres tels des conspirateurs. Parce que savoir (ou penser savoir), c’est le pouvoir. C’est montrer qu’on est bien placés, qu’on connaît les bonnes personnes.

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Puis je suis pas dégueulasse en captage de trucs. En fait, je suis redoutable. Planquée derrière mon écran, isolée du monde par mes écouteurs, on ne se méfie pas de moi. Sauf que parfois, mes écouteurs ne diffusent aucune musique et mes lunettes me permettent de bien voir. Je remarque les malaises ou les regards de connivence. Je cerne les approximations dans les discours, les procrastinateurs agitant des bras pour mimer la suractivité, ceux qui utilisent l’agressivité ou une autorité excessive pour masquer un manque de confiance en leur capacité. Ceux qui sont curieusement très proches et ceux qui ne le sont soudainement plus.

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Et ça papote. Tu crois que… Noooooon ! Evidemment, ça tourne surtout autour des histoires de fesses qui font ricaner à la cantine. Parce que tu comprends, Bidule, il est peut-être marié mais t’as vu comment il reluque Machine ? T’as vu comme ils se sont pas quittés durant la soirée du CE ? Ca veut bien dire ce que ça veut dire hin hin hin ! Souvent, Radio Potin imagine des histoires qui n’existent pas et je dirais “heureusement”. Si toutes les coucheries supposées étaient bien réelles, on n’aurait plus le temps de bosser dans cette boîte !

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Le métro rend (vraiment très) con

Depuis un an, je me rends au travail à pieds. Ne serait la plongée, la chorale et ma vie sociale débordante, je pourrais ne pas prendre le métro… Pas de bol pour moi, hélas, je m’entasse régulièrement dans des wagons surpeuplés et bruyants. Or comme je le prends quand même moins qu’avant, l’incivilité et la crétinerie de la plupart des passagers me donnent envie de frapper et fort.

Le ballet des montées et descentes

C’est la situation type où le passager crétin surgit. Tu ne sais pas s’il va monter, descendre ou s’accrocher comme une moule à son rocher à la barre centrale pour pas céder sa place dans la rame. Place debout, hein. D’un côté, nous avons donc ceux qui descendent, le passager crétin est rarement parmi eux vu que leur seule activité consiste à quitter la rame au plus vite. Mais parfois, en pleine heure de pointe, l’un d’eux se laisse aller à une douce rêverie et réalise soudain qu’il est à sa station. Il bondit de son siège (le rêveur étourdi est généralement assis) et bouscule ceux qui tentent de de faire une petite place parmi la foule.

Mais le passager crétin est généralement sur le quai et je suis excessivement généreuse quand j’utilise le singulier. Sur les quais symbolisant les portes du métro, il est facile à reconnaitre : c’est celui qui se pose bien en plein milieu. Le passager crétin ne connait absolument pas le principe des vases communicants : il est plus facile de monter dans un métro bondé quand on en a laissé descendre quelques passagers. Non lui, il veut monter quoi qu’il arrive. Il lance aux autres un regard de défi, son attitude transpire l’agressivité : il sera le premier dans la rame, point. Quand le métro arrive à quai, il s’agite, n’hésitera pas à se poser pile devant vous et à bousculer ceux qui descendent. Pourquoi ? Par peur de rater le métro, de ne pas pouvoir rentrer dedans ou il a vu quelqu’un quitter une place assise et il la veut. Comme la fille observée la semaine dernière : cheveux long, sanglée dans un trench, téléphone à l’oreille, elle a bousculé tout le monde pour poser son cul sur la dernière place assise dispo. Et est descendue 2 stations plus loin.

Les places assises parlons en, elles sont un révélateur parfait de passager crétin.

Je poserai mon cul, point

Prenez le métro au départ d’une ligne vous permet d’observer un spectacle amusant : quand la rame arrive à quai, les passagers sont sur le qui-vive. Ils ont beau avoir un métro entier pour eux, dès qu’ils pénètrent dans le wagon, ils se dispersent dans tous les sens telles des abeilles dans une ruche dans le but de trouver une place a/assise, b/dans le sens de la marche et c/ sans personne à côté. Cette place libre à côté est particulièrement prisée par les femmes qui y disposeront leur sac et soupireront très fort quand un importun osera lui demander de le pousser. Etre assis est une lutte permanente dans le métro, c’est un ballet fascinant à observer. Dès qu’une personne assise quitte sa place, vous pouvez admirer divers protagonistes tenter de récupérer le siège, jouant au choix la carte du eye fight ou justement faire genre « je ne regarde personne afin que mon droit à m’asseoir ne soit pas contesté ». Si aucune place en dur n’est libre, il reste les strapontins, place chouchoute du passager crétin. Le strapontin, quand y a personne, c’est pratique sauf que malgré les dessins on ne peut plus clairs, passager crétin refuse d’admettre que non, déplier un strapontin aux heures de pointe n’est pas une option acceptable. Mais j’admire toujours un peu le culot de ce qui le font et persistent alors même qu’ils sont les seuls assis dessus, entourée d’une foule hostile qui leur jette des regards assassins et distribuent des coups de sacs au moindre mouvement de la rame (ça, c’est moi).

Mais le passager crétin assis ne s’illustre pas simplement dans sa volonté d’utiliser les strapontins quand il ne faut pas. Il est aussi remarquable dans son abnégation de l’autre. Et quand je dis l’autre, je parle des vieux, des estropiés et des femmes enceintes. C’est marqué qu’ils sont prioritaires mais peu importe : tout cul posé sur une place assise le restera jusqu’à destination. Je concède que parfois, parmi la foule, on peut ne pas voir celui qui mérite siège. Parfois, on tape un article de blog sur son iPhone et on ne regarde pas du tout autour de soi (genre moi en ce moment-même mais la rame est vide donc c’est pas grave, il reste plein de places assises). Mais le passager crétin, tu le voies bien qu’il fait mine de ne rien voir alors qu’il n’y a qu’une paire de gens debout dont un avec béquilles ou une sur le point de perdre les eaux. Ah et pour l’argument « mais pourquoi ils prennent le métro ceux là aussi ? », je répondrais qu’on n’a pas tous les moyens de prendre un taxi à chaque déplacement, qu’une patte cassée ou une grossesse vous permet quand même de sortir de chez vous et que, bordel, si on autorise les mauvais joueurs d’accordéon ou, pire, de violon, on va pas s’indigner pour un bidon rond ou un tibia en kit.

Mon métro, ma poubelle

Le passager crétin est aussi sale. Pas forcément d’un point de vue corporel (mais des fois si) mais niveau savoir vivre, c’est le néant absolu. Par exemple l’autre soir, je prends le métro (la 14 je crois) et que vois-je au sol ? Un trognon de maïs. Rah mais c’est dégueulasse ! Déjà que d’ordinaire, on se tape les canettes et autres bouteilles plastiques, là on part carrément dans l’organique. C’est juste crade et ça dépasse ma compréhension. Y a des poubelles sur tous les quais de métro, les rames ne sont pas faite pour qu’on se laisse aller à nos élans porcins bordel !

Et je renonce même à l’idée de m’indigner sur les usagers qui n’ont pas compris que l’escalator, c’est comme la route, tu restes à droite si tu ne comptes pas tracer.

Mais je ne peux m’empêcher de me poser la question : qui sont ces gens là ? Que nous veulent-ils ? Pourquoi font-ils ça ? Par étourderie ? Par anticonformisme ? Par QI proche de celui d’un mollusque neurasthénique ? Non, je comprends pas bien. Voire pas du tout. La vie serait tellement plus belle si tout le monde jouait le jeu de la civilité, dans le métro ou ailleurs.

Je songe à aller voir un psy pour guérir de mon bisounoursisme.

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