La discipline de l’écriture

Pour que la vie me soit plus douce et demain toujours un peu exaltant, j’aime avoir des projets. En ce moment, par exemple, je cuisine, je tricote, je couds. Un peu tous les jours, je vois le chemin se dessiner vers l’accomplissement de mon projet. Et je cherche à appliquer cette même discipline du “un peu tous les jours” à l’écriture, afin de réellement faire avancer mon aventure éditoriale. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Machine à écrire, papier et crayon, ambiance rétro

J’ai une obsession du chiffre et de la to do list. En début d’année, je m’étais fixée une liste de tâches quotidiennes à effectuer pour avoir une vie très réussie : écrire un article par jour (pour les vingtenaires mais aussi pour des projets annexes genre “Nina feels good”, le truc dont je parle tout le temps mais qui n’existe toujours que dans ma tête), faire mes exercices duolingo (faut que je m’y remette, j’y ai pas touché depuis mai, je crois), monter 20 étages par jour (oublié aussi alors que je les tenais), faire mes 10 000 pas, traqués par mon fidèle bracelet Jawbones… Et écrire 1500 mots par jour sur mes romans divers et variés. Beau programme, hein ? Autant vous dire que je n’ai jamais réussi à tout faire, essentiellement parce que pas mal de mon temps est occupé par mon travail, mon mec et des fois, je dors aussi. Si j’arrive à peu près à écrire pour nourrir ce blog, côté écriture de roman, ce fut un flop retentissant.

échec reine renversée sur un damier

J’envisageais alors l’écriture comme un sport, quelque chose à pratiquer de façon régulière pour parvenir à ses fins. J’ai beau adorer le sport, il y a des jours où, sur le coup, je n’ai pas forcément très envie de me lancer. Typiquement, la piscine. J’adore l’eau, j’adore nager, je pense que ceux qui me lisent depuis quelques années s’en sont bien rendus compte. Mais la piscine est froide, quand même (surtout quand on baisse la température de 1 degré pour faire des économies d’énergie. Pour nager, une eau pas si chaude est mieux mais pour y entrer, il faut faire preuve de courage et d’abnégation, voire d’un peu de folie) et leur sèche-cheveux pourris ne sèchent rien du tout, je vais choper la crève et je n’ai pas trop le temps d’y aller finalement… Bref, j’ai un bon gros chapelet d’excuse pour ne pas y aller, pour baigner dans ma démotivation. Et pourtant, une fois que j’y suis, que je sens l’eau glisser sur mon corps en plein effort, je suis contente d’y être allée. Du coup, pour l’écriture, ça doit fonctionner pareil, non ? Une fois le starter mis, ça devrait glisser tout seul.

ecrire au quotidien, une discipline - carnet page blanche et stylo

 

Mais est-ce une si bonne idée de se forcer à écrire ? L’idée de ce rythme pas si effréné était d’avancer dans le récit, quitte à reprendre plus tard pour relever le niveau les jours où j’ai écrit avec les pieds. Ca me rappelle une anecdote d’ailleurs. Quand j’étais en 4e, la prof nous avait demandé d’écrire un petit roman, j’ai déjà dû en parler trente fois sur ce blog, je crois. Si j’avais hérité d’un magnifique 16 (et ce même si je soupçonne la prof de s’être un peu moquée de moi quand elle a dit que mes dessins avaient un style… Sans mentir, c’était franchement laid mais dans le style très naïf et enfantin), quelques passages avaient été soulignés de rouge, la prof soupirant un peu d’une pauvreté soudaine de vocabulaire. C’était notamment le cas au moment où mes personnages entrent dans une chapelle secrète ou je ne sais plus quoi (j’avais 14 ans, je ne me souviens pas de tout) et la description ressemblait à peu près à ça “pia pia était pia pia était pia pia étaient pia pia était”. Oui, il devait y avoir une promo sur le verbe être le jour où j’ai écrit ça… Ou alors, j’ai écrit ça un jour de non inspiration mais où je n’avais pas le temps de niaiser car le rendu était proche. Et point de réécriture car j’ai tout écrit à la main (en 1994, je ne devais pas encore avoir d’ordinateur à la maison… Pourtant, je devais bien avoir une vieille machine à écrire, mmmm…j’étais peut-être juste maso). Bref : plus tu te forces, plus c’est atroce.

Jeune femme énervée froisse une feuille de papier devant son ordinateur

Oui ok mais du coup, on va abandonner direct le rêve éditorial parce que… Ben parce que mon emploi du temps, il s’en fout des bonnes vibes de mon inspiration. Il y a des jours où je crève d’envie, littéralement, d’écrire… Sauf que ça tombe comme de par hasard le jour où je suis blindée de taf, que j’ai une reco à rendre impérativement et que l’excuse “pardon de ne pas avoir tenu les délais mais j’avais besoin d’écrire”, ça ne fonctionne pas. Déjà que ces jours là, t’es limite obligé d’avaler un sandwich devant ton écran au lieu d’aller à la cantine pour prouver ton abnégation, hein… Donc si je veux écrire de façon régulière, je dois choisir d’écrire en fonction de mon temps libre plutôt que de mon inspiration, histoire d’être sûre d’avancer un tout petit peu ? Oui. Et j’ai même un nouveau jeu qui va me permettre d’y arriver, je vous raconte une prochaine fois…

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Laisse tomber, il est pris

Hier, je vous ai un peu parlé de la réaction typique que l’on a quand un homme nous annonce l’air de rien qu’il est déjà pris et que pour nous, c’est mort. J’ai conclu l’article en disant qu’il ne servait à rien d’insister mais sans dire pourquoi. Et bien voici pourquoi je dis ça, héhé.

Il est monogame fidèle

Donc notre beau Stéphane est en couple avec Grelucha que l’on déteste déjà et on sait que le jeune homme a des valeurs de fidélité et de monogamie. En gros, tant que Grelucha il y a, il n’y a rien à espérer. Mais telle une Pénélope du XXIe siècle, vous vous sentez obligée d’attendre car vous le sentez, Stéphane et Grelucha, ça ne durera pas. Vous avez même des preuves. D’abord, il n’en parle jamais puis tiens, il y a des soirs où il est dispo. D’ailleurs, à bien y réfléchir, ils ont pas l’air de beaucoup se voir. Vous traquez la moindre bribe d’information sur le couple qui occupe vos pensées et les transposez dans un tableau noir qui ne peut signifier qu’une chose : la rupture est proche.

Sauf que l’on a tendance à tordre les faits à l’infini pour leur donner la forme que l’on veut. Ce n’est pas parce que Stéphane ne s’enferme pas dans son couple et continue d’avoir une vie sociale que son couple est en péril. Et s’il ne vous parle pas de sa fiancée, c’est peut-être aussi car il a remarqué que vous en pinciez pour lui et qu’il ne veut pas vous faire de mal. Ou tout simplement qu’il est un garçon discret.

Il est en couple “libre”

Ls guillemets c’est parce que parfois (souvent ?), les hommes qui se disent en couple libre oublient de préciser que leur légitime moitié n’est pas du tout au courant de cet état de fait. Donc il est juste infidèle mais il ne veut pas le dire. Peu importe que Grelucha soit au courant ou pas de toute façon, la conclusion sera certainement la même : vous avez très peu de chance de l’emporter au Paradis. Eliminons d’emblée l’hypothèse d’un vrai couple libre : il ne quittera pas Grelucha pour vous puisqu’il peut vous avoir toutes les deux en toute quiétude.

Parlons plutôt d’un Stéphane infidèle, celui qui vous attendrira en vous parlant de toutes les difficultés qu’il rencontre avec Grelucha, qu’elle est psychorigide, frigide, méchante, impatiente, imbuvable… Bref, c’est une Tatie Danielle de 25 ans et il est tout malheureux. Il peut y avoir la variante Grelucha est cool mais au lit, quel ennui, la pauvre fille…Toute obnubilée par votre crush, vous vous jetez dans son lit avec enthousiasme,pensant que vos prouesses gymnastiques vont totalement conquérir Stéphane qui va larguer Grelucha en deux temps trois mouvements. D’ailleurs, il commence à vous roucouler de doux mots, vous dire que vous êtes merveilleuse et que vous le troublez. Mais. MAIS. Même si Stéphane vit un enfer avec sa légitime, il ne peut pas la quitter parce que tu comprends, c’est la St Valentin, son anniversaire, les vacances qu’ils ont déjà réservés, l’anniversaire de sa mère, Noël, là elle va pas bien pour trois mille raisons…Bref, ça n’en tiendrait qu’à lui, il serait déjà vôtre mais dans la vie, on fait pas toujours ce qu’on veut, tu sais.

Résultat : ça fait mal. Ce qui, dans l’article précédent, n’était qu’une blessure d’ego devient une blessure de coeur et là, c’est bien plus chiant à réparer. Sans parler de cette douce image que vous aurez de vous à base de “j’ai été trop conne, comment ai-je pu croire ce connard ?” Oui, hein, comment ? Mais tu sais, on peut parfois devenir des expertes es abnégation, quand on veut croire en cet amour qu’on désirait depuis longtemps. Enfin, quand je dis “amour”…

Alors je me répète : le Stéphane, s’il est en couple, évite d’y toucher ou sois consciente qu’il y a peu de chance qu’il devienne tien. Si t’es croc de lui, tu vas te faire du mal. Selon des statistiques occultes, seuls 5% des hommes en couple quittent Grelucha pour leur maîtresse. Et si tu es un homme, tu remplaces Stéphane par Stéphanie et ça marche aussi.

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Le métro rend (vraiment très) con

Depuis un an, je me rends au travail à pieds. Ne serait la plongée, la chorale et ma vie sociale débordante, je pourrais ne pas prendre le métro… Pas de bol pour moi, hélas, je m’entasse régulièrement dans des wagons surpeuplés et bruyants. Or comme je le prends quand même moins qu’avant, l’incivilité et la crétinerie de la plupart des passagers me donnent envie de frapper et fort.

Le ballet des montées et descentes

C’est la situation type où le passager crétin surgit. Tu ne sais pas s’il va monter, descendre ou s’accrocher comme une moule à son rocher à la barre centrale pour pas céder sa place dans la rame. Place debout, hein. D’un côté, nous avons donc ceux qui descendent, le passager crétin est rarement parmi eux vu que leur seule activité consiste à quitter la rame au plus vite. Mais parfois, en pleine heure de pointe, l’un d’eux se laisse aller à une douce rêverie et réalise soudain qu’il est à sa station. Il bondit de son siège (le rêveur étourdi est généralement assis) et bouscule ceux qui tentent de de faire une petite place parmi la foule.

Mais le passager crétin est généralement sur le quai et je suis excessivement généreuse quand j’utilise le singulier. Sur les quais symbolisant les portes du métro, il est facile à reconnaitre : c’est celui qui se pose bien en plein milieu. Le passager crétin ne connait absolument pas le principe des vases communicants : il est plus facile de monter dans un métro bondé quand on en a laissé descendre quelques passagers. Non lui, il veut monter quoi qu’il arrive. Il lance aux autres un regard de défi, son attitude transpire l’agressivité : il sera le premier dans la rame, point. Quand le métro arrive à quai, il s’agite, n’hésitera pas à se poser pile devant vous et à bousculer ceux qui descendent. Pourquoi ? Par peur de rater le métro, de ne pas pouvoir rentrer dedans ou il a vu quelqu’un quitter une place assise et il la veut. Comme la fille observée la semaine dernière : cheveux long, sanglée dans un trench, téléphone à l’oreille, elle a bousculé tout le monde pour poser son cul sur la dernière place assise dispo. Et est descendue 2 stations plus loin.

Les places assises parlons en, elles sont un révélateur parfait de passager crétin.

Je poserai mon cul, point

Prenez le métro au départ d’une ligne vous permet d’observer un spectacle amusant : quand la rame arrive à quai, les passagers sont sur le qui-vive. Ils ont beau avoir un métro entier pour eux, dès qu’ils pénètrent dans le wagon, ils se dispersent dans tous les sens telles des abeilles dans une ruche dans le but de trouver une place a/assise, b/dans le sens de la marche et c/ sans personne à côté. Cette place libre à côté est particulièrement prisée par les femmes qui y disposeront leur sac et soupireront très fort quand un importun osera lui demander de le pousser. Etre assis est une lutte permanente dans le métro, c’est un ballet fascinant à observer. Dès qu’une personne assise quitte sa place, vous pouvez admirer divers protagonistes tenter de récupérer le siège, jouant au choix la carte du eye fight ou justement faire genre « je ne regarde personne afin que mon droit à m’asseoir ne soit pas contesté ». Si aucune place en dur n’est libre, il reste les strapontins, place chouchoute du passager crétin. Le strapontin, quand y a personne, c’est pratique sauf que malgré les dessins on ne peut plus clairs, passager crétin refuse d’admettre que non, déplier un strapontin aux heures de pointe n’est pas une option acceptable. Mais j’admire toujours un peu le culot de ce qui le font et persistent alors même qu’ils sont les seuls assis dessus, entourée d’une foule hostile qui leur jette des regards assassins et distribuent des coups de sacs au moindre mouvement de la rame (ça, c’est moi).

Mais le passager crétin assis ne s’illustre pas simplement dans sa volonté d’utiliser les strapontins quand il ne faut pas. Il est aussi remarquable dans son abnégation de l’autre. Et quand je dis l’autre, je parle des vieux, des estropiés et des femmes enceintes. C’est marqué qu’ils sont prioritaires mais peu importe : tout cul posé sur une place assise le restera jusqu’à destination. Je concède que parfois, parmi la foule, on peut ne pas voir celui qui mérite siège. Parfois, on tape un article de blog sur son iPhone et on ne regarde pas du tout autour de soi (genre moi en ce moment-même mais la rame est vide donc c’est pas grave, il reste plein de places assises). Mais le passager crétin, tu le voies bien qu’il fait mine de ne rien voir alors qu’il n’y a qu’une paire de gens debout dont un avec béquilles ou une sur le point de perdre les eaux. Ah et pour l’argument « mais pourquoi ils prennent le métro ceux là aussi ? », je répondrais qu’on n’a pas tous les moyens de prendre un taxi à chaque déplacement, qu’une patte cassée ou une grossesse vous permet quand même de sortir de chez vous et que, bordel, si on autorise les mauvais joueurs d’accordéon ou, pire, de violon, on va pas s’indigner pour un bidon rond ou un tibia en kit.

Mon métro, ma poubelle

Le passager crétin est aussi sale. Pas forcément d’un point de vue corporel (mais des fois si) mais niveau savoir vivre, c’est le néant absolu. Par exemple l’autre soir, je prends le métro (la 14 je crois) et que vois-je au sol ? Un trognon de maïs. Rah mais c’est dégueulasse ! Déjà que d’ordinaire, on se tape les canettes et autres bouteilles plastiques, là on part carrément dans l’organique. C’est juste crade et ça dépasse ma compréhension. Y a des poubelles sur tous les quais de métro, les rames ne sont pas faite pour qu’on se laisse aller à nos élans porcins bordel !

Et je renonce même à l’idée de m’indigner sur les usagers qui n’ont pas compris que l’escalator, c’est comme la route, tu restes à droite si tu ne comptes pas tracer.

Mais je ne peux m’empêcher de me poser la question : qui sont ces gens là ? Que nous veulent-ils ? Pourquoi font-ils ça ? Par étourderie ? Par anticonformisme ? Par QI proche de celui d’un mollusque neurasthénique ? Non, je comprends pas bien. Voire pas du tout. La vie serait tellement plus belle si tout le monde jouait le jeu de la civilité, dans le métro ou ailleurs.

Je songe à aller voir un psy pour guérir de mon bisounoursisme.

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Tu veux pas t’asseoir sur les genoux de mon mec tant qu’on y est ?

Par PinkLady

(Et on accueille ici PinkLady que certains connaissent déjà sur son autre blog. Et pour les autres, comme d’hab, on est gentils et polis)

Je ne suis pas du genre jalouse possessive mais il y a des limites à ne pas dépasser, celles notamment de la bienséance et de la courtoisie. En somme, si tu veux draguer mon mec car il est beau, je peux comprendre mais évite de le faire sous mon nez.

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Jeudi soir, petite réunion entre gens de bonne compagnie pour un projet web perso. Sont présents dans la salle : Wannabe John John (c’est le pseudo de mon mec, longue histoire), un autre garçon, trois autres filles et moi. Parmi ces filles, une que j’aime très beaucoup et la « rivale », celle qui passe son temps à parler à WJJ dès que j’ai le dos tourné.
Soit un peu souvent parce que j’ai autre chose à faire que de le surveiller et qu’il aimerait pas ça. Et moi non plus. Appelons là Bouche car elle a une bouche pulpeuse et fait plein d’effets avec. La soirée commence en fait sans WJJ arrivé en retard. Quand il arrive, il dit bonjour à tout le monde et me gratifie d’un baiser et d’une étreinte. Ok, peut-être qu’elle a pas vu mais elle pourrait un peu remarquer que pendant la soirée, nos mains se sont un peu posées sur le dos et le bas des reins de l’autre. Bon ok, peut-être qu’elle a besoin d’aller chez l’ophtalmo réviser ses lunettes. Faudra que j’y aille avec elle, tiens, les miennes sont à réviser, on aura un tarif de groupe.

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Pour bien saisir la tension dramatique de la scène : je suis sur un canapé entre WJJ et la fille que j’aime très beaucoup, elle est pile en face de lui. Et toute la soirée, ce sont oeillades et jeux de bouche en veux-tu en voilà, des « han mais si t’as perdu tous les textos qu’on t’a envoyés, je vais te renvoyer les miens, hihihi! ». D’un certain côté, j’admire sa volonté et son abnégation car il n’était pas de très bonne humeur mon WJJ. Bon, je ne comprends pas bien de quoi ils parlent, je suis en plein assaut de drague geek et je n’en suis pas une. Enfin pas de ce niveau là, je comprends rien à leurs histoires de gestion de bases de données, de langage plein-de-lettres. Moi j’ai fait « heu oui alors je vais m’occuper de Facebook » parce que ça, je sais faire, et basta. 

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Sur le coup, je ne vous cache pas que ce petit jeu de séduction m’a légèrement agacée mais j’ai pris sur moi car je sais qu’il ne se passera rien entre WJJ et elle (parce que je l’ai expressément demandé, ok). Puis j’ai observé. Et c’était fascinant ses appels du pied, ces regards direct dans les yeux, les effets de bouche genre je gonfle un peu mes lèvres, l’absence quasi totale de l’existence de son petit copain (car il existe). Un incroyable cas d’école, un exemple vivant pour la sociologie et l’anthropologie de la drague. Dommage qu’elle se soit coupé les cheveux, on a raté le passage L’Oréal de la séduction. Par exemple, moi, c’est ce que je maitrise le mieux, jouer du cheveux et des cils mascarés pour signifier au monsieur à qui je
parle que j’ai envie qu’on fasse connaissance plus en profondeur… Mais dans son comportement, tant d’invitations, de propositions non dites. Et le pire, c’est que je sais que WJJ va me dire « non mais tu rêves, elle m’a pas draguée ». Je crois que WJJ n’a conscience d’être dragué que quand la fille s’allonge langoureusement nue sur ses genoux (hors strip teaseuse évidemment)

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Mais comme je suis une garce mesquine, le meilleur fut quand même la conclusion de cette petite réunion-sauterie. On repart tous les 3 vers le métro et comme WJJ ne partait pas dans le même sens que nous, il lui fait la bise… et vient tout naturellement m’embrasser et de façon peu discrète, on s’échange quelques mots sur notre rendez-vous du lendemain et
on se sépare. Ah la tête ! C’est aussi jouissif que des Shokobons qui seraient sans calories. On descend sur le quai dans un silence absolu et là, elle me demande : « Mais vous deux… c’est officiel comme relation ? ». Hé ouais, meuf même si on reste discret pour éviter les ragots et autres messes basses dans le groupe. Et là, comme par magie, son petit ami reprend consistance : « moi, mon mec, j’ai bien fait de le trouver ailleurs alors, hihi! ». Oui, hihi. 

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Bref, tout est bien qui finit bien, elle m’a rajoutée en amie sur Facebook, je suppose donc qu’elle a désormais intégré le fait que WJJ et moi sommes en couple. Retenons donc la leçon : j’aurais pu, lors de la soirée, faire un esclandre… Non, en vrai, j’aurais pas pu, c’était pas du tout dans l’ambiance. Je n’aurais pas pu non plus la coincer dans un coin en lui expliquant que WJJ est un peu avec moi alors qu’elle calme ses ardeurs en ma présence car ce n’est pas très respectueux pour moi. Et là, j’aurais commis sans doute une grosse erreur. En pissant symboliquement sur le WJJ qui n’a rien demandé à personne dans cette histoire, j’en aurais fait une sorte de trophée, un mec à conquérir absolument car il a un énorme panneau « pas touche » sur le front. Un peu comme un panier de pâtes d’amande en période de régime (je suis actuellement à la diète, ça se sent un peu, non ?). Plus l’interdit est fort, plus la tentation est grande. Or je n’ai rien fait, rien dit, je ne me suis pas vautrée sur ces genoux en mettant ma langue dans sa gorge pour dire subtilement « hé mais c’est bon, je le pratique déjà, trouve-t-en un autre! ». J’ai été cool, essentiellement car j’ai un super atout dans mon jeu : je fais confiance au jeune homme. Même si le fait de sembler passer pour le dindon de la farce aka celle qui voit son mec se faire draguer sous son nez ne m’a pas super ravie. En restant cool, je suis donc passée pour la copine sereine, celle qui ne doute pas. Non pas une rivale. Du coup, je pense qu’elle va naturellement se trouver une nouvelle cible.

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Quoi que je dis ça, samedi, elle lui a quand même bien tenu la jambe… 

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Femme des années 2010, femme jusqu’au bout du clitoris

 (Vanne aperçue sur Twitter mais je ne me souviens pas de l’auteur, désolée !)

Ces derniers temps,je ne sais pas pourquoi mais l’envie d’aller cramer mon soutien-gorge me démange. Peut-être parce que j’ai plus ou moins arrêté de fumer (j’ai une technique particulière, je vous dirai ça dans un prochain article) et que je ne sais plus quoi faire de mon briquet. Ou peut-être parce qu’en ses temps troublés où notre prochain est forcément un délinquant en puissance, surtout s’il a la peau noire, qu’on fait du mauvais communautarisme à outrance, qu’on nous répète à l’envi que c’est la crise, qu’on va tous crever, que la
guerre n’est plus très loin, le féminisme en prend aussi un sacré coup. Force est de constater que nous sommes dans une phase de repli réactionnaire. Elles sont loin les années 80 « working girl ». On a tué Angela Bower, là… D’ailleurs, pour découvrir l’étendue des dégâts, n’hésitez pas à aller faire un tour sur Vie de Meuf, édifiant.


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Mais revenons en au coeur de l’article, ce que je voulais dénoncer haut et fort, montrer du doigt et lapider virtuellement avec des mots. La version 2010 d’Etre une femme de Sardou. Alors avant d’aller plus loin dans l’article, mon honnêteté intellectuelle (ahem) me force à préciser que je déteste Michel Sardou et son réactionnisme puant. La première version d’Etre une femme me débectait (et dire que mon ex, Guillaume 1er, la chantait toujours en karaoké…), la seconde est encore pire. Je vous propose une petite analyse de texte et de clip. Oui, je vais regarder le clip une nouvelle fois pour toi, lecteur. Mon abnégation m’auto émeus.

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Bon, je vous passe l’intro façon Johnny d’un Sardou qui n’a plus 20 ans qui explique qu’il s’imagine être une femme, le tout en montant un escalier bordé de bonnasses nues. Okay… Donc là, il dit « le drame d’être une femme », gros plan sur une nana qui met du gloss. Alors déjà, je tiens à préciser que le maquillage est précisément un truc génial. J’adore me maquiller, ce sont mes 5 minutes totalement égoïstes de la journée. Puis si je réussis bien mon coup, je me trouve bien jolie, ça fait plaisir de bon matin. Bref, M. Sardou ne semble
pas aimer le gloss, passons. Là, on a droit à un chorus chiant sur musique techno où les nanas semblent littéralement jouir de leur féminité et Sardou fait d’étranges gestes avec les mains qui ne sont pas sans rappeler un bon pelotage de fesses en règle.

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Sardou se positionne comme un homme de son temps donc pour bien le souligner, on a droit à une image quasi subliminale d’iPad. Je ne vois pas bien pourquoi. Cependant, j’en veux un donc si à tout hasard, tu ne sais pas quoi faire de quelques centaines d’euros et que tu as envie de me faire plaisir, tu sais ce qu’il te reste à faire. Bref, ça commence fort avec une nana à moitié à poil qui s’habille, on apprend qu’on a plus besoin de ne rien revendiquer vu qu’on a tout obtenu. J’ai envie de dire HIN HIN HIN. Michel n’a pas l’air de connaître vie de meuf. Notre héroïne enfile tailleur et chaussures à talons, c’est une femme dominatrice, sûre d’elle. On apprend que la demoiselle est chef d’entreprise, qu’elle n’a pas besoin d’hommes. Elle mène sa boîte avec toute l’hystérie dont elle est capable en semblant insulter ses collaborateurs, une patronne dont on rêve tous… Mais elle n’en reste pas moins féminine puisqu’elle passe
chez le coiffeur et se maquille dans l’ascenseur. Débordée mais pas négligée, nous voici rassurés. Mais pas pour longtemps car cette (triste) vie est épuisante, elle ne regarde même plus la télé et se gave d’aspirine. Alors, juste, je m’interroge un peu sur cette histoire de télé, ça semble un peu dramatique que nous, femme des années 2010, ne regardions plus la télé. Il est sponsorisé par TF1 ? Bref, on continue. Refrain, orgasmes des choristes nues dans une ambiance à la limite du saphisme qu laisse Sardou globalement indifférent. Il n’a pas pris son viagra pépé ? A moins qu’il ne prenne des forces pour la « meilleure » partie de la chanson, celle qui parle d’amour. Accrochez vous à vos slips et vos culottes, c’est parti !

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Les femmes 2010 ne baisent plus. Voilà, c’est le drame. Elles essaient de choper du mâle jetable comme des salopes qu’elles sont mais le travail les rappelle à l’ordre et le monsieur dormira sur la béquille. Bref, la femme est débordée, tellemet qu’elle est toujours habillée pareil avec son chignon strict mais déjà, la faille pointe chez Superwoman, Michel le dit : on n’a pas le temps d’être nostalgiques mais dès que le premier cheveu blanc pointera, on va changer. D’ailleurs, notre demoiselle commence à tirer la gueule et paraît fatiguée.
D’ailleurs, Sardou nous explique que depuis les années 80, on a tout perdu et même pas gagné de salaire (il disait précisément l’inverse en début de chanson puisqu’on était censées avoir tout cequ’on revendiquait. Souffrerait-il d’Alzheimer ?). Il n’est pas content de cette évolution, Michel, il regarde en l’air d’un air exaspéré : ce qu’elles peuvent être connes, les femmes !

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Là, on sent que ça va basculer, l’héroïne prend une longue douche pour se détendre, on l’a vue tracassée dans la salle de bain. Non pas à cause d’un test de grossesse positif mais parce qu’elle se rend compte que sa vie, c’est de la merde. Même quand elle chante « Etre une femme », elle ne jouit plus. Heureusement, Michel nous comprends, il sait que « beaucoup en ont marre » et va nous donner la clé du bonheur. J’en frétille d’impatience. Là, je vous copie colle les paroles, c’est beau comme du Baudelaire : « il suffit de retrouver l’adresse du type gâché de leur jeunesse, un homme gentil qu’elles ont laissé au port des occasions manquées, refaire sa vie et pourquoi pas être une femme et belle à la fois. L’amour d’automne c’est encore mieux, laisser un homme faire ce qu’il veut et puis s’endormir contre lui et jeter les dossiers aux orties ». Notons que l’héroïne a les cheveux désormais détachés. Bon, là, j’ai envie de hurler. PUTAIN BORDEL DE MERDE ! Ca veut dire quoi ? Qu’une femme qui s’accomplit par elle-même est forcément dans le faux ? Elle doit forcément se trouver un mec et plaquer sa vie professionnelle pour être heureuse ? Vraiment ? Bon, fin du clip, les 4 demoiselles chantent nues les unes contre les autres, Sardou s’en va. Moi, je pleure de désespoir. On en est encore là.

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Alors, okayyy, Sardou, c’est Sardou, c’est normal. Mais ça me rend dingue ! Ca paraît vraiment à ce point inconcevable d’imaginer une femme qui a une vie professionnelle intense et satisfaisante et une vie privée tout aussi chouette ? On est soit mère au foyer sans ambition soit malheureuse ? Vraiment ? Je ne vous referai pas le laïus sur la maternité, il n’en parle pas, ceci dit. Et ce qui me déprime le plus, c’est que des femmes, oui, des femmes, se reconnaissent parfaitement dans cette chanson. Moi pas. Je bosse la journée sans aboyer sur mes collaborateurs (bon, faut dire que je suis pas la chef non plus), je sors le soir et si je ramène un homme chez moi, c’est pas un coup de fil qui va m’empêcher de conclure (mais je la soupçonne d’avoir fait la vieille technique du coup de fil urgent pour se débarrasser de l’importun), oh que non. Et je ne change pas de mec tous les soirs non plus, il m’arrive d’avoir des relations suivies. Au passage, j’aimerais savoir comment la fille de la chanson peut se trouver tant de coups d’un soir vu qu’elle est débordée. Chez le coiffeur ou elle couche avec ses employés ? Et bah bravo ! Personnellement, je ne me reconnais pas dans cette loseuse qui ne
cherche finalement qu’un mari pour apprendre à respirer. Supeeeer.

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Et puis les choristes au bord de l’orgasme et nues, faudra m’expliquer quand même. Pour ceux qui n’ont pas vu le clip, je les invite à le trouver tout seul, j’ai pas envie de le diffuser ici.

PS : Oui, je suis très fière d’avoir fait tout un article sans poster une seule fois la photo de Sardou.

 

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Bac+8 ? Oh on va te payer au smic

J’ai une copine qui a fait de looooongues études pour devenir docteur es histoire. On appelle ça communément une thèse. Mais ce n’est pas tout, elle est également normalienne et agrégée. En somme une fille qui entre dans la vie professionnelle avec une grosse valise Vuitton. Du moins le croit-on.

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Après avoir passé 2 ans à New-York pour sa thèse, il est temps de rentrer en France pour devenir professeur. Dans mon monde parfait, l’agrégation me paraissait être un sacré ticket pour enseigner à la fac mais en fait non, ça te garantit normalement de ne pas enseigner au collège. Donc notre amie thésarde regarde son affectation et après avoir hérité d’un lycée dans une ville réputée difficile, elle hérite finalement d’un poste moisi à mi-temps ou un truc du genre (je ne suis pas très au fait, je ne suis pas dans l’enseignement). Salaire mensuel ? 1100 €.

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Je précise que la scène se passe en région parisienne, le pays où les studios se louent 600 à 700 €. Donc si on enlève le loyer, l’électricité et la bouffe plus un quelconque moyen de communication, la demoiselle devrait finir le mois avec à peu près – 300 € sur le compte. J’exagère ? Pas si sûr ! Oh, je sais, des gens au smic, au vrai, y en a plein alors je vais pas la jouer misérabiliste pour la petite prof de lycée. Certes. Sauf que là n’était pas tant mon propos.

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Je l’ai déjà dit plusieurs fois, en France, on a un vrai problème avec nos études. J’avais un jour lu un article passionnant expliquant qu’il y a 50 ans, la différence se faisait au brevet des collèges, y a 30 ans au bac (avant 68, seuls 20% des candidats avaient leur bac), aujourd’hui, c’est à bac+2. Ben oui, vu qu’on doit atteindre 80% des candidats ayant leur bac, c’est du bradé. Surtout qu’il faut s’aligner sur les moyennes nationales. Quand Lucie bossait dans les Antilles, elle avait eu des copies catastrophiques, elle les avait notées à leur juste valeur. Non, ça n’allait pas, les notes étaient trop basses. Du coup, les notes ont été relevées et des candidats qui ne méritaient sans doute pas leur bac l’ont finalement eu. Pour ce que ça sert le bac, de toute façon… Je me souviens il y a 12 ans (pan! dans ma gueule au passage), quand je passais le bac, mes parents m’avaient bien saoulée sur l’importance d’une mention. Ben là, avec le recul, ça me donne envie de m’en taper les cuisses de rire. Ma mention au bac, elle m’a servi à demi crâner en 1ère année de fac et sur mon CV pendant quelques années. Depuis, ma « formation » débute direct à la maîtrise d’histoire, j’ai plus la place de détailler ce qu’il s’est passé avant. Je digresse, pardon.

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Mais la réalité  est bien triste. Un bac+8, c’est quand même pas à la portée de tous et selon les disciplines, avec un tel niveau, tu te fais un joli petit salaire. Mérité, hein, tant d’abnégation, de volontarisme, ça doit se payer, c’est normal. Sauf qu’en France, je l’ai déjà dit mais j’adore me répéter, les filières littéraires, on s’en tamponne franchement le cocotier, surtout l’histoire géo, on sait bien que ça sert à rien. Je suis sans doute partiale dans cette histoire mais ça me fout vraiment en colère. A quoi ça sert de faire de longues (et brillantes) études si c’est pour se retrouver avec un salaire aussi bas ? La prime au mérite, ça ne vous dit rien ? Oui, c’est vrai, c’est son premier poste de titulaire alors on peut comprendre que le salaire ne soit pas à hauteur de 3000 € mais il ne me semble pas que médecins ou pharmaciens ou chercheurs en science débutent au smic.

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Et quelque part, ça m’écoeure, j’ai la sensation d’un « tout ça pour ça ». On sait que certaines voies sont bouchées et que les choisir est synonyme de parcours du combattant.Quand, après mon bac avec mention, j’ai choisi la voie Histoire au lieu de tenter Science Po ou même droit, mes parents étaient un peu sceptiques. A tort ou à raison, mes fréquentations science-politologues m’ont un peu prouvé que Science Po (du moins Toulouse, je ne sais pas les autres), ça ne sert pas à grand chose avant le niveau master, ce n’est qu’une bonne
prépa pour les concours : tu apprends un peu de tout sans te spécialiser sur rien. Bien sûr, ça m’aurait plu vu que je suis une vraie pique-assiette de la connaissance et que j’ai toujours envie d’apprendre de nouveaux trucs. Mais bon, c’est un peu pareil, quelle que soit la filière choisie, sans master, tu peux pas faire grand chose à part passer des concours. Mais normalement, les longues études marchent par écrémage, un peu l’inverse du Cid « Nous partêmes 5000 mais par de vils partiels, nous nous vîmes 30 en arrivant en master » (ça ne rime pas mais oh, je suis pas dramaturge en alexandrin, moi, j’ai pas fait les études pour). Faire donc une thèse, quelle que soit la matière, ce n’est pas donné à tout le monde, faut être bosseur et super opiniâtre. Parfois, j’aime imaginer qu’un jour, je ferai une thèse parce que j’ai adoré faire de la recherche mais avant la retraite, reprendre des études, ça me paraît un peu mal barré. C’est con, j’ai 150 000 idées de sujets de mémoire. OU alors j’apprends à ne dormir que 3h par nuit sans être fatiguée et je demande à quelqu’un de me mettre un verrou parental sur yahoo! jeux. Bref donc une thésarde agrégée, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et je ne trouve pas ça normal de se retrouver dans une telle situation après de telles études, surtout dans la fonction
publique. 

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Parce qu’à l’arrivée, on se demande bien à quoi ça sert d’être un « cerveau » (le guillemet, c’est pour l’expression comme dans « fuite des cerveaux », je ne remets pas du tout en cause les capacités intellectuelles de ma copine). On n’arrête pas de pleurer sur la fameuse fuite des cerveaux, justement, mais on ne fait rien pour les retenir. Surtout les littéraires… Non parce que c’est quoi la morale de cette histoire ? Que t’aies un CAPES passé avec une licence (ce qui n’est plus possible aujourd’hui mais ça l’était jusqu’à peu) ou une agrégation avec une thèse, c’est la totale égalité des chances, prie pour que le hasard soit clément avec toi ? Mais merde, l’égalité des chances, c’est pas à ce niveau qu’elle intervient, bande de buses. Limite, ça donne l’impression d’une course de F1 où ma pote conduit une McLaren et qu’en face, y a des Lotus, tu fais ta course, tu surclasses la concurrence masi pas de bol, à la fin, y a un tirage au sort et c’est ce seul résultat qui compte. Alors, c’est quoi le message ? Ca ne sert à rien de faire des études ? Remarque c’est pas faux, vu comme l’intelligence et la culture me paraissent être limite une offense aujourd’hui, un défaut… Mais le souci, c’est que moins on fait d’études, plus vite on grossit les chiffres du chômage, c’est pas très bon non plus, ça.

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Bref, tout ça pour dire que je suis écoeurée, que ça m’énerve profondément et comme j’ai un peu arrêté de fumer, je suis un peu très tranchée surla question. Mais merde, dans une prochaine vie, je me contenterai d’un BEP. Je gagnerai pas plus mais je le gagnerai plus jeune.

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Donner un sens à sa vie

Par LucasMercredi dernier j’ai diné avec mes parents dans un très bon restaurant chinois, référencé par le guide Michelin (oui, il y avait deux « baguettes »… Bon OK j’arrête l’humour de merde.)
Ce qui est intéressant c’est que nous sommes allés là bas parce que mon père voulait fêter un truc.
Ce jour là, cela faisait 30 ans qu’il s’était installé à N’enterre Pas Tes Rêves, en tant que médecin spécialiste.
Ma sœur et moi on lui a donc demandé ce à quoi il rêvait à 30 ans, il y a 30 ans…

Mon père est issu d’un monde ouvrier.
Il s’est construit lui-même. Mais il a eu la chance de croiser des gens motivants.
Intelligent, bucheur, il a d’abord eu un prof qui l’a poussé vers un lycée généraliste puis plus tard il a croisé deux personnes qui sont devenues des amis et qui lui ont donné des outils (bouquins, auteurs, réflexions) pour mieux comprendre le monde et vivre mieux.

Mon père, fondateur des Jeunesses Communistes à Bagneux à l’age de 12 ans, puis militant au PC jusqu’à 30 ans, a voté Sarko aux dernières élections.

En fait, aujourd’hui, la seule conviction qui l’anime c’est vouloir être heureux et en phase avec sa vision de la vie.
Et pour répondre à cette demande, Sarko lui a paru plus en accord avec les impératifs de la société moderne qu’un PS, sclérosé, archaïque et à coté de la plaque.

Qui lui en voudrait ?
Qui lui en voudra ?

Pire, ne peut on pousser la logique plus loin et dire que tout communiste est un égoïste qui s’ignore car dans tout communiste c’est le fait d’utiliser la collectivité pour améliorer son sort personnel qui prime… (OK, je vais un peu loin. Certes, il y a des gens bienveilllants et généreux. Mais rappelez vous l’échec de Owen avec ses collectivités… C’est un peu déprimant tout de même.)

Mais au-delà de tout ça, et pour revenir au sujet qui était « ce à quoi rêvait mon paternel à 30 ans », ce qui nous a étonné, ma sœur et moi, c’est que cette question, sur le sens à donner son existence, est restée en suspension. Mon père n’avait plus de rêves à 30 ans, plus d’idéal.

Pourquoi se lever le matin et « faire l’effort de » ?
Comment se coucher le soir et être serein ?
Pour quelle raisons faire des efforts ?

Dans sa réponse, il a donc eu un pragmatisme effrayant.

Quand on a un boulot passionnant, des revenus importants, qu’on bosse 15 heures par jour, ce qu’on cherche c’est tout bonnement à ne pas être triste ou anxieux.
Je ne dis pas que mon père se noie dans le travail pour éviter de penser à des choses qui pourraient le soucier.
Je dis qu’il se noie dans le boulot parce que (je résume, bien sûr) il y trouve un réconfort intellectuel et des revenus importants qui lui permettent ensuite le week end de faire ce que bon lui semble et offrir à sa famille un cadre de vie adéquat.

Exit Mère Teresa, exit les bons samaritains, exit toute cette hypocrisie chrétienne de l’aide de ton prochain. (mais d’ailleurs, la plupart des mémés croyantes qui vont à l’église ne le font-elles pas uniquement pour être accueillies au paradis ? N’y a-t-il pas une malhonnêteté intrinsèque et essentielle dans cet abonnement à la messe en vue d’être bien vue de Dieu et obtenir son F2 au paradis ?)

Pour autant je pense à Nina qui a serré les dents avant de trouver un boulot qui lui plaise vraiment. Je pense à un copain qui a eu le courage de se lancer dans un domaine passionnant (le cinéma) et d’en baver le temps nécessaire avant d’être reconnu pour ses qualités. Belle preuve d’abnégation.

Mais je pense surtout à une amie.

Une nana brillante, un caractère bien trempé, une personnalité incroyable.
Pour tout vous dire alors que j’étais dans mon coma, j’ai rêvé à deux reprises que j’allais chez ses parents pour la demander en mariage.
Aujourd’hui, Aphrodite est avocate dans un cabinet prestigieux.
Mais il y a encore quelques années, dans des moments de tristesse ou de doute, elle parlait de lâcher le Droit, d’être infirmière pour donner un peu de sens à sa vie…
Parfois, je pense à elle et je me demande :

« Est-elle heureuse aujourd’hui ? A-t-elle trouvé une réponse ? Un quotidien qui l’empêche de penser à l’absurdité de tout ça…  »

On en revient toujours à Camus et le Mythe de Sisyphe.

Alors…
Que penser ?
A quoi bon vouloir chercher une raison d’être et exister ?
Faut-il vivre sans se poser de questions histoire d’être serein ?

Si vous avez des remarques, elles sont les bienvenues.

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Mais comment trouver un appart ?

Prendre la décision de changer d’appart, c’est bien mais ça ne suffit pas. Les agents immobiliers qui gavent ma boîte aux lettres ne veulent que me vendre des apparts mais jamais m’en louer. Déjà, avant de chercher, il faut savoir ce que l’on veut, on a globalement deux voies royales.

A- L’agence immobilière

Premier réflexe. On se rend chez M. l’agent immobilier et il nous propose ce qu’il a en catalogue. Ca, en théorie. Parce qu’en pratique, les agences immobilières sont taquines, instants vécus. Un lundi, je gagne un RTT car on déménage nos bureaux donc je me dis que je vais en profiter pour me rendre à Lavande sur Seine, ma plausible future ville. Déjà, penser que toutes les agences immobilières sont ouvertes le lundi, c’est plus de l’optimisme, c’est de l’abnégation. Quant aux autres, faut dire ce qui est, la location, ça ne les intéresse pas. D’ailleurs, ils n’en proposent même pas « ah, pour ça, faut aller dans notre agence sur Paris 8e ». Ah bah oui pour louer un appart en banlieue, j’aurais forcément pensé à faire les agences dans un des quartiers les plus chers de la capitale.

Quoi qu’il en soit, la location, c’est un peu leur argent de poche donc gagner de 500 à 800 euros sur mon dos, ça ne les passionne pas. J’ai même vu 1000 euros de frais d’agence pour un appart à 690 euros ttc, je pense qu’on peut appeler ça du foutage de gueule.

B- Le propriétaire

De prime abord, ça paraît la solution idéale car pécuniairement plus intéressant. En effet, qui dit proprio dit pas de frais d’agences immobilières. Tout est basé sur la confiance mais nous sommes entre adultes, non ? Ben non. Pour ceux qui lisent ce blog depuis longtemps, vous connaissez mes mésaventures avec feu mon proprio puisqu’il est mort depuis. En janvier 2006, dégât des eaux chez moi, il me laisse le soin de contacter un plombier, je vais les travaux, lui envoie la note et… « non, vous vous êtes faite arnaquer, je
paie pas ». Rien du tout, 800 euros de ma poche. Après tout, je pouvais attendre qu’il valide le devis avant d’entreprendre les travaux, vivre dans une odeur de vase et l’humidité en plein mois de janvier, je suis vraiment une chochotte de pas avoir tenté le coup. Donc l’avantage de l’agence, c’est que normalement (ahem) ils sont réglos et gèrent ce genre de problème. Quand j’ai eu un souci de plomberie à Toulouse, je n’ai pas eu à débourser un rond de ma poche.

Par ailleurs, le problème majeur des proprios, c’est qu’ils demandent parfois des pièces justificatives hallucinantes. Mars 2005, je suis sur Paris pour quelques jours pour me trouver un appart. L’un d’eux me plaît donc la proprio me fait venir chez elle à Montrouge pour que je lui apporte tous les papiers. Etant étudiante, tous les papiers, ça veut dire ceux de mon père. Je précise pour ceux qui ne savent pas que mon père est médecin spécialiste libéral et a en plus un mi-temps au CHU de ma ville natale. Déclaration de revenus, bulletins de salaire de l’hôpital… Et là, la nana me fait : « vous avez le contrat de travail de votre père à l’hôpital ? ». Heu… Mais il est libéral avant tout quand même donc non, j’ai pas. « Vous avez une attestation de banque comme quoi votre père n’a jamais été à découvert ? » Non et j’ai pas son test d’urine non plus. Je sais que parfois, les propriétaires ont des mésaventures avec des locataires mais là, mon père a quand même une bonne profession, faudrait voir à ne pas exagérer. Evidemment, je n’ai pas eu cet appart là, mon père
aurait pu être à découvert une fois dans sa vie, je n’ai pu prouver le contraire.

Bref, au vu de ma mésaventure avec mon proprio, je décide donc de passer par agence cette fois ci mais je regarde aussi les annonces de particuliers. Après tout, aucune solution n’est idéale et c’est finalement qu’une question de chance. On risque autant de tomber sur un proprio connard que sur une agence jemenfoutiste… Ou alors, je vais jouer au loto et me l’acheter direct, mon appart.

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La liste de l’été parce que oui, c’est l’été

(attention, liste un peu olé olé, réservé à un public à peu près averti. Hein, les jeunes ?)

– J’ai traîné ma maladie toute la semaine, surtout la toux qui n’en finissait pas. J’ai eu des fantastiques quinte de toux qui n’en finissait pas. Je crois même que j’ai effrayé une vieille dame dans le train (bon, faut dire que j’arrivais plus à reprendre mon souffle et à la fin, on avait l’impression que j’allais en vomir). C’est très gênant quand je suis au boulot, exemple:

« Nina, tu peux faire ça. – Oui, tu m’en dis keuf keuf plus – Alors (keuf keuf) il faudrait (keuf keuf keuf) que tu fasses (KEUF KEUF KEUF KEUF) – Pardon, tu peux répéter la
fin ? ». Et après, je partais en courant boire pour essayer de faire passer ça alors que mes yeux pleurent. Dans la nuit de jeudi, je m’étouffais tellement que j’ai fini par sucer un
glaçon. Pas mal comme solution.

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– Quand je suis malade, je suis un poil agressive quand même. Mardi matin, dans les couloirs du métro. Je me prends les tapeurs habituels, les mecs qui vendent Sans Abris, une nana qui demande un ou deux euros et là, une dame arrive, j’entends Invalides et je réponds un méchant « Non ! ». Je continue à avancer et là, ce qu’elle m’a dit monte au cerveau :
elle veut aller à la station Invalides. Donc je rebrousse chemin pour lui répondre en me confondant en excuses, qu’elle accepte très gentiment mais je suis morte de honte. Le lendemain, par contre, j’ai envoyé chier le tapeur habituel du quai du métro. Tous les matins, il me demande une petite pièce. J’arrive sur le quais « Bonjour, est-ce que… » « Non ! ». J’avance, je m’arrête au distributeur pour m’acheter à boire (toujours rapport à ma toux) et là « Bonjour, vous auriez pas une petite pièce ». Là, exaspérée et atterrée : « Mais enfin, vous me l’avez demandé y a 30 secondes ! Non ! ».

 

– Curieusement, les femmes agonisantes, ça le fait, mon mojo a bien marché cette semaine. Mardi matin : nez pelé, reniflement, casquette vissée sur la tête (il pleut), foulard
autour du cou, veste, des mecs me regardent. Ils sont malades ou quoi ? Jeudi soir, je rentre d’une soirée tranquille chez un mec (no brouette inside) et là, mon mojo explose : tous les
regards se tournent vers moi. Je devrais être mourante (au moins) plus souvent. A moins que ce ne soit le pouvoir de la prune.

– Dans la série, « je suis amoureuse », le semi Russe est l’homme parfait. Si, si. Ces derniers temps, il me cherche beaucoup donc mardi « ok, on se voit » et là, il disparaît de MSN. Vicky le soupçonne d’avoir une copine, donc je décide de jouer un peu ma garce et je lui vois un texto explicite. Et là, je reçois un merveilleux « Si tu mets un tee shirt et tu descends, je veux bien te défoncer dans la voiture… ou même dans ta cage d’escalier (voir pipe) ». Quelle abnégation. N’empêche qu’il me relance tous les soirs pour sa pipe maintenant alors que je suis indisposée, d’abord.

– Pour finir sur les mecs, ça fait chier des fois de constater qu’un homme avec qui on a plus ou moins brouetté et quand même choupi et que s’il était pas un connard, on jouerait bien le round 2.

– Je crois qu’au boulot, la poubelle des toilettes n’est jamais vidée. Alors soit ma boss a les règles en même temps que moi et utilise les mêmes tampons, soit ce sont les miens du mois dernier. Dégueu…

– Je crois que j’ai égratigné mon image de jeune fille bien au boulot. D’abord en jouant à un jeu vidéo où on campe un gamin dans un centre de redressement où il faut rouler
des pelles aux filles et taper nos ennemis en ponctuant ma participation de « Putain, mais lâche moi, je te pète ta gueule, tiens, prends ! Connard, va. Tiens, je vais aller lui rouler
une pelle à elle. Quelle chiennasse ! ». Et je crois que demander à mon pote Tchèque (qui est né à Bordeaux mais il vit là-bas) de me montrer le zizi qu’un bloggeur a posté, ça n’aide
pas non plus. D’ailleurs, il m’a suggéré de venir à Prague en même temps qu Guillaume,mon collègue. Sauf que Guillaume, il a une raison de partir là-bas alors que moi, non. Pourtant, si on me dit d’aller à Prague, je sais pas pourquoi mais je suis sûre d’accepter.

– J’ai pris le métro hier soir avec ma boss, on a un peu papoté et je me suis rendu compte que j’avais vraiment l’esprit d’entreprise. Genre je lui raconte que je fais un aller/retour éclair dans le sud ce week-end (oui, là, chuis dans mon paaaaaaaaaays !) et elle me suggère de prendre mon lundi. Mais vu qu’on est deux dans mon service et que le 2e
est déjà en vacances, je lui explique que c’est pas raisonnable et que de toute façon, je prends une semaine début août. Elle a beaucoup apprécié mon attitude. Heu… C’est pas
normal ?

– Dans la série, non, non, la SNCF et moi, ça passe toujours pas. Mardi soir, train annulé pour « avarie technique ». Bon, faut dire que quand un train qui part à 19h50 est toujours à quai à 20h, on se doute qu’il y a un truc. Vendredi, je vais acheter les billets de train pour Kenya et Carambar, le chat de ma sœur. Après15 mn de queue parce que les billets pour chat, ça se commande par sur le net, je sors du guichet et là « suite à un incident technique, tous les train en partance de cette gare sont annulés ». Bordeeeeeeeeeel.
Bon, finalement, le temps que j’appelle mon pôpa, c’était reparti. Sinon, toujours en rapport à la SNCF, grand moment jeudi. Ma sœur m’envoie un mail « tu pars à quelle heure, samedi, on prend un taxi ? ». Je regarde mes billets électroniques et là, grosse panique : j’ai réservé pour dimanche/lundi au lieu de samedi /dimanche. Donc, vite, j’annule, je veux
changer la date et à chaque fois que je clique sur « valider ce trajet », le site me répond « aucun train ne circule au-delà de l’horaire indiqué ». Au bout d’une demi-heure
de « putain, putain » grommelés, j’y suis enfin arrivée.

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