Catin aux draps de satin, jouvencelle aux draps de flanelle

Tu trouves mon titre pourri ? Moi aussi, à vrai dire. Mais quel sujet se cache derrière cette formule opaque ? Alors, j’aimerais te parler de l’éternelle opposition entre la sainte et la pute qui fait de nous les insupportables schizophrènes des années 2000. Mais cette fois, je ne te parlerai pas des hommes mais bien des femmes et du regard qu’elles ont sur leur
propre sexualité.

 undefined

Depuis maintenant 5 mois, je travaille sur des sites féminins avec des forums love and sex très développés. Or j’ai l’impression au fil du temps qu’il y a deux profils types :
l’hypersexuelle limite nympho obligatoirement femme fontaine ou la prude qui dort dans un pyjama en coton fermé jusqu’au cou. Entre, le no man’s land ? Ben, de celles qui s’expriment, globalement, oui. Il y a les garces et les moralisatrices et ça s’affronte. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir que finalement, la femme n’est pas très tolérante vis-à-vis de sa propre sexualité.

On dit souvent que l’homme nous prend soit pour une salope et nous attribue donc le rôle de l’amante, soit pour une sainte et nous voici promue mère de ses futurs enfants. Et bien
figure toi que chez les femmes, c’est pas mieux. A les lire, « faire l’amour » (en opposition à baiser qui se fait sans amour) empêche toute fantaisie. A une discussion sur les sextoys,
une a répondu : « pour moi, l’amour, c’est pas ça. Je préfère la tendresse des bras de mon amour des à jouets ». Mais madame, où est-il écrit que l’un empêche l’autre ? En
fait, les femmes sont encore pire que les hommes sur la question. Elles n’aiment pas trop la notion de sexe pour le sexe et ont tendance à vite classer les filles qui pratiquent ce genre de choses dans la catégorie « salope ». Quant à celles qui osent avoir du sexe fantaisiste avec leur mec (genre en pleine lumière) alors là, c’est très simple « tu ne sais pas ce
qu’est l’amour ! Ce n’est pas ça ! ». Ben, moi, j’aime avec des menottes, na.

Des fois, je suis un peu désespérée par cette dichotomie entre sexualité de célibataire et sexualité de couple. On baise ou on fait l’amour mais ce n’est pas juste une question de
vocabulaire ! Avec ton amant, tu as droit de donner libre cours à tes pulsions les plus profondes, à être toi, en somme. Avec ton amour, tu peux exprimer ton amour et ta tendresse mais t’es gentille, tu laisses tes menottes et ton anneau vibrant dans ta boîte à trésors. Mieux, tu la donnes vu que de toute façon, tu ne feras plus l’amour qu’avec ton cher et tendre donc tes menottes, tu ne t’en serviras plus jamais, bien entendu !

Ben, vous voulez que je vous dise ? Je trouve que dans ces conditions, faire l’amour, c’est frustrant. Je ne dis pas qu’à chaque fois, faut jouer les contorsionnistes de l’extrême mais j’ai pas envie d’une sexualité sage parce que tu comprends, on s’aime donc on se respecte donc laisse cet anneau vibrant tranquille. On peut tout à fait s’aimer, se respecter et
jouer à des jeux coquins qui nous excitent tous les deux. Je dirais même que c’est justement ça, le respect, accepter les désirs de l’autre, essayer de réaliser ses fantasmes avec lui (et vice et versa, bien entendu). On aime jouer tous les deux, s’aimer ne doit pas nous empêcher de le faire, bien au contraire. Se révéler tel que nous sommes dans nos pulsions les plus profondes, n’est-ce pas un gage d’amour, un signe d’abandon ? C’est quand même étrange de trouver plus facile de se lâcher dans les bras d’un inconnu que celui de son amoureux.

Peur de gâcher l’image virginale qu’il a de nous ? Mais si cette image est fausse, y a pas comme un problème dès le départ. Franchement, la vie de couple, je ne vois pas ça
comme un immense mensonge. Si j’aime faire l’amour sous les portes cochères, pourquoi je devrais cacher ça alors qu’en plus, y a vraiment pas de quoi rougir, sous prétexte que s’envoyer en l’air sous une porte cochère, c’est pas romantique ? Ah bah d’abord, je peux trouver ça très romantique et d’un (vous n’avez jamais vu le film Fatale ?) et de 2, révélation : être en couple n’interdit pas la jouissance. Hé oui, aujourd’hui, on peut être en couple et « faire l’amour » pour notre plaisir et pas juste pour se reproduire. On peut même adopter des
pratiques qui empêchent toute reproduction… (je laisse à chacun le soin d’imaginer de quoi je parle ici).

Et puis avoir une sainte ET une salope à la maison, c’est un peu un comble de bonheur pour un mec, non ?

T’es que tonique ?

Par Bobby
 

Forcément, la tecktonik, comment ne pas en parler ? Elle a envahi les rues virtuelles d’internet, puis le monde réel. Les TCK (tecktonik killers) sont partout, et à moins que vous
ne soyez des extraterrestres, vous en avez obligatoirement entendu parler.

Puisque je suis le benjamin de la bande des Vingtenaires, je me dévoue pour parler de cet intéressant phénomène de mode, à travers mon propre vécu. Attention lecteurs, dans la
phrase qui vient, je vais me la péter grave. Il se trouve en effet que je suis un véritable dieu de la danse quand j’arrive dans une boîte de nuit. [c’est bon, le mode péteux est passé].
Sans blague, j’ai jamais pris de cours de danse mais je me débrouille franchement bien. Ok, ça reste de la danse « de boîte », me direz-vous. Ce à quoi je répondrai : certes.

Mais il n’empêche que petit à petit, et ce sans avoir jamais entendu dire que ça portait un nom à Paris, j’ai commencé à bouger mes bras dans tous les sens sur les dance-floors.
D’abord, ça restait très anarchique. Puis, Rudolphe, une amie, m’a dit : « ah mais tu sais y a une danse comme ça, ça s’appelle la tectonique ». Alors, moi, direct, je vais sur google
en rentrant chez moi, je cherche « danse tectonique », je ne trouve rien. Forcément. Ca s’écrit « tecktonik ». Haha. La feinte.

Et je découvre les vidéos de Jey-Jey, Cali, Spoke, etc. Des petits minets de banlieue parisienne se filmant chez eux (chambre, garage et autres lieux non moins glamours) en train d’exécuter des mouvements bizarre sur de la techno. Ok, bon. Pas fute-futes les mecs, a priori. Un look un peu bizarre, m’enfin, guère pire que les autres modes lycéennes. Avec ma meilleue amie, Léa, toujours en province, on décide de s’y mettre. On va en boîte, on attaque avec maints moulinets brachiaux, et là, hallucinant, un mec se ramène et commence à frapper Léa en criant : « arrête de danser comme ça, ça me saoule trop ». Ok. Le mec, on le connait ni d’Eve ni d’Adam, mais on laisse couler. Bizarre, quand même, la réaction des gens.

Finalement, j’arrive à Paris en octobre dernier. Le soir de mon emménagement, un type me contacte, il veut faire un reportage et il cherche un scénariste. Vu que je suis inscrit
sur pas mal de forums et autres sites de cinéma, je suppose que c’est là-bas qu’il a trouvé mes coordonnées. Le sujet de son reportage ? La tecktonik, bien sûr.

Me voilà donc à retrouver les stars du mouvement, qui ont impulsé cette vague au Metropolis lors de soirées éponymes. Je fais la connaissance « en réel » de Jey-Jey et
Cali, entre autre, afin de mieux cerner leur façon d’être pour m’aider dans l’écriture du scénario (il se trouve au passage que Cali me rappelle Joàn, mon amoureux de Cuba, dont je te parlerai, cher lecteur, très prochainement…). Vous imaginez mon état, tout émoustillé le petit Bobby. A la fin de l’entrevue, dans un élan de sociabilité inouïe, plein d’espoir, je lance au dit
‘Cali’ :

« Bon ben, puisqu’on va bosser ensemble sur ce film, tu pourras m’apprendre les mouvements, haha. » [le « haha » permets de me préparer à un éventuel refus, genre « mais non de toute façon je disais ça pour rire]

Ce à quoi il me répond :

« Ben pour ça, vous regarderez nos vidéos sur internet. »

Connard. Déjà j’ai qu’un an de plus que toi, alors pas la peine de me vouvoyer, et puisque c’est ça, je hais ta danse pourrie. Voilà, en gros, mon expérience avec la chose.

D’un côté, on a les addicts de la tecktonik, tranche d’âge 12-15 ans (voire plus jeune encore). De l’autre, une vague écrasante anti-tecktonik. Alors certes, ces jeunes ‘rebelles’
renvoient une image hautement superficielle et gélifiée de toute une génération. Certes, les mouvements de bras, ça fait bizarre. M’enfin, je me demande, pourquoi une telle animosité à leur égard ? En quoi sont-ils plus ridicules que les danseurs de hip-hop, par exemple ?

Il faudrait alors distinguer deux choses radicalement différentes, que l’on amalgamme sans doute un peu :

–       la tecktonik elle-même, qui est à la fois un titre de soirées ayant
lieu au Metropolis, une marque de vêtement et de boisson énergétique, qui renvoie à un code vestimentaire, une façon de se coiffer, de se comporter, bref, une MODE

         la danse electro, qui est un prolongement corporel de la
musique electro, et peut s’exécuter sans slim, sans crête, ou sans avoir des joues de minet imberbe, bref, une simple DANSE

Pour ma part, quand il m’arrive de sortir le soir, je n’obéis en rien au cliché ‘tecktonik’, pourtant je fais à peu près la même chose qu’eux avec mon corps, sans mettre le même
nom dessus. On a pas forcément besoin, même si on a vingt ans, d’être rangé dans une case, genre « cool », « rockeur », « clubbeur », « gothique », ou que sais-je encore. Même au lycée, je n’avais pas l’impression de faire partie de ces cercles bien délimités. Un jour j’aime le rock, un jour j’aime la pop, un jour je vais en boîte, un jour j’écoute de grands classiques. Forcément, pour être intégré parmi les autres, ça n’aide pas.

A moins de ne fréquenter que des schizoïdes pluri-fonctionnels.

Et en exclu, la vidéo tecktonic fait par Nina que vous êtes cordialement invités à regarder parce que j’ai passé 5h à la monter, bordel !

Cinq sœurs

Je me suis demandée si j’allais faire un article léger ou un sérieux aujourd’hui et comme je m’en suis voulue d’avoir déprimé tout le monde avec mon article de jeudi, je vais partir dans le comique. Alors je vais te parler d’une série mortelle que j’ai découverte un peu par accident récemment. Quand je dis mortelle, ça veut dire tarte et ce sont celles que je préfère.

 undefined

Le pitch : un docteur a 5 filles et retrouve un fils (mais on sait pas encore si c’est vraiment le sien ou pas, y a un mystère) et évidemment, nos 5 demoiselles ont des maris
et/ou des amants et des amis aussi. Le bon docteur lui-même a une jeune fiancée et travaille dans un hôpital dont il est directeur où y a plein de monde. Donc, c’est magique : t’as plein de gens de plein de générations donc ça fait plein d’histoires. Je précise que cette série est commise par Marathon, les mêmes qui ont fait Sous le soleil. L’action se passe naturellement dans le sud de la France, à Nice.

Bon maintenant que j’ai posé la base, rigolons un peu avec les quelques épisodes que j’ai vus. J’en ai pas vus beaucoup mais y a déjà de quoi dire. Déjà, c’est une série super open car il y a plein de mélanges ethniques. Par exemple, on a Manu, la petite dernière qui a un petit côté kaïra du 9-2 (Neuilly quoi) qui ne fréquente que des Blacks dont un qui a une coupe afro proprement hallucinante. On a également Béné, la 2e, blonde (les deux premières sont blondes, les 3 dernières brunes), mère au foyer catho coincée qui sort direct de La vie est un long fleuve tranquille. Ben figurez vous que la Béné, elle roule une pelle à un Arabe qui n’est même pas son mari ! Bon, c’est un Arabe en chemise genre golden boy mais imaginez le truc, c’est révolutionnaire pour un programme télé !

Après, on a les histoire abracadabrantesques. Par exemple, Lucie qui est la troisième, il lui en arrive des choses. Déjà, j’adore l’actrice genre mono expression qui fait toujours les yeux ronds, la mâchoire serrée quoi qu’il lui arrive. C’est la sœur un peu dark genre médecin le jour, strip teaseuse la nuit car elle adore se foutre à poil devant des hommes et écrit ça dans son roman autofictionnel que sa sœur, Manu, lit comme ça, ça nous fait une belle confrontation. Mais Lucie, à un moment, elle se fait droguer par un homme qui la prend en photo à poil et c’est terrible car il la fait chanter et tout. On a aussi l’histoire du papa qui se fait empoisonner à petit feu. Mais là, on a le super élément : la mamie qui tire les cartes. Comme si le scénario était trop plein de suspense, pour le rendre moins anxiogène, on met mamie qui tire les cartes et va nous raconter tout ce qu’il va se passer pour pas qu’on ait trop peur « oh mon Dieu, quelqu’un va essayer d’empoisonner Pierre ! ». Du coup, Léa et Elise, les deux dernières sœurs courent vite à l’hôpital et empêchent leur père de manger le plat. Mais en fait, c’est l’infirmière en chef qui veut le tuer, celle là même qui lui emmène tous ses plats. Elle est trop in love de lui et n’a pas supporté qu’il demande une doctoresse de l’âge d’une de ses filles en mariage. Alors elle empoisonne sa volvic mais au moment où le docteur allait la boire, y a son fils illégitime qui arrive et boit le verre car il a trop soif et manque de mourir. Du coup, l’infirmière, découverte, essaie de se tuer en finissant la volvic.

Tiens, parlons du fils illégitime. Alors le vrai fils illégitime, c’est Lucas. En descendant à Nice pour retrouver son père, il prend en stop Tom mais ils ont un accident et comme Tom croit que Lucas est mort, il prend sa place dans la famille du docteur mais en vrai, Lucas, il est pas mort et on sent bien qu’il va sortir du coma et revenir. En plus, Tom, il est amoureux de Lucie qui est censée être sa sœur alors je vous dis pas le schmiblick. Y a aussi une histoire de mec qui aurait tué sa femme aussi mais on sait pas trop et ça, j’ai pas trop compris mais celui-là, il a un mec attaché dans sa cave, j’ai pas compris qui c’était parce que je rate pas mal d’épisodes quand même.

 

Bref, comme vous l’avez compris, j’adore ce genre de séries juste pour le plaisir de les résumer. Bon, je suis pas trop parce que je n’ai pas que ça à faire de ma vie mais là, je
sens qu’on tient une vraie série culte, un peu comme Plus belle la vie. Mais celle-là, je l’ai jamais vue mais promis, un jour, je m’y mettrai et je vous raconterai.

Courrier des cœurs : réponse à Pink Lady

PinkLady nous a soumis la question suivante : je suis à un dîner avec un mec qui me
plaît trop, dois-je me montrer vraiment entreprenante ou les femmes entreprenantes (mais vraiment) effraient-elles les hommes?

undefined

La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici les réponses :

 

Jane : Ici, tout est question du sens d’entreprenante. Entreprenante dans le style « je fais comprendre habilement que tu me plais » ou dans le style « Au restau
j’escalade la table en te disant que je te veux »?
Mettons nous dans la position inverse. Etre draguée par un homme entreprenant. Préfères-tu quelqu’un qui te charmera subtilement en te faisant comprendre que tu lui plais, ou un bourrin qui arrive avec ses gros sabots?
Et bien un homme, c’est tout pareil. Une amazone de l’extrême qui lui saute dessus, ça peut l’effrayer. Voui voui. Et le faire fuir, loin, très loin, à une époque où les femmes étaient de petites choses délicates qu’il fallait doucement séduire sans trop effaroucher (et là, des années de féminisme s’écroulent) Ou la séduction n’était pas de l’attaque.
Alors que diable, un peu de finesse et de subtilité! Inutile d’être trop directe et agressive, laissons agir le légendaire charme féminin et aux hommes des cavernes la drague 38 tonnes!

Marine : Bon, là en gros, tu demandes comment être une équilibriste et les principes de la communication non-verbale. L’idée est la suivante, je pense : si tu fais rien de rien, tu n’envoies aucun signal, donc gênant, c’est certain.
En revanche, il y a signaux et signaux. Sur ce point, je pense qu’il faut en donner un minimum. Etre habillée sexy (mais pas vulgaire), être souriante, rire à ses blagues et s’intéresser à sa vie, et évoquer au passage que tu n’as personne pour l’instant dans ta vie, c’est à mon avis suffisant. Si tu vas plus loin dans le langage des signes, ce sera trop gagné pour lui, et du coup, moins d’enjeu, moins de séduction possible. Il est possible que vous passiez la nuit ensemble, mais tu seras cantonnée au rôle de la fille facile, ou même de « la nana folle de lui », celle qui lui flatte l’ego mais dont finalement il n’a trop rien à foutre. L’idée n’est pas de le faire languir bêtement ou de faire la pouffe qui se fait désirer, mais de maintenir un rapport de force équilibré, pour ne pas court-circuiter le jeu de la séduction.
 

Nina : Je vais dire que, globalement, ça dépend. Je pense que ce n’est pas mal qu’une femme montre son attirance à un homme, qu’elle ne lui laisse pas faire tout le travail. Mais tout est question de limite et de ce que tu veux avec le monsieur. Si tu te vautres sur ses genoux, il va penser que tu n’en veux qu’à son corps, tirer son coup et ciao. En plus, les mecs, comme les filles, ne sont pas toujours ravis de se faire sauter dessus, même si tu leur sautes pas physiquement dessus. La subtilité est notre amie en toute circonstance. La classe aussi. Suggère discrètement, tu verras s’il saisit la perche ou pas. S’il ne comprend pas, c’est qu’il ne veut pas ou est limité de la tête. Ou handicapé affectif. Dans tous les cas, laisse tomber.

Summer : Bien sur tu as appris depuis ta plus tendre enfance que l’homme propose, la femme dispose. Sauf que comme tu as sans doute pu le remarquer, les hommes qui proposent en général 1) ne te plaisent pas 2) sont des bourreaux des coeurs avérés ou 3) sont des mecs qui te croisent dans la rue et qui te sifflent, façon à eux bien particulière de dire que tu es jolie! ( non je ne dirais pas bonne!)
Alors sur ce constat, il faut agir, et pour répondre à ta question je dis oui action! Mais attention, entre être entreprenante et vraiment entreprenante, y’a des subtilités. Je sais qu’il arrive bien souvent que les subtilités soient incomprises par l’autre sexe faute de parler le même langage et que tu n’as qu’une envie lui sauter dessus, mais si tu le fais, tu regretteras au choix d’avoir filer tes bas pour lui mettre le grappin dessus ou de ne pas être seule avec lui à ce stupide diner parce que ce que tu as en tête se passe de toute évidence de spectateurs.  Donc entreprenante, ok, mais point trop n’en faut comme tu l’auras compris. Alors que faire, et là tout se joue dans la stratégie. Le plan: toujours garder un oeil sur lui, histoire d’être en pôle position pour être à coté de lui au moment de passer à table, je dis bien à coté et pas en face parce que les effleurements sont quand même beaucoup plus faciles, garder un oeil sur les alentours afin d’évincer toutes concurrentes éventuelles et pour cela il te faut les repérer au préalable et enfin faire en sorte de retenir son attention: regard, robe ultra sexy, discussions enflammées etc…
Et puis s’il n’a toujours pas compris, lui glisser à la fin du repas que tu serais ravie de continuer cette si passionnante discussion en prenant un verre avec lui, seuls. Si là, il ne comprend pas alors laisse tomber il est soit idiot soit maqué.

Tatiana : Réponse brève claire et précise : avec les hommes pas besoin d’être très entreprenante pour qu’ils comprennent le message. Quelques signaux bien
placés (petits rires, je me caresse les cheveux, regards…). S’il capte pas 2 solutions : c’est un handicapé de l’amour ou il fait genre il voit rien car il ne veut rien avec toi.

Bastien : Faut il se montrer entreprenante ? Tout d’abord précisons une chose, je ne pourrais couvrir qu’une partie de la réponse. Pour ce qui est de ce faire du mâle un joujou de pieu je suis dans la capacité de répondre mais pour ce qui est de s’en faire un joujou de salon genre pied sous la table et matage des experts les bras l’un dans l’autre la je passe mon tour, c’est pas mon rayon.
Quels sont les raisons qui pourraient pousser un monsieur a rentrer dans sa coquille suite a des avances quelques peu marquées ? Un micropénis ? Une envie que la relation ne soit pas que sexuelle ? Une croyance religieuse ? Une connerie naturelle ? Dans tous les cas si vous perdez le type vous ne perdez pas grand chose mesdames. Mais par contre si vous gagnez, oulah si vous gagnez, laissez moi vous dire que vous aller vous retrouver entourée de saint Pierre & confrères du 7e divin étage plus vite qu’il ne faut pour dire « baise moi ». C’est avec les miss entreprenantes que les mecs se lâchent réellement sexuellement. Jamais vous ne titillerez l’anus d’un type a qui vous avez commencé par parler voyage en Italie. Ne tentez pas le sexe en public avec un mister qui vous offre des fleurs oblitérées « plaisir d’offrir ». Ne comptez pas sur une révision du kama sutra avec un monsieur qui vous raconte que belle maman n’a pas sorti le chien aujourd’hui. Pour l’éclate totale n’hésitez pas a balancer le grand jeu, le cheminement intellectuel masculin est on ne peut plus simple, « elle tente ça, elle peut tout tenter, si je couche avec elle il faut s’attendre a tout » (c’est comme ça que je me suis retrouver avec des bouts de peau en moins sur le cou par exemple)
Autrement dit tout dépend de ce que vous recherchez, si vous êtes vous même plutôt casanière dans la manipulation du tintoin impérial alors rien ne sert de se mettre a lécher langoureusement votre fourchette à chaque bouchées. Par contre si vous avec vos menottes dans votre sac, entre le lubri et les capotes, la allez y de l’oeillade chaude comme une baraque a frite.

Bobby : Aucune idée, je suis gay. Si tu veux que je te conseille, il existe des endroits sympas et pas trop chers où tu peux te faire amputer les seins, déclitoriser, et greffer un pénis (masculin, féminin, ça tient finalement à peu de choses : quelques coups de ciseaux, des hormones et hop, le tour est oué).
Après quoi je serai ravi de t’expliquer pourquoi les hommes entreprenants sont effrayants pour les autres hommes…

 

Enzo : Chère demoiselle,
En lisant ta question, je ne sais si je dois crier au scandale ou simplement te donner une fessée ! Alors que la journée de la femme a eu lieu il y a une semaine à peine en plus !
Mais peut-être que ma réaction épidermique est dû à un malentendu. Je me demande ce que tu appelles « vraiment entreprenantes ». Parce que je pense qu’un homme « vraiment entreprenant » effrait également les femmes (sauf celles qui sont convaincues d’avance).
Car en tant qu’humain, quelles questions se pose t’on en face d’un autre être humain vraiment entreprenant ?
– pour être aussi motivé(e), il/elle est peut-être simplement terriblement en manque
– pour être aussi motivé(e), il/elle n’aime peut-être qu’une image fantasmée de soi
– pour être aussi motivé(e), il/elle ne semble pas faire attention à ce que l’on veut soi-même
Bref, les raisons s’orientent vers la perception que l’on a de soi et la psychologie complexe. Pour revenir au schéma de ta question, peut-être qu’être trop entreprenante aura un effet
contre-productif, sauf si l’homme en question est mégalomaniaque (« je suis si irrésistible ») ou en manque. S’il est sensible (comme la plupart des hommes), il se demandera « est-ce qu’elle m’aime vraiment ou est-ce qu’elle réagit simplement à ses instincts et ne pense qu’à son bon-plaisir, tout en reniant ma qualité d’individu pensant ? ». Mais il y a une autre question : pourquoi souhaite tu être « vraiment entreprenante » ? Par envie ou parce que tu penses que cela peut faire pencher son avis en ta faveur ?
Mon conseil est d’être toi-même et de respecter cet homme comme tu souhaiterais qu’on te respecte.
Et n’oublie pas de t’abonner encore à Jeune&Jo… euh aux Vingtenaires pour plein de bons conseils chaque samedi !
Amicalement,
Dr Enzo, féministe masculiniste.

Lucas : Une femme entreprenante c’est souvent une nana qui cherche mais ne trouve pas celui qui lui va. Cela ne va pas m’effrayer mais déclencher un sourire roublard.
La tradition implicite veut que ce soit les hommes qui lancent l’action et que les femmes soient passives. Les hommes semblent avoir plus d’appétit sexuel que les femmes ou tout du moins ils le déguisent rarement. Pour autant, si une nana veut « se faire » un mec je ne vois pas où est le problème ! Même en observateur, cela me ferait sourire benoîtement de contempler la tactique d’approche et la perplexité du mec en face ! Cela me fera énormément plaisir aussi car je trouve qu’il y a une grande absente dans la drague. Cette grande absente c’est tout bêtement… la sensualité !
Car il faut l’avouer,
Si on est la target d’une femme entreprenante, le jeu est vraiment des plus mystérieux. On a constamment le cul entre deux chaises à se demander
« Est-ce qu’elle me chauffe à mort seulement pour jouer avec moi et faire sa chaudasse ? Vais-je me faire envoyer chier si je me montre calin ».
voire au contraire,
« Est-ce qu’elle est vraiment sous mon charme et elle prend les choses en main vu ma passivité initiale ? »
Et là, même le mec le plus sensible aura du mal à trancher !
Pour autant, souvent, la nana entreprenante est une chanteuse d’Axelle Red qui s’ignore
J’aime j’aime tes yeux j’aime
Ton odeur
Tous tes gestes
En douceur,
Lentement dirigés,
Sensualité…

Maman, j’ai eu du sexe cette nuit et toi ?

Il y a des trucs qui m’hallucinent parfois. Il y a quelques mois, je regardais une émission sur Teva, je crois, un reportage sur les clubs de vacances où les femmes célibataires
vont pour se payer un gigolo. Enfin, officiellement, c’est juste pour choper mais vu qu’elles payent le mec… Dans le lot, une mère et sa fille qui draguent de concert. Fin du reportage et retour sur le plateau avec la sexologue Catherine Solano qui est atterrée « non mais draguer en famille, comme ça, ce n’est pas sain ».

 undefined

Comme vous savez, rien ne me traumatise plus que l’idée que mes parents aient du sexe, je suis le fruit du St Esprit et ma sœur aussi. Mes parents, de leur côté, préfèrent penser
que je ne fais rien de sale et tout ça. En gros, on respecte la frontière des générations. La question du sexe entre parents et enfants est toujours le sujet d’angoisse des uns et des autres. Ado, mes parents m’ont parlé de sexe dans son volet contraceptif mais basta et c’est pas plus mal. Ils n’ont jamais cherché à savoir si j’avais toujours ma petite fleur et je les ai pas appelés quand je l’ai perdue. J’imagine le truc :

« Hé maman, je suis plus vierge !

– Super ma fille. Et alors, ça s’est passé comment ? »

Non mais c’est totalement inconcevable ! Bon, moi, j’ai eu la chance de ne pas avoir mal la première fois donc pas besoin d’appeler maman en urgence pour lui demander comment
faire passer la douleur. Je dis ça parce que c’est arrivé à une copine, elle a eu tellement mal qu’elle a fini par le dire à  sa mère. Ca me glace le sang d’y penser.

Quand j’étais toute jeune, j’enviais un peu les filles qui racontaient tout à leur mère, avec qui elles ont mélangé leur langue à la boum… Nous, pas. Mes parents n’ont jamais été
autoritaires ou coincés sur la question, c’est juste une question de jardin secret. Aujourd’hui encore, je ne raconte rien. Le dernier mec dont mes parents ont entendu parler, c’était Arnaud y a deux ans et demi et encore, parce que j’avais plein de suçons dans le cou donc j’étais totalement flag. Evidemment, ma mère n’est pas dupe, elle sait bien que j’ai des histoires, que je « navigue », comme elle dit. Mais je préfère ne pas lui en parler. Bon, elle a été accidentellement au courant pour Guillaume 2 aussi grâce à une gaffe de ma sœur qui me gardait Kenya quand j’étais partie en Bretagne chez le jeune homme :

« Raaaaaaah, y a Kenya qui se fait les griffes sur mon canapé !

– Mais qu’est-ce qu’elle fait chez toi, Kenya ?

– … »

Mais j’adore quand même ma sœur. Pourquoi je lui en parle pas ? Parce que je préfère attendre que ça compte pour moi, tout simplement.

Pourtant, des fois, on parle un peu de sexe du genre ma mère qui me dit : « non mais y a des trucs maintenant… les machins là… les sextoys… T’en as même qui rentrent en
même temps devant et derrière… Faut vraiment être déviant pour utiliser ce genre de trucs ». Lalalala… Evidemment hors de question de rentrer dans le débat et de faire la liste des miens, ça ne la regarde pas. Je trouve assez curieux de tout confier à sa mère sur le sujet. Pour ma part, j’aurais une fille, je suis pas sûre que j’aurais envie de savoir les détails de sa vie, de la voir partir au bras d’un gigolo tandis que je ramène le mien dans ma chambre. Surtout que son gigolo, c’est quand même moi qui le paye… Et tant qu’on y est, on les échange après ? Non, je crois sincèrement que pour avoir une sexualité normale et épanouie, il faut savoir exclure certaines personnes du cercle des confidences. Raconter à ses copines, c’est normal, voire à sa sœur si on est proche (moi, je le ferai pas) mais bon sang pourquoi en parler à ses parents ? Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer sincèrement ? Je ne comprends pas bien l’intérêt de mêler nos parents à ça. Déjà que mes copines ont du mal à suivre ma vie sentimentale et sexuelle alors si je devais raconter tout ça à ma mère, je crois qu’elle serait effrayée par mes… navigations. Le jour où je trouverai un port d’attache sympa (et durable), je lui en parlerai. En attendant, je reste officiellement célibataire sans activités sexuelles.

Le planning du chômeur

Révélation : être chômeur, c’est chiant. Si, je vous jure. Les journées s’étirent indéfiniment, on s’occupe en candidatant mais que le temps est long entre deux réactualisation de la boîte mail, vérification qu’on n’a pas raté un coup de fil, des fois qu’on aurait mis le téléphone sur silencieux… Mais surtout le chômage, c’est se déphaser de la société.

 

Je suis d’un naturel couche-tard, lève-tard. Quoi que je fasse, quel que soit mon état de fatigue, je n’arrive pas à me coucher tôt. C’est très rare que j’éteigne les feux avant
minuit malgré les bonnes résolutions. Alors imaginez le cauchemar quand on n’a pas d’horaires à respecter. Dans mon chômage idéal, je souhaitais me lever à 9h. Les recruteurs n’arrivent jamais au boulot avant et, tant qu’à faire, autant envoyer un CV quand ils sont au bureau, histoire qu’il ne soit pas noyé dans la masse. Et être sur le pont dès le matin, ça veut aussi dire sauter sur les annonces dès qu’elles paraissent et répondre. Oui, il faut être réactif. J’ai passé un entretien où le recruteur m’a avoué n’avoir regardé que les 40 premiers CV reçus. J’aurais répondu plus tard, ça aurait peut-être été mort pour moi. Je pensais que le chômage, ce serait levée tôt, recherche de boulot avec mon mug de café et tout ça. Sauf que la motivation, elle finit par disparaître.

Au tout début, le chômage, on se dit que ça va pas durer donc les 15 premiers jours, voire le premier mois, ça ressemble plus à des vacances qu’autre chose. Puis on finit par s’y
mettre, faire des plans d’attaque, des plannings. Sauf qu’on se rend compte que le chômage, on en sort pas forcément comme ça. Plus nos candidatures sont sans réponses (ou pire, réponses négatives), moins on est motivés. On ne se lève plus à 9 mais à 10h. On n’est pas à une heure près. Puis finalement, ce sera 11h. Puis midi, on a toute l’après-midi pour envoyer des CV, ça laisse le temps. Plus on se lève tard, plus on se couche tard, forcément. On se dit bien que quand on retrouvera un boulot, le rythme sera un peu dur à reprendre mais ce que je ne fais pas de jour, faut bien que je le fasse à un moment.

En même temps que cette désynchronisation, il y a un réel enfermement. Sortir ? Oui mais pour quoi faire ? Nos amis travaillent en journée et n’ont pas forcément envie de
sortir tous les soirs, ils sont un peu fatigués. On les comprend puis toutes ces sorties, ce n’est pas donné non plus. Alors les jours où on ne sort pas, on ne fait pas l’effort de s’habiller vraiment, on enfile une tenue d’intérieur, histoire de dire qu’on n’est pas resté en pyjama toute la journée, on se peigne histoire d’éviter les nœuds. Le maquillage ? Mais quelle idée ! Je vois pas bien à quoi ça sert de se maquiller si on sort pas. Ou si on sort juste faire ses courses.

Evidemment, à force de se désociabiliser, le chômeur déprime. Cercle vicieux. Passer sa journée à candidater, à essayer de se sortir de là, trouver des idées, des pistes, ça
fatigue, surtout quand ça n’aboutit pas. On se sent un peu nul et quand on se regarde dans la glace, ce n’est pas mieux. Négligée, c’est le mot. Du coup, dès qu’on a l’occasion de sortir, de voir du monde, ça nous fait un vrai bol d’air même si on a, du coup, tendance à culpabiliser : le temps que je prends à prendre un verre avec une amie dans la journée, je le prends pas à chercher du boulot. Sauf que ce qu’il faut comprendre, c’est que si on relâche pas la pression, on explose. On ne supporte plus de vivre entre ces 4 murs qui nous servent d’appart, à voir plus souvent Ashley et Victor des Feux de l’Amour que des vrais humains. Réaliser en se couchant que la seule fois de la journée où on a utilisé notre voix, c’est quand on a dit au chat d’arrêter ses conneries. Que quand on vous appelle, on vous demande systématiquement si on vous réveille, vu votre voix enrouée. Se rendre compte qu’on n’a même pas pensé à regarder ce qu’il y avait dans la
boîte aux lettres. Se dire que demain, ça va être tout pareil. C’est métro-boulot-dodo, sans métro et sans boulot. S’ensuit un ennui qui annihile tout. Plus envie d’écrire, de faire des projets autres que professionnels. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire.

Parfois, on a des entretiens et là, on se pomponne à mort, on se bichonne, on est même heureux d’être convoqué aux aurores : ciel, enfin une raison de se lever, une horaire à
respecter. Une occasion de s’habiller, de se maquiller. Peut-être que grâce à cet entretien, bientôt, je pourrai enfin pester tous les jours après mon réveil, m’habiller et me maquiller tous les matins… Voir des gens en vrai, leur parler.

Où trouver l’homme ? Episode 6-2 :aux urgences

(Je rappelle à mes lecteurs chéris que tout ceci est une fiction et qu’en vrai, j’ai pas foutu les pieds aux urgences depuis 97, quand j’ai fait mon allergie à l’aspirine. Mes deux poignets vont très bien)

Me voici donc aux urgences. Après avoir attendu x temps à relire des vieux magazines people pour tuer le temps, me voici enfin dans une salle d’examen à attendre le docteur. LE, sexe masculin, à priori. Il n’empêche que je me moquais de la news de Britney Spears qui était enceinte la semaine dernière mais apparemment, elle serait possiblement enceinte de son paparazzo, les experts ne se prononcent pas. Grossesse ou mauvaise alimentation ? Le bidou s’arrondit alors finalement, avec mon
magazine qui date d’il y a deux ans, je suis pas si larguée. Mais revenons à mon docteur, ça compte plus que les aventures de Britney qu’on n’arrive plus à suivre, de toute façon.

Donc voici le docteur qui rentre… Bon, ce n’est pas George Clooney mais il a du charme quand même. On va sourire, c’est toujours plus sympa. Il me le rend bien, c’est bien
engagé ! Je lui raconte un peu mes mésaventures palpitantes et il répond en blaguant « ah, les enfants, c’est plus dangereux qu’on ne le croie ! ». On est sur la même longueur d’ondes, doc. Il examine mon poignet, le tourne, je grimace, je laisse échapper un sifflement de douleur. Je crois même que j’ai mes yeux qui pleurent un peu.

« Ce n’est rien, juste une petite entorse ! ».

Ce n’est rien, ce n’est rien… Bah, tiens, j’aimerais t’y voir toi ! Ok, on ne m’amputera pas mais j’ai très très mal et j’ai envie de prendre n’importe quoi pour ne plus avoir
mal. Pourquoi les médecins minimisent toujours nos bobos ? C’est quand même une entorse, c’est pas comme si je simulais ! Là, il perd des points le docteur pas si choupinou.

« On va vous faire un petit bandage et ça ira mieux ! ». Alors déjà, c’est pas en minimisant le bandage que je vais guérir mais surtout, je suis pas débile. Ca me
fait penser quand on était petit et que les parents nous faisait un bisou sur notre bobo pour nous « guérir ». Petite, je tombais souvent, étant plus tête en l’air que terre à terre. Et bien je vous promets qu’un bisou, ça ne soigne pas les écorchures et que quand on met de l’alcool dessus, ça pique très fort. Mais revenons à mon médecin, mon entorse « pas grave » et mon « petit » bandage. Il me donne quelques conseils pour vivre au mieux mon entorse. « Vous vivez seule ? ». Oui. « Ah, charmante comme vous êtes, c’est étonnant ». C’est qu’il marquerai des points le docteur choupinou. Bon, allez, je vais lui sourire à nouveau. Après tout, ramener un docteur à la maison, ça fera plaisir à papa, ils pourront parler médecine.

On discute un peu, il me demande ce que je fais dans la vie, je ne peux pas lui demander la même chose (je le sais déjà) donc je pars un peu en impro du one woman show en imaginant ma vie de future grande blessée de guerre. C’est pas que je sois hyper manuelle et je suis pas du tout gauchère mais un poignet de moins, c’est un peu lourd, surtout quand on passe la journée à taper sur un clavier. Et là, crucifixion moins 3 secondes : « oui, mon copain s’est cassé le métacarpe l’an dernier, c’était une horreur ». Son copain ? De quoi ? Non mais c’est une blague ou quoi ? Résumé de la situation : j’ai une entorse « pas grave » au poignet gauche, j’ai poireauté je ne sais combien d’heures dans un hôpital qui sent l’hôpital à lire des magazines qui se décomposaient limite entre mes doigts tellement ils étaient vieux à ne pas voir la queue d’un mec (au premier degré à lire, ma phrase) et quand je vois enfin un homme, un vrai, un docteur, il est gay.

C’est là qu’on dit fuckin’ karma non ? De toute façon, sortir avec un médecin pour une fille de docteur, c’est d’un cliché, ça fait un peu trop complexe d’Œdipe. Et puis les
écouter parler médecine, ça m’aurait emmerdé de toute façon. Non, vraiment, c’est mieux comme ça.

Bon, avec mon poignet, il est évident que je vais arrêter les activités sportives pour draguer, ça ne me réussit pas, de toute façon. Mais c’est pas grave, j’ai des billets pour un
match de rugby pour me consoler. La semaine prochaine, je drague donc au stade.

 

PS : Matt, désolée, j’ai pas fait de jeu de mot merdique avec le gros thermomètre du docteur !

Plan de quartier

Par Bobby
 

Le deuxième semestre commence, j’ai gonflé mon emploi du temps à bloc (12 cours au lieu de 5, c’est à dire 36h par semaine, ce qui me vaut les regards étonnés de mes petits
camarades sortant tout juste du bac ; oui parce que je t’explique, après deux ans d’égarement -prépa + fac de philo- j’ai recommencé à zéro ; et donc, qu’on puisse aimer étudier, les boutonneux de 17-18 ans, ça les épate) et, forcément, je commence à fatiguer au bout d’une semaine et demi. D’autant que le soir je mène ma petite vie de débauche, du coup ça n’arrange rien. Si tu connaissais la musique stupide de mon réveil, cher lecteur, genre je suis une mélodie douce mais super agaçante, tu la haïrais tout comme moi.

[note à moi-même : sur les conseils avisés de Tante Summer, ne pas oublier que je n’ai plus le droit d’insulter ni d’emmerder le lecteur]

Bref, surmenage rapide (parce qu’en plus de ça j’ai tourné un court métrage en province, j’en prépare un autre sur Paris, je gère mon propre site et j’essaye de finir mon bouquin
tout en cherchant un éditeur, sans compter les 2h de métro minimum chaque jour), et voilà que les maladies reviennent à l’assaut de ce pauvre organisme fragilisé. Mon médecin m’a dit que si je continuais à faire des angines, on allait m’enlever les amygdales. Du coup je les aies engueulées, ces connes : arrêtez de chopper des conneries où sinon vous allez jarter et ça va pas être une partie de plaisir, ni pour vous, ni pour moi. Ceux qui chouignent parce qu’ils vont se faire retirer les dents de sagesse me font bien rire, maintenant.

Longue introduction, donc, pour te dire que j’entame cette article en buvant un efferalgan corsé (oui, je mets très peu d’eau, le goût est plus dégueulasse mais y en a moins à
boire, chacun ses petits trucs). Pour me donner du courage, je me suis promis un cran de chocolat à la tarte citron meringuée (oui oui, c’est une véritable tuerie, la tablette est un cadeau de maman ce weekend à l’occasion de mon retour momentané en province parmi d’autres victuailles  – à ce propos, il faudra que je pense à te parler du chaos familial qui règne chez eux depuis mon départ en octobre dernier), dans la vie il faut savoir se faire plaisir.

Si je m’accorde le droit à une page de traitement de texte, et une seule, pour chaque article, ça signifie qu’il me reste moins d’une demi-page pour te dresser, cher lecteur, un
petit panorama de mon quartier. Parce que le milieu naturel d’un vingtenaire, c’est rudement important.

Commençons par les voisins les plus proches : sur le palier d’en face, un mystérieux LE PORC, jeune homme invisible qui, lorsqu’après mon arrivée j’ai frappé à toutes les portes
de l’étage pour quémander une connection internet (sans laquelle je ne saurais vivre), m’a reçu en peignoir à 16h, genre en plein plan cul. A côté de chez lui, un vieil homo, ancien styliste, m’a aidé à recharger mon portable pour que j’appelle mes parents lorsque EDF m’a coupé l’électricité (je ne payais pas les factures, forcément). Même qu’il m’a raconté les différentes morts ayant eu lieu dans l’immeuble : une fille qui s’est jetée par la fenêtre au 4e, après quoi sa mère venait chaque jour hanter les escaliers en hurlant de désespoir, et un type, à deux portes de chez moi, qui est mort chez lui après un coma éthylique et s’est décomposé dans sa moquette (qu’il a fallu découper autour de lui pour emmener le corps). Ensuite, vient le personnage le plus intéressant : Ungoliant*, ma voisine du dessous. Le jour de mon emménagement, elle est venue frapper chez moi en menaçant d’appeler la police si le « bordel » ne cessait pas immédiatement (il était 19h, et j’installais mon clic-clac, honte à moi et à mon manque de respect d’autrui). Depuis, elle et moi, c’est une guerre sans merci. J’en reparlerai ultérieurement.

Descendons quelques étages. Il y a un type au premier, genre hacker japonais, qui se promène en robe de chambre et en fumant lentement, très étrange. Ensuite, dans la rue, un traiteur chinois tenu par toute une famille (père, mère, fils -fort mignon-, et fille, et depuis peu le bébé de cette dernière). Eux ils sont hyper-polis. Pas chaleureux du tout, non, polis. On est là pour payer, manger, et partir. Avec le sourire.

[deuxième note à moi-même : une seule page de traitement de texte ne suffira pas…]

Un peu plus loin, la boulangerie. Ma boulangère est une petite grosse aux cheveux rouges, complètement folle à force de vendre du pain et des croissants. Exemple d’un de ses
monologues : « Oui ? Oui ? Bon-bonjour ? C’est ? C’est pour ? Un ? Un croissant aux amandes ? Alors, oui. Oui. Un croi-ssant. Aux a-mandes. Oui. Un, oui, c’est tout ? Un croi- donc oui. 1 euro 20. Oui voi-là. C’est – ça. Oui, au re-voir. Oui. » Je me mords les lèvres jusqu’au sang pour ne pas éclater de rire devant elle. Un peu plus loin encore, enfin, on trouve la pharmacie, tenue par un grand black de plus de deux mètres, qui parle avec une voix à la fois douce et flippante.

Bref, encore une fois, j’évolue parmis des dingues. Il n’y a qu’ici que je me sens bien, dans mon élément.

Au prochain épisode, je vous en dirai plus sur l’avancée de ma bataille de drague à l’égard du sosie blond de Louis Garrel qui est dans ma promo et si, oui ou non, il finira dans
mon lit (pour l’instant, j’ai son numéro, c’est déjà ça).

*Ungoliant : dans les écrits de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), il s’agit d’une araignée mythique géante issue des ténèbres. Or ma voisine lui ressemble étrangement…

Ainsi vices(me)

 Par Diane

 

Un beau matin tiède de printemps, je me réveillai ma foi plutôt de bon poil,l’oeil vif et le petit coeur gonflé d’une matinale espérance en l’avenir proche, à savoir la journée à venir. Après avoir envoyé un petit doigt de pied en éclaireur hors de la couette pour vérifier si le milieu extérieur n’était pas trop hostile et avoir constaté avec satisfaction
que la température ambiante y était plutôt douillette, je me lançais donc d’un seul élan volontaire et décidé hors de mon lit , bien décidée à empoigner la vie, la coeur léger et le bagage mince. 
Je me dirigeai donc d’un pied léger (tout en évitant soigneusement le pied du lit qui est très fréquemment l’origine de grandes souffrances pour mon petit doigt de pied -tjrs le
même-) vers la fenêtre en chantonnant gaiement le générique de Candy. Les petits oiseaux se mirent à gazouiller à ma vue, et tandis qu’ils finissaient d’étendre mon linge sur le fil, je
remarquais avec plaisir que les bourgeons du cerisier du japon avaient éclos dans une exquise farandole nacrée. Je décidais donc avant d’aller contenter mon estomac de m’offrir quelques minutes de méditation au milieu des gazouillis mélodieux et des fragrances enchanteresses de mon jar-din extraordinaireu (où il y a des canard-eu qui parlent anglais.)
 
…..Pouic pouic.
……..comment ça pouic pouic?
……..Pouic pouic.
 
Ici la tour centrale, bruit suspect perturbateur de méditation matinale. Activation du mode recherche de colibri avec cancer de la gorge ou de De Funès planqué dans les buissons.
Négatif.
Eh bien non, après quelques recherches, je localise le bruit en question et découvre qu’il s’agit du chien des voisins qui s’amuse gentiment (quel trésor!), comme il aime à le
faire aussi en pleine nuit vers 4 heures du matin, avec son petit jouet musical qu’il mord frénétiquement jusqu’à rupture de deux ou trois de mes neurones…
 

POUIC POUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUIC POUICPOUICPOUICPOUICPOUICPOUIC
Les oiseaux se sont pendus à la corde à linge, et le cerisier fait une gueule de saule pleureur.
Du coup j’ferme la fenêtre.

Bien décidée à ne pas voir mes espérances détruites (et pas seulement de Schubert), je fais fi de ces broutilles et sort de chez moi, pour au bout de 10 pas, magistralement glisser
sur une grosse bouse foireuse de caniche gastriquement perturbé et repreindre à l’occasion mes belles bottes en daim dans le plus pur style caca d’oie. (avec grumeaux sil vous plait)
Maudissant au passage les décérébrés congénitaux qui ne sont pas foutus de faire marcher la vague bouillie glavieuse qui leur sert d’encéphale plus de 30 secondes pour aller faire
chier leur clébard 50 cm plus loin alors même qu’ils développent des trésors d’ingéniosité quand il s’agit de trafiquer la chaine porno du satellite, je me rends jusqu’à mon arrêt de bus en grinçant des dents et, petit poucet foireux, en laissant derrière moi quelques traces vaseuses et odorantes de mon passage. (le caca d’oie se marie bien avec le gris du bitume, c’est ravissant)

Je pénètre donc à moitié puante mais digne dans mon bus, repère une place libre à côté d’un beau spécimen de ouaiche-ouaiche avec toute la panoplie casquettedecôte-chaineenorquibrille-calbuteapparent-4litresdecalvinklein (ce dernier point ayant au moins l’avantage de camoufler mon envoutante senteur de fion de caniche moisi), et pose mon séant séant. Et figurez vous que voilà t’y pas que le jeune homme en question sort son portable qui, ô joie, fait aussi MP3, et fait partager à force décibels et à tous ses petits camarades de trajet l’incommensurable délectation de pouvoir jouir d’une sorte de diarrhée « musicale » , que « la société ça craint, la société elle a que des problèmes, la société elle a mauvaise haleine ».
Je tente de me consoler en me disant que ce pauvre adolescent arrogant et acnéique ne réalise même pas le pathétique de sa situation,  qu’il est persuadé que c’est trop classe
ce qu’il fait car faire chier les autres ça rend supérieur aux autres, de la même façon qu’il est également persuadé que son pauvre petit début de duvet clairsemé dont les trois poils et demi se débattent sous son nez est une fière et virile moustache de mâââle dominant option mafia italienne.(ça va avec les posters de tony montana dans sa chambre)
Et c’est ainsi que dans la même journée je vis se renforcer considérablement ma foi en l’espèce humaine,  en me voyant gratifier, par un mec qui voulait absolument entrer dans
le métro sans que les gens en soient sortis d’abord ,d’un très élégant « dégage pétasse » agrémenté d’un vigoureux coup de coude dans la clavicule; et au voyage retour du bus, en me faisant littéralement fumer dans la gueule par un pti vieux particulièrement volubile et antisémite qui ne tarissait pas d’éloges sur la politique d’immigration d’Hortefeux, tout en le trouvant, je cite, « trop coulant ».
 
Bref, que ressortais-je de cette journée à part une haine féroce pour les chiens et leurs propriétaires, les vieux, les jeunes, les hommes et les fumeurs?
Eh bien un constat affligeant sur l’incivisme ambiant qui me désespère de plus en plus. Et encore, je vous ai épargné les mecs qui mollardent partout, ceux qui prennent la rue pour
une décharge publique, qui font semblant de regarder ailleurs quand il y a une ptite vieille arthritique avec canne et pied bot qui entre dans un bus bondé, ou ceux que quand tu rentres dans leurs magasins/bureaux, ils font semblant de pas te voir et continuent pendant 20 minutes à jouer au spider solitaire/raconter la grippe intestinale de tantine sophie à leur soeur au téléphone/ plier et replier des pulls pendant qu’on est là, debout, immobiles, à 30 cm d’eux, au bord de mourir de solitude et d’abandon.

Mais s’il y a un truc qui m’énerve encore plus, c’est bien la putain de sdfekpazjefpaj d’IMPUNITE que ces gens là ont. Pourquoi, mais pourquoi est ce que dans 95% des cas, ça fait chier tout le monde, et pourtant personne ne dit rien?

Bon, dans mon cas, j’avoue qu’après m’avoir pris quelques « ta gueule pétasse », « occupe toi de ton cul » et autres joyeusetés dans la tronche, ça a un peu refroidi mes ardeurs justicières du coup…

Mais il suffirait d’un minimum de solidarité humaine (mon dieu que d’idéalisme en moi j’me fais peur des fois), que 2/3 autres personnes se joignent à moi dans le bus pour lui dire
à ce taré congénital que, sa clope, il peut se la foutre au cul, et on aurait un peu plus d’efficacité pour le coup.
Pareil, le pti con qui écoute sa musique à fond dans le bus, est ce que:
1/je lui fait gentiment remarquer qu’il pourrait investir dans des écouteurs et ne pas imposer sa « musique » à tout le monde?
2/je lui pisse à la raie?
3/oeil pour oeil, dent pour dent, je lui fous mon propre téléphone avec stevie wonder à donf dans les oreilles, histoire qu’il se rende compte de lui même que c’est légèrement
agaçant?
 
Bref, si vous avez des solutions intelligentes et efficaces pour ce genre de petites conneries insupportables du quotidien, j’achète.

Répondeur

Bonjour, vous êtes bien sur le blog des vingtenaires mais en raison du manque d’envie et d’inspiration de Nina en ce dimanche, vous n’aurez pas d’article.

Bon, en fait, j’ai eu une idée vers 3h du mat mais j’étais déjà couchée donc  j’allais pas me relever. Puis aujourd’hui, j’étais occupée, je suis allée voter puis je suis allée au match de
rugby avec ma soeur. La  France a gagné mais pas très belle victoire, ma foi.

Bon, je te raconterai plein de trucs sur mon autre blog quand  je m’y mettrai, je vais répondre aux comms aussi puis  en finir avec les catégories, ça me va toujours pas.  On se
retrouve demain pour  de nouvelles aventures ! 

Si tu t’ennuies, tu peux faire un débat politique dans les comms pour dire si t’as voté national  ou local. Moi, j’ai voté national vu que je compte quitter Plume sur Berges dans pas
longtemps. Mais je crois que si  je vais pas dans Paris intramuros,  où que j’atterris, je continuerai  à appeler ma ville Plume parce que c’est trop mignon comme nom.