Où trouver l’homme ? Episode 7 : au stade

(Je rappelle à mon lectorat adoré que tout ceci est une fiction, je ne suis pas blessée au poignet en vrai, c’est pour de rire)

Me voici donc blessée. Une entorse au poignet, c’est pas grave comme dirait le docteur mais c’est quand même un peu handicapant quand on passe sa journée à taper sur un clavier. Et encore, je me plains pas, c’est le gauche, ça aurait pu être pire. Mais j’ai retenu la leçon : les activités sportives pour la drague, c’est pas pour moi, ça ne me réussit pas. Quoi que… Pratiquer un sport ne me réussit pas, certes, mais le mater en collectivité ? Voyons voir un peu.

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Pour les 10 ans du Stade de France, il y avait des places bradées pour le match de rugby France-Italie. A l’époque où j’avais deux poignets valides, j’avais donc pris deux places. Au début, j’envisageais d’embarquer Vicky pour l’initier aux joies du rugby dans un vrai stade et pas sur un canapé avec ma mère qui hurle à côté. Mais la demoiselle étant partie la veille en Australie, je me trouve une autre comparse et pas des moindre : ma sœur. Deux créatures délicieusement plantureuses aux yeux clairs, la blondinette et la brune sauf aux racines (oui, je suis pas sûre de rester brune actuellement, je vais peut-être ré explorer le côté clair de ma chevelure) sont donc au stade. C’est pas la première fois qu’Alice et moi allons ensemble à un match, toutes les deux, et en général, ça plaît pas mal, les deux sœurs toutes seules. Déjà, on croise deux mecs tandis qu’on monte les marches pour rejoindre nos places : « hé, bon match les filles ! ».

Un stade plein de mâles qui aiment le rugby, la plupart venant du sud ouest et les beaux gosses du sud ouest, ça m’émeut toujours, sans doute parce que ça me rappelle mes origines toulousaines. Ou parce que ce sont les plus beaux, tout simplement. Le pourcentage de femmes célibataires me paraît pas bien élevé, il me semble que je suis plutôt bien barrée, sauf que j’ai quand même un handicap de taille, il fait même 1m56 (selon sa carte d’identité) : Alice. Non parce que les mâles en stade marchent par grappe et je ne vois pas trop comment draguer avec un binôme en couple et rigoureusement fidèle. Faut savoir qu’Alice, elle n’a qu’un style de mec : Anthony. En plus, draguer devant ma sœur, c’est un peu bizarre, même si je l’ai déjà fait. Je suis pas très pudique !

Le match commence. Bonne nouvelle, on mène. D’un autre côté, les Italiens auraient gagné, j’aurai ramené un supporter italien, ils sont beaux aussi même s’ils sont beaucoup moins nombreux. Alors, profitons d’un petit arrêt de jeu pour mater un peu mes entourages, histoire de verrouiller quelques cibles. Oui, je fais en gros, là, j’affinerai plus tard. Bon, là, dans mes entourages immédiats, c’est pas trop ça. On est un peu au milieu de familles, y a même un gosse qui nous a bien beuglé la Marseillaise dans les oreilles. On sent qu’il y connaît pas grand chose le petit, il crie un peu à contre temps. Bon, je mate un peu le père, ne sait-on jamais. Après tout, dans mon immeuble, le beau gosse de service, c’est le père des deux furies qui me réveillent tous les samedi matins à 9h30 en pleurant comme des malades devant ma porte. Mais là, non, c’est pas le cas. Bon, ils sont où les beaux gosses ? Ah, plus bas, ça s’agite bien, ça veut faire la ola en permanence, ça sent le jeune. Mais là, c’est loin. Bon, je vais attendre la fin du match et le bain de foule pour récupérer le métro.

Fin du match, Alice et moi ne nous pressons pas trop, on essaie de trouver le chemin le plus court. Comme je lui ai expliqué que quand je marche dans la foule, je peux pas m’empêcher de jouer la voiture et de faire « gniaaaaaaaan » dans ma tête quand je croise ou double des gens, on joue à ça. On double les gens en rigolant et à un moment, on se rentre dedans sans que ça soit calculé. Ca nous fait bien rire. Le côté barjot, ça doit être génétique. Bon, suite à un bain de foule, nous voici dans le métro. Pas de beaux mecs mais des joyeux drilles qui crient en racontant des blagues « et alors, jé lui démande ung cinquante et hein ! » . Ils ont plus que l’âge de mon père donc forcément, y a rien à emballer mais ça nous fait bien marrer, c’est toujours ça de pris.


Retour chez moi. Conclusion : la prochain fois que je veux draguer au stade, je prie très fort pour tomber au milieu d’un car de jeunes et beaux supporters, pas dans le carré familial. Puisque c’est ça, la semaine prochaine, je vais mater le match dans un pub.

Où trouver l’homme ? Episode 6-2 :aux urgences

(Je rappelle à mes lecteurs chéris que tout ceci est une fiction et qu’en vrai, j’ai pas foutu les pieds aux urgences depuis 97, quand j’ai fait mon allergie à l’aspirine. Mes deux poignets vont très bien)

Me voici donc aux urgences. Après avoir attendu x temps à relire des vieux magazines people pour tuer le temps, me voici enfin dans une salle d’examen à attendre le docteur. LE, sexe masculin, à priori. Il n’empêche que je me moquais de la news de Britney Spears qui était enceinte la semaine dernière mais apparemment, elle serait possiblement enceinte de son paparazzo, les experts ne se prononcent pas. Grossesse ou mauvaise alimentation ? Le bidou s’arrondit alors finalement, avec mon
magazine qui date d’il y a deux ans, je suis pas si larguée. Mais revenons à mon docteur, ça compte plus que les aventures de Britney qu’on n’arrive plus à suivre, de toute façon.

Donc voici le docteur qui rentre… Bon, ce n’est pas George Clooney mais il a du charme quand même. On va sourire, c’est toujours plus sympa. Il me le rend bien, c’est bien
engagé ! Je lui raconte un peu mes mésaventures palpitantes et il répond en blaguant « ah, les enfants, c’est plus dangereux qu’on ne le croie ! ». On est sur la même longueur d’ondes, doc. Il examine mon poignet, le tourne, je grimace, je laisse échapper un sifflement de douleur. Je crois même que j’ai mes yeux qui pleurent un peu.

« Ce n’est rien, juste une petite entorse ! ».

Ce n’est rien, ce n’est rien… Bah, tiens, j’aimerais t’y voir toi ! Ok, on ne m’amputera pas mais j’ai très très mal et j’ai envie de prendre n’importe quoi pour ne plus avoir
mal. Pourquoi les médecins minimisent toujours nos bobos ? C’est quand même une entorse, c’est pas comme si je simulais ! Là, il perd des points le docteur pas si choupinou.

« On va vous faire un petit bandage et ça ira mieux ! ». Alors déjà, c’est pas en minimisant le bandage que je vais guérir mais surtout, je suis pas débile. Ca me
fait penser quand on était petit et que les parents nous faisait un bisou sur notre bobo pour nous « guérir ». Petite, je tombais souvent, étant plus tête en l’air que terre à terre. Et bien je vous promets qu’un bisou, ça ne soigne pas les écorchures et que quand on met de l’alcool dessus, ça pique très fort. Mais revenons à mon médecin, mon entorse « pas grave » et mon « petit » bandage. Il me donne quelques conseils pour vivre au mieux mon entorse. « Vous vivez seule ? ». Oui. « Ah, charmante comme vous êtes, c’est étonnant ». C’est qu’il marquerai des points le docteur choupinou. Bon, allez, je vais lui sourire à nouveau. Après tout, ramener un docteur à la maison, ça fera plaisir à papa, ils pourront parler médecine.

On discute un peu, il me demande ce que je fais dans la vie, je ne peux pas lui demander la même chose (je le sais déjà) donc je pars un peu en impro du one woman show en imaginant ma vie de future grande blessée de guerre. C’est pas que je sois hyper manuelle et je suis pas du tout gauchère mais un poignet de moins, c’est un peu lourd, surtout quand on passe la journée à taper sur un clavier. Et là, crucifixion moins 3 secondes : « oui, mon copain s’est cassé le métacarpe l’an dernier, c’était une horreur ». Son copain ? De quoi ? Non mais c’est une blague ou quoi ? Résumé de la situation : j’ai une entorse « pas grave » au poignet gauche, j’ai poireauté je ne sais combien d’heures dans un hôpital qui sent l’hôpital à lire des magazines qui se décomposaient limite entre mes doigts tellement ils étaient vieux à ne pas voir la queue d’un mec (au premier degré à lire, ma phrase) et quand je vois enfin un homme, un vrai, un docteur, il est gay.

C’est là qu’on dit fuckin’ karma non ? De toute façon, sortir avec un médecin pour une fille de docteur, c’est d’un cliché, ça fait un peu trop complexe d’Œdipe. Et puis les
écouter parler médecine, ça m’aurait emmerdé de toute façon. Non, vraiment, c’est mieux comme ça.

Bon, avec mon poignet, il est évident que je vais arrêter les activités sportives pour draguer, ça ne me réussit pas, de toute façon. Mais c’est pas grave, j’ai des billets pour un
match de rugby pour me consoler. La semaine prochaine, je drague donc au stade.

 

PS : Matt, désolée, j’ai pas fait de jeu de mot merdique avec le gros thermomètre du docteur !