Aujourd’hui, abordons le transport préféré de la plupart des gens : la voiture. Et en général notre voiture à nous qu’on aime et que même des fois, on lui donne un nom. A y penser, je n’ai jamais nommé ma bonne vieille Clio, tiens. Maintenant, c’est trop tard, nos destinées se sont séparées.
Jusqu’à ce que je vive à Paris, je faisais tous mes longs trajets en voiture ou presque. Quand j’étais petite, on allait à la mer en voiture non climatisée. La montagne pareil. Je me souviens des gigantesques embouteillages au péage d’Albertville, mm. D’ailleurs, une année, on est partis tellement tôt pour éviter la foule qu’on s’est retrouvés comme des cons à la station à 9h du matin alors que les chambres n’étaient disponibles que vers midi. Je vois plusieurs avantages à la voiture. En premier lieu, les horaires : on part à l’heure qu’on veut
ou à peu près. On se fixe une heure de départ mais on n’est pas à cinq minutes près alors que le train ou l’avion (quand ils sont à l’heure), à cinq minutes près, tu le rates. En plus, en voiture, tu gères ton temps comme tu veux. Si tu es fumeur, tu peux fumer directement dedans ou t’arrêter à une aire quand tu veux.
Autre avantage non négligeable : la tranquillité. Enfin, tant qu’on n’a pas d’enfants. Mais comme le dit le vieil adage : les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens. Donc dans un avion ou un train, un gosse qui gueule, ça vous ennuie. Dans la voiture, un gosse qui gueule, c’est le vôtre. Parce que dans le train ou l’avion, faut quand même supporter le regard outré des autres voyageurs qui n’aspirent qu’à de la tranquillité et il arrête de brailler ce con de mioche oui ? Ceci étant dit, j’ai une patience très limitée voire inexistante dans ce domaine. Autant les bébés, je ne dis rien parce qu’un bébé n’a que ses pleurs pour s’exprimer et ne comprend pas la notion de « chut, tu déranges les gens », autant y a un âge où l’impassibilité des parents face à leur progéniture bruyante m’agace un peu. Surtout qu’à sa place au mioche, il m’aurait rien manqué… Donc dans la voiture, tu écoutes la musique que tu veux, tu peux dormir dans un cadre paisible si tu es le passager… Et si tes gosses ne sont pas sages, tu fais comme ma mère : tu t’arrêtes à une station d’autoroute, tu fais descendre les enfants et tu les menaces de les laisser là s’ils ne se calment pas. Radical.
Mais la voiture, c’est pas toujours le pied non plus. Bon, déjà, y a la coût : avec le prix de l’essence, je pense sincèrement qu’un aller-retour Paris-Toulouse en avion coûte moins cher que le trajet en voiture. Mais surtout, en voiture, tu es moins détendu puisqu’il faut rester vigilant : quand on conduit, on ne s’endort pas. Sinon, c’est la catastrophe. D’ailleurs, on a plus de chance d’avoir des accidents en voiture qu’en train ou avion (même si on a moins de chances d’en mourir). Donc on s’en fout bien de la tranquillité, on ne peut pas se
reposer ! Si on est seuls, on peut au moins chanter à tue tête avec la radio, ça maintient éveillé et ça rend de bonne humeur.
Mais surtout, en voiture, l’enfer, c’est les autres. Pas comme dans les transports en commun où on reproche surtout aux autres leur bruit (ou leur odeur de sandwich au pâté). Là, les autres sont des dangers permanents pour nous puisqu’eux ne savent pas conduire alors que nous oui. Et qu’eux sont des abrutis de partir en vacances en même temps que nous. Comme dirait ma mère « on dit que les gens n’ont pas d’argent et pourtant, ils partent tous en vacances! ». Ben oui, en voiture, on s’énerve et on tombe vite dans une mauvaise foi hallucinante. Alors on distribue les connards et connasses à des gens qui n’entendront pas nos insultes (ce qu’on est courageux quand on ne risque rien), on distribuera quelques doigts, on fera exprès de mettre deux heures à se remettre sur la file de droite pour faire chier le Fangio de derrière qui nous fait des appels de phares depuis une heure (ben oui, j’ai qu’à me ranger sous le camion, moi aussi)…
Bref, la voiture, ça a des côtés bien pratiques mais un défaut majeur : ça fait ressortir le pire de nous. Et pour peu qu’on ne trouve pas de place pour se garer à l’arrivée, le premier jour des vacances sera clairement placé sous le sceau de la mauvaise humeur.









