Hé, regarde, papa, il double !

Aujourd’hui, abordons le transport préféré de la plupart des gens : la voiture. Et en général notre voiture à nous qu’on aime et que même des fois, on lui donne un nom. A y penser, je n’ai jamais nommé ma bonne vieille Clio, tiens. Maintenant, c’est trop tard, nos destinées se sont séparées.

Jusqu’à ce que je vive à Paris, je faisais tous mes longs trajets en voiture ou presque. Quand j’étais petite, on allait à la mer en voiture non climatisée. La montagne pareil. Je me souviens des gigantesques embouteillages au péage d’Albertville, mm. D’ailleurs, une année, on est partis tellement tôt pour éviter la foule qu’on s’est retrouvés comme des cons à la station à 9h du matin alors que les chambres n’étaient disponibles que vers midi. Je vois plusieurs avantages à la voiture. En premier lieu, les horaires : on part à l’heure qu’on veut
ou à peu près. On se fixe une heure de départ mais on n’est pas à cinq minutes près alors que le
train ou l’avion (quand ils sont à l’heure), à cinq minutes près, tu le rates. En plus, en voiture, tu gères ton temps comme tu veux. Si tu es fumeur, tu peux fumer directement dedans ou t’arrêter à une aire quand tu veux.

Autre avantage non négligeable : la tranquillité.  Enfin, tant qu’on n’a pas d’enfants. Mais comme le dit le vieil adage : les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens. Donc dans un avion ou un train, un gosse qui gueule, ça vous ennuie. Dans la voiture, un gosse qui gueule, c’est le vôtre. Parce que dans le train ou l’avion, faut quand même supporter le regard outré des autres voyageurs qui n’aspirent qu’à de la tranquillité et il arrête de brailler ce con de mioche oui ? Ceci étant dit, j’ai une patience très limitée voire inexistante dans ce domaine. Autant les bébés, je ne dis rien parce qu’un bébé n’a que ses pleurs pour s’exprimer et ne comprend pas la notion de « chut, tu déranges les gens », autant y a un âge où l’impassibilité des parents face à leur progéniture bruyante m’agace un peu. Surtout qu’à sa place au mioche, il m’aurait rien manqué… Donc dans la voiture, tu écoutes la musique que tu veux, tu peux dormir dans un cadre paisible si tu es le passager… Et si tes gosses ne sont pas sages, tu fais comme ma mère : tu t’arrêtes à une station d’autoroute, tu fais descendre les enfants et tu les menaces de les laisser là s’ils ne se calment pas. Radical.

Mais la voiture, c’est pas toujours le pied non plus. Bon, déjà, y a la coût : avec le prix de l’essence, je pense sincèrement qu’un aller-retour Paris-Toulouse en avion coûte moins cher que le trajet en voiture. Mais surtout, en voiture, tu es moins détendu puisqu’il faut rester vigilant : quand on conduit, on ne s’endort pas. Sinon, c’est la catastrophe. D’ailleurs, on a plus de chance d’avoir des accidents en voiture qu’en train ou avion (même si on a moins de chances d’en mourir). Donc on s’en fout bien de la tranquillité, on ne peut pas se
reposer ! Si on est seuls, on peut au moins chanter à tue tête avec la radio, ça maintient éveillé et ça rend de bonne humeur.

Mais surtout, en  voiture, l’enfer, c’est les autres. Pas comme dans les transports en commun où on reproche surtout aux autres leur bruit (ou leur odeur de sandwich au pâté). Là, les autres sont des dangers permanents pour nous puisqu’eux ne savent pas conduire alors que nous oui. Et qu’eux sont des abrutis de partir en vacances en même temps que nous. Comme dirait ma mère « on dit que les gens n’ont pas d’argent et pourtant, ils partent tous en vacances! ». Ben oui, en voiture, on s’énerve et on tombe vite dans une mauvaise foi hallucinante. Alors on distribue les connards et connasses à des gens qui n’entendront pas nos insultes (ce qu’on est courageux quand on ne risque rien), on distribuera quelques doigts, on fera exprès de mettre deux heures à se remettre sur la file de droite pour faire chier le Fangio de derrière qui nous fait des appels de phares depuis une heure (ben oui, j’ai qu’à me ranger sous le camion, moi aussi)…

Bref, la voiture, ça a des côtés bien pratiques mais un défaut majeur : ça fait ressortir le pire de nous. Et pour peu qu’on ne trouve pas de place pour se garer à l’arrivée, le premier jour des vacances sera clairement placé sous le sceau de la mauvaise humeur.

La rancune est-elle toujours mauvaise conseillère ?

(Message garanti 100% sans messages cachés, personne n’a donc à se sentir visé, je précise)

Dans la vie, j’ai moults défauts mais s’il y en a un que je n’ai pas, c’est la rancune. En gros, on me demande mon pardon, je le donne sans trop discuter car je trouve toujours que « tout ça ne vaut pas la peine de rester fâché ». Et il y a des fois où, effectivement, rester fâché par principe est ridicule surtout que je trouve que ça bouffe de l’énergie pour rien. Moi, je suis plutôt adepte du précepte chinois ou arabe : « regarde la rivière couler, tu y verras le corps de ton ennemi flotter ». En gros, laisse la vie gérer le retour de bâton, on ne peut pas se comporter comme une immonde ordure sans se prendre une baffe un jour.

Sauf que. L’autre jour, je discutais avec Pink qui avait pour idée de lancer la semaine de la réhabilitation. Pour ceux qui auraient la flemme de lire son article (hum), l’idée est qu’en gros, on devrait lancer une semaine où toutes les personnes qui ont eu un comportement goujat s’excusent. En gros, opération soigne ton karma. Mais dans sa vision, elle estime que des excuses ne méritent pas forcément un pardon et qu’il ne doit en aucun cas être exigé. Sur le coup, je lui dis que je ne trouve pas très charitable de ne pas récompenser ce genre de démarches mais finalement, à bien y penser, elle a raison. Je sais qu’il y a quelques cas où si la personne venait me présenter des excuses, je lui cracherais littéralement à la figure avant de lui claquer la porte au nez. Non pas que je ressente colère ou rancune, ni même désir de vengeance : les sentiments négatifs sont en général à l’image d’un orage d’été chez moi : ça pète, ça fait du bruit et le lendemain, c’est comme si de rien n’était. J’oublie, je range ça dans un dossier mental que je n’ouvre plus. Alors pourquoi refuser le pardon ? Parce que certains ne méritent pas d’avoir la conscience tranquille.

Dans la vie, on a le choix : certains font celui de faire du mal sciemment à une personne. Revenir quelques temps après la queue entre les jambes en prononçant quelques « excuse-moi », c’est un peu facile. Même si certains en sont génétiquement incapables, certes. Le truc, c’est que présenter des excuses ne veut pas dire qu’on est conscient du mal qu’on a pu faire. Parfois, une insulte balancée peut marquer une personne au fer rouge et rester douloureuse pour peu qu’on appuie dessus. Alors le bourreau, il peut bien s’excuser avec des yeux humides, ça n’arrangera pas le mal causé chez sa victime.

Alors je me pose la question : faut-il accorder facilement son pardon, comme une personne généreuse et bonne d’âme ou au contraire, être impitoyable, garder toujours vivace la flamme de la colère pour ne pas oublier l’humiliation ? Perso, je l’ai déjà dit, je trouve que tout ça équivaut surtout à une perte d’énergie et mon énergie, je préfère l’investir dans des choses plus positives et productives. Bien que la vengeance soit parfois un très bon moteur d’imagination mais c’est pas le sujet. Mais finalement, refuser son pardon ne
peut-il pas être signe de vertu et de générosité ? Faire comprendre à la personne que son comportement a cassé quelque chose de façon irrémédiable pour éviter qu’elle ne recommence ? Après tout, je me dis que seuls les débiles profonds ne tirent aucun enseignement de leur vécu. Sauf que le risque est que notre geste follement altruiste (si, si) soit pris comme un affront : « quelle
conne, elle se prend pour qui ? » et que dans l’histoire, personne ne sorte vainqueur de la bataille. Navrant pour tout le monde.

Je veux pas dire mais la vie, elle est quand même plus facile dans les séries AB où ils se pardonnent toujours.

Jeu flash cinéma !

Bonjour, bonjour,

J’ai dans ma main deux places gratuites pour le film La cité des hommes de Paulo Morelli que je n’ai aucune envie d’aller voir, il faut dire ce qui est. Ce sont des places qui fonctionnent dans toutes les salles de cinéma sauf week-ends et fêtes. Donc dans ma grande générosité, plutôt que de les jeter ou de les laisser moisir dans mon sac, je les fais gagner ici même. Comme ce n’est pas non plus un lot de malade, on va faire un jeu simple.

Sur cette capture d’écran, j’ai caché le nombre de commentaires à la corbeille (soit des doublons, soit des trolls). Cette corbeille n’a pas été vidée depuis un an donc à vous de deviner combien il y en a. Celui qui se rapproche le plus gagne. Si deux personnes sont au même écart, c’est le nombre inférieur qui gagne.

Puis sinon, comme je suis lourde et que j’aime me répéter, merci de penser au jeu de la lose des vacances, ça me ferait plaisir,
quand même. Surtout qu’à la rentrée, je pense recruter quelques nouvelles plumes, j’ai déjà des idées mais si je peux me faire surprendre par des participants au concours, ce serait tout aussi bien.

Bonne journée à tous.

EDIT (de blonde): On joue jusqu’à lundi matin ou dimanche soir minuit, au choix.

Où trouver l’homme ? Episode 17 : à la plage

(Je rappelle à mon aimable lectorat que tout ceci n’est qu’une fiction. Moi, à la plage, je drague pas et pour cause : je suis écrevisse. Et en plus, au bout d’un moment, je pèle)


A la recherche du prince charmant

Force est de constater que les intellectuels ne me réussissent pas. Entre le dandy morvophobe du musée et les pas causants de la bibliothèque, je fais chou blanc. Alors puisque c’est l’été et qu’il fait beau, je pars draguer à la plage, logique.

[Générique alerte à Malibu : ‘Cause I’m always there, I won’t let you out of my sight. I’ll be there–never you fear, I’ll be there–forever and always, I’m always here.]

La plage, c’est le lieu romantique par excellence, souvenons nous de nos premiers émois adolescents quand Roch Voisine nous chantait les amours à la plage, tout comme Niagara mais pas de la même façon. Si vous lisez les magazines féminins, vous savez pourquoi les vacances sont propices à l’amour. Pour les autres, je résume : en vacances, on est plus détendus, pas de conventions sociales, blabla, personne ne nous connaît blabla. Si on rajoute à tout ça le facteur « tous nus et tous bronzés » de la plage (enfin, le nu, moi, je mets un maillot quand même, je trouverais ridicule d’avoir les fesses carbonisées), ça fait des étincelles.

Le problème majeur de la plage, c’est la concurrence déloyale. D’un côté, les naîades locales : bronzées, foutues comme des déesses grecques avec des muscles saillants, très douées en beach volley, beach foot, beach ce que tu veux et en bandes bruyantes : on ne voit qu’elles. De l’autre moi : blanche comme un bidet, les chairs molles vu que la drague au sport n’a rien donné, a du mal à tenir sur le sable avec ses tongs et le sable ça brûle et seule. Dès le départ, y a comme un déséquilibre. Même ma poitrine Pamela Andersonienne ne fait pas s’agiter les foules. Peut-être devrais-je acheter un maillot rouge ? Quoi que moi, quand je cours, mes seins ballottent, ce qui est normal pour des vrais.

Nous voici donc avec un sacré handicap dès le départ mais on va dire que je suis audacieuse et que je tente quand même ma drague. Quitte à être au bord de la mer, autant rentabiliser. Seulement, il y a quelques obstacles. D’abord, comment être sûre de trouver du beau gosse de mon âge à la plage. Parce que là, je regarde, y a du père de famille, du papy avec le maillot remonté jusqu’à la taille, du jeune ado prometteur mais là, faut pas pousser… Ah, un  beau gosse de mon âge, là ! Mais c’est quoi cet appendice étrange et chevelu tout tortillé autour de lui ? Ah, c’est sa copine… Bon, c’est bon, elle va le lâcher maintenant… Elle veut pas lui pisser dessus pour marquer son territoire tant qu’elle y est ? Cette jeunesse alors, aucune pudeur.

Ah, j’en repère un autre. Seul. Cool. Bon, il lit, je suis censée en faire autant (pour éviter qu’on voit que je mate outrageusement). Comment lancer le dialogue ? Je peux lui demander le classique « tu voudrais me mettre de la pommade dans le dos ? » mais sa serviette est légèrement loin. Bon je me lève, secoue la mienne et la ré étale plus proche. Bon, va lui demander pour la crème maintenant… Oui mais là, il lit et il va pas apprécier d’avoir les mains toutes grasses après. Il n’a pas un jeu de raquette ? Non. Moi non plus… Faut dire que prendre un jeu de raquette quand on est seul est passablement ridicule. Je lui demande ce qu’il lit ? Totalement nase comme abordage mais si j’étais douée, ça fait longtemps que cette saga serait finie. Alors que je tergiverse, il se lève et commence à plier ses affaires. Bon, je fais ma poseuse, je prends un air alangui, cheveux détachés qui roulent sur mon dos au gré du vent (dos un peu rouge mais passons), du sable doré est collé sur ma peau, je suis au top de ma séduction. Le but ? Qu’il me repère. Demain, on passe aux choses sérieuses.

Sauf que la plage est grande. Et qu’évidemment, je ne l’ai jamais revu. Par contre la vieille fille avec son gros chien qui se secoue à un mètre de ma serviette, oui [le passage sur le chien n’est pas fictionnel et si vous pensez que sa connasse de maîtresse s’est excusée, c’est que vous êtes aussi naîf que moi quand j’ai cru que le mec qu’on a croisé en bas de l’immeuble de vacances et qui nous a vu avec nos sacs allait nous attendre avec l’ascenseur ou au moins nous le renvoyer.].


A nous de vous faire préférer le train

Apparté personnelle : mouahahah

Le train et moi, c’est une longue histoire d’amour, ça fait trois ans que j’écris ici mes loses en la matière et Dieu sait qu’il y a à dire. Là, encore, pour rentrer chez mes parents, je n’ai eu que 10 mn de retard mais le jeu n’était pas là. Normalement, sur cette ligne, on a droit à un corail Teoz magnifique, ach’ment mieux qu’un TGV mais quand j’arrive sur le quai, je constate qu’il s’agit d’un corail tout pourri. Bon, c’est pas dramatique, je compte dormir de toute façon. Mais la SNCF  est joueuse : mon numéro de place sur le billet n’est pas le bon et faut regarder sur un tableau à quelle place je dois m’asseoir finalement. Mais comme personne ne nous le dit, tout passager qui rentre n’est pas au courant et on s’amuse à tous se renvoyer d’une place à une autre parce que « non, ça a changé, il faut regarder le tableau! » sauf que personne ne comprenait dans quel sens ça marchait (enfin, si, c’était simple mais encore faut-il savoir lire un tableau et c’est pas donné à tout le monde, apparemment).

 

Le train, y a des trucs que j’aime bien et essentiellement deux : quand je regarde par la fenêtre, je vois autre chose que des nuages et j’arrive direct en centre ville donc je ne perds pas trop de temps. Et puis dans le train, même si y a des fois des mecs qui passent pour nous vendre à boire et à manger, ils ne nous réveillent pas pour ça alors que dans l’avion, si. Ceci étant dit, dans le train, on est réveillé par les contrôleurs vérifiant nos billets, c’est pas forcément mieux, c’est vrai. En plus, si le train berce bien plus que l’avion, on s’arrête aussi plus souvent, ce qui casse un peu le rythme du sommeil.

Mais surtout, ce qui est problématique en train, ce sont les bagages. Il n’y a pas d’espace pour les ranger, du moins pas assez. Dès que je pars avec ma grosse valise, c’est la prise de tête. Impossible de la mettre dans les porte bagages au dessus de la tête : elle est déjà trop lourde puis en plus trop large : elle va forcément tomber et ça peut faire très mal. Quant aux espaces bagages à l’entrée du wagon, ils sont saturés sauf l’étage du haut mais on en revient au problème premier : trop lourd pour moi. Une fois sur deux, je suis obligée de
l’abandonner dans un espace libre et là, c’est parti pour la parano : et si on me piquait ma valise pendant un arrêt ? Parce que si tant est que ça arrive, je suis mal : la SNCF a clairement spéculé sur mon billet qu’elle n’est pas responsable de ma valise. Donc si une personne décide de descendre avec MA valise, je n’aurai plus que mes yeux pour pleurer. C’est vraiment le problème majeur du train : on a quand même moins de place individuellement que l’avion, on est encombrés par les bagages, je n’aime pas du tout ce côté là.

Autre joie du train : les retards. Bon, il y en a aussi dans les avions mais la magie du train, c’est que même si tout ne fonctionne pas forcément, on lance le convoi, des fois que ça tienne. Du coup, on peut tomber en panne en pleine voie. Alors on en meurt pas mais dépanner un train, c’est long. Très long. De plus, pour une raison qui m’échappe totalement, la clim se bloque automatiquement dès qu’on dépasse les 35° à l’extérieur. Donc s’il fait très chaud dehors, vous serez cuits à la vapeur dedans, si c’est pas sympa ça quand même ! Hammam gratuit pour tout le monde.

Enfin, le train est un transport plus familial que l’avion même s’il n’est pas forcément moins cher in fine, surtout s’ils suppriment la carte famille nombreuse comme annoncé. Du coup, partir en train durant les vacances, c’est souvent prendre le risque d’avoir de charmants bambins qui assurent l’animation… Et c’est pas forcément sympa, surtout si l’animation en question se trouve sur le siège derrière et vous file un paquet de coups de pieds.

Bref, en fait, le train, c’est juste bien parce qu’on reste au sol, c’est moins polluant (mais des fois, ça fait des feux de broussailles) et on va de centre ville à centre ville. Mais allez savoir pourquoi, c’est toujours un peu plus la galère que l’avion.

Mes fesses ne sont pas un espace public

Hier, je vous avais promis un article sur le train aujourd’hui, le voici. Mais pas celui que j’avais prévu qui était la suite du cahier de vacances. Pas non plus un où je raconterais que le train est arrivé en retard parce que, curieusement, je n’ai eu aucun problème. Enfin, aucun problème avec le train.

Le voyage commence plutôt bien : train à l’heure et relativement désert pour un dimanche soir. A côté de la place qui m’est réservée dort une nana avachie qui déborde un peu de mon côté. C’est pas grave, en face, il y a une banquette de vide, je vais m’y installer. Je jette joyeusement mes affaires partout, fais coucou à papa-maman jusqu’à ce que le train parte. Il faudra que je fasse un jour un article sur ce moment un peu ridicule où tout le monde se fait coucou et que je me sens très gourdasse. A peine le train parti, un  gars de
type altermondialiste qui revient d’un festival (il y en a plein dans mon sud ouest en été) arrive et me signale qu’il est assis à côté de moi. Je le salue poliment et pousse tout mon barda en m’excusant puis je me plonge dans la lecture de mon roman tout en regardant dehors ce qu’il se passe.

A un moment, j’ai comme une sensation bizarre juste en dessous de la fesse droite, sur le haut de la cuisse, comme si j’étais assise sur quelque chose. Je réfléchis à ce que j’ai pu mettre dans ma poche, pensant de suite à mon portable mais non, il est dans mon sac. Bon, peu importe. Je retourne à ma lecture et là, j’entrevois quelque chose dans mon champ de vision : la main de mon voisin est légèrement glissée sous ma cuisse, c’est ça le truc. En fait, il est assis de biais, tourné vers moi, son pouce glissé dans l’espace entre nos deux sièges et ses doigts sous ma cuisse, donc. Sur le coup, je pense qu’il dort donc je ne dis rien, ne sachant trop depuis quand ça dure. J’essaie de reprendre ma lecture en chassant deux insectes qui m’attaquent. Super, je suis légèrement entomophobique, il va être long le voyage.

Mon voisin bouge. Il ne dort pas, en fait. Là, y a problème. Je serre un peu les fesses, je me débarrasse pas de sa main. Bon, je reste dans mon bouquin, ça va le décourager. Sa main reste en place. Quand on arrive en gare suivante, ses doigts bougent et me caressent la cuisse. Là, je me sens oppressée, je vais hurler. Heureusement, deux vieilles filles arrivent et nous réclament les places : moi, je savais ne pas être à la mienne mais manifestement, lui non plus. Je retourne à la mienne et quelques instants après, la nana avachie est dégagée par un mec de type militaire (et il l’était, d’ailleurs, il avait une carte quand il a été contrôlé). Au moins, avec lui, j’étais plus tranquille.

Là, j’étais furax. Contre le tripoteur bien sûr, contre les contrôleurs qui ne passent jamais, contre la vache verte mollasse qui prenait deux banquettes alors qu’elle n’était pas à sa place. Puis finalement, j’étais surtout en colère contre moi. Non pas que j’aurais pu avoir quoi que ce soit qui attire ce genre de comportement : t-shirt et pantalon, on a connu plus sexy. Quand bien même j’aurais été en mini robe parce qu’on est quand même en été, personne n’a à me toucher sans mon autorisation. Mais j’aurais dû lui dire d’arrêter, me rebeller. Le mec m’a touché la fesse pendant 30 bonnes minutes et je me suis contentée de l’ignorer. Evidemment, je me voyais mal faire un esclandre dans un espace aussi confiné et calme qu’un wagon de train (y avait pas un bruit) mais j’aurais dû faire quelque chose, lui dire d’arrêter. Je suis en colère contre ma lâcheté.

Alors c’est sûr, il n’y a pas mort d’homme, il existe des dizaines et des dizaines d’agressions plus graves. On m’a déjà touché les fesses dans la rue, parfois dans le métro mais là, on ne sait jamais si c’est volontaire ou accidentel aux heures d’affluence. Le problème, c’est de voir qu’une nana ne peut pas voyager tranquille sans subir ce genre de choses. Se faire draguer est une chose, ça m’arrive parfois dans le train sans que je comprenne pourquoi puisqu’en général, pour les 5 à 6 heures de train que je dois me taper, je ne me maquille pas, m’habille n’importe comment et vu que je dors les trois quarts du trajet, je ne parle même pas de la coiffure expérimentale. Mais je ferme poliment la porte. Là, le mec a franchi les limites.

Et je n’ai rien dit. Pour ceux qui me suggèreraient de poser une main courante, je sais pas si c’est possible : je ne sais pas où il est monté ni descendu. J’ai vu un mec à l’arrivée de Paris, je n’étais pas sûr que c’était lui : j’étais persuadé qu’il était blond avec un pantalon jaune mais là, il y en avait un coiffé pareil, châtain clair avec un pantalon vert… Impossible de savoir si c’était lui ou pas…Je suis nulle comme témoin.

Nina la brute

Dans la mesure où je n’ai aucun article de prêt pour un dimanche et que là, j’ai envie de dormir, je trouve une alternative en vitesse. Parce que demain, je rentre à
Paris ce qui veut dire qu’il y aura forcément des problèmes de train. Le train dont je parlerai lundi, spoiler de ouf ! D’ailleurs, j’ai en rayon des articles un peu politiques, je les sors
maintenant ou plus tard ? Sachant que comme disait Vicky, ça va encore troller mais je suis comme qui dirait résignée.

En attendant, pour ceux qui sont devant leur ordinateur en ce dimanche, voici une petite occupation :

Nina la brute!

Clique ici et viens m’affronter sur le ring, tatadan ! Fais
gaffe, je suis très forte.

Bon dimanche ! Le dernier de mes vacances, bouh !

Promotion en bonne et due forme

Bon, force est de constater que j’ai un peu merdé sur le coup du concours de la lose de l’été, à savoir que je ne l’ai pas promu du tout.  Pour cause, j’étais en vacances et en vacances, j’oublie tout comme on dit. Même que pendant une semaine, j’étais déconnectée du net et ça a fait drôlement du bien.

 

Mais on a un concours en cours et manifestement, tout le monde n’a pas tout lu dessus donc là, j’explique tout comme il faut.

Principe : Prends ton clavier et écris une lose de vacances. Ne me dis pas que t’en as jamais eu, c’est juste impossible. Même en allant passer deux jours chez mémé, il s’en passe des trucs. Bon,
bref, il y a forcément une histoire à raconter.

La participation : Une fois ta lose écrite, tu l’envoies à nina.bartoldi(a)gmail.com, le jury des vingtenaires se réunira pour élire la meilleure lose.

A gagner : Outre notre considération éternelle et la publication de ladite lose, la possibilité de publier un article ici et si on le trouve top, on t’embauche comme nouveau rédacteur ou nouvelle
rédactrice. Oui, je sais, c’est nul, ça vaut pas un ipod mais si j’avais les moyens d’acheter un ipod, je l’achèterais d’abord pour moi vu que le mien est décédé. D’ailleurs, si quelqu’un a trop de
sous et veut m’offrir un ipod, ça me ferait plaisir.

Bon, je prolonge jusqu’au 1er août et puis voilà.

Maintenant, je vais manger

PS : le courrier des coeurs revient la semaine prochaine donc si tu as une question à poser…

Du temps qu’j’tais ptite

Par Diane

Le temps ne fait rien à l’affaire, parait-il. Eh bah en ce moment, il ne fait pas vraiment les miennes. Je vais vous faire un aveu, chers lecteurs/trices, et pardonnez moi à l’avance d’afficher et d’étaler ainsi mes pensées les plus secrètes et les revers les plus intimes de ma petite personne avec une telle impudeur, mais il faut bien se résoudre à affronter ses démons intérieurs, fut-ce par une séance de thérapie collective dont vous êtes les heureux bénéficiaires, consentants ou non. Alors oui, avouons le, jetons nous dans l’eau de vie de la mare qu’elle a tué la peau de l’ours avant les boeufs de la charrue: je vieillis.

Il faut bien se résoudre à la tragique et inéluctacle évidence, je suis dorénavant plus proche de mes trente ans que de mes vingt, même si c’est un scandale absolu, le lent processus de mon flétrissement progressif est entamé, mes cellules dégénèrent, je vais inéluctablement perdre mes dents, mes cheveux, et quelques centimètres que déja j’en ai pas beaucoup, la frétillante énergie de
mes vingt ans va petit à petit me quitter sans que je puisse abolument rien faire puisqu’avec le temps va tout s’en va même les plus chouettes souvenirs ça taille une de ces gueules, et je vais rester là, comme une pauvre petite huitre passive accrochée à son rocher, vieux lui aussi, à compter les secondes passer, de plus en plus vite, et à trembler de désespoir, avec sur le dos le poids croissant des minutes et dans le coeur l’angoisse moite du temps qui passe, en levant les yeux vers cette immuable vérité qui s’élève devant moi, énorme et impassible: JE POURRIS!!!!

Alors là je vous vois venir: « oui bon ok d’accord Diane, mais bon, jte ferais signale que techniquement t’as commencé à vieillir depuis le jour de ta naissance, hein, alors, why now? » Eh bien, déja, laissez moi vous féliciter pour la pertinence de votre question à laquelle je vais derechef m’efforcer de répondre. Il se trouve que récemment me sont arrivés deux épisodes particulièrement révélateurs, dont je vais re-derechef vous narrer le déroulement.

1/Je suis l’heureuse tata d’une petite nièce de 4 ans d’une originalité certaine et criante, puisqu’elle divise son temps entre appeler tous ses proches caca boudin prout, et s’intéresser à Dora l’exploratrice ainsi qu’à tout ce qui ressemble de près ou de loin à une princesse.
L’autre jour, nous regardions ensemble un épisode de Dora l’exploratrice, et il se trouve que, au lieu, comme le faisait ma nièce, de m’émerveiller du magnifique jardin dans lequel Dora et ses amis pénétraient, de me sentir triste quand son pote Babouche le singe mange un fruit dans un arbre et tombe raide dans le coma, et de m’émouvoir quand Dora apprivoise le méchant dragon en lui retirant
une épine de la patte, je fis remarquer à ma nièce quelque peu dubitative que son truc là, c’était rien que de la propagande biblique.
Devant ce scandale avéré, nous nous rebattons sur les bons vieux classiques, et optons pour un visionnage de Cendrillon. Et voilà t’y pas que mon esprit semi-pourri se met à penser que bon c’est bien gentil tout ça hein, mais le prince, s’il avait vu cendrillon dans ses habits de tous les jours, en vieux tablier en train de récurer les chiottes, eh bah il l’aurait même pas remarquée. Et pis c’est à peine s’il lui adresse un mot, et pouf il est amoureux de la blonde aux gros nichons. C’est pas comme si elle avait un cerveau hein, non plus, et la communion des esprits, et les passionnantes conversations sur les métamorphoses des citrouilles jusqu’à 3h du mat? Eh bien non, puisqu’elle doit déguerpir à minuit, parce qu’à minuit, exit le brushing, et que sans brushing, pas de prince. tttsss…. Et blanche neige aussi, vous allez pas me faire croire qu’elle vit 24h/24 avec des nains et des animaux qui lui font le ménage et la popote sans aucune contrepartie?
(NB: je vous invite à ce sujet à lire « la psychanalyse des contes de fées » de Bettelheim, c’est très instructif et très déprimant)

2/Pas plus tard que le week end dernier, j’étais partie, d’humeur joviale et bucolique, passer un guilleret week end à la campagne, et plus précisément, le dimanche, aller faire une petite promenade en forêt à la cueillette aux champignons. Et, tandis que je commençais à m’énerver après avoir trouvé une quinzaine de champignons non-comestibles, surgit en mon esprit le passage où
Alice rencontre la chenille géante, qu’elle lèche des champignons et commence à devenir géante ou toute petite. Et puis là, tout d’un coup, après l’avoir visionné 457 fois petite sans avoir rien vu d’autre qu’une méchante chenille et un champignon magique, l’évidence m’a frappé: la chenille était complètement shootée au narguilé, et Alice est une camée dopée aux champignons hallucinogènes.

Et c’est là que j’ai réalisé ma décrépitude et la perte progressive et inéluctable de mon innocence cristalline, même si je persiste à sauter dans les flaques et à dire bonne nuit à mon vieux nounours tout fripé, quand personne ne regarde. Mon enfance court plus vite que moi, et ça craint du boudin, un peu, quand même.
Sic transit gloria mundi…caca boudin prout

L’avion partira quai n°6

Maintenant qu’on a choisi la destination, faudrait voir comment on y va. Evidemment, si la destination est lointaine, la question ne se pose pas, on part en avion. Mais si on part en France ou dans les pays limitrophes, on choisit quel transport ?

Moi, l’avion, j’aime pas, autant le dire. Je ne trouve pas naturel de me retrouver à de telles altitudes dans une boîte de conserve géante. Si je devais voler, j’aurais des ailes. Mais bon, ça m’est déjà arrivé de le prendre et plusieurs fois même. L’avion, ça a l’avantage d’être rapide : en à peine une heure, nous voici à Amsterdam, par exemple. Par ailleurs, en avion, on est quand même chouchoutés : on nous propose des boissons et du manger, gratuit ou payant selon la compagnie qu’on a choisi, on est dans des fauteuils plus confortables et on peut même choper un journal gratuit avant le décollage. Pour les vols longs, penser à faire quelques exercices pour éviter l’effet engourdissement et jambes lourdes et penser à s’hydrater parce que l’air en boîte, ça assèche

Mais l’avion comporte moults inconvénients. D’abord les aéroports sont rarement en centre ville et même jamais donc on perd quand même pas mal de temps à y aller et  en revenir. D’autant qu’il faut arriver au moins une heure avant le décollage, le temps d’enregistrer les bagages et d’embarquer. Si on rajoute également une bonne demi heure de récupération des bagages  à l’atterrissage, on ne gagne pas tant de temps que ça sur de brèves distances. Puis l’avion, c’est polluant. Mais surtout, à chaque vol, j’ai une frayeur. Pas tant le crash même si j’aime mieux être déjà au sol mais surtout celle de ne pas retrouver mes bagages sur le tapis. Ca, c’est un peu la spécialité de mes parents, perdre les bagages. Je sais pas comment ils se démerdent mais leurs valises ne partent jamais dans le même avion qu’eux, c’est incroyable. Donc pour des vacances pas trop gâchées, au cas où, on prend toujours les appareils photos, camescopes et autres en bagage à main. Ca évite aussi les soucis avec des bagagistes indélicats qui iraient fouiller dans la valise. Ce n’est pas que tous les bagagistes sont malhonnêtes, bien au contraire, mais on sait que certains se sont déjà servis donc on fait attention.

Dernier point pour les avions : les grèves et problèmes techniques. En avion, c’est radical : si on voit un souci technique gênant sur un appareil, on en change, ce qui peut occasionner des retards. Mais à choisir, je préfère arriver quelques heures plus tard que mourir. Le truc, c’est que les plannings des aéroports sont très très serrés. Si tu rates ta fenêtre de décollage, ça va être galère d’en attraper une autre. Et si on tombe en pleine grève des aiguilleurs du ciel, là, on entre dans un univers plein de suspense et de surprise : mais quand va-t-on décoller ? J’ai vécu pour vous la grève des aiguilleurs du ciel en Corse en 99. La famille Bartoldi est assise joyeusement dans la salle d’embarquement et attend. Elle attend toujours. Bon, il fait faim, on va faire une expédition punitive au point relais puisque c’est le seul endroit où y a de la nourriture. On va aussi acheter des magazines du coup parce qu’on a fini ceux qu’on avait. Au bout de deux heures, enfin, on nous parle « les passagers à destination de Toulouse sont priés de se présenter porte… ». Ben après deux heures d’attente sans aucune nouvelle, vous êtes contents de voir que vous existez encore et qu’on n’a pas oublié votre vol. Le seul avantage de tout ceci c’est qu’en cas de gros retard, la compagnie vous prend en général en charge, sauf les low coast. Oui, choisir une compagnie qui coûte cher, c’est capitaliser sur sa possible lose. Moi par exemple, si je veux prendre un low coast, j’ai intérêt à ne pas prendre un vol proche de la nuit ou de planifier un rendez-vous proche de l’heure de l’atterrissage. Enfin, ça, c’est en général d’ailleurs. J’ai eu peu de soucis de retard d’avion dans ma vie, essentiellement parce que je ne le prends jamais,mais je vois pas pourquoi ma poisse ferroviaire épargnerait totalement mes voyages aériens…

Le prix? Aujourd’hui, il y a quand même moyen de voyager en avion pour des tarifs pas si onéreux que ça. Mais pour des destinations exotiques, le low coast dit aussi vol charter, c’est un peu à quitte ou double : ils ne s’écrasent pas tous mais niveau confort, c’est pas ça du tout et 12h avec un siège qui fait mal au cul, je ne le souhaite à personne.