Le talent n’existe pas

Pour moi, il y a grosso modo deux types de personnes : ceux qui ont du talent et les autres. Evidemment, selon la discipline sur laquelle on se penche, on ne trouvera pas toujours les mêmes personnes du côté talent même si certains les cumulent.  D’ailleurs, ceux là, ils me rendent terriblement jalouse.  Mais une autre école contrarie ma vision du monde : le talent n’existe pas, tout est question de travail.



Maliki avait déjà traité du sujet il y a un milliard d’années sur son blog, expliquant que le dessin, ça s’apprend et qu’il faut travailler et encore travailler pour arriver à un résultat potable. Je parlais l’autre jour à un garçon musicien tombé dans la musique sur le
tard et qui maîtrisait plusieurs instruments : tout est question de travail. Je veux bien mais j’ai quand même un doute.





Si je me penche sur mon cas, je sais très bien que mon principal talent se situe dans l’écriture. Alors certes, il y a du travail derrière, j’écris depuis l’adolescence (c’était très mauvais au départ), je lis énormément…  Et encore, quand je parle de talent, tout est relatif. Quand je lis du Moravia ou là Nabokov que je découvre, je me dis que je devrais brûler mes doigts pour ne plus jamais toucher un clavier afin de cesser d’étaler ma médiocrité littéraire. Par contre, en dessin, je suis objectivement mauvaise. Comme je
lis pas mal de BD et mangas, je suis foutue d’envisager un storyboard, un découpage mais entre ce que j’ai dans la tête et le résultat, y a un abysse ! Alors évidemment, si je travaillais encore et encore, voire prendre des cours, je m’améliorerais et j’arriverais peut-être à un résultat pas trop dégueulasse. Mais je pars de tellement loin que ça me décourage déjà.



Et puis je suis désolée mais le talent, voire le génie, ce n’est pas un mythe. Imaginons que je travaille dur et que je finisse par être plutôt pas mal en dessin. Ok, mais si je sais dessiner des coupes de fruits voire des nus, ça ne fait pas de moi quelqu’un de talentueux. Il faut un style, une marque, quelque chose. Quand on voit un dessin de Maliki, Margaux Motin, M. Le chien ou encore Pénélope Joli-Cœur, on les reconnaît du premier coup. C’est d’ailleurs mon petit jeu, quand je lis des revues féminines, de trouver quelle est l’illustratrice. Si on prend Pénélope, de prime abord, on peut se dire que son dessin est plutôt simple mais franchement, je serais déjà pas capable d’en faire autant mais surtout, elle a un style, ses personnages ont des mimiques particulières… Ben voilà, là, c’est le talent.  Et même si son style évolue (comme les autres), il n’en reste pas moins qu’elle a sa patte.


Je ne crois pas que tout soit histoire que de travail. Si on prend la musique par exemple, certains saisissent mieux que d’autres l’air du temps, marient à merveille les harmoniques… Il y a des musiques qui parlent et d’autres pas. Il y a des titres qui restent à vie et d’autres qui sont balayés en un été. Et je ne crois pas que la fénéantise de l’un ou la masse de travail de l’autre soit une explication cohérente, non, non. A masse de travail égal, y a un petit truc en plus. Le talent, voire le génie. Peut-être une forme d’impudeur, aussi, peut-être que le talent est lié à un exhibitionnisme des sentiments, « il y a mis ses tripes », comme on dit. Je n’en sais rien.



Mais du coup, j’hésite à prendre des cours de dessin…

Du temps qu’j’tais ptite

Par Diane

Le temps ne fait rien à l’affaire, parait-il. Eh bah en ce moment, il ne fait pas vraiment les miennes. Je vais vous faire un aveu, chers lecteurs/trices, et pardonnez moi à l’avance d’afficher et d’étaler ainsi mes pensées les plus secrètes et les revers les plus intimes de ma petite personne avec une telle impudeur, mais il faut bien se résoudre à affronter ses démons intérieurs, fut-ce par une séance de thérapie collective dont vous êtes les heureux bénéficiaires, consentants ou non. Alors oui, avouons le, jetons nous dans l’eau de vie de la mare qu’elle a tué la peau de l’ours avant les boeufs de la charrue: je vieillis.

Il faut bien se résoudre à la tragique et inéluctacle évidence, je suis dorénavant plus proche de mes trente ans que de mes vingt, même si c’est un scandale absolu, le lent processus de mon flétrissement progressif est entamé, mes cellules dégénèrent, je vais inéluctablement perdre mes dents, mes cheveux, et quelques centimètres que déja j’en ai pas beaucoup, la frétillante énergie de
mes vingt ans va petit à petit me quitter sans que je puisse abolument rien faire puisqu’avec le temps va tout s’en va même les plus chouettes souvenirs ça taille une de ces gueules, et je vais rester là, comme une pauvre petite huitre passive accrochée à son rocher, vieux lui aussi, à compter les secondes passer, de plus en plus vite, et à trembler de désespoir, avec sur le dos le poids croissant des minutes et dans le coeur l’angoisse moite du temps qui passe, en levant les yeux vers cette immuable vérité qui s’élève devant moi, énorme et impassible: JE POURRIS!!!!

Alors là je vous vois venir: « oui bon ok d’accord Diane, mais bon, jte ferais signale que techniquement t’as commencé à vieillir depuis le jour de ta naissance, hein, alors, why now? » Eh bien, déja, laissez moi vous féliciter pour la pertinence de votre question à laquelle je vais derechef m’efforcer de répondre. Il se trouve que récemment me sont arrivés deux épisodes particulièrement révélateurs, dont je vais re-derechef vous narrer le déroulement.

1/Je suis l’heureuse tata d’une petite nièce de 4 ans d’une originalité certaine et criante, puisqu’elle divise son temps entre appeler tous ses proches caca boudin prout, et s’intéresser à Dora l’exploratrice ainsi qu’à tout ce qui ressemble de près ou de loin à une princesse.
L’autre jour, nous regardions ensemble un épisode de Dora l’exploratrice, et il se trouve que, au lieu, comme le faisait ma nièce, de m’émerveiller du magnifique jardin dans lequel Dora et ses amis pénétraient, de me sentir triste quand son pote Babouche le singe mange un fruit dans un arbre et tombe raide dans le coma, et de m’émouvoir quand Dora apprivoise le méchant dragon en lui retirant
une épine de la patte, je fis remarquer à ma nièce quelque peu dubitative que son truc là, c’était rien que de la propagande biblique.
Devant ce scandale avéré, nous nous rebattons sur les bons vieux classiques, et optons pour un visionnage de Cendrillon. Et voilà t’y pas que mon esprit semi-pourri se met à penser que bon c’est bien gentil tout ça hein, mais le prince, s’il avait vu cendrillon dans ses habits de tous les jours, en vieux tablier en train de récurer les chiottes, eh bah il l’aurait même pas remarquée. Et pis c’est à peine s’il lui adresse un mot, et pouf il est amoureux de la blonde aux gros nichons. C’est pas comme si elle avait un cerveau hein, non plus, et la communion des esprits, et les passionnantes conversations sur les métamorphoses des citrouilles jusqu’à 3h du mat? Eh bien non, puisqu’elle doit déguerpir à minuit, parce qu’à minuit, exit le brushing, et que sans brushing, pas de prince. tttsss…. Et blanche neige aussi, vous allez pas me faire croire qu’elle vit 24h/24 avec des nains et des animaux qui lui font le ménage et la popote sans aucune contrepartie?
(NB: je vous invite à ce sujet à lire « la psychanalyse des contes de fées » de Bettelheim, c’est très instructif et très déprimant)

2/Pas plus tard que le week end dernier, j’étais partie, d’humeur joviale et bucolique, passer un guilleret week end à la campagne, et plus précisément, le dimanche, aller faire une petite promenade en forêt à la cueillette aux champignons. Et, tandis que je commençais à m’énerver après avoir trouvé une quinzaine de champignons non-comestibles, surgit en mon esprit le passage où
Alice rencontre la chenille géante, qu’elle lèche des champignons et commence à devenir géante ou toute petite. Et puis là, tout d’un coup, après l’avoir visionné 457 fois petite sans avoir rien vu d’autre qu’une méchante chenille et un champignon magique, l’évidence m’a frappé: la chenille était complètement shootée au narguilé, et Alice est une camée dopée aux champignons hallucinogènes.

Et c’est là que j’ai réalisé ma décrépitude et la perte progressive et inéluctable de mon innocence cristalline, même si je persiste à sauter dans les flaques et à dire bonne nuit à mon vieux nounours tout fripé, quand personne ne regarde. Mon enfance court plus vite que moi, et ça craint du boudin, un peu, quand même.
Sic transit gloria mundi…caca boudin prout

La pudeur

Avant, au jardin d’Eden, Adam et Eve vivaient nus et vivaient bien. Puis en mangeant le fruit de la connaissance, les voilà gênés de leur nudité et ils se couvrent de belles feuilles de vigne (pas très couvrante ou Adam était mal équipé). Et voilà, les hommes se couvrent. Je n’ai jamais fait d’histoire des vêtements mais d’après ce que je sais, les hommes et femmes se sont rapidement confectionnés des habits pour se couvrir : la nudité serait-elle taboue dès la Préhistoire ?
 

Retour en arrière, j’ai 10 ans, par là, ma cousine vient dormir à la maison. Pour dormir, j’ai mis un T-shirt qui s’arrête au nombril, donc je suis cul nu et je galope dans cette tenue. Mon père me réprimande : « Tu pourrais pas avoir un peu de pudeur ! » De quoi ? C’est quoi ce mot moche ? Et oui, comme toutes les gosses, j’ai la pudeur d’un ver de terre mais à l’adolescence, voilà que je me couvre des pieds à la tête. Dans ma famille, nous sommes quatre : ma mère qui se balade à poil tout l’été et les trois autres, toujours pudiquement couverts. Ma mère est née à la campagne et ne s’est jamais embarrassée de vêtements superflus, j’ai entendu parler de la fois où elle arrivée vêtue de seules bottes en caoutchouc de son père (bon qui lui arrivaient aux hanches, certes) et qui se présente aux collègues de mon grand-père, toute fière : « bonjour, je m’appelle biiiiip biiiiip et je suis la digne fille de mon père ! ». Ben, j’aurais bien aimé voir la scène, quand même ! Petite, ma sœur avait un problème de culotte : elle les enlevait dans la voiture quand mon papa nous amenait à l’école, ce qui valut à mes parents une convocation par la maîtresse. Hé oui, une petite fille qui s’habille en robes (parce que les pantalons, c’est que pour les garçons !) et qui passe sa vie à faire le cochon pendu sans culottes… Hum ! Pourtant, y a pas plus pudique que ma sœur aujourd’hui, je ne l’ai plus vue nue depuis ses 10 ans… et c’est réciproque, d’ailleurs.

 

La pudeur est quelque chose d’assez curieux, selon moi. Enfants, on adore se balader culs nus, adultes, on en montre le moins possible (quoi que ça dépend). Suis-je pudique ? Oui, assurément. Je mets parfois des tenues un peu osées avec des dépoitrinés d’anthologie mais j’aurais du mal à aller dans un camp naturiste. Pourtant, des fois,il m’arrive de traverser mon appartement à poil juste avant d’aller me doucher alors que je n’ai pas fermé mes volets et que je vis au rez-de-chaussée côté rue. Avec mes amis, je me mets pas à poil, aucun n’a vu mes fesses ou mes seins (ou alors par accident), sans doute parce que je n’ai pas d’impulsions exhibitionnistes. La seule fois où Gauthier a vu mes seins, c’est quand j’avais mis un maillot deux pièces triangle et qu’il m’avait jetée dans la piscine. Quand je suis ressortie, j’avais le maillot sur la tête… Oui parce que les maillots triangle, c’est bien juste pour bronzer, pour le reste, faut oublier.

 

A propos de maillot, je n’aime pas bronzer seins nus. Par pudeur mais aussi parce que si je me prends un coup de soleil là (je prends des coups de soleil partout où je ne suis pas couverte, une catastrophe), je vais vraiment morfler. Déjà, la dernière fois où je suis allée à la plage, je n’ai pas pu m’asseoir pendant trois jours (malgré le port du maillot) donc le naturisme, c’est trop dangereux pour moi. Et puis, tous ces corps exposés, ça doit blaser, quand même. Déjà, errer dans des vestiaires avec une quarantaine de rugbymen nus, je les voyais plus alors dans un camp de naturistes, pfffff ! Et qu’en est-il du plaisir de l’effeuillage. Quelque part (c’est horrible ce que je vais dire, mais je le fais quand même), j’adore le premier effeuillage, découvrir petit à petit le corps de mon futur amant, en particulier son pénis. Oui, il faut dire ce qui est !

 

L’effeuillage, justement. Je me souviens, à l’époque où j’étais vierge et totalement complexée par mon corps (à tort ou à raison selon les moments de ma vie), paraître nue devant un homme m’effrayait au plus haut point, je ne voyais pas comment j’arriverais à me désaper autrement que dans le noir. Finalement, j’ai perdu ma virginité en pleine lumière, l’excitation m’ayant fait oublier mes complexes. Parce que finalement, avec mes amants, je retrouve mon impudeur naturelle : je n’aime pas faire l’amour dans le noir, je me fiche qu’il voit ma cellulite en pleine levrette. En même temps, un mec qui remarque ça, c’est qu’il n’est pas trop dans l’ambiance, il me semble. Une fois la première brouette consommée, je dors nue, je me promène nue devant lui, ça m’est égal. Après tout, il a visité mon intimité, à partir de là…

 

L’autre soir, je discutais avec un jeune homme qui était étonné de savoir que je dormais très souvent nue, seule ou accompagnée, il m’expliquait que ses copines enfilaient toujours au moins une culotte… Je trouve ça un peu curieux : s’il y a bien une personne avec qui je peux me montrer sans le moindre artifice, c’est bien avec mon copain. Y a qu’en hiver que je me couvre mais c’est plus une question de froid que de pudeur. Franchement, je ne trouve rien de plus agréable que de m’alanguir contre le corps nu de mon petit ami (ou de mon amant), on se rhabillera en sortant. En attendant, on reste nus, comme ça, si l’envie d’une brouette nous prend, on ne perd pas de temps.

 

La pudeur est vraiment un phénomène intéressant. J’adore m’habiller et porter de jolies tenues, ça doit venir de nos vieux instincts animaux, on se pare pour plaire. Et puis je me vois pas me promener à poil dans Paris. Plus on veut séduire, plus on se pare de couleurs (même si le noir, c’est d’une classe folle, j’adore), comme les oiseaux, par exemple. Mais qu’est-ce qui a poussé les premiers hommes à se couvrir d’oripeaux ? Par pudeur ou pour protéger certaines parties délicates ? Car en Egypte, par exemple, les femmes se promenaient seins nus… On se couvre et on se découvre selon les modes… Je pense qu’après l’actuelle période où on en montre le plus possible, on va revenir à une mode plus couvrante. Il est vrai que je préfère suggérer qu’exhiber mais pour autant, je ne suis pas une fanatique de la robe de bure.

 

Autre pudeur particulière chez moi : je déteste qu’on me voit dans la salle de bain. J’ai déjà parlé de la douche : avec mon petit ami, oui, sinon, on me regarde pas me laver. Je n’aime pas qu’on me regarde quand je me lave la figure ou les dents, je n’apprécie pas forcément qu’on me voit en train de me maquiller. Peut-être est-ce de la pudeur ou alors de l’égoïsme. J’aime me maquiller, c’est un moment rien qu’à moi donc qu’on me laisse tranquille. D’un autre côté, je ne trouve rien de moins sensuel que ces moments d’hygiène indispensables. C’est comme une belle maison, quelque part : c’est agréable de la regarder mais se passionnerait-on de voir une personne la nettoyer pour qu’on puisse la voir sous son meilleur jour ? Non, je crois pas. Le pire du pire : mes besoins naturels. Je suis EXTREMEMENT pudique à ce sujet. Je n’aime pas que quelqu’un, y compris mon petit ami, soit dans la même pièce que moi quand je m’abandonne à ce besoin naturel et je n’aime pas qu’on m’entende non plus (et je n’aime pas entendre, ça me gêne). Ca, ce doit être un truc de filles parce que les mecs, y en a plein qui pissent joyeusement dans la rue, par exemple. A l’époque où j’étais avec Guillaume Ier, ça le gênait pas de venir pisser à côté de moi pendant que je me maquillais, ce qui m’énervait au plus haut point : il peut pas attendre que j’ai fini ?

 

Bref, je pense ne pas être particulièrement pudique mais y a quand même quelques bornes que je m’impose. Je ne comprends pas l’intérêt de se foutre à poil au milieu d’une boîte sous les regards indifférents des mecs (scène vue dans Paris Dernière). Je ne comprends pas l’intérêt de mettre sur le net des photos de moi à poil (j’en ai pas, remarque). Je préfère garder l’essentiel pour les hommes qui partagent ma couche.

 

Les rugbymen à poil !

L’automne arrive avec ses sanglots longs monotones et ses feuilles qui tombent. Y compris celles qui cachent le pénis des rugbymen dans leur calendrier. Tous zizis dehors, les
voilà qui égrènent les mois avec impudeur.
 dieux_du_stade_Juan_Martin_Hermandez
 
Vendredi, 14h : après s’être régalées de délicieux mets, Lucie et moi allons la librairie pour aller chercher un livre de prof pour elle. Durant le déjeuner, nous avions
discuté de ce calendrier, la miss m’expliquant que sur une radio, elle avait entendu parler de la « pornographie » du calendrier. Dans la librairie, oh, que vois-je ? Le fameux calendrier. En tant que journaliste, je dois vérifier mes sources donc je vais le zieuter pour voir s’il est si choquant que ça.
 
Tous nus et tous épilés
En couverture, Juan Hernandez. Bon, il n’est pas décent de saliver en public comme ça, tourne vite la page, Nina ! Qu’est-ce qu’il est miam !miam ! Bon, je feuillette, je feuillette, quelques clichés un peu vulgaires (Garbajosa et Betsen qui font semblant de se masturber), un monsieur les fesses tendues comme s’il attendait Gauthier, quelques verges au repos qui traînent mais je n’ai pas du tout vu la dimension pornographique. Et j’ai remarqué que Michalak n’y était pas non plus.
 
J’ai une longue histoire avec les rugbymen, rien de sexuel. Déjà, au réveillon chez Mister Big, on avait regardé le DVD : des hommes tous nus pendant 2 heures sur une techno
de supermarché, ouah ! Et bien curieusement, au bout de 26 couilles et 11 pénis (y en a qui ne l’ont pas montré), ça blase. Oui, il est beau le monsieur tout nu, oui, il est désirable mais bon, ça ne fait que le huitième qu’on voit, ça va suffire. Au début, on maudit les maquilleuses (« elle maquille les fesses de Cédric Heymans, trop la chance ! ») et les photographes. A la fin, c’est : « il reste pas un peu de gâteau au chocolat ? », on ne regarde même plus les messieurs tous nus.
 
Cette année, j’ai côtoyé ma part de rugbymen. Un matin de février ou de mars (il faisait froid et gris), je rejoins une journaliste sur le bord du terrain pour réaliser une
interview de la demoiselle, je mate un peu les joueurs sans en avoir l’air. J’en profite pour attraper le numéro de Guy Novès pour une future interview. Sur le coup, je suis fière de moi mais une de mes profs m’expliquera : « Novès ? Il file son numéro à toutes les filles ! » Zut ! Bon, je fais mon interview et il est l’heure d’aller suivre la demoiselle dans les vestiaires, super !
 
En chemin, on discute avec Clément Poitrenaud qui est immense , je lui donne fièrement l’heure quand il me la demande (« quand je vais dire ça à ma sœur !!! », pensais-je) puis je suis mon interviewée dans l’antre du Stade Ernest Wallon. Là, Dubois et Baby me font la bise, trop la classe ! On se pose devant la porte des vestiaires, elle m’explique qu’elle ne rentre jamais dedans. Bon, tant pis. On papote, on papote, elle attend des joueurs pour une interview, ça rentre, ça sort et voici qu’arrive au bout du couloir M. Fred Michalak en personne ! J’avais remarqué qu’il avait séché l’entraînement du matin. Il s’approche, il s’approche… Il faut dire ce qui est, il est quand même très séduisant… Il s’approche, il s’approche… Il tape la bise à mon interviewée et là… il se penche vers moi et en fait autant ! Je lui rends poliment sa bise en jouant ma blasée (« moi journaliste, moi pas impressionnée »), il sent bon… Je le laisse filer, je finis mon travail et je m’en vais. Assise dans ma voiture, je compose le numéro de Gauthier :
« AAAAAAAAAAAAAHHHHHH !! Tu sais quoi ? Je viens de faire la bise à Michalak… Ah non, pardon, c’est lui qui me l’a faite.
– Espèce de biiiiiiiiiiiiiiiiiiiip !! »
 
Ma vie, mon rugby
Arrivée sur Paris, me voici journaliste sportive dans le rugby, cool ! Premier jour, je rencontre Serge Blanco, rien que ça ! Vers la fin du stage, me voici partie à
couvrir les phases finales du championnat ProD2. Après le match opposant Montauban à Aurillac, je pars dans les vestiaires, carnet en main, pour faire des interviews. Errant dans le couloir, je passe soudain devant la porte du vestiaire grande ouverte et là : des fesses, des pectoraux, des pénis, tout ceci impudiquement exposé devant mes yeux. Ohlala… Bon, calme-toi ma fille, tu n’es pas là pour mater mais pour faire tes interviews. Ni un ni deux, j’attrape les joueurs qui sortent de là, plus ou moins habillés et je leur pose mes questions. La plupart sont tous pectoraux dehors mais je n’y fais plus attention, concentrée sur mon objectif : mon article.
 
Semaine suivante, finale Lyon-Aurillac. Et c’est reparti pour un tour dans les vestiaires, les portes sont closes cette fois-ci, pas de zizis en vue. J’avais cependant promis une photo d’un rugbyman à mes amis (Victoire et Gauthier en l’occurrence), je prends mon portable, l’air de rien. Sauf qu’un portable, ça s’agite quand on prend une photo, ça fait « click » et ça clignote, je me suis donc barrée de l’autre côté voir les Aurillacois, en attendant que ce joueur lyonnais aille prendre sa douche.
 
Du côté d’Aurillac, c’est la fête, j’attends poliment que les joueurs sortent, ça sent bon le savon… Et là, pas de chance, le seul à sortir en slip, c’est l’entraîneur qui doit
afficher 60 balais au compteur, glop ! Et y a plus de messieurs à poil pour compenser !
 
Ce n’est pas grave, la semaine suivante, me voici de retour à Ernest Wallon pour couvrir le match de barrage Pau-Aurillac (toujours eux) et là, j’en ai vu de la fesse et du
zizi ! Même les arbitres, j’en ai vu à poil, sauf le principal, le plus beau. A la fin du match, Zoé m’annonce que je dois interviewer l’arbitre en question. Mais quel merveilleux cadeau ! Je l’avais croisé une fois au boulot, je l’avais trouvé très miam ! miam ! Et là, je dois aller lui parler ! Me voici donc plantée devant le monsieur, mes yeux bleus se noyant dans les siens, un sourire infini étalé sur mon visage. Je me présente, précisant que nous nous étions déjà croisés « ah oui, je me souviens de vous ! » précise-t-il. Aaaaaaaaaah, je fonds ! Bref, je me rassemble un peu, je lui pose mes questions et une fois la fin de l’interview, il me pose des questions sur mon avenir professionnel. J’ai failli lui dire
que je voulais qu’il m’épouse mais ça ne faisait pas très professionnel, tant pis.
 
Une nuit chaude !
Enfin, j’ai passé une nuit avec toute une équipe de rugbymen. Et oui, grâce au boulot, après la finale, je suis allée en boîte avec le Biarritz Olympique, rien que ça ! Déjà,
j’avais assisté à la finale aux premières loges : juste à côté de la tribune présidentielle, au 5e rang. Bon, autant vous le dire : je suis folle amoureuse de Dimitri Yachvili, il est chouchou ! Je l’ai vu de près, limite je pouvais lui compter les poils du nez et il est toujours aussi miam ! miam ! Mais je ne l’ai pas trouvé en boîte, tant pis.
 
A un moment, besoin pressant comme il en arrive quand on se délecte de champagne (trois ou quatre coupes à ce moment de la soirée, je ne sais plus…), je quitte mes collègues pour me rendre aux toilettes et là, y a un joueur qui traîne pas loin des toilettes. Je ne l’ai pas reconnu car je n’avais pas mes lunettes, je savais juste que c’était un Biarrot à cause de son costume. Il me sourit, je lui souris et je me rends aux toilettes. Quand je suis sortie, il était parti : frustration ! J’espère que ma copine Zoé m’invitera à une prochaine soirée rugby : si je suis célibataire à ce moment-là, je réparerai l’affront (Zoé, ceci est un message subliminal qui t’est destiné).
On critique souvent ce calendrier : « non mais c’est fait pour les gays, ce truc, c’est trop cheap ! » Et bien, si vous n’aimez pas, donnez-le moi, ça me fera
plaisir !