Niaiserie de Noël

Paraît que Noël, c’est niais (en plus de mercantile, tout ça) alors pour être pile dans l’ambiance et pour être dans l’idée « hé cadeau », voici une grande idée que j’ai
eu encore. L’an dernier, je vous avais offert la reproduction d’une lettre-journal intime que j’avais écrit à 16 ans, une horreur de niaiserie. Là, j’ai trouvé mieux : un extrait d’un roman
écrit quand j’avais 15 ans. Je recopie littéralement, ça vous laissera apprécier ce style inimitable qui était le mien. Je laisse même les fautes.
 
Chapitre 1
 
Summerinsland, île de l’Atlantique
 

Marion souligna ses yeux bleus d’un coup de crayon puis se regarda attentivement dans la glace. Banale ; elle était banale. Elle n’était ni trop grande, ni trop petite ; elle n’était pas belle mais pas exceptionnellement belle non plus. Elle était le type de fille que les garçons croisent dans la rue en pensant qu’elle est mignonne mais ils l’oublient aussitôt.
Quant à son nom, il n’avait rien d’exceptionnel non plus : Marion Duval. Elle soupira puis se dirigea vers la cuisine. Elle passa devant l’immense baie vitrée qui donnait sur l’océan. Elle
pensa alors à ses ancêtres : cette île leur appartenait depuis trois générations. Elle était peu à peu devenu une île touristique grâce au centre de thalassothérapie que tenait actuellement
ses parents. Elle arriva à la cuisine où sa sœur Valérie finissait son verre de jus de papaye. Elle leva les yeux et vit sa petite sœur :

« Salut microbe ! Bien dormi ?

– Arrête de m’appeler comme ça ! Je te rappelle que je suis presque aussi grande que toi !

– Excuse moi l’asperge ! Ah, maman a dû aller au centre et elle ne rentrera pas avant midi. Moi, je vais sur le continuent pour faire deux trois courses. Ah ! Nathalie a
téléphoné : elle ne peut pas venir ce soir à cause d’une histoire de punition, un truc comme ça. Bon, j’y vais ! Ciao ! »

Marion suivit sa sœur du regard ; elle avait de la chance, elle au moins : avec ses longs cheveux frisés et ses grands yeux bleus espiègles. Elle saisit le journal et
elle alla s’asseoir qur le hamac. Elle tomba soudain sur un article concernant le vol de diamants qui avait eu lieu à Sines, au Portugal. La côte portugaise n’était qu’à vingt minutes en bateau
de l’île. D’ailleurs, la plupart des clients étaient portugais ou espagnols. Marion parlait parfaitement le portugais et un peu l’espagnol. Mais elle allait tout de même au lycée français de
Lisbonne où elle était pensionnaire. Elle ne rentrait que pour les vacances et encore, elle passait le plus clair de sont emps chez Nathalie Berger, sa meilleure amie, qui habitait à Santo
Domingo, à dix kilomètres de Sines.

« Je me demande si Nath sait quelque chose sur ce vol. J’aimerais bien aller voir ça de plus près ! »

Elle se mit alors à rêver qu’elle retrouvait les diamants et que le Prince à qui ils appartenaient tomberait follement amoureux d’elle et l’emmènerais dans son château… Non, il ne
fallait pas rêver ! Ce genre d’histoire n’arrivait que dans les romans à l’eau de rose que sa sœur lisait. Et puis, si la police n’y arrivait pas, comment pourrait-elle y arriver ! Le
téléphone la fit sursauter.

« Allo ?

– Marion, c’est maman. J’ai oublié ma pochette avec les factures dans le bureau. Tu peux me l’apporter ? 

– C’est la bleue avec des étoiles dessus ?
– Oui ! Dépêche toi, c’est très important !

– Cool ! Laisse-moi le temps de venir ! Je suis là dans moins de cinq minutes. »

Elle raccrocha et se dirigea dans le bureau. La pochette était posée sur l’écran de l’ordinateur. Elle l’enfouit dans son sac et se précipita vers le garage. Elle mit son casque et
enfourcha son scooter. Dans deux semaines, elle aurait enfin l’âge de conduire une voiture. Le centre n’était qu’à trois minutes de scooter. Sa mère l’attendait dans le hall d’accueil, soulagée
de retrouver enfin sa pochette qu’elle arracha des mains de sa fille. Un homme brun d’une quarantaine d’année s’approcha.

« Marion, je te présente Patrick Tréfond, notre nouveau comptable, dit-elle en le désignant.

– Je suis enchantée de faire votre connaissance Marion. Vous êtes aussi charmante que votre mère.

– Oh Patrick ! Ne charmez pas ma fille ! C’est les clients qu’il faut charmer ! Ma chérie, je ne pourrai pas rentrer à midi, on a une tonne de travail. Vous mangerez
seule.

– Je mangerai seule. Je ne pense pas que Valérie rentre à midi. Elle est partie sur la côte.

– Je n’aime pas trop ça ! Je suis sûre qu’elle est allée manger avec ce Pedro ! Enfin, toi, au moins, tu ne traîne pas avec des voyous. Oh ! Je vais prendre du
retard si je continue. A ce soir ma chérie ! ».

 

Edifiant, non ? Allez, je vous mets en exclu le passage sexuel (moi, à l’époque, j’étais un peu totalement pucelle) : « Ah un moment, elle rentra dans la chambre 59 [celle de son mec] et rougit en voyant l’état du lit ». Mais quelle cochonne !

 

Quant à la fin, un tel dégueulis de guimauve que, depuis, j’ai développé une aversion certaine pour les happy ends. Les méchants méchants sont morts ou en prison, les gentils
gentils s’aiment et se marient. Beuuuuuuuuuuuuuuuuurk !

 
Joyeux Noël à tous !!
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9 réflexions sur “Niaiserie de Noël

  1. Faut pas tout jeter avec l’eau du bain, je trouve que ça se lit quand même, le style est léger et clair, les déscriptifs paraissent plausibles, bon après t’avais 15 ans ça ressort parfois c’est sur, mais c’est quand même pas comparables avec ce qu’on trouve sur les skyblogs et autres aujourd’hui!
    merry x-mas!

  2. « elle n’était pas belle mais pas exceptionnellement belle non plus. » Collector! Sinon, ça se lit! (diiiiiiiis j’aurais le droit de le lire en entier? Siltepléééééé!!!!!)

  3. Au moins a 15 ans tu finissais tes romans : moi de mon cote je dois encore avoir gardé dans un coin des debut de roman de cette meme période : c’est terriblement niais et abominablement mal écrit.

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