Bi l’an

Chaque année, nous voici face à un terrible moment, en ce mois de décembre : le bilan de l’année. Personnellement, j’en fais toujours deux par an (d’où le titre, je suis en forme pour les jeux de mots à la con, en ce moment) : un en juin, lors des vacances et un en décembre, à la fin de l’année. Mes rêves pour 2005 se sont-ils réalisés ? Heu…
 
La santé
Rien de particulier à signaler, j’ai toujours mon appendice et mes amygdales, je ne me suis pas encore reproduite. Aucune maladie particulière ne s’est manifestée, si ce n’est mon mal de cou chronique en été qui me bloque. Sinon, je suis toujours en parfait état de marche, merci.
 
Les études
Terminées, donc, le point positif de l’année, je pense. J’ai plutôt bien réussi cette année de master, je suis assez contente du résultat si ce n’est que le directeur de master semble avoir une dent contre moi : il m’a foutu un 2,5/10 qui ne me semble pas justifié (si ce n’est par le fait que nous sommes en désaccord sur le sujet) et un 13 au rapport de stage là où les autres ont eu entre 16 et 19… Et une mention bien qui s’envole, du coup. Peu importe, comme m’a dit mon tuteur de stage, la mention, les employeurs s’en foutent. Moi moins mais je me console en voyant les excellentes notes que j’ai eues dans les autres matières : c’est pas compliqué, ma moins bonne note est 11, en droit (j’en avais jamais fait de ma vie) et je culmine à 16 ou 17 en module technique. Faut dire que j’ai bien bossé cette année, mon diplôme, je le méritais. Ceci étant, je me demande encore si j’ai fait la bonne formation, tant je n’ai rien appris, mais je crois que c’est pareil pour tous les DESS. Ce que je regrette surtout, c’est que personne ne nous a aidé durant l’année. A la réunion de rentrée, mon cher directeur de master s’extasiait : « oui, dans 6 mois, vous serez peut-être à Atlanta à faire un reportage sur CNN ! ». Waouh, ça fait rêver, que de perspectives ! Résultat, au moment de chercher des stages AUCUN coup de main mais vraiment aucun. Et quand on trouvait, c’était l’apothéose. Prenons notre amie Clara qui sue sang et eau pour se dégoter un stage d’observation de quinze jours à France 3 national. Elle annonce ça à notre directeur qui fait : « ah mais fallait me le dire que vous cherchiez à France 3, je connais M. Tartempion, là-bas ! » Alors, d’une part, pour lui dire, il aurait fallu qu’on le voit et puis forcément, il a beau jeu de dire ça APRES.
 
Je me suis démerdée toute seule pour mes stages avec plus ou moins de réussite (plus pour le premier, pas du tout pour le second). Et là, voici que je reçois au mois d’août une lettre de l’IEP me demandant de filer mes contacts pour constituer un fichier… Non mais ils rêvent les yeux ouverts ! Pendant 6 mois, nous n’avons eu aucun interlocuteur, nous nous sommes démerdés seuls pour tout et là, ils arrivent la bouche en cœur et osent nous demander ça. Curieusement, j’ai omis de répondre…
 
Enfin, retenons juste qu’après 7 ans d’études, me voici bardée d’un beau bac+5… qui ne me sert à rien pour l’heure mais patience…
 
Le boulot
Bon, on va mettre les stages dans cette catégorie, histoire de…
Premier stage, tout nickel : pas rémunéré, certes, mais des tickets repas à 8,60 € par jour et la carte orange à moitié remboursée, on ne s’en sort pas si mal ! Mais surtout, on travaillait dans une ambiance vraiment bon enfant, je ne me suis pas ennuyée pendant deux mois et demi. Puis là-bas, j’ai rencontré Zoé qui est une de mes grandes amies parisiennes… C’est là-bas que j’ai commencé mon blog. J’ai des souvenirs magiques de ce stage, des expériences inoubliables qui me serviront longtemps pour mon métier. Finalement, il aurait été rémunéré avec un boulot à la clé, ça aurait été parfait.
Deuxième stage, tout faux. Dès le départ, je ne le sentais pas, j’aurais jamais dû y aller. J’explique : je réponds à une annonce sur un site Internet, j’envoie des dizaines de candidature et c’est la première (seule) réponse positive, les autres postes ayant déjà été pourvus. Donc en rentrant de Clermont Ferrand où j’avais couvert un match, traînant ma valise et pestant après la pluie qui tombe alors que je suis en t-shirt et pantacourt, je vais à un entretien pour ce poste. J’erre dans un quartier très populaire, perdue, agacée, le pauvre Gauthier se prend mon énervement dans la tête (« fais chier, elle est où cette putain de rue ! Il est trop moche ce quartier ! »). Bon, finalement, je trouve, c’est dans un immeuble dont le porche est bloquée par de grosses grilles… Ambiance ambiance ! Je sonne et j’attends, un mec vient m’ouvrir (y a pas d’interphone ?), je rentre et, ô surprise, les bureaux sont en sous-sol : le rez-de-chaussée qui doit faire 2 m² ne sert strictement à rien. Je descends, donc, l’entretien se passe nickel. Rémunération ? Non, rien de rien. Ma mission ? Je dois travailler sur la culture dans les collectivités locales et territoriales. C’est plutôt positif : je n’ai jamais fait de journalisme culturel et se faire des contacts dans ces collectivités est un bon plan. Mais avant, j’explore quelques autres pistes dont RMC. Une heure de métro pour m’entendre dire : « vous n’êtes pas assez autonome en radio mais je mets un point d’honneur à rencontrer toutes les personnes dont le CV est passé en interne. » Ben j’aurais préféré que tu m’appelles pour me dire ça directement, une heure de métro aller, autant au retour, pour dix minutes d’entretien, j’ai autre chose à faire !
 
Donc me voici à mon stage. Le premier jour, j’arrive, on me présente mes costagiaires, un sympa et un autre que je trouve mignon sur le coup (Nina, tes lunettes, tu devrais les mettre…) mais glacial comme c’est pas permis.
« Tu…tu as un or… ordi p…p…portable ?  (oui, il bégaie mon tuteur de stage)
– Oui mais chez moi, je savais pas que je devais l’amener…
– Ben oui, c’est mieux… En attendant, travaille sur ce poste ».
Seigneur, j’allume, windows 95 ! C’est une blague ? Bon, je passe la journée à écrire un article sur open office dans un silence de mort mais comme je suis pas connectée à Internet, je bosse vite et bien. Le lendemain, j’arrive avec mon pc portable qui n’est plus tout jeune. Trois quart d’heure avec cette foutue sacoche, ça a de quoi vous foutre de mauvais poil. Le café lyophilisé, l’absence de lumière et les frais de bouffe aussi. Alors, quelles sont mes prochaines missions ? Réfléchir à la conception du site Internet de mon tuteur de stage, un dossier sur droit et e-administration. Ah, je dois aussi faire une interview de M. Tuteur pour son site Internet… Là, ça commence à puer l’arnaque : elle est où la culture ? Comment ça, je bosse que sur le site Internet de M. Tuteur et de son association ? A partir de là, je me suis mis en état de « démission mentale », comme dirait Max sur son blog. Moins j’en foutais, mieux c’était : je séchais un jour sur deux ou presque, prétextant des maux de tête (j’ai de nouvelles lunettes) à répétition ou des conneries du genre… Un jour, le monsieur m’a quand même demandé si j’avais des problèmes de santé : « non, non ! ». Quand je venais, je partageais mon temps entre : écriture de mon blog, réponse aux commentaires, fumer, fumer, boire du café, pisser, aller chercher à manger, partir à 16h, déjeuner pendant deux heures avec des copines, prendre mon après-midi… De toute façon, dès que M. Tuteur n’était pas là, il nous foutait dehors car il n’y avait qu’un jeu de clé… Il m’est ainsi arrivé un jour d’arriver à 9h45 et de repartir à 11h30… Me vriller l’épaule pour si peu, ça a de quoi agacer…
 
En juillet, nous étions plusieurs stagiaires, un que je n’ai vu que deux ou trois fois (le glacial) et l’autre, autrement plus sympa qui ne supportait pas trop le stage non plus mais qui, lui, le faisait sérieusement. Sa mission : outre un dossier sur l’intranet (que M. Tuteur m’a demandé de relire pour corriger les fautes, me voilà secrétaire de rédaction !), il devait trouver des CV en ligne de personnes pouvant donner des cours d’informatique pour l’association… Donc on allait toujours fumer en même temps histoire de papoter deux minutes et se défouler un peu : stage de merde ! Puis vint le mois d’août où je n’allais plus travailler puisque le monsieur était en congés je sais plus où donc trois semaines à moisir chez moi en faisant semblant de travailler sur mes dossiers : droit et e-administration, mais aussi l’employabilité dans les TIC et, surtout, je devais réfléchir à comment promouvoir un magasin d’accessoires de boxe qui allait ouvrir pour un ami de M. Tuteur. Finalement, je n’ai rien foutu, j’ai terminé mon stage en ayant rien fait sur ces sujets-là et quand il a fallu rendre mon dossier sur l’e-administration en octobre, je l’ai pas fait, M. Tuteur ne m’a jamais relancée. Sur le coup, j’avoue que j’ai culpabilisé mais finalement, comment pouvait-il décemment vendre ce stage en promettant des sujets culturels ? Comment pouvais-je sortir de là la tête haute en disant que j’avais acquis une nouvelle expérience journalistique ? La cata.
 
Et depuis ? Rien. Quand tout se passe bien, le dernier stage est celui qui permet de trouver du boulot, raté ! Mais en ce moment, je suis en mode recherche activé, je regarde même les stages car je préfère un stage faiblement rémunéré que rien foutre chez moi. Je suis journaliste, pas testeuse de canapé.
 
Amitié
Là, encore, il y eut des hauts et des bas, des amitiés éphémères, certaines sont nées, d’autres sont mortes.
 
Commençons par mon ex meilleur ami, Yohann… Et bien ça fait maintenant un an que je n’ai plus de nouvelles de lui et je ne sais absolument pas pourquoi. La dernière fois que je l’ai vu, j’ai pressenti le malaise… En fait, je l’ai trouvé par hasard à une caisse à la FNAC l’hiver dernier. Oui il faut savoir qu’il vit depuis deux ans en Suède et ne rentre que pour Noël et en été… Donc là, surprise : le voilà en France ! On discute et on s’arrange en rendez-vous. J’ai la sensation curieuse qui si nous nous étions pas croisés ce jour-là, je ne l’aurais pas vu… On se retrouve donc le jour dit, on papote, je me dis que je me fais des idées, on se file un autre rendez-vous mais il m’appelle la veille pour me dire qu’il a pas le temps de me voir mais pour se faire pardonner, il me livre un scoop sur les Feux de l’Amour. Oui, avec Yohann, les Feux de l’Amour nous faisaient hurler de rire, on adorait quand Victor buvait avec insistance dans un verre vide et ce genre de trucs à la con. Alors voilà, près de 10 ans d’amitié et la seule chose qu’il a à me dire, c’est une connerie sur un soap opera ? Là, je ressens le malaise. Je pars sur Paris, j’envisage de lui envoyer un mail pour lui dire mais c’est bientôt mon anniversaire… il oublie. Et depuis ? Plus de nouvelles. Il ne m’a pas appelée cet été quand il était sur Toulouse (il ne sait pas que je vis sur Paris), il ne m’a pas appelée cet hiver pour dire qu’il était là, non plus… Certes, j’aurais pu appeler mais s’il a oublié mon anniversaire, ce n’est pas un hasard. Je sais pas, je reste persuadée que si je l’avais pas croisé à la fnac l’hiver dernier, on ne se serait pas vus des vacances.
 
Sinon, sur Paris, je me suis fait pas mal de relations assez éphémères, y a qu’à voir l’évolution des participants aux vingtenaires : une doit partir, une autre arriver, il me faudrait aussi un(e) autre remplaçant… Je me suis fait de bons copains ici, notamment Zoé que j’ai rencontré dès mon arrivée puis Tink, Sab, Banana, Agnès, Bouki et quelques autres. D’autres m’ont déçue mais c’est la vie.
 
Amours
Oh, le gros dossier, puisque comme dans les horoscopes, je vais tout mettre en vrac dans ce domaine à savoir les brouettes et le reste… Donc assoyez-vous bien confortablement, allez vous chercher un petit thé ou un café, Yome, tu peux allumer une clope (j’adore ta photo sur le sujet, au passage), c’est parti.
 
Je ne la jouerai pas chronologique, on s’en fout. Je vais pas revenir sur chaque histoire, on s’en fout aussi, juste faire un rapide bilan. Globalement, cette année a été plutôt riche en brouette mais relativement pauvre en belles histoires même si… Un rateau magistral avec Julien m’a un peu fait partir en vrille cet été mais globalement, je ne regrette rien, ce n’est pas mon genre. J’ai fait des rencontres plutôt agréables, il faut bien l’avouer : Louis avec qui je suis restée amie, Reno avec qui je papote de temps en temps et qui m’explique les dessous de son métier (auquel je ne connais rien donc chaque conversation est riche en enseignement). Il y a également Jean, un vrai ami avec qui on peut parler de sujets graves ou de sujets plus légers… Concernant Laurent, il est revenu d’Afrique et il y a peu et m’a sauté virtuellement dessus comme un chat sur ses croquettes mais je ne pense pas le revoir. Il est clair que ce monsieur n’en n’a que pour mon sex appeal alors je pense que je vais zapper. Quand les choses évoluent de cette façon, je trouve que la brouette est un moyen très agréable pour faire connaissance.
 
Evidemment, parfois, je tombe mal, c’est inévitable… Il faut dire qu’en général, je ne fais les choses à moitié mais là, je me suis dépassée… Entre le goujat égoïste qui prend sans donner et le névrosé paranoïaque bouffé par la haine, je ne sais lequel est le pire. Mais je crois que les deux m’ont donné une leçon : comme quoi, dans toutes choses, malheur est bon. Avec eux, j’ai pu mesurer l’étendue de ma naïveté : non, l’homme n’est pas bon par nature. Ceci étant, je pense que chacun a ses excuses : Benoît est encore jeune et a beaucoup à apprendre (quoi qu’à 24 ans, il serait temps…) pour se comporter correctement avec les femmes. Je pense que quand il se sera pris une bonne dizaine de râteaux, il aura compris. Quant à l’autre, je sais pas, je n’ai rien compris à cette histoire. J’ai une idée de la réelle raison de son comportement mais tout de même… Détester au point de vouloir faire souffrir une personne qu’on a vue une dizaine d’heures, ça ne me paraît pas très normal. Mais peu importe, au fond, ces deux histoires appartiennent au passé.
 
Côté « amoureux », il y eut Arnaud, donc, mon petit ami officiel de l’année et ce ne fut pas une réussite, finalement. Pourtant tout avait bien commencé et les trois semaines passées ensemble furent parfaites, on se voyait un soir sur deux, on passait de doux moments à deux… Mais voilà, un jour, il se dit qu’il était temps de mettre les voiles et il oublia de me prévenir. Dommage, mais en même temps, ça m’a permis de vivre LA belle histoire de l’année, mon idylle avec Guillaume, donc. Comme on se voit peu, on profite à fond de chaque moment sans se poser de questions. Et pour l’heure, ça me va parfaitement. C’est vrai que, parfois, j’aimerais qu’on vive plus près l’un de l’autre pour se voir quand on veut mais on peut déjà se parler tous les jours sur MSN ou par téléphone, c’est déjà pas si mal. Et, au moins, on ne peut pas dire que la routine nous menace.
 
Globalement, 2005 n’a pas rempli mes espérances, je pensais que ce serait mon année. J’espère que 2006 sera plus clémente… A suivre.
 
 
 

Temple solaire quand tu nous tiens…

Par Gauthier
Une fin d’année 2005 à la hauteur de l’année écoulée. En effet il reste encore 3 jours avant 2006 et je ne sais toujours pas si on va y arriver. Océane vous a expliqué dernièrement que par sa faute, et son entière et exclusive faute, l’année 2005 fut longue, extrêmement longue… Je ne vais pas revenir sur le pourquoi du comment, mais il n’empêche que je ne comprends toujours pas comment en ce 28 décembre 2005 je suis encore en vie. Pour ceux qui ont pris le blog en route vous pouvez toujours vous reporter à mes articles précédents. Rien que cet été ce fut mémorable…
 
Donc que se passe-t-il dans ma vie actuellement pour que je n’en vois pas le bout de c’te putain d’année de mes deux … Je suis actuellement en vacances, et pour fêter ça, je suis redescendu dans ma belle ville rose. Je vis donc chez papa-maman (ouais je sais ça fait bizarre mais mes parents n’ont toujours pas divorcé, je sais je ne suis pas normal), et ce pour 17 long jours. J’ai eu du mal à m’habituer à Paris, mes amis me manquaient, mes parents aussi quelque part, mais là je dois vous dire quelque chose de très sérieux, la prochaine fois que je reviens à Toulouse, je vais à l’hôtel !
 
PUTAIN MAIS QU’ILS ME GONFLENT LES VIEUX !
 
J’en parlais à Océane cette semaine et elle me répond « mais Gauthier, en fait, là, tes parents considèrent que tu as encore 15 ans, ils t’empêchent de sortir, de prendre le voiture, de te coucher tard, de vivre ta vie comme tu veux, et ça te fais chier ? Ben écoute réagis comme si tu avais 15 ans, tu vas voir ça va les calmer.. » Ben je dois avouer que c’est pas con du tout comme idée, donc me voilà lundi soir à faire… le mur ! Si j’ai 24 ans, et je fais le mur une fois que mes parents sont couchés…  Mais où va le monde ?
 
Pourquoi ça se passe mal avec eux ? Bon vous connaissez ma tendance à l’alcoolisme festif, et donc le week-end où je suis revenu ils m’ont prévenu « on te prête les voitures, mais si tu en abîme une, c’est fini tu roules à pied ». Ok message reçu… Déjà le soir même Mister Big vomit sur la voiture que j’utilise (à savoir celle de ma mère). Pas bien ! Mais ils ne disent rien. Le jeudi de la semaine suivante je vais en boite, la boite où Océane travaille, et on se met complètement minable. Je finis à parler à des gens dans une langue qui m’appartient, je suis tellement saoul que je ne sais pas ce que j’ai fait 70% de la soirée (ça fait un gros trou ça quand même). Et en sortant sur le parking un gentil monsieur me parle, on papote de je-ne-sais-plus-trop-quoi, et en même temps je me retrouve à fumer un joint qui sort de je ne sais où ! Là je suis fini. Mais encore faut-il traverser Toulouse, qui conduit ? Personne ? Bon tant pis c’est moi… Et dans une avenue suffisamment large pour passer trois semi remorque de face, j’accroche un rétro… aïe… Là Mister Big qui connaît mes parents, me dit « tu t’es fait arracher le retro sur le parking pendant que tu étais dans la boite, tu t’es fait arracher le retro sur le parking… » Et il me le répète à peu près 20 fois dans l’espoir que je m’en souvienne le lendemain. Quand j’ai raconté ça à mon père bizarrement il ne m’a pas cru, moralité, j’ai plus droit de toucher aux voitures.
 
Voilà pour la petite histoire. Mais s’il y n’y avait que ça… Donc je passe mes journées à me faire grave iech dans ma banlieue lointaine (à 20km de Toulouse ya rien à faire…) et pendant ce temps que se passe t il dans la civilisation ? Océane et Mister Big cumulent les problèmes… Surtout Mister Big le pauvre, il lui en arrive des vertes et des pas mûres en ce moment, d’ailleurs je profite de notre notoriété pour lancer le grand « Mister-Big-o-thon » Donnez, donnez, Dieu vous le rendra… Mais il vous racontera ses malheurs mieux que moi.
 
Donc fin d’année pourrie, pas de zizi. Oui hier je devais retrouver un chouchou pour aller faire des galipettes. Enfin quelque chose de positif pendant mes vacances, on doit se retrouver au sauna vu que chez mes parents on ne peut pas, et chez lui non plus. Donc je me pointe dans un sauna glauquissime de ma belle ville rose à l’heure dite. J’attends, j’attends, j’attends, je fini par rentré parce qu’il fait -15°C, je me retrouve à thon-land. Que des vieux à poils en train de s’enculer dans tous les coins, ça sent le vieux sperme, le vieux cul, bref je suis aux anges… j’attends toujours. Là je reçois un texto « j’ai cassé ma voiture je suis rentré chez moi pour pleurer », ben ma fin d’année pourrie est contagieuse en plus ! Super !!! Donc je suis seul, nu, au milieu de vieux qui s’enculent… Je décide de baiser quoiqu’il m’en coute. Et merde après tout j’ai fait 30 km pour arriver là, je mérite ma pipe. Je cherche un mec de moins de 35 ans, et je fini par en trouver un, il a mon âge, il est beau, il me plaît, et à mon avis je lui plais puisqu’il me suit partout (oui un jour je vous ferai un article consacré aux saunas, ce merveilleux monde à part). Je rentre dans le hammam, il me suit, je m’assoie, un mec s’assoit à coté de moi dans le brouillard et commence à me caresser. Je me laisse faire, il m’embrasse, je me laisse faire, il me prend par la main pour m’emmener dehors et se trouver une cabine, je me laisse faire. Retour à la lumière : ARGH C’EST PAS LE BON ! Et me voilà devant un mec de 35 ans mais bien bien sonnés qui m’entraîne dans une cabine, et moi avec mon érection rouge de honte à ne pas savoir quoi dire (il vient quand même de me tripoter pendant 15 min sans que je ne proteste). Je m’esquive prétextant un besoin urgent de me laver ! Et puis je réfléchis « après tout il est bien aussi, un peu âgés, mais bon je le répéterai pas… ». Et je m’enferme dans une cabine, il me fait comprendre qu’il veut se faire sodomiser, je m’exécute, mais ça ne rentre pas, même à grand renfort de poppers ça ne passe toujours pas, il passe sur moi et il s’assoie comme un bourrin sur mon sexe, forcement avec l’élan là ça passe, bon je n’ai pas souvent mal quand je baise, mais cette fois je me suis fait défoncer le pubis, bref il prend son pied, il jouit en deux min et se sauve… Et moi je fais quoi ? Bon ok j’ai compris je me branle et je vais me coucher. SOIREE DE MERDE !!!!
 
Donc programme de la fin de semaine, je prépare le réveillon, je refuse de rencontrer de nouvelles personnes, je refuse de prendre la voiture, je refuse de baiser, je refuse de boire, je refuse de respirer, bref, en fait je vais peut être me coucher et attendre 2006 sous ma couette… Parce que à notre niveau le suicide collectif n’est pas loin, mais alors pas loin du tout, surveillez votre télévision, si vous entendez parler d’un nouveau « Temple solaire » sur Toulouse, c’était nous 😉

Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël (2/2)

Par contre, l’idée de la réalité des monstres me chagrinait bien plus que d’avoir perdu mes illusions sur les gentils personnages couvrant les enfants de cadeaux et de chocolat : je me retrouvai seul dans ma chambre à supporter cette terrible vérité, mes yeux ne cessaient de balayer la pièce à la recherche du méchant monstre prêt à me croquer dans mon sommeil car, comme tous les êtres maléfiques, ceux-là sont fêlons, ils n’attaquent jamais un enfant encore conscient. Et les fantômes, alors ? Ils adorent agiter leurs chaînes à travers les maisons, la nuit, pour effrayer leurs occupants et surtout les jeunes enfants, ils flottent au-dessus du sol, drapés dans leur linceul blanc car ils sont trop lâches pour présenter leurs vrais visages… Mais ils ne sont pas dangereux, ils ne tuent pas les enfants, ils se contentent de les effrayer. Soudain, je repensai au plus terrible de ces êtres maléfiques, le plus vicieux aussi : le monstre caché sous le lit. Mes copains et moi en parlions en cachette à la récréation car l’un d’entre nous, Julien, nous raconta qu’il l’avait vu et nous buvions littéralement ses paroles. Normalement, le monstre sous le lit ne laissait pas de témoins vivants, il avait bien essayé de manger Julien mais il avait hurlé et ses parents étaient arrivés à temps pour le sauver.
« Il était comment ? demanda l’un d’entre nous.
– Horrible ! Il était énorme, nous décrivit-il en réalisant un arc de cercle avec ses bras pour tenter de nous représenter la taille de la créature. Il faisait au moins trois mètres et devait peser deux-cents kilos !
– Bah, n’importe quoi ! lâcha Arnaud, visiblement sceptique. S’il était aussi gros, il rentrerait pas sous ton lit.
– Mais je l’ai vu et je te jure qu’il était comme ça ! C’est parce qu’il grandit quand il sort de sous le lit, il doit être plus petit en dessous. Il était tout poilu et il avait un gros nez qui dépassait des poils, tout long et tout plein de boutons et puis il avait des yeux rouges comme mon lapin sauf que, ceux-là, ils brillent dans la nuit et même que c’est ça qui m’a réveillé ! Alors, là, il a avancé ses mains toutes pleines de doigts avec des griffes longues comme ça, nous indiqua t’il en plaçant sa main gauche largement au-dessus de son index droit, et il a failli m’attraper alors, moi, j’ai crié tant que j’ai pu et mes parents sont arrivés et ils m’ont sauvé.
– Ca existe pas, les monstres, intervint à nouveau Arnaud. C’est mon papa qui me l’a dit.
– C’est parce que les parents ne le voient pas, le monstre ! Mes parents m’ont dit que j’avais fait un cauchemar mais c’est pas vrai, il était là et maintenant, j’ai peur de m’endormir. »
Comme je comprenais les craintes de Julien, je restai allongé sur mon lit, le plus droit possible pour éviter qu’un de mes pieds aille faire une escapade hors du matelas et se transforme en véritable appât pour le monstre, comme les asticot de papa lorsqu’il allait à la pêche. Je tendais l’oreille pour guetter le moindre bruit, je percevai en fond le son de la télévision dans la chambre de mes parents mais une sonorité bien plus inquiétante résonna à mes oreilles : une respiration sifflante et rapide : le monstre sous le lit, il était là, il allait me manger ! Complètement paniqué, je ne parvenai pas à trouver de solution pour lutter contre lui, il ne semblait pas effrayé par la lumière, je savais que Julien dormait, lui aussi, avec une veilleuse, et je n’avais aucune arme sous la main. Au comble du désespoir, je me mis à hurler pour alerter mes parents qui arrivèrent rapidement, sans doute inquiétés par mon terrible cri.
« Louis, qu’est-ce qu’il y a ? s’enquit mon père qui avait chaussé ses lunettes de travers dans sa hâte à me secourir.
– C’est le monstre sous le lit, il va me manger ! répondis-je en sanglotant.
– Mais les monstres n’existent pas, tu le sais bien. Viens regarder sous le lit, tu verras qu’il n’y a rien.
– Non, je ne veux pas… Il va m’attraper et me manger !
– Mais non, je suis là, tu ne risques rien. Viens regarder, tu verras que tu ne crains rien. »
Je finis par sortir de sous mes draps et, à contrecœur, je m’agenouillai pour découvrir, qu’effectivement, il n’y avait rien sous mon lit, hormis un petit mouton de poussière mais les paroles de Julien me revinrent en mémoire : « C’est parce qu’il grandit quand il sort de sous le lit, il doit être plus petit en dessous». Donc, cette petite vérification ne me rassura absolument pas et j’étais prêt à tout pour ne pas retourner dans mon petit lit car je savais qu’une fois mon père parti, il allait sortir du lit et grossir.
« Alors, tu as vu quelque chose ?
– Non, mais Julien a dit qu’il était tout petit sous le lit, ce n’est qu’après qu’il grandit.
– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? me questionna mon père, en fronçant les sourcils. Il te raconte de drôles d’histoires, ce Julien, c’est un sacré menteur.
– Non, c’est toi le menteur !
– Enfin, Louis, ce ne sont pas des façons de parler à son père, me gronda-t-il. Les monstres n’existent pas et ce garçon t’a raconté ça pour te faire peur.
– Non, non, c’est pas vrai, je le sais ! Les monstres existent et pas le Père Noël, vous faites qu’à mentir tout le temps ! explosai-je.
– Comment ça, le Père Noël n’existe pas ? »
Il se tourna vers ma mère d’un air perplexe, celle-ci haussa les épaules pour lui signifier qu’elle ne comprenait pas plus que lui cette brusque attitude et je sentis que l’explication familiale arrivait à grand pas, ce qui m’arrangeait : tant qu’ils étaient là, le monstre se tenait tranquille.
« Louis, commença ma mère d’une voix douce, je t’ai expliqué tout à l’heure pourquoi il y avait deux Pères Noël dans la rue, je croyais que tu avais compris.
– Oui mais tu m’as menti, je le sais : tu as dit que les rennes ne volaient pas !
– Quand ai-je dis ça ?
– Quand je te l’ai demandé. »
Elle se pinça les lèvres, visiblement navrée d’avoir laissé échapper une telle vérité et cherchant un échappatoire mais devant son silence éloquent, mon père tenta de prendre le relais.
« Elle t’a dit ça parce qu’elle ne pensait pas aux rennes du Père Noël, celles-ci sont très spéciales et peuvent voler.
– N’importe quoi ! Et la petite souris, où elle trouve les sous qu’elle me donne ?
– Dans sa tirelire.
– Ca rentre pas dans un trou de souris, une tirelire, c’est comme les cloches, c’est pas elles qui cachent les œufs dans le jardin, ça vole pas, d’abord ! Vous ne faites qu’à me mentir. »
Mes parents se regardèrent longuement, s’interrogeant en silence sur l’attitude à suivre et, comprenant qu’il était désormais trop tard pour me convaincre de la réalité de leurs contes de fées, il valait mieux déballer la vérité. Mon père me souleva de terre et me posa sur mon lit, assis, de sorte à me mettre dans une position confortable pour m’asséner la terrible vérité.
« Tu es un grand garçon, Louis, tu grandis très vite et je pense que tu es maintenant en âge de comprendre certaines choses. Comme tu l’as toi-même deviné, le Père Noël n’existe pas, tout comme les cloches de Pâques et la petite souris mais nous ne t’avons pas raconté tout ça pour se moquer de toi mais parce que tous les enfants ont besoin de croire en ces personnages pour rêver un peu et avoir des références positives…
– C’est quoi, ça ?
– Heu… Comment dire ? Ce sont des gentils à qui tu dois penser pour être content, voilà. Tu te souviens comme tu étais content quand tu cherchais les chocolats dans le jardin, quand tu ouvrais tes cadeaux de Noël ou quand tu as trouvé une petite pièce sous ton lit à la place de ta dent ? Si nous t’avions pas raconté ça, tu n’aurais pas connu ses joies.
– Et le monstre sous le lit ? Vous m’avez menti pour que j’ai pas peur ?
– Non, il n’existe pas, lui, pas plus que les fantômes.
– T’es sûr ?
– Certain.
– Moi, je sais pas trop : comme vous me dites que le Père Noël existe alors que c’est pas vrai, le monstre sous le lit existe et vous me dites que c’est pas vrai pour que j’ai pas peur.
– Non, Louis, je te jure qu’il n’existe pas. Crois-tu que nous te laisserions seul dans ta chambre si un monstre risquait de te manger ? »
La question était intéressante, je réfléchis un instant et décrétai qu’il avait raison : aucun parent normalement constitué ne laisseraIt son enfant courir un danger mortel. Cependant, toutes mes craintes n’étaient pas évanouies, je repensai à la respiration sifflante que j’avais entendu et je n’avais pas très envie de dormir seul alors je décidai de faire un petit caprice.
« Oui, peut-être, mais Julien l’a quand même vu et moi, j’ai peur, je veux pas dormir tout seul.
– Tu veux dormir avec nous ? me demanda gentiment ma maman.
– Oui, répondis-je d’une petite voix.
– Allez, viens, bonhomme, dit mon père en me prenant dans ses bras. Mais demain, je te montrerai qu’il n’y a pas le moindre monstre sous ton lit. »
Effectivement, le lendemain, nous inspectâmes longuement le dessous de mon lit et je pus constater qu’il n’y avait aucun moyen pour un monstre d’arriver par là mais, au fond, je le savais déjà, j’avais eu tout la nuit pour réfléchir à l’improbabilité de son existence.
Je déteste Noël car c’est à cette occasion que j’ai perdu toutes mes illusions qui faisaient de moi un petit garçon comme les autres et je pense avoir perdu une partie de mes rêves. Sans doute ce traumatisme enfantin explique-t-il mon attitude très, voire trop, pragmatique et cynique, je ne me permets pas de perdre du temps à rêver à des choses improbables car, trop tôt, j’ai appris que tous ces êtres magiques n’existent pas. J’en ai longtemps voulu aux hommes se déguisant en Père Noël lors des festivités pour mieux charmer les passants et leur demander la charité, j’eus même, pendant un temps, une fâcheuse tendance à leur donner un bon coup de pied dans le tibia en les traitant de menteur, ce qui me valait de terribles remontrances mais ça me soulageait toujours un peu. Car si le personnage du bon Père Noël fait rêver tous les enfants qui, la nuit de Noël, quittent en douce leur lit pour tenter de voir son traîneau traverser le firmament, les adultes n’hésitent pas à exploiter le pauvre vieillard pour s’en mettre toujours plus dans les poches.

Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël (1/2)

(Voici une nouvelle que j’ai écrite il y a 3 ou 4 ans sur Noël, je l’ai trouvé d’actualité donc la voici, en deux épisodes car elle est trop longue… J’espère que ça vous plaira).

Pour la plupart des gens, Noël est une période magique, une parenthèse bénie suspendue entre deux années, où toute la famille est réunie, où tout le monde s’aime et s’offre des cadeaux, un sourire béat aux lèvres. L’euphorie gagne les gens au fur et à mesure que les clochettes résonnent dans l’air froid, précédant l’arrivée d’un individu grassouillet et barbu vêtu de rouge qui souhaite un joyeux Noël à tout le monde d’une voix anormalement grave. Tout le monde aime le Père Noël… tous sauf moi.
Qui suis-je donc ? J’en vois déjà qui formulent des hypothèses pour expliquer ma haine de Noël : s’agit-il d’un anarcho-révolutionnaire crachant sur le Père Noël parce qu’il s’habille aux couleurs de Coca-Cola ? Peut-être un anti-capitaliste forcené ne supportant pas les fêtes commerciales parce que l’argent des honnêtes contribuables passe directement dans la poche de magnats du jouet et du chocolat qui se foutent bien de l’esprit de Noël ? Peut-être un solitaire frustré qui ne peut le fêter à personne et préfère dire qu’il n’aime pas les festivités plutôt que de pleurer sur sa condition ? Pas du tout, vous vous trompez. Je ne suis qu’un ancien petit garçon déçu d’avoir été abusé par ses parents, laissez-moi vous raconter mon histoire.
Je m’en souviens encore, c’était l’hiver 85, j’avais cinq ans. J’étais un petit garçon qui ne se distinguait pas des autres, emmailloté dans un épais blouson de Noël, un bonnet m’obstruant partiellement la vue et une écharpe qui me piquait le cou et le menton, tout cet attirail pour me protéger de la morsure du froid. Une entreprise tellement réussie que je mourrais de chaud. Ma main enserrée dans une épaisse moufle bleue tenait celle de ma mère qui flânait tranquillement dans la rue, allant de vitrines en vitrines, ce qui ne me plaisait pas trop car je craignais de la voir entrer dans un magasin de vêtements. Il n’y avait pas pire torture pour moi, je détestais ces interminables séances d’essayage, ma mère me faisant enfiler tout ce qui lui tombait sous la main, même les habits les plus laids. Mais elle ne faisait que regarder et m’emmena même devant la vitrine d’un magasin de jouets pour me demander ce que je voulais recevoir du Père Noël, une tâche bien plus agréable ! Alors que je lui désignais la moitié des jouets exposés, arrive un être épais et barbu engoncé dans une douillette tenue rouge : le père Noël lui même, en train de secouer une cloche.
« Maman, maman ! me mis-je à hurler, au comble de l’excitation. C’est le Père Noël ! »
Ma mère me sourit et me demanda si je voulais lui dire bonjour, je répondis par l’affirmative avec un enthousiasme forcené, je courus vers lui et en me jetant sur ses jambes pour l’enlacer, je faillis le faire tomber.
« Hé bien, doucement mon petit bonhomme, me fit-il d’une voix commune qui me déçut un peu, je m’attendais à une voix beaucoup plus grave et chevrotante.
– Bonjour, Père Noël ! Tu as reçu ma lettre ? m’enquis-je avec angoisse, apeuré à l’idée de ne pas recevoir de cadeaux.
– Oui, bien sûr, mon petit…
– Louis, intervint ma mère.
– Mais je le savais ! Mais as-tu été bien sage ?
– Oui, oui, oui, répondis-je d’une voix suppliante, espérant que ma mère n’allait pas cafter ma belle fresque sur la tapisserie du salon.
– Alors, tu auras tes cadeaux au pied du sapin. »
Fou de joie, je repartis dans la rue, trottinant gaiement auprès de ma maman quand, au détour d’une rue, nous trouvâmes à nouveau le père Noël… sauf que ce n’était pas le même homme : celui-ci était plus mince, plus grand et surtout sa peau était noire comme l’ébène, ce qui m’interloqua : jamais je n’avais envisagé que ce personnage puisse être noir. Alors, ce Père Noël devait sans doute être un faux, tout comme celui à qui il avait parlé : le Père Noël ne savait-il pas le prénom de tous les enfants ? Ma mère avait pourtant été contrainte de le lui souffler. Choqué, je cessai de marcher et quand elle me demanda ce qui m’arrivait, je me mis à pleurer violemment.
« Mais qu’est-ce qui t’arrive, Louis ? me questionna-t-elle, gênée par cette scène. Pourquoi tu pleures ?
– Parce que le Père Noël est faux !
– Mais enfin, qu’est-ce que tu racontes ?
– Parce qu’il y en a un, là, qui est tout noir !
– C’est parce que le Père Noël a des employés qui l’aident, pour que tous les enfants puissent leur parler, tu comprends ?
– Alors il existe vraiment ?
– Mais bien sûr que oui. C’est fini ce gros chagrin ?
– Oui. »
Mais en réalité, ça n’était pas fini, des milliers de question me trottaient dans la tête : d’où sortent ces employés ? Pourquoi le Père Noël ne peut pas aller dans toutes les rues alors qu’il arrive à visiter toutes les maisons durant une nuit ? Toutes les maisons… c’était beaucoup pour un seul homme alors y avait-il plusieurs Pères Noël… ou il n’existait pas.
Je rentrai chez moi et, tout en buvant mon chocolat chaud, je réfléchis profondément à la question et plus j’y pensais, plus l’existence du généreux vieillard et de ses rennes volants me semblait suspecte. D’abord, les rennes, ça ne vole pas dans la mesure où ça n’a pas d’ailes. Ensuite, pourquoi le Père Noël s’embêtait-il avec des bêtes alors qu’il existe des avions supersoniques et puis, les rennes, ça ne galope pas très vite, comment pouvait-il faire le tour du monde en une nuit en s’arrêtant à chaque maison pour déposer des cadeaux et manger quelques biscuits laissés exprès pour lui ? Enfin, pourquoi se fatiguait-il à fabriquer ses jouets dans une usine avec des elfes alors qu’il pourrait acheter les mêmes dans les magasins et gagner du temps ? Toutes ces questions me poussaient à conclure qu’il n’existait pas mais je ne parvenais pas à m’y résoudre, je décidai donc de piéger en posant des questions indirectes.
« Maman, est-ce qu’un animal peut voler sans ailes ? »
Elle réfléchit un instant pour être sûre de ne pas répondre trop vite par l’affirmative mais ne voyant pas quel animal pouvait lui servir de contre-exemple, elle finit par répondre par la négative.
« Tu es sûre ?
– Oui, bien sûr, un animal a besoin d’ailes pour voler.
– Et les rennes ?
– Les rennes ? Non, ça ne vole pas. »
Alors il n’existait pas, mes parents m’avaient menti durant cinq ans, je fonçai dans ma chambre pour pleurer, désespéré de découvrir que ce sympathique personnage n’était qu’un mythe mais comment avais-je pu croire qu’il existait un individu qui ne faisait rien d’autres que de fabriquer des jouets pour des enfants pas toujours très sages : moi-même, j’avais quelques forfaits à mon actif et, pourtant, je n’allais pas être privé de jouets.
Je fus interrompu dans mes réflexions par mon père qui vint me chercher pour le dîner, je me forçais à avaler ma portion de raviolis gratinés, plat dont je raffole en temps normal puis, après avoir avalé mon dessert, ma mère me conduisit à la salle de bain pour faire ma toilette avant de me coucher.
« Tu me lis une histoire ? quémandais-je, espérant oublier mes tristes découvertes avant de dormir.
– Il est déjà tard, Louis, il est temps de dormir.
– Mais j’ai pas sommeil !
– Louis, ça suffit, il faut dormir. Allez, bonne nuit. »
Elle éteignit le plafonnier mais prit soin de me laisser ma petite veilleuse en forme de lapin bleu car j’avais toujours du mal à m’endormir dans le noir, j’étais angoissé par les monstres cachés dans les ombres et malgré l’explication de mes parents insistant lourdement sur l’inexistence de ces êtres, je ne me sentais en sécurité qu’avec une source de lumière à mes côtés car j’étais persuadé que ces démons fondaient à la lumière comme neige au soleil car ils étaient essentiellement composés d’ombres. Mais si mes parents m’avaient encore menti et que les monstres existaient vraiment, après tout ? Un mensonge en entraîne souvent un autre. Je me faisais alors la liste des êtres censés exister et ceux qui étaient soit-disant le fruit de mon imagination, le résultat fut plutôt édifiant. D’un côté, je devais renoncer à l’idée séduisante de la petite souris, des cloches de Pâques et des gentilles fées qui exaucent les vœux des jolies princesse, d’un autre côté, je réalisai que les monstres, fantômes et le vilains gnomes à la peau verdâtre couverte de pustule et aux oreilles tordues et pointues vivaient bel et bien. Bien sûr, il me parut soudain absurde qu’une petite souris puisse prendre une dent pour me donner une petite pièce en échange car les animaux n’ont pas d’argent, surtout ces pauvres petits rongeurs bien trop faibles pour pouvoir transporter facilement toutes ces pièces et puis, qu’aurait-elle fait de mes dents ? Si elles tombent, c’est qu’elles sont mortes, elles ne doivent plus être d’une très grande utilité. L’idée des cloches volantes est tout aussi farfelue : d’une part, les cloches ne volent pas et, surtout, elles n’ont jamais eu le moindre rapport avec le chocolat ! Pourquoi les adultes inventent-ils de telles histoires abracadabrantes ? Pour acheter notre bonne conduite ? « Si tu n’es pas sage, le Père Noël ne te fera pas de cadeaux, les cloches ne passeront pas chez nous, je jetterai ta dent et la petite souris ne passera pas… » Combien de fois ma mère m’avait menacé de la sorte ? Toujours est-il que je me sentais complètement idiot d’avoir avalé de telles couleuvres durant les cinq années de ma petite vie, j’étais réellement fâché contre moi-même car j’avais tous les éléments pour démonter leurs histoires à dormir debout mais je n’avais rien remis en question… pourtant, un pépé qui vole dans le ciel dans un traîneau tiré par des rennes qui volent alors qu’ils n’ont pas d’ailes, ça n’a vraiment rien de crédible ! En plus, je n’avais pas de cheminée…

Voyage humanitaire

Il y a… houlà… 10 ans, je participe à un convoi humanitaire organisé par une association étudiante. Il s’agit d’apporter médicaments, matériel médical et plein de petites choses en Roumanie. Pendant le préparation du convoi, je commence a bien accrocher avec une des filles du convoi. 

Episode 1 – Les cibiesCe qui est sympa dans un convoi de ce type, c’est l’usage des cibies. Et je me lance lors du deuxième jour du convoi dans une drague par cibie (nous n’étions pas dans la même camionnette dans cette rotation). Au mieux, elle marche dans le coup, au pire c’était juste pour rire puisque devant tout le convoi (nous étions 12) à l’écoute de nos provocations verbales. Là où c’était moyen, c’est que le responsable du convoi était l’ex de mon objectif et qu’il voulait profiter du convoi pour ressortir avec elle…
Bref ! la rotation suivante fait que je me retrouve seul avec « elle » pendant deux heures… les gros blancs, les malaises… ça voulait dire que soit je lui avais foutu la honte, soit qu’elle avait été plutôt sensible…

Episode 2 – Cette première nuitLa nuit, on se retrouve à dormir dans la même camionnette… L’un contre l’autre, on s’est serré, puis on s’est embrassé… Ce qui était moyen, c’était qu’on était quand même 4 les uns contre les autres… et mes 2 autres copains m’ont dit le lendemain qu’on avait fait un bruit épouvantable en s’embrassant comme des phoques… Bon, on s’est dit qu’on se trouverait un moment plus tranquille plus tard

Episode 3 – Le pique niqueLe big boss a dû être au courant, ce qui n’était pas difficile et nous a séparé quand le convoi s’est séparé en deux directions… je ne lui en veux pas du tout… dans les 2 convois suivant que je dirigeais je faisais la même chose, car les couples qui se créént, ce n’est pas toujours bon pour l’ambiance de groupe. Mais je me dis qu’il y avait quand même une arrière pensée. Bref, quelques jours après on se retrouve dans notre point de ralliement roumain… on fait un grand pique nique avec tout un village à 2 ou 300 personnes, très sympa, très convivial. On se dit avec la belle que l’on vas’écarter un peu discrètement pour s’amuser un peu à l’abri des regards… au milieu des champs. Mais le pique nique s’est achevé plus vite que prévu et ils se sont rendus compte qu’il manquait 2 personnes. Et alors que nous étions au milieu de belles caresses, on entend du bruit, une sorte de battue… mais ce sont nos noms qu’ils scandent… pour la discrétion, on repassera.

Episode 4 – Le retourSur ces avancées encourageantes, on se retrouvera seuls, une fois dans la même camionnette. J’ai profité qu’elle soit au volant pour l’embrasser, la caresser un peu et finalement mettre ma tête sur les genoux… A l’arrêt suivant, je vois bien que le boss n’est pas très content… un ami vient me voir discrètement… il m’explique que pendant toute cette séance d’amourades de deux heures… ils avaient roulé juste derrière nous et avaient de très bonnes places pour le spectacle… le boss n’était pas très heureux et il y avait une ambiance un peu lourde…

Episode 5 – Une soirée d’intégrationPeu de temps après, notre asso organise un week end d’intégration pour les étudiants étrangers. Nous partons tous en Normandie pour une soirée de débauche… Mais voilà, j’étais un peu malade, gros mal de tête… je vais me coucher avec un duvet parmi les premiers… je monte dans une grande chambre et me met au fond… J’y suis bientôt rejoint par ma belle qui vient dormir contre moi… mais pas plus… si vous avez bien suivi j’avais la migraine (non, pas ce soir chérie)… Au réveil, je me rend compte que nous sommes seuls dans cette immense pièce alors que les non-campeurs… étaient aglutinés dans une pièce plus petite… ils n’avaient pas voulu nous déranger… bon, discrets je vous dis…

Episode 6 – un Réveil d’intégrationMais puisqu’on est seul, on en profite… elle me rejoint dans mon duvet, on se retrouve vite nus. Elle vient sur moi, se découvre un peu, les seins à l’air en face de moi… et là… c’est le drame… son ex (vous savez le « boss ») déboule d’un coup dans la chambre, nous surprenant dans une situation à l’inverse de l’équivoque… « euh, le p’tit déj’ est prêt… » « oui, on va pas tarder, merci »

EpilogueCette relation a duré un mois… c’était très compliqué car à vrai dire j’étais pas vraiment célibataire à ce moment, enfin je ne rentre pas dans les détails mais imaginez juste que ça en rajoute une couche côté discrétion. J’ai vite perdu de vue la miss alors que je suis encore en contact avec « le boss »… après deux années pas évidentes (en plus il y a eu des conflits associatifs) on est devenu très potes… comme quoi, tout est possible, sortez avec l’ex d’un gars dont vous voulez devenir l’ami !

Jean

Internet est un outil fantastique qui permet de faire connaissance avec des gens et…hum… plus si affinités. Il y a quelques temps, je reçois un mail d’un jeune homme que je « connais » : je suis son blog et je l’apprécie beaucoup. Donc quand il me donne son identifiant MSN, je m’empresse de lui donner le mien (qui n’est pas nina.bartoldi, je le rappelle !).
 
On discute innocemment, je ne sais plus comment on en vient à parler de meetic et autres et je dis : « tu sais, moi, j’ai besoin de parler un minimum avec la personne avant de coucher.
– Bon, ben on a parlé, c’est bon ! »
Hein ? Il est sérieux, là ? Je ne le percevais pas comme un séducteur forcené mais du coup, je ne sais plus. Je coupe court à la conversation : ce n’est pas qu’il m’ennuie, c’est juste que j’ai rendez-vous avec Banana et Gauthier (pour changer).
 
Le lendemain soir, on discute à nouveau, il me chauffe un peu, tout en restant tout à fait correct, je rentre un peu dans son jeu. A un moment, il m’annonce qu’il descend sur Paris pour la soirée : « je peux finir la nuit chez toi ! ». Je ris et je rentre dans son jeu. Oui, lecteur, comme tu sais, je suis TRES joueuse. Donc forcément, je ne peux pas ne pas relever et je réponds : « chiche ! ». Je lui file donc le nom de ma banlieue à moi et mon numéro de téléphone, persuadée qu’il ne s’en servira pas. Je me fais donc une super soirée télé-ordi-feignasse.
 
Virée nocturne
En plein épisode de « Sex and the city », celui précisément avec l’anulingus que je n’avais jamais vu (merci M6 de diffuser les séries n’importe comment !), voilà-t-il pas que mon téléphone sonne. Je regarde le nom « Jean ». Ah ben tiens, il l’a fait ! Donc, polie, je réponds. « Ça te dit de venir boire un verre ?
– Ok mais tu viens me chercher : y a plus de métro et j’ai pas de voitures.
– Y a rien par chez toi ?
– Ahahahah ! »
Pour ceux qui ne connaissent pas mon bled, il faut savoir qu’après 21h, c’est plus possible de boire un verre, seuls les restaurants sont ouverts. Pour preuve : quand je suis arrivée là, j’avais croisé totalement par hasard un camarade de promo et nous avions décidé d’aller boire un verre un soir. Résultat, on s’est retrouvé au kebab du coin boire un demi (à 2€50, c’est pas cher, ceci étant dit). Donc Jean propose de venir me chercher pour boire un verre et me pose la question fatidique : « on fait comment pour venir chez toi ? ». Et bien, au bout de huit mois donc un en compagnie d’un motard qui m’a beaucoup baladée, je suis toujours incapable d’indiquer comment on vient chez moi à partir de Paris. Une fois qu’on est dans ma banlieue, je sais, mais avant… En gros : débrouille-toi.
 
Pendant qu’il cherche, je me douche et m’habille bien car comme j’avais prévu de passer la soirée seule, j’étais en jogging, so sexy. Hop, je me fais belle, un peu de maquillage, un peu de parfum, un pull (trop ?) décolleté et je retourne sur mon pc en attendant qu’il arrive, ce qui ne tarde pas trop. Je lui dis de m’attendre à un stop pas loin car ma rue est en sens unique et c’est pénible de faire le tour juste pour atterrir devant ma porte. Donc je saute dans sa voiture. Oui, je sais, c’est pas bien de monter dans la voiture d’un inconnu, c’est mal, c’est mal ! Mais je le fais quand même. C’est une vieille voiture très grande (me demandez pas la marque, je suis nulle en voiture), à la taille du monsieur mais j’ai un peu de mal à me faire une idée : il fait sombre, j’ai pas mes lunettes (pour changer). En tout cas, il sent bon, j’aime bien son parfum.
 
On se fait la bise et départ direction Paris. Et voilà une scène hautement érotique : lui ne sachant pas où on est, moi le nez écrasé contre le pare-brise pour essayer de lire le flou qui se dessine sur les panneaux en face et qui est censé représenter un mot. Oui parce que par coquetterie, non seulement je ne les mets pas, mais je ne les range même pas dans mon sac, au cas où… Bon, après s’être perdus deux ou trois fois, on se retrouve sur les Champs-Elysées et là, que voit-on ? Une place. Elle nous attend, elle était là pour nous. Bon on se gare et on part à la quête d’un distributeur car je n’ai pas un rond sur moi (je ne présume jamais qu’on homme va payer ma consommation). Et bien figure-toi, lecteur, qu’un distributeur sur les Champs, ça n’existe pas. Et il y a une explication simple à ça : chaque mètre carré de cette belle avenue coûte bonbon et toutes les enseignes un tant soit peu réputées se doivent d’avoir leur coin de trottoir. Donc les banques ont qu’à aller s’installer ailleurs. Donc y a pas de distributeurs. Heureusement, j’en connais un pas trop loin, dans une rue annexe que je ne retrouve pas au premier coup (« c’est loin encore ? » « Non, non, c’est la prochaine… Ah non, tiens ! Ça doit être celle d’après ! »). Enfin, on trouve mon distributeur et on va s’installer à la terrasse du pub en face. Je suis un peu impressionnée par le monsieur : il est grand ! Bon, c’est sûr que tout homme dépassant le mètre soixante-quinze me paraît grand mais lui, il flirte avec le mètre quatre-vingt-dix !
 
Je commande un demi et lui un coca light (mince, je vais passer pour une alcoolique), on commence à discuter et là, il cherche un stylo. Il vide ses poches et pose le contenu sur la table dont 2 préservatifs. Là, je ris (très discrètement,  je suis très polie) : il est présomptueux, quand même ! Plus tard, il m’a avoué qu’il avait une nuit coquine de prévue mais elle s’était annulée. Bon, bref, cette histoire de capote détend l’ambiance même si je ne dis rien (il m’a aussi avoué plus tard qu’il l’avait fait exprès pour voir comment je réagirais). On parle beaucoup, de blog, de blogueurs, de nos parcours respectifs, le tout entrecoupé par les cris hystériques de pauvres saoulards dans le bar et par la pluie qui nous a forcé à nous déplacer à l’intérieur.
 
Il me drague ou quoi ?
On parle à un moment de meetic (où je ne suis plus, je le rappelle) et je lui décris la photo que j’avais mise, avec un dessin sur la joue. Et là, il tique : « attends, je l’ai vue, cette photo ! ». Là, sur le coup, je me dis : il me fait un plan drague à ne pas faire, là, le fameux  « mais, oui, on s’est déjà vus ! ». Oh non, il me semblait pourtant au-dessus de ça ! Mais il me dit : « on voyait surtout tes yeux, non, sur cette photo ? ». Ah, il l’a peut-être vraiment vue, finalement mais sa tête ne me dit vraiment rien, je suis un peu embêtée. Heureusement, Jean a l’art de mettre les gens à l’aise, je trouve. Quelque part, je suis un peu impressionnée car il a énormément de charisme mais il dégage aussi une impression de douceur. Franchement, il me fait penser à l’expression « la force tranquille » car c’est vraiment ça. Je me sens un peu nulle par rapport à lui mais je ne m’en laisse pas compter. Vers 4 heures, on finit par repartir et il me pose une question ambiguë : aurait-il envie de finir la nuit chez moi ? Je réponds de façon tout à fait détournée (oui, je suis lâche, par moment), à voir. On repart en voiture et on se reperd un peu, histoire de s’amuser encore un peu puis, une fois arrivés près de chez moi, je me lance : « Je te propose de te garer ou pas ? ». Curieusement, il accepte et nous voilà partis chez moi. On traîne un peu sur le net, je lui montre mes photos meetic et il confirme : il était passé sur ma fiche, à l’époque. Effectivement, son pseudo ne m’est pas inconnu mais je n’ai pas dû visiter sa fiche car je suis persuadée de ne l’avoir pas vu avant, même en photo.
 
On s’allonge sur le lit pour continuer à discuter, il doit être quelque chose comme 5 ou 6 heures, on se rapproche un peu puis il me demande pourquoi je ne fais pas le premier pas. « je ne le fais jamais. » Donc il glisse sa main sur ma hanche, on se rapproche et on finit par s’embrasser. Alors que les vêtements volent, je comprends soudain pourquoi il se promène avec ses préservatifs : les miens ne sont pas, mais alors pas du tout à sa taille. A côté, Laurent a un petit pénis (ou presque)… Durant la conversation précédente, il m’avait expliqué qu’il n’était pas habitué à recevoir de caresses mais plus à en donner et je suis un peu déstabilisée, je ne sais trop que faire, j’ai peur de le « gêner » mais finalement, la première brouette se passe bien. Il est effectivement très généreux avec les femmes, c’est plutôt très agréable, il faut bien l’avouer.
 
On finit par s’endormir (il était temps). Au réveil, on se retrouve, on se caresse délicieusement et, forcément, entre deux adultes consentants, on s’embrase une nouvelle fois. Durant les ébats, j’ai droit soudain à une étrange litanie : « Oh Nina, Nina ! ». Sauf que mon vrai prénom n’est pas Nina ! Après la brouette, on reprend peu à peu notre souffle, moi allongée sur lui (c’est bien pour ça un mec grand, on se sent vraiment en sécurité), je me laisse aller à un doux sentiment de plénitude et de détente quand soudain, j’entends un bruit suspect : Kenya gratte quelque chose dans la salle de bain… Elle gratte encore et toujours et soudain, une odeur suspecte envahit la pièce. Non, je rêve : elle s’est oubliée dans la salle de bain la garce ! Je vais réparer les dégâts et je reviens me coucher auprès de Jean, on passe un bonne heure à discuter cinéma dans les bras l’un de l’autre. A un moment, il m’avoue qu’il ne jouit pas à chaque fois avec une préservatif et, curieusement, je me sens assez flattée.  Mais il doit partir : il a rendez-vous avec une demoiselle, Benoît doit passer me voir. Le problème c’est qu’après avoir passé la nuit avec un mec qui pense aussi et surtout à mon plaisir, se retrouver face à un mec qui nous fait la bise après la fellation, ça fait mal.
 
On continue à discuter sur le net, il m’appelle assez régulièrement. Le truc en plus de Jean, c’est sa voix. Je suis assez sensible à ce genre de chose et il fut avouer que la sienne est particulièrement suave et sexy. Il revient peu à peu vers moi, on commence à parler de réaliser mon fantasme ultime ensemble et l’idée m’emballe mais il nous manque des partenaires pour le réaliser donc ça reste à l’état de projet. Ce qui n’empêche pas qu’on envisage de se revoir à deux. Un soir, il allume sa webcam « pour me faire un coucou » mais ça dérape assez rapidement. L’avantage c’est que, moi, je n’ai pas cet engin d’espion donc je vois sans être vue et, mine de rien, jouer les voyeuses, c’est très excitant. Il est donc temps de passer à l’acte deux.
 
Acte deux
On passe une soirée ensemble avec d’autres amis puis vers 1h, retour at home. En trajet, on discute, je babille sur je ne sais plus quoi quand il me dit : « tu as toujours la forme, toi ! ». En fait, ce n’est pas tant ça mais je suis quelqu’un de résolument optimiste et je n’aime pas ennuyer les gens avec mes petits bleus à l’âme. Pas la peine de s’appesantir dessus, ça finira par passer. Mais si je vais bien, ce n’est pas son cas. Finalement, une fois chez moi, on s’allonge sur le lit et on discute. J’ai l’impression qu’il est en train de se noyer et moi, je ne lui envoie pas la bouée au bon endroit. J’essaie désespérément de le réconforter mais échec, j’ai l’impression et je n’aime pas ça. C’est un garçon vraiment bien qui ne mérite pas les galères qu’il a connues mais c’est toujours pareil, j’ai l’impression. J’éteins la lumière, on se blottit l’un contre l’autre et on s’endort. Le lendemain, je bondis de mon lit à 8h pour faire mon sac, je le réveille une bonne grosse demi-heure plus tard : je dois partir à 9h au plus tard. Il se prépare vite en me demandant si ça allait : « on n’a pas beaucoup parlé de toi.
– Mais moi, j’ai pas de problèmes. »
On finit par partir, il me serre contre lui avant de partir et file. Moi, je rate mon premier train et arrive in extremis à Austerlitz, me faisant copieusement incendier par ma sœur qui a fait la queue pour moi à la borne…
 
Et depuis ? Il n’y a pas eu d’acte 2, finalement, mais on reste en contact, on se parle quotidiennement ou presque. Quoi qu’il en soit, je suis contente que ce garçon soit rentrée dans ma vie car il m’apporte beaucoup sur le plan humain et, ça, ce n’est pas le cas de tous mes partenaires de brouette.

2005 sera longue ou ne sera pas

Par Océane

Pour Gauthier

Dans notre joyeux petit groupe d’amis, nous avons certaines coutumes. Ainsi, à chaque changement d’année, nous observons la soirée et énonçons certaines phrases qui donnent les grandes lignes de l’année à venir…
Ainsi, en 2004, nous avions prédit : «2004 sera vulgaire ou ne sera pas » et « Tango et tchatcha ou slow et macaréna » Je vous épargne le résumé de cette année mais elle fut effectivement vulgaire  et affreusement tango, tchatcha, slow et macaréna…
En 2005, les grands thèmes furent :
« Rail et sirtaki ou Barry White et mal de tête »
Ma foi, on n’est pas passés loin.
Quant à la phrase résumé, celle qui vous poursuit toute l’année, celle que j’ai eu le malheur de prononcer suite à un road-movie nocturne à 4km de Auch, celle qui me vaut l’interdiction formelle de recommencer à jouer les prophètes pour l’année 2006.
Celle qui fut déespérement criante de vérité…
Celle que l’on subit chaque seconde depuis.
Cette mythique phrase était donc :
« Je sens que ça va être long 2005 » (à prononcer avec un ton d’une lassitude extrême)
Nom de dieu, que c’est long…
Les six premiers mois furent pour nous une sorte de végétation régressive dénuée de toute vie (tant sociale que sexuelle)
Nous nous consacrâmes à nos études avec plus ou moins de résultats à la clé.
Puis arrivé le mois de juin, telles de vielles couleuvres sorties de leur hibernation, nous nous sommes réveillés…
Nous avons donc rattrapé les six premiers mois…
Bon quand on condense six mois en quatre, forcement ça laisse des séquelles :
-taux d’alcoolémie en permanence au dessus des 2,5 grammes
-chute vertigineuse du nombre d’amis
-impossibilité totale de construire quoique ce soit de stable (ok c’était valable avant, mais là c’est accentué, si si, encore plus que d’habitude)
Puis le premier octobre, Gautier nous a lâchement abandonnés pour monter vers la capitale.
Nous avons persévéré avec mister mirabelle et avons enfin trouvé notre rythme de croisière. Nous nous sommes alors lancés dans une frénésie de public relation and sexual relation. Ce qui nous vaut à présent d’être connus, reconnus et conviés à tous les événements butifull people de notre belle ville.
Malheureusement pour nous, 2005 n’est toujours pas finie…
Il reste encore 18 jours à tirer. Et quand une seconde standard en vaut trois dans notre galaxie, inutile de préciser que ça va être long…
Tout ce pavé pour ne pas oublier la colocation ratée, ton master, ta migration, le minibus de Millau et nos dépressions cycliques, nos amants, nos non-amis, nos périodes 150 boîtes et 3 million d’ambiances, nos accidents de voiture, nos toxicos et leurs cendriers, nos verres magiques, nos DJ et barmen…
Tout ce pavé pour te souvenir que tous ces événements surréalistes font partie intégrante de la même année.
Tout ce pavé pour te présenter toute mes confuses car je suis une amie pitoyable qui ne mérite pas tes reins.
Tout ce pavé pour éviter te t’affronter au téléphone et t’écrire que pour ton retour, je serais vestiaire dans une boîte de bodega espagnole…

Ridicule

Il y a des jours où on n’a pas besoin d’écrire tant il vous arrive une chose qui se passe de commentaires.


Hier, alors que j’étais devant mon ordi sur MSN, voilà-t-il pas que mister Benoît vient me parler… Tiens donc, il a dû se faire larguer par sa nana (oui, il en avait une récemment) et le voilà qui a envie de sexe. Donc qui c’est qu’il vient voir ? Moi. Et qui c’est qui a décidé de s’amuser un peu à ses dépens. Toujours moi. Conversation MSN retranscrite (sans les fautes d’orthographes et abréviations).

 Benoît : Comment va Nina?
Nina : Bien et toi?
Benoît : Bien merci. Quoi de neuf?
Nina : Pas grand chose, je viens de me faire deux heures de shopping, envie d’exterminer de la foule!
Benoît : Lol. Et là tu vas faire quoi de beau?
Nina : Je pars jeudi chez mes parents pour les vacances
Benoît : chanceuse
Nina : Oui, j’ai hâte
Benoît : Je te comprends
Nina : Ouais, surtout que là, je m’emmerde sur Paris…
Benoît : Comment ça se fait?
Nina : Chômage…
Benoît : Lol. Pas drôle en effet. T’as pas trouve des occupations?
Nina : Si, si mais ça nourrit pas son homme, comme on dit… En janvier, je pense que je vais postuler à Acadomia, pour filer des cours
Benoît : Ouais t’as bien raison
Nina : Bah, ça fait des sous et c’est pas du plein temps donc ça permet de chercher du boulot à côté
Benoît : C’est clair. C’est la meilleur solution
Nina : Ben oui, suis pas prof, moi, suis journaliste!
 

Vous noterez un talent certain de ma part pour parler de tout et n’importe quoi, sauf de sexe car je sais très bien où il veut en venir. D’ailleurs, il me donne rapidement raison.

Benoît : Lol je sais bien. Ça nourrit pas son homme comme tu dis. Et ta petite chatte tu la nourris comment?

Nina :Avec du pâté

 Là, j’avoue que j’ai été un poil fière de moi de cette réponse absurde. Après tout, je pouvais sincèrement croire qu’il me parlait de Kenya…
 
Benoît : Je parlais de l’autre
 
Ah non, c’était pas Kenya…
 
Nina : Ah! Avec mon chéri.

Benoît : Et c’est nourrissant? Ou des fois tu as encore faim lol?

Nina :Ah oui, c’est du genre très volontaire, le monsieur!

Benoît : Lol et dis moi tu ne connaîtrais pas une femme  dans les 30 ans célibataire qui aurait envie de se taper un jeune homme ???? En ce moment je cherche une femme plus âgee que moi mais je ne trouve pas

Je me sens peu de choses, tout à coup…
 
Nina : Non, je crois pas…
Benoît : C’est pas drôle ça……

Nina  : Je crois même pas connaître de femmes trentenaires

Benoît : Bah écoute alors une f plus jeune c pas grave. T’as pas une copine qui se plaint de ne pas avoir fait l’amour depuis un petit moment ???

Nina : Heu… Pas sur Paris, non
Benoît : Bah écoute même si c’est sur province je prends…
 

Quel affamé, je rêve ! Il faut en conclure que ce type n’a pas envie de moi car je suis une déesse du sexe mais juste parce que je suis une femme.

 Nina: J’ai une copine sur Toulouse
 
Je suis adorable…
 
Benoît : Elle est en galère???
Nina : Elle n’a pas le temps de se trouver un mec
Benoît : Il faudrait que tu l’invites chez toi un week-end
Nina : Oui et vous vous retrouvez où?
Benoît : Chez toi. Tu nous prêtes ton appart lol
 
Il veut pas que je lui fournisse les capotes non plus ?
 

Nina: Heu… non

Benoît : Pourquoi?
Nina : Parce que mon appart n’est pas un baisodrome
Benoît : Lol
Nina : De toute façon, elle voudrait pas
Benoît : Pourquoi?
Nina : Parce que ça le fait pas de baiser chez les copines

Benoît : Bah tant pis pour moi….. moi qui comptait sur toi…..

Nina : Bah, désolée, j’ai pas encore ouvert ma maison close
Benoît : Bah c’est pas cool, ça te ferait du boulot
Nina : Oui mais bon, c’est un peu totalement illégal
 

Je sais pas pourquoi, il me parlait plus, après… Il a dû percevoir mes sarcasmes, je pense. Et là, je me dis que je regrette vraiment d’avoir couché avec ce type qui n’a de considérations ni pour moi ni pour les femmes en général, j’ai l’impression. En tout cas, ça m’a amusée de le balader un peu, prendre cette demande de sexe à peine voilée pour une discussion de courtoisie.

Quoi qu’il en soit, je vous laisse apprécier l’art de la transition chez ce garçon, passer de boulot à sexe en une phrase, c’est du grand art.