Temple solaire quand tu nous tiens…

Par Gauthier
Une fin d’année 2005 à la hauteur de l’année écoulée. En effet il reste encore 3 jours avant 2006 et je ne sais toujours pas si on va y arriver. Océane vous a expliqué dernièrement que par sa faute, et son entière et exclusive faute, l’année 2005 fut longue, extrêmement longue… Je ne vais pas revenir sur le pourquoi du comment, mais il n’empêche que je ne comprends toujours pas comment en ce 28 décembre 2005 je suis encore en vie. Pour ceux qui ont pris le blog en route vous pouvez toujours vous reporter à mes articles précédents. Rien que cet été ce fut mémorable…
 
Donc que se passe-t-il dans ma vie actuellement pour que je n’en vois pas le bout de c’te putain d’année de mes deux … Je suis actuellement en vacances, et pour fêter ça, je suis redescendu dans ma belle ville rose. Je vis donc chez papa-maman (ouais je sais ça fait bizarre mais mes parents n’ont toujours pas divorcé, je sais je ne suis pas normal), et ce pour 17 long jours. J’ai eu du mal à m’habituer à Paris, mes amis me manquaient, mes parents aussi quelque part, mais là je dois vous dire quelque chose de très sérieux, la prochaine fois que je reviens à Toulouse, je vais à l’hôtel !
 
PUTAIN MAIS QU’ILS ME GONFLENT LES VIEUX !
 
J’en parlais à Océane cette semaine et elle me répond « mais Gauthier, en fait, là, tes parents considèrent que tu as encore 15 ans, ils t’empêchent de sortir, de prendre le voiture, de te coucher tard, de vivre ta vie comme tu veux, et ça te fais chier ? Ben écoute réagis comme si tu avais 15 ans, tu vas voir ça va les calmer.. » Ben je dois avouer que c’est pas con du tout comme idée, donc me voilà lundi soir à faire… le mur ! Si j’ai 24 ans, et je fais le mur une fois que mes parents sont couchés…  Mais où va le monde ?
 
Pourquoi ça se passe mal avec eux ? Bon vous connaissez ma tendance à l’alcoolisme festif, et donc le week-end où je suis revenu ils m’ont prévenu « on te prête les voitures, mais si tu en abîme une, c’est fini tu roules à pied ». Ok message reçu… Déjà le soir même Mister Big vomit sur la voiture que j’utilise (à savoir celle de ma mère). Pas bien ! Mais ils ne disent rien. Le jeudi de la semaine suivante je vais en boite, la boite où Océane travaille, et on se met complètement minable. Je finis à parler à des gens dans une langue qui m’appartient, je suis tellement saoul que je ne sais pas ce que j’ai fait 70% de la soirée (ça fait un gros trou ça quand même). Et en sortant sur le parking un gentil monsieur me parle, on papote de je-ne-sais-plus-trop-quoi, et en même temps je me retrouve à fumer un joint qui sort de je ne sais où ! Là je suis fini. Mais encore faut-il traverser Toulouse, qui conduit ? Personne ? Bon tant pis c’est moi… Et dans une avenue suffisamment large pour passer trois semi remorque de face, j’accroche un rétro… aïe… Là Mister Big qui connaît mes parents, me dit « tu t’es fait arracher le retro sur le parking pendant que tu étais dans la boite, tu t’es fait arracher le retro sur le parking… » Et il me le répète à peu près 20 fois dans l’espoir que je m’en souvienne le lendemain. Quand j’ai raconté ça à mon père bizarrement il ne m’a pas cru, moralité, j’ai plus droit de toucher aux voitures.
 
Voilà pour la petite histoire. Mais s’il y n’y avait que ça… Donc je passe mes journées à me faire grave iech dans ma banlieue lointaine (à 20km de Toulouse ya rien à faire…) et pendant ce temps que se passe t il dans la civilisation ? Océane et Mister Big cumulent les problèmes… Surtout Mister Big le pauvre, il lui en arrive des vertes et des pas mûres en ce moment, d’ailleurs je profite de notre notoriété pour lancer le grand « Mister-Big-o-thon » Donnez, donnez, Dieu vous le rendra… Mais il vous racontera ses malheurs mieux que moi.
 
Donc fin d’année pourrie, pas de zizi. Oui hier je devais retrouver un chouchou pour aller faire des galipettes. Enfin quelque chose de positif pendant mes vacances, on doit se retrouver au sauna vu que chez mes parents on ne peut pas, et chez lui non plus. Donc je me pointe dans un sauna glauquissime de ma belle ville rose à l’heure dite. J’attends, j’attends, j’attends, je fini par rentré parce qu’il fait -15°C, je me retrouve à thon-land. Que des vieux à poils en train de s’enculer dans tous les coins, ça sent le vieux sperme, le vieux cul, bref je suis aux anges… j’attends toujours. Là je reçois un texto « j’ai cassé ma voiture je suis rentré chez moi pour pleurer », ben ma fin d’année pourrie est contagieuse en plus ! Super !!! Donc je suis seul, nu, au milieu de vieux qui s’enculent… Je décide de baiser quoiqu’il m’en coute. Et merde après tout j’ai fait 30 km pour arriver là, je mérite ma pipe. Je cherche un mec de moins de 35 ans, et je fini par en trouver un, il a mon âge, il est beau, il me plaît, et à mon avis je lui plais puisqu’il me suit partout (oui un jour je vous ferai un article consacré aux saunas, ce merveilleux monde à part). Je rentre dans le hammam, il me suit, je m’assoie, un mec s’assoit à coté de moi dans le brouillard et commence à me caresser. Je me laisse faire, il m’embrasse, je me laisse faire, il me prend par la main pour m’emmener dehors et se trouver une cabine, je me laisse faire. Retour à la lumière : ARGH C’EST PAS LE BON ! Et me voilà devant un mec de 35 ans mais bien bien sonnés qui m’entraîne dans une cabine, et moi avec mon érection rouge de honte à ne pas savoir quoi dire (il vient quand même de me tripoter pendant 15 min sans que je ne proteste). Je m’esquive prétextant un besoin urgent de me laver ! Et puis je réfléchis « après tout il est bien aussi, un peu âgés, mais bon je le répéterai pas… ». Et je m’enferme dans une cabine, il me fait comprendre qu’il veut se faire sodomiser, je m’exécute, mais ça ne rentre pas, même à grand renfort de poppers ça ne passe toujours pas, il passe sur moi et il s’assoie comme un bourrin sur mon sexe, forcement avec l’élan là ça passe, bon je n’ai pas souvent mal quand je baise, mais cette fois je me suis fait défoncer le pubis, bref il prend son pied, il jouit en deux min et se sauve… Et moi je fais quoi ? Bon ok j’ai compris je me branle et je vais me coucher. SOIREE DE MERDE !!!!
 
Donc programme de la fin de semaine, je prépare le réveillon, je refuse de rencontrer de nouvelles personnes, je refuse de prendre la voiture, je refuse de baiser, je refuse de boire, je refuse de respirer, bref, en fait je vais peut être me coucher et attendre 2006 sous ma couette… Parce que à notre niveau le suicide collectif n’est pas loin, mais alors pas loin du tout, surveillez votre télévision, si vous entendez parler d’un nouveau « Temple solaire » sur Toulouse, c’était nous 😉

Clash familial

Ce week-end, je vais à une cousinade à Perpignan, voici le concept : une de mes lointaines cousines a fait un arbre généalogique et a contacté toutes les personnes vivantes qu’elle a retrouvé pour organiser une grande fête. La cousinade ou trobada, en catalan (oui, j’ai des origines bretonnes mais aussi catalanes, merci de ne pas dire : « Seigneur, quel mélange explosif », je le sais déjà). J’ai un peu hâte d’y être, d’autant que je suis le portrait craché de mon père et de mon grand-père paternel donc je trouverai peut-être des gens qui me ressembleront comme deux gouttes d’eau. Je me suis donc dit qu’il était temps de te parler de ma famille, d’autant qu’il y a eu un clash, récemment.

Ah la famille ! Comme dit Maxime Leforestier : « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. » Il est temps que je te parle de la petite tribu dont je fais partie, lecteur. Je suis un cas rare : mes parents ne sont pas divorcés. Sincèrement, depuis que je vis sur Paris, je ne rencontre quasiment que des enfants de divorcés. Chez moi, mes parents s’aiment comme au premier jour, ils se font des voyages en amoureux, tout va bien pour eux. J’ai aussi une petite sœur, Alice, 23 ans en novembre (encore une scorpionne !) avec qui je ne suis pas très proche. J’aime beaucoup ma famille mais ce que j’aime le plus, c’est qu’ils ne savent pas qui je suis. Ils me prennent pour une sage jeune fille de droite non tabagique. Bien, je suis tout le contraire. Il y a des fois où je me demande s’ils ne le font pas exprès de se rendre compte de rien ! Je confie mon chat « à un copain » quand je pars en province, j’ai voté plus qu’à gauche aux dernières présidentielles et je sens parfois le tabac. Même, aux dernières régionales, sans le faire exprès, je n’ai pris que des bulletins de gauche. Enfin, peu importe.

Malgré des opinions politiques très divergentes, j’aime ma famille. Je suis un peu l’artiste du lot, la pseudo marginale qui a fait la fac et qui passe ses journées à écrire des trucs sur son ordinateur, celle qui a choisi la carrière casse-gueule de journaliste. A côté, Alice a fait deux écoles de commerce, fini majeur de sa promo à l’une d’entre elles et vient de faire son entrée dans la vie active. Ce week-end, pendant que je fais faire l’andouille à ma cousinade, elle, elle déménage, elle prend un appartement avec son copain, mariage prévu en 2008. A y réfléchir, je me demande ce que j’ai à voir avec cette famille monogame et engagée, moi, la fille indépendante des années 2000.

Le clash ne concerne pas ce petit foyer où les disputes existent, comme dans toute famille, mais en ce moment, ça va. Il faut dire que ma sœur et moi sommes parties en région parisienne depuis quelques temps donc les réunions familiales se font rares, ça limite les disputes.

Fin juin, ma sœur termine son stage et se retrouve avec deux mois de vacances avant de rentrer dans la vie active. Elle part en vacances à droite à gauche avec son Anthony puis les voilà de retour dans ma banlieue pour chercher un appart. La chance leur souriant, ils trouvent vite, à un kilomètre à tout casser de chez moi (avant ma sœur et moi habitions à 500 mètres à vol d’oiseau). C’est parti pour une nouvelle vie mais avant, ma sœur décide d’aller rendre une visite à ma grand-mère paternelle et c’est là que se situe le clash.

Comment vous décrire ma grand-mère ? Pour ceux qui ont lu « Hygiène de l’assassin », elle est la réplique parfaite du méchant écrivain obèse. D’ailleurs, mon pseudo « Nina » vient de ce roman, c’est le nom de l’héroïne journaliste qui parvient à rabaisser le caquet de cet odieux personnage. Pour ceux qui n’auraient pas lu ce roman (que je vous conseille), je qualifierais ma grand-mère de pédante et de méchante. Elle est née dans une famille de la haute-bourgeoisie du fin fond de la Dordogne, aînée donc victime (oui, c’est un raccourci étrange mais qui m’a servi à éviter certaines de ses foudres). Elle a fait ses études pendant la guerre (« moi, la guerre, je comprends pas pourquoi on en fait toute une montagne, je l’ai vécu et j’ai rien vu, moi, si ce n’est qu’on manquait de papier ». Oui, on s’appelle pas Lévy…) et est devenue laborantine, elle a épousé mon grand-père, un homme profondément bon que j’ai adoré le peu d’années où je l’ai connu. Des fois, j’aimerais vraiment qu’il soit là, près de moi, j’aurais aimé le connaître en tant qu’adulte, comprendre pourquoi il avait épousé ma grand-mère. Peut-être était-elle adorable, jeune, mais l’âge l’a aigrie, je sais pas. Donc elle se marie et fait un premier enfant, mon oncle, un deuxième, mon père, et un troisième qui est mort à la naissance. De ses deux fils, ma grand-mère n’en a toujours eu que pour mon oncle, elle se fout royalement de mon père, d’autant qu’il a eu la folle idée d’épouser une infirmière, il aurait pu trouver tellement mieux ! A côté, mon oncle épouse une pharmacienne, quelle classe ! Sauf qu’elle est totalement folle et qu’ils finiront par divorcer. Mon oncle a deux fils, mon père deux filles, donc, je suis l’aînée de cette nouvelle génération, « sa préférée », soit disant, mais j’ai dû perdre ce statut il y a pas mal de temps.

Il y a quinze jours, ce fut le drame. Alice va donc chez notre mamie pour essayer de gratter quelques sous pour s’acheter un frigo puis pour la voir aussi, elle n’y était pas allée depuis janvier. Et ce fut un lynchage intégral, ma pauvre sœur est partie en larmes. D’abord, elle a eu droit à l’habituelle litanie : « Mais qu’est-ce que tu fais avec Anthony ? Ce n’est qu’un pompier, c’est pas un métier ! Quelle drôle de vocation ! » Puis attaque en règle de ma sœur : « Mais qu’est-ce que tu es allée faire cette école de commerce ? Tu vois, la copine de ton cousin, elle, elle fait vraiment du commerce, c’est mieux… » Lecteur, ma sœur a fait l’ESC (Ecole supérieure de commerce) de Toulouse, la copine de mon cousin un vulgaire BTS. Bref, on s’est fait traiter de tous les noms pendant deux heures, que le seul qui avait réussi, c’était mon cousin qui allait intégrer l’école des Mines. Après, elle lui a balancé qu’elle n’avait plus d’argent, qu’elle n’avait qu’à demander à mon père. Lecteur, ma grand-mère est tellement pétée de tunes qu’on ne sait même pas combien elle a. D’autant qu’elle a payé une voiture à mon cousin quand il a eu le permis… Ma sœur et moi n’avons rien eu de tel.
Et, là, l’estocade (comme si ça n’était pas suffisant). Pendant l’agonie, ma grand-mère fait à ma pauvre sœur : « Mais, tu as les yeux bleus ! D’où tu les sors ? » Ma sœur, atterrée : « Ben, papa et maman ont les yeux bleus, alors… ». « Mais non, ton père n’a jamais eu les yeux bleus ! ».

On pourrait croire que ma grand-mère perd la tête mais absolument pas : quand on lui emprunte de l’argent, elle s’en souvient toujours. Mais la couleur des yeux de son fils…

Ma pauvre sœur rentre donc en pleurant et, à ce moment-là, ma mère expulse 29 ans de rancœur envers sa belle-mère. C’est décidé, elle n’ira plus la voir. Elle se souvient de son attitude au mariage (elle n’a pas voulu faire la fête avec la famille de ma mère, des « ploucs »). De ce qu’elle m’avait balancé à la figure un jour que j’allais la voir à l’hôpital après son opération du sein (« tu joues du violoncelle ? Remarque, ça correspond tout à fait à ta morphologie ! »), de la haine qu’elle a toujours eu pour ma sœur… Là, je crois vraiment que nous avons atteint un point de non-retour.
Et moi ? Je n’ose pas aller la voir ni l’appeler, vu que je vais forcément me faire traiter de tous les noms. Je suis nulle, j’ai pas de boulot, je suis grosse, j’ai même pas de mec… En même temps, quand j’en avais un, elle ne me parlait que de lui, elle l’adorait sans le connaître. Il faut dire que mon ex ambitionnait d’être professeur, pas « un vulgaire pompier ». Puis quand elle aura fini de me descendre, elle fustigera ma sœur et son « pompier »  qui n’est pas si terrible que ça (même pas vrai, il est très mignon, Anthony), qu’elle fait un boulot de m… et qu’elle est trop jeune pour se mettre en ménage. Je sortirais de cet entretien épuisée, énervée, mais je ne pleurerais pas. Ce qu’elle peut dire sur moi ne me touche même plus, personne ne sera jamais assez bien pour elle, de toute façon. Qu’elle critique ma sœur me dérange plus, déjà, d’autant que ma sœur est, des quatre petits enfants, celle qui a le mien réussi, à mon avis. En fait, je crois que j’ai fait une croix sur ma grand-mère et ça ne me chagrine que pour deux raisons : ça fait de la peine à mon père et j’ai l’impression de trahir la mémoire de mon grand-père. Dieu Merci, elle n’a jamais critiqué ma mère devant moi car, là, je crois que je ne l’aurais pas supporté.

Peut-être que quand elle sera mal en point, j’y retournerai…et je sais que je m’en prendrai plein la tête. Quand on a appris qu’elle avait un cancer du sein, il y a deux ans, ma sœur et moi nous sommes précipités la voir car nous craignions qu’elle ne trépasse. Alice s’est ramassé un nombre d’amabilités à peine croyable pendant que nous y étions (tu es mal habillée, tu n’as pas de culture, mais corrige-moi cet accent !). Sans doute a-t-elle manqué d’amour pendant son enfance mais je ne comprendrai jamais comment un être aussi méchant a pu épouser mon grand-père et engendrer mon père, deux être profondément bons. Et je ne comprends pas non plus comment son frère que j’ai rencontré récemment est aussi gentil…
Enfin, pour le moment, je n’ai plus qu’une grand-mère.