Plane plus fort !

Autant vous le dire : mon mois d’octobre pue. Un peu normal pour un mois humide où toutes les jolies feuilles jaunes et rousses tombées au sol pourrissent et exhalent une odeur pestilentielle. Automne de merde. Donc fatalement, mon petit corps fragilisé par les coups de la vie (c’te pute) et une humidité record : je suis malade.

Week-end pourri, passons parce que ça m’agace d’avoir dû annuler mes plans alors qu’ils étaient signes d’un moral en hausse. Non, ma déprime, je suis priée de la savourer, option nez qui coule et corps qui tremble. Donc samedi soir, plutôt que de bitcher en joyeuse compagnie, je m’effondre sur mon lit, m’enroule dans ma couette et c’est parti pour une longue nuit que, malgré tout, j’affectionne : la nuit délirante.

Il faut savoir qu’en mode repos, mon cerveau déraille déjà pas mal. Sans doute est-il si heureux de s’ébattre loin de mes réflexions profondes qu’il s’en donne à coeur joie, me racontant des histoires sans queue ni tête. Je sais en général que je suis en train de m’endormir quand ma réflexion m’échappe et devient un joyeux bordel, le délire pré dodo. Mais là, en prime, je suis malade donc entre deux retournements-virage de couettes (ou rapatriement de celle-ci au vu de ma température interne oscillant entre peu et beaucoup trop), mon cerveau pense avoir pris de l’exta et me raconte d’étranges histoires. Samedi, par exemple, vu que je venais de regarder The Tudors, me voici épouse d’Henri VIII. J’ai pas trop situé quelle reine j’étais… Si j’ai bien saisi, je semblais être entre Anne Boleyn et Jeanne Seymour (donc une Reine qui n’a jamais existé). Mais bon, là, je me demande si je suis pas un peu victime de mon nouveau fantasme absolu, j’ai nommé Henry Cavill (gnaaaaaaaaaaa…)

Le week-end passe et je me réveille lundi à 6h30 (je n’arrive plus à dépasser les 6h de sommeil en semaine, quoi que je fasse) et là, c’est reparti pour 1h30 de délire, avec le générique d’Hollywood Girls 2 dans la tête (pour vous dire comme je souffre) et je sais même plus quoi. Au moins, je suis sûre d’une chose, je me suis pas prise pour une Hollywood Girl, ça prouve que je suis pas si atteinte que ça.

Sauf que le lundi, faut être opérationnelle et c’est parti pour la journée coton, celle où tu comprends rien à ce qu’on te dit, celle où tu planes à 100 000 mais que tu te raccroches désespérément à ton powerpoint en espérant ne pas taper trop de conneries dessus (ou du moins que les mots que tu utilises sont les bons) (non parce qu’à la cantine, j’ai pas toujours utilisé les bons mots quand je discourais sur le mariage homo. J’ai des conversations passionnantes… Enfin, je crois, je m’en souviens déjà plus trop).

Et en même temps, cet état de planage a quelque chose de divinement reposant. Rien ne te touche, tu réponds certes avec un délai de retard, tu as du mal à expliquer ce que tu veux dire. Mais tu es impérméable au stress, tu planes. Tu pourrais avoir le feu dans l’open space que tu prendrais ta veste avec un flegme admirable « Ah… Bon, ben je vais rentrer chez moi alors ». Et le tout sans aucun médoc (oui, ok, je me soigne à la juvamine parce que j’avais décrété dans un premier temps que j’avais rien de grave et au bout de 3 jours, je suis pas sûre que ce soit pertinent d’acheter du Fervex vu que le plus gros est passé, NORMALEMENT). Les émotions coulent sur toi mais tu tournes au ralenti, t’as pas le temps de les saisir. Ca offre un peu de repos, c’est pas si mal.

Puis en un sens, c’est assez amusant de voir la journée passer sans bien comprendre le déroulé des heures, en se réveillant de temps en temps pour se dire qu’il est déjà telle heure, taper des powerpoints sans avoir la moindre idée de ce qu’on raconte et de la cohérence des mots employés. Mais on avance. Le pire, c’est que je crois que le résultat n’est pas si mal… Peut-être que la vie me donne une petite astuce : pense moins ma fille, tu réussiras mieux.

En attendant, je vais me coucher. Avec de la chance, mon cerveau me reservira une fournée d’Henry Cavill.

PS : Je jure que j’ai essayé d’écrire un article un peu intelligent mais rien n’est sorti.

Ca coule pas bien

Face à mon clavier, je martèle les touches pour monter des mots. Sauf qu’autant il y a des jours où ça coule tout seul, mes doigts volent pour tisser des phrases percutantes, virevoltantes (en toute immodestie), autant il y a des jours où ça tombe comme du plomb. Plof.

En général, ça arrive quand je suis pas au top de ma forme. Comme je l’ai déjà dit, ma vie depuis deux ans ressemble un peu au Space Mountain des aléas : coups de massues vs câlins de la vie, je suis un peu comme une femme battue par les hasards, je sais plus bien à quoi m’attendre. Enfin, j’ai entamé un processus pour tenter de régler tout ça, c’est pas le sujet de l’article de toute façon. Le truc, c’est qu’en période de crise (avec un minuscule ou un majestueux C), je réfléchis beaucoup. Trop sans doute. Et ça se manifeste par un verbiage incessant qui se déverse dans ma tête. Mon cerveau est littéralement noyé sous les mots.

Je sais plus bien depuis quand j’ai ce réflexe de construire des phrases dans ma réflexion. Depuis le collège, je crois. Avoir un blog me permet de capter quelques unes de ces phrases pour leur donner une petite existence. Dès que je vis quelque chose, en positif ou en négatif, je construis des phrases, des phrases à coller dans mes écrits, des phrases qui disparaîtront d’elles-mêmes, je ne connais jamais leur destin au moment où elle viennent se nicher dans mon cerveau. C’est mon filtre face à la réalité, une façon d’apaiser mes angoisses, de rationaliser. Quand j’étais assise sur le lit de ma grand mère mourante, à écouter sa respiration sifflante sur fond de Mozart, je construisais des phrases pour essayer de décrire la scène. En sortir l’émotionnel pour n’en faire plus qu’un énoncé. Froid.

Le problème, c’est que je ne maîtrise pas forcément le flux. C’est comme un robinet qu’on ouvre trop brutalement et qui nous éclabousse, pareil. J’essaie de discipliner, de faire mes petits articles en y mettant une dose maximale de dérision, cynisme et humour genre « je m’en suis encore pris plein la gueule mais ahah, tout va bien, je ris de la vie ». Mouais, c’est ça… Parce que quand je fais semblant, les mots jaillissent de façon anarchique, les phrases sont lourdes, ampoulées, les éventuels effets comiques tombent à plat et les métaphores poussives.

Pourtant, ça demeure un réflexe. Tout mettre en mots encore et toujours, le bien, le mal, le moyen… M’éloigner des moments durs, capturer la magie des bonheurs. C’est en soi un réflexe appréciable, ça me donne de la matière pour mes romans (enfin, les 10 pages des what millions de romans que j’ai commencés). Mais bon, va maintenant falloir apprendre à les maîtriser parfaitement. Ou éventuellement les laisser de côté et ne plus écrire le temps que le flux se calme. Sauf qu’écrire, c’est limite un besoin vital…

Quand la vie t’emmerde, souris-lui

Ces derniers jours, j’ai été globalement d’une humeur massacrante, une envie furieuse d’aller démolir le bureau des scénaristes de ma vie en leur hurlant de me foutre la paix un peu. L’humeur mauvaise envahit tout, vous donne envie de tout plaquer mais… C’est pas la solution.

Lundi soir, je chemine vers le métro en me disant que bon, tout ça pue le vomi de Kenya quand je croise une dame qui galère pour faire grimper la poussette de son (petit?)fils sur le trottoir. Sans réfléchir, je propose mon aide, la poussette franchit l’obstacle et elle me gratifie d’un sourire avant que l’on reprenne chacune nos routes. Anecdote que nous oublierons chacune d’ici peu mais en rejoignant le métro, je me dis que, oui, c’est l’attitude à adopter.

Ce week-end, alors que je ruminais, je me demandais ce que je pouvais mal faire pour que la poisse me tombe toujours dessus. Autant y a des fois où je l’ai bien cherché (genre, au hasard, danser sur un bar), autant les dernières baffes, je les comprends pas. Suis-je trop gentille DONC trop bonne poire ? Dois-je oublier mes bonnes manières pour devenir une pétasse égoïste qui ne se soucie pas des œufs qu’elle casse chez les autres. Ça doit être reposant comme mentalité… Pas la mienne mais tout s’apprend. Après tout, j’ai une bonne intelligence émotionnelle, je comprends comment fonctionne les gens, pourquoi ne pas user de ce talent pour faire des coups de pute me servant à atteindre un but ? Comme ça au moins, les baffes seront méritées.

Sauf que j’ai beau dire, ce n’est pas moi. La vie a beau me démontrer par A+B que tout ne se paie pas toujours, j’ai pas envie d’être dégueulasse. Sans parler du fait que ça doit être fatigant d’être dans le calcul en permanence. Le sourire de cette dame hier a rentabilisé une journée plate et morne, même si c’est un rien minuscule, même si quelqu’un aurait sans doute fini par aider la dame. C’est là qu’est le vrai. Dans le réflexe de filer un coup de main sans attendre un quelconque retour.

Ouais, c’est plus reposant de voir les choses comme ça.

Moi, spasmophile

Pendant longtemps, j’ai cru que la spasmophilie était une sorte de maladie imaginaire, une affection des hypocondriaques qui se prennent le pouls toutes les 3 minutes. Oh, ciel, j’ai des vapeurs, je dois être spasmophile. C’est vrai, si on se penche 5 minutes sur les symptômes de la spasmophilie, tu retrouves tous les bugs possibles du corps humain.

D’ailleurs, ma machine commence à ne plus trop marcher comme il faudrait, j’ai des ratés. Ca commence par quelques tremblements le matin, des tremblements assez marqués. Bah, me dis-je, c’est la fatigue. Je me traîne quelques spasmes à la paupière, au ventre et à la jambe mais c’est anecdotique et Doctissimo mon ami m’explique que je fais un peu de spasmophilie à cause d’un manque de magnésium. Ah ben voilà, je vais manger des amandes et ça ira mieux.

Puis un jour, tout bascula (tadam!). J’étais en charmante compagnie après une semaine un peu stressante, le champagne et les cigarettes rigolotes coulaient à flot. Quand, à la faveur d’un mouvement de tête un peu brusque, j’ai commencé à pas me sentir bien genre malaise vagal. Je demande donc à mon partenaire de me laisser un peu d’air mais là, c’est de pire en pire : allongée sur mon lit, j’ai envie de vomir, je suis en sueur et j’ai des fourmis dans les bras, des mains jusqu’aux coudes. Bon, une demi heure plus tard, c’était passé mais sur le coup, j’étais mal et je reste légèrement traumatisée.

Un coup de google plus tard, il s’avère qu’il s’agit d’une bonne grosse crise de spasmophilie. Bon, ben, ok, faut faire quoi pour se soigner ? Ah rien, ok… Super ! Faut juste que j’apprenne à me détendre, faciiiiile ! Bon, en plus de la chorale, de la plongée et de la salle de sport, va falloir que je me cale une ou deux séances de yoga quoi.

Comment en suis-je arrivée là ? Le stress, tout simplement. Rien de bien exceptionnel en soi. Mais du coup, je vire désormais parano, je me sens au bord de la crise à la moindre bizarrerie de mon corps alors même que je n’ai eu qu’une vraie crise en 32 ans et que celle-ci a eu lieu y a plus de trois mois. Genre alors qu’épuisée, je dois attendre 3h dans une gare seule, je commence à flipper quand j’ai la sensation d’avoir quelques palpitations. Même que je prends mon pouls pour vérifier (cf 1er paragraphe hein…). Je flippe au moindre fourmillement dans les doigts, peur, peur, peur… Mais est-ce que c’est pas un peu un cercle vicieux ? Plus j’ai peur plus je risque de provoquer une nouvelle crise ?

Non, y a pas à dire, la spasmophilie, ça craint.

PS : Evidemment, je suis preneuse de tous conseils sur le sujet, j’aime pas ça, être spasmophile.

J’ai marché pour vous la Parisienne

Oui, marché, pas courir, j’aime pas trottiner, ça m’emmerde mais d’une force… Bref.

Des fois, tu te dis que ça fait pas de mal de bichonner un peu ton karma même si en ce moment, il me laisse tranquille (mais je le connais, il me laisse m’endormir pour mieux me filer un coup derrière la tête). Alors quand on te propose de participer à une course pour la bonne cause en te précisant que, si si, tu peux marcher, tu acceptes. Me voici donc inscrite pour la Parisienne, course qui soutient la recherche contre le cancer du sein.

Samedi, Anaïs et moi allons chercher nos dossards au village. Ambiance sympa… Mais le sable blanc qui réverbère le soleil, ça fait un peu mal, petite compassion pour les bénévoles qui gèrent le retrait des dossards et sont en plein cagnard. D’autres en profitent pour suivre un cours de fitness de plein air… En plein soleil. Mmmm, ma peur de l’insolation ne semble donc pas universelle.

Dimanche, rendez-vous à 8h. Donc un lever à 7h, pouf… Pour un dimanche, ça pique. On fait partie d’une équipe montée par Marine brune, une des participantes du voyage en Thaïlande. Avec Anaïs, on a relevé le défi, se disant que c’était pour la bonne cause puis si on peut marcher alors c’est super ! Le temps qu’on récupère tout le monde, qu’on pose les sacs aux consignes, que quelques pipis soient faits, on se retrouve joyeusement sur le pont d’Iena où se situe la ligne de départ. Celle-ci est juste de l’autre côté du pont, nous au début. Entre le départ et nous, des milliers de filles. Gloups !

Pour rire, Marine nous dit « ahah, je vous annonce qu’on va partir à 10h30 ! », il est 9h45… En vrai, on est parties vers 10h50, je crois. Débute donc l’attente, je dors à moitié (je suis donc capable de passer en mode veille même debout), le soleil commence à taper et je n’ai pas de chapeau ou casquette, je n’ai qu’une gourde d’eau. Autour de nous, c’est plutôt bon enfant mais tu as les inévitables pénibles qui essaient de gruger tout le monde. Quand elles sont deux ou trois, tu dis rien, tu t’en fous mais quand elles sont 15 et qu’en prime, elles te poussent, ça agace un peu… C’est toujours un peu la même histoire quand tu es en situation d’attente au milieu d’une foule, tu finis par te sentir un peu agressée par ses mouvements, tu essaies de garder ta place, de pas perdre tes amis… Un départ toutes les 7 mn d’une centaine de concurrentes, on est 28 000…

10h30, on accède enfin à une zone plus dégagée, il n’y a plus que deux vagues d’une centaine de coureuses devant nous. Marcher un peu fait un bien fou. Merde, avoir piétiné pendant quasi 1h m’a rouillé les gambettes, mon dos fait crac crac quand j’enroule la colonne… Je vois pas, à ce moment de l’histoire, comment je suis censée parcourir 6 km… on a droit à un échauffement par une prof de fitness qui bouge limite plus des cheveux que du corps, elle fait des gestes dynamiques en nous encourageant à en faire autant. Moi, je veux bien madame mais si je fais tout comme toi, je risque un peu d’éborgner mes voisines…

10h45,nous voici enfin devant la ligne de départ, Marine nous dit qu’il faut qu’on coure un peu pour prendre le départ avec elles. Aaaaah mais j’ai pas couru depuis le lycée, moi. Enfin, si mais en général, c’est soit après le bus, soit quelques échauffements mais rien qui ne nécessite de doser son effort parce que je sais juste pas faire. Oui, moi, je donne tout direct.

C’est parti ! Je fais un peu l’effort de trottiner mais vu le monde, je vais aussi vite en marchant, Anaïs a déjà abandonné l’idée. 10 mètres plus loin, on a perdu notre team. On commence notre marche en essayant de nous caler sur les autres marcheuses mais on les dépasse vite. On en repère une de pas mal mais au bout d’un kilomètre, elle commence à téléphoner puis met ses écouteurs pour écouter de la musique. Plus assez rapide.

On enchaîne, les premiers kilomètres sont faciles. Les gens nous encouragent. Comme on a notre prénom sur nos dossards, on nous interpelle « Allez Anaïs, allez Nina ! ». Heu, tu le connais ? Ah oui, c’est vrai, les prénoms sur le T-shirt… Bon, allez, on avance ! La balade (oui, on va pas parler de course même si on marche vite) est super agréable, on marche bien tout en papotant un peu, je regrette un peu de pas pouvoir faire de photos mais on va pas pousser mémé dans les orties non plus. On se fait dépasser par les filles des vagues suivantes qui courent, on rattrape les marcheuses. Régulièrement, on croise des bandas, ça, c’est génial et ça me redonne envie de faire des percussions (je crois que je suis accro aux envies de nouveauté).

Km 3, de l’eau, cool (même si c’est de l’eau riche en sodium, je suis pas sûre que ce soit une très bonne idée…), des bananes, on doit jeter les déchets par terre. Même la peau de banane ? Non parce que ça me paraît un peu dangereux, hein… Bon apparemment personne ne tombe. Km 4, on commente avec Anaïs « Non mais y en a, elles ont vraiment l’air en souffrance, j’ai mal pour elles » « Oui, alors que nous, on est bien ». Une fille qui nous dépassait en courant a rigolé, c’est légitime. Il y a une bonne ambiance globalement même si certaines sont là pour réellement faire la course et il est difficile de se positionner pour pas les gêner. On essaie de se mettre sur le côté mais il y a également des coureuses, on se fait un peu bousculer dans tous les sens…

Km5, ouais super, bientôt fini, on est bien, on est sereines, Anaïs me dit que la course ne fait pas tout à fait 6 km alors j’essaie de capter où est l’arrivée, le trajet est un peu tarabiscoté mais surtout… en plein cagnard avec de la réverbération, ce que je déteste (j’ai eu une vilaine insolation étant plus jeune et je saigne du nez quand j’ai trop chaud, ça explique cette terreur de la chaleur).Heureusement que j’ai mes lunettes de soleil. Je dis à Anaïs qu’on coura les derniers mètres, histoire de se la raconter. Km 6, l’arrivée est 300m plus loin, Anaïs commence à courir, je continue à marcher…et à rester à sa hauteur. Bon allez, on se lance dans une petite foulée et on franchit la ligne d’arrivée, ouééééé ! 1h01 pour faire 6km300, environ 6 km/h de vitesse de croisière pas mal…

Voilà, c’est fait. On met deux heures à récupérer divers paquets, à ressortir, la chaleur est terrible, je sens mes pieds enfler dans mes baskets. On doit retraverser tout le champ de Mars pour reprendre le métro au Trocadéro. Plus on avance, moins on parle. Claquées. Alors, je le referai ? Heu ben non, je pense. J’aime marcher vite, je le fais régulièrement et c’est sympa de marcher dans des rues habituellement pleines de voitures mais quand tu penses que le plus fatigant, c’est d’attendre le départ, ça motive pas trop. Par contre, l’ambiance est au top. Et je retiens une chose essentielle : le jogging, j’aime VRAIMENT pas.

Peut-on faire tout ce dont on a envie ?

Ding Ding, c’est la rentrée ! Ah, le mois de septembre a toujours été l’un de mes préférés, il sent bon l’encre, le cartable neuf et la nouveauté. Face à mon écran, je surfe d’associations en associations. Quelles seront mes activités saison 2012-2013 ?

En 1, qu’est-ce que je poursuis ? La chorale, oui ! Ça me détend et mes copines vont me rejoindre en plus donc c’est même pas soumis à débat. On sera les destiny’s Child de service (on n’est que 3 sinon j’aurais dit les spice girls)(j’ai envie de m’autoproclamer la Beyonce rapport aux cheveux mais je sais pas à quoi ressemblent les 2 autres…)(j’etais pas fan, elles beuglaient trop)(sinon ça va vous ?).

La plongée. Hésitation, j’avoue. Je n’ai pas été des plus assidues l’an dernier et je peux faire de la plongée lors de stages UCPA. Je ne pense pas passer mon niveau 3 cette année même si ma petite semaine à l’Ile du Levant m’a permis de faire 4 profondes (de 30 à 40 m) et 4 autonomes (juste entre plongeurs niveau 2 ou 3 mais je suis hyper fière, j’ai toujours retrouvé le bateau). Mais la plongée en club permet de faire 2h de natation par semaine et peut-etre que je vais finir par maîtriser le crawl… J’étais hyper motivée en juin, surtout que je change de club, mais depuis que je ne suis plus célibataire, je ressens moins le besoin de cultiver une intense vie sociale. Mais pour mon bidou mou, c’est important de continuer. Et sur un malentendu, peut-être que je tenterai le niveau 3…

La salle de sport. Puis-je réellement envisager de plus jouer à Hélène et les garçons sur le vélo elliptique en commentant les derniers potins avec Anais. Et même nécessite rapport au bidou mou, sans parler du fait que la sueur semble évacuer les toxines mais aussi le stress de mon corps.

Là, j’ai déjà mes lundis, mardis et jeudis soirs de pris. Sauf que dans ma desire list, y a tout un tas de choses et en premier lieu : le russe. Oui, je vous bassine avec ça depuis… Pfiou à peu près mais à un moment, faudrait voir à ne plus en parler et agir. Il y a un créneau le mercredi soir et un le samedi matin. Bon déjà, soyons honnêtes, me lever tous les samedis à 9h, j’y crois moyen. Le mercredi, ça me ferait partir vers 17h30, c’est un peu tôt ! Mais après tout, certains partent tôt pour aller chercher leur mini eux, je pourrais en faire de même, surtout que c’est pour mon savoir et que je suis sûre que ce serait bénéfique pour la boite. Oui, ok, aucun client ne parle russe mais on ne sait jamais ! Évidemment, l’idéal serait de trouver un prof russe à côté du taf mais à 25 € le cours, c’est de suite bien plus cher (quoique 100 €/mois dont la moitié déductible des impôts…)

Et je vous parle même pas de tout ce qui me titille à côté ! Violoncelle, percussions, yoga, aquagym (mais une vraie, pas celle des mémés et femmes enceintes), pilates, kayak, cours de photos, d’écriture scénaristique, de loisirs créatifs, de paramoteur…

Damned, me voici frustrée !

J’ai testé pour vous : la plage nudiste

Sous titre : la blogueuse chez les culs nus.

Le naturisme et moi, on ne s’était jamais côtoyés. Je n’en pensais rien, c’était juste des images d’Epinal distillées par les 3 reportages et demis que j’ai pu entrevoir sur TF1 et/ou M6. Non qu’ils n’aient réalisés que si peu de reportages, c’est surtout que je ne les regarde pas. Bref, pour moi, naturisme = gens à poils rigolards.

Avril ou mai, Anna, Anaïs et moi décidons de nous offrir une semaine de plongée avec l’UCPA et nous élisons le centre de l’Ile du Levant. Oh mais dis donc, c’est une île moitié militaire, moitié naturiste… Oh ben dis donc, j’ai déjà des images de Louis de Funès s’excitant comme un taré sur son sifflet au milieu des culs et des seins. On va rigoler. Anaïs et moi sommes assez chaudes pour jouer le jeu. Après tout, c’est l’occasion.

Arrivées sur le Levant, on croise du pénis, des fesses et du nibard en veux-tu, en voilà. Sur le port (une dame au paréo inutile se fait réprimander), à la supérette, les culs sont nus. J’apprends que les gens habillés sont des « textiles ». Bien. Première excursion timide un soir, je voulais me promener sur un petit sentier amenant à la plage nudiste, j’entraîne Anaïs, Gabrielle, une camarade de chambrée, et un couple. Arrivés devant le portail nous demandant de nous mettre à nus, on se résoud à faire demi tour mais un jeune couple nu nous invite à les suivre. 10 mètres plus loin, une première remarque sur notre tenue fuse. Ok, demi tour.

Le vendredi, la plongée est annulée pour cause de gros vent et on demande à l’un de nos encadrants quelle est la tenue autorisée à la plage. En gros, le slip de bain, c’est oui ou non ? Ben, c’est bof : si on n’est que peu, c’est envisageable mais pas très conseillé.

Le samedi, jour du départ, nous décidons avec Anaïs de ne pas prendre la même navette que les autres pour profiter de la plage. On veut savoir ce que c’est. Le vent est tombé donc ma pire crainte quant au nudisme s’envole : le sable ne viendra pas taper l’incruste dans mes moindres replis… Non parce que la nudité (la mienne ou celle des autres), je m’en fiche un peu mais j’ai 2 craintes : un coup de soleil sur les seins (je ne bronze jamais topless) et du sable dans la vulve. Bref, on se pose sur la plage d’abord en paréo et slip de bain, un de nos co stagiaires qui traînait par là nous rejoint, simplement vêtu d’un t-shirt. Okayyyy, on papote avec lui, même pas peur.

Ensuite, on se jette à l’eau. Pas très vite parce qu’on est mortes de froid. Une fois que l’eau nous arrive à la taille (20 minutes plus tard), on finit par virer le bas et… mmm, quelle étrange sensation. Je sens du froid dans ma raie des fesses et sur mon sexe quand je nage… Mais pour tout dire, c’est pas si désagréable, assez marrant. Un couple nous parle gentiment de la température de l’eau, ambiance conviviale. On sort de l’eau sans le bas de maillot mais il est déjà l’heure de filer.

Moralité : pas grand chose en fait. J’ai été un peu étonnée par la « tension » textiles vs tous nus, j’ai entendu plusieurs de mes co stagiaires râler du manque de tolérance des naturistes qui ne voulaient pas de textile sur la plage. Bah attendez les gars, vous apprécieriez, vous, des naturistes sur une plage qui ne l’est pas ? Bon par contre, j’avoue avoir triché lors d’une balade sur un sentier dit nudiste mais on n’était là que pour se balader et mon maillot n’ayant pas de bretelles, on pouvait penser que j’étais nue sous mon paréo (plusieurs stagiaires m’ont posé la question d’ailleurs). Mais me balader à poil en forêt (même si les chaussures sont autorisées), ça m’a pas trop parlé. Non mais si je tombe, ça va faire mal quoi (j’avais aussi un short en jean, plus court que mon paréo).

Bref, ça ne m’a ni emballée ni dégoûtée. Je ne pense pas courir les plages nudistes à l’avenir mais je peux tout à fait envisager y retourner. Avec une bonne crème solaire.

Par contre, j’avoue une admiration totale pour les courageux nudistes de la supérette. Parce que moi, j’y étais habillée et je me gelais pourtant bien les fesses !

Un nouvel ordre pour une nouvelle vie

Ou comment recycler un titre d’émission que je n’ai jamais vraiment regardé (je sais plus si c’est dans cette émission qu’il y a la Brésilienne tyrannique et hystérique qui hurle tout le temps).

Dans la liste de mes défauts, apparaît à peu près en tête « désordonnée ». En dit, c’est pas tellement que je sois désordonnée, c’est que l’ordre ne m’intéresse que peu. Pour vous expliquer, moi, je supporte pas trop que les choses traînent par terre donc j’empile tout. Là de suite, ça va mieux. Enfin pour moi et tant que je dois pas trop chercher un truc que j’ai pas utilisé depuis plusieurs mois. Quoi qu’à l’arrivée, je retrouve toujours parce que j’ai une bonne mémoire. Oui, mon bordel est géologique, il fonctionne par strates donc si je date la dernière utilisation, je sais dans quelle strate chercher. Hé ouais.

Sauf que je me dis que quand même, ça cloche. J’ai beau ne pas être un chantre du feng shui, je me dis que ce désordre sur mes hauteurs, ça doit bien traduire un désordre dans ma tête (mais dans les hautes sphères). J’ai un peu questionné google qui m’a renvoyé vers doctissimo, aufeminin et co où des t’as de gens expliquent que c’est la faute de maman qui m’a pas donné un bon rapport au ménage. Non mais sérieux, faites des gosses, tous les problèmes dans leur vie seront forçement de votre faute, super ! Dans les faits, c’est surtout que j’ai la flemme, ranger ne m’intéresse pas. En tout cas bien moins que d’écrire, dormir ou faire des bracelets brésiliens (ma nouvelle lubie).

Pourtant, y a un moment où j’aime aller contre ça qui paraît être une nature, pour voir. N’oublions pas, 2012, année du voyage intérieur. Donc découvrons si je peux devenir ordonnée en prenant de bonnes habitudes. Après tout, avant 2007, je ne faisais jamais de sport, j’en fais en moyenne 6h/semaine actuellement. Enfin pas vraiment actuellement mais pendant l’annee scolaire parce que là, je perds mes 2h de plongée hebdo. En fait, je veux tester mon auto discipline parce qu’elle est un peu défaillante. C’est elle qui me donne plus envie de glander sur le Pc, écrire des articles pour mon blog, tricoter que prendre mon courage à deux mains et de ranger. Parce que le pire, c’est qu’une fois que je suis partie, je performe bien. Genre l’autre jour, j’ai rangé tout sous mon lit, hop !

Je me souviens, petite, mon père me grondait en me disant : « range tes jouets quand tu as fini, ça te prend 5 minutes alors que là, ranger ta chambre va te prendre une heure. » Je sais bien mon papounou mais ces 5 minutes là, je préfère les passer à autre chose. Puis ranger de temps en temps, ça permet aussi de redécouvrir des trucs oubliés, un peu comme un trésor caché.

Sauf que la Nina 2.012 inclut un nouveau truc, un truc essentiel : maintenant, je jette. L’autre jour, sous mon lit, j’ai retrouvé des trucs là depuis trois ou quatre ans. Ça suffit la déconnade ! S’ils ont pas bougé depuis tout ce temps, c’est que j’en ai pas besoin, c’est tout. Laisse tomber le « oui mais on sait jamais ». Tu jettes et basta. Et ben mine de rien, il y a de la jouissance dans le fait de jeter, comme un poids dont on se débarrasse. Alors continuons.

Certains diront que ce vide que je fais, c’est surtout pour faire de la place à ce garçon qui me rend pathignonne… Et certains ont raison. Non pas parce qu’il va venir vivre chez moi mais parce que je veux juste qu’il ait sa place auprès de moi. Sur mon canapé ou dans ma vie, même combat, quoi. Alors, je trie et je jette. Histoire de ne pas alourdir bêtement la montgolfière de l’amour…

Je crois que je viens de signer là ma pire métaphore et j’en suis assez fière en fait.

Ce garçon que j’ai croisé trois fois

J’ai un travers, une perversion. Un truc sympa et nocif pour personne, peut-être légèrement préoccupant pour ma santé mentale mais on n’est pas à ça près. Bref, j’aime imaginer que ma vie est un roman rocambolesque. Vertu première : ça stimule mon imagination. Vertu deuxième : je crois en une happy end. Souvenez-vous, lors de mon marasme, je m’étais dit « ça ferait un bon début de comédie romantique, ta vie qui s’effondre et hop à la fin, tu trouves l’amour et un boulot ultra wouah et tu embrasse l’homme de ta vie en riant sous la pluie« . En vrai, je me suis cassée la jambe et ma grand-mère est morte le 24 décembre mais passons.


À présent que le marasme 2011 est officiellement terminé, je me prends moins pour Jennifer Aniston. Mais quand même, y a un truc qui m’interroge : ce garçon que j’ai croisé trois fois en moins de trois mois. Je croise mes voisins moins souvent que ça !

(source image P45)

Ce garçon, j’en ai déjà parlé, il était au mariage de Lena, le prof de physique qui m’a entendu dire « en cours de physique quand j’écoutais pas, comme d’hab quoi… » (je connaissais pas sa profession à ce moment là de l’histoire ! Je suis pas cruelle) puis le lendemain « non mais en vrai, j’écoutais hein, je suis calée en ohms… Et merde ! ». Les ampères ou les volts ma fille, ça, c’est dénué d’ambiguïté. Donc ce garçon là, avec qui y a rien eu de notable, pas de flirt (c’était vraiment pas fait exprès le coup des ohms), rien. On est tous rentrés sur Paris et fin de l’histoire.


Puis y a eu le 13 juillet. Souvenez-vous, ce jour là, nous allons en famille chercher ma sœur qui a glissé dans ses cheveux des barrettes de couleur pour nous annoncer le sexe de son bébé. Alors que nous repartons gaiement vers nos voitures, je l’apercois. J’en parle quelques temps plus tard à Lena qui semble étonnée qu’il ait pu se retrouver dans cette gare-là. « Mais t’es sûre que c’était lui ? » « Ben, il me semble bien. Il avait un violon… » « Ah bah c’est lui, oui ».


– 31 juillet. Après une expédition ratée au marché St Pierre (j’ai pas trouvé la mercerie que je cherchais), me voici à Anvers pour prendre le métro mais je me fais doubler par un gros troupeau de touriste. Bon fait chier, je vais redescendre jusqu’à St Lazare à pied. Je chemine donc, perdue dans mes pensées (je travaillais le scénario de l’espèce de comédie romantique que j’ambitionne d’écrire) quand je vois une silhouette masculine au loin. Ah ben tiens, on dirait le garçon… Mais merde, c’est lui ! C’est ainsi que je le croise pour la 3ème fois sur un chemin que je n’emprunte jamais…

Les plus romantiques me diront « c’est lui, envoie-lui un mail ! ». Oui sauf que non, ce n’est pas cohérent. Bon d’abord, je ne lui ai parlé qu’au mariage, rien n’indique que lui m’ait vue ou reconnue (à la gare, j’en étais à plus d’une semaine sans maquillage, je perds automatiquement 10 ans). Mais surtout, je suis en pleine romance pathignonne (néologisme, mélange de pathétique et mignon, vous savez, quand l’amour nous rend neuneus concons) avec un autre homme, je suis plus du tout à la recherche d’une histoire. Je comprends pas les scénaristes de ma vie.


Ou alors mon idée de comédie romantique est pourrie et la vie me souffle une autre idée. Ou encore, ça me prouve que j’ai raison de penser que ce garçon est l’amour de la vie d’Anais.

Où le malheur est une donnée relative

Si je devais me définir avec une carte de tarot (pourquoi pas ?), je choisirais la roue de la fortune tant ma vie ressemble à une sitcom avec moult rebondissements. Si je suis souvent victime d’une poisse peu commune, j’ai parfois aussi droit à quelques coups de chance insensés qui contrebalancent. La roue tourne. On débattra un autre jour de l’existence réelle de la chance ou de la malchance, c’est pas le sujet du jour.

En ce moment, je me dirais au centre d’une double rotation : il m’arrive des trucs hyper cool et d’autres franchement pénibles. Le verre est juste à moitié, difficile de démêler le plein du vide. Puis un coup de fil de mes parents « tu sais l’associé de ton père qui a guéri de façon inespérée du cancer l’an dernier ? Il a récidivé. Il lui reste 6 mois. » Voix qui tremble d’un côté, pierre qui tombe dans l’estomac de l’autre. Comment vivre quand tu sais que t’es condamné ? Comment profiter de ses 3 enfants quand on sait qu’on ne les verra plus grandir ? Comment continuer quand tu sais que tu ne souffleras sans doute jamais tes 44 bougies ?


Et toi, t’es là à pleurnicher sur ton petit nombril et là, tu te dis que merde, la vie est bien trop courte pour s’encombrer de détails. J’ai la lose ? Oui et j’aime râler dessus car ça défoule. Mais parallèlement à ça, j’ai la santé. J’ai toujours considéré que tant qu’on a la santé, on peut toujours relever le poing, se battre pour faire tourner la roue dans le bon sens. C’est certes fatigant mais on se reposera quand tout sera réglé.


Est-ce qu’on a même le droit de baisser les bras quand on voit ça ? Tu perds ton taf ? Tu en trouveras un autre. C’est fini avec ta tendre moitié ? Tu finiras par en rencontrer une autre (si). Comme dit l’adage : tant qu’il y a de la vie, y a de l’espoir. Le temps est ton allié, tu sais qu’il guérit de tout, remplace ce que tu as perdu par de nouvelles personnes ou de nouvelles opportunités. La roue tourne, la roue tourne. J’ai la santé, mon entourage aussi, qu’est-ce qui compte vraiment en dehors de ça ?