J’ai marché pour vous la Parisienne

Oui, marché, pas courir, j’aime pas trottiner, ça m’emmerde mais d’une force… Bref.

Des fois, tu te dis que ça fait pas de mal de bichonner un peu ton karma même si en ce moment, il me laisse tranquille (mais je le connais, il me laisse m’endormir pour mieux me filer un coup derrière la tête). Alors quand on te propose de participer à une course pour la bonne cause en te précisant que, si si, tu peux marcher, tu acceptes. Me voici donc inscrite pour la Parisienne, course qui soutient la recherche contre le cancer du sein.

Samedi, Anaïs et moi allons chercher nos dossards au village. Ambiance sympa… Mais le sable blanc qui réverbère le soleil, ça fait un peu mal, petite compassion pour les bénévoles qui gèrent le retrait des dossards et sont en plein cagnard. D’autres en profitent pour suivre un cours de fitness de plein air… En plein soleil. Mmmm, ma peur de l’insolation ne semble donc pas universelle.

Dimanche, rendez-vous à 8h. Donc un lever à 7h, pouf… Pour un dimanche, ça pique. On fait partie d’une équipe montée par Marine brune, une des participantes du voyage en Thaïlande. Avec Anaïs, on a relevé le défi, se disant que c’était pour la bonne cause puis si on peut marcher alors c’est super ! Le temps qu’on récupère tout le monde, qu’on pose les sacs aux consignes, que quelques pipis soient faits, on se retrouve joyeusement sur le pont d’Iena où se situe la ligne de départ. Celle-ci est juste de l’autre côté du pont, nous au début. Entre le départ et nous, des milliers de filles. Gloups !

Pour rire, Marine nous dit « ahah, je vous annonce qu’on va partir à 10h30 ! », il est 9h45… En vrai, on est parties vers 10h50, je crois. Débute donc l’attente, je dors à moitié (je suis donc capable de passer en mode veille même debout), le soleil commence à taper et je n’ai pas de chapeau ou casquette, je n’ai qu’une gourde d’eau. Autour de nous, c’est plutôt bon enfant mais tu as les inévitables pénibles qui essaient de gruger tout le monde. Quand elles sont deux ou trois, tu dis rien, tu t’en fous mais quand elles sont 15 et qu’en prime, elles te poussent, ça agace un peu… C’est toujours un peu la même histoire quand tu es en situation d’attente au milieu d’une foule, tu finis par te sentir un peu agressée par ses mouvements, tu essaies de garder ta place, de pas perdre tes amis… Un départ toutes les 7 mn d’une centaine de concurrentes, on est 28 000…

10h30, on accède enfin à une zone plus dégagée, il n’y a plus que deux vagues d’une centaine de coureuses devant nous. Marcher un peu fait un bien fou. Merde, avoir piétiné pendant quasi 1h m’a rouillé les gambettes, mon dos fait crac crac quand j’enroule la colonne… Je vois pas, à ce moment de l’histoire, comment je suis censée parcourir 6 km… on a droit à un échauffement par une prof de fitness qui bouge limite plus des cheveux que du corps, elle fait des gestes dynamiques en nous encourageant à en faire autant. Moi, je veux bien madame mais si je fais tout comme toi, je risque un peu d’éborgner mes voisines…

10h45,nous voici enfin devant la ligne de départ, Marine nous dit qu’il faut qu’on coure un peu pour prendre le départ avec elles. Aaaaah mais j’ai pas couru depuis le lycée, moi. Enfin, si mais en général, c’est soit après le bus, soit quelques échauffements mais rien qui ne nécessite de doser son effort parce que je sais juste pas faire. Oui, moi, je donne tout direct.

C’est parti ! Je fais un peu l’effort de trottiner mais vu le monde, je vais aussi vite en marchant, Anaïs a déjà abandonné l’idée. 10 mètres plus loin, on a perdu notre team. On commence notre marche en essayant de nous caler sur les autres marcheuses mais on les dépasse vite. On en repère une de pas mal mais au bout d’un kilomètre, elle commence à téléphoner puis met ses écouteurs pour écouter de la musique. Plus assez rapide.

On enchaîne, les premiers kilomètres sont faciles. Les gens nous encouragent. Comme on a notre prénom sur nos dossards, on nous interpelle « Allez Anaïs, allez Nina ! ». Heu, tu le connais ? Ah oui, c’est vrai, les prénoms sur le T-shirt… Bon, allez, on avance ! La balade (oui, on va pas parler de course même si on marche vite) est super agréable, on marche bien tout en papotant un peu, je regrette un peu de pas pouvoir faire de photos mais on va pas pousser mémé dans les orties non plus. On se fait dépasser par les filles des vagues suivantes qui courent, on rattrape les marcheuses. Régulièrement, on croise des bandas, ça, c’est génial et ça me redonne envie de faire des percussions (je crois que je suis accro aux envies de nouveauté).

Km 3, de l’eau, cool (même si c’est de l’eau riche en sodium, je suis pas sûre que ce soit une très bonne idée…), des bananes, on doit jeter les déchets par terre. Même la peau de banane ? Non parce que ça me paraît un peu dangereux, hein… Bon apparemment personne ne tombe. Km 4, on commente avec Anaïs « Non mais y en a, elles ont vraiment l’air en souffrance, j’ai mal pour elles » « Oui, alors que nous, on est bien ». Une fille qui nous dépassait en courant a rigolé, c’est légitime. Il y a une bonne ambiance globalement même si certaines sont là pour réellement faire la course et il est difficile de se positionner pour pas les gêner. On essaie de se mettre sur le côté mais il y a également des coureuses, on se fait un peu bousculer dans tous les sens…

Km5, ouais super, bientôt fini, on est bien, on est sereines, Anaïs me dit que la course ne fait pas tout à fait 6 km alors j’essaie de capter où est l’arrivée, le trajet est un peu tarabiscoté mais surtout… en plein cagnard avec de la réverbération, ce que je déteste (j’ai eu une vilaine insolation étant plus jeune et je saigne du nez quand j’ai trop chaud, ça explique cette terreur de la chaleur).Heureusement que j’ai mes lunettes de soleil. Je dis à Anaïs qu’on coura les derniers mètres, histoire de se la raconter. Km 6, l’arrivée est 300m plus loin, Anaïs commence à courir, je continue à marcher…et à rester à sa hauteur. Bon allez, on se lance dans une petite foulée et on franchit la ligne d’arrivée, ouééééé ! 1h01 pour faire 6km300, environ 6 km/h de vitesse de croisière pas mal…

Voilà, c’est fait. On met deux heures à récupérer divers paquets, à ressortir, la chaleur est terrible, je sens mes pieds enfler dans mes baskets. On doit retraverser tout le champ de Mars pour reprendre le métro au Trocadéro. Plus on avance, moins on parle. Claquées. Alors, je le referai ? Heu ben non, je pense. J’aime marcher vite, je le fais régulièrement et c’est sympa de marcher dans des rues habituellement pleines de voitures mais quand tu penses que le plus fatigant, c’est d’attendre le départ, ça motive pas trop. Par contre, l’ambiance est au top. Et je retiens une chose essentielle : le jogging, j’aime VRAIMENT pas.

Noël, ça pue des pieds

 J-1, voire H- pas beaucoup : on est le 24 et là bientôt, c’est Noël. Je vais pas me fendre d’un brillant article vu que je sais que vous avez autre chose à faire que de me lire aujourd’hui donc comme je suis une nana subversive et wild, je vais vous parler… bé de Noël.

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La semaine dernière, je lis l’édito d’Alix Girod de l’Ain dans Elle qui dit en somme : « ils m’énervent les rabats joie anti Noël, moi, j’aime ça ». Et bien moi,
tout pareil, give me five Alix ! En fait, Noël se passe en deux phases pour moi.

Phase 1 : les courses. Ah oui alors là, je mentirais si je disais que j’adore ça car je déteste. Surtout que cette année, je n’étais plus chômeuse, si vous suivez, donc je ne pouvais pas faire les courses en journée, je devais y aller… le samedi. Paf, dans mes dents ! Donc deux samedi d’affilée, le 08 et le 15, me voici à arpenter les rues parisiennes pour trouver ce que je veux. Pour la première expédition, je me dote d’un soutien psychologique : ma sœur. Comme ça, on fait les cadeaux pour les parents, Anthony et voilà. Sauf que le truc, c’est que je peux pas acheter les cadeaux de ma sœur alors qu’elle est là, voilà pourquoi je suis de corvée à nouveau le week-end suivant. D’ailleurs, je pense que c’est là que j’ai chopé ma crève. Alors déjà, à la base, j’aime pas la foule mais à Noël, je sens que tout le monde est excédé par son voisin, on se dépêche de prendre en rayon ce que l’on veut pour pas que le connard ou la connasse à côté le prenne avant nous et qu’il n’y en ait plus. Après, faut faire la queue et là, tout le monde se guette : le premier qui double a perdu. Samedi 22, je vais faire une
course de dernière minute pour Anne dans ma ville natale. Oui, je pouvais pas l’acheter à Paris car c’était un truc en verre et je voulais pas le casser. Dans le magasin, je croise par deux fois une femme qui pue mais un truc monstrueux. Ma sœur me dit de faire la queue donc je me plante au milieu et là, Alice arrive « non mais Nina, la fin de la queue, c’est là-bas, t’es en train de doubler tout le monde, là ». J’étais en toute bonne foi mais le pire c’est que je suis même pas sûre que les gens se soient rendus compte de mon incrustation. Bon je retourne à la fin d’une des queues et remercie le ciel de voir la femme qui pue aller à l’autre parce que ça, vraiment j’aurais pas supporté.

 Bref, les courses, c’est chiant et encore, quand on sait ce qu’on veut, ça va. Mais quand, en plus, on va dans les magasins à l’aveuglette, là, c’est carrément du suicide. Alors, oui, vu que je déteste la foule, les bousculades et les queues à la caisse (surtout si y a des gens qui puent), les courses de Noël, je déteste. Oui, le côté mercantile, c’est nul, blablabla.
 

Mais, phase 2 : le jour J. Enfin, du moins, dans ma famille. Pour l’occasion, on est là tous ensemble, à ouvrir les paquets. La veille, on a fait un réveillon tranquille à manger des toasts qu’on a fait collégialement en regardant des vidéos marrantes. Le jour de Noël, à midi, ma grand mère vient manger, parfois avec ma tante. C’est en gros une journée où toutes les tensions sont évacuées, on se fait tous des cadeaux, on rigole, on mange, on discute. Bref, c’est juste une bonne journée de félicité familiale.

Alors j’emmerde la mode du « Noël, c’est que mercantile, trop Sarkozyste ». Oui, Sarkozyste, c’est un peu l’insulte suprême du moment (enfin, pour les gens de gauche), c’est ce qu’on vous balance dès qu’on n’est pas d’accord avec vous. « Non mais toi, t’es qu’un(e) Sarkozyste refoulée ». A croire qu’à gauche, on ne peut que suivre un dogme unique et si tu le suis pas, t’es donc sarkozyste. Moi, Noël, je le fêtais déjà sous Mitterrand. J’ai de très bons souvenirs de l’époque où je croyais encore au Père Noël et même d’après. Quand je faisais des cadeaux à 50 francs pour tout le monde (à l’époque, c’était possible) puis les complots avec Alice pour trouver des cadeaux communs au parents. Ce que j’aime dans Noël, c’est quand on offre le cadeau qu’on s’est creusé à trouver et qu’on découvre qu’on a touché juste. Alors oui, rien que pour ce moment où tout va bien et où tout le monde est heureux, ben, moi, j’aime Noël. Et je ne
bouderai pas mon plaisir à cause de trois grincheux qui ne peuvent pas s’empêcher de trouver à redire à tout, parce que c’est mercantile, parce que le Père Noël est rouge à cause de coca. Moi, je m’en fous, c’est la fête de famille ou personne en particulier n’est à l’honneur. Et puis j’aime faire le sapin, manger à m’en éclater la panse en arrosant le tout de champagne en écoutant ma
grand-mère raconter la même histoire pour la vingtième fois. De toute façon, c’est pas comme si j’étais du genre à ne pas profiter de ces moments parfaits. Parce que, ouais, Noël en est un. Pour une fois qu’on a un motif d’être contents, autant en profiter.