La St Valentin, ça pue des pieds d’abord !

Cher lecteur, au cas où tu ne travaillerais pas dans le milieu de la presse féminine comme moi, je vais peut-être t’apprendre un truc. Samedi, on sera le 14 février, c’est ce qu’on appelle communément la St Valentin. Alors choisis : tu es soit un célibataire déprimé d’être seul à cette occasion et qui cherche avec angoisse et frénésie une moitié de façon frénétique, soit un mec maqué qui doit à tout prix faire plaisir à ta chérie, soit une chérie qui angoisse à l’idée que son mec se plante ou oublie cette date. Ou alors tu t’en fous.




Donc voilà, les vitrines dégueulent de coeurs rouges et de roses de la même couleur et en réaction, l’anti St Valentinisme se radicalise. C’est quoi ? C’est cette attitude étrange qui pousse des gens à se réunir en groupe pour aller se moquer des amoureux ce soir là en allant dans les mêmes restos qu’eux. Pour ma part, des gens qui se forcent à sortir ce soir là et payer un repas une trentaine d’euros juste pour se moquer, je trouve que ça frôle le masochisme. Si je peux rester peinarde chez moi un 14 février, j’en suis plus que ravie.

Aujourd’hui, la St Valentin n’a plus aucune valeur pour moi et je ne suis même pas sûre que je réaliserais si je ne bossais pas dans la presse féminine où il faut parler d’amuuuuuuur à nos lectrices. Ado, c’était un jour plein d’un fol espoir d’une déclaration soudaine et inattendue de la part d’un jeune homme qui profiterait de cette fête de l’amour pour se déclarer. Evidemment, quand le soir venait, je déprimais sévère. A l’heure du coucher, je me sentais la fille la plus moche du lycée. 15 ans plus tard, je me fais rire toute seule avec mon romantisme adolescent exacerbé.


En grandissant, j’ai oublié la valeur de la St Valentin, ça n’avait plus d’intérêt. Pendant les 5 St Valentin que j’ai passé avec Guillaume 1er, on ne l’a jamais fêté et quand au matin, il me faisait un câlinou pour me souhaiter une bonne saint valentin, je répondais : « pffff, c’est débile ce truc ». Mais je ne le repoussais pas parce que j’aime trop les câlins. L’avantage de ne pas fêter la St Valentin en couple, c’est que si on se retrouve célibataire, on peut dire qu’on s’en fiche sans passer pour l’aigrie et frustrée de service.

Pourtant, je peux aussi comprendre que des couples aient envie de la fêter. Après tout, c’est toujours l’occasion de passer une soirée en amoureux et au vu de nos vies trépidantes, si on ne nous les impose pas, on ne prend plus le temps d’être juste à deux, sans télé, enfants, portables, boulot, choisis ton camp. Mon côté cynique et agoraphobe option misanthrope me conseille de ne surtout pas sortir ce soir là et de ne pas suivre la tendance mais pourquoi ceux qui ne font pas comme moi sont à clouer au pilori ? Ils ne sont pas hors la loi et on ne leur sert pas des nourrissons farcis au chaton, que je sache.


De plus, cette attitude anti St Valentin me paraît envoyer le message contraire. C’est la seule fête qui déclenche de telles réactions, il me semble. Si on prend Noël, il y a toujours des cyniques pour souligner que le Père Noël est une invention de Coca Cola (ce qui est faux, c’est une adaptation de Santa Klaus), que c’est trop commercial. Mais que je sache, personne ne va dans les grands magasins ce jour là pour se moquer des acheteurs et aucun ne va crier sur les enfants : « Mais le Père Noël n’existe pas, du con! ». Moi, je ne
l’ai jamais dit à personne et j’espère ne jamais le faire parce que je refuse d’être la femme qui brise la magie de Noël.

Alors pourquoi tant de violence et de haine contre la St Valentin ? Ces anti qui se moquent ne souffrent-ils pas justement de l’amertume de leur solitude, du fait qu’une fois par an, on leur colle une fête dont ils sont exclus en temps que célibataire ? Pour ma part, je suis célibataire et qu’est-ce que je m’en fiche de l’être ce soir là comme les autres. J’aimerais à la limite qu’on fasse comme aux States avec des cartes à tous les gens qu’on aime. Bon ok, ça revient super cher mais des cartes, j’en donnerais et recevrais plein. J’ai pas de mec
officiel certes mais je ne suis pas en déficit d’amour pour autant donc peu importe.


De toute façon, moi, cette année, le 14 février, je serai en week-end avec mon épouse facebookienne alors vous pensez bien que l’anti St Valentinisme, j’aurais pas pu de toute façon.

NB : C’est fou, en écrivant cet article, je me suis dit que ce doit être super marrant de se poser dans un grand magasin juste avant Noël et d’observer. Je suis légèrement psychopathe, des fois.

Noël, ça pue des pieds

 J-1, voire H- pas beaucoup : on est le 24 et là bientôt, c’est Noël. Je vais pas me fendre d’un brillant article vu que je sais que vous avez autre chose à faire que de me lire aujourd’hui donc comme je suis une nana subversive et wild, je vais vous parler… bé de Noël.

undefined

La semaine dernière, je lis l’édito d’Alix Girod de l’Ain dans Elle qui dit en somme : « ils m’énervent les rabats joie anti Noël, moi, j’aime ça ». Et bien moi,
tout pareil, give me five Alix ! En fait, Noël se passe en deux phases pour moi.

Phase 1 : les courses. Ah oui alors là, je mentirais si je disais que j’adore ça car je déteste. Surtout que cette année, je n’étais plus chômeuse, si vous suivez, donc je ne pouvais pas faire les courses en journée, je devais y aller… le samedi. Paf, dans mes dents ! Donc deux samedi d’affilée, le 08 et le 15, me voici à arpenter les rues parisiennes pour trouver ce que je veux. Pour la première expédition, je me dote d’un soutien psychologique : ma sœur. Comme ça, on fait les cadeaux pour les parents, Anthony et voilà. Sauf que le truc, c’est que je peux pas acheter les cadeaux de ma sœur alors qu’elle est là, voilà pourquoi je suis de corvée à nouveau le week-end suivant. D’ailleurs, je pense que c’est là que j’ai chopé ma crève. Alors déjà, à la base, j’aime pas la foule mais à Noël, je sens que tout le monde est excédé par son voisin, on se dépêche de prendre en rayon ce que l’on veut pour pas que le connard ou la connasse à côté le prenne avant nous et qu’il n’y en ait plus. Après, faut faire la queue et là, tout le monde se guette : le premier qui double a perdu. Samedi 22, je vais faire une
course de dernière minute pour Anne dans ma ville natale. Oui, je pouvais pas l’acheter à Paris car c’était un truc en verre et je voulais pas le casser. Dans le magasin, je croise par deux fois une femme qui pue mais un truc monstrueux. Ma sœur me dit de faire la queue donc je me plante au milieu et là, Alice arrive « non mais Nina, la fin de la queue, c’est là-bas, t’es en train de doubler tout le monde, là ». J’étais en toute bonne foi mais le pire c’est que je suis même pas sûre que les gens se soient rendus compte de mon incrustation. Bon je retourne à la fin d’une des queues et remercie le ciel de voir la femme qui pue aller à l’autre parce que ça, vraiment j’aurais pas supporté.

 Bref, les courses, c’est chiant et encore, quand on sait ce qu’on veut, ça va. Mais quand, en plus, on va dans les magasins à l’aveuglette, là, c’est carrément du suicide. Alors, oui, vu que je déteste la foule, les bousculades et les queues à la caisse (surtout si y a des gens qui puent), les courses de Noël, je déteste. Oui, le côté mercantile, c’est nul, blablabla.
 

Mais, phase 2 : le jour J. Enfin, du moins, dans ma famille. Pour l’occasion, on est là tous ensemble, à ouvrir les paquets. La veille, on a fait un réveillon tranquille à manger des toasts qu’on a fait collégialement en regardant des vidéos marrantes. Le jour de Noël, à midi, ma grand mère vient manger, parfois avec ma tante. C’est en gros une journée où toutes les tensions sont évacuées, on se fait tous des cadeaux, on rigole, on mange, on discute. Bref, c’est juste une bonne journée de félicité familiale.

Alors j’emmerde la mode du « Noël, c’est que mercantile, trop Sarkozyste ». Oui, Sarkozyste, c’est un peu l’insulte suprême du moment (enfin, pour les gens de gauche), c’est ce qu’on vous balance dès qu’on n’est pas d’accord avec vous. « Non mais toi, t’es qu’un(e) Sarkozyste refoulée ». A croire qu’à gauche, on ne peut que suivre un dogme unique et si tu le suis pas, t’es donc sarkozyste. Moi, Noël, je le fêtais déjà sous Mitterrand. J’ai de très bons souvenirs de l’époque où je croyais encore au Père Noël et même d’après. Quand je faisais des cadeaux à 50 francs pour tout le monde (à l’époque, c’était possible) puis les complots avec Alice pour trouver des cadeaux communs au parents. Ce que j’aime dans Noël, c’est quand on offre le cadeau qu’on s’est creusé à trouver et qu’on découvre qu’on a touché juste. Alors oui, rien que pour ce moment où tout va bien et où tout le monde est heureux, ben, moi, j’aime Noël. Et je ne
bouderai pas mon plaisir à cause de trois grincheux qui ne peuvent pas s’empêcher de trouver à redire à tout, parce que c’est mercantile, parce que le Père Noël est rouge à cause de coca. Moi, je m’en fous, c’est la fête de famille ou personne en particulier n’est à l’honneur. Et puis j’aime faire le sapin, manger à m’en éclater la panse en arrosant le tout de champagne en écoutant ma
grand-mère raconter la même histoire pour la vingtième fois. De toute façon, c’est pas comme si j’étais du genre à ne pas profiter de ces moments parfaits. Parce que, ouais, Noël en est un. Pour une fois qu’on a un motif d’être contents, autant en profiter.

Les jouets de Noël

Comme vous le savez, Noël approche. Oui, vous le savez forcément parce que même si vous êtes pas chrétien, vous avez remarqué les guirlandes qui clignotent, les sapins qui fleurissent au coin des rues, les vitrines qui regorgent de paquets cadeaux… De toute façon, Noël est redevenu une fête païenne mais rassurez-vous, cet article n’aura rien de religieux.

 Defense 012

Donc c’est la période où on erre, solitaires, parmi la foule agressive, à la recherche de nos cadeaux. Moi, je déteste la foule donc je vais faire mes courses idéalement le matin en semaine : les gens travaillent et les chômeurs roupillent, c’est mieux. Bon, cette année, j’ai pas encore commencé (je ferai mes achats à Toulouse, ça évitera que j’explose ma valise) mais il y a une tradition que je m’offre à Noël et que j’adore : errer dans le rayon jouet.

 

L’autre jour, j’étais à Gibert avec Gauthier et on a jeté un œil aux livres pour enfants. Y en avait un top : en gros, il y avait des personnages détachables et quand vous ouvriez le livre, hop ! Un château en papier surgissait et vous pouviez jouer avec les bonhommes en papier. Je trouve le concept génial mais je trouve dommage qu’il n’y ait qu’un lieu dans le livre. Imaginez qu’à chaque page apparaisse un nouveau lieu pour vos personnages en papier… Ca me rappelle quand, petite, j’achetais des espèces de livres avec des mannequins en papier, on avait des habits à découper qu’on mettait aux mannequins avec des petites languettes. A une époque, j’en avais 5, que j’avais prénommées comme ma mère et ses sœurs (qui sont 5 aussi, ça tombe bien). Forcément, comme le papier cartonné, c’est fragile, il arrivait qu’une de mes bonhommettes perde un membre (y en a même une qui a été décapitée !!) donc je les donnais à ma maman qui les réparait et je disais qu’elles étaient à l’hôpital… Ah, putain, c’était bien !!

 

Bon, après, je fus accro aux playmobils. Je me souviens de ma première boîte. En fait, j’y jouais déjà chez mes cousins : cousin n°2 a le même âge que moi donc nous étions un peu inséparables, petits. Et comme il avait un grand frère (cousin n°1), il en avait déjà plein, de playmobils. Donc, un jour, je vais chez le dentiste, j’avais 5 ou 6 ans et c’était la première fois. Comme j’ai été très sage, j’ai donc eu droit à un jouet et j’ai pris une boîte de playmobils avec un toboggan et des balançoires. Et là, je fus accro. Qu’offrir à Nina pour son anniversaire ou pour Noël ? Mais des playmobils bien sûr ! J’en avais plein ! Même que ma maman m’avait fabriqué des plateaux à roulette sur lesquels j’avais mis la maison super grande pour pouvoir jouer des deux côtés et tout… C’était le peton ! Puis, en grandissant, j’ai fini par un peu les délaisser.

 

Mais je garde la nostalgie. Chaque Noël (hop, on revient au sujet initial), je vais errer dans les rayons jouets et j’admire, les yeux plein d’étoiles. Ils sont vraiment beaux les nouveaux playmobils, super bien faits et tout. Des fois, j’ai envie de m’acheter une boîte. Même pas pour jouer avec, juste pour les admirer. Des fois, je rêve d’une grande maison avec une pièce playmobil où j’aurai un espèce de musée rien qu’à moi… Déjà, si je récupère ceux que j’ai dans mon grenier, chez mes parents, mon musée va vite s’étoffer ! Hier, sur le forum, Lo m’a proposé de m’acheter la crèche playmobil, disponible juste aux States, j’ai dit oui, of course ! Après tout, j’ai pas encore de santons ni rien, chez moi, ça sera l’occasion d’avoir une crèche… Et si je faisais toute la crèche, avec tout ce que j’ai déjà ? Ouais bon, ok, va me falloir un plus grand appart !

 

En dehors des playmobils, je regarde les autres jouets et je me dis que tout a changé. En bien ou en mal, je sais pas, ça dépend des jouets. Je trouve qu’il y a des trucs vachement astucieux et bien trouvés dont on ne bénéficiait pas étant petits. C’est normal, la technologie évolue donc bon, les jouets suivent…Ceci étant, je pense que la technologie ne doit pas faire perdre de vue des jeux tout bêtes comme les petits chevaux ou chais pas quoi… Et les cartes, aussi. Moi, petite, j’adorais jouer aux cartes, c’est mon grand-père qui m’a appris. J’ai appris récemment qu’il trichait toujours pour que je gagne. Dans ma naïveté enfantine, je croyais que c’était juste moi qui était trop douée…

 

De toute façon, les enfants, on a beau leur offrir des trucs hyper sophistiqués, il n’en reste pas moins qu’il s’éclateront toujours plus à bricoler leurs propres trucs : 3 bouts de cartons et une ficelle, c’est le pied pour eux ! N’empêche que moi, quand je vois tous ces jouets, ça me rend toujours un peu nostalgique de mon enfance… Moi, je me souviens des Noël où je croyais que c’était le papa Noël qui m’amenait les jouets et tout et je trouve que ça participait à la magie. C’est nul de grandir, des fois.

Joyeux Noël !

Aujourd’hui, c’est Noël. Après avoir déballé vos beaux cadeaux, vous foncez ici voir mon nouvel article, bande d’intoxiqués ! Et comme je suis sympa, je mets à jour même les jours fériés. Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de Noël… l’histoire de mes Noël.

 Premier souvenir de Noël, en 81, j’avais donc un an et quelques et je me souviens juste de trucs en plastiques tout rond en forme de H qui s’emboîtaient et un jouet rond qui avait une ficelle : quand on tirait, ça faisait un bruit d’animaux. J’avoue que c’est mon tout premier souvenir, je ne suis même pas sûre de vraiment m’en souvenir, peut-être ai-je reconstruit mes souvenirs par des photos parce que se souvenir d’un truc qu’on a vécu quand on avait même pas deux ans, ça me paraît gros… Cette même année, à la fin des fêtes, le sapin, tout sec, m’est tombé dessus, il paraît que j’ai hurlé comme jamais. Là, je m’en souviens pas, j’ai dû occulter. N’empêche que depuis, j’ai toujours peur de me faire piquer par un sapin (vive les sapins normands !).
 
Après, c’est un peu confus. Les Noëls se suivent et se ressemblent… Je me souviens, une année, on était allés au parc pour jouer (il devait faire un froid de canard, ils sont fous mes parents !). Ma maman nous surveillait pendant que mon papa s’éloignait discrètement. On s’en est donné à cœur joie et quand on est revenus à la maison (mon papa était revenu), il y avait les cadeaux au pied du sapin ! J’étais émerveillée. Je me souviens, cette année-là, ma sœur a eu un train un peu bizarre, les wagons étaient des gros carrés… Ce Noël me marqua et pendant longtemps, je n’ai pas compris pourquoi Noël c’était un coup le matin, un coup l’après-midi, un coup le soir… Oui, à l’époque, les dates, ça ne voulait rien dire pour moi.
 
Ensuite, pendant longtemps, le Père Noël est entré en scène. En fait, on ouvrait les cadeaux le soir, on regardait le programme de Noël à la télé puis ma mère nous disait que le Père Noël allait arriver donc il fallait se cacher, on montait en courant dans ma chambre (la plus grande), accompagnées de ma maman. Mon père sortait discrètement et sonnait : ding dong ! Il ouvrait la porte et dialogue :
« Bonjour !
– Bonjour Père Noël
– Alors, est-ce que Nina et Alice ont été sages cette année ?
– Oh, je sais pas !!
[Nous, en haut, doucement : si ! si ! si !]
– Oui, elles ont été sages.
– Alors, elles vont avoir leurs cadeaux ! »
Mon papa installait les cadeaux en bas puis une fois fait, le Père Noël disait au revoir et on avait le droit de descendre. Pendant des années, j’y ai cru dur comme fer. Une fois, mes parents nous ont fait une blague : le Père Noël allait monter dans nos chambres mais il fallait se cacher parce que s’il nous voyait, on aurait pas nos cadeaux ! Je me suis cachée sous ma couette (top original), morte de trouille mais le Père Noël n’est pas monté, finalement…
 
Il y avait une autre mythologie en rapport au Père Noël. A l’époque, nous habitions dans un appartement en rez-de-chaussée dans une résidence donc nous n’avions pas de cheminée, ce qui me turlupinait beaucoup : un Père Noël, ça passe par la cheminée, il vient par où, le nôtre ? Par la porte, nous l’avons vu plus haut mais nos voisins du 2e étage, amis de mes parents, avaient une cheminée : le Père Noël passait donc forcément par chez eux ! Mais c’est bien sûr.
 
Sinon, je me souviens d’une année, j’étais petite, j’étais allée chez ma nounou pour le Noël. Ma nounou était la mère d’une camarade de classe de ma mère et elle avait plusieurs enfants à charge. Sa fille cadette avait une dizaine d’années de plus que moi, un peu plus, peut-être et donc, elle ne croyait plus au Père Noël. Je me souviens, ma nounou m’expliquait chaque année qu’en allant au supermarché, elle croisait le Père Noël qui faisait ses courses pour nous. Sous-entendu : j’ai acheté vos cadeaux. Et il est très aimable, ce monsieur, il nous faisait toujours passer un bonjour. Donc une année, nous voilà dans le salon quand la fille de ma nounou se met à crier : « oh, le Père Noël ! », en regardant par la fenêtre. Je me précipite à la fenêtre mais ne voit rien. « Mais si, là, regarde ! » Ben non, je n’ai rien vu et ça m’a franchement désappointée.
 
Il y eut une année aussi où il se passe quelque chose de terrible…mais de très drôle. Dans le journal, il y avait une annonce : appelez le Père Noël. Nous voici donc joyeusement réunis autour du téléphone, papa, maman, Alice et moi. Quel moment solennel ! Ma mère compose le numéro et met le haut-parleur et là : « salut, cochonne, c’est le Père Noël lubrique, je vais venir visiter ta culotte ! » (un truc du genre). Mes parents, mortifiés, tardent à couper la conversation tandis qu’Alice et moi pouffons : « Le père Noël, il a dit culotte ! ». Hé oui, dans le journal, l’annonce pour le Père Noël était accolée à celle d’un autre genre de Père Noël et ça a fait un vrai scandale car mes parents n’ont pas été les seuls à se tromper.
 
Puis vint le jour terrible de la révélation. J’étais en classe de CE1 avec une prof vieille fille qui était sévère mais juste. Quand on avait des bonnes notes, on avait des petites images et au bout de dix, on avait un poster (moi j’aimais mieux les petites images, des vignettes panini, les posters étaient moches). Quand on était pas sage, elle nous tapait sur le bout des doigts avec une règle, mais ça ne m’est jamais arrivé, ça. Non, moi, je me prenais juste des C et des D en écriture. Un jour, pendant le cours, je ne sais plus de quoi on parlait mais la révélation vint : « oui, c’est comme la Petite Souris ou le Père Noël, ce sont des contes, ça n’existe pas ! » et là, tous mes camarades : « oui, bien sûr, ça n’existe pas ! ». Et moi, je me prends un monumental coup de massue. Je me souviens ce jour-là m’être sentie désespérée pour la première fois de ma vie : le Père Noël n’existe pas ? Mes parents m’ont menti ? A bien y réfléchir, souviens-toi cette nuit où tu avais senti la main de maman glisser sous ton oreiller alors que tu y avais mis ta dent de lait… Et la fois où au lieu de trouver une pièce de 10 francs, tu avais trouvé une pesetas ! Ca aurait dû te mettre la puce à l’oreille ! Ce que tu as été naïve, ma pauvre fille ! Ce jour-là, je n’ai pas pleuré, uniquement par fierté : les autres semblaient savoir que le Père Noël n’existait pas, je ne voulais pas passer pour une sotte.
 
Depuis, les Noëls ont moins de saveur. Je n’avouerai que deux ans après à mes parents que je n’y crois plus, je me suis toujours tue pour préserver Alice. Mon père ne jouait plus au Père Noël, il attendait qu’on soit couché pour mettre les cadeaux au pied du sapin. Quelques années plus tard, quand ma sœur arrêta de croire, aussi, on faisait Noël le soir, ce qui était une mauvaise idée en soi vu qu’on voulait toujours profiter de suite de nos cadeaux…
 
Une année, ce fut terrible. On savait où nos parents cachaient les cadeaux donc on était allées, avec Alice et nos voisines, voir ça de plus près, on avait dé scotché les paquets et vu tous nos cadeaux. Ben, cette année-là, le déballage fut nettement moins beau et je regrette encore de l’avoir fait. Car ce qui est bien à Noël, c’est avant tout la surprise, selon moi. Le plaisir de déballer et de voir ce que l’on nous a offert. Le plaisir de voir le visage de l’autre s’animer en découvrant le beau cadeau qu’on lui a fait. Cette année-là, j’ai pris une leçon et je ne l’ai plus jamais refait.
 
Du coup, nouvelle tradition : le 24 décembre, pour tromper notre excitation, ma sœur et moi allions au cinéma (ce qui permettait à notre mère de pouvoir faire ses paquets cadeaux tranquille) voir le dernier Disney. Curieusement, en grandissant, l’attente m’a paru moins pénible. Ca fait même deux ou trois ans que je réalise pas que nous sommes déjà Noël (et que je suis à la bourre dans mes cadeaux).
 
Noël, c’est souvent une mauvaise période dans ma famille : il y a toujours des décès autour de nous à ce moment-là, des drames. Les quelques jours précédant le réveillon sont généralement tendus, chaque année, y a des engueulades dans la famille, peut-être parce que l’hiver débute et que le moral baisse, peut-être parce qu’on est stressés par la course aux cadeaux, qu’il manque toujours un truc à la dernière minute…Je me souviens d’une année où ma mère m’a envoyée chercher des serviettes en papier au supermarché… un 24 décembre à 18 heures ! Donc chaque année, je déteste le mois de décembre jusqu’au 24 au soir où tout se détend, tout va mieux, tout se règle. Puis le 25, on s’échange nos cadeaux dans l’amour et l’harmonie. J’ai rarement été déçue, faut l’admettre… Cette année, je n’ai pas fait de liste donc ce sera la surprise totale… Et c’est tant mieux !
PS: Oui, c’est moi sur la photo en grenouillère rouge. J’étais mignonne, hein?